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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 20:56

Par les temps qui courent, les alertes sanitaires sont souvent sans grand rapport avec les risques encourus. Celles concernant la pollution de l’air n’y échappent pas.

La pollution de l’air dans les villes françaises a notoirement diminué depuis une vingtaine d’années. En agllomération parisienne, la concentration annuelle moyenne de la plupart des polluants (oxydes d’azote, particules fines, monoxyde de carbone, benzène, dioxyde de souffre) est beaucoyup plus faible qu’à la fin des années 1990[1]. Seule la concentration en ozone stagne autour de 40-45 μg/m3 , après avoir fortement augmenté entre 1990 et 2003.

Mais au mois de décembre, à cause de conditions météorologiques asszez exceptionnelles-anticyclcone puissant, températures basses, absence de vent, Paris et d’autres villes ont connu des pics de pollution aux particules fines importants, déclenchant à deux reprises des mesures de circulation alternée., ou de limitations de vitesse abaissées de 20 km/h dans certains départements. Saine réaction des pouvoirs publics, ou poudre aux yeux ?

 

L’impact sanitaire de la pollution aux particules fines.

 

La nocivité des particules fines, quelle que soient leur composition chimqiue, ne fait pas de doute. Leur mécanisme d’action est bien identifié. Elles sont sources d’affections respiratoires, de problèmes cardio-vasculaires, et sont classés comme cancérigènes certains par le CIRC depuis 2012. Pour autant, leur impact sanitaire effectif, compte tenu de l’exposition effective des populations, n’est pas facile à établir. Selon l’OMS, elle causerait plus de 3 millions de décès prématurés dans le monde[2], Les pays les plus touchés par cette pollution sont les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Et en France ? On entend régulièrement parler de 40.000 décès par an. Pour l’obsolescent Jean-Vincent Placé, il s’agirait de 44.000 morts par an, dont une « bonne moitié » serait lié à la pollution des véhicules Diesel[3]. C’est totalement fantaisiste. En France métropolitaine, l’ensemble des émissions liés au trafic routier -tous véhicules confondus- en PM10[4] représente seulement 15% des émissions totales. Pour l’Ile de France, les émissions liés au trafic routier réprésentent 30% du total, dont moins des deux tiers sont issus de la combustion des carburants (essence et diesel compris)[5]. 41% des émissions proviennent de l’usure des freins des véhicules, des pneus et des routes.

 

De plus, ces « 40.000 ou 44.000 » morts proviennent probablement d’une estimation de la Communauté européenne, sur la base de d’estimation de la pollution en 2000. Le chiffre « exact » avancé » est de 42.090[6]. Curieusement, les auteurs ne fournissent aucun intervalle de confiance. Depuis, la concentration en particules fines a fortement diminué. Selon un rapport plus récent de l’INVS, portant sur la population de neuf agglomérations françaises peuplée de 12 millions d’habitant, le respect des valeurs cibles de l’OMS en matière de particules fines permettrait de « différer » 2.900 décès par an.

 

Tous ces chiffres se rapportent à l’exposition chronique aux particules fines. Qu’en est-il de l’exposition aigüe, c’est-à-dire de l’exposition de courte durée à de fortes teneurs en particules fines, comme dans le cas des pics de pollution constatés en décembre 2016 ou en janvier 2017 ? c’est ce qu’a essayé de mesurer l’INVS à partir des données de 17 villes françaises[7]. Résultat, globalement : pour une augmentation des niveaux de PM10 du jour et des 5 jours précédents, un « excès de risque relatif » (ERR) de 0,51% a été observé pour la mortalité non accidentelle. Compte tenu de l’intervalle de confiance (ERR compris entre +0,08 et +0.94%) , on n’est pas très loin de l’épaisseur du trait. Les résultats sont toutefois un peu plus probants pour les personnes âgées de 75 ans ou plus. En réalité, les seuls résultats statistiquement significatifs concernent la mortalité[8] d’été. Par ailleurs, l’analyse des facteurs de confusion possible n’a pour l’heure pas permis d’identifier les différences entre les villes.

 

Les mesures de restriction de circulation, compte tenu des pics de pollution atmosphériques atteints ces dernières semaines, auraient-elles permis d’éviter quelques décès prématurés ou quelques séjours aux urgences ? On peut en douter pour deux raisons.

 

-Tout d’abord parce que ces études ne prennent pas en compte le fait que nous passons la majorité de nos journées en milieu confiné. L’air intérieur est souvent beaucoup plus pollué que l’air extérieur. - - Ensuite et surtout : parce que si l’on considère qu’il faut éviter d’exposer la population fragile à la pollution aux particules fines, alors la dernière des choses à faire est d’interdire aux gens de prendre leur voiture, quitte à les précipiter dans le métro !

 

L’air du métro , beaucoup plus pollué que l’air libre

 

 

Très en colère lorsqu’ils n’obtient pas tout de suite les mesures de restriction de circulation, Christophe Najdovski, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des transports invoque « l’urgence en termes sanitaires et de santé publique (sic) » . Ignorance, incompétence, ou cynisme ? Si sa préoccupation pour la santé publique est réelle, pourquoi ne commence-t-il-pas par se préoccuper de la pollution de l’air du métro, qui transporte 4 millions de voyageurs par jour ? En réalité, pas une seule fois, la question n’a été abordée au cours des dernières semaines. Le problème est pourtant énorme, comparé aux quelques épisodes de pollution élevées de l’air extérieur, et surtout, il est permanent.

 

Selon l’ANSES[9], , « la principale source des particules fines (riches en fer) est l’usure des matériaux par la friction roue-frein, suivie du contact roue-rail et du contact entre le matériel roulant et le système d’alimentation électrique. Les sources de la fraction carbonée des particules semblent être le freinage, l’usure des pneus, la remise en suspension des particules émises par les motrices Diesel lors des

opérations de maintenance, ainsi que l’apport d’air extérieur. La source de silice est notamment le

sable utilisé pour augmenter la friction et l’adhérence en freinage d’urgence ou en pente, ainsi que

la silice présente dans le ballast ».

 

Les données comparatives de la pollution de l’air au bord du périphérique[10] Est et de la station de métro Chatelet sont éloquentes, et les pics de pollution de l’air extérieur bien dérisoires.

 

 

 

 

Au cours du mois de décembre dernier, la concentration journalière en PM10 a dépassé le seuil d’alerte (fixé à 80 μg/m3) 5 jours (non consécutifs). Dans la station Chatelet, ce seuil a été dépassé…. 29 jours sur 30[11]. Pour le périphérique, la moyenne journalière[12] s’établit pour ce mois très exceptionnel à 56 μg/m3. Sur l’ensemble du mois, la concentration dans le métro s’établit à 144 μg/m3. Le seuil de 200 μg/m3 a été atteint pendant deux heures au bord du périphérique (avec un maximum de 210). Dans le cas de la station Chatelet, ce seuil a été atteint ou dépassé pendant 86 heures au total. A plusieurs reprises, la concentration en PM10 a dépassé 800 μg/m3[13], à des heures où seuls y travaillent des agents de maintenance, certes, mais qui ne travaillent pas en scaphandre, autant qu’on sache. Un employé du métro aura au mois de décembre inhalé autant de particules fines que s’il était resté assis 19 jours complets au bord du périphérique.

 

Toujours selon l’ANSES « Une inflammation des voies respiratoires et des effets consécutifs à cette inflammation sont probables en lien avec une exposition chronique aux particules des EFS, sur la base d’un effet démontré par une étude de la toxicité aiguë de ces particules chez l’animal. Par analogie avec les risques sanitaires bien documentés des particules de l’air ambiant extérieur, des effets délétères sont attendus sur la santé cardiovasculaire et respiratoire en lien avec l’exposition chronique de ces travailleurs aux particules des EFS. Ces conclusions s’appliquent aux travailleurs exerçant dans les domaines suivants : exploitation du transport, organisation du transport et des services, commerces, police, sécurité, prévention et action sociale. Pour les travailleurs en charge de la maintenance des infrastructures, bien qu’une évaluation quantitative n’ait pu être menée, le CES

estime que les risques sanitaires sont vraisemblablement plus élevés pour cette catégorie de

travailleurs compte tenu de l’intensité et de la diversité de leurs expositions. Lors des travaux de

maintenance, les particules peuvent provenir de sources spécifiques comme par exemple les

motrices diesel et le meulage des rails ».

 

 

La poudre aux yeux contre la pollution à Paris

 

Il est douteux que les mesures de restriction prises à Paris au cours des récents pics de pollution aient eu ne serait-ce qu’un tout petit impact sanitaire positif. Et quoi qu’il en soit, invoquer l’urgence sanitaire de ces mesures quand on sait qu’un usager quotidien du métro respire de 3 à 4 fois plus de particules fines qu’à l’air libre prétendument si pollué[14], c’est se moquer du monde. Pourquoi les édiles parisiens ne commencent-ils pas par demander à l’Etat[15] des travaux d’assainissements du métro conformes aux recommandations de l’ANSES ? Pourquoi ne pas étendre au métro et au RER les mesures d’information et d’alerte qui valent pour la pollution de l’air extérieur ? Quelle est la proportion d’usagers de la RATP (et d’employés) correctement informée sur son exposition quotidienne ?

 

  1. cela , la mairie de Paris a préféré adopter le système de vignettes qui exclut désormais d’emblée tous les véhicules immatriculés avant 1997[16], pour un résultat sans doute dérisoire en matière de réduction de la pollution, mais très pénalisant pour les quelques pourcents d’automobilistes concernés qui n’ont sans doute pas tous les moyens de changer de voiture.

 

Anton Suwalki

 

[1] Air Parif, mars 2015

[4] PM10 particules d’un diamètre inférieur à 10microns (soit 10 millionièmes de mètre). Les particules PM2,5 2,5 microns) sont plus nocives que les PM10 , mais étant donné que le rapport PM2,5/PM10 est à peu près constant, entre 60 et 70%, l’indicateur PM10 est largement suffisant.

[5] Air Parif, Février 2016. (données 2012).

 

[6] Cba_health_impact.xls, fichier excel téléchargeable en ligne

[7] Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 6 janvier 2015

[8] mesures effectuées :total mortalité non accidentelle, dont mortalité cardio-vasculaire

[9] Anses ,rapport dexpertise collective Saisine n°2011-SA-0265 « Enceintes ferroviaires souterraines »

 

[10] a priori un des endroits les plus pollués de Paris (à l’air libre)

[11] pas de données disponibles pour le métro le 7 décembre

[12] entre 6 heures et minuit, pour rendre comparable ces données avec les heurs d’ouverture du métro au public

[13] Loin cependant du record de 2381 μg/m3 relevé en 2013 à la station du RER Auber

[14] moyennes 2015

[15] qui rappelons le, est actionnaire à 100% de la RATP, « établissement public à caractère industriel et commercial »

[16] Toute la semaine entre 8 h et 20 h,

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 12:37

Avertissement : la source utilisée pour cet article a été à juste titre contestée. J’aurais du publier beaucoup plus vite cette mise au point.  Nous publierons ultérieurement un commentaire sur l’étude effectivement publiée par JWE, dont les chiffres diffèrent de celle « pré-publiée ». Je reviendrai dans le courant de l’été sur celle-ci.

Anton Suwalki

 

 

On se souvient de la page de publicité achetée dans le Monde par Greenpeace, Générations Futures and co, à la veille du vote du parlement sur l’interdiction des néonicotinoïdes. Le pendant de ces actions de lobbying, c’est la promotion du « bio ». Le 5 septembre, un article de Foucart, « Des vertus du vin bio » (1) s'attelle à cette tâche périlleuse.

« Le vin bio est-il trop souvent une déplorable piquette ? Serait-il au contraire, toutes choses égales par ailleurs, comparable voire meilleur que le vin conventionnel ? » Dénonçant les préjugés symétriques des « plus sensibles à l’environnement » et des « plus écolophobes d’entre nous », Foucart entend faire reculer l’ignorance. Oui, les vins bio sont meilleurs, affirme-t-il, la science le prouve.

« Trois économistes viennent d’apporter, dans la dernière édition de, un premier élément The Journal of Wine Economics de réponse décisif. Magali Delmas et Jinghui Lim, de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), et Olivier Gergaud, professeur à la Kedge Business School, à Bordeaux, ont colligé 74 148 notations de vins californiens, publiées entre 1998 et 2009 dans trois revues (Wine Spectator, Wine Advocate et Wine Enthusiast) dont les évaluations sont issues de dégustations à l’aveugle.

Résultat : les vins « bio » (selon la certification officielle californienne) ou « biodynamiques » (selon la certification privée de Demeter) affichent en moyenne un score supérieur de 4 points aux vins conventionnels, sur une échelle graduée de 50 à 100 — 50 étant le score d’une épouvantable piquette, un grand cru d’exception pointant entre 90 et 100. »

Il y a plusieurs points gênants dans ces affirmations :

1/ d’abord, dans le dernier volume publié du Journal of Wine Economics, consacré à l’impact du changement climatique, l’article ne figure pas. L’article n’a pas non plus été publié en 2015.

2/ Une version « document de travail », datée de janvier 2016 a bien été publiée. Il y est précisé que le papier n’a pas été revu par les « pairs », et qu’il ne reflète pas nécessairement le point de vue de l’American Association of Wine Economists qui édite la revue. Par contre, il est publié sur le site de l’Université de Californie dont l’un des co-auteurs fait partie(3), mais pas sous couvert du JWE.

3/ Plus étonnant encore : dans aucune des deux versions, il n’est fait état d’un score supérieur de 4 points aux vins conventionnels. La moyenne globale des scores des vins conventionnels est même légèrement supérieure à celui des vins bio : 87,612 contre 87,080. C’est dans le « modèle de régression » qu’apparaît pour les auteurs un effet légèrement positif de l’éco-certification en tant que facteur propre.

« Comme montré dans la régression, l’éco-certification a un impact statistiquement significatif sur le score. Être éco-certifié (c'est-à-dire certifié bio NDLR) accroît le score du vin de 0,46 point en moyenne. » On est quand même bien loin des 4 points annoncés par Foucart. Où notre célèbre journaliste scientifique est-il aller pêcher ses infos ?

L’ignorance recule ? Pas si sûr…

Avant de chercher à expliquer pourquoi le vin bio serait meilleur et de se lancer des extrapolations échevelées, il faudrait déjà commencer par apporter la preuve que le mode de production biologique aboutit à un meilleur vin. Or l’étude présentée dans le Monde n’apporte pas le moindre début de preuve. Visiblement impressionné, Foucart écrit :« les auteurs, financés par l’UCLA, ont passé à la question leur base de données, contrôlant toute sorte de paramètres pour garantir que l’effet favorable mesuré est, bel et bien, attribuable au mode de production biologique du vin et non aux cépages utilisés, à son producteur, à sa région de production, à son millésime, etc. »

Bof, bof. Un examen attentif du papier (un peu plus attentif que celui de Foucart) montre que l’éco-certification est « statistiquement significative » à p=0,1, ce qui est déjà une garantie très mince (4). Et encore ! l’impact (positif) n’est significatif que pour le vin rouge...

On peut aller un peu plus loin. Il n’existe strictement aucune garantie d’un effet favorable du mode de production biologique : les variables prises en compte dans le modèle aboutissent à un « R2 » dérisoire de 0,143 : dit autrement, les auteurs sont seulement capables d’ « expliquer » 14% des écarts dans la cotation du vin. Ils ne contrôlent rien du tout. Bien d’autres détails techniques mériteraient d’être relevés.

Résumons : les facteurs influençant la notation des vins échappent à peu près complètement aux auteurs de l’étude.

Pourtant l’un d’entre eux assure au Monde: « Nous menons la même expérience sur des vins français, à partir des évaluations du Gault & Millau, [précise Olivier Gergaud]. Et les résultats que nous obtenons, bien que préliminaires, vont dans le même sens. » Ça promet !

Remarquons qu’une fois n’est pas coutume, Foucart n’a pas enquêté sur de possibles conflits d’intérêts des auteurs (5).

Anton Suwalki

Notes

(1) http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/09/05/des-vertus-du-vin-bio_4992426_3232.html (en accès restreint)

(2) http://www.wine-economics.org/journal/details-content/volume-11-2016-no-1/

(3) http://escholarship.org/uc/item/5fg7d7th

(4) Dans les études expérimentales sérieuses, un tel seuil n’est pas considéré comme significatif

(5) Je ne sous-entends pas qu’ils en aient. De toute façon, ça n’est pas le critère déterminant de la valeur d’une publication.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 18:01
tweet des amis de la terrre
tweet des amis de la terrre

Vous l’ignoriez ? Le chanvre tue environ 1000 personnes par jour dans le monde. Je ne parle pas ici du cannabis utilisé comme drogue, mais du chanvre industriel. Or, il est vraisemblable que le second, réputé inoffensif, tue directement beaucoup plus de personnes que le premier.

Selon un rapport récent de l’OMS[1], 800.000 personnes se suicident chaque année dans le monde. L’incidence du suicide[2] est près de deux fois supérieure chez les hommes que chez les femmes. La pendaison est le mode de suicide adopté majoritairement par les hommes (environ 55%), et le deuxième chez les femmes (après l’ingestion de pesticides), selon une étude menée par l’OMS sur un peu plus de 50 pays[3]. On peut donc estimer que pas de loin de 400.000 personnes se suicident par pendaison chaque année.

Par extrapolation, on peut très bien affirmer que le chanvre, dont la fibre sert à fabriquer des cordes, tue environ 1000 personnes par jour. Le moment n’est-il pas venu de dire stop, et d’interdire ce tueur en série ?

Vous trouvez la conclusion débile ? Rassurez-vous, moi aussi. Faut-il aussi interdire les médicaments (15 % des suicides par intoxication médicamenteuse en France[4]), interdire les trains, assécher les rivières, interdire les balcons, raser les falaises[5] .. ?

Vous avez pourtant pu voir dans les manifestations anti-pesticides et anti-Monsanto fleurir les slogans sur les pesticides qui tuent, ou voir ces manifestants couchés sur le sol pour mimer une supposée hécatombe dûe aux pesticides. Ne reculant devant aucune outrance, l’hebdomadaire Lutte Ouvrière, titrait dans son dernier numéro : « Bayer-Monsanto : fiançailles d’empoisonneurs [6]». Et puis tout-à-coup ,un chiffre magique sur les ravages des pesticides revient : « Plus de 500 morts par jour dûes aux pesticides », tweetent les Amis de la Terre de Gironde.Dans la foulée, une pétition (une de plus)« 500 morts par jour dues aux pesticides. Le moment de dire stop ? » . Sans surprise, cette pétition est soutenue par la Confédération Paysanne , Générations Futures , Bioconsomacteurs , Phyto-Victimes …et une certaine Marie-Monique Robin.

Celle-ci est à l’origine de cette manipulation dans « Notre poison quotidien », débunkée par nos soins [7]dès la parution de son documenteur. Ce chiffre reposait en effet sur des données de l’OMS[8] publiées en 1990. Sur 220.000 décès dûs à l’ingestion de pesticides, 200.000 correspondaient à des suicides ! Ceux qui agitent le chiffre de 500 morts par jour dûes aux pesticides se gardent bien de le préciser, évidemment. Et on doute fort que la souffrance psychique, qui conduit des personnes désespérées à mettre fin à leurs jours, joue un quelconque rôle dans leurs postures compassionnelles.

Une vidéo conçue par Agriculture et environnement[9] rappelle utilement l’origine de ces chiffres manipulés et permet d’actualiser nos connaissances sur les décès par ingestion de pesticides : de nos jours, ils sont en fait rarissimes en Europe et aux États-Unis (même les cas d’ingestion volontaire). Ce que semble confirmer les données de l’Inserm (cf note 4) dans le cas de la France. Quoi qu’il en soit, « incriminer les pesticides pour ces [suicides] est aussi absurde que de rendre responsable l’industrie pharmaceutique des suicides par ingestion de médicaments » , remarque justement Gil Rivière-Wekstein.

En effet, si on suivait cette folle logique, il faudrait aussi, et en priorité, trainer devant un tribunal international les fabricants de cordes, « responsables » de 1000 morts par jour dans le monde ! Comme nous l’avons "démontré" en introduction de ce billet.

Anton Suwalki

[1] http://www.who.int/mental_health/prevention/suicide/suicideprevent/fr/

[2] Nous ne parlons pas ici des tentatives de suicides, mais si l’on ose dire, des suicides « réussis »

[3] http://www.who.int/bulletin/volumes/86/9/0042-9686_86_07-043489-table-T1.html

[4] http://www.unps.fr/le-suicide-en-france-2.html

[5] Curieusement, le rapport de l’OMS prône de « limiter l’accès aux moyens les plus

courants, notamment les pesticides, les armes à feu et certains médicaments ». Quid des cordes ou des cravates ? A part les enfermer dans des cellules vides et capitonnées, on voit mal comment empêcher des individus déterminés à se suicider de trouver un moyen de le faire.

[6] http://journal.lutte-ouvriere.org/2016/06/01/bayer-monsanto-fiancailles-dempoisonneurs_68379.html

Réfuter une nouvelle fois toutes ces âneries serait un perte de temps. Contentons-nous de cette perle : « Bayer-Monsanto est capable de fournir le pesticide qui « nettoie » la terre en tuant tout, la semence génétiquement adaptée au pesticide et poussant malgré tout, les engrais nécessaires pour nourrir la plante dans cette terre appauvrie. Inutile de préciser que la semence donne des plantes stériles et qu’il faut donc racheter la semence chaque année… » . Inutile de le préciser en effet, puisque c’est un énorme bobard, et qui plus est complètement éculé. Lutte Ouvrière a habituellement un discours un peu plus intelligent sur ce genre de sujet. Là, c’est digne du NPA !

[7] http://imposteurs.over-blog.com/article-sur-arte-le-15-mars-les-gourderies-de-robin-deuxieme-partie-69382412.html

[8] http://whqlibdoc.who.int/publications/1990/9241561394.pdf

[9] http://www.agriculture-environnement.fr/treve-de-balivernes/les-pesticides-provoquent-500-morts-chaque-jour-dans-le-monde-baliverne-09

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 18:07
Du glyphosate dans l’urine :  retour sur une mascarade des parlementaires européens
Du glyphosate dans l’urine :  retour sur une mascarade des parlementaires européens
Du glyphosate dans l’urine :  retour sur une mascarade des parlementaires européens
Du glyphosate dans l’urine :  retour sur une mascarade des parlementaires européens

Le contexte :

Ce jeudi 19 mai, la Commission Européenne et ses états membres doivent se prononcer à propos du renouvellement de l’autorisation du glyphosate.

Cet herbicide non sélectif, vous ne pouvez l’ignorer compte tenu du matraquage médiatique, est le « plus vendu dans le Monde ». Bien que tombé que dans le domaine public en 2000, il a été mis au point par Monsanto, et continue d’être associé à l’incarnation du diable sur terre. Stéphane Foucart, dans le quotidien anti-pesticides de référence (1), ne manque jamais de rappeler que le glyphosate est « la molécule active du célèbre Roundup de Monsanto ». Enfin, le glyphosate est utilisé conjointement et à une large échelle avec des plantes génétiquement modifiées afin d’y être tolérantes.

Pour ces trois raisons, il est victime d’une campagne internationale visant à obtenir son interdiction, alors qu’on connaît par ailleurs son efficacité, son intérêt pour l’agriculture, et son profil éco-toxicologique plutôt favorable : certes, aucun produit n’est totalement inoffensif !

La campagne anti-glyphosate a redoublé d’intensité au cours de ces derniers mois, après la publication douteuse du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC, émanation de l’OMS) classant l’herbicide comme cancérogène probable (2). Cet avis, de toutes façons, ne tenait pas compte des conditions d’exposition réelle au glyphosate, c’est-à-dire de la vraie vie. Après les avis des agences de sécurité européennes, puis celui de l’EPA américaine, c’est une communication conjointe de l’OMS et de la FAO (3) qui vient de désavouer celui du CIRC, sur lequel s’appuyaient évidemment les activistes anti-pesticides pour réclamer l’interdiction du glyphosate. « Au regard de l'absence de potentiel carcinogène chez les rongeurs à des doses humaines pertinentes, de l'absence de génotoxicité par voie orale chez les mammifères, et en tenant compte des données épidémiologiques de l'exposition professionnelle, les participants ont conclu que le glyphosate est peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l'homme de par l'exposition alimentaire », conclut l’avis OMS/FAO.

Cependant, pour les antis, l’absence de base scientifique pour justifier l’interdiction d’un produit est tout sauf un problème. L’utilisation des bonnes vieilles ficelles pour manipuler l’opinion est l’arme la plus efficace pour espérer peser sur les décisions politiques.

Frelatée, l’urine des parlementaires européens ?

On a donc appris que 48 parlementaires européens s’étaient volontairement soumis à une analyse d’urine, et que des traces de glyphosate avaient été détectées dans tous les échantillons (4) . Et alors ? Le glyphosate est un produit autorisée et largement utilisé. Il y a donc des résidus de glyphosate dans les aliments et les boissons que nous consommons. C’est plutôt l’absence de niveau détectable de glyphosate dans l’urine qui aurait été étonnante.

Reste à savoir si l’urine parlementaire est particulièrement frelatée. La presse rapporte que des parlementaires de toutes tendances se sont prêtés à ce qu’il faut bien appeler une mascarade. Un soupçon me vient à l’esprit .Se pourrait-il que la teneur en glyphosate de l’urine, dont les doses mesurées varient de 0,12 à 3,57 μg/L, soit un marqueur pertinent de la couleur politique ?

Inflexible dans sa ligne éditoriale anti-pesticides (5), Stéphane Foucart rapporte « des taux souvent élevés, la moyenne étant de 1,7 microgramme par litre (µg/l), soit dix-sept fois le seuil légal toléré dans l’eau potable. Les taux de contamination (sic !) les plus élevés sont plus de trente-cinq fois supérieurs à ce seuil. ». La belle affaire !

Le seuil légal toléré dans l’eau potable (0,1 μg/L), Foucart ne peut l’ignorer, ne correspond à aucun critère sanitaire. La valeur mesurée dans l’urine parlementaire la plus « frelatée » correspond à 5900 fois moins que la dose journalière admissible ingérable par un individu de 70 kilos (6) , et il n’y a même pas là de quoi embêter les coccinelles en faisant pipi sur le gazon. De plus, une concentration dans l’urine ne correspond pas à une valeur « d’exposition » et encore moins à une « contamination », contrairement à ce qu’écrit Foucart, mais à ce qui est excrété par l’urine, donc éliminé par l’organisme. Le glyphosate a un potentiel de bioaccumulation très faible, voire nul. Il est excrété en quasi-totalité au bout de quelques jours après ingestion (7) .

La manœuvre portera-telle ses fruits ?

A l’heure où ces lignes sont écrites, on ne connaît pas encore le résultat des tractations au sein de la Commission Européenne. On ne peut écarter que des coups médiatiques tels que ces « révélations » sur le pipi parlementaire puissent peser, au moins sur l’attitude de certains états membres. Si tel était le cas, cela en dirait long sur le degré d’indigence atteint par les décideurs politiques. Toujours est-il que cette pitoyable affaire n’a pas choqué la presse, et surtout pas Foucart, qui suggère aux eurodéputés belges à l’origine de la mascarade de «plutôt tenter de mettre la main sur des échantillons d’urine prélevés sur les ministres et les chefs d’États de l’Union »…La trajectoire normale de toutes ces manipulations, c'est celle de l'urine parlementaire : le caniveau.

Anton Suwalki

  1. http://imposteurs.over-blog.com/2016/03/le-monde-le-quotidien-anti-pesticides-de-reference.html
  2. http://imposteurs.over-blog.com/2015/04/le-glyphosate-le-circ-et-le-cirque-propagandiste.html
  3. Summary Report from the May 2016 Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues (JMPR)
  4. Pour obtenir l’analyse détaillée, chercher

« Members of the EU parliament excrete glyphosate with their urine”

  1. http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/13/du-roundup-dans-l-urine-parlementaire_4919434_3244.html
  2. DJA du glyphosate : 0,3 mg/kg pc/j selon l’OMS
  3. www.glyphosate.eu
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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 16:55

Internet permet à n'importe qui de s'exprimer sur n’importe quel sujet, il y a peu le Youtubeur « Mouton Lucide » a fait parler de lui suite à une vidéo fantasmagorique sur le gluten. Même après s'être fait sévèrement ramasser par l’Express[1], il n’a pas renoncé à son ambition de vulgarisateur. Quand Mouton Lucide nous parle de la viande, c’est parti pour quatre (longues) minutes de pures bêtises.

« A l’origine l’Homme était végétalien »

Les premiers représentants du genre Homo, fabriquaient des outils pour la chasse et le traitement de la viande[2]. Quand bien un de nos ancêtres aurait été purement végétalien, ça n’augurerait en rien notre régime alimentaire après quelques millions d’années d’évolution. Homo erectus[3]/ergaster réalisa un énorme saut évolutif en termes de taille du corps et du cerveau, et c’était justement le premier à manger beaucoup de viande[4].

« L’Homme descend du singe, et le singe ne mange pas de viande »

Nonobstant l’énorme stupidité de l’expression « descend du singe[5] », de nombreuses espèces de singes modernes chassent, les chimpanzés sont friands de singes colobes[6]. Une bande chimpanzés consomme environ une tonne de viande par an, soit au bas mot une vingtaine de kg par individu[7]. Ça fait beaucoup pour un végétalien.

« Australopithecus mangeait principalement des graines, des fruits, des tubercules »

Principalement ne veut pas dire qu’il pouvait se nourrir uniquement de végétaux. Mais ne nous arrêtons pas là, Australopithecus n’est pas uniquement notre ancêtre. Il donna naissance à deux lignés : Homo (nous), omnivore avec une composante carnée très importante et Paranthropus, des végétaliens[8] disparus. De nombreux scientifiques considèrent Australopithecus gahri comme le précurseur du genre Homo précisément parce qu’il avait des outils et que ses restes sont associés à des restes d’animaux découpés[9].

« Les humains sont devenus omnivores quand ils ont inventé la hache et le feu. »

C’est un poncif de la mythologie végétalienne. Un beau matin un humain à découvert les outils de chasse et le feu, il a délaissé la cueillette pour tuer des animaux. En réalité ces technologies sont très anciennes et se sont développées progressivement. Les premiers outils, de simples galets aménagés pour briser des os à moelle, datent d’environ 2.5 millions d’année, donc bien avant l’invention du feu. Dès 1.5 millions d’années, la consommation de viande devient régulière[10]. Tout cela bien avant d’inventer le débitage de lames de silex ou d’obsidienne par pression, les lances à propulseurs et l’arc qui n’apparaitrons qu’aux derniers stades de l’âge de pierre.

« Manger de la viande leur permettait de survivre au période froide grâce aux graisses qu’elle contient. Et ils pouvaient la conserver en la faisant fumer. »

Nos ancêtres vivaient en Afrique tropicale, les hivers n’étaient pas froids. Qui plus est, les viandes sauvages sont pauvres en graisse. La graisse animale a surtout joué un rôle dans l’accroissement de la taille du cerveau, qui n’est qu’une boule de graisses saturées. La conservation de viande, plutôt séchée que fumée, est un acquis récent, seul des sédentaires pouvaient se permettre de stocker de la nourriture.

« Stocker de la viande permet de s’affranchir du cycle des saisons »

La stupidité de cette assertion démontre que son auteur est totalement coupé des réalités biologiques et climatiques.

« On n’a plus besoin des graisses qu’elle contient »

Étrangement de nombreux végétariens ou végétaliens arrêtent leur régime à cause de problèmes de santé qui apparaissent après quelques mois ou quelques années. On peut citer le Dalaï Lama, incapable de suivre ce régime (officiellement à cause des séquelles d’une hépatite[11]) et l’auteure Lierre Keith, militante féministe et écologiste radicale mais opposante au véganisme après avoir failli y laisser la vie[12]. Le régime végan rend l’allaitement dangereux pour le nourrisson[13].

« Il suffit de voir nos dents pour se rendre compte qu’on n’a pas la dentition d’un omnivore »

Notre espèce a évoluée avec des outils et la maîtrise du feu. Nos dents se sont réduites pour laisser plus de place au cerveau, la cuisson et les outils remplaçant les canines.

« Notre salive contient des enzymes qui indiquent qu’on est supposé manger des tonnes de glucides »

Très mauvais exemple, le nombre de copies du gène l’amylase salivaire varie énormément. On peut même remarquer que ceux qui ont 3 copies ou moins ont 8 fois plus de risques d’être obèse que ceux qui en ont plus de 9[14]. Plus nos ancêtres sont restés chasseurs cueilleurs tardivement, moins on est adapté à un régime à dominante glucidique[15].

« Notre intestin trop long ne sont pas du tout adapté pour digérer de la viande. Il faut un tube digestif court pour se débarrasser rapidement de la chaire animal putréfiée, du cholestérol et des graisses saturées. »

Notre intestin est très différent des singes végétariens et nous classe sans ambiguïté dans la catégorie des omnivores[16]. Les humains carnivores exclusifs digèrent très bien[17]. La viande ne pourrit pas dans l’intestin, et aucun prédateur ne défèque du cholestérol ou des graisses saturés pour protéger ses artères, c’est là encore d’étranges poncifs de la mythologie végane. Si les intestins des végétariens sont aussi longs, ce n’est pas parce qu’ils peuvent garder les aliments dans leur corps longtemps, mais parce qu’ils doivent les garder plus longtemps pour que la fermentation bactérienne extraie plus de molécules utiles.

« Nos maladies cardio-vasculaires viennent de la viande ou des produits d’origine animale »

C’est la thèse défendue dans Rapport Campbell, la consommation de protéines ou de graisse animale augmenterait, par un effet linéaire sans seuil[18], le risque de cancer et de maladie cardio-vasculaire. Cet ouvrage qui sert de caution scientifique à la mythologie végane, est totalement réfuté[19]. Les eskimos, qui traditionnellement ne mangeait que de la viande grasse 6 à 9 mois par ans, étaient en bonne santé avant d’être « occidentalisé », comme l’a rapporté l’explorateur Vilhjalmur Stefansson[20].

« Notre instinct nous pousse à jouer avec les lapins, pas à les manger tout crus »

C’est une contingence culturelle. Les inuitd apprécient la viande crue parce qu’ils en mangent depuis l’enfance. La pratique populaire de la chasse et de la pêche démontre que tuer des animaux pour les manger est une activité qui plait généralement aux humains.

« Notre foie n’est pas conçu pour éliminer les toxines de la viande »

L’existence de toxine dans la viande est un autre poncif végétaliste, la viande ne contient pas de toxines, ce sont les végétaux qui contiennent des toxines et qui mettent notre foie à rude épreuve.

« Nos sens ne sont pas prévus pour pister des proies, Nos mains sans griffes ne peuvent déchirer et tuer… »

Un pisteur est capable de traquer efficacement une antilope dans sa savane. Notre dos et nos épaules sont faits pour lancer des sagaies[21] et non pas pour biner des légumes pliés en deux. Nos capacités de course par tous temps nous permettent de chasser n’importe quel animal en le poursuivant jusqu’à l’épuisement[22]. Les San du Kalahari et les Rarámuri du Mexique utilisent encore cette technique.

« Pour tromper notre instinct sur le fait que nous sommes en train de manger le cadavre d’un animal mutilé »

Ironiquement nous devenons plus calmes et plus conciliants quand nous avons de la viande en vue, signe que nous avons conservés nos instincts de chasseur du paléolithique[23].

Cette déferlante d’âneries nous apprend beaucoup de chose sur la nature des mouvements contemporains d’opposition à la science. Les Moutons Extralucides, qu’ils parlent de nutrition, d’agriculture, d’énergie, ne sont pas des intellectuels ou de respectables amateurs éclairés. N’importe qui peut, en quelques minutes de recherches, se rendre compte de l’absurdité de ce qu’ils racontent.

Mais nous ne vivons plus dans une société qui sépare la raison et la croyance, et place la première résolument au-dessus de la seconde. User de mises en scènes efficaces pour faire avancer des mensonges, des idées absurdes, contre-productives[24] et dangereuses[25] mais conformes à la bien-pensance écologistes est un marché convoité, avec des gros producteurs comme Cash Investigation[26] et des petits artisans comme Mouton Lucide[27].

Ces croyances écologistes post-moderneS, parfois apocalyptiques[28], se structurent autour de trois dogmes conçus pour s’opposer à la possibilité même du progrès: l’humanité n’avancera plus (théorie de la fin d’histoire), le futur sera forcément catastrophique (millénarisme) et toute innovation sera négative (réactionnaire). C’est en conformité avec ces principes que Mouton Lucide s’acharne (vainement) à démontrer qu’avant, dans un état de nature mythifié, quelque part entre Lucy et Ida[29], « on » ne mangeait pas de viande, qu’on était en meilleure santé et qu’on était amis avec les gentils lapins.

Les nouveaux prêcheurs ne se placent pas sur le terrain de la raison, sauf pour rentrer dans des raisonnements circulaires[30]. Ils deviennent dangereux quand ils finissent par trop croire à leurs délires. L’existence d’opinions contradictoires devient alors inconcevable et génère des réactions violentes. Toute opposition est forcément le fait de vendus, empêtrés dans des conflits d’intérêts pour ne pas dire corrompus. Qu’importe les réfutations, l’escroc anti-vaccins Andrew Wakefield[31] continue à rassembler des croyants même après les révélations sur ses ignobles forfaits. Quand les faits les contredisent, ils renversent la réalité et déclarent que c’est justement parce qu’il existe un vaste complot qu’il est impossible de faire jaillir la vérité, mentir devient même acceptable[32]. Les accusations diffamatoires, les insultes et le soutient aux théories du complot[33] qui foisonnent dès qu’un dogme de l’écologie post-moderne est contesté illustrent parfaitement la nature néo-religieuse de l’opposition à la science.

AILANTHUS

Heureusement pour eux les singes sauvages échappent au post modernisme, pour le moment…

[1] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/derriere-la-video-qui-denonce-l-escroquerie-du-gluten-intox-et-contre-verites_1779720.html

[2] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2890426/

[3] Antón SC. A natural history of Homo erectus. Yrbk. Phys. Anthropol. 2003;46:126–170.

[4] Domínguez-Rodrigo M, et al. (2012) Earliest Porotic Hyperostosis on a 1.5-Million-Year-Old Hominin, Olduvai Gorge, Tanzania. PLoS ONE 7(10): e46414.

[5] https://www.youtube.com/watch?v=D4ffE9yePKQ

[6] https://www.youtube.com/watch?v=1bLhv-aQ5YY

[7] http://www-bcf.usc.edu/~stanford/chimphunt.html

[8] Ungar, Peter S et al. "Dental Microwear and Diet of the Plio-Pleistocene Hominin Paranthropus boisei". PLoS ONE 3 (4).

[9] Heinzelin, J. de et al. (1999) « Environment and Behavior of 2.5-Million-Year-Old Bouri Hominids », Science, vol. 284, no 5414, p. 625-629

[10] Dominguez-Rodrigo M. et al. PLoS ONE 7(10): e46414.

[11] http://www.amitabha-terre-pure.net/regime_vegetarien/dalai_lama_vegetarisme_amitabha.html

[12] https://en.wikipedia.org/wiki/Lierre_Keith

[13] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16208206 et http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9301352

[14] Mario Falchi et al (2014). Low copy number of the salivary amylase gene predisposes to obesity. Nature Genetics, 46, 492–497.

[15] Wood LE. Obesity, waist-hip ratio and hunter-gatherers. Wood LE. BJOG. 2006 Oct; 113(10):1110-6.

[16] Milton K. Primate diets and gut morphology: Implications for human evolution. In: Harris M, Ross EB, editors. Food and Evolution: Toward a Theory of Human Food Habits. Philadelphia, PA: Temple University Press; 1987. pp. 93–116

[17] https://zerocarbzen.com/

[18] Les lecteurs intéressés par la question des radiations ou la promotion des statines savent que les effets linéaires sans seuil sont des modèles théories très pratique pour vendre de la peur.

[19] http://www.youtube.com/watch?v=TboCgUmgQYQ

[20] http://drbass.com/stefansson1.html

[21] www.nature.com/nature/journal/v498/n7455/full/nature12267.html

[22] Carrier, David R. (August–October 1984). "The Energetic Paradox of Human Running and Hominid Evolution". Current Anthropology 25 (4): 483–95

[23] http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-1327703/Steaks-lamb-chops-calm-stressed-men-bringing-caveman-instincts.html

[24] http://seppi.over-blog.com/2015/12/la-bien-pensance-alimentaire-fait-elle-bon-menage-avec-la-bien-pensance-environnementale.html

[25] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/un-couple-vegetalien-juge-apres-la-mort-de-leur-bebe_977308.html

[26] http://www.liberation.fr/desintox/2016/02/11/pesticides-le-chiffre-bidon-de-cash-investigation_1432447 et http://www.liberation.fr/desintox/2016/02/17/pesticides-episode-2-cash-investigation-a-toujours-tort_1432658

[27] https://www.tipeee.com/mouton-lucide

[28] Les prêcheurs de l'apocalypse : Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires Poche Jean De Kervasdoue

[29] http://www.hominides.com/html/actualites/ida-ancetre-entre-lemurien-singe-homme-0201.php

[30] Si les OGM ne sont pas dangereux à court terme, il faut les tester à plus long terme. Cette objection peut se reproduire à l’infini.

[31] Deer, Brian, « Revealed: MMR research scandal », The Sunday Times, London,‎ 22 février 2004

[32] http://www.liberation.fr/chroniques/2016/02/21/investigation-mentir-utile_1434903

[33] http://www.lemonde.fr/planete/reactions/2016/04/15/le-conseil-d-etat-annule-l-interdiction-du-mais-genetiquement-modifie-mon-810_4903001_3244.html La moitié des commentaires (des abonnées au Monde, donc des gens qui prennent au moins la peine de lire de la presse écrite) sont diffamatoires et/ou complotistes

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 21:29
Le Monde: le quotidien anti-pesticides de référence

Quand le lobby anti-pesticides se paie une page dans Le Monde.

Glyphosate, insecticides néonicotinoïdes…Nous avons subi ces derniers mois un bombardement sans précédent de propagande anti-pesticides. Côté presse écrite subventionnée (1), Le Monde est incontestablement à la pointe de cet étrange combat. Ses journalistes ne prennent même plus un semblant de distance par rapport à la propagande, et les titres des pages Planète reprennent ressemble à s’y méprendre aux slogans des ONG : « Révélations de « Cash Investigation » sur l’agriculture qui tue », « Les députés votent une interdiction des pesticides tueurs d’abeilles », « Une étude a été menée sur 2 000 personnes, grâce à une mobilisation citoyenne et à l’initiative de riverains des zones agricoles ». Dans les articles de Stéphane Foucart traitant du sujet, on échappe rarement au point de vue « éclairé » de François Veillerette, porte parole de Générations Futures. Si l’idéologie verte épousée par le Monde est probablement le reflet des préjugés de son lectorat moyen, il en est aussi la caricature, au point de rendre définitivement obsolète son image de journal de référence.

Compte tenu de la place qu’il continue néanmoins à occuper dans le paysage médiatique français, le lobby anti-pesticides a compris tout l’intérêt d’utiliser Le Monde comme instrument de propagande. Au point de s’offrir une pleine page de pub dans le journal à la veille du vote de l’Assemblée nationale, pour demander aux députés de résister…aux lobbys ! Il fallait oser !

Des débats scientifiques tranchés…dans la salle de rédaction du Monde !

Quand on lit un article de la rubrique Planète du Monde, il ne faut surtout pas s’attendre à un compte-rendu neutre des débats qui traversent la science. Stéphane Foucart tranche pour vous les débats, notamment à coup de « conflits d’intérêts » qui permettent de discréditer les chercheurs qui ne sont pas résolument dans la ligne du parti vert et qui ne partagent pas la phobie anti-"chimie ». Rendant compte d’une étude parue dans Science, il décrète que « la pause du réchauffement climatique était un mirage » (2), mais « oublie » de nuancer son propos en signalant que cette thèse a depuis été contestée, notamment dans un article paru dans Nature Climate Change. Après avoir monté en épingle (3) une étude à la portée très limitée mettant en évidence l’ effet cocktail d’un œstrogène et d’un pesticide (4), voici Foucart qui, volant au secours du documenteur de Cash Investigation sur les pesticides, décrète que l’évaluation des risques d’exposition aux substances « chimiques » dont les pesticides repose «repose sur une science obsolète, battue en brèche par de nouvelles (sic !) notions toxicologiques – effets cocktail, perturbation endocrinienne, programmation prénatale des maladies ».

Espérons qu’une partie des lecteurs du Monde se rendront compte qu’il n’appartient pas à un journaliste de décréter qu’un débat scientifique est clos, ou au contraire que tel ou tel domaine de la science est obsolète.

Et si les pesticides coûtaient plus qu’ils ne rapportent ? Le dernier hoax anti-pesticides du Monde

Après avoir systématiquement entretenu la peur sur l’agriculture qui tue, les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, il ne restait qu’un pas en franchir. Et si les pesticides, qui sont rappelons-le des produits de protection des plantes, ne servaient finalement à rien, et coutaient même plus chers qu’il ne rapportent ? Une étude des 2 chercheurs de l’INRA, aussi longue que fantaisiste, vient de paraitre dans Sustainable Agriculture Reviews et défend cette thèse (6). Une thèse si séduisante, que Stéphane Foucart ne pouvait manquer ne foncer dessus tête baissée. « Et si les pesticides coûtaient plus qu’ils ne rapportent ? » écrit-il dans le Monde du 19/03 . Il ne manque évidemment pas de questionner à ce propos François Veillerette, que l’on sait aussi qualifié en économie qu’en toxicologie.

Selon Stéphane Foucart : « Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les « externalités négatives » liées à l’utilisation des produits phytosanitaires. Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides.

Selon leurs estimations, le rapport coûts-bénéfices des pesticides de synthèse était ainsi largement défavorable aux Etats-Unis au début des années 1990. Alors qu’ils apportaient environ 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) par an à l’économie américaine, ils pesaient pour au moins 40 milliards de dollars… »

Certes, cela n’est pas parce qu’une étude contredit une intuition qu’il faut la rejeter d’un haussement d’épaule. Nous avons donc parcouru le résultat de ce « travail de longue haleine » pour découvrir la nature et l’ampleur de ces coûts cachés, et là…on hésite entre fou-rire et consternation. Jugeons-en rapidement :

Pour les USA, les auteurs évaluent à 35 Milliards de $ US les couts cachés de l’utilisation de pesticides :

  • Premier poste : 18 Milliards de $ censés correspondre au coût des décès par cancers attribuables aux pesticides (2000 par an, chaque vie évaluée à 9 millions d’euros). Même en admettant la réalité de ces 2000 décès, il faudrait en déduire que les 584.000 décès annuels dus aux cancer aux USA coûteraient 5256 milliards de $, soit 29% du PIB américain. En extrapolant, il ne doit pas être difficile de « prouver » que l’ensemble des décès et des maladies chroniques graves coutent à la société américaine …plus de 100% de son produit intérieur brut. C’est dire l’absurdité de ce genre d’estimation.
  • Le coût de l’action règlementaire gouvernementale pour évaluer et enregistrer les pesticides , organiser les contrôles et l’application des normes qu’elle édicte, décontaminer les eaux « polluées », pour un total d’environ 5 milliards de $. Le comble étant que ces normes sont la plupart établies non pas en fonction d’un seuil de sécurité sanitaire raisonnable, mais pour répondre aux peurs entretenues autour des pesticides. Il est facile après d’imputer ces coûts aux pesticides.
  • Un coût de près de 6 milliards causé par les morts d’oiseaux (7). Il faut dire que les auteurs estiment à 35 $ la valeur de chaque oiseau, dont 5 $ peuvent être compris comme le service écologique qu’ils rendent, les 30 autres $ correspondant à leur valeur … « purement récréative » !

Nous avons gardé le plus drôle est pour la fin (8) : les auteurs rajoutent dans la colonne des coûts des pesticides près de 3 milliards de $ pour le surcoût supportés par les consommateurs qui achètent des produits …bio pour éviter les produits issus de l’agriculture conventionnelle (9) ! Ainsi, le surcoût des produits bio est un coût caché des pesticides. Celle-là, il fallait vraiment la trouver !

Et si on bannissait les pesticides ? Le plaidoyer obscurantiste du Monde.

Cette dernière loufoquerie des deux chercheurs de l’INRA, prise avec le plus grand sérieux dans le quotidien anti-pesticides de référence, a au moins un mérite. De faire réfléchir. Le renoncement aux pesticides de synthèse, une agriculture 100% bio représenterait un surcoût considérable pour les consommateurs. Pas seulement de 20% comme calculé par les auteurs, mais sans doute beaucoup plus élevé en raison des pertes importantes de rendements, et des inévitables tensions sur les prix qui résulteraient d’une moindre disponibilité des denrées alimentaires.

Des considérations impossibles à prendre en compte dans le Monde, qui conclut logiquement dans un grand format : « Et si on bannissait les pesticides ? » (10) . Une fois n’est pas coutume, ça n’est pas à François Veillerette qu’on demande son avis. Qu’on se rassure, on a droit aux leçons de Lydie Bourguignon, à la publicité assumée pour la pseudoscience biodynamique, et au monde des bisounours, les gentils agriculteurs bio qui s’imaginent « faire de la résistance », les AMAP, etc… Bref, tous les clichés boboïsants de l’époque.

Journal de référence, Le Monde ? En tout cas, c’est un bon baromètre de l’hystérie anti-pesticides. C’est mieux que rien.

Anton Suwalki

___________________________________

(1)http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/33224-presse-subventionnee-les-20-journaux-les-plus-aides-par-l-etat

(2) http://www.lemonde.fr/climat/article/2015/06/04/la-pause-du-rechauffement-climatique-etait-un-mirage_4647745_1652612.html

(3) http://www.lemonde.fr/medecine/article/2015/09/03/les-secrets-de-l-effet-cocktail-mis-au-jour_4744773_1650718.html

(4) les chercheurs on testé 780 combinaisons de produits pris 2 à 2, et en ont trouvé …une seule pour laquelle l’effet combiné des deux produits étaient plus qu’additif…

http://www.nature.com/ncomms/2015/150903/ncomms9089/full/ncomms9089.html

(5) http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/02/29/maudits-97_4873354_3244.html

(6) The Hidden and External Costs of Pesticide Use, Denis Bourguet, Thomas Guillemaud, Février 2016

(7) les notes en annexe du tableau donnent d’ailleurs une estimation plus faible (3.5 milliards) . Allez comprendre…

(8) nous faisons court, mais on pourrait discuter de chaque ligne de ce budget à la Prévert

(9) au passage les auteurs font comme si l’agriculture bio n’utilisaient pas des pesticides.

(10) http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2016/03/04/et-si-on-bannissait-les-pesticides_4876465_3244.html?xtmc=pesticides&xtcr=23

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:52
Conflits d’intérêts : quand Stéphane Foucart balance sur le « GIEC de la biodiversité »

« Parmi les experts du principal rapport sur la pollinisation, deux salariés de l’industrie chimique ». Tel est le titre d’un article de Stéphane Foucart dans le Monde du 23 février. Il parle ici des experts de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), souvent nommé le GIEC de la biodiversité. Selon Foucart, serait « confrontée à la suspicion d’une partie de la communauté scientifique ».

Le titre nous indique bien sûr les motifs de cette suspicion : deux salariés de l’industrie chimique. Bref, le diable ! « C’est un peu comme si certains chapitres du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avaient été pilotés par des scientifiques employés par des géants du charbon ». Une comparaison qui ne manque pas de sel, venant d’un défenseur acharné d’un organisme qui n’a jamais brillé pas sa transparence…

Dans une correspondance parue dans Nature fin 2014 (1), des chercheurs avaient mis en cause, sans les nommer, la présence de deux « représentants » de l’industrie agrochimique parmi les auteurs d’une évaluation des pollinisateurs par l’IPBES : « de notre point de vue, de tels scientifiques financés par de telles industries ne devraient pas être des auteurs principaux ou des coordonnateurs de telles évaluations ».

La question des conflits d’intérêts n’est évidemment pas une question simple. Mais peut-on écarter, par principe, des chercheurs, simplement parce qu’ils viennent de l’industrie ? S’ils ont réellement été sélectionnés en fonction de leurs compétences, comme l’affirme vice-président de l’IPBES, et en toute connaissance de leur lien avec l’industrie, où est réellement le problème ?

Notons que le site de l’IPBES mentionne l’organisme d’appartenance des deux « suspects », et que cela ne fait que deux personnes pour 82 personnes impliquées dans l’écriture du rapport sur les pollinisateurs (2). De plus, si Helen Thompson (Syngenta) intervient dans le chapitre traitant de l’effet de l'utilisation des fongicides et des insecticides, cela n’est pas le cas de Christian Maus (Bayer). Celui-ci est impliqué dans la rédaction d’un chapitre introductif très vaste et très général, et non pas uniquement, comme l’écrit Stéphane Foucart, «sur la diversité des pollinisateurs » . D’ailleurs visiblement peu conscient de ses contradictions, le journaliste ironise : « Quant au scientifique employé par Bayer et sélectionné par l’IPBES, il n’a pas été pris dans de telles controverses [NDAS : comme le serait Helen Thompson]: auteur principal du chapitre sur la diversité des pollinisateurs, il n’a jamais publié de travaux sur le sujet ». En même temps, on voit mal dans ces conditions, comment ses supposés conflits d’intérêts pourraient intervenir dans la rédaction d’un tel chapitre. Mais visiblement, être employé dans la chimie suffit pour être désigné comme un pestiféré.

Des accusateurs eux aussi un peu suspects

On aurait d’ailleurs aimé un peu plus de transparence de la part du journaliste à propos des responsables de l’attaque qu’il relaie : les 3 signataires de la lettre à Nature sont lié à l’UICN ou la WWF. Dave Goulson, qui a contesté une étude d’Helen Thompson sur l’effet des insecticides néonicotinoïdes ? Tiens, lui aussi est un activiste financé par des ONG, et impliqué dans la task-force de l’UICN visant à bannir les néonicotinoïdes. C’est un « allié » des Amis de la Terre, de l’aveu même de cette ONG (3). Il affirme que les néonicotinoïdes sont totalement inefficaces, prenant visiblement les agriculteurs pour des imbéciles (4). Ses recherches ? Du très lourd, évidemment ! Par exemple, dans une étude parue en 2015 (5), il explique que les résidus de néonicotinoïdes en bordure des champs sont une source d’exposition chronique pour les abeilles. Comiquement, il y en aurait davantage dans le pollen des fleurs sauvages que dans celui du colza traité !

On peut donc légitimement retourner la suspicion contre ceux qui la répandent à l’encontre de Christian Maus et d’Helen Thompson : avant même qu’ils aient commis la moindre faute, ceux-ci sont montrés du doigt par des individus dont le but avoué est d’obtenir l’interdiction des néonicotinoïdes. Cette campagne relayée par Le Monde est un moyen de faire monter la pression sur cet organisme. D’autant plus que Foucart en rajoute : « D’autres auteurs cependant, universitaires ou membres d’organismes de recherche publics, ont également des liens d’intérêts avec des firmes agrochimiques, selon nos informations. » On appréciera la valeur de telles insinuations, selon des « informations » que le journaliste garde courageusement pour lui.

C’est un peu comme si le GIEC….

Comme le rappelle Foucart, dans leur article publié par Nature, Axel Hochkirch et ses coauteurs critiquaient « l’absence de règles explicites dans la nomination et la sélection des experts ». « Les États membres et les « parties prenantes » proposent des noms de chercheurs. Ensuite, c’est le Groupe d’experts multidisciplinaire, l’un des organes centraux de l’IPBES, qui sélectionne ceux qui seront retenus pour participer à l’expertise ». Et dans le cas du GIEC ? « La sélection s’effectue comme suit: un appel à candidatures est d’abord lancé auprès des gouvernements

et des organisations ayant le statut d’observateur auprès du GIEC; des curriculum vitae détaillés sont ensuite remis et les auteurs sont sélectionnés en fonction de leurs compétences ». Avouons que la différence, sil y en a une, doit être particulièrement subtile. Or je ne me souviens avoir lu dans le Monde de critique sur l’ « absence de règles explicites » concernant le GIEC.

Oui, mais là, tout de même, deux salariés de l’industrie chimique… Reprenons la délicieuse analogie de Foucart : « C’est un peu comme si certains chapitres du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avaient été pilotés par des scientifiques employés par des géants du charbon ».

Des géants du charbon, certes, non ! Mais, essayons une autre hypothèse : « C’est un peu comme le dernier rapport du GIEC sur les énergies renouvelables avaient été pilotés par des membres du Conseil européen des énergies renouvelables (EREC) ». Or, selon ce rapport (le SRREN) publié en 2011, les énergies renouvelables pourraient fournir jusqu’à 77% de l’électricité mondiale en 2050. Comment expliquer un chiffre aussi improbable ? Le rapport comprenait parmi ses principaux un certain Sven Teske, de Greenpeace, et coauteur d’une étude intitulée Energy [r]evolution, menée avec… Le conseil européen des énergies renouvelables, autrement dit le lobby de l’industrie des énergies renouvelables !!!

Comme quoi, avant de chercher la paille dans l’œil de l’IPBES…

Anton Suwalki

(1) Biodiversity reports need author rules, Nature volume 516, Dec 2014


(2) http://www.ipbes.net/work-programme/pollination

(3) https://www.foe.co.uk/what_we_do/our_bee_cause_allies_39436

(4) https://www.youtube.com/watch?v=6DEkm1p-Y-A

(5) Environ. Sci. Technol (2015)• DOI: 10.1021/acs.est.5b03459

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 21:59

Chers lecteurs,

Le dernier Cash Investigation aura fait couler beaucoup d’encre. Nous vous signalons à ce sujet une recension complète sur le site de l’AFIS :

Comment les téléspectateurs ont été abusés par Cash Investigation

Pour notre part, nous publions cette contribution particulièrement mordante de Jérôme Quirant, professeur de mécanique à l’Université de Montpellier, et auteur notamment de « 11 Septembre et Théories du Complot : Ou le conspirationnisme à l'épreuve de la science », publié aux éditions book-e-book

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Pesticides : quand France 2 intoxique à hautes doses

Le dernier Cash investigation, diffusé le 2 février 2016 sur France 2 et consacré aux pesticides, a été un modèle assez navrant de ce qui se fait de pire en matière d’infotainment : l’information spectacle où le buzz est l’effet recherché à tout prix, faisant fi de toute déontologie journalistique.

Haro sur les pesticides

Que trouver de mieux à ce jour que les pesticides pour faire peur dans les chaumières ? On l’entend sans arrêt : les pesticides sont partout, ils vont tous nous tuer, probablement à petit feu, voire dans d’atroces souffrances, surtout pour nos enfants… Si on y ajoute l’action sournoise du maléfique Monsanto, grand distributeur de ces poisons prétendument redoutables, tous les ingrédients sont réunis pour attirer l’indignation du chaland et assurer un bel audimat.

Comme nous allons le voir, avec ce numéro de Cash Investigation spécial pesticides, France 2 a failli deux fois à sa mission de service public : sur la forme et sur le fond.

Cash manipulation ?

Les méthodes de Cash investigation sont connues : chevalier blanc pourfendant les puissants qui complotent contre le petit peuple, la mise en scène est à la base même du concept(1). Tout un arsenal est mis en œuvre au service de ce scénario(2) : interview à l’improviste, sommation de réagir à chaud sur des documents non étudiés au préalable, montage de portes fermées et de refus de réagir, voire même des coupes sélectives déformant largement les propos des interlocuteurs(3) du moment que cela sert le canevas du documentaire.

Le dossier sur les pesticides n’a pas dérogé à cette présentation manichéenne. Cash Investigation s’est immédiatement présenté comme le grand divulgateur de secrets savamment gardés, comme par exemple la quantité de pesticides consommés en France. Au-delà des chiffres présentés de façon trompeuse (nous y reviendrons), il suffit pourtant de trois clics à un internaute, confortablement installé derrière son clavier, pour trouver toutes ces données sur le site internet du Ministère de l’Agriculture (4) (notamment la répartition géographique des épandages). On peut tout aussi facilement apprendre quelles sont les quantités consommées chaque année et constater la forte baisse du tonnage de pesticides au cours des 15 dernières années (5). Quand il est clamé plusieurs fois dans l’émission qu’il a fallu près d’un an d’enquête périlleuse pour arriver à un tel résultat, cela laisse songeur !

Si vraiment la conclusion n’a pas été écrite à l’avance, et si tant d’énergie a été déployée pour délivrer un message de clarté et de vérité, comment se fait-il qu’il n’ait pas été fait mention durant les deux heures d’émission :

  • des avis des agences sanitaires qui, tant au niveau national qu’européen, sont très rassurants sur le sujet ;
  • des effets sanitaires bénéfiques des pesticides, utilisés jusqu’en pharmacie pour éradiquer parasites ou champignons ;
  • de l’utilisation dans l’agriculture biologique de pesticides qui, bien que « naturels » ne sont pas réputés moins dangereux pour l’homme ou la nature que ceux de synthèse(6) : on peut citer la bouillie bordelaise, l’huile de neem, ou la roténone (une substance qui a même dû être interdite) ;
  • des études qui montrent que les agriculteurs, pourtant les plus exposés aux pesticides (contact, inhalation ou ingestion) et qui devraient en conséquence subir une véritable hécatombe, ont plutôt moins de cancers que le reste de la population(7). La maladie de Parkinson, par contre, semble connaître chez eux une surreprésentation de l’ordre d’un facteur 2 ;
  • de l’aide conséquente apportée aux journalistes par l’association militante Génération Futures(8). Association qui a fait de la lutte contre les pesticides l’un de ses champs de bataille et cherchait, en 2015, des relais d’opinion parmi les « célébrités(9) » ! Toujours prompte à dénoncer connivences et arrangements divers (chez les politiques, industriels ou syndicats), Elise Lucet est restée étonnamment muette sur ce point.

Forcément avec la présentation de ces éléments, la conclusion proposée au téléspectateur aurait été moins limpide… Ce choix délibéré de les passer sous silence, alors qu’ils sont pourtant essentiels à une information objective, est bien sûr très problématique pour qui souhaite bénéficier d’une analyse rationnelle et non passionnée de la situation. L’utilisation systématique des enfants au cours du reportage plaçait d’ailleurs directement le débat au niveau de l’émotion, ce qui est assez révélateur d’un manque de confiance du scénariste dans la qualité des arguments présentés.

Car même en termes scientifiques, en effet, le reportage est trompeur. Il est même scandaleusement trompeur, tellement la présentation des données scientifiques a été faite de façon biaisée et incomplète, pour ne pas dire mensongère.

La science travestie

Cela a été dit(10) et re-redit(11), l’affirmation selon laquelle une étude de l’EFSA aurait détecté des résidus de pesticides dans 97 % des aliments consommés était mensongère, puisqu’aucun résidu n’a été détecté ou quantifié (12) dans plus de la moitié des dizaines de milliers d’échantillons testés. Mais les contre-vérités assénées par Cash Investigation, ne s’arrêtaient pas là, loin s’en faut. Quasiment toutes les données scientifiques présentées au long du reportage l’ont été de façon biaisée, en faisant un cherry-picking du plus mauvais aloi :

  • dans l’étude EFSA, pour 97 % des aliments testés, on ne trouve pas de résidus de pesticides au-delà des limites admises règlementairement. Ces limites étant largement sécuritaires(13), le risque(14) est d’autant plus faible. Il n’y avait donc pas de raison de reprendre le message alarmiste véhiculé tout au long de l’émission ;
  • les tests portant sur la présence de pesticides dans les cheveux d’enfants sont présentés sans aucune analyse des résultats : significativité des mesures, exposition des enfants testés par rapport à rapport à des cas témoins non exposés, etc. D’après des toxicologues avertis(15), rien ne peut être tiré de fiable sur de telles analyses ;
  • les résultats alarmistes présentés sur l’atrazine n’ont pas été confirmés, notamment dans le cadre d’une méta-analyse regroupant plusieurs dizaines d’études (!) portant sur le sujet en 2014(16). Tyrone Hayes, présenté comme le scientifique américain lanceur d’alerte sur le sujet, est connu surtout pour ses études non reproductibles(17). Google Scholar donne des milliers de références d’articles scientifiques portant sur l’atrazine et l’agence environnementale américaine (EPA) est très rassurante sur cet herbicide puiqu’elle l’a classé non cancérogène ;
  • la France est présentée comme le plus gros consommateur de pesticides en Europe, ce qui est certes vrai en des termes monétaires, mais pas de volumes, et ce bien qu’elle soit le premier pays agricole de l’UE. Ainsi, ramenée à la surface cultivée, la quantité de pesticides utilisée en France se situe dans la moyenne européenne(18), d’autres pays étant largement au-dessus ;
  • pour les cancers, et notamment ceux des enfants, la présentation rationnelle des statistiques de l’Institut National du Cancer (cf tableaux ci-dessous) est nettement moins anxiogène que ce que Cash essaie de faire croire : grossièrement, il n’y a pas actuellement d’augmentation du nombre de cancer autre que celle due au vieillissement chez l’adulte et, chez l’enfant, celle due à une amélioration des diagnostics et de l’enregistrement. Quant aux différences spatiales, elles sont jugées non significatives par l’INC ;
  • la relation entre l’autisme et le chlorpyrifos paraît, elle, totalement tirée par les cheveux quand on regarde attentivement les chiffres : il n’y a aucune corrélation entre les quantités vendues et l’augmentation des cas d’autisme aux Etats-Unis, c’est même le contraire(20) ! Par contre, avec une parfaite mauvaise foi, on pourrait effectivement souligner l’augmentation des cas d’autisme avec la croissance de la consommation de produits bio… ou comment faire dire n’importe quoi aux chiffres en confondant corrélation et causalité. Là aussi, des milliers d’articles scientifiques ont été produits sur ce pesticide pour évaluer sa dangerosité ;
  • les malformations observées à la naissance à Hawaï, images à l’appui, ont dû terroriser dans les foyers. Cependant la réalité scientifique est tout autre que celle présentée : un rapport de 2011(21) montre que les cas de gastroschisis (sortie des organes hors du ventre du bébé) sont même inférieurs en nombre à Hawaï par rapport au ratio national…

Cette présentation de chiffres partiels ou non validés dans des revues scientifiques, voire d’études isolées non concluantes, interroge lorsqu’on se trouve face à des journalistes qui revendiquent une enquête rigoureuse de près d’un an.

Entre travail bâclé et parti-pris idéologique, il est difficile de se prononcer. Une chose est sûre, ce qui a été présenté dans l’émission est totalement déformé par rapport aux données acquises et validées par la communauté scientifique, que ce soit au niveau national ou international.

Pour conclure

Oui, les aliments, bio ou non, peuvent contenir des résidus de pesticides, qu’ils soient synthétiques ou « naturels ». Oui, les pesticides, synthétiques ou « naturels », peuvent être dangereux et il ne s’agit pas de le nier ! C’est pour cela qu’on définit des limites à ne pas dépasser, en prenant des marges de sécurité(22) importantes.

Mais en travestissant sur le fond et la forme l’état de la connaissance dans le domaine(23), grossissant le trait de façon mensongère, Cash investigation n’a pas fait honneur au service public. Envoyé Spécial lui a d’ailleurs emboité le pas trois semaines plus tard sur France 2, avec un reportage sur le glyphosate (le Roundup du diable Monsanto) bâti sur les mêmes arguties.

Dans cette course effrénée à l’audimat, on peut même s’amuser à imaginer pour France 2 « une enquête », tout aussi angoissante, qui ferait à coup sûr parler d’elle : « Nos enfants en danger : 100 % des aliments sont radioactifs ! ». Avec bien sûr la mise en scène qui va avec : on nous cache les données sur cette radioactivité (qui a accès à ces données ?), la radioactivité c’est dangereux (quelques images d’enfants après Hiroshima devraient meubler efficacement – ne pas oublier de citer les accidents occasionnés en radiothérapie), même les bananes sont radioactives et servent de mètre étalon(24), prévoir d’ailleurs quelques relevés sur un marché avec un compteur Geiger suffisamment sensible (porté de préférence par une personne en blouse blanche pour faire sérieux)… Si avec ça, le pic d’audience n’est pas atteint, c’est à désespérer !

Serait-il raisonnable pour autant de restreindre son alimentation en raison de la radioactivité des aliments ? Non, bien sûr que non… Et cette mise en scène n’aurait aucun sens. Chacun peut continuer à manger sans crainte ces produits « radioactifs » car la radioactivité naturelle peut être des dizaines de fois supérieure à celle induite par la seule alimentation, sans que cela n’occasionne aucun effet sur l’être humain : tout est question de dose ! Pourtant ce point, essentiel, n’a jamais été évoqué dans l’émission sur les pesticides…

Là sont les limites de l’infotainement : faire du buzz coûte que coûte, sans se soucier de la réalité scientifique du sujet traité… mais la fin justifie-t-elle les moyens ? Dans le cadre de la mission de service public dévolue à France Télévision, la question se pose.

Jérôme Quirant

[1] http://fastncurious.fr/zoomsur/cash-investigation-ou-la-fabrique-du-buzz.html/

[2] http://www.mediapicking.com/news/88-cash-investigation-12-facons-mal-traiter-grandes-entreprises

[3] http://maviedefourmi.over-blog.com/cash-investigation-diesel-la-r%C3%A9ponse-de-jean-paul-morin-chercheur-inserm

[4] http://agriculture.gouv.fr/telecharger/71232?token=d45ec7aae529bde12ee62b1249c60510

[5] http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/2439/0/quantites-pesticides-vendues-france.html

[6] Voir article de Stéphane Adrover : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2580

[7] http://www.sudouest.fr/2014/03/21/le-poids-du-cancer-en-milieu-agricole-1498737-3383.php

[8] http://www.generations-futures.fr/chimique/cash-investigation-et-france-info/

[9] http://www.generations-futures.fr/2011generations/wp-content/uploads/2011/09/rapport_activites_2014.pdf

[10] http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2589

[11] http://www.liberation.fr/desintox/2016/02/11/pesticides-le-chiffre-bidon-de-cash-investigation_1432447

[12]voir la nuance, reformulée par les responsables de Forum Phyto après les maladresses du rapport de l’EFSA

http://www.forumphyto.fr/2016/02/16/cash-investigation-sembourbe-dans-ses-mensonges/

[13] http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2590

[14] http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2591

[15] http://www.atlantico.fr/decryptage/pesticides-dans-cheveux-etude-qui-fait-peur-sans-raison-scientifique-valable-jean-francois-narbonne-2038583.html

[16] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24797711

[17] http://www.forbes.com/sites/jonentine/2014/03/10/did-the-new-yorker-botch-puff-piece-on-frog-scientist-tyrone-hayes-turning-rogue-into-beleaguered-hero/

[18] Voir article de Philippe Stoop : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2580

[20] http://seppi.over-blog.com/2016/02/l-autisme-de-cash-investigation-glane-sur-la-toile-55.html

[21] http://health.hawaii.gov/genetics/files/2013/04/HBD_Surveillance_Report_1986-2005.pdf Cf figure 14 page 97

[22] http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2590

[23] Voir l’ensemble du dossier : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2580

[24] https://fr.wikipedia.org/wiki/Dose_%C3%A9quivalente_en_banane

Pesticides : quand France 2 intoxique à hautes doses, par Jérôme Quirant
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 19:30

La dernière émission Cash Investigation présenté par Elise Lucet a subi une vague de critiques d'une ampleur aussi inédite que réjouissante(1) : Dans la blogosphère sceptique et rationaliste, avec en particulier le travail remarquable de Wackes Seppi sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels, ou encore, la chronique mordante et très drôle de l'ami Yann Kindo (2), mais plus étonnantes, ces critiques émanant de la presse généraliste, moins complaisante que d'habitude. Libération, qui a ouvert le feu avec le chiffre bidon de Cash Investigation, mais aussi Le Figaro, Le Républicain, s'inspirant largement du communiqué de l'AFIS (3)… Du rarement vu.

Mentir n’est (visiblement) pas un problème déontologique …

Le 21 février, c'est Daniel Schneidermann qui entre dans la polémique en signant une chronique dans Libération intitulée « Investigation : mentir utile ? » (4). On s'attend évidemment à ce que le sage décodeur des médias tance vertement Élise Lucet et ses collègues. Or on ressort bien mal à l'aise de la lecture de cette chronique !

Tout d'abord, parce que ce n'est que du bout des lèvres que Schneidermann parle de mensonges, « le mensonge – ou pour n’offenser personne, l’approximation, l’étourderie, la malencontreuse erreur de chiffres ...», ensuite , parce que s'il désapprouve le mensonge, ça n'est pas pour la première raison qui vient à l'esprit : pour lui, le mensonge n'est visiblement pas condamnable en soi, parce que contraire à l'éthique même de la profession. Il ne serait pas condamnable en soi de tromper le lecteur ou le téléspectateur.

« «Si un chiffre, même faux, attire l’attention sur un problème réel, fait progresser la cause, où est le mal ?» Telle est la question, mise en exergue dans le journal, que se pose Schneidermann. Avis à ceux qui penseraient que la cause supérieure du journaliste, c'est la vérité…

Si Schneidermann désapprouve le mensonge, c'est tout simplement, comme l’illustre magnifiquement Cash Investigation, parce qu'il peut se retourner contre ses auteurs. Car ces mensonges, écrit-il, l'adversaire ne les manquera pas ! « Notons d’abord que ce [les mensonges]ne sont pas exactement «les armes de l’adversaire». L’adversaire ne ment pas. L’adversaire ne ment pas. Il ne truque ni les photos ni les chiffres. » Par ce sidérant hommage que la « vertu » rend au supposé vice, le journaliste reconnaît donc que l'adversaire, (entendez « les multinationales des OGM, de l’agroalimentaire ou de l’énergie ») contrairement à ses collègues, ne ment ni ne truque. Comment expliquer ce paradoxe : que le mensonge émane du camp du bien, et non pas de celui du mal ?

L’adversaire ne ment pas, c’est précisément en cela qu’il est diabolique !

Attention, nous prévient Schneidermann, l'adversaire, décidemment diabolique, est autrement plus subtil : sans craindre le ridicule, il nous affirme que le combat est en effet inégal «face aux milliards que dépensent les multinationales des OGM, de l’agroalimentaire ou de l’énergie pour modeler l’opinion mondiale ». Quand on connaît l'immense popularité de Monsanto, par exemple, on mesure l'efficacité de ces « milliards » dépensés pour « modeler l'opinion mondiale » !!!

Le délire se poursuit « l’adversaire ne ment pas. Il ne truque ni les photos ni les chiffres. Il est bien au-dessus de ces techniques frustes. Il a à sa disposition d’autres armes, autrement plus discrètes. Il a les moyens d’étouffer les chiffres qui ne lui conviennent pas, ou même de faire en sorte que ces chiffres ne naissent jamais, en agissant à la source, en asséchant, consciencieusement les financements des laboratoires de recherche potentiellement dérangeants. Il étouffe. Il communique. Il sature ».

Pur fantasme ! Il suffit de se documenter ,par exemple, à propos de deux pesticides mis en cause dans Cash Investigation : Google Scholar donne 5460 références de publication scientifiques portant sur le chlorpyrifos, 10500 références pour l'atrazine ! Où sont-ils, les chiffres étouffés, les laboratoires « asséchés », empêchés de mener des « recherches potentiellement dérangeantes » ? Où sont-elles, les « escouades de communicants » payés par l'ennemi ? Pauline Mouillot, la journaliste de Libération qui a publié à propos du chiffre bidon de Cash Investigation, fait-elle partie du complot ?

Le comble de la paranoïa est atteint quelques lignes plus bas « Il crée des médias de diversion, qui ont pour fonction de parler d’autre chose que des pesticides ou du gaz de schiste. Il crée du bavardage, des fausses polémiques, du tumulte. ». Rendez-vous compte, si ça se trouve, Nabila est un agent de Bayer ou de Monsanto !

On apprend même que l'adversaire, cette hydre toute-puissante, « s’arrange pour que les sujets litigieux n’arrivent jamais sur le tapis ». Et avec quel succès ! En lisant cela, on se demande vraiment si Schneidermann croit lui-même à ce qu’il dit.

Le combat contre l' « adversaire » vaut bien qu'on lui sacrifie le respect du téléspectateur

Que retenir de cette formidable leçon donnée par Schneidermann ? Que le mensonge en soi ne lui pose pas vraiment de soucis déontologique, même si à contrecœur, il reconnaît dans une conclusion ambiguë que « le journaliste ne devrait pas avoir d’autre choix que de se boucher les yeux, les oreilles, le nez, devant la question de savoir de qui ces faits «feront le jeu» ».

Les mensonges un peu trop voyants comme ceux de Cash Investigation ne posent problème, que parce que l' « adversaire » ne manquera pas de les retourner à son profit. D'autres ficelles que le mensonge pur et simple, même si elles sont out aussi manipulatrices, ne sont pas condamnables aux yeux de Schneidermann : « Tout imparfaite qu’elle soit, l’émission Cash a fait bouger les lignes sur les pesticides, comme précédemment sur d’autres sujets qu’elle a abordés. Une manifestation s’est organisée à Bordeaux, dans une région particulièrement touchée. Peut-être des lois plus restrictives seront-elles votées. Sans compter l’effet, moins quantifiable, que peut avoir une telle émission choc, dans les consciences des agriculteurs, agents actifs de la propagation des pesticides. »

Chers Martin Boudot et Élise Lucet, on espère que vous aurez retenu la leçon de sagesse de Daniel Schneidermann : manipulez, OK, façon poids des mots et choc des images, mais si vous mentez, faites-le un peu plus subtilement la prochaine fois ! En tout cas, le combat contre l'adversaire vaut bien qu'on lui sacrifie le respect du téléspectateur et la déontologie journalistique.

« L’ hommage de la vertu au vice » : expliquons-nous

Je parlais ironiquement de l’hommage que la vertu (ici, les journalistes) rend au vice (au choix, les méchants semenciers, chimistes, pétroliers, etc..) . Une assez longue expérience des sujets polémiques sur les forums m’a conduit à l’inversion de la célèbre maxime. Vous aurez sûrement remarqué que les « antis » (anti-OGM, pesticides) tiennent tout discours argumenté, toute affirmation sourcée qui va à l’encontre du discours dominant, comme suspects. Avoir le soucis de convaincre, de prouver, quand la plupart des intervenants se contentent de copier/coller sauvage, n’est-ce pas un peu louche ?

Il y a quelque temps de cela, une amie m’a envoyé le lien vers un site anti-TAFTA, où l’on expliquait que le traité allait permettre de nous imposer des produits qu’on refuse en Europe, « car trop toxiques, bourrés d’OGM » et autres « poulets au chlore » … Très agacé, je lui réponds « J'aimerais qu'on me précise le sens de "bourrés d'OGM" ? A part un élément de langage clairement destiné à distiller la peur, ça veut dire quoi ? ». Réponse déconcertante de l’amie : « Oui... cela [ta réponse] ne m'étonne pas......les argumentaires de Monsanto and Co sont mieux ficelés et sans doute plus convaincants....... ».

En clair : si vous lisez des slogans construits à partir de formules chocs mais dénuées de sens, vous reconnaissez le camp du bien. Si vous lisez des argumentaires « bien ficelés », qui donc tentent de faire appel à l’intelligence et à l’esprit critique, méfiez-vous, il y a sûrement Monsanto ou un autre croquemitaine derrière ! L’intelligence n’a décidemment pas bonne presse par les temps qui courent.

Nous noterons ici que Daniel Schneidermann ne raisonne pas différemment : Si on ne peut pas prendre l’adversaire en flagrant délit de mensonge, c’est parce qu’il est beaucoup trop subtil pour se laisser compromettre de la sorte. L’adversaire est donc fantasmé comme une pieuvre tentaculaire, aux pouvoirs de manipulation illimités, qui corrompt les experts, réduit les laboratoires de recherche « indépendants », censure les chiffres dérangeants à la source, engage des armées de communicants pour diffuser « la bonne parole », etc … Et même, rendez-vous compte, l’adversaire crée des médias de diversion pour qu’on parle d’autre chose que de pesticides et de gaz de schiste ! Du coup, on comprend la relative indulgence pour les mensonges de ces courageux journalistes, qui au péril de leur vie sans doute, mentent pour la bonne cause ! Et qu’on se rassure, si Daniel Schneidermann ne peut pas prouver toutes ces manipulations, c’est sans doute une preuve supplémentaire que l’adversaire est diaboliquement habile.

Anton Suwalki

(1) le point sur le sujet

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/2016/02/crash-de-cache-investigation.html

(2) https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/160216/vive-les-pesticides

(3) http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2589

(4) http://www.liberation.fr/desintox/2016/02/11/pesticides-le-chiffre-bidon-de-cash-investigation_1432447

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 16:25
Cash investigation, ou Cash mystification ?

De Climat investigation...

Le 1er novembre 2015, Philippe Verdier, présentateur météo sur France 2, était licencié. Il venait de publier ses réflexions critiques sur le climat, son traitement médiatique et politique, quelques semaines avant l'ouverture de la COP 21 . Ce livre était intitulé Climat investigation, un clin d’œil à l'émission Cash Investigation de sa consœur Élise Lucet.

Climat investigation est à vrai dire très confus, truffé de contradictions et d'approximations. L'idée que l' « explosion démographique » serait la cause principale du réchauffement climatique observé au cours du 20ème siècle (et dénoncée paraît-il par le GIEC!), est assez représentative de la légèreté de ce livre. Nous y reviendrons dans un autre article. Mais renvoie-t-on un journaliste de télévision, qui fait correctement le travail pour lequel il est payé, parce qu'il a écrit un livre médiocre ?

Officiellement, il lui est reproché d'avoir utilisé l'image du groupe France Télévision pour promouvoir son livre. "J'ai parcouru [Climat investigation], admet Delphine Errnotte. Je n’en ai pas pensé grand-chose, sauf que, lorsqu’on est salarié d’une maison comme France Télévisions, il faut faire une distinction entre ses avis personnels et ceux que l’on fait porter à l’entreprise. Là, il y a eu confusion et ça me pose problème" (1). Comme si les manques au devoir de réserve des journalistes de la télévision publique se traduisaient habituellement par leur licenciement ! Il n'y a guère de doute sur le fait que son licenciement, qui a réjoui Audrey Garric (2), est politique. Le fait, notamment que Philippe Verdier ait raconté dans son livre les tentatives de Laurent Fabius d'embrigader les journalistes météo avant la COP 21…..

...à Cash Investigation

Si Delphine Ernotte justifie le licenciement de Philippe Verdier , comment devrait-elle réagir à la dernière émission de Cash Investigation intitulée : Produits chimiques : nos enfants en danger ? Le fait que le documentaire, signé Martin Boudot, ait été « en grande partie » préparée par l'ONG anti-pesticides Générations futures (3), ne constitue-t-elle pas une première entorse au devoir de réserve, autrement plus grave que celui de Philippe Verdier, dans la mesure où il s'agit d'un documentaire diffusé sur France 2, et qui engage donc directement le groupe ? D'autant plus que l'émission s'accompagne opportunément de la sortie d'un livre éponyme, préfacée par la sémillante Elise Lucet, dont la photo orne la couverture, à côté du logo de la chaîne

Mensonger et manipulateur

Si encore on ne pouvait reprocher à ce documentaire qu’un côté orienté… C'est bien pire que cela : la patte de Générations Futures ne tarde pas à être reconnue, et on s’aperçoit qu'Elise Lucet et ses collaborateurs sont largement capables de rivaliser avec une Marie-Monique Robin. La présomption d’innocence s'efface rapidement et laisse la place au soupçon, puis à la certitude que ce reportage cherche à nous manipuler. La peur, on le sait, est beaucoup plus vendeuse que la vérité. « Informer n'est pas un délit », proclame Elise Lucet (4). Désinformer non plus, mais cela n'est pas très joli. Et c'est surtout dangereux d'inquiéter le public sur la base de faits manipulés

Pour une analyse détaillée, nous renvoyons nos lecteurs aux sites de Forum phyto et de notre ami Wackes Seppi., ou encore d'un article à paraître dans la revue Science et pseudosciences. De toute évidence, Cash mystification est un nom qui conviendrait mieux à l'émission d'Elise Lucet.

Un documentaire à 97 % mensonger ?

Une bonne partie du documentaire et de l'émission sont articulés autour d'un message : 97 % produits alimentaires contiendraient des résidus de pesticide (5). Ce message, martelé au cours de l'émission, associé aux autres affirmations et aux images destinées à terroriser, tels ces enfants hawaïens atteints de malformations associées de manière tout à fait gratuite aux pesticides, a malheureusement pu marquer les téléspectateurs.

On peut déduire que Martin Boudot, qui affirme avoir travaillé entre 10 et 12 mois pour cette enquête, soit ne sait pas lire, soit qu'il nous ment sciemment. Il est de toute façon invraisemblable que ses mentors de Générations Futures n'aient pas repéré (et donc cautionné) cette énorme bourde, si c'en est une.

En réalité, selon le rapport annuel de l'EFSA (6) sur le programme de surveillance des pesticides dans l'Union Européenne dont est extrait ce chiffre :

-97,4 % des échantillons analysés se situent dans les limites légales de résidus de pesticides, c'est à dire a priori sans aucun danger pour la santé () ,dont 54,6 % des échantillons ne contiennent aucun résidu détectable.

- Seuls 2,6 % dépassent les limites légales (infinitésimales) de résidus, et 1,5 % les dépassent suffisamment pour justifier des sanctions juridiques ou administratives. Ce qui ne veut pas dire que 1,5 % des produits alimentaires que nous consommons soient réellement dangereux. N'oublions pas que nous baignons dans la culture du « principe de précaution ».

Pris en flagrant délit au cours du tchat qui suivit l'émission sur le site de France Info (7), Martin Boudot a trouvé le moyen de s'enfoncer un peu plus. A un internaute qui lui pose la question « Bonjour Martin, dans l'enquête vous parlez de 97 % des aliments qui comportent des résidus de pesticides. Quels sont les 3 % restants ? »

Notre fin cash investigator répond : « les 3 % restants correspondent au bio (sic!) ou aux aliments à très faible teneur en pesticides (re-sic!) »

Pathétique !

Une réaction, madame Ernotte ?

Bien que les méthodes et les ficelles énormes employées dans Cash mystification nous révulsent, loin de nous l'idée de réclamer des têtes. Nous n'avons pas les mêmes valeurs qu'Audrey Garric .Mais comment la direction de France Télévisions, si pointilleuse sur le « cas Philippe Verdier » pour un livre qui, finalement, n'engageait que lui-même, peut-elle laisser passer une telle entreprise de désinformation et de manipulation délibérées sur ses propres ondes ? La moindre des choses serait de diffuser un rectificatif aux « erreurs » les plus manifestes de ce documenteur. La crédibilité du « service public d' information » est en jeu. On attend avec beaucoup impatience votre réaction, madame Ernotte !

Un contre-poison : Science et pseudo-sciences

Heureusement, les téléspectateurs dotés d'un minimum de sens critique peuvent facilement se désintoxiquer des mensonges colportés par Cash Investigation. Nous leur recommandons le dernier numéro de Science et Pseudosciences (8), et son dossier « Pesticides- ce qu'en dit la science ». 5 euros la cure,avouez-le, c'est vraiment donné. Ceci-dit, dans une optique de « désintoxication durable » contre les marchands de peurs et de pseudo-sciences, on peut aussi s’abonner à l'année pour la modique somme de 25 euros...

Pour finir et sourire un peu …, ce commentaire très drôle de Forum phyto sur le documenteur :

« Une affirmation particulièrement contestable concerne le Chlorpyriphos accusé dans l’émission d’être au moins en partie responsable d’une augmentation des cas d’autisme. Or il y a bien une relation statistique aux USA entre l’évolution de l’emploi de cet insecticide et l’autisme. Mais cette relation est inverse. Les cas d’autisme augmentent alors que l’usage du chlorpyriphos baisse. Il faudrait prévenir Stéphane Le Foll, qui s’est quasiment engagé pendant l’émission à le faire interdire. Il va avoir une épidémie d’autisme sur la conscience… »

Anton Suwalki

Notes :

(1) http://www.programme-tv.net/news/tv/73540-delphine-ernotte-s-exprime-sur-le-livre-de-philippe-verdier-ca-me-pose-probleme/

(2) Chef adjointe du service Planète/Sciences du Monde, elle a célébré sa mise à pied par ce tweet infâme : « Bonne nouvelle n. France 2 met à pied son « M. Météo » climatosceptique, Philippe Verdier » .

(3) http://www.generations-futures.fr/chimique/cash-investigation-et-france-info/

(4) http://www.humanite.fr/videos/informer-nest-pas-un-delit-message-delise-lucet-577004

(5) voir l'excellente petite vidéo postée sur Youtube par Agriculture et Environnement

https://www.youtube.com/watch?v=zXz_ORDAozs

(6) http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/150312

(7) http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/direct-cash-investigation-posez-vos-questions-a-martin-boudot-l-auteur-de-l-enquete-sur-les-pesticides-dangereux_1297449.html

(8) http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2580

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:45
La conférence sur le climat, entre comédie et délire collectif

La COP 21, késako ? Il s’agit de la « 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ». Vous n’êtes pas plus avancé ? Le site gouvernemental nous en dit plus (1) : « [elle] va rassembler près de 40 000 participants – délégués représentants chaque pays, observateurs, membres de la société civile... Il s’agit du plus grand événement diplomatique accueilli par la France et également de l’une des plus grandes conférences climatiques jamais organisées ».

On comprend que cette grande messe va coûter très cher. Notre président, délaissant l’objectif, sans doute trop minable, d’inverser la courbe du chômage, pourra enfin enfiler un costume digne de sa carrure : celui de sauveur du Monde.

Officiellement, il s’agit donc « d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone ».

Mouais, on attend de voir si son bilan dépasse celui des habituelles comédies diplomatiques, contrairement à Ségolène Royal qui annonce avant même la tenue de cette conférence que c’est déjà un succès ! D’ailleurs, confirmant son excellence en économie, elle explique que « 40.000 personnes qui viennent, c'est aussi beaucoup de pouvoir d'achat qui arrive »…

En attendant de connaitre l’issue réelle de la COP21, on peut surtout observer la surenchère délirante à laquelle se prêtent divers groupes et « autres dignitaires chrétiens, sages asiatiques, Indiens d'Amazonie ou philosophes occidentaux, des dizaines d'autorités morales du monde entier ( )réunies mardi à Paris pour un "sommet des consciences" sur le climat » mobilisés par François Hollande. Du coup, elle parait bien loin, la « laïcité exigeante » affichée après les attentats de janvier 2005.

Quand les "sages" donnent dans l’outrance

Côté sagesse asiatique, on peut remarquer un de ses représentants (Matthieu Ricard) parmi les signataires d’un appel « à en finir avec les crimes climatiques ». A la lecture de cet appel vibrant, on s’aperçoit vite que la sagesse ne rime pas forcément avec raison et sens de la mesure. Et on ne peut qu’être triste de constater que des climatologues influents, côtoient de parfaits obscurantistes.Et qu'ils aient signé un texte outrancier qui comporte en outredes contre-vérités scientifiques, telles que « la submersion [déjà observée] des îles du Pacifique Sud,[ou] la recrudescence des tempêtes et ouragans ».On passera sur l'affirmation très douteuse concernant les réfugiés climatiques...

Aucune ile n’a été submergée, et les observations récentes des marégraphes ne soutiennent nullement la thèse d’une submersion imminente des îles du Pacifique Sud (4). Dans bien des stations de la région, il n’y a même pas de tendance significative à la hausse du niveau de la mer. Et à part (sans doute) en Atlantique Nord, on n’observe pas de recrudescence, ni de violence accrue des tempêtes et des ouragans depuis les années 1970..Et celà, c'est le GIEC (AR5) qui le dit.

Au-delà de ces « détails », on pourrait espérer, même de la part de gens convaincus de la nécessité de réduire les émissions de CO2, qu’ils ne versent pas dans la folie : car proclamer que la consommation de pétrole est un crime alors qu’il est à la base même de notre développement et qu’on lui ne connaît pas, à ce jour, de substitut (5), c’est de la folie pure et simple. Renoncer à exploiter les ressources fossiles à l’heure actuelle signifierait la misère absolue, bien pire que si le pire des scénarios climatiques se réalisait. Enfin, lorsque ce « crime » est assimilé à l’esclavage, le totalitarisme, le colonialisme ou l’apartheid, la folie des auteurs devient carrément de l’indécence.

Ce genre de reductio at Hitlerum est d’ailleurs une figure rhétorique particulièrement prisée des extrémistes climatiques, qui n’omettent pas dans ce texte de pourfendre les « climato négationnistes ». En son temps, James Hansen, célèbre climatologue de la NASA, comparait les convois de charbon aux trains qui emmenaient les juifs vers les camps de concentration…

Les adorateurs de la Terre Mère s’en mêlent

On apprend aussi qu’à côté de la COP 21, se tiendra un « Tribunal International des Droits de la Nature » (6). « Le Tribunal propose une alternative systémique à la protection environnementale, en reconnaissant aux écosystèmes leurs droits à l’existence, au maintien, à la préservation et à la régénération ; et aussi que ces droits puissent être revendiqués en Justice ». Ces mythes conservateurs, qui fantasment des écosystèmes parfaitement figés (7) sans l’intervention de l’homme, ne visent donc que ce dernier. Et comme j’imagine mal la mare à côté de chez moi porter plainte pour faire valoir son droit à l‘existence et à la préservation, des êtres humains se chargeront d’évaluer ses souffrances, et de condamner en son nom : « un panel de juristes et de personnalités internationalement reconnus sur le thème de la justice planétaire statueront sur des cas emblématiques tels que le changement climatique, les OGM, les méthodes extractivistes (sic !)et d’autres violations environnementales ». Le délire qui consiste à doter un écosystème de la personnalité juridique unilatérale (des droits, mais évidement pas de devoirs), est manifestement l’alibi de gens pressés de dresser des potences : « [le Tribunal] formulera des jugements et recommandations dans une perspective de protection et de restauration de la Terre en se fondant sur la Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère. Cette déclaration définit entre autres les devoirs incombant à l’humanité afin de respecter l’intégrité des cycles écologiques vitaux de la planète. De ce fait, la Déclaration promeut la proposition d’amendements au Statut de la Cour Pénale Internationale permettant la reconnaissance du crime d’écocide ».

Jusqu’à récemment, on imaginait que ce genre de discours n’était que le fait d’une poignée d’illuminés. Il nous faut déchanter : on l’a déjà entendu à l’ONU (8), et dans le cas présent, ATTAC France fait partie des organisateurs…

Et maintenant, le retour de la « bombe P »

Comme on l’a vu dans l’appel, l’urgence climatique semble justifier aux yeux de ses promoteurs des alliances assez improbables. Alors, quand le Pape prétend lui aussi se mêler de changer le climat, même des médias a priori plutôt anticléricaux ne vont pas s’en plaindre. Sylvestre Huet, de Libération semble avoir trouvé un compromis : « Pape François : élève appliqué mais peut mieux faire », explique-t-il en rendant compte d’un commentaire de l’encyclique papale parue dans Nature Climate Change. Le ton adopté par le journaliste semble indiquer qu’il adhère aux thèses des auteurs, le célèbre Paul Ehrlich, et un certain John Harte.

« [Ceux-ci] font en revanche remarquer au chef de l’Église catholique une contradiction majeure entre son discours sur l'action à conduire pour éviter un dérapage climatique dangereux et celui qu'il tient sur la contraception et le contrôle des naissances. Et l'appellent à abandonner l'obsession de l’Église catholique sur la contraception et l'avortement, et de soutenir les droits des femmes et le planning familial ».

C’est la première fois, me semble-t-il que Huet manifeste, derrière une critique d’une position effectivement réactionnaire du Pape, une vision malthusienne qui l’est tout autant. Car si la contraception est évidemment une belle invention lorsqu’elle évite aux femmes des grossesses non désirées, elle devient tout autre chose entre les mains de ceux qui veulent en faire un instrument politique. Et ceci est bien l’obsession d’Ehrlich depuis près de 50 ans.

J’imagine que Sylvestre Huet a lu la Bombe P, paru en 1968, peu après un voyage d’Ehrlich en Inde qui semble l’avoir profondément traumatisé. Dans ce livre, celui-ci prédit l’épuisement imminent des ressources liés à la pression démographique et aux pollutions engendrées par celle-ci et notre mode de production, des famines massives peut-être dès les années 1970, et « certainement à partir de 1980 », et tout un tas d’autres fléaux, y compris dans les pays « surdéveloppés ». Les USA devaient mourir de soif à partir de 2004, selon ses calculs. A défaut d’un contrôle strict et généralisé de la natalité sur la planète, la régulation démographique se fera donc par la mortalité. Une reprise pure et simple des thèses de Thomas Malthus, formulées près de deux siècles plus tôt.

Difficile de se planter autant qu’Ehrlich, Huet ne peut l’ignorer : depuis, la population mondiale a été multipliée par plus de deux (de 3,5 Milliards d’humains à 7,3 aujourd’hui). Dans le même temps, la population sous-alimentée a reculé, tant en termes relatifs (passant de 33% en 1970 à 11% aujourd’hui, selon la FAO) qu'absolus. 11% de personnes souffrant de la faim, cela reste intolérable, bien sûr. Mais cela signifie que contrairement aux prédictions apocalyptiques d’Ehrlich, la terre a pu nourrir convenablement plus de 4 milliards d’être supplémentaires, sans que cela passe par une sobriété généralisée, plus ou moins volontaires. Le PIB mondial a été multiplié par 5 depuis la « Bombe P ».

Entre temps (cf. figure), la natalité a nettement baissé, malgré l’absence de contrôle généralisé des naissances, sauf dans la Chine maoïste (12).

Malgré ce fabuleux plantage, qui appellerait à un peu de modestie, Ehrlich et son collègue persistent et signent, et Huet suit. Cette fois-ci, c’est l’urgence climatique qui justifierait d’abandonner « «la fiction d'une croissance [démographique] perpétuelle», prouvant qu’ils n’ont toujours rien compris aux lois démographiques.

Que ce soit dans un sens restrictif ou au contraire populationniste, la volonté de contrôler la démographie est toujours suspecte. Certes, Ehrlich ne prône pas ouvertement des solutions autoritaires. Mais on peut craindre que faire des enfants s’ajoute bientôt à la liste des « crimes climatiques » dénoncés avec la légèreté d’un char Panzer par les « grandes consciences » et autres adorateurs de la Terre-Mère.

Anton Suwalki

  1. http://www.cop21.gouv.fr/fr/cop21-cmp11/enjeux-de-la-cop21
  2. http://www.rtl.fr/actu/politique/cop-21-segolene-royal-irritee-par-les-inquetudes-de-claude-bartolone-7779587489
  3. http://www.sudouest.fr/2015/07/21/rechauffement-climatique-avant-la-cop-21-paris-reunit-les-consciences-2059609-710.php
  4. http://www.psmsl.org/data/obtaining/map.html
  5. ,à part dans le domaine de la production d’électricité pour lequel le nucléaire est le meilleur candidat, mais parmi les pétitionnaires figurent bien entendu des anti-nucléaires !
  6. http://www.maisondesmetallos.org/2015/07/22/tribunal-international-des-droits-de-la-nature
  7. lire à ce propos : L’écologie est-elle encore scientifique ? Christian Lévêque, Éditions QAE
  8. http://imposteurs.over-blog.com/article-debat-sur-la-terre-nourriciere-l-onu-en-folie-73701530.html
  9. http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2015/09/pape-et-climat-peut-mieux-faire.html
  10. http://www.nature.com/nclimate/journal/v5/n10/full/nclimate2795.html

en accès payant

  1. http://imposteurs.over-blog.com/article-20497875.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-20739778.html

(12) on peut quand même concéder que la politique de l’enfant unique dans les années 70 en Chine a renforcé cette tendance.

La conférence sur le climat, entre comédie et délire collectif
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 07:01
Climat : ce que révèle un exercice du bac S 2015

Cette année, l’épreuve de Physique-Chimie du bac S était paraît-il beaucoup trop dure. Sur un échantillon de copies déjà corrigées, la moyenne est inférieure à 8/20.

Alors, les correcteurs ont reçu un barème modifié. L’Union des Professeurs de Physique et de Chimie a exprimé sa colère, sans doute en partie justifiée, devant cette initiative du ministère. « Cette année, les trois exercices du sujet d’enseignement spécifique, par leur accumulation de questions ouvertes et le nombre d’étapes non explicites requises, sollicitaient des capacités qui ne sont pas maîtrisées par l’élève moyen que nous avons dans nos classes. »

Si on comprend bien, le principal problème est le gros décalage entre la prétention des épreuves et ce qu’on peut exiger d’un élève lambda de Terminale S en 2015. Mais si l’élève lambda ne peut trouver la solution d’un problème sans être guidé pas par pas, se contentant d’appliquer quelques formules, c’est peut-être lui qui est inadapté à l’enseignement scientifique, plutôt que le contraire.

On modifie donc le barème pour gonfler les notes de façon artificielle, comme d’habitude et comme dans toutes les matières, précise-t-on au ministère. Et on se dit tout de même que les profs font preuve d’une certaine candeur, voire de beaucoup de contradiction, lorsqu’ils écrivent : « Comment ne pas se sentir dévalorisé dans est on travail de correction lorsqu’on doit attribuer 2 points à l’emploi d’une simple formule, et 0,5 voire 0,25 point à une question nécessitant beaucoup de temps, de la réflexion et une prise de risque ! ». Il faudrait savoir si on veut des sujets à portée de l’élève « moyen » (doux euphémisme), ou bien si on veut valoriser l’effort, la réflexion et, même la prise de risque. Sachant le niveau, quelle que soit la matière, et pire encore la motivation de ces élèves « moyens » qui se trainent jusqu’en Terminale, le barème dénoncé par les profs est certes hypocrite, mais, finalement, assez logique.

Cela dit, l’exercice 3 pour les candidats passant le bac spécialité Physique-Chimie illustre bien le malaise.

Il est intitulé « un aspect du réchauffement climatique » et propose aux candidats de calculer la hausse possible du niveau des océans, d’ici à 2100, hausse liée à leur dilatation thermique et à la fonte des calottes glaciaires.

Sa résolution algébrique ne nécessite que des compétences à la portée d’un collégien pas trop mauvais : calculer le volume d’un parallélépipède, manipuler des puissances de 10, savoir faire une règle de 3, faire une interpolation linéaire. La seule petite astuce, pas bien méchante, c’est de ne pas oublier de tenir compte de la conservation de la masse lorsqu’on convertit le volume de glace en volume d’eau liquide.

Cet exercice, on doit pouvoir le faire en 5 minutes. Comptons 10-15 minutes pour rédiger correctement au propre : on se dit que ce sont 3 ou 4 points presque donnés, surtout pour une épreuve de 3h 30 !

On attend donc de connaître le pourcentage d’échecs dans la résolution de ce problème, qui pourrait constituer un bon baromètre du désastre scolaire.

Mais on attend aussi avec impatience les inévitables perles du bac à propos de la deuxième question de l’exercice : lister les causes possibles de l’écart par rapport à la valeur annoncée par le GIEC en 2013. Là on peut imaginer le désarroi, bien au-delà de l’élève « moyen ».

L’élève doit en effet trouver une élévation de 2,55 m du niveau des océans, dont 2,10 m causés par la dilatation thermique, et 0,45 m causés par la fonte des calottes glaciaires . Or, il lui était précisé dans l’énoncé : « L’évolution de la température atmosphérique et la fonte des calottes polaires pourraient entraîner une hausse du niveau des océans atteignant près d’un mètre.

D’après un rapport du Groupe Intergouvernemental d’Experts du Climat (GIEC), publié en septembre 2013. »

Que vont répondre les élèves ? Que le GIEC s’est planté dans ses calculs ? On voit mal nos petits génies s’interroger sur la validité des hypothèses retenues dans l’exercice :

« D’ici 2100, dans le pire des scénarios [du GIEC], la température moyenne de l’atmosphère terrestre pourrait augmenter de 5,5°C(…).En faisant l’hypothèse que l’océan s’échauffe uniformément de 5,5°C, calculer alors la hausse du niveau des océans en distinguant la hausse due à la dilatation thermique des océans et celle due à la fonte partielle des calottes polaires ». C’est bien sûr l’ hypothèse que tout l’océan se réchaufferait de 5,5° C, soit autant que l’atmosphère terrestre, qui est délirante. Selon le GIEC lui-même,pour une atmosphère terrestre plus chaude d’environ 0,6°C depuis 1960, l’océan dans son ensemble s’est réchauffé de 0,04°C. Il ne faut évidemment pas s’attendre à ce que beaucoup de candidat aient en tête ces ordres de grandeurs. Mais les concepteurs de l’épreuve les connaissent-ils eux-mêmes ?

Entre un problème à résoudre d’une facilité (normalement) dérisoire pour un élève de Terminale S, et une question « ouverte » sans doute hors de portée pour 99% des candidats, on doit s’interroger sur l’objectif d’un tel exercice. Tester l’aptitude à la résolution de problèmes et à la réflexion critique ? Ou plutôt, s’attirer les bonnes grâces d’un ministre qui considère que « se mobiliser (SIC !) pour l'accueil, en décembre 2015, de la conférence des Nations unies sur le changement climatique « Paris Climat 2015-COP 21 » », fait partie des missions essentielles de l’Éducation nationale ? Le fait que le sujet soit illustré par cette « vue d’artiste » permet peut-être de répondre à la question.

Formation à la démarche scientifique et à l’esprit critique, ou propagande gouvernementale : les deux sont incompatibles.

Anton Suwalki

Climat : ce que révèle un exercice du bac S 2015
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 13:28
Alerte au champignon tueur d’insectes !

Ma dernière alerte Google pointait vers le Figaro(1). Si je n’avais pas vu tout de suite le bandeau du journal, j’aurais facilement pu prendre cela pour un article émanant de la sphère écolo ou alter-mondialiste.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lecture du titre - « le brevet qui dérange Monsanto »-, il n’y est pas question d’OGM. Avouons qu’une petite poussée d’anti-monsantisme dans ce genre de journal a quelque chose d’inattendu. La suite est franchement comique.

« Un chercheur américain a découvert un moyen de remplacer les pesticides agricoles par des champignons naturels. Il ambitionne de révolutionner le secteur ». Il s’agit de Paul Stamets, très actif en matière de communication. De nombreuses vidéos de ces conférences circulent depuis plusieurs années (2). Pour une raison qui nous échappe, le buzz est remonté soudainement sur le toile francophone, sans qu’il y ait de faits nouveaux. Et le journaliste du Figaro s’est pris les pieds dans la toile, comme l’internaute Lambda. Il cite d’ailleurs ses sources : « les médias collaboratifs ou contestataires ». Selon certains de ces médias, P Stamets serait carrément le plus grand mycologue du monde. Pour nous, quelqu’un qui prétend « sauver la terre » est toujours un peu suspect.

Le brevet qu'il a déposé à ce sujet en 2006 est passé relativement inaperçu. Inaperçu d’ Antoine Sillières, en tout cas. D’ailleurs le brevet concernant des champignons entomopathogènes semble dater de 2001 (3), et non pas de 2006 comme l’affirme le Figaro. Pourquoi aurait-il fallu attendre 14 ans pour s’apercevoir du caractère révolutionnaire de sa découverte ?

Il n’est en tout cas jamais trop tard pour en faire un argument anti-Monsanto , en utilisant une rhétorique bien connue : « Mais tout le monde ne l'entend pas de cette oreille. Le chercheur évoque, du propre aveu des cadres du secteur, «la technologie la plus dérangeante […] jamais rencontré». Dérangeante, cette révolution écologique le serait surtout financièrement, remettant en cause de juteux bénéfices. » Bien sûr, si les affaires de Stamets ne marchent pas mieux que ça, c’est sans doute que Monsanto lui a mis des bâtons dans les roues….

Soulignons que l’existence d’un brevet ne constitue pas la preuve que ça marche. Des tas de brevets complètement fumeux existent. « Ces champignons par une opération biologique complexe, le chercheur en fait de redoutables tueurs d'insectes. Un test sur les fourmis lui a permis de constater l'efficacité de ce bio-pesticide, les cobayes se trouvant «momifiés» par le champignon. Le brevet qu'a déposé Stamets en 2006 couvre plus de 200.000 espèces et permettrait donc de lutter naturellement contre les parasites agricoles », écrit le Figaro. Les mêmes qui ont peur de la transgénèse sont donc capables de saluer « une opération biologique complexe ». Et les mêmes qui manifestaient leur inquiétude pour le papillon monarque, censé être mis en danger par la culture de plantes Bt (4) applaudissent un champignon biocide qui serait capable de tuer plus de 200.000 espèces d’insectes, selon les allégations de Stamets ! Oui, mais le tueur en série est « naturel ». Insoutenable inconséquence !

Laissons le mot de la fin à Antoine Sillières, qui maîtrise pleinement son sujet : « «Cela pourrait réorganiser totalement l'industrie des pesticides dans le monde», s'exclame le Docteur en science du très sérieux National college of natural medicine de Portland. Soucieux de la santé des sols, il se réjouit de cette possibilité de décontamination des milieux polluées par les pesticides traditionnels, tels le célèbre Roundup de Monsanto ». Quelques lecteurs lui remontent les bretelles, et lui font remarquer à juste titre que le Roundup est un herbicide : Antoine Sillières est donc complètement à côté de la plaque. Sauf si le Figaro lorgne sur le lectorat de Politis….

Anton Suwalki

  1. http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/05/01/01008-20150501ARTFIG00002-un-champignon-tueur-d-insectes-le-brevet-qui-derange-monsanto.php
  2. https://www.youtube.com/watch?v=AsBjGYuDD6o
  3. http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO2&Sect2=HITOFF&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsearch-bool.html&r=1&f=G&l=50&co1=AND&d=PTXT&s1=%22Stamets,+Paul+Edward%22&s2=insect&OS=%22Stamets,+Paul+Edward%22+AND+insect&RS=%22Stamets,+Paul+Edward%22+AND+insect#sthash.BS2ZTan2.dpuf
  4. http://imposteurs.over-blog.com/article-27465295.html

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 11:57
La végétation des zones arides et semi-arides  pourrait bien résister au changement climatique

Que retenir de l’année 2014 en matière de traitement médiatique de la question du climat ?

- Outre la communication intense autour de la future Conférence des Parties de la Convention Climat qui fera de Paris le centre du Monde pendant quelques jours, fin 2015,

- L’annonce du record de chaleur planétaire pour 2014 (depuis que les mesures existent), battant , tenez-vous bien, de 2 à 4 centièmes de degré le précédent record de 2010. Qu’on soit dans l’épaisseur du trait n’empêche bien sûr pas un échauffement totalement disproportionné des esprits à ce sujet. D’autant qu’en l’annonçant dès octobre, puis en répétant le pronostic chaque mois , et en se basant enfin sur la confirmation définitive de chaque organisme international , vos journaux préférés ont pu consacrer au total une bonne dizaine d’articles pour marteler le même message, alors qu’on est pratiquement dans le non événement.

-Et bien sûr, la parution très médiatisée du dernier rapport GIEC , qui affirme une certitude accrue dans le rôle de l’activité humaine comme principale responsable du changement climatique, et maintient des prévisions de hausse globale des températures mondiales jusqu’à près de 5 degrés en 2100, avec des impacts «graves, étendus et irréversibles », si rien n’est fait pour l’endiguer.

Parmi ces impacts graves prédits, figurent ceux concernant les zones arides et semi-arides, souvent considérées comme les plus vulnérables. Ainsi Plan Bleu écrit-il à propos de la Méditerranée :

« Il est aujourd’hui largement reconnu que la région Méditerranéenne est un « hot spot » du changement climatique. Selon le GIEC une hausse des températures de 2 à 3°C est à prévoir en région méditerranéenne à l’horizon 2050, et de 3 à 5°C à l’horizon 2100. Les précipitations estivales pourraient diminuer de 35 % sur la rive sud et de 25 % sur la rive nord d’ici la fin du siècle (Giorgi, 2007). Les pays méditerranéens sont déjà confrontés à d’importants problèmes de stress hydrique, de désertification, de pertes de biodiversité et d’évènements climatiques extrêmes tels qu’inondations et sécheresses. Le changement climatique se traduira très probablement par une aggravation de ces problèmes, entrainant des pertes humaines et économiques considérables. » (1)

Les résultats surprenants d’une étude publiée dans Nature Communications…

Il est généralement admis que les espèces soumises à une dégradation de leur environnement abiotique migrent vers des zones plus favorables, et disparaitraient en l’absence de possibilités migratoires ou en cas de dégradation accélérée de cet environnement : elles n’auraient alors pas le temps de migrer. Beaucoup d’espèces végétales seraient ainsi menacées en Méditerranée.

Or une étude publiée dans Nature Communications, probablement une des plus complètes sur le sujet, vient partiellement contredire cette hypothèse (2). Les auteurs, israéliens, allemands et américains, ont étudié dans 4 sous-régions climatiques d’Israël (aride, semi-aride, méditerranéenne classique, méditerranéenne humide-cf. illustration) les réactions des végétaux à des variations de précipitations artificiellement causées, afin de coller au mieux aux hypothèses testées dans les modèles. L’expérience a été menée sur 9 ans, soit une période assez longue.

Les résultats sont assez surprenants : les changement observés des caractéristiques de la végétation , biodiversité, biomasse , densité, sont peu importants. Très peu sont significatifs. Selon les auteurs, « les communautés végétales méditerranéennes et semi-arides seraient peu affectées par le changement climatique, au moins à court et à moyen terme ».

Ces plantes, auraient ainsi une capacité d’adaptation à des changements climatiques importants et en particulier, à un stress hydrique prolongé tel que prévu dans les modèles climatiques. « La raison de cette résistance se trouve probablement dans le fait que les changements prévus dans les conditions climatiques [simulés dans l’expérience], se situent dans la «zone de confort climatique» à laquelle les espèces qui les composent sont adaptées ».

Ainsi, les écosystèmes affectés ont montré une certaine résistance, probablement due aux quantités habituellement très variables des pluies annuelles de leur région d'origine. Les changements climatiques expérimentaux, qui ont simulé une diminution de 30% des précipitations, étaient dans les limites de cette « zone de confort » naturelle de ces plantes sauvages.

… résultats passés inaperçus dans la presse

Comme il se doit, les auteurs de cette étude restent prudents : rien ne garantit que ces résultats se vérifieraient dans d’autres régions ou sur une période plus longue. Ils considèrent toutefois que leurs observations devraient être pris en compte dans les exercices de prospectives auxquels se livrent les climatologues, tout en plaidant pour de nouvelles expérimentations plus longues.

Publiée en Octobre 2014, cette étude ne pouvait pas être prise en compte dans le dernier rapport du GIEC. Mais ça n’est probablement pas pour cela qu’elle est restée inaperçue de vos médias préférés. La raison n’est pas non plus dans le caractère confidentiel de la revue Nature Communications : un facteur d’impact de 10,742, c’est tout de même pas mal…

Serait-ce tout simplement, parce que trop occupés à multiplier les articles sur l’année 2014 « la plus chaude », les journalistes scientifiques seraient passés à côté de cette étude ? Le sujet est pourtant d’une grande importance. Mais Sciences2, par exemple, n’est pas passé à côté d’une autre étude, qui vient d’être publiée dans Nature (3) : selon celle-ci, l’élévation du niveau des océans pourrait être plus rapide que celle pronostiquée par le GIEC. Ainsi, lorsqu’une étude va dans le sens d’un alarmisme renforcé, les « citoyens » sont sûrs d’en être informés. Mais lorsqu’elle produit au contraire des résultats plutôt rassurants, c’est beaucoup moins sûr.

Anton Suwalki

PS : je serais curieux de savoir quelle proportion de nos fidèles lecteurs ont entendu parler de cette étude…

Notes :

  1. http://planbleu.org/fr/activites/changement-climatique

(2) Middle-Eastern plant communities tolerate 9 years of drought in a multi-site climate manipulation experiment, Nature Communications 5, Article number: 5102 doi:10.1038/ncomms6102,

En libre accès :

http://www.nature.com/ncomms/2014/141006/ncomms6102/full/ncomms6102.html?WT.ec_id=NCOMMS-20141008

(3) http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2015/01/les-mers-montent-plus-vite/comments/page/2/#comments

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 16:37
François Veillerette  sur Twitter:   Mais non ! C'est : « Mais oui... », par Wackes Seppi

Le dernier billet de M. Suwalki, « Rendements du maïs transgénique : petite partie de ping-pong avec Stéphane Foucart » a attiré l'attention sur une source précieuse pour les analyses psychologiques et sociologiques : Twitter.

Twitter ? 140 caractères pour exprimer l'indigence d'une pensée ; 140 caractères aussi pour dévoiler l'indigence d'un caractère.

M. François Veillerette, dont le nom est étroitement associé à Générations Futures en tant que président d'icelles (ce qu'il n'est plus) ou porte-parole (ce qu'il est officiellement) et, ce qui est moins connu, d'élu d'EELV grâce au suffrage à la proportionnelle, a posté le gazouillis suivant le 23 janvier 2015 :

« L'autisme favorisé par des #pesticides omme le #glyphosate selon des chercheurs. http://www.Bio à la Une.com/fr/actualite-bio/23642/lautisme-favorise-pesticides-monsanto-pointe-du-doigt … »

Cela nous ramène donc au site Bio à la Une et à son article, « L'autisme favorisé par les pesticides, Monsanto pointé du doigt ». Le début en vaut le coup d'œil :

« La chercheuse américaine Stephanie Seneff établit une corrélation entre l'utilisation croissante du glysophate (présent dans le pesticide Round Up) et le développement de l'autisme chez les enfants américains.

"D'ici 2025, la moitié des enfants nés aux Etats-Unis seront diagnostiqués autistes". C'est le constat alarmiste que dresse le Docteur Stephanie Seneff, chercheuse au MIT (Massachussetts Institute of Technology) au laboratoire d'Informatique et intelligence artificielle.

La chercheuse a expliqué, lors d'une conférence à Groton (Massachusetts), qu'il y aurait une corrélation entre l'utilisation du glysophate (le Round Up, du groupe américain Monsanto) et le nombre d'enfants autistes aux Etats-Unis. »

On y trouve les éléments clés de la prose des marchands d'apocalypse : une affirmation péremptoire, une annonce de fin du monde, un bémol sous la forme d'un conditionnel de prudence. Et dans le titre, on trouve la généralisation aux pesticides dans leur globalité, ainsi que la référence à cette entreprise que l'on aime tant haïr dans ce milieu.

Mais on trouve aussi un élément rare dans le texte : une précision sur l'identité de l'auteur de l'affirmation. Quiconque sait lire (attentivement) se demandera quel peut être le lien entre le glyphosate (glysophate selon Bio à la Une...) et l'autisme, d'une part, et l'informatique et l'intelligence artificielle, d'autre part. L'explication est simple : la tentation de citer le célèbre MIT était trop forte ; et Mme – oups ! Le Docteur – Seneff a dérapé dans le militantisme [1]. Le glyphosate (tout comme l'aluminium adjuvant de vaccins et quelques autres substances) est devenu son obsession d'hyper-hypocondriaque. Elle lui reproche notamment de provoquer, dans l'ordre alphabétique : anorexie, autisme, Alzheimer, cancer, démence, dépression, maladies intestinales inflammatoires, maladies du foie, obésité, Parkinson, troubles de la reproduction [2].

On peut y ajouter d'autres troubles neurologiques : anxiété, schizophrénie, troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité ; et aussi l'anémie, les suicides par overdose, et les troubles du sommeil. C'est ce qui ressort de son dernier opus, « Aluminum [sic] and Glyphosate Can Synergistically Induce Pineal Gland Pathology: Connection to Gut Dysbiosis and Neurological Disease », dont on reparlera [3].. Signalons tout de même, dès à présent, que le – long – manuscrit a été reçu par l'éditeur le 17 octobre 2014, révisé le 10 novembre 2014, accepté le 10 décembre 2014, et publié le 12 janvier 2015. Du rapide...

Mme Seneff est aussi une spécialiste des corrélations et, évidemment, de la confusion entre corrélation et lien de cause à effet. Bio à la Une reproduit un de ses chefs-d'œuvre (figure ci-contre). On notera que le lien est fait avec l'emploi de glyphosate sur... les seuls maïs et soja, évidemment aux États-Unis d'Amérique... Admettons – pure hypothèse pour les besoins de la démonstration – qu'il y ait un lien de cause à effet : de toute évidence, l'effet du glyphosate ne peut pas être immédiat, ne serait-ce, par exemple, que parce que l'autisme n'est pas diagnostiqué aux premiers âges de la vie ; ou parce que le maïs et le soja récoltés l'année x ne se retrouveront dans l'alimentation qu'au mieux l'année x + I. Lla courbe des diagnostics d'autisme doit par conséquent être décalée par rapport à celle de l'emploi du glyphosate, ce qui n'est pas le cas. Cette observation présuppose évidemment qu'il y ait une exposition au glyphosate issu du maïs et du soja, ce qui représente une autre gageure. Il ne suffit pas de prétendre – au conditionnel – dans des conférences qu'il se retrouverait dans les bonbons. Ça a manifestement échappé à notre chercheuse en informatique et intelligence artificielle et à ses disciples, de conviction ou d'opportunité.

Mais ce n'est pas tout ! Pour d'autres facteurs, tels les troubles du sommeil, la corrélation est faite avec... la dose à l'hectare ! Et pour les suicides par overdose, Mme Seneff a eu l'obligeance de fournir les données antérieures à l'adoption du glyphosate... mais sans relever qu'elles contredisent sa thèse !

Les élucubrations de Mme Seneff et de ses collaborateurs de circonstance – dans ce cas Mme Nancy L. Swanson, au curriculum vitae tout aussi incongru et au militantisme tout aussi délirant [4] – ont évidemment été soigneusement mises en pièces. Le plus récemment, à notre connaissance, dans Science Blogs [5] et Genetic Literacy Project [6]. Ce fut également le cas d'une œuvre précédente, de sorte qu'un créateur d'opinion (prétendument) publique comme M. Veillerette n'a aucune excuse quand il pare Mme Seneff d'une aura de crédibilité. Mais nous anticipons...

Les deux articles précités reproduisent aussi un graphique désopilant, faisant le lien entre les diagnostics d'autisme et les ventes de produits « bio ». C'est évidemment pour démontrer l'absurdité de la démarche de Mme Seneff.

Résumons donc : Mme Marie Albessard, collaboratrice de Bio à la Une, a dû butiner sur les sites états-uniens conformes à sa religion, puis a pondu un article, après avoir bien pris soin de ne pas vérifier le fond. Dérive du journalisme... dérive du militantisme... Mais il faut croire Bio à la Une lorsqu'il fait état d'explications à lui fournies par Mme Seneff en personne. Il faut le croire aussi lorsqu'il écrit :

« 90% des cultures de maïs, soja, colza et betterave à sucre de l'industrie agro-alimentaire américaine sont traitées au Roundup. Le glysophate resterait ensuite présent dans ces aliments, même transformés (bonbons, sodas, lait ou viande - pour les animaux nourris au maïs ou au soja. »

Si, si... Ce sont les cultures « de l'industrie agro-alimentaire »... Et, par exemple, le sucre de betterave – du saccharose pur ou presque – contient cet horrible herbicide aux États-Unis d'Amérique ! Oups ! Il faut employer le conditionnel... Et vous reprendrez bien un bonbon, conditionnellement, au « glysophate »...

Mais nous nous égarons... M. Veillerette gazouille pour diffuser cette très importante nouvelle... alors que les réfutations états-uniennes des derniers délires de Mme Seneff datent de fin décembre 2014-janvier 2015. Mais bon, elles ne sont pas sur ses sites favoris... Et quand on est militant, on prend bien soin de ne pas confronter son militantisme aux dures réalités...

Or donc, M. Veillerette se fait rembarrer :

« @Veillerette @RemDumDum article paru ds revue pro bio, aucune preuve scientifique, article de termine par une vision idéologique du monde »

« @ChrRousseau @Veillerette @RemDumDum. Oui comme tj, étude sans preuve que l'on ne trouve que dans les revues écolo.Jamais de contradiction »

Que répond-il, M. Veillerette ?

« 1/2 @olivierpaysan @ChrRousseau @RemDumDum c vrai que l'article cité n'est pas une publication scientifique dont acte mais.... »

Mais... il n'est pas question de faire amende honorable, ni de lâcher une « information » aussi réjouissante !

Pensez-donc! Selon Bio à la Une, citant l'oracle du MIT, « [d]'ici 2025, la moitié des enfants nés aux Etats-Unis seront diagnostiqués autistes ». Et pour M. Veillerette, ce sont « des pesticides comme... » qui sont en cause. D'accord, « pesticides » est un mot-clé, mais quand même...

Donc, mais...

« 2/2 olivierpaysan @ChrRousseau @RemDumDum mais l'auteur à publié sur le sujet dans des revues scientifiques comme http://www.scirp.org/Journal/PaperInformation.aspx? »

Ouf ! Sauvé, le militant Veillerette ! Sauf que...

Sauf que l'article qu'il a cité – et que d'évidence il n'a pas lu – est celui dont nous avons vu ci-dessus quelques remarquables corrélations [7].

Sauf que l'éditeur figure sur la liste de Beall des « Potential, possible, or probable predatory scholarly open-access publishers », des éditeurs pour le moins sulfureux [8] [9] [10]. Il est enregistré aux États-Unis d'Amérique dans le Delaware (paradis fiscal...) mais opère à partir de la Chine [11]. Et il publie en open access (et non open source comme on a pu le lire dans la prose séralinienne) sur la base d'un financement par les auteurs [12].

Sauf que, selon l'éditeur, la revue Agricultural Sciences a un facteur d'impact fondé sur Google de... 0,67. Autant dire presque rien.

Mme Seneff a payé pour être publiée. Et M. Veillerette a pris cela pour argent comptant.

Mais qui paye en définitive ? C'est nous, le peuple français ! Car M. Veillerette est un de ces représentants autoproclamés – et cooptés par des gouvernements et des administrations qui méprisent les principes d'une démocratie représentative – de la « société civile ».

Wackes Seppi

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[1] http://people.csail.mit.edu/seneff/

[2] http://www.huffingtonpost.com/tamar-haspel/condemning-monsanto-with-_b_3162694.html

[3] http://file.scirp.org/Html/5-3000951_53106.htm

[4] http://www.abacus-ent.com/resume.html

http://gmofreewashington.com/our-experts/nancy-swanson/

[5] http://scienceblogs.com/insolence/2014/12/31/oh-no-gmos-are-going-to-make-everyone-autistic/

[6] http://geneticliteracyproject.org/2015/01/05/will-my-child-be-born-autistic-if-i-eat-gmos-a-scientists-view/

[7] Voir aussi, à propos des corrélations loufoques :

http://imposteurs.over-blog.com/2014/09/des-correlations-fallacieuses-mais-desopilantes.html

et le site :

http://tylervigen.com/

[8] http://scholarlyoa.com/publishers/

[9] http://scholarlyoa.com/2014/12/16/the-chinese-publisher-scirp-scientific-research-publishing-a-publishing-empire-built-on-junk-science/

[10] http://en.wikipedia.org/wiki/Scientific_Research_Publishing

[11] http://www.scirp.org/AboutUs/Index.aspx

[12] http://www.scirp.org/journal/OpenAccess.aspx

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