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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 15:12

Que sait vraiment de Bové le public, sinon qu’il est un adversaire des OGM ? Derrière le cabotin qui met perpétuellement en scène ses « combats », qui est-il vraiment ? Un « altermondialiste » ? Bien que ces idées rencontrent une large sympathie, il n’est pas certain que tous ceux qui se réclament de l’altermondialisme épousent ses idées essentielles. Car « pour un autre monde », qui ne le serait pas ? Qui aime vraiment la loi de la jungle et la liberté du renard dans le poulailler ? Reste à savoir quel autre monde .  Celui de José Bové, de la décroissance ? Un terme qui sonne doux à certaines oreilles occidentales ressentant quelque culpabilité devant les inégalités mondiales . Or le projet de la décroissance, ça n’est pas moins d’inégalités, plus pour le Sud, plus de justice dans une société mondialement transformée , c’est « défaire le développement » . En clair le Grand Bond en arrière. 

Il est toujours difficile chez les gens qui déclarent sympathiser avec les idées de Bové et de la décroissance de discerner ce qui relève de l’adhésion réelle à sa vision du monde, de l’ignorance de celle-ci ou d’idées non assumées jusqu’au bout. Il est d’autant plus impératif de décrire le vrai José Bové.

 

Eloge de la pauvreté

Ce qu’il est vraiment ,il l’exprime sans fard dans un ouvrage collectif intitulé « Défaire le développement - Refaire le monde » acte d’un colloque tenu en 2002. Parmi les contributeurs, outre José Bové, il y a le milliardaire britannique Edward Goldsmith , fondateur de l’Ecologiste ,adepte des sociétés archaïques et malthusianiste féroce.

Sur la quatrième de couverture est résumé la philosophie profonde de la décroissance. On peut y lire notamment « Pourquoi ne pas laisser les pauvres tranquilles ? » . Que les pauvres restent pauvres… Le Vatican lui-même ne dit plus de telles choses depuis quelques papes. Il est vrai que la mode est dans ce milieu davantage au bouddhisme et autres mysticismes contemplatifs d’origine orientale.

 

La contribution de Bové illustre son adhésion totale à cette philosophie. Dans un texte titré « En finir avec l’idéologie du progrès », il revendique sa filiation avec les compères Ivan Illich, Serge Latouche, François Partant, et Jacques Ellul.  Ces théoriciens pour qui l’abondance opprime, abondance à laquelle ils opposent la mystérieuse convivialité de la misère, qui se sont opposés à l’école obligatoire et au système de santé sociale ! Pour Jacques Ellul, la technique ne peut être mise au service des besoins humains, et Pour Ivan Illitch, il n’y a pas de bonne technologie : « ces outils sont toujours destructeurs, quelles que soient les mains qui les détiennent » . « Or, les hommes n'ont pas besoin de davantage d'enseignement. Ils ont besoin d'apprendre certaines choses.» En l'occurrence, «les hommes doivent apprendre à contrôler leur reproduction, leur consommation et leur usage des choses ».

Empêcher le développement du Sud

 

Évidemment, si l’injonction à la décroissance, assortie des slogans « Merde au pouvoir d’achat » peut  être vue d’un bon œil par les représentants du MEDEF et les partisans de coupes sombres dans les budgets sociaux (« laissons tranquilles les pauvres, on dépense toujours trop pour eux ! »), on imagine que l’acceptation sociale de ce Grand Bond en arrière serait bien difficile sous nos latitudes. Alors au-delà d’exercer une influence idéologique et de participer à la confusion des idées, les décroissants ont-ils un réel projet à faire passer ? Oui, au moins lorsqu’il s’agit d’interdire aux pays du Sud d’accéder au développement. Sous couvert de combattre l’ ethnocentrisme, Serge Latouche n’affirmait-il pas « Il y a, dans cette proposition qui part d’un bon sentiment - vouloir « construire des écoles, des centres de soins, des réseaux d’eau potable et retrouver une autonomie alimentaire » -, un ethnocentrisme ordinaire qui est précisément celui du développement. ».

Pas d’école, pas d ‘hôpitaux, pas de centre de soins, pas d’eau potable …  Pas d’intégration aux échanges mondiaux, mais pas non plus d’autonomie alimentaire. Le projet est transparent. Certes, ça n’est pas de l’ethnocentrisme, si on veut, mais peut-être le noble soucis de résoudre radicalement les problèmes de « surpopulation » ?  On comprend mieux la proximité avec Edward Goldsmith.

 

Historiquement, le développement est la seule solution (hormis de la « régulation naturelle ») à la surpopulation , qui n’est que relative à la capacité à exploiter les ressources naturelles, et l’élévation du niveau de vie amène en retour une diminution de la natalité.  

 

Oui mais le développement n’est-ce pas de futurs concurrents, aux yeux des nos « anti-ethnocentristes ?  A défaut de pouvoir refaire le monde et imposer d’autres règles , ne s’agirait-il pas de s’y aménager des niches confortables ? Un soupçon qu’on peut légitimement porter sur les écologistes radicaux que sont les décroissants . Selon Sylvie Brunel, géographe engagée dans l’action humanitaire, «  le Nord déguise sous des arguments sanitaires et environnementaux des réflexes protectionnistes qui visent surtout, en réalité, à préserver les secteurs industriels menacés par le décollage économique du Sud le plus compétitif ».

Les réflexes protectionnistes, Bové connaît . Il est certes anti-libéral, mais n’a rien contre le marché, quand c’est lui qui peut exporter. La démolition du MacDonald de Millau n’était-elle pas en signe de protestation contre la décision américaine de taxer ses Roquefort ? Celle-ci intervenant en représailles du refus de l’Union Européenne d’importer du bœuf américain, un tel adversaire de la mondialisation n’aurait pu que se féliciter de ces restrictions au commerce international, s’il n’était pas hypocrite.

 

 

Anti-libéral , anti-marxiste, mais surtout anti-progressiste et …adepte de la sourcellerie

 

Quelle idéologie « antilibérale » Bové défend-il donc ? Il dénonce dans ce texte l’idéologie progressiste « qui a été l’idéologie dominante , construite à la fois par les libéraux et les marxistes, constituant la face et le revers d’une même médaille ». « Ce qui fait qu’une nouvelle pensée (sic) existe aujourd’hui c’est que l’on a compris que ces systèmes étaient rigoureusement identiques, basés sur le scientisme, sur la logique de la production et du marché et sur la glorification de l’état  ou de ses institutions ».

A cela, Bové oppose une méthode « anti-autoritaire », déclarant même que « nous (ils) sommes en train d’inventer une nouvelle façon de vivre en société » .

L’esprit de la meute subjuguée par un gourou  spécialisé dans les actions commandos, les destructions de champs ou de laboratoire, l’insulte ,la délation et la confrontation avec les agriculteurs cultivant des OGM , champion de l’activisme en coulisses ministérielles : charmante perspective de vie en société « anti-autoritaire » .

Aussi ignare en histoire des idées qu’en matière d’OGM, soulignons toutefois que Bové a correctement identifié deux points communs au libéralisme et au marxisme : le fait que ceux-ci ne rejettent pas la science et ses applications productives, ni l’organisation rationnelle de la production !

 La haine qu’a Bové de la science, on la comprend mieux quand on sait qu’il s’est récemment fait construire une  maison par un architecte ordonné moine bouddhiste et charlatan praticien de la sourcellerie et autres radiesthésie : "Je suis venu faire une étude de terrain, avec mes baguettes et mes pendules, a expliqué celui-ci. Avant de construire, j'étudie toujours le magnétisme, les courants telluriques, les défaillances tectoniques. Dans un terrain magnétiquement bien équilibré, on aura une meilleure santé."  Peut-être, à la différence d’un agriculteur évolué, Bové s’adonne-t-il à des danses de la pluie lorsque le temps est ingrat, ou fait-il des offrandes à une déesse de la fertilité ? Dans ce cas là il a seulement quelques centaines d’années de retard. Par contre, s’il nie la nécessité de l’organisation rationnelle de la production, il nie tout simplement la civilisation. Même les sociétés antiques fonctionnaient , dans la limite de leurs connaissances et de leurs croyances,  sur une organisation rationnelle de la production, une logique de division du travail, de calcul, de prévision et d’allocation des ressources.

Bové explique comment ces combats inspirés par une telle philosophie ont conduit à « la remise en cause de  ce qui est peut-être le plus symbolique du mythe scientiste : les OGM » . Le mystique qui croit à la sourcellerie  adhère très logiquement au mythe du savant fou. 

« Personne ne sait, pas un scientifique sérieux n’est capable de dire ce que peuvent  en être les conséquences sur l’environnement, la santé et l’économie ».  Personne ,pas même José Bové ? On en déduit donc que lui et tous ces amis racontent n’importe quoi sur le sujet ! 

 

Bové  drôle de paysan : 

A lire certaines affirmations de Bové, on pourrait se demander s’il est vraiment agriculteur. Parmi les tares supposées des OGM , c’est qu’il permet que «ce qui était gratuit devienne payant ». « Les graines que le paysan garde et qu’il ressème sont gratuites, par contre celle qu’il faut se procurer auprès de la multinationale, chez Monsanto ou Novartis, obligent le paysan à accumuler des richesses pour pouvoir les payer ».

Ainsi va le monde , mais depuis des millénaires. Les sociétés primitives de chasseurs cueilleurs ont cédé la place à l’agriculture, puis à l’organisation de celle-ci en propriété privée, obligeant les gens à acheter à des José Bové ce qui était gratuit.

 Un tel discours est bien évidemment destiné à un public qui (comme Bové ?) ne connaît strictement rien à la réalité de l’agriculture moderne . Pour commencer, la formulation de Bové suggère que quelques multinationales monopolisent le marché des semences, alors que celui-ci est assez atomisé, ou certes, quelques firmes détiennent 20% des parts mondiales, mais où il existe aussi des milliers de petites sociétés. Certes, les OGM, nécessitant des fonds très importants doit logiquement favoriser la concentration, mais les agriculteurs ont très largement le choix dans leur approvisionnement en semences. Ensuite, il se trouve que dans la plupart des grandes cultures, les agriculteurs rachètent leurs semences, sans y être obligés contractuellement. Simplement pour enrichir les semenciers ? Non, par ce que la semence rachetée a une valeur d’usage supérieure et génère des revenus additionnels supérieurs à son prix, et que contrairement à José Bové, ils savent que les graines que le paysan garde et qu’il ressème ne sont pas gratuites ! L’agriculteur qui rachète sa semence stocke une partie du revenu de sa récolte sous forme monétaire au lieu de stocker physiquement sa semence, s’il estime en tirer un bénéfice.

Selon Bové , « ce contentement de marché avait déjà commencé avec les hybrides, premier stade, pourrait-on dire des OGM. On a dit que maîs rendu stérile par hybridation était un progrès parce que ça permettait de produire plus, ce qui était déjà un mensonge depuis le début du 20ème siècle. »  Premièrement tous les végétaux hybrides ne sont pas stériles, techniquement. Deuxièmement, s’il y a mensonge, c’est chez Bové. Au cours du 20ème siècle, les rendements des principales céréales ont considérablement augmenté : ceux du blé ont été multipliés par 4 en France depuis 1950. Ceux du maïs ont été multipliés par plus de 2  dans les années 1960 avec l’arrivée d’hybrides américains, où tous les cultivateurs abandonnèrent les vieilles variétés et se mirent à racheter annuellement leurs semences. Même si les hybrides ne sont pas les seuls facteurs de ces progrès considérables, seul un arriéré comme José Bové peut prétendre qu’ils n’ont permis de produire plus. Comble du ridicule, c’est que Bové veut à la fois dénoncer le productivisme et nier ses résultats !

 

Pas de tracteurs pour les paysans du Sud !

 

L’obscurantiste du Larzac est décidemment un curieux allié des paysans du Sud, lui qui prétend les défendre aux côtés d’intellectuels tels que Vendana Shiva défenseure du concept d’ethno-science. « Aujourd’hui sur la planète 28 millions de paysans travaillent avec un tracteur , 200 millions travaillent avec la traction animale, et plus d’un 1,3 milliard travaillent à la main. Qu’adviendra-t-il si l’agriculture rentre dans la logique productiviste au niveau mondial ? Ce ne sont pas des millions de paysans qui disparaitront comme en Europe ou en Amérique du Nord, mais des centaines de millions, peut-être un milliard ou plus. »

On commencera par noter que les millions de paysans qui ont disparu en Occident ne sont pas morts, mais qu’eux ou leurs enfants ont abandonné l’agriculture pour d’autres activités, le chômage chronique n’étant qu’une donnée récente. Mais surtout, sous couvert de ne pas voir « disparaître » des centaines de millions de paysans, Bové , qui possède un beau tracteur qu’il conduit fier comme un bar-tabac dans les manifs, souhaite maintenir ces pays dans l’état d’arriération économique où ils sont : qu’ils restent à leurs rendements dérisoires à leurs méthodes de travail harassantes et d’un autre âge. Dans les pays les plus pauvres de la planète, ça n’est pas la modernisation  agricole mais son arriération qui sont la cause de l’exode rural. Non seulement les agriculteurs ne produisent pas de surplus, mais ne parviennent pas à subvenir à leurs propres besoins, rejoignant massivement des villes qui ne peuvent absorber leur force de travail. Avec un taux d’accroissement naturel de plus de 3% par an   (soit un doublement de la population tous les 23 ans), des pays qui ne sont pas actuellement pas autosuffisants alimentairement sont condamnés à  des situations encore plus dramatiques sans modernisation de leur agriculture, condamnés à la disette chronique, à des famines régulières et à l’aide alimentaire perpétuelle des pays développés. A l’opposé, l’aide au développement des campagnes du Sud peut au contraire freiner l’exode de la faim, en permettant aux agriculteurs de mieux vivre, de vendre une partie supérieure de leur surplus, contribuant à améliorer l’approvisionnement des villes.

 

Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire , s’interrogeait Jean-Paul Besset, journaliste, repenti de l’extrême-gauche qui a activement contribué à l’édification du culte de José Bové. Dans ce texte, Bové démontre clairement que c’est impossible.

 

Anton Suwalki

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 17:29

Officiellement,Politis est un journal «de  gauche », « antilibéral »,« altermondialiste », « écologiste et citoyen » (1) . Ca fait longtemps que nous avons appris à nous méfier de ces adjectifs galvaudés. Or, dans son numéro du 12 avril 2008, l’altermondialisme vert prend les accents bleu-roi du vicomte De Villiers, déclarant la guerre à la fraise andalouse dans un article au titre très subtil : « Fraises pourries » (2)!

 

 En fait de pourriture, c’est le gâtisme idéologique qui pointe sa fraise dès les premières lignes :

« D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates... »
Ca se veut sans doute spirituel. C'est juste drôle, involontairement. Ma bonne dame, y’a plus de saison, plus de vraies fraises, plus de valeur, plus rien !

Ce qui est en cause aux yeux des verts bon teint de Politis, c’est « la marée montante de cette fraise hors saison (…) qui illustre la mondialisation libérale », d’où son goût forcément pourri pour les nostalgiques du produire et consommer local.

Reconnaissons le franchement, nous ne rangeons pas le fait que le « libéralisme » permette au consommateur de manger des fruits hors saison parmi ses tares essentielles !

 

Politis poursuit : « si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces ».  

Piégés les consommateurs ? Comment se fait-il alors qu’ils continuent à en acheter ? Peut-être, allez savoir, que ceux-ci s’y retrouvent en mangeant des tomates qui ont le goût de fraises, qu’ils inversent le hors d’œuvre et le dessert, se moquant des excommunications de nos curés écolos traquant la « malbouffe ».

Double sacrilège pour ceux-ci : la fraise « espingouine » transgresse à la fois l’ordre naturel des saisons et l’ordre spatio-politico-économique. Ce foutu marché mondial qui se moque de ces frontières qu’on a mis des siècles à tracer dans le sang !

 

Officiellement, ce sacrilège est combattu au nom de l’écologiquement correct :  les émissions de gaz à effet de serre générés par le transport de marchandises. « À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement ( Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie..). »

 

Nous avons donc là à faire à un écologiste qui sait faire une règle de 3, c’est suffisamment remarquable pour qu’on le souligne : (en gros) 80 000 tonnes en 6 mois, donc 160 000 par an, donc 16 000 camions de 10 tonnes. Il a juste oublié quelques détails . Les importations du début de l’année jusqu’en juin représentent les 3/4 des importations de l’année (3) et donc son calcul est faux ! Et de toute façon, 80 000 tonnes, c’est très probablement un chiffre erroné, si on considère que les importations de fraises espagnoles se sont montées à 77 000 tonnes sur l’ensemble de l’année 2007.

 

 

 

 


Et si le problème est vraiment celui des émissions de CO2, pourquoi ne pas demander le ferroutage au niveau européen, qui permettrait de les réduire par 5 environ (4), les ramenant à un niveau très raisonnable sans priver le consommateur  ?

 

 

 

 

 

 

 

Vous n’y songez pas ! Car le problème, c’est que le consommateur, en plus d’être gastronomiquement incorrect, est un traître antipatriotique au service d’une fraise qui « étouffe la fraise française » (sic) !

 

Nous y voilà. Le fait que les espagnols vendent leurs fraises ne leur permettent-ils pas d’acheter des pommes normandes, des choux-fleurs et des brocolis, du porc breton, des huitres etc.…? L’agroalimentaire français étant excédentaire de 9 Milliards d’euros (5), il est sans doute possible aux homologues espagnols ou européens de Politis de tenir le même discours à peu près partout mais à l'encontre des producteurs français. Le but n’est certainement pas de mettre de l’ordre  dans les échanges internationaux et de protéger les producteurs de fraises français, mais de flatter des réflexes protectionnistes et des mythes passéistes.

Les arguments écologiques sont eux-mêmes des prétextes : s’appuyant sur les « enquêtes » de la WWF, cette organisation financée par les multinationales et viscéralement malthusianiste, Politis nous révèle les conditions dans lesquelles la fraise andalouse est produite :

« Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in  vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyle et  de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires. »

L’utilisation de techniques destinée à hâter les cycles naturels (plants produits in vitro, placés en frigos) n’a rien de choquant, l’utilisation d’antiparasites et de fongicides est une obligation (6) . Une attitude réellement motivée par des soucis environnementaux devrait se cantonner à exiger le remplacement des produits les plus dangereux par d’autres.

 

« Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national (…) .  Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installées de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. » 

Le discours sur la biodiversité étant rodé, la tableau brossé parait juste et la spirale décrite paraît irréversible. Qui douterait que des pratiques culturales peu scrupuleuses nuisent gravement à la faune ? Mais méfions-nous des discours trop bien rodés et observons quelques faits : la raréfaction du lynx est liée à la diminution des populations de lapins. Mais celle-ci ne doit probablement pas grand chose au développement de la fraise. Le lapin sauvage ne craint pas grand chose des cultures, ça serait plutôt l’inverse. C’est la myxomatose qui en est de loin le premier responsable de sa disparition en Andalousie.  Par ailleurs, il convient de comparer les 2000 hectares empiétés sur la forêt (20 km2 ) et utilisés à des fins productives à plus de 500 000  hectares (5000 km2)de forêt andalouse disparus en fumée depuis 30 ans, faute de moyens de lutte contre l’incendie suffisants et sans doute à cause de malveillances. Des dégâts écologiques autrement plus importants que les cultures, même produites dans des conditions douteuses. Mais pour Politis comme pour la WWF, les priorités écologiques sont davantage motivées par une idéologie nostalgique que les dommages réels causés à l’environnement.

 

Reste l’alibi social, pour faire bonne figure dans un journal de gauche :

« La plupart des producteurs de fraises andalouses  emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver. 
Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.

 Et les ouvriers agricoles  sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respirés ... »   

 

Très bien ceci est scandaleux, nous sommes d’accord. Mais la fraise française que la fraise andalouse étouffe est-elle socialement plus vertueuse ? La bonne conscience sociale s’achète semble-t-il avec des dénonciations bon marché, car nulle part, Politis ne réclame pour ces saisonniers ou ces sans-papiers un emploi déclaré, des conditions de travail décentes, des protections pour manipuler les produits dangereux, une couverture de santé…. N’a-t-on pas déclaré la guerre à la fraise pourrie d’Espagne ? De nombreux sites Internet ont tout à fait saisi le message de Politis,  en publiant l’article et en reprenant à leur compte un appel au boycott de la fraise espagnole (7). Qui peut croire que les intêrets des maraichers et des agriculteurs français en général seraient défendus dans ce genre de campagne démagogique qui ne pourrait aboutir qu’à des surenchères protectionnistes ?

 En attendant peut-être, que les écologistes espagnols puissent à leur tour déclarer la guerre à la fraise marocaine qui « étouffe la fraise andalouse », voire pire, la fraise chinoise :

« Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes  encore plus traitées que les pommes françaises... » 

 

Pour les Clochemerle de l’écologie, les choses sont simples : l’Andalousie, c’est déjà le bout du monde, avec des fraises pas de chez nous cueillies par des gens encore moins de chez nous. Alors la Chine vous pensez !

 

Anton Suwalki

 

(1)     Wikipédia.

(2)     http://www.politis.fr/Fruits-pourris,850.html  Fruits pourris par Claude-Marie Vadrot 

(3)     http://agreste.agriculture.gouv.fr/eQ_conjoncture_all_news.php3?id_rubrique=33

(4)     source :  Jean-Marc Jancovici , l’avenir climatique

(5)     8,9 milliards (chiffres 2006)

(6)     à moins de consacrer des superfifices très supérieures pour compenser les pertes, ce qui est écologiquement très moyen

(7)     Call for Spain strawberry boycott : http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/6460767.stm

 

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 12:11

Cet article est paru dans le Wall-Street Journal du 22 avril 2008 sous le titre « Why I left Greenpeace ». Patrick Moore est cofondateur et ancien dirigeant de Greenpeace. Cette traduction étant très imparfaite, merci aux anglicistes confirmés de signaler des erreurs ou des améliorations possibles. Le terme « politique » a été conservé partout dans le texte, mais il a prend souvent le sens d’idéologique. A.S

 

 

En 1971 un mouvement pacifiste et pour  l'environnement naissait au Canada et j'ai voulu y participer. Titulaire d'un doctorat en écologie, j'ai voulu concilier ma formation scientifique  et le savoir-faire médiatique de mes collègues. Conformément à nos vues pacifistes, nous avons créé Greenpeace.

Mais j'ai appris plus tard que le mouvement  écologiste n'est pas toujours inspiré par la science. Au début, beaucoup de causes dont nous étions à la tête, comme l'opposition aux essais nucléaires ou la protection des baleines, étaient fondées sur notre connaissance scientifique de la physique nucléaire et de la biologie marine.

Mais après six ans d’exercice en tant que dirigeant de Greenpeace International, j'ai remarqué qu'aucun de mes colègues n'avait de réelle culture scientifique . Il s’agissait d’activistes politiques ou d’entrepreneurs de l'environnement. Finalement, l’orientation vers le refus de l'objectivité scientifique en faveur des ordres du jour politiques m'a convaincu de quitter Greenpeace en 1986.

Le point de rupture fut une décision de Greenpeace de militer pour une interdiction mondiale du chlore. La science montre que le fait d'ajouter le chlore à l'eau potable était la plus grande avancée dans l'histoire de santé publique, Et la majorité de nos produits pharmaceutiques sont basés sur la chimie du chlore. Le chlore est essentiel pour notre santé.

Mes anciens collègues ont ignoré la science et ont soutenu l'interdiction. Bien que la science ne conclue à aucun risque de santé identifiable pour l'adjonction de chlore dans l'eau potable, Greenpeace et d'autres groupes de l'environnement se sont opposés à son utilisation pendant  20 ans.

L'opposition à l'utilisation de produits chimiques comme le chlore fait partie d'une hostilité plus large à l'utilisation de produits chimiques industriels. Le livre de 1962 de Rachel Carson, "Silent Spring" (1) a eu un impact significatif sur beaucoup de pionniers du mouvement vert.

Le livre a soulevé des inquiétudes sur les risques et sur l'impact négatif de la sur utilisation de produits chimique sur l'environnement.

Mais le salutaire scepticisme initial s’est radicalisé dans un façon de penser qui jette systématiquement la suspicion sur toute utilisation industrielle de produits chimiques. Malheureusement, Greenpeace a glissé vers l'extrémisme. Sa campagne anti javellisation a échoué, seulement pour être suivie par une campagne contre les polychlorure de vinyle (PVC).

Greenpeace a maintenant une nouvelle cible, les phtalates .Ceux-ci sont des composants chimiques qui rendent les plastiques flexibles. On en trouve dans tout  l'équipement hospitalier, les sacs ,les tubes jusqu’aux jouets d'enfants et aux rideaux de douche. Ils sont parmi les composants chimiques les plus utilisés.

Les phtalates sont les nouveaux croquemitaines de Greenpeace. Ces produits chimiques sont des épouvantails commodes, ne serait-ce que parce que leur nom, difficile à prononcer, les rend suspect.

Certains, comme le phtalate de diisonyle (DINP), ont été utilisés pendant des décennies dans tous les produits quotidiens sans qu'aucun problème de santé humaine n'ait jamais été détecté. Le DINP est le premier plastifiant utilisé dans les jouets. Il a été testé par  des agences gouvernementales et de nombreuses agences indépendantes et il a été considéré comme un produit sûr.

En dépit de cela, une campagne politique qui rejette la science fait pression sur les compagnies et le public pour interdire l'utilisation de DINP. Les détaillants comme le Wal-Mart et les Jouets "R" retirent les produits en contenant pour éviter la pression publique.

On peut être tenté de suivre cette ligne de moindre résistance, mais qui en pâtit ? Aucun des produits de substitution n'a été évalué et ne présente le degré de sécurité qu'a le DINP .

La Commission de Sécurité des Produits de consommation a récemment averti : "si le DINP doit être remplacé dans les produits d'enfants... les risques potentiels des produits de substitution doivent être pris en considération. Les plastiques pourraient se casser plus facilement, provoquant des asphyxies par ingestion. »

D'autres plastifiants ne pourraient pas être aussi éprouvés que le DINP. "L'hystérie sur DINP a commencé en Europe et Israël, qui l’ont interdit . Pourtant cette année, Israël a réalisé l'erreur qui consiste à faire passer la politique avant la science et a ré autorisé le DINP.

L'Union Européenne a interdit l'utilisation des phtalates dans les jouets avant l'achèvement d'une évaluation complète des risques du DINP. Cette évaluation a finalement conclu que l'utilisation du DINP dans les jouets pour bébés ne présente aucun risque mesurable.

Les activistes antiphtalates poursuivent leur capagne de peur conformément à leur agenda politique . Ils ont obtenu gain de cause en Californie avec l'interdiction publique de l'utilisation des phtalates dans les produits pour bébés et maintiennent leur pression pour une interdiction nationale.

 

Cette campagne de peur est une véritable diversion par rapport aux menaces réelles qui pèsent sur l'environnement. Nous avons tous la responsabilité d'être des « intendants » de l'environnement. Mais cette gestion exige que ce soit la science et non pas les ordres du jour politiques, oriente notre politique publique.

 

L’article original en anglais : http://online.wsj.com/article/SB120882720657033391.html

 

Note :

 

(1)     Rachel Carson, « Le Printemps silencieux » en Français. Pensant avoir identifié que le DDT aboutissait à une diminution de l’épaisseur de la coquille des oiseaux et rendant plus difficile la reproduction, elle écrit cette fiction plus ou moins étayée par des références scientifiques, dépeignant un monde silencieux parce que sans oiseaux, tous morts à cause des pesticides. C’est le mythe fondateur du mouvement écologiste qui aboutira à une interdiction du DDT, et à une résurgence dramatique du paludisme. Une triste victoire sur laquelle les grandes organisations écologistes n’ont jamais fait d’autocritique, et que certains continuent à célébrer.

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 12:57

Vous aviez aimé les fameuses couvertures précédentes du journal La Décroissance (n° 28 : « Grève de la conso » ; n° 24 : « Pour Noel, n’achetez rien » ; et, bien sûr, l’immortel n° 23 : « Vive la pauvreté ») ?

 

Vous avez su apprécier à sa juste valeur ce débat impertinent lancé en Une par le numéro de février 2008 : « Et si on limitait les salaires ? » [oui, après vérification, il y a bien écrit « les salaires » et pas : « les profits »]

 

Alors vous adorerez la couverture de ce mois d’avril 2008 :

 

 

 Je sais, je sais vous vous dîtes : décidément, le MEDEF ne se sent plus, et il formalise de plus en plus brutalement ses revendications de serrage de ceinture du côté des travailleurs. Quand même : « Merde au pouvoir d’achat » ! Le patronat en fait trop, et ses nouveaux slogans sonnent comme ceux que l’on entend dans les parodiques et rigolotes « manifs de droite »…

 

Et puis ça tombe trop bien, cette dévalorisation de la notion de « pouvoir d’achat » pile au moment où la côte de popularité de Sarkozy s’effondre sur cette question, faute d’avoir tenu ses promesses électorales de ce côté-là. La population est de plus en plus mécontente, en a marre de la hausse des prix qui lui fait se serrer la ceinture, et paf, on nous fait le coup du « faut-il limiter les salaires ?» et du « merde au pouvoir d’achat ! ». Allons, allons, la ficelle est trop grosse, enlève ton masque, Parisot, on t’a reconnue….

 

Et ben non, ami lecteur, tu te mets le doigt dans l’œil jusqu’au trognon. La réalité est bien plus subtile que ces apparences trompeuses (nous vivons le temps de « la complexité », souviens-toi…) : « La Décroissance » n’est pas le nom de l’organe officieux du MEDEF ou du gouvernement Sarkozy-Fillon…. Non, vraiment, ami lecteur, tu n’y es pas du tout. En fait, et cela va te surprendre, ce journal qui tempête contre les « savants » comme un curé médiéval et qui célèbre la pauvreté (…comme un curé médiéval, décidément !), tout en voulant modérer les salaires et le pouvoir d’achat (comme un patron moderne, donc bloqué sur le XIXe siècle), ce journal n’est pas un cache-sexe de l’actionnariat et du goupillon, il est même très officiellement classé à l’extrême-gauche.

 

Hé oui, ami lecteur, c’est à ce genre de petites choses que l’on comprend que l’on vit une époque formidable.

 

Tu ne me crois toujours pas ? C’est trop gros ?

 

Mais si,  regarde de plus près cette couverture étrange. En haut, à droite, tu y verras que les « Objecteurs de Croissance » (qui publient le journal) sont partis à l’occasion des municipales « A la conquête de la démocratie ». Et même qu’il y a une jolie photo, sur cette Une. Tu y vois, si tu regardes bien, la candidate lyonnaise des « Objecteurs de Croissance » entourée de ses colistiers, l’un présenté comme « altermondialiste » (soit pas grand-chose de précis), l’autre étant le représentant de …. la LCR !!!!

On se demande quelle a été la tonalité de cette campagne très atypique pour l’organisation trotskyste en question : « Travailleurs de tous les pays, serrez vous la ceinture ! » (a-t-on ressorti pour l’occasion les textes de Maurice Thorez en 1946, époque à laquelle la grève était censée être l’arme des trusts ? Probablement pas : Momo disait ça au nom de la croissance, dans laquelle il ne mettait pas plus de contenu de classe que la Décroissance aujourd’hui…) ? « Camarades, limitons les salaires ! » ? « A bas les  riches, nous voulons être pauvres ! »[1] ????

 

Et ce n’est même pas  là une bourde isolée, une particularité lyonnaise : La Décroissance est très en vogue et gagne du terrain « à gauche de la gauche ». Ses disciples ont contribué à animer la glorieuse campagne de José Bové (gloire à son nom !), et la LCR participait même cet automne ès qualité au Contre- Grenelle de l’Environnement organisé autour du journal. Alors, c’est pas une preuve, ça ?

 

Je te le concède, ami lecteur, tout cela est très étrange, et il va falloir ouvrir le journal en question pour tenter de mieux comprendre (en maniant avec subtilité le fort potentiel explicatif de la pensée de la complexité, pour ne pas  se contenter de trucs binaires et archéos comme la lutte des classes) :

 

Laissons tomber les autres articles somme toute peu intéressants, comme la rubrique mensuelle « La saloperie que nos n’achèterons pas ce mois ci »[2], dans laquelle un lycéen décroissant prend le ferme engagement de ne plus acheter de chewing-gum et  choisit courageusement de plutôt « puer de la gueule » (bravo, camarade lycéen, mais s’il te plaît ne t’approche pas trop près pour me le dire !). Ah si, quand même, en dehors des trucs moralos plan-plan  du genre « la télé c’est mal, ça abrutit les masses » ou « le sport c’est mal, ça abrutit les masses », de la chronique de Jacques Testart (oh, tiens, où l’on retrouve les anti-OGMs[3]) ou du « Bêtisier du développement durable » (parce que La Décroissance n’aime pas la notion de « développement durable », parce qu’il y a des morceaux de développement dedans, ce qui est contradictoire avec son souci de pauvreté généralisée), en dehors de tout ça donc, il faut signaler que page 10 Paul Ariès défend « La cause des gros », et se demande si, dans la caricature - très fréquente dans ce journal - du gros à casquette tenant dans une main un fanion et dans l’autre un téléphone portable, il n’y aurait pas quand même une forme de racisme de classe stigmatisant les couches populaires… Où, tout à coup, dans un éclair de lucidité, Paul Ariès se rend compte que son journal est un canard  bobo-gaucho !

 

Bref, ce qui nous intéresse ici, c’est le papier de la page 2, toujours signé de Paul Ariès, qui s’intitule « Pouvoir d’achat contre pouvoir de vivre ». Tu l’auras  compris dès ce titre, ami lecteur, pour saisir la nuance, il va te falloir piocher dans ta boîte à outil de la « complexité »…

 

Intro : « La question du pouvoir d’achat ne s’est pas imposée  par hasard dans le débat public. Ce mot-poison empêche de remettre en cause la consommation et enferme les luttes sociales dans la revendication d’un "toujours plus". La Décroissance n’est pas se serrer la ceinture, mais inventer un autre pouvoir, le pouvoir de vivre ».

 

Il s’agit là d’un très bon Abstract, qui résume bien les positions développées dans l’article.

 

« La question du pouvoir d’achat ne s’est pas imposée  par hasard dans le débat public »

 

Effectivement. On pouvait penser que cette absence de hasard renvoyait au fait que cette question du pouvoir d’achat s’est LOGIQUEMENT imposée dans le débat public parce qu’une très large partie de la population était/est en souffrance sur ce plan et allait donc orienter son vote en fonction de ce critère (plus que des OGMS, cf le score de Bové), et que, le sentant venir,  un candidat aux présidentielles plus malin que son adversaire a décidé de se faire élire en surfant sur ce sentiment/vécu (par le biais de promesses de campagnes, uniquement : les électeurs des classes populaires attendent encore, même pas le début de l’augmentation de leur pouvoir d’achat, mais déjà l’arrêt de la régression de celui-ci). On pouvait penser ça, mais pas du tout. En fait, la notion de pouvoir d’achat s’est imposée dans le débat parce que, avec la complicité de la vieille gauche pas décroissante[4], les publicitaires reproducteurs du capital l’ont imposée dans les têtes :

 

-         «  La grande  victoire du capitalisme n’est pas tant d’avoir triomphé dans les faits que dans les têtes. »

-         « La notion même de pouvoir d’achat constitue finalement une perversion mentale dans la mesure où elle prétend réduire  notre puissance [que vient faire ici la notion de « puissance » ? Je trouve qu’elle a des relents nitzchéens nauséabonds. Je ne dis pas plus que ça] et nos rêves à notre capacité de consommer »

-         « Cette fixation sur notre niveau de vie n’est-elle pas une façon d’interdire la prise de conscience du pouvoir individuel et collectif de se refuser en tant que consommateur ? Pourquoi le pouvoir (ou le plaisir) de non-achat serait-il moindre que celui d’achat ? »

-         « La puissance [encore !] et la liberté que donne le refus d’être réduit à un consommateur ne valent-elle pas le pouvoir de remplir toujours plus son Caddie ?»

 

On retrouve ici sous la plume de Paul Ariès cette tendance (irritante) chez certains penseurs à psychologiser voire pathologiser le débat économique et social (une tendance qui a fait la fortune à gauche d’une escroquerie comme la psychanalyse). Tu n’as pas assez d’argent pour te payer une bonne bouffe, un appareil photo numérique ou une sortie culturelle (ou quoi que  ce soit que tu estimes faire partie de tes besoins fondamentaux, que je n’ai à priori pas à juger, tant qu’ils n’ont pas de conséquence nuisible pour la société) ? Mais, t’es con, voyons, arrêtes de demander une augmentation de salaire : jouis au contraire de ta liberté et de ta puissance de ne pas acheter ! Tu vois, c’était pas compliqué, comment le mouvement ouvrier avait-il pu ne pas y penser en 200 ans d’existence ??!!!??? Arrêtes donc de faire une fixette sur ton niveau de vie, tout ça, c’est dans les têtes que ça se passe….

 

Il suffirait donc de « changer de logiciel » (comme on dit quand on veut parler comme DSK et faire son ascension au PS) :

 

- « La conquête de meilleurs revenus, aussi indispensable soit-elle pour vivre ou survivre dans cette société, alimente finalement le système lui-même »

- « On peut même le dire en termes économiques : refusons les notions piégées de "pouvoir d’achat" et de "niveau de vie", pour adopter celle de "style de vie". »

- « Refusons d’être des consommateurs de produits alimentaires, médicaux, touristiques, sexuels, pour redevenir des mangeurs, des patients, des voyageurs, des amants, et nous gagnerons. »

 

Amis stratèges, syndicalistes et militants du mouvement social, arrêtez donc de vous prendre la tête, et de palabrer sans fin pour savoir quand lancer quelle grève sur quelle revendication, tout cela est foireux, vous le voyez bien. Et même, « finalement », vous alimentez le système lui-même, bandes de cons ! Syndicaliste, collabo, les Décroissants auront ta peau, car c’est ta faute si le système se perpétue, à force de vouloir de meilleurs revenus ! Donc, plutôt que d’affronter directement le grand capital pour une sombre histoire de partage du gâteau, soyez courageux et inventifs : affrontez l’idéologie de la consommation, changez de mots et de concepts, et la victoire est au bout du dictionnaire ! Cessez donc d’être bêtement des « consommateurs de tourisme » : devenez des « voyageurs », vous en serez moins beauf et plus gagnant ! Jusqu’ici, comme des cons, croyant naïvement baiser, vous n’étiez que des « consommateurs de produits sexuels » ( ???), alors qu’il s’agit de devenir « amants ».

 

Heu, excuse moi, chéri, je la sens pas trop, ta grosse différence…[5]

 

Bref, on ne voit pas en quoi cette révolution des esprits qui rejetterait les mots-poisons aidera beaucoup le pékin de base qui peut- être voudrait bien arrêter d’être touriste et accepterait volontiers si on lui demande de devenir « voyageur »… mais qui n’a pas assez de thunes pour se payer quelques vacances que ce soit !

Ô triste et vilaine considération bassement matérielle, tout à fait typique du dinosaure communiste qui ne sait pas que, de nos jours, « on prend l’avion comme l’autobus »[6]. Je ne sais pas quels milieux  sociaux fréquentent au quotidien les Décroissants, mais je vois autour de moi peu (en fait : pas ) de gens pour qui se payer un billet d’avion n’est financièrement pas beaucoup plus douloureux que de s’acheter un ticket de bus. Après, c’est sûr, si c’est ça l’image que l’on a de la société française, c’est pas la peine de focaliser sur le niveau de vie et on en arrive à se demander si il ne faudrait pas limiter les salaires…

 

 

D’autres aspects de l’argumentation de Paul Ariès sont également étranges:

 

-         « La solution serait pour certains religieuse, c'est-à-dire dans une re-spiritualisation du monde. La religion pourrait cependant tout aussi bien fonctionner selon une logique de consommation de biens spirituels, comme le prouve le succès de la scientologie et sa bonne presse sarkozyste. »

 

Bref, fini le « ni Dieu ni  Maître » et le rejet de l’ « opium du peuple » ( = tu prends ton mal en patience et tu acceptes ta condition merdique dans cette vallée de larmes qu’est notre pauvre terre, mais te prends pas la tête, c’est pas grave : tu auras l’éternité pour jouir d’une autre vie au Paradis. D’ailleurs, là bas, les derniers seront les premiers, alors en fait, tout bien réfléchi, sois content d’être pauvre). La religion, oui, mais la religion non consumériste ! Pas étonnant que La Décroissance ne rejette pas la religion en soi : ils ont en commun de consoler le pauvre et de l’exhorter à ne pas chercher à sortir de sa condition, en valorisant symboliquement son statut.

 

-         « Comment faire pour que le droit à la santé ne devienne pas un sous-produit de l’idéologie de la santé parfaite, bref ce refus si moderne de vieillir et de mourir ? »

 

Je comprends pas très bien : c’est quoi l’ « idéologie de la santé parfaite » ? On peut discuter de l’ « idéologie du corps parfait » -et prendre le mien en exemple -, mais « l’idéologie de la santé parfaite »… C’est pas cool de vouloir être en bonne santé et d’essayer de mourir le plus tard possible ?  Il est où le problème ?  Là encore, à grand renfort de psychologisation consolatrice, on a un peu l’impression de rejoindre un discours proche du catholicisme,  dont on ne voit pas très bien en quoi il va aider les couches populaires menacées par la casse de la Sécu et les difficultés croissantes d’accès aux soins…

 

 

Donc, si je peux reconnaître à Paul Ariès quelques mérites, comme celui d’avancer  la revendication de l’extension de la sphère de la gratuité (mais, si on y réfléchit bien, n’est-ce pas là simplement une forme socialisée… d’augmentation du pouvoir d’achat ???)  ou de se poser plus que ses comparses la question du lien nécessaire avec les couches populaires et avec le mouvement social agissant[7], il n’en reste pas moins que l’ensemble de cette démonstration sur le pouvoir d’achat ne débouche sur rien de bien concret tout en fleurant bon la morale catholique, avec comme issue d’être résumée en couverture par cette formule saisissante qui comblera d’aise le patronat et les actionnaires : « Merde au pouvoir d’achat ! »

 

Ah bon ?

 

Alors, sans hésiter : « Merde à la Décroissance !»

 

Yann Kindo

 



[1] A ce sujet, on apprend page 5 que « Les Objecteurs de Croissance membres de la rédaction de la Décroissance qui participaient à cette aventure ont dû à plusieurs reprises rappeler à leurs camarades de "la gauche de la gauche" leur antiproductivisme et leur position différente sur des sujets comme le téléphone portable, les transports, etc. Mais, au final, le message est bien passé ». Nous voilà rassurés. A la fois que le message des Décroissants soit bien passé auprès de leurs camarades, et que la question très sensible et éminemment politique des « téléphones portables » ait été abordée… Nous espérons donc, que, le message étant bien passé, les trotskystes et altermondialistes lyonnais cesseront d’utiliser leur téléphone portable pour organiser leurs activités, et reviendront à un système de communication plus ancien (et donc meilleur) tel que la colombe messagère ou les signaux de fumée.

[2] Un jour dans cette rubrique, j’ai pu lire – et c’est authentique – le papier d’un type qui expliquait que les ordinateurs sont des vraies merdes dont on pourrait fort bien se passer. Bon, quand même, à la fin, il avouait qu’il tapait le papier en question sur un ordinateur…

[3] Ce mois ci, Jacques Testart s’essaie à une évaluation comparée des « discours scientifique et discours militant », pour dire que, en gros, tout ça se vaut, et que au moins le discours du militant est sur la place publique, contrairement à celui du scientifique (avec Testart, tout est toujours simple sur cette question, et l’on entrevoit le jour où l’on pourra soumettre au suffrage universel la validité de la nouvelle théorie la plus pointue en astrophysique).  Notons que lorsque Jacques Testart explique ici que « les scientifiques-militants devraient être doublement  suspects », il ne fait en fait pas référence comme « exemple extrême » à lui-même (on aurait pu  croire…) mais à l’inénarrable Claude Allègre.

[4] « La gauche classique ne remet pas en cause ce sacro-saint objectif [stimuler le pouvoir d’achat] et avance ses propres solutions : augmenter les salaires, bloquer les loyers, faire baisser les tarifs de l’eau et de l’énergie, réinstaurer la TIPP flottante, arrêter d’exonérer les patrons de cotisations sociales …». Ce vieux programme archéo qu’Ariès trouve ici insuffisant semble pourtant avoir le mérite de représenter des mesures concrètes et immédiates aptes à réduire les inégalités tout en représentant une incursion dans le principe de la propriété privée, qui est bien plus aux fondements du capitalisme que « l’idéologie de la croissance » ou « le désir de consommer ». On le verra, Paul Ariès a lui des remèdes bien plus concrets  et efficaces que ces vieilleries has been : il faut plutôt « décoloniser les esprits » [l’expression n’apparaît pas dans son article, mais elle est récurrente sous les plumes Décroissantes]. On attend les tracts distribués sur le marché ou à la porte des entreprises expliquant au chaland que rien ne sert de revendiquer une hausse des salaires et que ce qu’il faut, c’est décoloniser les esprits….

[5] Pardon, j’ai pas pu m’empêcher, ça me faisait trop marrer. Prière de n’y voir aucune norme en matière de pratiques sexuelles…

[6] J’ai entendu plusieurs fois cette formule à la mode chez les Décroissants, par exemple sur le répondeur de Daniel Mermet, et j’ai été consterné de la retrouver page 22 du pourtant intéressant « Atlas Environnement du Monde Diplomatique ».

[7] « Le mouvement de la décroissance doit prendre cette question très au sérieux car, selon les solutions que nous avancerons, il pourra (ou pas) s’ancrer dans les milieux populaires et développer des enjeux de lutte communs avec le syndicalistes. ». Paul Ariès montre ici qu’il est effectivement un des plus « politiques » des apôtres de la Décroissance, qui essaie un minimum de se dégager de la conception  du moralisme individuel qui est propre à ce courant. Ceci dit, étant donné le positionnement de son journal (voir les couvertures) et le vide de son propre argumentaire par ailleurs, on voit mal ce que des syndicalistes ou des militants politiques de gauche gagneraient à s’embarquer dans sa galère.

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 12:33

La publication Agriculture et Environnement fait partie de ces « lanceurs d’alertes » spécialisés dans les alertes -au minimum oranges !- oubliées par les courageux lanceurs d’alertes médiatiques, si prompts à faire des déclarations de guerres picrocholines à des produits dont la toxicité est souvent très loin d’être établie. Au rang des produits assez clairement toxiques oubliés par les courageux lanceurs d’alertes résistants,  ce fongicide largement utilisé en agriculture et dont le nom est volontairement caché jusqu'à la fin:

 

Quiz pour un militant anti-pesticides

vendredi, 4 avril 2008 / Gil Rivière Wekstein

Voici la présentation d’un produit largement utilisé en agriculture et dont le nom est volontairement non mentionné. De quel produit s’agit-il ?

Toxicité :
* L’exposition se fait par transfert à travers la peau, les yeux, ou par inhalation de poudre ou de poussières [16] ; c’est un irritant puissant [20].
*Des cas de suicide par ingestion ont été reportés [
10] . Chez l’homme, les symptômes apparaissent à partir de 11 mg/kg. Il s’agit de brulures abdominales, nausées intenses, vomissements, diarrhées, mal de tête, excrétion urinaire discontinue menant au jaunissement de la peau. Des dommages au cerveau, foie, reins et estomac peuvent également se produire [2].
* Le contact avec la peau peut déclencher de l’eczéma [
13] ; peut causer des réactions allergiques chez certains individus [16].
*Le contact avec les yeux est très dangereux [
2]. (…)

Effets chroniques :
* Des maladies du foie ont été observées chez l’homme après 3 à 15 ans d’exposition [13]. (…)

La suite du Quiz et la solution de l’énigme sur :

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article329

C’est à se demander quels sont les puissants intérêts qui se cachent derrière la commercialisation à grande échelle d’un tel produit dont les dangers sont  manifestes et qui n’ont pourtant jamais fait l’objet d’une réelle campagne de sensibilisation auprès des agriculteurs et des jardiniers du dimanche ! Mais nous sommes rassurés ! Mise au courant , la Confédération paysanne qui dénonce courageusement le « Cruiser tueur d’abeille », va se dépêcher de revoir ses priorités et de  mettre à l’ordre du jour une campagne pour l’interdiction totale et définitive de la « BB » !

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 17:53

 

Pierrick Gueguen est agriculteur dans les Côtes d'Armor . Il assisté à une conférence de Gilles-Eric Séralini à Loudéac, le 25 Mars.

Loudéac, le 25. 03. 2008
20 h 30.
 


Gilles Eric SERALINI est bien là. Ses livres aussi, ils sont bien visibles sur la table devant lui.

Le professeur présente les 3 grands thèmes qu'il compte aborder durant cette conférence.

- Le Round up (pas le glyphosate, mais il parle bien du Round up)
- L'effet des pesticides sur la reproduction
- Les O.G.M.  

 

                                                                                                                                                                        
En introduction, un état des lieux.

                * Une démographie à saturation
                * Un épuisement des ressources
                * La déforestation


 G E S a des « preuves » et nous présente une courbe de l'évolution de la population sur la planète. La courbe épouse parfaitement la forme d'une crosse de hockey.
Une démographie très stable sur les siècles passés et une explosion à partir de 1900.
Cette courbe est ensuite complétée par la courbe des disponibilités en eau par habitant.
Elle est stable les siècles passés et chute très brutalement à partir de 1900.
  Effet garanti dans le public, semblable à celui produit par la projection du documentaire « une vérité qui dérange ».
           Sur grand écran, GES pourrait sauter pour indiquer l'extrémité de la courbe démographie et se mettre à genoux pour montrer la disponibilité en eau.
 Angoisse perceptible dans la salle.

 Même le GIEC n'ose plus jouer de cette manipulation. La fameuse courbe de Michael Mann en parfaite corrélation avec la courbe CO2 a disparu du dernier rapport, tellement la ficelle était grosse.
  
 

Des affirmations
           
 * Une goutte de sang contient 50 polluants dont du DDT
            *  Les fœtus sont des éponges à environnement et déjà à cet âge contaminés
            *  Les tomates  son contaminées, sûrement par les eaux d'irrigations, on y trouve même des urines de porcs et des hormones.
           *   Les pesticides sont dans l'air et retombent par la pluie dans les champs où les vaches broutent.
            
GES évoque Al Gore en ces termes « Vous savez celui qui a eu plus de voix que Bush aux élections mais qui malgré tout, n'est pas président », des fois que dans la salle, un ignare croit encore que l'Amérique est une démocratie.

 

La fin de l'espèce humaine

             Les humains sont au sommet d'une pyramide, leur survie dépend de 200 espèces qui elle-même dépendent de 200 autres espèces et ainsi de suite…
 Comment les humains ne tomberaient pas du sommet si 30% de la biodiversité disparaît ?


             Les tests OGM gardés secrets : « Rendez-vous compte ! Monsanto fait appel du jugement le condamnant à rendre publiques, les prises de sang sur des rats »


             Le calcul du PIB ne prend pas en compte le coût de l'impact environnement

GES nous fait tout un discours sur un autre modèle possible.
 Alors que la biodiversité nous offre un large choix pour notre alimentation, Monsanto & Cie nous imposent  seulement 4 plantes pour notre alimentation : le blé, le maïs, le riz, le soja.
 Une production localisée avec des cultures du pays serait plus économe en transport.
             1 kg de porc=220 Km en voiture
             Le loby a compris mais ne veut pas lâcher le système.


            Nos enfants ne pourront pas bénéficier de notre espérance de vie. Ils sont imbibés  de pesticides (depuis l'âge fœtal dit plus haut)
              La médecine n'a pas compris la façon dont les produits chimiques s'accumulent et agissent dans notre organisme, « la bioaccumulation ».
              GES remet en cause les seuils de polluant « ils se négocient dans des réunions en fonction des intérêts des uns et des autres »

 

Des exemples de pollution
                  
                  1952 : des pygogues à 80% stériles sans libido, les pesticides sont responsables
                  1965 : des visons stériles
                  1970 : des goélands contaminés au DDT
                  1980 : au lac Apopka en Floride dans un élevage d'alligators, un problème d'éclosion qui chute de 90% à 18%.
60% des mâles ont des pénis atrophiés.
Des spécialistes  découvrent que dans le passé, une usine produisait du Dicofol .Des fuites s'étaient répandues et accumulées dans les sédiments.  L'eau s'était purifiée mais les alligators se nourrissant de
sédiments ?
                 1992 : Niels Skakkebaeck démontre une chute de 50% du nombre de spermatozoïdes dans le sperme des hommes.
                 GES rajoute : 3 fois plus de cancer des testicules depuis 1980 et présente un tableau alarmant sur l'évolution du nombre de cancer depuis 1980 (source: Institut de Veille Sanitaire je n'ai pas eu le temps de noter les chiffres qui allaient de mémoire de 100% à 250% suivant les types de cancer)
                 Ensuite : présentation de 3 courbes.
- Les 2 premières concernent l'évolution des cancers et malformations, elles sont ascendantes.
- La troisième indique la concentration en spermatozoïdes descendante.
Décidément, l'effet courbe est efficace dans la salle.

Bien sûr, il est acquis pour tout le monde que les pesticides sont responsables.    

 

                GES nous présente ses travaux de recherche sur les causes d'apparition d'une maladie.
  Sur le diaporama, le mot maladie est curieusement transformé par « mutation génétique ».
 La mutation génétique peut avoir 2 causes, problème héréditaire ou environnemental. La cause environnementale peut être microbienne ou non microbienne.
                 * La cause microbienne est due à des microbes qui se multiplient très rapidement, facilement
mesurables et provoquent des symptômes caractérisés. 
Elle est bien connue de la médecine qui sait faire des études épidémiologiques dans ce domaine.
                * La cause non microbienne est due aux pollutions par produits chimiques.
Les pesticides ont une action diffuse, difficilement mesurée, et aux symptômes divers. Ils s'accumulent dans l'organisme, les différentes molécules réagissent en interactions. 

GES ajoute  « Les maladies chimiques ne sont culturellement pas admises.
Les études épidémiologiques sur ces maladies ne sont pas fiables.
Elles se font sur le même raisonnement que les causes microbiennes.
La recherche doit changer de culture »

 


               GES rappelle au passage :
Le suicide par Round up, des paysans indiens surendettés à cause des OGM.Les stocks de MONSANTO issus de la guerre, il cite l'Agent Orange.
Les pesticides sont répandus pour tuer, comment n'auraient-ils pas d'effets secondaires ?

               Etant en Bretagne, pays du porc, bien sensibilisé au nitrate, il ajoute « les nitrates sont des traceurs de pollutions, donc là où il y a des nitrates, il y a des pesticides.
Il y a plus de pesticides dans la graisse de porc que dans les fruits ».

 


Les OGM
« éponges à pesticides »
  
Si la plante ne les produit pas elle-même, elle tolère les arrosages de Round up qu'elle accumule en elle.
  Un peu de sémantique pour nous préciser que le maïs round-up ready n'est pas résistant mais
tolérant au Round up.
« Pour preuve, pendant la guerre les résistants résistaient aux nazis, les collaborateurs toléraient
les nazis. » !!!!!!!!!

 

            Une présentation de ses travaux sur 90 jours avec des rats pour vérifier l'innocuité prétendue par les recherches de Monsanto.
  Auparavant GES rappelle toutes les procédures judiciaires pour faire lever les inacceptables secrets de la compagnie qui concernent la santé de millions de consommateurs.


 D'emblée,  n'ayant pas de gros moyens financiers et les crédits publics ne lui étant pas accordés, il assume le financement de son étude par GREENPEACE.
Il ne cite aucun autre soutien financier.
 Il reconnaît que son étude n'a pas eu de conséquences sur les positions des organismes d'expertises publiques et pour cause, « comment des organismes tel que l' AFSSA qui ont autorisé le maïs BT, auraient-ils pu se déjuger ? »
Il dit aussi que effectivement, les résultats de ses travaux ne démontrent aucun lien doses à effets.
Mais  il rappelle que le BT est un pesticide, pas un microbe; il convient donc de raisonner différemment. 
« Les organismes d'expertises publics ne sont pas prêts à ce changement culturel. »
Il affirme être en possession d'anomalies statistiques suffisantes pour une interdiction définitive des OGM.

 

 GES demande au public d'exiger des élus, la publication des prises de sang des animaux consommant des OGM.
 En effet, selon lui, l'absence de traçabilité en Amérique ne permet pas de faire d'études épidémiologiques sérieuses dans ce pays producteur et consommateur d'OGM.
 


Les questions de la salle :

           Je lui dis être surpris d'entendre un discours sur les pesticides orienté uniquement à charge, sans évoquer leurs effets favorables, entre autres sur les mycotoxines.Je lui demande pourquoi il ne parle pas des pesticides, en terme de risques bénéfices ?

           La réponse est que l'on peut très bien gérer les mycotoxines par une rotation différente des cultures. Pour cela il ne faut pas se limiter à 4 cultures au niveau mondial.
Pour le raisonnement risque bénéfice, il est tout simplement impossible, du fait que l'on ne sait rien sur le
pesticide BT. « On ignore tout du risque »


          Je lui fais remarquer que le BT est utilisé depuis 60 ans en agriculture biologique et que l'AFSSA considère dérisoires, les taux de résidus en pesticides du maïs BT.

         Il explique alors que la molécule BT du maïs OGM n'a rien à voir avec celle utilisée en Agriculture Biologique.
Quel que soit le taux de résidu dans le maïs de cette nouvelle molécule, il faut en connaître les effets indésirables pour en fixer le seuil maximal.

 

         Une personne prend la parole et félicite GES pour son courage, dévouement et son intégrité.
« Je suis persuadée que vous auriez eu un bien meilleur salaire chez Monsanto » lance-t-elle.

         Une autre déclare que la disparition de l'humanité serait sûrement la meilleure chose qui puisse arriver à la planète. (Malthus était certainement dans tous les esprits)

         GES temporise cette réflexion en disant « qu'il préfère les hommes, aux rats », mais ne manque pas de surenchérir « même si ceux-ci survivront sans doute à l'humanité. »
        Un auditeur annonce une rediffusion du documentaire « Le monde selon Monsanto » dans une salle de cinéma.
Il rappelle aussi la manifestation anti OGM à Rennes le 30 mars 2008 et les horaires de cars mis à disposition.


Fin de la conférence....        mais GES n'oublie pas d'annoncer qu'il reste disponible pour la dédicace de ses livres.
PG
                                ----------------------------------


Ce compte-rendu est tout-à-fait édifiant. Je signale toutefois un désaccord avec l'appréciation de la démocratie américaine (il est vrai que la démocratie française n'est guère plus « avancée ») et sur le GIEC, malgré l'affaire troublante de la courbe en crosse de hockey. Certes, la période est aux annonces spectaculaires en matière climatique et à la surenchère , cela dit, il semble difficile de douter de l'impact de l'activité industrielle sur le climat et qu'elle soit suffisamment importante pour qu'on s'en préoccupe.  

Pour le reste, nous sommes totalement d'accord. GES aligne les images et les courbes spectaculaires pour épouvanter un public influençable. Le « savant » a laissé la place au prédicateur subjuguant l'auditoire en fantasmant sur l'extinction de l'espèce humaine. Le fait qu'il estime nécessaire de préciser « qu'il préfère les hommes aux rats » n'est pas pour nous rassurer et il y a tout de même eu dans la salle pour estimer que la disparition de l'humanité serait la meilleure des choses pour la planète ! GES ne va pas jusque là : il partage les idées malthusiennes de Teddy Goldsmith (fondateur de l'écologiste) pour qui la Terre compte 3 milliards d'êtres humains en trop ).

Difficile de ne pas faire un lien entre ces idées et les positions assez clairement eugénistes défendues par l'ACECOMED qui tente de discréditer la médecine moderne, la vaccination qui ne permettrait pas à l'espèce humaine de « s'adapter », en clair par l'élimination des plus faibles. Priver les pauvres de vaccins en leur faisant miroiter les bienfaits des « savoirs traditionnels », de l'homéopathie et autres poudres de perlimpinpin, n'est-ce pas un moyen radical de réguler la population mondiale ?

Ce qui peut paraître paradoxal dans l'affaire, c'est que le public de base de cette mouvance se réclame en général de gauche, et qu'il boive goulûment une rhétorique et une philosophie qu'on peut sans peine qualifier de « droite extrême » .   GES  réussit très bien en usant de deux dénominateurs communs avec ses admirateurs: le rejet du « libéralisme » et la dénonciation des multinationales, ainsi que l'hostilité envers la science et la technologie, que les OGM incompris ont porté à son comble. Ainsi, ses diatribes violentes aussi réactionnaires qu' anti-scientifiques passent sous couvert d'une dénonciation de l'ordre injuste.

Car GES a définitivement quitté le terrain de la science, même si on peut parfois trouver quelques vérités dans l'océan de sa propagande.
Par exemple il est vrai que le PIB n'est sans doute pas le meilleur indicateur du bien-être social et ne prend en compte l'impact écologique de la croissance. Mais ce que GES omet de dire c'est d'une qu'on a jamais vu une société plus heureuse lorsque le PIB par tête diminuait, de deux, que l'impact écologique par unité de PIB diminue régulièrement grâce à l'innovation technologique que pourfendent les décroissants.  

Sur les cancers, comme la plupart des acolytes , il est facile d'accumuler des chiffres effrayants en omettant de gommer l'effet pyramide des âges , le vieillissement de la population qui explique l'essentiel de l'augmentation des cas de cancers. Ainsi prenons le Canada , assez représentatif des pays développés : le nombre brut de cas de cancers a été multiplié par 2 en 30 ans pour les hommes comme pour les femmes. Mais le taux d'incidence normalisé selon l'âge ( un concept statistique que devrait connaître un grand scientifique comme Seralini) n' augmenté que de 15% environ pour les hommes, et de 10% pour les femmes. En France le TINA a augmenté davantage (+35% pour les hommes, +40% pour
les femmes) . Les causes de l'évolution sont multifactorielles , elles sont largement le produit du mode de vie , des comportements , par exemple l'accroissement de l'incidence du cancer du poumon chez les femmes est à relier fortement à l'accroissement du nombre de fumeuses.

La pollution joue certainement un rôle dans les causes, et justifient une meilleure prise en compte de l'environnement. Les thèses reprises à Belpomme selon laquelle la pollution serait à l'origine de 75% des cancers n'ont absolument rien à voir avec la science et relèvent du bluff qui caractérise ces gens en mal de notoriété . Quand Séralini pointe la responsabilité principale des pesticides (dont personne ne songe à dire qu'ils sont sans dangers) dans l'augmentation du nombre de cancers, il bluffe également. Contrairement à ce que proclame régulièrement GES le promoteur de l'homéopathie, il y a une relation de dose à effet sur l'organisme pour tout principe actif chimique : c'est ce qui a explique qu'on parle de dose d'exposition journalière maximale, de dose d'exposition critique pour tous les produits chimiques recensés par les instituts anitaires.

Et quand il parle des interactions entre molécules chimiques, GES plaide s'en même sans rendre compte pour le maïs résistant au Roundup ! S'il est tout à fait normal de contrôler l'usage des pesticides, l'accumulation des « polluants organiques persistants », d'écarter sont ceux qui sont les plus toxiques pour ceux qui les manipulent ou pour l'environnement , GES et ses comparses tentent d'interdire la solution la plus pertinente à ces problèmes qui résident dans l'emploi des OGM.

Ses propos sur le maîs « non résistant, mais tolérant au Roundup », avec sa métaphore d'une bêtise inouie sur les collaborateurs des nazis, ses pitoyables syllogismes tels que  « les nitrates sont des traceurs de pollutions, donc là où il y a des nitrates, il y a des pesticides », le classe définitivement dans le rang des huluberlus.
 
Terminons par l'intervention d'une personne relatée par P Gueguen : « Je suis persuadée que vous auriez eu un bien meilleur salaire chez Monsanto ». Comme cela a du flatter notre personnage ! C'est bien connu qu'il est le seul chercheur honnête sur cette terre . Peut-être que les éleveurs de porc de la région, que l'évolution actuelle des cours mène au bord de la faillite, mériteraient qu'on s'intéresse à leur situation plutôt qu'au salaire de Séralini !

Anton Suwalki
 
 


              


                     Source : INVS + http://www.fqc.qc.ca/dossiertexte.asp?id=26

 

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 17:41

                              Présentation de l'article de Gil Rivière Wekstein 
                  paru sur le  site Agriculture et Environnement .



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Agriculture bio : les origines d'une rumeur 

Après six mois de silence, le directeur général de la FAO a enfin apporté un démenti à une rumeur farfelue entretenue par certaines associations écologistes.Tordant le cou à une rumeur qui circule depuis le printemps dernier, le directeur général de l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques Diouf, a rappelé dans un communiqué de presse du 10 décembre 2007 que la FAO n'avait jamais prétendu qu'il est possible de nourrir toute la planète grâce à l'agriculture biologique.
Il est d'ailleurs assez consternant de constater qu'une telle allégation ait pu aussi allègrement parcourir le monde sans que qui-conque se soit interrogé sur sa véracité. En effet, à moins d'être un militant écologiste convaincu, comment peut-on raisonnablement concevoir que l'agriculture biologique puisse sub-venir aux besoins alimentaires de six milliards d'individus aujourd'hui, et neuf milliards demain ? (..) 


Lire la suite
http://www.agriculture-environnement.fr/AENEW/article.php3?id_article=318

Lire aussi http://imposteurs.over-blog.com/article-16344992.html

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 16:27

                                                                         4ème partie



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4/ La bio-attitude et le contrôle 

La mouvance bio écolo s'est largement illustrée au cours de ces dernières années par son action illégale contre les champs d'OGM et les laboratoires de recherche, conformément aux traditions des mouvements écologistes radicaux depuis leur origine. C'est la prétention d'une infime minorité qui par
des actions spectaculaires entend imposer sa loi.  Récemment, elle a obtenu d'un des états les plus puissants de la planète, disposant de l'arme atomique et de dizaines de milliers de soldats omniprésents dans les pays du Sud, que celui-ci interdise la production d'OGM. Elle a obtenu également des promesses d'obtenir un marché captif (20% d'aliments bio dans la restauration scolaire) ainsi que de subventions pour que tripler les surfaces cultivées bio d'ici à 2012. Autant d'éléments qui montrent que ces gens n'ont rien contre ni le marché ni l'état et la loi , du moment que celui-ci adapte la concurrence en sa faveur.

Rappelons que le principal motif , jamais démontré, invoqué pour interdire les OGM était le péril que représenteraient ceux-ci pour l'environnement, la santé etc… A l'inverse, le bio est présenté, là aussi sans la moindre preuve, comme par nature bon au gout, pour la santé et respectant strictement l'environnement. Les chapitres précédents de cet article n'avaient pas l'intention d'affirmer le contraire, mais de relativiser ces affirmations reposant uniquement sur des croyances infondées .

Comme nous l'avons souligné, les pratiques sacralisées de l'agriculture biologique évacuent certains risques mais comportent leurs propres inconvénients et risques qui font l'objet d'un tabou. Le cahier des charges porte uniquement sur les pratiques de culture, mais l'agriculteur n'est pas responsable sur la qualité du produit fini : un comble quand la qualité est le premier argument publicitaire du bio,
quand on cherche à interdire les OGM au nom de dangers jamais identifiés et qu' on considère comme
légitime d'apeurer le consommateur de plus en plus intransigeant à l'égard du moindre risque.

Pour que la production bio puisse s'intégrer aux grands circuits commerciaux, il fallait que son label bio ait un sens , que les producteurs et commercialisateurs adeptes acceptent un minimum de règles, de contrôles et une certification légale. Les ministres de l' agriculture ont donc en 1991 défini un cahier des charges permettant d'obtenir le label bio au niveau européen et qui nécessite toutefois l'intervention d'organismes certificateurs.

Ces dispositions légales sont relativement laxistes et trompeuses envers un public pour qui l'équation=bio=naturel=bon=sain va de soi. Mais pour les puristes du bio, l'exigence est encore trop forte. Et eux qui considèrent comme tout à fait normal d'interdire les OGM estiment n'avoir aucun compte à rendre. Dès que la loi ne vise plus l'activité des autres mais s'intéresse à eux, ils s'empressent de crier à l'état policier !  Un minimum de règles à respecter dans des activités marchandes est encore de trop, synonyme de « société mortifère » pour  Nelly Pégeault, rédactrice en chef de la revue Nature & Progrès : « L'industrialisation, voici le vrai danger, vidéosurveillance, [...] bracelets électroniques [et] chaînes du froid industrielles ». Le nouveau système, « qui privilégie la traçabilité écrite et l'absence de résidus plutôt que les obligations de moyens, élimine les structures à échelles humaine et artisanale » (1).

Le consommateur soucieux de manger des produits de bonne qualité appréciera que l'on mette en cause la traçabilité, et que « la présence de résidus » soit justifiée par les défenseurs du « naturel »
qui dénoncent la « malbouffe » !
  

                                                                                 ---------------------------------

(1) citée par Agriculture et environnement. http://www.agriculture-environnement.fr/Controles-alimentaires-
les-lacunes.html

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 17:32

                                                                           3ème partie

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4) Les lendemains qui chantent de l'agriculture bio ?

Après avoir inlassablement dénoncé le productivisme , voilà maintenant que les partisans de l'agriculture biologique militent pour une agriculture 100% bio, affirmant avec un certain aplomb que celle-ci est susceptible de nourrir la planète. Voyons ce qu'il en est :

Certes, un colloque de 3 jours tenu à Rome sous le patronage de la FAO a bien émis un rapport final
selon lequel c'est possible (1) . Une assertion rapidement démentie par le président de la FAO, très
intelligemment dénoncé par un commentateur de l'article de Yann Kindo (2), comme le porte-parole des   Lobbies. Pourtant le caractère partisan du rapport final saute aux yeux. L'exposé condamne sans appel l' « agriculture industrielle », et on relève dès les premières lignes quelques erreurs intéressées:
« l'utilisation d'intrants agricoles chimiques n'a cessé d'augmenter ces 20 dernières années, mais la productivité du secteur céréalier est en constant recul »

Une assertion vite démentie lorsqu'on se reporte aux données concernant des pays ayant recours à
l'agriculture intensive, un exemple en  France :

france.JPG
On trouvera pour les années récentes, des données concernant le Canada (3) ne mentionnant aucune
tendance récente au déclin de la productivité, les variations annuelles liés aléas climatiques gommées.
 
Dans d'autres domaines , les données de la FAO elle-même prouvent une augmentation très forte des
rendements dans diverses régions du globe. Comment faut-il juger, les affirmations sur l'aptitude à nourrir le monde dans un rapport qui commence par des « erreurs » afin d'incriminer son adversaire supposé ?

legumes.JPG

Plus fort, le rapport de 14 pages réussit le tour de force d'occulter TOTALEMENT le rôle pourtant désormais clé des OGM, et le fait qu'ils contribuent à une réduction de l'utilisation des intrants agricoles, un soucis pourtant affiché par les participants.
La seule mention faite sur les OGM est dans les préconisations finales :
« protéger les surfaces dédiées à l'agriculture biologique contre toute forme de  contamination (zones exemptes d'organismes génétiquement modifiés); ».


L'aspect purement idéologique du rapport est donc limpide. 

Et les amateurs de modélisation seront ravis d'apprendre que :
« Une conversion planétaire à l'agriculture biologique, sans défrichement de zones sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d'engrais azotés, déboucherait sur une offre de produits agricoles de l'ordre de 2640 à 4380 kilocalories par personne et par jour. »

Il est vraiment amusant de constater dans un dossier qui prétend se soucier de nourrir le monde demain et donc d'assurer la sécurité alimentaire, que le modèle d'agriculture que l'on prône repose sur un rendement « de l'ordre de » , avec un écart de 80% sur les minima et maxima !

Si le rapport a le mérite de souligner les problèmes sociaux qui n'ont pas en soi pour origine l'agriculture moderne mais le mode d'organisation économique, la problématique est donc viciée dès le départ, et il n'est donc pas si étonnant que la FAO s'en soit démarquée.

En outre, l'affirmation selon laquelle l'agriculture biologique permettrait un accroissement des rendements (au moins dans certaines régions ) du Sud à l'agriculture archaïque n'est pas fausse, mais volontairement réductrice. En effet, la simple acquisition de connaissances qui peuvent faire défaut à des agriculteurs, la sélection judicieuse de variétés à meilleurs rendements ou plus résistantes etc… aboutiraient par définition à de meilleurs rendements, toute chose égale par ailleurs. Mais il est évident que l'emploi judicieux et raisonnable d'intrants phytosanitaires serait susceptible (dans la plupart des cas) d'augmenter considérablement les rendements par rapport aux simples acquisitions techniques. Une augmentation dont les partisans du bio ne veulent pas entendre parler.

 

Dans le contexte de 2,5 milliards de bouches supplémentaires à nourrir dans les prochaines décennies, et compte tenu de centaines de millions de personnes qui ont déjà soi faim soit souffrent de carences alimentaires diverses , comment admettre un discours qui condamne les seuls moyens connus pour augmenter sensiblement la disponibilité en produits agricoles (l'agriculture « productiviste ») et qui condamne les biotechnologies susceptibles de répondre au moins partiellement aux conséquences environnementales de l'agriculture basée sur la chimie, aux adaptations nécessaires compte tenu des perspectives climatiques (résistance à la sécheresse, moindre consommation d'eau etc…) ? Le rapport lui-même admet pour les pays développés une diminution par 2 des rendements due à l'adoption de l'agriculture biologique tandis qu'ils tableraient sur une augmentation hypothétique de 50% dans les pays « en développement ». La première hypothèse est directement vérifiable à partir des comparaisons faites sur le terrain entre agriculture biologique et agriculture productiviste. La deuxième relève elle de « modèles »  dont on a pu apprécier la précision… Par ailleurs, ces rendements immédiats ne prennent  pas en compte les pertes extrêmement variables de culture due aux ravageurs,
champignons etc…, et pour lesquelles les moyens de lutte de l'agriculture biologique sont la plupart du
temps beaucoup moins efficaces (4).  Priver ainsi que le veulent les partisans du bio les agriculteurs de moyen de lutte les plus efficaces contre les agression de leurs récoltes, c'est incontestablement
augmenter considérablement l'insécurité alimentaire, et non la diminuer.


Alors, oui, bien etendu, l'agriculture bio a le droit d'exister. Mais ce prosélytisme qui s'est invité à Rome comme au Grenelle de l'environnement, est au mieux un néo-lyssenkisme dangereux, au pire un néo-impérialisme culturel lorsque ces gens cherchent à priver les agriculteurs du Sud d'avoir accès à une agriculture réellement efficace. De ce point de vue, les Pères Verts (5)  valent bien les Pères Blancs. De là à ce que ce soucis d'interdire aux populations du Sud l'accès à une alimentation variée ,une alimentation carnée régulière (6) et une agriculture efficace aient pour certains des mobiles moins nobles que le respect des cultures locales , de l' « authenticité » ….

 

Notes :

(1) ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/meeting/012/J9918F.pdf

(2) http://imposteurs.over-blog.com/article-16105584-6.html#anchorComment

(3) http://www.stat.gouv.qc.ca/regions/profils/profil13/struct_econo/agriculture/cultures13.htm

(4) lire par exemple :
http://www.agriculture-environnement.fr/Des-patates-bio-cultivees-avec-des.html
Les affaires de perte massives de récolte bio, là où les cultures traditionnelles résistent mieux sont très
nombreuses, et se multiplient avec l'engouement bio.
(5) Je précise que ça s'écrit en deux mots…
(6) fait dont on n'a pas parlé , la moitié de la production mondiale est destinée à l'alimentation animale. Le modèle bio généralisée suppose une réduction drastique de l'alimentation carnée  dans les pays riches et interdit en pratique son augmentation dans les pays « pauvres ».

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 18:02

                                                                                          Deuxième partie

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3 / Réalité et croyances sur la qualité des aliments bio

Le bio côtoie souvent chez ses adeptes et ses marchands l'ésotérisme et le mysticisme avec tous leurs
attrape-nigauds, tels que les fausses médecines « naturelles » , les sornettes bioénergétiques. Des enseignes bio n'hésitent pas à conjuguer le bio avec… le bonheur ! Ne serait-il pas, lui aussi, sur le plan de la qualité et du bien-être , un gros attrape- nigauds ? Oui, si on prend au pied de la lettre l'équation bio= forcément meilleur au gout= forcément meilleur pour la santé etc… Ceci relève de la crédulité pure.

Concernant le goût, les consommateurs de bio sont naturellement persuadés d'une qualité systématiquement meilleure de celui-ci. Il n'y a bien sur aucune raison de penser que le mode de production bio aurait un impact négatif sur les qualités organoleptiques des produits. Concernant la viande, il est assez logique qu'un mode de production plus extensif et des conditions d'élevage plus favorables favorisent la qualité par rapport à l'élevage intensif, conditions dont le bio n'a bien sur pas l'exclusivité.

Ceci dit, il n'existe aucun expérience systématique permettant de comparer les produits bio et leur équivalent issus de l'agriculture traditionnelle, pour les fruits et légumes, l'aspect essentiel étant de toute façon  bien davantage la variété considérée que le mode de production.  

Ce qu'il faut rappeler par contre, c'est que la finalité de l'agriculture bio est écologique, et non pas une production de meilleure qualité , même si certaines pratiques peuvent y contribuer. Mais tel produit bio n'a aucune raison d'être systématiquement meilleur au gout. Le point capital à rappeler est que le label bio ne repose sur aucune obligation de résultats , mais sur une seule obligation de moyens(1). Et l'obligation de résultats , la filière bio n'en veut évidemment pas.D'autres labels alimentaires, tels que le label Rouge, portent explicitement sur l'exigence de qualité et les produits labélisés sont soumis à des tests organoleptiques qui doivent obligatoirement être réalisés afin de démontrer la qualité gustative du produit candidat au Label (2).

Pour conclure sur ce point, relativement secondaire, disons tout simplement que le bio n'est pas forcément synonyme de meilleur gout, quoi qu'en pensent ses adeptes.

Concernant la valeur nutritionnelle des produits, la démarche est un peu la même. Dans ce domaine des
évaluations ont été faites par l'AFSSA (3). En voici un résumé, fait par Léon Guéguen de l'INRA.
 

«  De manière générale, l'ensemble des données examinées n'a montré que très peu de différences significatives et reproductibles entre la composition chimique des aliments conventionnels et celle des
aliments Bio issus des mêmes variétés ou races et à des stades de récolte ou d'abattage comparables.La teneur en matière sèche des légumes (mais pas des fruits) est parfois un peu supérieure dans le cas de la production AB mais cette tendance peut aussi être attribuée à des différences de stade de maturité. Aucune influence significative du mode de production n'a été constatée sur les teneurs en glucides, en protéines, en éléments minéraux (sauf une petite tendance favorable pour le magnésium dans les légumes Bio), en oligoéléments et en vitamines (dont le béta-carotène). Concernant les phytomicroconstituants d'intérêt nutritionnel, le mode de production n'influe pas sur les teneurs en lycopène des fruits et légumes mais pourrait augmenter celles en polyphénols, ce qui pourrait aussi être attribué au stade de maturité à la récolte.
La composition des grains, et des graines en général, est quasi-constante et donc très peu sujette à l'influence du mode de production, notamment de la fertilisation. C'est pourquoi les teneurs en minéraux, oligoéléments et vitamines du pain sont déterminées par le taux de blutage de la farine et sont indépendantes du mode de production du blé. Il est ainsi évident que du pain Bio bis (plus riche en son) sera plus riche en éléments minéraux et en fibres que du pain courant de farine blanche. Cela dépend du choix de la catégorie de farine utilisée mais pas du type d'agriculture.
La simple démarche déductive permet de comprendre pourquoi les produits animaux Bio diffèrent si peu des produits conventionnels comparables. En effet, quel que soit le type d'élevage, le mode d'alimentation est approximativement le même et les aliments pour animaux d'origine Bio n'ont pas une meilleure valeur nutritionnelle. De plus, les cahiers des charges AB comportent de nombreuses dérogations qui autorisent, jusqu'à un pourcentage élevé de la ration, le recours « en cas de besoin » à des aliments (fourrages frais ou conservés, céréales, tourteaux…) ne provenant pas de l'agriculture biologique. La jungle des cahiers des charges et des dérogations est assez peu propice à la rigueur des contrôles.Quelques différences ont été notées pour la composition lipidique des viandes AB, avec une tendance à une plus faible adiposité (taux de lipides) et un profil modifié des acides gras en faveur des acides gras polyinsaturés. Cependant, ces différences sont attribuables à la vitesse de croissance plus faible et à l'activité physique résultant de l'élevage en plein air et, pour les ruminants, à un recours plus important au pâturage. Des animaux élevés en mode conventionnel dans les mêmes conditions plus extensives donneraient des résultats similaires.
La composition chimique du lait est relativement invariable, à l'exception de certains acides gras qui
varient en fonction des apports alimentaires, notamment par l'herbe, et de quelques rares oligoéléments comme l'iode et un peu le sélénium. Il en est de même de l'œuf dont la composition ne varie pas, sauf pour certains acides gras insaturés et le bêta La valeur nutritive des œufs d'élevage « industriel » est donc aussi bonne que celle des œufs Bio, ce que le consommateur admet difficilement ! À la différence des herbivores, pour lesquels le recours à l'herbe est plus important (mais pas toujours) en AB, les porcs et les volailles reçoivent une alimentation globalement similaire dans les deux modes d'élevage, les principaux constituants de la ration (95 %) étant dans les deux cas les céréales et les tourteaux de graines oléo-protéagineuses, complétés par des minéraux et vitamines. Il n'y a donc aucune raison, par simple déduction, de trouver des différences de composition des produits puisque les ingrédients consommés sont identiques, qu'ils soient issus ou non de l'agriculture biologique.
Quoi qu'il en soit, la nutrition doit être raisonnée sur le régime alimentaire global qui doit être équilibré et couvrir tous les besoins nutritionnels. De faibles différences éventuelles concernant un nutriment dans quelques aliments particuliers ne peuvent avoir qu'un impact insignifiant sur le statut nutritionnel du consommateur (et même du consommateur considéré régulier de 6 produits Bio par semaine !).
Les prix plus élevés des aliments Bio sont sans doute justifiés par les différences de coût de production
mais certainement pas par une meilleure valeur nutritionnelle
(4). »

Et rappelons une fois encore, que le label bio n'étant pas basé sur une validation des résultats, il est
totalement aberrant d'imaginer que tout produit issu d'une ferme bio aurait par essence une qualité
nutritionnelle supérieure à celle de l'agriculture conventionnelle.

 4/ Bio et risques sanitaires


Là aussi le résultat du match bio/pas bio n'est sans doute pas simple à établir. Il y a des risques communs à différentes pratiques agricoles, tels que les risques auxquels sont exposés les animaux d'élevages en plein air . Il y a les risques propres à chaque mode de culture, et incontestablement, ils sont significatifs pour l'agriculture bio : Parmi eux, certains pesticides autorisés par l'agriculture bio, qui pour être naturelq, n'en sont pas pour autant innoffensifs. Nous avons déjà évoqué le cas, de la roténone, à la toxicité établie pour certains animaux et soupçonnée de l'être pour l'homme(5). On devrait logiquement s'attendre à ce que la Confédération paysanne , jadis mobilisée contre le Régent et le Gaucho, et partant maintenant en guerre  contre le « Cruiser tueur d'abeilles » , se mobilise avec une énergie redoublée , et compte tenu de son sens de l'outrance, dénonce « la roténone tueuse d'hommes ». Pensez-vous !

Un autre risque de l'agriculture bio est la contamination bactérienne qui peut être véhiculée par les composts d'origine animale :

« (..)Greenpeace est resté étrangement silencieux au sujet de l' « affaire des épinards bio », pourtant largement médiatisée dans la presse américaine depuis septembre dernier. Officiellement à l'origine d'un décès, de vingt-trois cas d'insuffisance rénale (c'est-à-dire entraînant des séquelles à vie) et de plus de 150 hospitalisations, cette affaire touche déjà vingt et un Etats américains. Bien qu'ayant retiré du marché toute une gamme de produits à base d'épinards bio dès le 17 septembre 2006, la Natural Selections Foods LLC, une société spécialisée dans la distribution d'aliments bio basée à San Juan Bautista (Californie), doit déjà faire face à de très sérieuses plaintes devant les tribunaux fédéraux américains. Elle est accusée d'être à l'origine d'une contamination microbienne par Escherichia Coli de sérotype O157:H7, une bactérie très pathogène de l'intestin. Et ce n'est pas surprenant qu'une filière bio se retrouve au centre du cyclone. En effet, pour pallier l'absence de fertilisants de synthèse dont elle se prive volontairement, l'agriculture bio utilise des composts d'origine animale particulièrement riches en azote, mais susceptibles de véhiculer des germes bactériens pathogènes pour l'homme. (6)»

150 hospitalisations, 23 cas d'insuffisance rénale, 1 mort … Imaginons un instant les émeutes si un OGM ait été à l'origine de ça. Ce simple fait suffit à juger de la sincérité de ceux qui agitent l'épouvantail du danger des OGM.

Le problème des mycotoxines , relevé à de fortes concentrations dans des échantillons bio, n'a pas fait non plus beaucoup de bruit, pas plus que le constat fait que le Maïs BT est particulièrement armé face à ce danger (7).

Nous terminerons enfin un aspect (non systématique en agriculture biologique)  concernant la santé
animale : Quoi que l'utilisation de véritables médicaments ne soit pas proscrite en AB, nombreux semblent être les producteurs bio recourant aux « services » de l'homéopathie vétérinaire. Ca n'étonnera personne que de telles croyances se recoupent ! Ceci représente incontestablement un risque supérieur d'exposition pour les animaux de fermes ayant recours à ces pratiques.  

                                                          (A suivre)

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Notes :

 


(1) Un problème fondamental sur lequel nous aurons l'occasion de revenir à plusieurs reprises. Notons
pour l'instant que l'agriculture bio partage le refus de l'évaluation des résultats avec d'autres pratiques telles que les pseudo-médecines ou la psychanalyse. Ce qui fait naturellement douter sur la réelle sincérité de ceux qui prétendent produire ou vendre des produits de meilleure qualité.
(2)http://agriculture.gouv.fr/spip/ressources.themes.alimentationconsommation.signesdequalite.lessignesd
identificationdelaqualiteetdelorigine.lelabelrouge_r1060.html
(3) Évaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l'agriculture biologique.
Nb : je n'ai pas retrouvé le lien . Je peux envoyer le texte en PDF sur demande.
(4)
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article692

(5) voir la première partie de l'article

(6) http://www.agriculture-environnement.fr/Riz-OGM-et-epinards-bio.html

(7 ) http://agribiotech.free.fr/joudrier.htm . Se reporter Patrick Maurel et Catherine Regnault-
Roger

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 18:39

                                        1ère partie
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1/ le bio, un créneau de marché limité, mais juteux

J'avoue m'amuser en voyant des gens de retour de leurs courses sortir de leur panier leurs produits bio : quelque fois le nom du produit est écrit en tout petit, presque illisible à moins d'un mètre, écrasé sous le logo magique de l'agriculture biologique écrit en caractères énormes. Ce genre de consommateurs ne boit pas du café, du lait…. Non, ils boivent bio.

Il y a à peine quelques années, le manger bio était prisée par une petite minorité éthérée. Aujourd'hui, le bio a envahi les rayons des grandes surfaces, il dispose de ses propres réseaux de distribution (Magasins La Vie Claire, La Vie saine) , et représente environ 2 Milliards d'euros de Chiffre d'affaires en France , en augmentation de 9,5% par an ( 17 Milliard de $ aux USA). C'est un petit créneau de marché, rapporté au CA total de l'agroalimentaire, et ça restera un secteur minoritaire, compte tenu de son incapacité à nourrir tout le monde. Mais on est déjà très loin des images d'Epinal du « petit » agriculteur bio résistant contre les « gros » et la mondialisation. Et la « bio attitude » qui se présente comme étant, au-delà d'un simple mode de production , une philosophie, s'accommode très bien avec des histoires de gros sous. D'un côté, le consommateur adepte du bio qui pense faire une bonne action, de l'autre un mouvement bien organisé qui a un sens des affaires et du marketing parfaitement rodé, et a démontré son efficacité à faire valoir ses intêrets, au regard des décisions du Grenelle de l'Environnement(1), et l'exploitation assez cynique de réels bons sentiments, l'acheteur de produits bio étant persuadé de réaliser un « acte citoyen », et même humanitaire, étant donné la confusion soigneusement entretenue entre bio et défense des petits paysans (sans parler du commerce équitable).

Certes, il y a les puristes, nostalgiques des sociétés préindustrielles pour qui cette évolution est sacrilège par rapport aux sacro-saints principes qu'ils défendent. Peine perdue ! 
Le bio est déjà totalement intégré au système mercantile et s'est transformée en petite niche très rentable. Les idéologies sont souvent solubles dans le marché. Celui-ci les transforment , les adaptent à ses besoins en leur enlevant leur pureté originelle. Le marché n'a pas d'autre religion que lui-même, et l'argent n'a pas d'odeur. Alors, peu lui importe de se parer des habits de cérémonie de la religion bio pour peu que ça lui permette de vendre. Et si la société Monsanto, honnie des anti-OGM, s'enrichit à l'aide des biotechnologies, d'autres s'enrichissent en misant sur l'hostilité et la peur des OGM en Europe et au Japon, pour constituer des fonds spéculatifs de plusieurs milliards sur des denrées bio(2). 

La consommation de produits bio s'est élargi bien au-delà du cercle d'initiés de ses débuts, pour devenir une mode quasi-« populaire », seulement quasi, car les prix nécessairement supérieurs des aliments bio les rendent  inaccessibles aux plus pauvres. Et dans ces prix élevés, il y a des coûts très logiquement supérieurs, mais aussi des marges confortables, selon Le Canard Enchaîné, pourtant grand défenseur du bio et pourfendeur d'OGM.
  Mais d'ores et déjà, les snobs devront trouver autre chose pour se rendre intéressants.

2/ Quels sont les bienfaits écologiques du mode de production bio ?

C'est à l'origine la revendication première de l'agriculture biologique , avant qu'elle ne devienne un business juteux: promouvoir un ensemble de pratiques culturales respectueuses de l'environnement ,  n'utilisant pas les produits phytosanitaires de synthèse, pratiquant la rotation des cultures , pratiquant un élevage extensif, donc moins susceptible de polluer les eaux , des sols, et des
nappes phréatiques  par les lisiers…
Autant d'objectifs parfaitement louables et au moins en partie atteints, semble-t-il.  Ils ont  le mérite de souligner en retour certains abus incontestables dans l'agriculture conventionnelle, le problème des nitrates, de l'utilisation excessive de pesticides, de la concentration préoccupante dans certaines régions de P.O.P (3).
Autant de problèmes à résoudre pour l'agriculture « productiviste » dont le mérite est d'avoir considérablement augmenté les rendements (multipliant de 5 à 10 depuis 1900 la production à l'hectare pour certains végétaux) , et donc une production de masse répondant aux besoins d'une population croissante, ce qu'à l'évidence, l'agriculture biologique ne pourrait pas faire. S'il convient de limiter l'usage des produits chimiques à des niveaux raisonnables, d'interdire l'utilisation des produits dont la haute toxicité est prouvée (4), il est totalement illusoire d'imaginer s'en passer. Les OGM, dont tous les développements possibles sont imprévisibles, pourront sans doute à terme fournir bien des solutions. C'est le cas du maïs BT produisant sa propre toxine insecticide. Inutile de rappeler que les bio y sont farouchement opposés. 

Si les objectifs environnementaux de l'agriculture biologique sont en partie remplis, des bémols s'imposent :

- Une des principales tares du mouvement bio est la croyance aveugle en la bienveillance de la nature qui ne pourrait se nuire à elle-même : Tel engrais, insecticide et fongicide ne pourrait qu'être respectueux de l'environnement du moment qu'il est naturel. C'est un postulat qui n'a aucun fondement sérieux et il est mille fois démenti par les faits.

- Aucune activité humaine n'est neutre pour l'environnement, et l'agriculture biologique n'échappe pas à la règle. Un moindre rendement à l'hectare pour l'agriculture bio signifie moins produire sur une même surface. Donc plus de surfaces nécessaires pour produire la même quantité. Un bénéfice écologique plus que douteux.

- Certains substances biologiques utilisées comme insecticides telles que la Roténone sont susceptibles de causer des dommages sur des insectes non cibles . Celle-ci est aussi suspectée d'être toxique pour l'homme (5)
-  La bouillie bordelaise, mélange de sulfate de cuivre et de chaux, si prisée des agriculteurs bio et vénérée par les jardiniers amateurs, est elle aussi toxique pour les petits animaux et son usage permanent conduit naturellement à l'accumuler dans les sols. C'est tout de même un comble que son usage soit accru du fait d'une culture à vocation écologique, alors que des mesures de restriction ont été adoptées pour limiter son usage dans l'agriculture traditionnelle !

(A suivre)

Coccinelle.jpg

Notes :
 

(1) http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/IMG/pdf/SyntheseG4.pdf
(2)http://www.agriculture-
environnement.fr/AENEW/article.php3?id_article=151&var_recherche=bourse+bio
(3) Polluants organiques persistants
http://www.simv.org/Espace-Consommateurs/Actualites/2003/rapportagribio290703.pdf
(4) prouvée, donc évaluée scientifiquement, et non pas basée sur les campagnes sensationnalistes
(5)
http://www.lamijardin.net/technique/jardin/la-rotenone.html

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 13:45

Je partage très largement le point de vue défendu ici par Yann Kindo. On peut vraiment s'interroger sur les raisons qui poussent l'Ecole Emancipée  à transformer sa revue en chambre d'écho de la Décroissance qui n'a pourtant pas besoin de ça. Au delà de la débilité et de l'indécence des « outrances langagières » pointées par Yann ( parler de génocide à propos des OGM, ou de la pire calamité environnementale pour le nucléaire (1)) , il y a la technophobie,  le mythe des savants fous, et pire, toute la philosophie et le projet réactionnaire de la décroissance qui semble pour le moins à mille lieues des traditions d'un courant tel que l'EE. 
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d--croissance-copie-3.jpg
                     les ânes de la décroissance se préparent à manifester
                     


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A ma connaissance , l'EE réclame une revalorisation générale de tous les salaires. Les rédacteurs de l'EE se rendent-ils compte qu'on ne peut à la fois prôner la décroissance et l'augmentation des salaires ? Admettons une augmentation de 20%  de tous les salaires, où même une augmentation dégressive en fonction du niveau actuel des salaires, par prélèvement sur le capital .  Ceci provoquerait à coup sûr une augmentation considérable de la consommation et boosterait la croissance, d'autant plus forte que la redistribution vers les bas revenus serait importante (2). Et nul doute qu'une bonne partie de cette consommation aditionnelle irait précisemment vers tous ces biens qu'aborrhent les décroissants.  Alors, augmentation des salaires ou décroissance ? Il serait urgent que cesse l'hypocrisie . Soit l'Ecole Emancipée adhère vraiment à la décroissance, et dans ce cas-là, elle devrait y conformer ses revendications économiques,  soit elle fait la pub pour la décroissance par pur opportunisme pour caresser les idées à la mode dans le sens du poil, ça n'en est que plus dangereux.
Une hypothèse supplémentaire resterait à explorer : bon nombre d'adhérents de l'école émancipée
adhéraient jadis à la vision marxiste selon lequel le capitalisme finirait par entraver le développement des forces productives, et certains prédisaient à chacune de ses crises son effondrement imminent. Et dans cette perspective, le socialisme le remplacerait, permettant un nouvel essor des forces productives. Dans quelle mesure le système actuel freine les forces productives, c'est une question qui mériterait d'y consacrer des pages entieres. Il y a de toute façon suffisamment de raisons , même lorque celui-ci fonctionne à plein régime, pour le trouver injuste et ne pas le considérer inévitablement comme « la fin de l'histoire » . Mais le fait est que l'effondrement du capitalisme, depuis le temps qu'on nous l'annonce, tarde à pointer le bout de son nez, et que si entrave aux forces productives il y a , elles ne sont que relatives : même à seulement 3,2% de croissance mondiale en 2007, après 3,8% en 2005 et 2006 (3), si les mots ont un sens, ca reste bien une croissance.  Alors, ne pourrait-on pas conclure que déçus que leur prophétie ne se soit pas réalisée, certains voudraient désormais combattre le capitalisme dans un sens opposé, lui reprochant maintenant de produire trop de richesses ! C'est le fondement même de la décroissance qui propose de faire tourner la roue de l'histoire en arrière.

Car la décroissance va bien au delà d'un programme économique stupide.

-C'est , on le voit à travers le refus des OGM et de toutes les nouvelles technologies, le rejet de toute solution qui pourrait améliorer les conditions , notamment écologiques, du développement. Ainsi, les décroissants rejettent les pesticides, mais rejttent également les OGM qui permettent de réduire leur utilisation.

-C'est aussi le mépris pour les classes populaires (présentées comme aliénées) qui arpentent les
supermarchés. Il faut noter qu'un produit rentre dans le collimateur des décroissants dès lors qu'il devient l'objet d'une consommation de masse : non au téléphone portable, à la voiture ,à la télévision, au four micro-onde, à la tondeuse à gazon , nous disent les casseurs de pub(4) .
 
-C'est aussi une prétention morale d'une petite couche vertueuse à décrêter quels sont les biens inutiles et quels sont les biens utiles : de quel droit décrete-t-on que le télévision est « inutile » mais pas la radio ? Pourquoi pas la radio aussi ?

C'est un refus de voir que la mondialisation en solidarisant tous les individus de la planète autour d'une immense chaine productive, milite en elle-même pour une solution mondiale au maux sociaux qui affligent l'humanité. La décroissance rejette au contraire cette dépendance au potentiel libérateur, et flatte le retour à des structures précapitalistes « produire local, consommer local ». Donc, selon cette vision, les antillais ne devraient pas avoir le droit de se  soigner avec des médicaments produits en Allemagne, les allemands pas  le droit de consommer des bananes antillaises etc… Naturellement, les décroissants se gardent bien de dire qu'un retour à une économie localisée entraînerait une telle baisse de la productivité qu'une politique malthusienne drastique serait inévitable, à moins de prôner la régulation naturelle ,d'estimer que dame nature pourrait se charger elle-même de gommer les excédents de population (5) . Inutile de dire que le contrôle des mouvements migratoires devrait être lui aussi impitoyable pour ne pas perturber les équilibres locaux fantasmés par les décroissants.

Il y a comme pour tous les évangiles, différentes exégèses de la décroissance. Certains affirment que ce projet ne concernerait que les pays les plus développés (ce qui supposerait déjà un pouvoir totalitaire pour l'imposer) tandis que les pays les plus pauvres pourraient augmenter dans une certaine mesure leur « empreinte écologique ». Ouf ! Cependant, non seulement les décroissants n'ont guère consulté les populations de ces pays là qui n'ont aucune raison d'accepter les injonctions à la « simplicité heureuse » de gavés occidentaux, mais à y regarder de près, les pays les plus pauvres n'auraient pas forcément le droit de satisfaire des besoins qu'on considère essentiels ici :

Ainsi pour Serge Latouche :
« Il y a, dans cette proposition qui part d'un bon sentiment - vouloir « construire des écoles, des
centres de soins, des réseaux d'eau potable et retrouver une autonomie alimentaire » -, un ethnocentrisme ordinaire qui est précisément celui du développement.
» (6).

Il y a des coups de pied au cul qui se perdent ! Quand on lit des propos aussi insupportables, on se dit que certains feraient  bien de réflêchir un peu avant de donner une tribune aux décroissants.
Anton Suwalki
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dumont3.jpg

                                                            René Dumont ou la préhistoire de la décroissance

                                                         ---------------------------------
Notes :

(1) il est vrai que de son côté, Greenpeace qui ne craint pas le ridicule, parle d'EPR comme du
réacteur le plus dangereux du monde (sic !) , il y a la technophobie, ; le mythe des savants fous,
et pire toute la philosophie et le projet réactionnaire de la décroissance qui semble pour le moins
à mille lieu des traditions d'un courant telle que l'EE. A ma connaissance , l'EE réclame une
revalorisation générale de tous les salaires. Les rédacteurs de l'EE se rendent-ils compte qu'on
ne peut à la fois proner la décroissance et l'augmentation des salaires. Admettons une
augmentation de 20%  de tous les salaires, où même une augmentation dégressive en fonction
du niveau actuel des salaires, par prélèvement sur le capital .  Ceci provoquerait à coup sûr une
augmentation considérable de la consommation et boosterait la croissance, d'autant plus forte
que la redistribution vers les bas revenus serait importante
(2). Vu la propension à consommer d'autant plus forte que le revenu est faible. Une redistribution des
hauts revenus vers les bas revenus n'est donc pas à somme nulle, elle entraïne une augmentation
nette de la consommation.
(3)Source : Nations Unies. Bien sûr le PMB ne dit pas tout, et ne donne en lui-même aucun élément
qualitatif de cette croissance.
(4) 10 conseils pour entrer en résistance par la décroissance, un texte qui vaut son
pesant d'or. Notez qu'en son temps , René Dumont (dans l'Utopie et la mort)
pronait exactement la même chose, allant jusqu'à mettre au rencart les déodorants
(5) Si beaucoup de décroissants répugnent à parler de malthusianisme,certains de leurs
pères spirituels tels que René Dumont ou actuellement Edward Goldsmith n'hésitent pas
à s'en réclamer ouvertement.
(6) Serge Latouche. Le Monde diplomatique , Novembre 2004

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 10:06

Yann Kindo, militant de l'extrême-gauche anticapitaliste , a publié récemment plusieurs contributions (1) sur des thèmes variés - OGM, psychanlayse, décroissance, théories du complot-  à contre courant des dérives  anti-science , anti-progressistes et décroissantistes qui prévaut désormais dans une bonne partie de la gauche « radicale », « altermondialiste », ou « anticapitaliste » en mal de repères. C'est bien volontiers qu'Imposteurs publie ce nouveau texte pointant cette fois ci les dérapages du courant syndical Ecole Emancipée. 



                                « Savants fous » et « Génocide mondialisé».
                                Par Yann Kindo


L'Ecole Emancipée est un courant historique du syndicalisme enseignant français, actuellement partie prenante de la FSU. C'est aussi le nom d'une revue publiée par la tendance en question, revue dont le numéro 8 daté de novembre/décembre 2007 comprend un dossier de plusieurs pages consacré à la question de l'environnement. Un dossier typique de certaines dérives langagières (porteuses de sens) sur le terrain de l'écologie. On peut partager l'essentiel des options purement syndicales de l'École Émancipée, qui défend par exemple l'auto-organisation dans les luttes, et
être énervé par son traitement de certaines questions, comme ici celle de l'environnement.
 
Une fois de plus, le choix est fait ici, à propos du Grenelle de l'Environnement, de donner la parole à des figures de proue de certaines luttes spécifiques, ce qui permet de relire des textes déjà publiés ailleurs ! Ainsi, on retrouve un texte de Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », qui estime sobrement que le Grenelle de l'Environnement est « une défaite majeure pour l'écologie ». Diantre ! Pourquoi une telle appréciation qui, si les mots ont un sens et c'est bien le problème soulevé ici- fait du Grenelle, sur le terrain de l'écologie, un équivalent de ce qu'a pu être sur le terrain social le mouvement d'opposition à la réforme des retraites de 2003 ? Parce que, selon Stéphane Lhomme, « M. Sarkozy a obtenu ce qu'il cherchait : « déminer » la question écologique sans que ne soient remis en cause ni les profits de ses amis PDG des multinationales ? les plus grands pollueurs ! ni le nucléaire, qui reste une des pires calamités environnementales ».
Que le nucléaire représente un risque, c'est certain, mais que son utilisation à l'heure où Stéphane Lhomme écrit soit « une des pires calamités environnementales », c'est un peu fort de café et cela témoigne d'un sens des priorités tout particulier. Au lieu de critiquer le Grenelle comme une montagne ayant accouché d'une souris, voire comme un pas très insuffisant dans la bonne direction (ainsi, on peut fortement douter de la réalité de la substitution prochaine des transports en
commun au trafic routier, qui pour le coup est une vraie priorité), on en vient à le qualifier de « défaite majeure pour écologie ».
 
Mais c'est encore peu de choses par rapport au titre du papier (déjà publié ailleurs) de l'inévitable Paul Ariès, principal théoricien français de la Décroissance et animateur du journal du même nom, qui lui titre carrément : « Le Grenelle de l'environnement ou le Munich de l'écologie ». Décidément, la référence à Munich est employée depuis quelques années pour qualifier tout et n'importe quoi ; d'habitude elle sert de couverture aux partisans des expéditions militaires impérialistes pour
stigmatiser ceux qui s'opposent à elles. Mais, que la conférence de Munich, qui symbolisa sur le plan diplomatique la politique du renoncement à affronter Hitler, soit associée ici à la question de l'écologie laisse un peu pantois. Pourtant, cette référence prend tout son sens si on la relie à un autre élément très surprenant de ce dossier « Environnement » de l'École Émancipée. Il faut pour cela jeter un œil sur la page suivante, qui fait face à celle occupée par Paul Ariès, et qui est consacrée à un article de Claude Seureau en défense de Christian Velot, un militant anti-OGM présenté (à tort ou peut-être à raison, je n'en sais rien) comme « Un chercheur sanctionné pour son esprit critique ». Ce n'est pas le contenu de l'article en question qui est ici mis en cause, mais son illustration, une photographie dont la légende indique : « Le 13 octobre à Paris », et qui présente une manifestante anti-OGM portant la pancarte:  

eeogm.jpg

Que la référence précédente à Munich soit malvenue, c'est certain, mais elle avait encore un minimum de sens (Munich symbolisant alors simplement l'idée du renoncement à affronter les problèmes de face). Mais parler de « génocide » à propos des OGM est tout à fait écœurant, pour une double raison :
 - d'abord parce que cela n'a strictement aucun sens : génocide de qui, ou plutôt ? on ose l'espérer  de quoi ? A quelle extermination de masse planifiée fait référence cette manifestante (et la revue qui reproduit fièrement cette ânerie) ? Sans parler des êtres humains, quelle partie du vivant a été à ce jour victime d'un génocide (avec tout ce que cela comprend d'intentionnalité) de la part des producteurs et des cultivateurs d'OGM ? Il est déjà difficile d'établir le moindre dégât quelconque
provoqué par les OGM actuellement en culture, alors une destruction de masse. Qu'est ce qui peut bien se passer dans la tête de ceux qui écrivent et reproduisent cela ? Ont-ils à ce point perdu tout contact avec le réel et tout sens de la mesure, ou bien sont-ils victimes eux aussi du syndrome dit de BHL consistant à associer au nazisme toute personne avec laquelle on est en désaccord profond ?
 - l'usage généralisé du terme « génocide » à tout propos est profondément malsain, et constitue une forme de relativisation des génocides réels dont été par exemple victimes les juifs ou les tziganes
pendant la Deuxième Guerre Mondiale, ou bien encore les Tutsis au Rwanda en 1994. Cet abus de langage ne sert pas la cause qu'il prétend défendre, bien au contraire , ainsi, il est abusif et malsain de parler de « génocide » à propos de l'oppression dont est victime le peuple palestinien de la part de l'État d'Israël (les qualifications d' «apartheid » voire de « purification ethnique », bien plus adéquates, désignent des réalités déjà suffisamment sordides et révoltantes pour qu'il ne soit pas la peine d'en rajouter). Mais, encore une fois, le mot « Génocide » assimilé aux OGM est un usage qui relève d'un autre ordre, d'un pas en avant franchi vers le n'importe quoi dans lequel les mots n'ont plus aucun sens. 
 
Ainsi, on l'impression que, pour certains, parce que l'on pense être du bon côté, on se donne le droit de dire absolument n'importe quoi. Et l'on peut s'inquiéter aussi de la dérive, dont l'École Emancipée est ici un archétype, consistant à donner les clés de la lutte écologiste au courant de la Décroissance, avec tout ce que cela suppose de déplacement du curseur d'une logique environnementale et sociale vers une logique essentiellement technophobe et antiscience. Ainsi, le
Paul Ariès qui bénéficie d'une tribune dans une revue a priori syndicale, est-il un des chefs de fil du journal qui titrait en octobre 2007 :  
 
savant-fou.jpg
 
« La science, voilà l'ennemi », tel semble être le nouveau mot d'ordre de ceux qui sont passés de l'autre côté de la barrière de l'obscurantisme.  Et, par ailleurs, à l'heure où est posée avec force par l'opinion et par le mouvement syndical la question du pouvoir d'achat, pourquoi ouvrir ses colonnes à ceux qui titrent :  
 
noel-copie-2.jpg 
 
Que les bobos Décroissants se rassurent : il y a dans ce pays tout un paquet de gens qui sont au quotidien acculés à la grève de la consommation par la misère de leurs revenus, et qui, de toutes façons, ne pourront pas acheter grand-chose à Noël. 
Les syndicalistes de l'École Émancipée pensent-ils, comme semblent le faire Paul Ariès et ses émules, qu'après tout ce n'est pas grave voire très bien comme ça, parce que, comme le proclame la plus débile des couvertures de leur journal, après tout :  
 
pauvret--.jpg
 
On se doute que les actionnaires et les partisans de la baisse des dépenses de l'État seraient ravis que le mouvement syndical s'aligne complètement sur un tel mot d'ordre. Alors, concluons en étant pour une fois d'accord avec une Une de la Décroissance ( N°20 – mars 2004) :
"On arrête les bêtises ?"  
 


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Notes :
(1) lire notamment de Yann Kindo :
- OGM et anticapitalisme :
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51446
- lutte anti-OGM : anticapitalisme ou technophobie ?
    
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article771
- Psychanalyse : tabous brisés et totems à terre :
                  
http://www.recalcitrance.com/kindo
- La « décroissance » : une intrusion spiritualiste en écologie politique
     
http://www.pseudo-sciences.org/article.php3?id_article=479
- Les théories conspirationnistes autour du 11 septembre
(par Phil Mole- traduction de Yann Kindo)
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article786

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 14:47

                                                      La boite à idées niaises 

le-chat.jpg


L'idée d'ouvrir une boite à idées niaises (et mièvres) m'est venue de l'appel lancé par l'Alliance 
pour la planète au moment du Grenelle de l'environnement :
 
" Le 23 octobre 2007 de 19H55 à 20H, l'Alliance pour la Planète, collectif de plus de 70 ONG
environnementales, nous appelle, en France et en Europe, à éteindre la lumière pour observer 5
minutes de clair-obscur écologique.
L'objectif de cette action n'est pas de faire économiser de l'énergie pour réduire les émissions de
gaz à effet de serre. Il faut plus que 5 minutes d'extinction des lumières pour sauver notre
planète. 5 minutes de répit pour la Planète est avant tout une action de mobilisation citoyenne qui
symbolise l'engagement de tous pour demander des actions concrètes et ambitieuses pour réduire
notre empreinte écologique
."

Typique de tous ces grands moments de communion manipulatrice qu'affectionnent les « éco-
citoyens » . 
D'ailleurs les politiques n'ont pas été en reste  :  l'Hôtel de Ville de Paris et la tour Eiffel ont été plongés
 dans l'obscurité , et la présidence de la République a fait éteindre les lumières du palais de l'Élysée. 
On espère au moins que Bébert et Sarko disposaient d'une bougie. Il y a des escaliers un peu raides 
dans ce genre de masure ! 

L'Alliance pour la planète rappelle qu'elle  avait déjà effectué la même  action de mobilisation citoyenne 
le 1er février 2007. La veille, le texte d'appel à l'action m'avait été posté au moins à 15 exemplaires, 
polluant gravement ma boite aux lettres. Il était intitulé « des citoyens contre le réchauffement climatique ».

L'appel expliquait de manière assez cocasse l'objectif de cette action symoblique :

« il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation
climatique mondiale
. »

                   Hm hmmm. Pas facile de braquer les projecteurs si on éteint les lumières, non ?                      

Alors c'est décidé, j'ouvre  cette boite à idées niaises pour lutter contre le réchauffement climatique.
             Les propositions d'action les plus stupides seront dûment récompensées !

Le vainqueur ou la vainqueure gagne une croisière d'un week-end sur le magnifique Canal de la Nièvre (1) en compagnie de Corinne Lepage ou Brice Lalonde, selon affinités.

Le deuxième prix est un sac de 50 kg de bouillie bordelaise pour traiter votre jardin bio : à consommer
avec modération, c'est un peu toxique.
 
                                                         A vous de jouer. Participation gratuite !

Note :
(1) une croisière à la rame car bien sûr, pas question d'émettre du CO2. Vous êtes éco-citoyens oui, ou non ? 

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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 11:28

                                                               Première partie

Définissons le scientisme comme une position naïve selon laquelle la science pourrait à elle seule résoudre tous les problèmes qui affligent l'humanité, indépendamment du système social économique et politique. Il y a de nos jours  sans doute très peu d'intellectuels et d'hommes de science  pour défendre une telle vision mécaniste du progrès.  Pourtant la dénonciation du scientisme revient à tout bout de champ dans les salons de la critique sociale.

A l'opposé, la défiance généralisée envers la science, non seulement à travers ses applications, mais en tant que démarche intellectuelle et méthode pour avancer dans la compréhension du monde, connaît une vogue qui dépasse très largement les élucubrations de quelques cercles universitaires ou militants.
Et cette mode a des répercussions évidentes sur les mentalités de l'ensemble de la société.

Pour vous en convaincre, lancez un débat sur la science au milieu d'une tablée d'une dizaine de monsieur et madame tout le monde, votre défense de l'approche rationaliste des choses risque fort de vous rendre impopulaire. Vous rencontrerez très fréquemment auprès de gens qui ont pourtant une espérance de vie doublée par rapport à leurs arrières grand-parents :

- la négation pure et simple que les bienfaits apportés par la sciences l'emporte en général sur ses applications perverses. 
 
- la persistance anachronique des croyances dans les phénomènes paranormaux tel que l'astrologie ou autre manifestation du destin.

- le refus de prendre les pseudosciences et pseudo-médecines pour ce qu'elles sont : paradoxalement, la croyance aux pseudo-médecines (1) semble s'être renforcée au cours des dernières décennies pendant une période où les progrès de la médecine ont été vertigineux.

- le refus de considérer les phénomènes sous l'angle objectif des preuves en faveur ou contre ce qu'on affirme.

Non seulement la discussion achoppe très vite, mais il est fréquent de voir railler l'idée qu'existe une vérité objective . « De toute manière, on croit ce qu'on veut ».  On retrouve donc dans le « grand public »  l'idée typiquement relativiste que la vérité n’est pas une affaire de correspondance (au moins approximative) avec la réalité objective, mais qu'elle est une simple affaire de consensus social, « intersubjectif ».

Il y a donc d'un côté la version élaborée , théorisée de l'antiscience et de la défiance envers le rationalisme scientifique : C'est celle qui prévaut dans des milieux intellectuels ou parmi les tenants de l'écologie fondamentaliste teintée de mysticisme qu'on pourrait à tort croire marginaux (2). On pourrait se contenter de hausser les épaules s'il s'agissait d'un univers social et culturel totalement imperméable. Or c'est loin d'être le cas, et le type de conversation que j'ai dépeint ci-dessus reflète qu'il existe bien une version « populaire » de l'idéologie anti-scientifique. Les postillons post-modernistes n'éclaboussent pas que les premiers rangs de certains amphithéâtres américian de sociologie. Et concernant la critique de la société hautement technologique considérée comme déshumanisante , les thèses qui reprochent au smicard détenteur d'un téléphone portable son aliénation à la "technologie mortifère" et à "la société de consommation" sont certes édulcorées avant de pénétrer dans l'oreille du smicard,mais ce discours culpabilisateur arrive tout de même jusqu'à lui: c'est une raison de plus pour ouvrir les yeux de celui-ci sur la nature réelle de ces idéologies, leur caractère profondément dangereux et réactionnaires.

Cette idéologie cherche des débouchés politiques, mais déteint également sur les idées de monsieur Lambda.Il est indispensable de les critiquer sans la moindre indulgence.

Rejet des applications civiles et progressistes de la science au nom des applications perverses
 

Dans sa préface au livre de Sokal (3), Jean Bricmont , après avoir évoqué le problème de la collaboration des scientifiques avec les militaires et les marchands d'armes, note subtilement :
"Cela nous amène à un [autre] paradoxe qui concerne la critique des Sciences : un des aspects positifs du mouvement de Mai 68 était justement la mise en cause des scientifiques et leur responsabilité morale dans l'accumulation d'armements ainsi que dans la guerre du Vietnam. Mais ce type de critique est aujourd'hui presque inaudible, puisque les critiques contemporaines se concentrent presque toutes sur les aspects civils de la recherche (nucléaire, OGM etc..), aspects qu'il faut sans doute examiner avec soin, mais dont les conséquences, même en admettant les pires scénarios catastrophes, sont négligeables par rapport aux effets réels de la domination militaire. »

Eh oui ! Avec la fin de la guerre froide, les peurs se sont déplacées, et le budget englouti dans les joujoux nucléaires des militaires ne provoquent plus que de l'indifférence  tandis que la construction d'EPR ou d'un celle d'un réacteur expérimental de fusion ITER peuvent déplacer des milliers de manifestants.

Certains trouvent toutefois nécessaire de garder sous le coude l'alibi anti-armement. Ainsi peut-on entendre dans la bouche des écologistes que lorsqu'il y a une centrale nucléaire, la bombe n'est jamais loin.
Notons que c'est aussi l'argument des conseillers en propagande de Georges Bush à propos de l'Iran ou de l'Irak.

 A y regarder de plus près, disposer de centrales nucléaires énergétiques n'a jamais été la condition nécessaire pour disposer de la bombe atomique, et il est assez risible de pointer les risques de dévoiement militaire d' ITER 50 ans après l'explosion de la première Bombe H , tandis que la « fusion civile » n'est toujours pas maîtrisée.

Quelque soit le domaine scientifique, les adversaires de celle-ci considèrent qu'il faut refuser y compris ces applications civiles, pacifiques, même lorsqu'elles représentent une source de progrès évidente, au nom de toutes les applications perverses que toute découverte peut potentiellement représenter. Ainsi faudrait-il renoncer au nom d'Hiroshima, à l'énergie nucléaire mais peut-être même aux applications médicales de la radio-activité, à la recherche en matière de thérapie génique au nom des docteurs Mengele etc.
Dans le même esprit, unmouvement anti-nanotechnologies(4),entièrement calqué sur celui anti-OGM, se
développe pour condamner en bloc celles-ci qui n'ont pourtant rien d'autre en commun que le manipulation et le façonnage de lamatière à l'échelle du nanomètre (ou du millionième de mm).

Un scientisme inversé :


En fait, ses positions sont paradoxalement celle d'un scientisme inversé qui occulte les responsabilités politiques ou les intêrets économiques qui conduisent aux applications perverses de la science et ne voient que dans celle-ci la source de tous les maux.
A ce titre, un décroissant fanatique comme Guy Kastler peut-il sans ciller affirmer"Les controverses scientifiques remplacent les débats théologiques (sic!),ainsiEinstein a permis le

remplacement du char d'assaut des mécaniciens par la bombe atomique des physiciens.
»(5).

Eh oui, Einstein est responsable d'Hiroshima !
Et accessoirement, l'inventeur du coupe-coupe responsable du génocide rwandais ? Dans la foulée, Rosalynd Francklin , James Watson etc....ne sont-ils pas en définitive les vrais responsables de la l'amendement Mariani?

Ce scientisme à l'envers est dangereux : d'abord parce que dans sa version extrême où il nie que la science puisse contribuer à apporter des solutions techniques et matérielles positives aux problèmes que rencontre l'humanité.  
Ensuite parce que si l'activisme antiscience peut malheureusement bloquer ou retarder la mise en oeuvre de progrès réels amenés par la science (on le voit dans le domaine des OGM) , il est très mal armé pour empêcher les recherches qui se mènent dans le secret des laboratoires militaires pour des applications condamnables du génie scientifique. D'ailleurs, dans les faits, il ne se bat pas contre celles-ci.


Du rejet des applications de la science au rejet de l'esprit scientifique


Mais il y a  encore pire : On peut désormais faire circuler en France des pétitions demandant un moratoire sur la recherche scientifique (6), et décrier la science, au-delà de ses applications technologiques, en elle-même, comme démarche intellectuelle et méthode visant à la connaissance.
« L'autre aspect sur lequel se centre la critique est la valeur épistémologique de la science, plan sur lequel celle-ci est imbattable du moins par rapport à toutes les alternatives existantes (pseudosciences et religions). »(Bricmont)


Cette pensée qu'on dit post-moderne n'est pas un progrès, un dépassement progressistes des « idées des lumières » mais un recul par rapport aux lumières. Si de telles idées avaient vocation à devenir les idées dominantes dans le siècle qui démarre, on peut prévoir une plongée généralisée dans les ténèbres ! Comment face aux nationalismes, au racisme et à l'ethnicisme, aux fanatismes religieux qui nous gangrènent, peut on oser attaquer ainsi « l'approche rationnelle du monde ,  seul  véritable rempart contre nos diverses folies » ?

Rejet de l’universalité de la science, promotion des pseudosciences et de l’ethnicisme

Dans Pseudosciences et postmodernisme, Sokal nous fournit des exemples convaincants des ponts qui existent entre la philosophie postmoderne et la promotion des pseudosciences. Nier la valeur de la science contribue bien entendu à réévaluer la pseudoscience et les charlatanismes avérées. Surtout lorsque le relativisme culturel fournit des arguments ethno-culturels : ainsi  la science tout court est-elle fréquemment décrite simplement comme une tradition culturelle occidentale ne pouvant qu'être oppressive pour les autres cultures qui disposeraient d'autres manières de « produire de la vérité » . Vendana Shiva, engagée aux cotés de José Bové contre les OGM (le monde de l'obscurantisme est réellement un village planétaire !), défend que « la science moderne n'est ni plus ni moins que la science occidentale, c'est-à-dire (sic!)  une catégorie particulière d'ethno-science (6). »

Comme si un scientifique indien ou égyptien raisonnaient de manière différente d'un savant allemand , japonais ou états-uniens ! C'est précisément cette méthode commune qui font d'eux ce qu'on appelle des scientifiques. En fait, il n'existe pas une théorie scientifique de l'atome indienne ou américaine, pas plus qu'il existe une théorie de la génétique « bourgeoise » ou « prolétarienne » . Il existe des théories scientifiques et d'autres qui ne le sont pas, un point c'est tout. Affirmer le contraire c'est prendre la défense des pseudosciences, et c'est ce que fait Vendana Shiva.
Les relations intimes que la science entretient avec la vérité et l'objectivité sont qualifiées d'oppression violente contre les cultures et les « savoirs traditionnels » , une manière polie de désigner  les faux savoirs et les croyances erronées.  Cette posture est d'ailleurs théorisée par les nationalistes hindous qui affirment  la supériorité de la « science védique » sur la physique quantique notamment.  

Non seulement la relativisation de la valeur de la science représente un sérieux coup de main idéologique à toutes les pseudosciences et aux marchands d illusion, mais cette attitude face à l'universalisme,à l' intelligibilité scientifique du monde et au savoir rejoint les positions des dominants qui ont dans toute l histoire toujours profité de l ignorance et toujours considéré l' éducation et le savoir avec une méfiance compréhensible.
L' idée que la connaissance opprime tandis que l' ignorance -pardon les « savoirs traditionnels » - affranchit est une absurdité réactionnaire. 

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Comme nous l'avons vu , l'antiscience se décline de manière cohérente en plusieurs thèmes :
1.    Rejet des applications technologiques de la science, y compris celle utiles socialement, rejet de la validité de la notion de progrès
2. Rejet de la supériorité de la science comme démarche intellectuelle et de son objectivité, rejet de la compréhension matérialiste du monde. Disqualification
du concept de vérité.
3.Réhabilitation (au moins partielle) des pseudosciences  sous couvert de « savoirs traditionnels »
-   4.Rejet de l'universalisme et apologie des « vérités locales, ethniques», affirmation que la science moderne n'a aucune légitimité en dehors de son "berceau occidental".

Et pour les plus rétrogrades des anti-sciences :

5. Affirmation que le droit à l'éducation, à l'accès à un savoir universel et au développement économique et social dans les pays retardataires du globe est une vision ethnocentrique d'européen !
 -    6. Nostalgie d'un monde plus heureux (imaginaire) où     les   gens   n' étaient   pas   trop   éduqués   et   vivaient   dans   la   félicité   leur   condition   de   pauvreté   infra - humaine 
7. Projet (espérons-le, irréalisable) d'un retour au moins partiel vers cette condition .
C'est au sens exact du terme un projet réactionnaire. 

 
La fraction radicale de ce courant intellectuel, le Mouvement pour la décroissance, adhère à ces dernières postitons (5 , 6 et 7). Ivan Illitch ,Un de ses pères spirituels , dont les textes sont souvent cités ,  ne considérait-il pas que l'école fait partie de «ces outils qui sont toujours destructeurs, quelles que soient les mains qui les détiennent», car elle «accroît l'uniformisation, la dépendance, l'exploitation et l'impuissance». (…) «Or, les hommes n'ont pas besoin de davantage d'enseignement. Ils ont besoin d'apprendre certaines choses.» En l'occurrence, «les hommes doivent apprendre à contrôler leur reproduction, leur consommation et leur usage des choses. Il est impossible d'éduquer les gens à la pauvreté volontaire
Une vision du monde devant laquelle les doctrines philosophiques et sociales les plus rétrogrades de l'histoire de l'église paraissent modérées !


(à suivre)

 
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 Notes :                   
  
 ( 1 )     s i   o n   m e t   d e   c ô t é   l a   p s y c h a n a l y s e ,   p s e u d o s c i e n c e   p a r   e x c e l l e n c e   d e   l a   s o u f f r a n c e   e t   d e s   p a t h o l o g i e s   m e n t a l e s   ,   q u i   a   e u   s o n   h e u r e   d e   g l o i r e   b i e n   a v a n t   n o t r e   é p o q u e .      
 ( 2 )   d o n t   l e   c o u r a n t   e x t r ê m e   e s t   c e l u i   d e   l a   d é c r o i s s a n c e   q u i   f a i t   t o u t   d e   m ê m e   p a s   m a l   d 'a d e p t e s . Par exemple, le journal du même nom tire 42 500 exemplaires , soit presque autant que la diffusion payante de l'Humanité !
 ( 3 )   P s e u d o s c i e n c e s   e t   p o s t - m o d e r n i s m e s
 ( 4 )    lire notamment http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3316.
 Les opposants les qualifient de "nécrotechnologies"              
 ( 5 )   Guy Kastler, Sciences : les choix qui orientent notre avenir  dans Nature et Progrès
 (6) Voir le site des "décroissants de Bourges"
 
                                                                            
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