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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:59

Qui n’a jamais entendu dire qu’il fallait sauver la forêt tropicale parce qu’elle serait « le poumon de la planète » ?

L’Amazonie, à elle seule , est parfois désignée comme le poumon de la planète. Cette formule aussi médiatique que fausse est martelée par des organisations vertes telles que la WWF ou Greenpeace (1). Elle n’a strictement aucun fondement scientifique.


« L'Amazonie est vitale pour la survie de la planète. C'est le poumon vert : elle fournit une partie de l'oxygène que nous respirons. » (2)


Il n’en est rien. Certes, la forêt, en général (et pas seulement la forêt tropicale)  est un puits de carbone important, mais beaucoup moins important que le phytoplancton des  océans (3). Mais il est faux de prétendre qu’elle nous fournit « une partie de l’oxygène que nous respirons . »


D’où vient cette méprise (si ça n’est pas un slogan de plus destiné à apeurer et tromper le public) ?

Les végétaux chlorophylliens fabriquent la matière organique nécessaire à leur croissance à partir de matière minérale (CO2, H2O, NO3-..) qu’ils transforment à l’aide de la photosynthèse, c.-à-d. convertissant l’énergie lumineuse en énergie biochimique..

La photosynthèse évoque une respiration des végétaux inversée par rapport à la notre, puisque ceux-ci absorbent du dioxyde de carbone (CO2)  et rejettent du dioxygène (O2), l’élément  précisément indispensable à nos cellules que nous absorbons lorsque nous-mêmes respirons.

On voit bien le raccourci séduisant qui a abouti à cette formule propagandiste « la forêt poumon de la terre » : nous rejetons du gaz carbonique (CO2) en respirant qui est recyclé par les plantes qui l’absorbent et le recyclent en dioxygène.

Pour autant, à moins que la couverture forestière ne s’étende (en superficie) , nous ne devons strictement rien à la forêt de l’oxygène que nous respirons :

En effet, si les végétaux absorbent du CO2 et restituent de l’oxygène en se développant , il dégagent ce même CO2 en mourant et en se décomposant, consommant la même quantité d’oxygène qu’ils ont émis lors de leur phase de développement (4).


Dans une forêt stable, où les arbres qui poussent remplacent les arbres qui meurent, le bilan CO2/O2 est tout simplement nul. Pas plus que le Bois de Vincennes, la forêt amazonienne ne nous apporte d’oxygène.


Nous n’avons rien à craindre d’un manque d’oxygène qui représente 21 % de l’air, contre 0,035 % pour le  CO2, quand bien même une part importante de la forêt, qu’elle soit tropicale ou tempérée, venait à disparaître.

Certes, il est important que les forêts tropicales, notamment en tant que réservoirs de biodiversité (5), fassent l’objet d’une exploitation raisonnée et non pas anarchique. N’en déplaise aux tenants occidentaux de l’écologie politique, les populations des pays sous-développés ou peu développés ont le même droit d’exploiter leurs ressources naturelles , forestières, minières, ou autres, que celles du Nord qui ne s’en sont pas privées. Elles ont certainement intérêt à tirer partie de l’expérience des pays déjà développés pour éviter de reproduire inutilement des erreurs et des abus clairement identifiés. Elles ont certainement intérêt à s’opposer aussi aux marchands à la recherche d’une fortune éclair qui tronçonnent à tout-va sans se préoccuper de la pérennité des ressources.

Les discours moralisateurs et/ou pseudo-scientifiques comme l’injonction à préserver le soi-disant « poumon de la terre », ne leur sont d’aucun intérêt, bien au contraire.

Anton Suwalki
 


Notes :

(1) par exemple:
http://www.greenpeace.org/raw/content/belgium/fr/press/reports/forests-for-climate-factsheet.pdf

http://www.greenpeace.org/belgium/fr/press/reports/forests-for-climate-factsheet

(2) http://www.wwf.be/fr/juniors/doc/dossiers/dossier_amazonie.htm

(3) http://www.insu.cnrs.fr/a2194,puits-co2-ocean-austral-sature-par-changement-climatique.html

(4) http://acces.inrp.fr/acces/terre/CCCIC/ressources/bio_synth12

(5) nous reviendrons ultérieurement sur la problématique de la biodiversité, elle aussi maltraitée par les marchands de peur.

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 12:28
 

Article mis à jour le 17/07/2009

Nous avons à plusieurs reprises évoqué sur Imposteurs l’empreinte écologique dont pas un jour ne passe sans qu’on vous rabâche « si tout le monde consommait comme un français, il faudrait 3 terres, comme un américain il faudrait 5 terres etc..».

 

Jusqu’à présent , je n’avais considéré cela que comme sous l’angle du simplisme outrancier et de la mentalité du comptable obtus:

 

-Tout simplement parce que ça n’est pas demain que tout le monde pourra consommer comme un américain ou un français, et ce pour des raisons qui ne doivent pas grand chose aux  limites des ressources naturelles, mais à l’inégalité du développement économique qui ne se comble pas par un tour de baguette magique.

 

-D’autre part, parce que les partisans de cette approche ne prennent pas en compte les gains de productivité, le fait que la quantité de ressources naturelles par unité de produit consommée diminue dans le temps, grâce au progrès technologique. C’est une vision purement statique, donc biaisée.

 

-Plus bornée encore, cette vision qui consiste à estimer l’empreinte écologique d’un parisien, calculée par la WWF, une des principales organisations vertes ayant contribué à imposer la réduction de l’empreinte écologique :

«  L'empreinte écologique totale de Paris s'élève ainsi à  2838 000 hectares globaux (hag), soit 313 fois plus que sa biocapacité , relativement modeste (41 000 hag, soit 0.02 hag par personne)! » (1)

Difficile de tenir des raisonnements plus absurdes. A ce compte, pourquoi pas calculer l’empreinte au niveau des habitants d’une cage d’escalier…

  

Je n’avais pas pris le temps d’examiner comment cette empreinte écologique est calculée par la WWF, qui a tant fait pour imposer ce concept au niveau international, et dont c’est un des thèmes essentiels du militantisme.

 

L’empreinte écologique est donc définie par le nombre d’hectares nécessaires à une population pour satisfaire l’ensemble de sa consommation.

 

Or quelques indications du mode de calcul de la WWF et le détail par grands postes de consommation est fournie dans un petit ouvrage intitulé Les nouveaux indicateurs de richesse  (2) .

  

En 1961, l’empreinte écologique globale de la France aurait été selon elle de 208,8 millions d’hectares. En 1999, de 309,8 millions, soit 48% en plus. Le poste qui a attiré mon attention est le poste Énergie, qui aurait le plus augmenté et représenterait plus de la moitié de l’empreinte écologique en 1999. Il serait donc passé de 79,2 millions d’hectares à 178,8 millions, soit + 126%. Et, c’est là que réside la forfaiture, on s’aperçoit que la WWF calcule une empreinte du nucléaire qui serait passé de 0 (pas de centrales nucléaires en 1961, la première sera mise en service en 1963), à… 54.8 millions d’hectares en 1999 (la France produit 80% de son électricité par le nucléaire).

 

Extrêmement intrigué, je vais à la note méthodologique : Pour les combustibles fossiles (utilisées donc dans les centrales thermiques), l’empreinte est estimée par la superficie forestière nécessaire à la réabsorption du CO2 émis pour produire l’énergie (…). L’énergie nucléaire  est incluse dans l’empreinte énergie et comptabilisée comme équivalente à la combustion fossile.

 

« Convention très discutable », commentent laconiquement les auteurs du livre(3). Ils appellent ça « une convention » ! Très discutable en effet. Une centrale nucléaire ne lâche dans l’atmosphère qu’un peu de vapeur d’eau (4). Le seul CO2 imputable indirectement est lié à l’extraction du minerai et la construction de la centrale. Selon une estimation d’EDF et l’ADEME , un kWh nucléaire produit 6g de CO2, un kWh produit en centrale thermique de 883 g (Gaz) à 978 g de CO2 (Charbon).

 

La WWF surestime donc d’un facteur 150 l’empreinte écologique du nucléaire. Pour la Deep Ecology , il fallait forcément masquer un aspect positif du nucléaire. Et faisant d’une pierre deux coups, ce petit tour de passe-passe permet de multiplier par 2 la supposée croissance de l’empreinte écologique.

 

Rappelons que ce sont les chiffres de la WWF qui sont généralement pris comme référence. Un examen en détail fait par des spécialistes des autres postes de consommation permettrait de voir s’il n’y a pas d’autres falsifications. Mais on ne voit pas pour quelle raison le reste de la copie  serait honnête. Cette « erreur » suffit de toute façon à discréditer totalement le discours sur l’empreinte écologique et leurs auteurs.

 

J’ai parlé de « comptables obtus », tous les comptables ne le sont pas, je présente d’avance mes excuses aux représentants de la profession que j’aurais involontairement blessés. Les comptables de la WWF ne sont pas seulement OBTUS , ce sont aussi des fraudeurs. Les vrais comptables, eux, risquent assez gros lorsqu’ils se laissent aller à de telles pratiques.

 


 

 

 

Notes :

  (1)     http://www.wwf.fr/s_informer/calculer_votre_empreinte_ecologique

(2)  Jean Gadrey, Florence Jany-Catrice , Repères, Éditions La découverte

 (3) Il faut dire que Jean Gadrey , membre du conseil scientifique d’Attac, plaide « pour une société du plein-emploi sans croissance », ce qui explique peut-être que sa critique soit si soft . Voir cette interview dans le monde :

http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/12/pour-une-societe-du-plein-emploi-sans-croissance-par-jean-gadrey_1206204_3232.html

On se pince quand on lit de la part d’un professeur émérite d’université une bourde aussi énorme que celle-ci : « Il faudra créer massivement des emplois sans croissance ni gains de productivité. Pour deux raisons. La première est que les gains de productivité permettent certes de produire plus de biens avec la même quantité de travail, mais pas avec la même quantité de ressources naturelles, d'énergie et de pollutions diverses. »

 Très original : « Une tonne de céréales bio n'est pas la même chose qu'une tonne de céréales "polluantes", et il en va de même pour les kWh, les services commerciaux et tout le reste. On paye plus cher, mais pour avoir mieux, sur la base de plus de travail et de moins de dégradations environnementales. »

Un des slogans électoraux de Sarkozy était travailler plus pour gagner plus. Jean Gadrey, qui participe à la commission créée par Sarkozy propose en somme de travailler plus pour produire moins. On n’arrête pas le progrès…

http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/en/membres.htm


(4) En réalité pas mal de vapeur d’eau, et celle-ci aussi a un effet de serre, mais c’est une goutte d’eau dans le ciel par rapport à l’évaporation naturelle des océans et des lacs. 
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 14:08

« Home », le film de propagande de Yann-Arthus Bertrand, a-t-il pesé dans la balance électorale des Européennes ? Lui-même semble le penser et a l’outrecuidance de s’en féliciter, ainsi des efforts personnels de Sarkozy pour donner à sa propagande une dimension planétaire ! C’est bien connu, les cons osent tout et c’est à ça qu’on les reconnaît ! En gros : je triche, je manipule, et alors c’est pour une bonne cause, où est le problème ?

Ne nous étonnons pas que ces gens soient sûrs de leurs bons droits, quand aucun politicien n’a le courage d’apporter le moindre début de contradiction à ces « grandes consciences » qui pontifient en permanence. Il y a 20 ans, chaque politicien se devait de jurer sur l’honneur qu’il était un super démocrate. Aujourd’hui, on montre patte verte, et le désolant Juppé de faire acte de contrition, et de proclamer qu’il ne mangera plus de cerises en hiver ! Ce Juin n’était-il pas le « D-Day » de l’écologie ainsi que l’a proclamé un médiocre personnage récemment épinglé ici même ? On devrait se poser la question de savoir qui a fourni à nos drôles de libérateurs les barges du débarquement. Les bombardements ne sont pas près de diminuer en intensité. Après Home, le D-Day, on nous remet du Hulot à France 2, et un people qui bien sûr « boit ses paroles" . Quelques jours après, c’est encore du Yann-Arthus Bertrand. Et aucun contradicteur.

Dimanche dernier, en matinée, c’était au tour de France 5 de prendre le relais de cette propagande en boucle avec une « Echappées belles » en Indonésie. Ca vaut très largement du YAB. Le type qui a commis ça s’appelle Vincent Leduc

D’indonésiens vous n’en verrez guère dans ce reportage. Le journaliste, véritable Tintin au Congo, se désespère du paradis tropical perdu, celui qui était peuplé de bons sauvages animistes qui vivaient en harmonie avec Mère nature. On a droit à de très belles images de ces volcans, véritables mastodontes qui écrasent symboliquement de leur taille et de leur puissance les misérables petites créatures humaines qui ont oublié d’être humbles et s’exposent à la juste colère de ces dieux.

Le petit bourgeois parisien qui a payé (lui ou sa chaîne) des milliers d’euros enrage de retrouver l’ambiance du périphérique dans les grandes villes du Sud. « C’est le village mondial » commente-t-il aigrement. Ces salauds d’indonésiens lui ont volé son rêve de pureté originelle, eux qui ne reconnaissent plus les « vraies valeurs » et semblent aimer les bagnoles, comme les vulgaires populos des pays riches. Si ça continue, ils voudront eux aussi le tout-à-l’égout, où va-t-on je vous le demande !!!

Il part à la recherche de la « vraie humanité », celle des communautés villageoises traditionnelles, de la société vernaculaire qui n’a pas été « pervertie », et peine à en trouver quelques vestiges. Les 150 millions d’indonésiens réellement existants n’existent pas pour ce monsieur, à part comme repoussoirs. Tout au long de son parcours, la magique forêt équatoriale perd du terrain au profit des palmeraies vouées à produire du biocarburant qui rempliront peut-être un jour le réservoir de son véhicule parisien. N’attendez pas de l’ingrat qu’il se rende compte de ses propres contradictions…N’attendez-pas non plus une ébauche de réflexion écologique scientifique sur le sujet, qui est certes sérieux. Seule émerge de ce discours la complainte du petit blanc nanti qui n’en a pas eu pour son argent en matière de dépaysement.

Il arrive enfin à trouver un village plus ou moins préservé : il ne reste plus que deux grandes demeures traditionnelles. Tout-à-fait révélateur d’une mentalité, on nous invite à nous émerveiller d’un dispositif antisismique de ces demeures construites sur pilotis, dont nous n’avons toutefois aucune indication de l’efficacité réelle. Reconnaître que l’ingéniosité humaine n’a pas d’âge ni de frontière ne pose a priori aucun problème à aucun matérialiste scientifique, mais la trivialité du message ne lui aura pas échappé : voyez comme nous avons tout à « réapprendre ». Ces gens là savaient déjà tout ce qu’il fallait savoir pour apprivoiser la nature, contrairement à tous ces minables ingénieurs et leur maudite technologie moderne !

Le comble est atteint lorsque le triste Vincent Leduc intercale dans ce reportage quelques portraits humains, ces individus (certes très sympathiques) qui évoquent encore ce monde « merveilleux » dont il se languit. Un véritable forçat fait des kilomètres pour venir ramasser des galettes de souffre dans le cratère d’un volcan, respirant des vapeurs qui réduisent sans doute considérablement son espérance de vie. Si le même individu était exposé à un risque cent fois moindre par des pesticides utilisés dans les palmeraies dénoncées dans ce reportage, le reporter trouverait ça scandaleux. Le pauvre homme ramène sur ses épaules, dans un voyage périlleux sur des chemins escarpés, environ 75 kilos de souffre. A vue de nez, compte tenu de son gabarit, au moins  de son propre poids. Incontestablement un exploit sur le plan physique. Mais aussi quelle souffrance pour au final, ne gagner que  de 2,50 euros à chaque voyage. Loin de s’émouvoir du dénuement extrême de cet homme , obligé de tuer au travail en gagnant par jour ce que le journaliste gagne en quelques minutes, celui-ci exalte au contraire cette condition inhumaine! C’est un peu comme si on réécrivait Germinal en magnifiant ce monde merveilleux d’enfants poussant des chariots dans les galeries des mines, un idéal pour l‘humanité. Véritable philistin, Vincent Leduc justifie très ingénument son plaidoyer : le forçat ne se plaint pas...

Là, on se dit que la coupe est pleine, mais c’est oublier que ne connaissant pas de limites, certains se débrouillent toujours pour faire déborder le vase. Oui la vie de cet homme est merveilleuse. La preuve ? Il a deux femmes et il les contente tous les soirs (« c’est lui qui me l’a confié » affirme la voix off du journaliste).Ce journaliste est décidément un sombre crétin réactionnaire, il n‘y a pas d‘autres mots ! La complainte écologiste charrie avec elle les pires clichés qu’on espérait disparus à jamais.

On peut donc faire encore pire que Yann Arthus Bertrand. Ca paraît incroyable mais ce journaliste l’a réussi.

Anton Suwalki

 

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 11:38

Le ciel vu de la Terre -Yann Arthus Bertrand (collection personnelle)


 

Le 4 Juin, Libération osait publier ce réquisitoire féroce contre la « propagande aux dimensions inouies » du célèbre hélicologiste .



« Home » ou l’opportunisme vu du ciel

 

 

par Iegor Gran

 


 

Demain va déferler sur les écrans un film de propagande aux dimensions inouïes. Véritable char d’assaut écolo, Home sera projeté simultanément dans 130 pays, sur les écrans géants du Champ-de-Mars et de Central Park, sur YouTube, France 2, Al-Jezira, etc. Gratuitement bien sûr, comme tout bon lavage de cerveau. Avant même sa sortie, le film se paie le luxe d’être adoubé par les puissants, à commencer par ces nouveaux phares intellectuels que sont devenus Al Gore et le prince Charles. Notre bon Président s’y collera aussi, à pousser le dithyrambe obligatoire, sans trop se forcer d’ailleurs, puisqu’on apprend déjà, officieusement, que ce serait son «film préféré».

Demain, il sera impossible d’échapper aux images forcément «sublimes», pas plus que l’on ne pourra ignorer le message du film, aussi lourdingue que les poches de Pinault, sponsor du projet : l’homme serait une blatte nocive pour la planète. Perché sur l’hélico, observant son monde avec bonté et paternalisme, Yann-Dieu assène prophéties glaçantes et déclarations dégoulinantes de sensiblerie. «Tout ce que tu vois n’est pas seulement un paysage, c’est le visage aimé de notre Terre.» Le tutoiement de la voix off cloue le bec et impose sa liturgie. On communie ad nauseam devant la beauté bio, écolo-guimauve d’un atoll en forme de cœur. La transe est accentuée par la musique, onirique à souhait, toute en trémolos vocaux et arrangements planants.

Yann-Dieu égrène sa vision binaire : homme - mauvais, Terre - jolie. Homme - parasite, Terre - richesse. Terre - notre maman adorée, homme - blatte. Pire que blatte - une blatte Sapiens sapiens. Vu d’en haut, c’est imparable : la blatte se démène dans les villes surchargées, aux fumées nauséabondes, accumulant les déchets, suçant l’eau, cultivant intensivement le sol. 200 000 ans que la blatte détruit ce que dame Nature a patiemment tissé en 4 milliards d’années. Cela ne peut plus continuer. Encore veut-on bien tolérer la blatte africaine ou inuite quand on la voit ramper dans le désert mauritanien ou polaire, traînant péniblement son barda. Brave petite blatte, économe de ses besoins, si belle dans son dénuement ! Touchantes images du making of où l’on voit Yann-Dieu, littéralement descendu du ciel, telle la bouteille de Coca-Cola dans Les Dieux sont tombés sur la tête, prendre un bain de foule parmi les indigènes. Blattes des pays pauvres, votre mode de vie est tellement tendance ! Il en va autrement de la blatte occidentale. Franchement, on a envie de l’écraser, cette blatte-là ! Lui faire bouffer les stations de pompage, les plates-formes off-shore, les usines qui puent, les aérodromes !

Quand il entend le mot culture, Yann sort son hélicoptère. Produit par Luc Besson, grand pourvoyeur de finesse devant l’Eternel, il nous assène quelques vérités grosses comme Las Vegas. Imagine-t-on combien il a fallu gaspiller de ressources fossiles pour construire cette ville inutile ? Terrifiantes images de mégalopoles : la bande-son devient angoissante, tendue. Los Angeles - quelle horreur ! New York, Dubaï - monstrueux ! Ne dirait-on pas des monolithes extraterrestres, de vilaines colonies venues de l’espace ? Et l’île de Pâques ? Ses habitants auraient mieux fait de s’occuper de leur forêt en péril plutôt que de perdre du temps avec de stupides statues. Regardez comme leur caillou est invivable maintenant !

Tous les Homère, Newton, Brunelleschi du monde ne sont rien à côté de la beauté sauvage d’une chute d’eau. La civilisation peut aller se rhabiller devant un éléphant gabonais galopant dans la brousse. «Les jeunes sont en quête de sens», dit le réalisateur, émerveillé par tant de cerveaux vierges à conquérir. «Il faut donner du sens à nos affaires», précise sans ciller François-Henri Pinault. Quel meilleur choix que de surfer sur l’hystérie collective du réchauffement climatique ? Judicieux marketing ! L’investissement dans la bonne conscience est rentable. Regardez les retombées presse ! La motivation des 88 000 salariés de Pinault grimpe en flèche. Les marques du groupe (Gucci, Sergio Rossi, Conforama, etc. - longuement énumérées au générique) récoltent leur onction écolo. La gabegie consumériste des hommes, ô combien vomie dans le film, se refait une santé dans un sympathique tour de passe-passe. Chez Sergio Rossi, on trouvera un «escarpin écologique» à 370 euros. Chez Gucci, un tee-shirt en coton bio, estampillé Home, 140 euros. Comme tout est simple, finalement. Après-demain, le char d’assaut sera dans les écoles. On va l’y envoyer «accompagné d’une fiche pédagogique». La rééducation forcée a commencé. Nature contre culture… L’opportunisme contre le génie humain. Je frémis et je me sens un peu seul.

Iegor Gran

http://www.liberation.fr/tribune/0101571237-home-ou-l-opportunisme-vu-du-ciel

 

 

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 16:43

Les idées malthusiennes les plus ultra sont d’autant plus à la mode que la propagande écologiste a envahi les ondes .   

« Le député des Verts Yves Cochet a profité, samedi, d’un colloque de la revue de la décroissance Entropia, à Paris, pour apporter une solution surprenante à l’actuelle crise économique et écologique.

Selon lui, un enfant européen ayant «un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York», il faudrait faire voter une directive baptisée «grève du troisième ventre» qui inverserait l’échelle des prestations familiales.

En d’autres termes, dissuader financièrement les familles qui envisageraient de concevoir un trop-plein d’enfants. «Aujourd’hui, plus on a d’enfants, plus on touche. Je propose qu’une famille continue de percevoir des aides pour les deux premiers enfants, mais que ces aides diminuent sensiblement à partir du troisième», a déclaré le député devant les 150 participants des milieux écologistes et altermondialistes. »

http://www.liberation.fr/societe/0101560404-yves-cochet-pour-la-greve-du-troisieme-ventre

 

Drôle d’humaniste, cet homme qui dénonce par ailleurs, un système « aseptisé et mécaniste où la machine et le microscope sont les réponses aux maux contemporains » , et qui évalue les enfants en Équivalents Trajets Paris New-York! Mais s’il désigne les enfants des pays riches, les mesures-sanctions qu’il préconise visent les enfants des familles pauvres : couper les aides sociales, dont la part dans le revenu est inversement proportionnelle à celui-ci.  Malthus en son temps le disait sans aucun détour : « Plutôt que d'inciter les pauvres à la propreté, nous devrions encourager des habitudes contraires. Dans nos villes, nous devrions rendre les rues plus étroites, entasser plus de gens dans les maisons, et favoriser le retour de la peste. »  

 

D’autres , au mépris total des études démographiques et des projections de population (*), sont plus explicites que Cochet : pour eux, l’homme est de trop sur terre, et surtout l’homme pauvre . La nature étant une fin en soi pour les antihumanistes, sauver la terre, c’est réduire les capacités reproductives de cette « espèce invasive » qu’est l’homme .  C’est en dernière analyse ce qu’ils entendent par la réduction de l’empreinte écologique, derrière les apparences du bon sens. 

 

Michel Tarrier auteur de Faire des enfants tue :

 

« L’autre jour, dans un supermarché, un vieil homme bougon invectivait une jeune femme effrayée par ses propos : « Vous n’avez pas honte, Madame ? Avec des gens comme vous, nous serions déjà 25 milliards sur cette pauvre Terre ! ». Elle poussait un cadi chargé de victuailles, elle tirait un landau dans lequel braillaient des jumeaux, un garçonnet de 3 ou 4 ans s’accrochait à ses jupes et… elle était enceinte……

Homo sapiens est la pire espèce invasive.

Notre monde est passé de 250 millions à quasiment 6,7 milliards d’habitants depuis l’an 1 de l’ère chrétienne. En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950.

 

Stop, ou encore ?

 

Nous avons toutes les preuves que la planète ne pourra pas nourrir 9 milliards de terriens en 2050 ou 17 milliards en 2100. Nous feignons d’ignorer la finitude d’un monde dans laquelle notre multitude puise allègrement et sans relâche »

 

Il faut quelque chose de plus qu’un couple pour faire un enfant, il faut au moins une planète viable. Posséder une famille nombreuse n’est-il pas un délit environnemental, une grave atteinte à la planète et à l’avenir commun ? »

 

http://web.mac.com/jdelacre/Enfants/enfants.html

 

Gilles-Éric Séralini , qu’on ne présente plus ici :

 

« la démographie continue à galoper au cours de la décennie quatre-vingt-dix avec une population mondiale qui double. (…) Cela provoque une situation insoutenable pour l’humanité dévoratrice de ressources, une calamité non seulement environnementale, mais pour tous les hommes, prévoient les experts. » Et il n’hésite pas à comparer l’homme à des bactéries : « Au cours du XXe siècle, nous avons crû de manière exponentielle comme des bactéries dans une soupe. » En outre, à l’instar de Malthus, M. Séralini s’en prend aux pauvres qui sont accusés d’être plus prolifiques. Sans doute que, dans l’esprit du biologiste, les pauvres se comportent davantage comme des bactéries que les riches… Mais contrairement à Malthus, M. Séralini a trouvé pourquoi les pauvres faisaient plus d’enfants ! Avec condescendance, il explique en effet que l’orgasme reste l’un des seuls plaisirs qui restent aux pauvres : « (…) les miséreux qui ne peuvent avoir pour tout ciel, dans une vie de manques et de torture, que leurs instants d’orgasmes, sans pour autant connaître la contraception qui est un luxe, se reproduisent forcément plus que les autres. »

No comment…

 

http://alerte-environnement.fr/?page_id=1755

 

 

Alors, ce discours malthusien n’est certes pas nouveau chez certains écologistes. Un petit florilège trouvé sur la toile vous en convaincra :

 

 

http://www.larecherchedubonheur.com/article-10789557.html

 

Seulement, à mesure que ces idées se banalisent -Cochet, ça n’est pas n’importe quel huluberlu isolé, c’est un député , un ancien et peut-être futur ministre- et sont présentées par les médias comme des évidences, elles deviennent plus dangereuses. Au « mieux », elles détournent des vrais problèmes : comment assurer des ressources en quantité suffisante et bien réparties à une population qui va encore croître un certain temps et qui pour une bonne part d’entre elle, souhaite consommer plus et non pas moins . Plus ouvertement , elle préconise des solutions antisociales à la manière de Cochet .  Au pire, on peut imaginer quel système politique il faudrait pour faire coller la population mondiale à celle que ces gens jugent compatible avec leur amour de la nature.

Anton

 


 

(1) http://imposteurs.over-blog.com/categorie-10195212.html

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 14:06


Une fois n’est pas coutume, la parole médiatique n’est pas donnée aux prêcheurs de l’apocalypse, mais à leurs critiques .

 

France 2 programme Jeudi 19 février à 22 H 40 un documentaire dont le titre est celui du livre de Jean de Kervasdoué plusieurs fois cité sur Imposteurs :

 

Les prêcheurs de l’Apoclaypse (quand l’écologie perd la raison -sous titre du documentaire) :

 

 http://www.programme.tv/les-precheurs-de-l-apocalypse-quand-l-ecologie-perd-la-raison-1717953.php

 

« En l'espace de quelques années, les préoccupations écologiques ont envahi la scène publique et pèsent désormais dans la vie politique française. Le consensus paraît total. Pour la communauté scientifique, le triomphe de cet «écologisme» est, hélas, bien souvent une défaite de la raison. En 2008, la crise alimentaire mondiale est venue rappeler que l'espèce la plus menacée de la planète était certainement l'homme. Face à ce défi, les savants tentent de faire entendre leurs voix, d'aller à rebours des idées reçues et de démêler le vrai et le faux sur ces questions qui engagent l'avenir. »

 

Fait intéressant, les réalisateurs ne cachent pas leur objectif :

http://www.fipa.tm.fr/fr/fipatel/2009/fip_19721.htm

 

« L’écologie est la nouvelle star médiatique. Le consensus paraît total : qui oserait aujourd’hui remettre en question "l’impératif écologique" ? Ce film à l’ambition d’aller à contre-courant. Face au flot médiatique qui chaque jour nous submerge d’affirmations péremptoires et d’informations alarmistes, nous pensons qu’il est indispensable de clarifier le débat. L’écologie était à l’origine une science, c’est aujourd’hui une idéologie. Pour tenter de séparer croyance et vérité scientifique, communication et information, nous voulons donner la parole à des scientifiques à même de nous éclairer sur ces questions fondamentales, ceux et celles qui tentent de pratiquer l’écologie comme une science et non comme une religion. Avec eux, nous évaluerons les dégâts causés par cet "écologisme" qui aujourd’hui devient une idéologie toute-puissante.

C’est programmé en deuxième partie de soirée, dommage, mais un documentaire télé animé d’une telle démarche est rarissime voire unique. Bien sûr le fait que celle-ci nous plaise ne nous empêchera pas de juger sur pièce. En attendons, diffusons au maximum l’annonce. Pour une fois que France Télévisions propose à ses télespectateurs un autre son de cloche….AS

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 17:06

C’est dénoncé comme un scandale et rabâché comme une évidence : le consommateur mange trop de denrées qui viennent de trop loin, et le développement des transports et des échanges lui permet en plus de s’affranchir des saisons qui dictaient encore il y a quelques décennies ce qu'il y avait dans nos assiettes au quotidien. Ainsi voit-on régulièrement des cuisiniers médiatiques dénoncer ces produits sans goût qui viennent de loin ou un magazine tel que Politis emprunter des accents villiéristes pour vitupérer les « fraises pourries » venues d‘Andalousie (1). Discutez avec un écologiste,vous échapperez rarement au couplet « combien de kilomètres dans votre assiette ? » .

Bien sûr , mes crudités ont parcouru 600 Km depuis Marmande, mes fraises 1200 depuis l’Espagne, et qui sait, mes 3 côtelettes d’agneau 15 000 depuis la Nouvelle-Zélande ? Est-ce bien raisonnable ? Quel est bilan énergétique et le bilan CO2 de mon repas de consommateur « écologiquement irresponsable »  ?

Or, seul l'examen des alternatives possibles à ce mode de consommation permet d'en juger .Car l’alternative proposée par les écologistes - consommer les produits du terroir, consommer local renoncer aux produits hors saison- outre qu’elle implique des restrictions des choix et des inégalités accrues entre consommateurs limités par les possibilités nourricières de leur territoire, n’aurait pas nécessairement l’impact énergie/ carbone attendu .

Comment , nous rétorquera-t-on ? Consommer uniquement les aliments produits de provenance locale_mettons jusqu’à 25 kilomètres à la ronde_ plutôt des produits transportés sur des centaines voire des milliers de kilomètres, voilà qui économiserait des quantités considérables d’énergie et éviterait autant d’émissions de gaz à effet de serre, assure-t-on. Oui, parfois, mais pas nécessairement !

Méfions-nous des arguments qui semblent frappés du coin du bon sens mais pas toujours étayé par des données précises.

Dans le cas de l’acheminement par avion de denrées alimentaires, cette affirmation est indiscutable : avec 406 gep /tonne.km (2), et 1220 kg/t.km de CO2, l’avion est de très loin le mode de transport le plus coûteux et le plus polluant .  Le renchérissement attendu du prix du pétrole dans les décennies à venir, si la crise mondiale ne plonge pas de force l’humanité dans la décroissance, mettra peut-être mécaniquement un frein à ce mode de transport des marchandises .

Pour le reste… le bonheur écologique n’est pas forcément dans le près ! Une étude menée en Angleterre (3) a en effet établi que la moitié des émissions de carbone induite par l’achat d’aliments l’était par le transport de proximité.

Un réseau de distribution de proximité utilise essentiellement des véhicules utilitaires légers ou au mieux des poids lourds de faible tonnage, tandis que les transports sur longue distance même effectués par route (ce qui est bien sûr loin d‘être la panacée), représentent déjà des économies d’échelle : Un poids lourd de 25 tonnes ou plus consomme 4,7 fois moins d’énergie et émet environ autant de fois moins de CO2 qu’un véhicule utilitaire léger).

A juste titre, les écologistes critiquent néanmoins la suprématie du transport routier sur le rail : il est vrai que tant le coût énergique que le coût carbone du transport ferroviaire, à plus forte raison sur un réseau entièrement électrifié alimenté à 90 % par des centrales nucléaires et des barrages hydro-électriques comme c‘est le cas en France, est considérablement plus faible que celui du transport par poids lourd . Mais c’est alors d’autant plus vrai par rapport au coût du modèle « consommer local » qu’ils appellent de leurs vœux : le rapport transport par train/ transport par utilitaire léger est de l‘ordre de 1 à 20 pour la consommation d’énergie et de 1 à 60 pour les émissions de CO2.

Il resterait à élaborer les modèles d’optimisation des réseaux de transports de marchandises, mais des zones de cultures spécialisées et à forte productivité directement reliées par le rail aux grands centres de distribution urbains peuvent être dans certains cas « meilleures pour la planète » , à plus forte raison dans le cas d’aliments importés de loin mais qui nécessitent peu d’énergie pour être produits . Réaliser l’idéal du produire et consommer local , des rapports directs producteurs/consommateurs, conduirait à multiplier les petits flux de déplacements pour se ravitailler ou achalander les petits commerces, à moins de se contenter d’un panier de consommation réduit tant en quantité qu’en variété (ce que l’agriculteur ou son relais commercial le plus proche serait en mesure de fournir).

Ce modèle du produire/consommer local remet enfin en cause la division du travail et les spécialisations régionales poussées en cultures et élevages destinés à des marchés nationaux et internationaux : il n’y aurait plus de place dans ce modèle pour les grands élevages porcins bretons, les grandes cultures maraîchères du Sud-ouest ou les cultures céréalières de la Beauce. Comment faire faire marche arrière à cette agriculture à haut rendement et la reconvertir en agriculture de proximité ? Qui financerait la reconversion des agriculteurs, qui supporterait financièrement les lourdes pertes de rendements ? Qu’adviendrait-il des ouvriers agricoles employés dans certains pays du Sud (particulièrement l’Amérique du Sud) dans des cultures destinées pour l’essentiel à l’exportation ?    

Soyons clairs : il ne s’agit pas de rejeter une rationalisation des transports qui tiennent mieux compte des dépenses énergétiques et des émissions de gaz  à effet de serre. Il s’agit de souligner que les solutions généralement admises comme allant de soi sont très simplistes,  pourraient dans certains cas aggraver les problèmes qu’elles prétendent combattre, et omettent surtout de préciser au-delà des problèmes qu’elles sont censées cibler comment on y parviendrait et quel serait leur coût économique global et donc humain (4). Produire et consommer local, au prix de quels sacrifices matériels ?

Vivent les achats de proximité… surtout lorsqu’il s’agit d’aller flâner un dimanche matin sur un marché populaire, d’acheter soi-même dans une fruitière locale son morceau de Comté, ou de choisir le calibre de ses asperges chez le petit producteur du coin. Un plaisir indiscutable  pour beaucoup d’entre nous, surtout lorsque par ailleurs l’essentiel de nos courses de la semaine ou la quinzaine a pu été effectué en une seule fois et en un seul endroit pour un coût relativement modique. Mais de grâce, invoquons le plaisir, pas un bon sens écologique extrêmement douteux.

Anton Suwalki  


 

 Notes :

(1)  lire notamment : http://imposteurs.over-blog.com/article-19313899.html

(2)  gep /t.km =gramme équivalent pétrole par tonne transportée sur une distance d’un kilomètre pour un moyen de transport donné.

Données chiffrées du bureau d’études  Explicit. 

Voir aussi le site de Jean-Marc Jancovici. http://www.manicore.com/ dont les données sont moins détaillées sur ce plan mais convergentes.

(3)   Cité par Jean de Kervasdoué dans Les prêcheurs de l’apocalypse  . Lire la note de lecture de Michel Naud au sujet de ce livre :

      http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article849

(4) Parfaitement typique de cette insoutenable légèreté, les Verts manifestant en Mars 2007 contre le programme nucléaire EPR avaient distribué un tract dans lequel ils plaidaient avec le plus grand sérieux en faveur d’un vaste projet « alternatif » éolien  qui pourrait pourvoir aux mêmes besoins tout en fournissant …15 fois plus d’emplois !  Imaginons généraliser ce  principe à l’ensemble de l’économie et une division globale de 15 de la productivité du travail : Certes, plus trop de chômage ! Mais en  toute logique, ramener l’efficacité du travail à ce qu’elle était au 19ème siècle , c’est même si l’on imaginait supprimer les revenus du capital faire reculer  d’à  peu près autant le niveau de vie et de consommation !

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 15:04

   Un article de Gil Rivière-Wekstein

 

 

Les théories malthusiennes n’étant pas particulièrement appréciées en France, le WWF-France évite astucieusement ce sujet. Ce qui n’est pas le cas du WWF-International, dont le dernier bilan prône ouvertement « l’inversion de la croissance démographique ».

Dans une interview parue le 29 août 2007 dans Le Monde, Serge Orru, directeur général du WWF-France, affirmait qu’il est nécessaire de « lutter contre les avatars du malthusianisme, [qui] risquent de faire un retour en force ». Il ajoutait même que « face à ces enjeux environnementaux et géopolitiques, il nous faut aussi transmettre un enthousiasme, des rêves, afin que nos enfants aient envie de devenir parents ! » Des propos qui laissent entendre que le WWF-France serait favorable au développement démographique. En matière de réduction de « l’empreinte écologique », l’association se contente de proposer quelques mesures bien sympathiques, comme « faire sécher son linge sur une corde au lieu d’utiliser un séchoir électrique » (économie de 1.000 m2) ou « remplacer les ampoules classiques par des ampoules fluocompactes » (100 m2). Certes, en 2006, elle avait bien recommandé de « reporter d’un an la décision d’avoir un enfant ». Mais curieusement, cette mesure avait été aussitôt retirée, alors que selon la première version des « 10 recommandations du WWF », elle permet à elle seule d’économiser 26.000 m2 ! Ainsi, rien dans le discours officiel du WWF-France ne laisse transparaître que la filiale française de la plus grande organisation écologiste du monde est l’héritière des théories de Thomas Malthus.

Pourtant, les publications du WWF-International ne cachent rien de l’idéologie malthusienne de la multinationale verte.



La suite de l’article sur le site d’Agriculture et Environnement

 

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article475


 

Quelques éléments sur le malthusianisme :

 

http://imposteurs.over-blog.com/article-20497875.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-20739778.html

 

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 14:10

Dans un communiqué de presse du 04/12/2008, EDF Energies Nouvelles nous apprend qu’elle met en service un parc éolien de 52 Mégawatts (52 000 000 watts), soit 26 éoliennes d’une puissance unitaire de 2 Mégawatts installées sur 17 km le long de l’autoroute A10 en Beauce :

 

http://presse.edf.com/accueil-com-fr/presse/communiques-de-presse/noeud-communiques-et-dossier-de-presse/edf-energies-nouvelles-met-en-service-en-france-52-mw-eoliens-le-long-de-l-autoroute-a10-601081.html

 

A défaut d’avoir jugé par moi-même ou d’avoir recueilli les sentiments de la population locale, je ne commenterai pas l’affirmation selon laquelle « ce nouveau parc d'envergure, construit en bordure d'autoroute est reconnu comme exemplaire en matière d'insertion paysagère. ». En dépit des diverses nuisances habituellement dénoncées par les riverains de parcs éoliens, il se peut que le projet ait été mieux étudié qu’habituellement de ce point de vue.

 

On peut par contre s’étonner de l’affirmation selon laquelle la  production de ce parc est équivalente à la consommation électrique annuelle de 70 000 habitants . Après vérification, je peux vous confirmer que la Beauce se situe bien en France, pas en Égypte ou au Mexique.

 

Comment EDF Energies nouvelles a-t-elle fait son compte ?

 

La consommation annuelle moyenne d’éléctricité d’un Français en 2005 est de 7,94 Mégawatts-heure (7 940 000 watts-heure) (1).

 

70 000 français, sur la base de la consommation de 2005, consommeront donc annuellement environ 556 gigawatts-heure (556 000 000 000 watts-heure).

 

52 Mégawatts d’éoliennes installées représentent potentiellement : 52 000 000 X 24 (heures) x 365 (jours) = 456 Gigawatts-heure ( 456 000 000 000 watts-heure).

 

1er constat : Ce parc pourrait potentiellement, dans les conditions idéales fournir la consommation d’environ 57 400 personnes et non  70 000 personnes.

 

Mais nous avons parlé là de conditions idéales, qui par définition ne se rencontrent jamais.

 

On parle toujours d’énergies renouvelables, une vertu certaine reconnue à l’énergie éolienne , en omettant le défaut essentiel de ces moulins à vent : ils ne fonctionnent que par intermittence, et non sont à plein rendement de leur puissance nominale ( 2 Mw par éolienne ici) que pour des vents ni trop faibles ni trop forts (cas dans lequel les éoliennes doivent être arrêtées).

 

Dans les faits, en dehors des sites exceptionnellement exposés (2) , la production annuelle d’électricité d’une éolienne dépasse rarement l’équivalent de 2000 heures à plein rendement (3) pour 8760 heures que compte une année, et l’installation en plaine beauceronne  se situant vraisemblablement en dessous de  1840 heures  qui constitue le coefficient moyen des installations françaises actuelles (4) .

 

Résultat : le parc  produirait au mieux 95 Gigawatts-heure et non 456 Gigawatts-heure: nous voici ramené à l’équivallent de la consommation annuelle de… 12 050 personnes au lieu de 70 000 ! 

 

Encore avons nous laissé de côté d’autres aspects liés à ce problème d’intermittence de la production d’électricité, qui réduisent encore sensiblement son rendement.

 

 Il est certain que les chiffres annoncés par EDF Energies Nouvelles sont faux. On doute  que ce soit dû à une panne de calculatrice , où à un simple oubli des communicateurs de EDF E.N ignorant qu’une éolienne ne fonctionne pas à plein rendement 24 heures/24 et 365 jours/an.

 

EDF Energies renouvelables, détenu à 50% par EDF, produit entre autres des éoliennes, ce qui est politiquement dans le vent , quand bien même l’éolien ne répond pas aux problèmes énergétiques d’avenir, ne peut répondre que de manière marginale aux besoins énergétiques de pays développés, ne rend pas plus « verts » les pays qui l’ont adopté massivement comme le Danemark, en tête des pays européens émetteurs de C02 (5).

 

Il faut dire que pour chaque MW d’énergie renouvelable mais intermittente installé, il faut un MW d’installation classique pour répondre aux besoins d’électricité auxquels la source intermittente ne peut répondre les 3/4 ou les 4/5 du temps. Comme le nucléaire est généralement proscrit par les mêmes écologistes promoteurs de l’éolien, on aboutit en fait d’énergies renouvelables ,à une électricité essentiellement produite par des centrales thermiques au fioul au gaz ou au charbon , une « alternative » prônée pour la France par le réseau Sortir du nucléaire (6)!!!

 

 

Le dogmatisme écologiste, qu’il porte sur les énergies renouvelables ou sur d’autres domaines, est peu remis en cause en France ,même quand il est écologiquement aberrant, à cause du matraquage dont il fait l ‘objet et qui laisse peu de place à l’esprit critique.

 

Les projets éoliens est un des seuls domaines de propagande écologiste qui suscite une certaine hostilité  dans le grand public, mais essentiellement à cause des nuisances subies par les riverains des parcs éoliens .

 

Si celui-ci savait en plus qu’un projet comme celui du parc éolien de l’A 10 a un rendement énergétique environ 6 fois moindre que celui qu’annoncent ces promoteurs ,  il n’en serait que plus critique.

 

Anton Suwalki 


 

 

 

 

(1)   http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMListeStatSpecifique?codetheme=1

(2)   là où sont déjà installés  les parcs en France (Littoral breton, Manche, Aude, vallée du Rhône) .

(3)   voir sur les détails techniques un spécialiste de la question : Jean-Marc Jancovici

http://www.manicore.com/

(4)   4050 GWH produits pour 2250 MWH installés.

(5)   c’est aussi le premier exportateur mondial d’éoliennes.  

(6)   http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=brochures&soussousmenu=aberration&page=comment

 

Notes :
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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 13:18

Je n’avais jamais vraiment prêté attention au salon de la Marjolaine, n’y voyant qu’une manifestation écolo-folklorique parmi d’autres. Comme je me trompais ! J’ai depuis fait un tour sur le site de présentation du salon (1).Il s’agit là outre d’une foire commerciale de dimension honorable, « le plus grand salon bio » selon ses organisateurs, d’une véritable entreprise de bourrage de crâne. Et accessoirement peut-être de vidage de portefeuilles ? Bien sûr on se doute que bien des pèlerins bobos sont parfaitement consentants face à cette entreprise, et on ne peut rien pour eux, mais gare aux égarés qui s’y retrouveraient par hasard ou invités par des prosélytes. Pour peu qu’ils soient influençables, ils risquent une sérieuse altération de leurs facultés de discernement. Pour bourrer les cranes, condition préalable au vidage des portefeuilles, il faut d’abord vider les cerveaux. Alors, les gogos repartiront le portefeuille plat et des sacs remplis de produits bio hors de prix et de tout un tas de grigris et autres fétiches « naturels » donc bon pour la santé … surtout celle de ce commerce florissant.

Car si le salon fait une large place au slogan du commerce équitable, certains ont tendance à oublier que dans « commerce équitable » , il y a … commerce. Et comme équité bien ordonnée commence par soi-même… Ce qu’il y a de bien avec l’idéologie et la langue de bois, c’est qu’on peut décline les mots et les qualificatifs à l’infini. Ainsi un des thèmes abordés dans les « ateliers » du salon 2008 est consacré … au « voyage équitable » . Un doute m’effleure : Si on veut que le voyage soit à la fois équitable et durable, cela veut-il dire que les équitables du voyage se rendent à Dakar à la rame, et paient « à un prix convenable » les esclaves sénégalais qui rament pour eux ? Ah bon, ces irresponsables prennent quand même l’avion ?!! Quelle scandaleuse concession !

Cour des miracles « moderne » avec ses charlatans , ses mendiants faussement estropiés, ses prédicateurs, voilà ce qu’évoque le salon de la Marjolaine. La programmation cinématographique est presque entièrement dédiée au message de l’apocalypse (1): O’ surprise, toute l’après-midi du dimanche est réservée aux films de Marie-Monique Robin, programmation réalisée « en partenariat avec Arte » , chaîne publique qui semble avoir définitivement pris le parti de l’obscurantisme.




Cinéma : Apocalypse Now

 

-Lundi 10 Novembre 16 H 30 : Guerre et paix dans le potager. C’est paraît-il plein d’humour et de poésie … Non, ça n’est pas de Tolstoï, c’est d’un dénommé Jean-Yves Collet. Celui-ci , dépité de n’avoir pu produire une adaptation française du Cuirassé Potemkine,nous en ferait-il une version potagère bio, genre le Potager Cuiremskine ? Toujours est-il que le programme nous apprend à propos de ce film que (textuel) « chaque année, le potager est une merveille de légumes et d’animaux en tous genres ». Très poétique, pas vrai ? Beaudelaire, au secours ! En tout cas, les plus beaux légumes ne sont peut-être pas à l’écran…

-Le même jour à 18 heures, Quelle agriculture pour protéger notre santé et notre planète ? Selon la présentation , « les preuves de la plus grande valeur nutritionnelle des produits bio » s’accumuleraient, ce qui est ni plus ni moins une escroquerie. Suit l’inévitable refrain  « combien de kilomètres dans notre assiette » ?  Comme la majorité des gens sont fâchés avec les chiffres, il est très facile de leur faire peur en leur balançant des chiffres impressionnants qui ne veulent rien dire. « Le contenu de nos assiettes est responsable d’un tiers des émissions, 3 fois plus que nos voitures » (2): et alors ? Cela veut-il dire qu’on peut appuyer sur le champignon puisque de toute façon, l’auto individuelle ne représenterait qu’un tiers des émissions liées à l’agriculture (au sens large) ? Si demain, la technologie permet de réduire très fortement la consommation des véhicules individuels et ramène l’ impact en termes de gaz à effet de serre au sixième de celui de l’agriculture, nos arithméticiens du dimanche en concluront-ils que le problème s’aggrave puisque «  Le contenu de nos assiettes (serait) responsable de 6 fois plus d’émission que nos voitures » ?  Ces chiffres, on en conviendra n’ont en eux-mêmes aucun sens, puisque ce qui importe réellement, ce sont les marges de manœuvre, d’économie potentielle de ressources rares ou sur des énergies particulièrement « polluantes » . Certes, le poids relatif des secteurs d’activité joue forcément, mais il ne faut pas être sorti de polytechnique pour comprendre le principe d’une moyenne pondérée : ainsi par exemple un secteur qui absorbe 10% de l’énergie mais qui est susceptible de réduire de 50 % sa consommation aura dans l’addition finale d’impact qu’un secteur qui absorbe 20% de l’énergie mais n’a un potentiel de réduction de sa consommation que de 20%.

 

Vendredi 14 Novembre : « le libéralisme jusqu’à l’indigestion ».

Comme nous l’avons souligné maintes fois, l’antilibéralisme est suffisamment fourre-tout pour fédérer des gens d’horizons idéologiques très différents : des gens à gauche qui le confondent avec le capitalisme et des gens très à droite pour qui libéralisme est synonyme de chienlit, voire trop égalitaire. On ne trouvera pas dans les films proposés la dénonciation d’un système qui manifeste périodiquement sa brutalité, peut jeter des millions de travailleurs au chômage comme ça risque bien d’être le cas dans les mois qui viennent compte tenu des évènements économiques récents . Non , rien de tout celà! Où est donc alors l’indigestion libérale ?

-Film de 12 heures : mâles en péril !

 « Depuis 50 ans, la production de spermatozoïdes dans l’espèce humaine a diminué de 50% » . Quand bien même ces chiffres seraient vrais, on se dit que ça fait encore pas mal de spermatozoïdes au millimètre cube et que l‘espèce humaine n‘est pas encore vraiment en danger !!!! Les spectateurs effrayés par cette évolution « catastrophique » n’auront pas noté que ce sont souvent les mêmes qui agitent en malthusiens réactionnaires l’épouvantail de la « bombe P » (P pour (sur) population) nous servent le refrain du danger d’d’extinction de l’espèce humaine. Et depuis 100 ans au fait , de combien a diminué la production de spermatozoïdes dans l’espèce humaine ? Les données statistiques n’existent vraisemblablement pas, mais de toute façon ça n’intéresserait pas les marchands de peur. 50 ans coïncidant à peu près avec la généralisation de l’agriculture intensive des « pesticides » et d‘une utilisation large des produits chimiques, l’occasion est trop belle de suggérer que celles -ci en sont responsables. Une mention de l‘accroissement des cas de cancers des testicules , mais qui représente moins de 1% des cancers, donne une indcation assez fiable de la réalité des préoccupations sanitaires de ces rands humanistes « De nombreux scientifiques incriminent (..) : PCB, DDT, retardateurs de flamme, phtalates, pesticides ». Quels sont donc ces nombreux scientifiques , lesquels parmi eux s’expriment dans leur domaine de compétence, ont mené des travaux épidémiologiques ? La pitoyable retraite de Belpomme après son fumeux rapport médiatisé sur l’impact du chlordécone aux Antilles n’aura pas suffit à rétablir l’esprit critique. D’autres se chargent de perpétuer la pensée de presque feu Monsieur Cancer de la présidence Chirac.

Mais surtout quel rapport avec le « libéralisme indigeste » , puisque ce film est cens s‘inscrire dans une telle thématique? L’inférence est quand même osée ! Ainsi les pesticides et la chimie de synthèse seraient la signature ADN du libéralisme , et non pas des résultats des applications de la science , du génie humain, qui ont permis de décupler les rendements agricoles Il aura sans doute échappé à nos idéologues que sur ces 50 ans,au moins jusqu’au début des années 80, jamais le poids de l’état n’a jamais été aussi important, jamais le capitalisme n’a été si encadré, aussi peu « libéral » ? Que sur une partie importante du globe (URSS, Bloc de l’est, Chine etc..) les mécanismes du marché ne fonctionnaient pas ou presque pas ? Il ne s’agit pas ici de discuter ici des mérites (et des tares) respectifs du capitalisme libéral, non libéral, de l’économie bureaucratiquement planifiée, mais de souligner à quel point l’idéologie qui prévaut dans la mouvance « marjolainiste » se moque bien de la signification des mots. A croire que pour convaincre les souris qu’elles sont vertes, il faut d’abord les persuader que tous les chats sont gris !

Les autres films de l’après-midi « antilibérale » sont du même tonneau :

14 h : "Homo Toxicus" :

« Conformément à la mentalité paranoïaque, on nous affirme que « Une expérience planétaire est en cours dont nous sommes les cobayes ». (..). C’est bien connu les chimistes sont tous des docteurs Mengele !

 « Chaque jour, des tonnes de substances toxiques sont libérées dans l'environnement sans que nous en connaissions les effets à long terme pour les êtres vivants : pesticides, métaux lourds, dioxines, phtalates, etc. Quelles conséquences peuvent avoir, sur nos organismes, l'accumulation de ces poisons dans nos corps ? »  On voit tout de suite que la réponse est comprise dans la question : qui après avoir entendu la question dira  autre chose, que les conséquences, c’est qu’on nous empoisonne !

16 H 30 : Se nourrir, une activité devenue à haut risque ? 

« Des poissons au DDT, des fruits et légumes abreuvés de pesticides, des salades lavées au chlore, des aliments transformés avec des quantités trop importantes de sel ou de sucre, des OGM présents dans notre nourriture mais absents des étiquettes, etc. »

L’éternelle litanie ! Il ne s’agit pas de nier les aspects négatifs de l’alimentation industrielle bas de gamme, et notamment des quantités trop importantes de sel de sucre, de graisse… Mais les poissons au DDT et les fruits abreuvés de pesticides , c’est pour effrayer le spectateur. Si après ça, il ne se bourre pas de produits bio abreuvé de bouillie bordelaise , c’est à désespérer ! Il va de soi que les « OGM présents dans notre nourriture » sont postulés dès le départ comme hautement risqués. Tous ceux qui bien nourris gobent sans tiquer le fait que se nourrir serait devenue une activité à haut risque devraient être invités à comparer la sécurité alimentaire et les risques sanitaires qu’ils encourent avec ceux de leurs aïeux ou des habitants des pays du Sud !

 De ce triste vision , on retiendra que si le socialisme, c’est les soviets plus l’électricité (3), l’antilibéralisme, c’est apparemment ni les soviets ni l’électricité ! Car la semaine cinématographique se termine sur le thème… de la décroissance que les marjolainistes s’empresseront de mettre en application en se ruant sur les stands bio « conviviaux » !!! Notons que les Ariès et autres qui dénoncent la pub  et la manipulation du consommateur se prêtent sans vergogne à cette entreprise à but hautement lucratif et hautement manipulatrice !

A coup de peurs infondées ou exagérées, de culpabilisation  (« Nos enfants nous accuseront » film projeté le Vendredi 14 Novembre ), on a fabriqué un consommateur responsable comme dit la pub, c’est-à-dire un client captif de la filière bio et des marchands d’attrape-nigauds.



Au bonheur des dames bio …

 

Pour guider ses achats responsables pas moins de 130 « ateliers » sont proposés au cours de la semaine ! Pour la plupart , les thèmes proposés sont en correspondance avec les marchandises proposés par les exposants ! Chers consommateurs « responsables », prônez et optez pour la décroissance, mais en dehors de cette enceinte : Ainsi, « Supprimer les douceurs ? Certainement pas . Il faudrait voir à ne pas désespérer par exemple les viticulteurs bio, présents en masse à ce salon . Les ateliers réservent la part belle à tous ce que cette pauvre humanité peut compter de charlatanismes et de pseudo-médecines et de pseudosciences : Naturothérapie, Aromathérapie, feng-shui , « Santé et énergie retrouvées avec l'agriculture bio-holistique », « La cure de lait jument » (4) (évidemment disponible en stand) , la posturo-mandibulogie et j’en passe.

Les gogos ont aussi droit aux prêches de Kokopelli qui veut « libérer les semences et l’humus (sic) » , ou aux niaiseries sur « Les pollutions telluriques et électromagnétiques dans l'habitat ».

Plus drôle : « Santé et jeunesse par le naturisme » . Attention aux courants d’air tout de même ! « Devenir sophrologue, les atouts de la sophrologie plurielle » . On ne connaissait pas ! La sophrologie plurielle est-elle à la sophrologie ce que la gauche plurielle fut à la gauche ? Jospin se serait-il recyclé ?

Ca se passait du 8 au 16 Novembre 2008 . Oui,oui, vous avez bien lu 2008, au 21ème siècle ! Pourquoi tiquez vous ?



Notes :

(1)     http://www.salon-Marjolaine.com/

(2)  un chiffre qui resterait à vérifier

(3)  formule de Lénine

(4)   http://www.sciencepresse.qc.ca/kiosqueagro/lait_de_jument.html

 

 

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 15:53

Non, ça n’est pas une blague !


« METZ (AFP)
- L'Union internationale d'astronomie (UIA) a donné à un astéroïde le nom du botaniste messin Jean-Marie Pelt, a-t-on appris mercredi auprès de l'astronome belge Eric Elst, membre de l'UIA.

Le comité des noms des objets célestes de l'UIA a retenu le nom de M. Pelt "en raison de son engagement pour l'environnement et la planète", a indiqué M. Elst qui, travaillant l'observatoire royal de Belgique, a notamment découvert l'astéroïde Apollo (4486) Mithra.

D'un diamètre de 13 km, l'astéroïde Pelt a été localisé en 1999 entre Mars et Jupiter et se situe à 450 millions de km du soleil.

Pharmacien, botaniste et toxicologue, M. Pelt a fondé en 1972 à Metz l'Institut européen d'écologie. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages et d'émissions télévisées dont "L'aventure des plantes" qui, diffusée sur TF1, avait obtenu en 1987 le "Sept d'Or" du meilleur documentaire.

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sciences/20081001.SCI4790/le_botaniste_messin_jeanmarie_pelt_donne_son_nom_a_un_a.html »

Mais quelle mouche a donc piqué l’UIA ?

Quel rapport entre JM Pelt et un astéroïde ? Habituellement on donne des noms de savants à des « objets scientifiques » en hommage à la contribution de ceux-ci au domaine concerné. Qu’un télescope s’appelle Hubble ou qu’une unité de mesure de la radioactivité soit le becquerel, qu’un atome soit nommé Curium , ça n’étonnera personne. Mais depuis quand JM Pelt a-t-il contribué au progrès de l’astronomie ou de l’astrophysique ? Quel sens cela a-t-il de donner un nom à un astre en fonction d’une cause qu’on suppose être noble , mais totalement sans rapport avec le domaine considéré ? L’hypothétique boson de Higgs devra-t-il être rebaptisé boson de Hulot ? Et pour Yann Arthus Bertrand, doit-on envisager de donner son nom à…un trou noir ?

Les  bonnes causes  sont suspectes dès lors qu’elles sont mises à toutes les sauces, qu’elles envahissent n’importe quel domaine. Si on ne peut plus s’intéresser à l’astronomie sans être obligé de faire une petite génuflexion devant l’autel de la « planète en péril », c’est plutôt inquiétant ! Pour l’astronomie, comme pour la planète d’ailleurs !

Même les causes apparemment consensuelles souffriraient d’un tel mattraquage hors de propos. On ne voit pas en quoi par exemple baptiser une exo-planète Barack O’Bama nouvellement découverte servirait la cause et la condition sociale des noirs aux Etats-Unis .

Mais en parlant de consensus, ce que défend Jean-Marie Pelt fait-il vraiment consensus ? Certes ,« sauver la planète » , qui serait contre ? Encore faut-il s’accorder sur le diagnostic concernant l’état réel de la planète, et sur les solutions pour garantir aux générations futures un environnement viable et des ressources suffisantes. Et là, les matérialistes ne pourront jamais s’accorder avec les positions naturalistes et mystiques de Jean-Marie Pelt, malgré sa formation scientifique (1). De même que nous espérons que ne sont pas consensuelles les positions  contre la médecine scientifique, contre la vaccination et pro-pseudo-médecines , et à la limite de l’eugénisme (2) que défend Jean-Marie Pelt en tant que signataire du manifeste de l’ACECOMED (3)  . Des positions dangereuses.

Soit ceux qui ont choisi de baptiser un astéroïde d’un nom aussi saugrenu ignorent la philosophie profonde de Jean-Marie Pelt, et ils n’ont alors que fait des concessions irritantes mais sans grande conséquence à la bien pensance écologiste et lui apportent une publicité dont il n’a vraiment pas besoin , soit ils la connaissent et donc ils l’approuvent, et ça relève d’une évolution plutôt inquiétante.     

Anton Suwalki




Notes :

 

 

(1)     qu’on en juge par son approche de la transgénèse :


 « La transgénèse est une transgression qui va à l’encontre des principes éternels établis par les mythologies les plus anciennes » (..)

 « L’idéologie du mélange sans limite prend à revers toute la tradition occidentale. Qu’il s’agisse des audaces de Prométhée dans la mythologie grecque ou de l’exclusion du Jardin d’Eden…on assiste toujours à la même mise en garde : Ne franchissez pas la ligne, sinon il risque de vous en cuire » (..)

 « Le désenchantement de la nature et l’absence complète de prise en compte de ses dimensions spirituelles se trouvent à l’origine des errances et des probables errements du génie génétique
 ».(..)

(JM Pelt - Plantes et Aliments transgéniques)

 

(2)     JM Pelt prête aussi sa caution scientifique aux Laboratoires Boiron pour la promotion de l’homéopathie !

http://www.boiron.fr/htm/Public/temoignage-expert-pelt.htm

 

(3)      http://imposteurs.over-blog.com/article-15435820.html

              http://imposteurs.over-blog.com/article-14917354.html

 

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 13:31

La consommation d’eau en bouteille dépasse 100 litres par personne et par an en France. Une forte proportion de personnes déclarent préférer l’eau en bouteille à celle du robinet pour son goût, et plus d’un consommateur d’eau en bouteille sur 5 déclare faire ce choix par peur de la pollution de l’eau du robinet. Une peur largement infondée, l’eau potable distribuée par nos robinets étant le plus souvent d’excellente qualité. Il est dès lors logique sans se croire obligé de verser dans le moralisme écologique de souligner que la plupart des robinets de France distribue une eau  sans danger pour la santé, et que le consommateur paye très cher une eau en bouteille pour un supplément de qualité très hypothétique. Pour le reste, nous laisserons aux professionnels de la culpabilisation le soin de calculer l’ « impact écologique » d’un tel comportement et d’appeler à l’ascèse citoyenne et de chanter les louanges de la servitude décroissantiste.

 

En matière d’eau buvable comme dans bien d’autres domaines, l’écologiquement correct aurait tendance à virer au gadget et au burlesque.  Si notre cher Jean-Louis Borloo ne donne pas le bon exemple en coupant son eau du robinet avec un produit anisé d’une grande marque industrielle réputé pour ses propriétés assainissantes (1), le vert- tueux premier ministre Gordon Brown a fait progresser la noble cause écologique en interdisant de servir autre chose que de l’eau du Robinet pendant le conseil des ministres. Il ne lui est par contre pas venu à l’esprit que réduire le train de vie de la couronne aurait un effet beaucoup plus décisif sur l’empreinte écologique.

 

Mais rassurons-nous, nous avons aussi nos vert-tueux en France :

 

Ainsi , en 2006, la municipalité de Besançon n’a rien trouvé de mieux pour faire la promotion de l’eau du robinet, que de la mettre en bouteille. Notons que le shadock en chef de cette opération , le maire Jean-Louis Fousseret, gouverne sa mairie avec l’appui des écologistes. Alors que la campagne de promotion de la Bisontine (2) insiste sur le fait que le prix de l’eau du robinet est environ 100 fois inférieur au prix d’une eau en bouteille, voilà les consommateurs encouragés à la payer au prix fort.

 

L’écologiquement correct se mariant parfaitement avec le folkloriquement désuet, le conditionnement en bouteilles de plastique (recyclable à 80%) cède la place à des bouteilles en verre consignées, et d’ « une logique très poussée de développement durable ». Pour une famille de 5 personnes buvant uniquement de la Bisontine, prévoir de faire du grand ménage dans le cellier pour stocker les bouteilles vides et planifier qui sera de corvée de consigne !  

 

Elle bénéficie parfaitement « de circuits de transports courts » : elle doit être distribuée dans un rayon de 50 kilomètres autour de Besançon si on en croit FR3 Franche-Comté, donc vraissemblablement par camions, ce qui n’est pas plus écologique que des bouteilles transportées jusqu’à Perpignan en train !  Le prétexte de la pédagogie écologique risque donc par réflexe chauvin d’amener des consommateurs franc-comtois  à boire de l’eau en bouteille alors qu’ils buvaient jusque là de l’eau du robinet, plus anonyme qu’une eau étiquetée « bien de chez nous » ou tout simplement à substituer la Bisontine à d’autre eaux minérales. Super bilan écologique !  

 

Forts de leurs premiers succès, la municipalité  de Besançon a  décidé de créer une version gazéifiée de la Bisontine, qu’une campagne publicitaire dont on aimerait connaître le coût présente comme « 100% durable », et comme la « première eau du robinet avec des bulles ». N’y voyez aucune manifestation d’humour, au alors totalement involontaire. Les gens qui veulent vraiment donner dans le durable en consommant de l’ « eau du robinet avec des bulles » peuvent éviter d’acheter la Bisontine pétillante dont il est prévu de produire 100 000 bouteilles en investissant dans des fontaines à eau gazeuse directement branchées sur le robinet.Ils choisiront de préférence celles fonctionnant sur secteur , donc à l'énergie pour l'essentiel nucléaire , donc propre. En plus , ils feront des économies.

 

Anton Suwalki

 

 


 

 

 

 

(1)     de source sûre : http://imposteurs.over-blog.com/article-18926224-6.html#anchorComment

voir les commentaires de nos informateurs.  

 

      (2) http://www.besancon.fr/gallery_files/site_1/346/348/19969/dpbisontinepetillante.pdf

 


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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 11:57

Suite de la première partie :

http://imposteurs.over-blog.com/article-20497875.html


 Pourquoi Malthus s’est trompé :

Le mécanisme de Malthus s’applique assurément à toute période où la population tend spontanément à croître plus vite que les moyens de subsistance dont elle dispose . Dans ce cas, aucun mécanisme d’aide ou de solidarité sociale n’est susceptible d’empêcher l’action régulatrice de la dame à la faux incarnée par les obstacles décrits par Malthus (misère extrême, sous-nutrition des enfants, famines , épidémies etc…). Les visions démographiques de Malthus éclairent la quasi-totalité de l’histoire humaine jusqu’au 18ème siècle. C’est le régime démographique dit primitif . Or paradoxalement, la première réelle théorie démographique anti-populationniste a été formulée à une époque où les mécanismes qu’elle décrit ne s’appliquait plus , au moins dans le pays de Malthus: la croissance des moyens de subsistance permis par les progrès de l’agriculture était dès cette époque supérieure à celle de la population , situation sans laquelle cette dernière n’aurait pu progresser régulièrement sans buter sur les obstacles décrits par le pasteur anglais.

Ce qui s’est passé en Angleterre s’est largement étendu au 19ème siècle aux pays gagnés par la révolution industrielle, où l’a constaté une inversion des relations de cause à effet décrites par Malthus : Au lieu d’une démographie qui plomberait avec un déterminisme absolu les ressources disponibles par tête, c’est la croissance de celles-ci qui modifient le régime démographique, qui devient dans un premier temps un régime de croissance rapide, puis atteint un certain niveau de développement, provoque un fléchissement jusqu’à une étape ultime rythme de croissance très lente voire de stagnation (ou même de décroissance légère de la population) . Résumons ce processus en 4 étapes :

1ère étape : Le régime démographique primitif déjà évoqué dans l’introduction .

-Un taux de natalité très élevé et à peu près constant, au maximum physiologique (autour de 45/50 pour mille).

-Un taux de mortalité à peine inférieur en temps ordinaire, et s’élevant au dessus du taux de natalité en période de crise : disettes, famines, épidémies

Résultat : un taux d’accroissement naturel (1) annuel en moyenne extrêmement lent, inférieur à 1 pour mille pour toute la période précédant la transition démographique !

Suit à cette étape la transition démographique se déroule en 2 temps

2ème étape : La première phase de la transition démograpique

-Le taux de natalité reste constante ou ne fléchit que très peu

- Le taux de mortalité baisse rapidement, et en premier lieu la mortalité infantile, du fait de l’amélioration des ressources disponibles et de la situation sanitaire générale.

Résultat : un taux d’accroissement naturel très rapide.

3ème étape : La deuxième phase de la transition démographique

- Le taux de natalité baisse rapidement à son tour à partir une fois atteint un certain niveau de sécurité économique. Les différences de natalité entre les classes sociales sont encore marquées , mais la tendance est très nette.

- Le taux de mortalité continue à baisser pour les mêmes raisons que l’évolution de la natalité, mais moins vite que celle-ci

Résultat : le taux d’accroissement naturel se ralentit.

4ème étape : Le régime démographique actuel des pays développés.

- Les taux de natalité et de mortalité se stabilisent à un niveau très bas

Résultat : le taux d’accroissement naturel est très faible, nul , ou peu même devenir négatif par effet de structure (effet mécanique de l’élévation continu de l’espérance de vie).

 




La convergence du processus d’évolution démographique à l’échelle mondiale (2)

Pourtant si on rapidement une courbe d’évolution de la population mondiale, un tel enchaînement de ces phases ne saute pas aux yeux, et une interprétation rapide pourrait conduire à croire que ce modèle ne vaut que pour une petite partie de la planète et que la fin de la transition démographique n’interviendra jamais. C’est en fait un trompe l’œil. Si l’agrégation des courbes démographiques des différentes régions du monde ne présente pas la « perfection » scolaire de la théorie, c’est avant tout à cause de décalages dans le temps : alors que la transition démographique a démarré depuis plus de 200 ans en Europe, elle date de quelques générations voire quelques décennies pour certaines régions du globe.

En Afghanistan, et dans les pays d’Afrique exception faite de ses parties septentrionales et australes, le régime démographique qui prévaut correspond au mieux à l’amorce de la deuxième phase de la transition : la mortalité a considérablement baissé, bien qu’elle demeure beaucoup plus élevée que dans les pays développés. Elle est de 15 à 17 pour mille en Afrique, et atteint 20% en Afghanistan. La natalité reste très proche du maximum physiologique en Afghanistan (48 pour mille) en Afrique centrale (45 pour mille) et n’a que timidement baissé en Afrique orientale, occidentale et subsaharienne, à des taux de 37 à 38 pour mille. Globalement l’Afrique est donc le continent dont la croissance démographique naturelle est la plus rapide, à 22,8 pour mille, ce qui représenterait un doublement en à peine plus de 30 ans si le rythme actuel devait se maintenir. Mais se maintiendra-t-il ?

Il est évidemment impossible d’affirmer avec certitude que ce qui a eu lieu ailleurs se reproduira dans le futur, et on devine bien des obstacles possibles dans ces pays à l’achèvement de la transition démographique qui verrait une baisse de la natalité. Mais dans les années 60, la situation était très semblable en Amérique Latine , avec des taux de natalité de 45 pour mille au Mexique, 46 au Venezuela ,41 au Brésil ! Or les taux de natalité actuel de ces pays sont respectivement de oscille entre 19 et 21 pour mille. L’Inde qui affichait en 1960 des taux de natalité de 38 pour mille n’affiche aujourd’hui que 23 pour mille . Et l’Asie entière, de très loin le continent le plus peuplé et donc celui qui a dans les décennies passées le plus contribué à l’explosion démographique globale ne connaît aujourd’hui qu’un taux d’accroissement naturel de 11,5 pour mille.

Autrement dit : il est possible qu’existe quelque part sur le globe quelques tribus isolées encore soumises au régime démographique primitif. A cette exception (hypothétique) près, nous avons en gros :

- le groupe des pays les plus développés caractérisé par un régime de croissance démographique naturelle modérée, de stagnation voire de légère décroissance, de part un régime conjoint de faible natalité et faible mortalité. La mortalité pouvant parfois l’emporter sur la natalité par un simple effet structurel lié à l’accroissement de la part des personnes âgées dans la population globale.

- un groupe qui représente la plus grande partie de l’humanité , la majeure partie de l’Asie , de l’Amérique Latine, et une partie minoritaire de l’Afrique qui a largement entamé sa deuxième phase de la transition démographique : l’accroissement naturel y est encore assez élevé, mais où la natalité baisse assez vite et régulièrement.

- un groupe constitué des pays les moins avancés , principalement situés en Afrique, caractérisé par un taux d’accroissement naturel qui sont encore dans la première phase de transition démographique ou ont à peine entamé la deuxième phase de cette transition. Ce groupe représentant moins de 10% de la population mondiale , ne devrait pas constituer une pression démographique majeure , même si l’achèvement de la transition démographique devait prendre plus de temps qu’ailleurs. De manière générale, la transition démographique est plus rapide de nos jours que pour les pays du vieux continent qui ont les premiers opéré leur révolution démographique.

 

 



Et si c’était faux ?


Et si c’était faux ? Et si ce modèle ne se généralisait pas, que l’explosion démographique se poursuivait, voire s’amplifiait ?

A la différence de sciences plus « dures » , toute généralisation ou toute projection en matière de démographie, liée à des mécanismes sociaux, culturels, et des aléas économiques et politiques est forcément très réductrice et soumise à beaucoup de réserves. Les belles courbes schématisées ci-dessus correspondant aux lois générales de l’évolution démographique ne s’appliquent pas en tout temps et en tout lieu d’une façon aussi linéaire : la courbe de l’évolution démographique française sur le 20ème siècle a connu bien des baisses et des rebonds. On remarquera par ailleurs que nous n’avons pas traité la démographie très spécifique des pays de l’ancien bloc de l’Est, dont la population décroît après son implosion.

Les démographes n’étant pas des oracles,  ils ne font que prolonger des tendances affectées d’un certain degré d’incertitude (hypothèses moyenne, basse, haute) toutes choses égales par ailleurs, et n ‘étant pas pas devins, sont incapables de prévoir une guerre, ses dégâts démographiques, sa durée…    

        

Tout semble indiquer tout de même indiquer que l’explosion démographique appartient au passé, même si elle est très récente et même si on attend encore 2,5 milliards de bouches supplémentaires dans les décennies à venir : En nombre absolu, c’est entre 1995 et 2000 que l’humanité à le plus progressé , augmentant d’environ 88 millions d’individus par an. En valeur relative, l’accroissement le plus rapide a été enregistré entre 1965 et 1970, avec un taux d’accroissement annuel de 20,5 pour mille. Ce taux a nettement diminué depuis pour n’être plus que de 12 pour mille actuellement, la planète gagnant encore 78 millions d’habitants chaque année.

Selon l’hypothèse moyenne, 9,2 milliards d’habitants devraient peupler la planète vers les années 2050 , avec un taux d’accroissement très tempéré de 3,6 pour mille, soit une trentaine de millions d’individus supplémentaires par an. Les hypothèses alternatives, basées sur des scénarios d’évolution de la fécondité des femmes cadrent ces 9,2 milliards dans une fourchette de 7,8 milliards à 10,8 milliards.

Nous avons évoqué la tendance à la convergence du régime démographique des pays en développement vers celui des pays développés. Encore faut-il donc que ces pays poursuivent leur développement. Celui-ci ne fait pas qu’apporter une amélioration des ressources disponibles, il est facteur de changements culturels qui modifie les stratégies familiales , la taille de la descendance cessant progressivement souvent d’être une valeur essentielle, le progrès du niveau d’éducation, la diminution de l’emprise cléricale , une amélioration au moins relative de la condition féminine qui permet aux femmes de contrôler leur sexualité et leur fécondité, et par là-même une tendance à l’autocontrôle des naissances par les techniques modernes de contraception dont ne disposaient pas les pays européens au moment de leur transition démographique facilitant évidemment les choses. La Tunisie qui a (rendons grâce à Bourguiba sur ce point, beaucoup moins arriéré en son temps que les fossiles de l‘UDR) autorisé la contraception et l’avortement avant la France, a presque achevé sa transition démographique avec un taux naturel de 11 pour mille.

Il ne faut pas ignorer l’emprise de la religion dans certains pays sous-développés où les évêques continuent à proscrire le préservatif (attitude d’autant plus criminelle qu’il y a le SIDA) , ou les théocraties islamistes qui pourraient malheureusement gagner du terrain .

Soulignons simplement que même en pays des ayatollahs, souvent morale religieuse et préceptes démographiques varie : en Iran, sous l’ère Khomeiny, la doctrine officielle d’Allah était férocement populationniste. Le régime rabaissé l’âge légal du mariage des filles à 9 ans, ce qui fut une des pires manifestations de l’obscurantisme de ce régime. Comme bien des anciens populationnistes , Khomeyni voulait beaucoup d’enfants pour sa « évolution » islamique, un terme poli pour désigner la chair à canons.

Mais dans les années 90, après la guerre Iran-Irak, la doctrine démographique du régime islamique prit un tournant à 180°. Les difficultés économiques, associées probablement à la peur de la bombe à retardement que constitue une jeunesse nombreuse au chômage ou pauvre, conduisit à une politique d’incitation ferme à réduire les naissances : les théologiens entreprirent une fumeuse exégèse destinée à prouver que la contraception était compatible avec la parole sacrée, voire que c‘était une vertu coranique….

Passé un certain niveau matériel, codes moraux, patriarcat, condition de la femme, évoluent en dépit de la culture d’origine et des préjugés religieux. La bourgeoisie et petite bourgeoisie urbaine des nations musulmanes adopte le plus souvent des comportements « occidentalisés » (les guillemets sont importantes), y compris en matière de naissances préfigurant ce que serait vraisemblablement ceux de l’ensemble de la population si la situation économique de celle-ci s’améliorait suffisamment. Un phénomène qui s’est produit dans les pays développés , ou le différentiel de fécondité entre classes riches et pauvres s’est progressivement atténué .

Pour répondre à la question posée plus haut -et si c’était faux ?-, nous serions tentés de dire, que la généralisation du modèle d’évolution démographique en 4 étapes jusqu’au régime démographique lent caractéristiques des pays avancés est le plus probable, et les signes qu’il tend à se généraliser sont très nombreux. Mais très probable n’est pas certain. Il est plus important de retenir les conditions dans lesquelles cette généralisation s‘effectue .

Nous nous sommes efforcés de nous situer au-delà de la morale pour observer objectivement que le progrès matériel et la diminution de l’oppression économique et sociale sont les meilleures garanties d’un contrôle volontaire des naissances par les familles au niveau du nombre d‘enfants qu‘elles désirent avoir, le seul qui soit efficace. Le contrôle des naissances imposé d’en haut est le signe d’une oppression en même temps qu’elle la renforce.

Anton Suwalki

 


Notes :

 (1) Nous avons volontairement laissé de côté tous les flux migratoires qui naturellement influencent localement l’évolution locale, immédiatement (entrées sorties) mais aussi en étant susceptible d’agir sur le régime démographique en fonction de l’âge ou du sexe des entrants ou des sortants par exemple (fécondité, natalité)

(2) ressources statistiques utilisées pour cette partie et la suivante:

Démographie de Paul Hugon, Daloz, pour les données anciennes

INED, Nations Unies pour les données actuelles ou les projections de population

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 15:44

Vous avez dit Bombe P ?



Vers 1830, la population mondiale atteignait un milliard d’habitants. Il lui avait jusque là fallu des millénaires, depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne pour doubler. Jusqu’au dix-huitième siècle, son rythme d’accroissement était extrêmement lent : la natalité atteignait le maximum physiologique lié à la fécondité autour de 45-50 pour mille, mais dépassait à peine en temps normal la mortalité. Disettes, famines, et grandes épidémies venaient régulièrement gommer l’excédent de population péniblement dégagé au cours des années ordinaires.

 

Or si la population mondiale avait mis des millénaires pour atteindre le premier milliard d’individus, elle atteignait 3 milliards en 1960. Elle avait triplé en 130 ans. Il ne lui a fallu que 40 ans supplémentaires pour passer à 6 milliards peu avant l’an 2000. Elle a davantage progressé en nombre en 40 ans que pendant tout le reste de l’histoire !

N’y a-t-il pas matière à tirer la sonnette d’alarme, comme le font certains écologistes depuis les années 70 , à la suite de René Dumont ?

Les chiffres font rapidement peur quand on manie des chiffres en milliards. Mais une population qui double en 40 ans , c’est à peu près un taux d’accroissement annuel moyen de 17 pour mille. Imaginons donc un modèle réduit d’humanité de 1000 êtres disposant des ressources naturelles en proportion et de tout le savoir faire technique existant aujourd’hui . Une telle population passerait de 1000 à 1017 l’année suivante, puis à 1035 etc….passant enfin de 1967 à 2000 au bout de 40 ans. Qui pourrait vraiment y voir péril en la demeure ? L’accroissement de la population au cours des dernières décennies s’est accéléré par rapport au 19ème siècle et à la première moitié du 20ème siècle pour des raisons structurelles : c’est dans la partie la plus peuplée de la planète que s’est produit la transition démographique , liée à la diminution de la mortalité, constatée essentiellement dans les pays « riches » auparavant. Or le rythme d’accroissement a sensiblement diminué depuis en particulier en Asie et en Amérique Latine, mais également dans une moindre mesure en Afrique.

En revanche 9 sur 10 des humains supplémentaires à  venir naîtront dans des pays du Sud, et pour beaucoup dans des pays qui peinent déjà à nourrir la population actuelle. L’essentiel des peurs ne viennent-elles pas de ce fait et de la peur des multitudes affamées ? En fait d’une pression démographique, il s’agit surtout d’une pression voire une injonction au développement économique. Car les populations du Tiers-Monde n’ont pas seulement besoin de survivre, elles ont droit d’accéder à un niveau de consommation que le progrès technologique a autorisé dans les pays du Nord, malgré les inégalités. Or c’est ce développement que les écologistes les plus radicaux prétendent interdire !

La prise de pouvoir médiatique par les écologistes depuis quelques années « libère la parole » et permet de plus en plus à des idées sorties d’un autre âge de s’exprimer au plein jour. Certains écologistes radicaux peuvent désormais dire haut ce qu’ils pensaient tout bas, distillaient par ci et par là, mais sans jamais l’assumer vraiment. Notre célèbre gourou anti-OGM , Gilles-Eric Séralini se plait à montrer dans ses conférences des graphiques chocs démontrant l’inéluctable explosion de la « bombe P ». Un livre signé Michel Tarrier vient de paraître qui s’intitule carrément « Faire des enfants tue » (1). L’écologie profonde, qui considère l’espèce humaine comme une espèce n’ayant aucun droit particulier (les criquets n’ont sans doute pas ce genre de problème de conscience!) dans une nature pensée religieusement et vénérée (3). Dans cette optique l’homme et sa diabolique capacité d’utiliser les forces de la nature pour « prospérer » en quantité et en qualité, voilà l’ennemi. L’homme n’étant plus au centre de sa problématique, il se préoccupe non pas de résoudre les problèmes réels et de tous ordres que pose l’accroissement de la population mondiale, mais de mettre un terme à celui-ci.

Nous allons essayer de resituer cette résurgence de ces idées anti-populationnistes dans l’histoire des conceptions et des théories sur la population, de comprendre en quoi elles se rapprochent des idées dites malthusiennes et en quoi elles en diffèrent. Nous tenterons enfin de conclure en discutant la pertinence de ces idées et en mettant en évidence les dangers d’une telle idéologie.

 

Un bref aperçu historique (3):

1) les idées populationnistes

 Soulignons le progrès immense qu’a représenté au niveau individuel pour les femmes la libéralisation de la pilule et de l’avortement, leur permettant de contrôler leur sexualité, leur fécondité, et de ne pas être condamnée à la grossesse permanente.

 A l’opposé la mise en œuvre de mesures visant à contrôler le niveau global de la population a été souvent vouée à l’échec, et presque toujours basée sur l’ intervention  très autoritaire de l’État.

Dans l’histoire européenne les conceptions démographiques ont beaucoup plus souvent été populationnistes qu’anti-populationnistes. Il faut dire qu’une population nombreuse était considérée comme synonyme de la puissance du prince. Dans cette optique l’immigration n’était pas considérée comme un danger, bien au contraire.

Dans la Rome antique, la puissance  de l’Empire exige une armée toujours plus nombreuse et l’extension territoriale écarte tout danger de surpopulation. C’est au contraire le dépeuplement des campagnes qui inquiète : une population nombreuse afflue vers les grandes villes en quête d’emplois alors que ceux-ci sont essentiellement détenus par les esclaves. Jules César distribue des terres en Campanie aux pères de 3 enfants. La hantise du dépeuplement se poursuit avec Auguste qui procède à de nombreuses naturalisations et affranchissements d’esclaves pour l’enrayer. Soucieux de la diminution du poids de l’aristocratie romaine, il promulgue des mesures sévères contre les célibataires (assouplies par la suite).

Au moyen âge, les idées sur la population sont celles du christianisme et de ses théologiens. Si la vertu suprême réside pour l’élite dans la chasteté, celle du commun des mortels est de se marier et de procréer : « La contemplation remplit le paradis, le mariage remplit la Terre ». Dès Saint-Augustin, « l’honneur conjugal est dans la chaste et légitime génération des enfants ». L’Église condamne l’infanticide et l’avortement, mais plus largement toute action tendant à limiter le nombre d’enfants.

 

A l’époque du mercantilisme et des physiocrates, le populationnisme ne faiblit pas. Les progrès de l’agriculture n’ont pas encore délivré leur excédent de main d’œuvre qui fournira les bras de la Révolution Industrielle. C’est la croissance démographique qu’on charge de fournir une main d’œuvre suffisante aux manufactures naissantes. Au 16ème et 17ème siècle, la période est à l’optimisme populationniste : plus de population, c’est plus d’activité économique et plus d’échanges. Selon Jean Bodin « il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, car il n’y a richesse ni force que d’hommes ».

Par ailleurs se forment un peu partout en Europe les puissantes monarchies centralisées qui remplacent progressivement les pouvoirs féodaux dispersés. Ces monarchies ont besoin d’hommes pour leurs administrations et leurs armées. Charles Quint s’inquiète à la fin du XVIème siècle de la dépopulation de l’Espagne. Des mesures d’encouragement à l’immigration seront prises. En France, Barthélémy de Laffemas préconise de stimuler la natalité et d’interdire l’émigration sous peine de confiscation des corps et biens. Colbert, ministre de Louis XIV , prendra des mesures pour attirer les artisans étrangers et d’autres pour encourager le mariage « sources fécondes de la force et de la grandeur des États ».

Malgré quelques voix discordantes, les doctrines et les politiques populationnistes ont très clairement dominé en Europe jusqu’à la fin du 18ème siècle, avant la parution de l’ Essai sur le Principe de Population de Thomas Robert Malthus en 1798. Celui-ci n’est pourtant pas le fondateur des doctrines anti-populationnistes : des philosophes grecs avaient 2000 ans avant lui préconisé un contrôle sévère de la population. Nous verrons que si les populationnistes fondaient leurs vues sur le soucis de puissance politique, les anti-populationnistes depuis Platon jusqu’à Malthus sont avant tout préoccupés par les « classes dangereuses » et la nuisance à l’ordre social que représente à leurs yeux la multitude.

2) les idées anti-populationnistes des philosophes grecs :

La conception de la cité idéale par Platon ne pouvait aller qu’avec l’idée d’un nombre idéal de citoyens peuplant la cité. Il s’agit certes d’éviter leur insuffisance, mais également tout excès de population qui irait à l’encontre de l’ordre public rêvé. Conformément à cette vision typique de la philosophie grecque, faite de proportions idéalisées dans lesquels on voulait faire rentrer le monde réel, la population idéale de Platon est précisément chiffrée et stationnaire. Il fixe cette population à 5040 citoyens, les femmes enfants et les esclaves étant décomptés à part. Pourquoi 5040 ? Parce que ce nombre est le produit des 7 nombres premiers, ce qui doit permettre la meilleure administration possible des citoyens. Cet optimum devrait être maintenu grâce au recours à l’émigration forcée en cas de surnombre. Platon est également précurseur de l’eugénisme puisqu’il préconise l’élimination des nouveau-nés mal conformés et la sélection des « meilleurs » géniteurs .

Aristote , sans enfermer la population dans les nombres magiques de Platon, partage cette conception de limiter la population afin qu’elle ne soit pas cause de crimes et de révolutions. Il préconise l’infanticide et l’avortement et d’assurer la qualité des enfants en limitant l’âge de procréation des hommes entre 35 et 55 ans.

 3) La doctrine anti-populationniste de Thomas Robert Malthus :

 Les idées démographiques de Malthus sont à des années-lumière des proportions parfaites et de l’idéalisme grec.  Bien que ses idées soient par ailleurs imprégnées de la prude morale anglicane, les arguments développés sont de nature matérialiste et non de nature religieuse. Son Essai sur le principe de population paru en 1798 intervient alors que l’essor de la population anglaise est déjà bien établi, et que la révolution industrielle en marche ne réduit pas la misère des pauvres qui s’entassent dans les villes, bien au contraire . Or des lois sociales d’assistance aux nécessiteux ont été récemment voté en Angleterre, provoquant une hausse des impôts des possédants que ceux-ci ne voient pas d’un bon œil. Pour Malthus ces lois sont non seulement inefficaces mais nuisibles : les sommes conscrées à l’assistance ne produisent pas davantage de blé mais davantage de pauvres !

Pour Malthus, sans obstacle, une population doublerait tous les vingt ans, s’accroissant selon une raison géométrique, tandis que les moyens de subsistance ne peuvent au mieux s’accroitre selon une raison arithmétique.

 « la race humaine croitra (sans les obstacles) selon une la progression 1,2,4,8,16,32,64,128,256; tandis que dans le même temps les moyens de subsistances croîtront selon une progression de 1,2,3,4,5,6,7,8,9. Au bout de siècles, population et moyen de subsistance seront dans le rapport de 256 à 9 ».

Une situation évidemment impossible.

C’est pourquoi existent naturellement des obstacles qui viennent réguler cette disproportion : ils « tendent par le vice et le malheur à abréger la durée naturelle de la vie de l’homme :les métiers malsains, les travaux rudes et pénibles, l’extrême pauvreté, la mauvaise nourriture des enfants, l’insalubrité des grandes villes, les excès en tout genre, enfin la famine et les épidémies, la guerre, la peste et les famines » .

A côté des fléaux qui régulent la surpopulation au prix de souffrances immenses, il y a les obstacles préventifs, ceux que la contrainte morale pourrait dicter à l’homme qui ne devrait pas « mettre au monde des enfants qu’il n’est pas en état de nourrir ». Contrainte qui pourrait se concrétiser dans le recul de l’âge du mariage voire la chasteté dans le mariage.

L’assistance est donc inefficace et totalement illusoire, la pauvreté et la stagnation des ressources des pauvres autour du minimum de subsistance inéluctable : que le nombre de travailleurs viennent à augmenter au-delà des tâches à accomplir, et les salaires baisseront en dessous du minimum de subsistance jusqu’à ce que l’équilibre naturel de la misère soit rétabli.

Pessimisme extrême, réalisme, ou cynisme total ? Les proportions respectives de ces ingrédients sont difficiles à établir. Le fait est que malthusianisme « mécanique » fonctionne si une population s’accroit plus vite que ses subsistances et qu’elle ne reçoit aucune aide. Mais la défense de la thèse de la croissance seulement arithmétique des subsistances est sans doute liée à la défense de la rente et des propriétaires fonciers qu’a ultérieurement préconisée Malthus contre l’économiste Ricardo. Et si Malthus prétend inoculer la morale et l’abstinence chez les pauvres, pour leur éviter la pauvreté la plus sordide et la dépendance, sa compassion reste très limitée : Il propose ainsi de les maintenir par le niveau des salaires un peu au-dessous du niveau de subsistance !

Et au-delà des considérations économiques, il y a très nettement la méfiance des « classes dangereuses » dont les effectifs  s’accroissent avec le capitalisme en plein essor : « la populace, qui est généralement formée par la partie excédentaire d’une population aiguillonnée par la souffrance mais qui ignore la vraie cause de ses maux, est parmi tous les monstres, le plus redoutable ennemi de la liberté. Elle fournit un aliment à la tyrannie, et au besoin la fait naître. »

 

Quoiqu’il en soit, les pronostics de Malthus se sont largement avérés faux jusqu’à nos jours. Il convient de comprendre pourquoi.

A suivre

Anton Suwalki


 

 

 (1)http://www.amazon.fr/Faire-enfants-tue-Eloge-d%C3%A9natalit%C3%A9/dp/2842744403

(2) lire à ce sujet l’intéressant dossier d’Alerte environnement sur Ecologie et religion :

http://www.alerte-environnement.org/dossier-special-ecologie-et-religions/

(3) Sources consultées sur l’histoire des idées démographiques :

Démographie, P Hugon, Précis Dalloz                                                                              La pensée politique des origines à nos jours, PUF, collection Thémis


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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 11:14

En mars 2008, les Éditions Dupuis sortaient un numéro spécial , intitulé « Demain La planète » -comme c’est original ! - publié en partenariat -comme c’est original- avec Greenpeace et la WWF. (1)

En son temps, Pif le chien était peut-être connoté, destiné à sensibiliser les enfants à certaines injustices, mais jamais n’a été instrumentalisé de manière aussi grossière au service de la bonne cause. Les éditeurs de l’Humanité avaient peut-être un peu plus de scrupules que nos alter-écolos.

La bonne cause écologique se marie parfaitement avec la bonne cause commerciale. C’est à croire que chaque journal se doit d’y aller de son petit couplet pontifiant sur la planète pour rester dans la course. Mais notre cher Spirou fait beaucoup plus fort avec son numéro spécial . L’éditorial donne le ton :

” S’il n’est pas encore trop tard pour réagir, il ne faut plus tarder trop longtemps, si l’on ne veut pas se retrouver avec les pieds dans l’eau durant certains mois, accablés par la sécheresse à d’autres périodes, et obligés de porter un masque à oxygène dans des villes où la nature aura disparu pour cause de pollution. C’est original comme look, le masque à oxygène, mais à choisir, je préfère encore pouvoir respirer librement et avoir des arbres, des papillons et de petits oiseaux à regarder. Et pour cela, il nous suffit de changer nos habitudes. De consommer autrement. Et d’agir.”

Pourquoi pas évoquer les scènes de Mad Max ou de Soleil Vert pendant qu’on y est ? Lorsque nous parlons régulièrement des marchands de peur, on voit ici que ça n’a rien d’excessif. Effrayé et conditionné devant de tel scénario d’épouvante, que peut faire le bambin sinon épouser la cause des courageux qui combattent pour éviter cet apocalypse.

 

Selon le site Alerte et Environnement le numéro spécial inclut un jeu de l’oie « Lucie militante antimondialisation » . Parmi les missions de Lucie, elle doit entre autre bombarder de tomates l’OMC, détruire des essais d’OGM, et casser un … MacDonald !

 

Comment un enfant de 10 ou 12 ans, même d’une grande maturité pourrait-il élaborer des jugements sur des problèmes aussi complexes que l’organisation mondiale du commerce, ou sur les bienfaits ou méfaits des OGM ? Justement, profitons-en pour lui bourrer le crâne, lui apporter notre prêt à penser avant qu’il soit capable de porter sur nous un jugement critique, doivent penser nos alter-écolos.

 

Paradoxalement , alors qu’ils dénoncent en permanence l’uniformisation liée à la mondialisation, ils n’ont rien de plus pressé que de former des petits clones.

Anton Suwalki

 

Notes :

(1)     http://www.dupuis.com/servlet/javaparser?pgm=NEWScliViewActu&languageId=1&id_actu=337

      (2) http://www.alerte-environnement.org/?s=Spirou&submit=Go
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