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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:55

placenta.jpg

La plupart des commentaires sur le film Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme (1), ont porté sur la question (légitime) de savoir si les propos des psychanalystes interviewés avaient été dénaturés ou caricaturés par des effets de montage, ainsi que l’affirmaient ceux qui ont porté plainte contre la réalisatrice Sophie Robert, et ont obtenu la scandaleuse censure du film. A ce sujet et après plusieurs visionnages du film, je pense que l’ensemble des propos tenus par eux reflètent au contraire très fidèlement la vision misogyne des principaux théoriciens de la psychanalyse, Freud, Lacan, Dolto, Bettelheim.. : ceux-ci ont toujours fait de la mère la responsable de toutes les pathologies mentales de l’enfant, quoi qu’elle fasse d’ailleurs. La mère fait toujours mal. Le père ne peut avoir dans cette vision qu’une responsabilité secondaire, celle de ne pas empêcher la mère de nuire à l’enfant.


Un des aspects révélateurs du discours des psychanalystes a été peu commenté. Alors qu’ils rejettent à la fois les acquis scientifiques sur l’origine biologique de l’autisme et les thérapies comportementales qui permettent à l’enfant des progrès significatifs, ils développent leur propre théorie biologique censée soutenir la thèse de la mère destructrice. Notons que leurs élucubrations biologiques sont d’un déterminisme absolu infiniment plus désespérant que le déterminisme « scientiste » qu’ils dénoncent par ailleurs.


Ainsi, selon Bernard Golse, « dès que le bébé est conçu, l’organisme maternel va immédiatement sécréter une vague d’anticorps très forte pour expulser ce bébé qui est a demi étranger pour le corps de la mère . Finalement la première chose que biologiquement la mère ne supporte pas chez son bébé, c’est la partie qui vient du père ». Selon Aldo Naouri, « En 1984, il y a un biologiste qui fait la démonstration assez extraordinaire que le placenta est d’origine paternelle exclusive. C’est-à-dire qu’il est sous le contrôle de gènes portés par le spermatozoïde. Autrement dit, le placenta, c’est ce qui permet à une mère de ne pas détruire son enfant, et à un enfant de ne pas tuer sa mère. (.) autrement dit, c’est un élément régulateur entre eux, c’est une interposition ce placenta. C’est-à-dire que, en gros, on a le sentiment comme ça que l’attitude du père à l’intérieur des décisions qu’il prend, de ce patriarcat qu’il instaure, de cette domination masculine, a été toujours une recherche empirique de cette fonction que le placenta occupe et qui permet à chaque enfant de venir au monde sans être détruit. »


Nous avons là l’utilisation d’une technique éprouvée des pseudo-sciences qui consiste à distiller quelques bribes de vérité et à les détourner afin d’alimenter une théorie  dans laquelle elles n’ont rien à faire : car même si tout cela était vrai, que le père était l’unique protecteur biologique de l’enfant en gestation dans le corps hostile de la mère, cela n’apporterait aucune validité supplémentaire à la théorie de la mère qui désire inconsciemment détruire son enfant. Nulle part, il n’est démontré que l’inconscient n’est que le reflet de processus biologiques automatiques, tels que le déclenchement du système immunitaire. Ainsi, personne n’oserait soutenir, du moins nous l’espérons,  que dans le cas d’une fausse couche, l’inconscient maternel « destructeur » l’a emporté.  Mais ces propos énoncés sur le ton de la certitude sont susceptibles d’inoculer des idées fausses aux spectateurs du documentaire (3), pour rendre crédible la thèse de la mère destructrice et psychopathogène.  On voit par exemple le parallèle allègrement franchi par Naouri entre la supposé protection paternelle dans le placenta et le modèle social du patriarcat et de la domination masculine . Il est donc nécessaire de faire le point.

 

1/ La demie-vérité sur laquelle s’appuient les psychanalystes pour leurs extrapolations abusives tient dans le fait que l’embryon et le placenta n’ont pas la même carte d’identité génétique que la mère , portant aussi les marqueurs du père. En conséquence ils devraient être détruits par les cellules immunitaires maternelles. Celles-ci agissent en vertu d’un mécanisme de reconnaissance du non-soi : chaque individu, et donc l’être en devenir différent du père et de la mère que représente le fœtus présente en effet à la surface de la plupart de ses cellules une combinaison unique de 14 molécules dites HLA , dont 7 proviennent du père et 7 de la mère. Ainsi les lymphocytes T d’un individu tuent toutes les cellules étrangères , c’est-à-dire porteuses d’une combinaison de HLA différentes.  Or elles ne le font pas pour les cellules fœtales  car celles-ci ne sont pas porteuses de ces molécules HLA classiques. Par contre, ces dernières devraient être la cible d’un second mécanisme immunitaires impliquant les cellules tueuses « NK » (comme natural killers, « tueuses naturelles »). C’est là qu’intervient une molécule HLA particulière, la HLA-G,  qui s’exprime à la surface des  cellules cibles des NK , et inhibe l’action de celles-ci. C’est ainsi que le fœtus est protégé, quel que soit le groupe HLA du père. (4)

 

2/ En aucun cas, le placenta n’est d’origine exclusivement paternelle. Chez les mammifères, il est formé à partir de tissus de l’embryon (qui comporte les gènes paternels et maternels) et de l’endomètre maternel , c'est-à-dire de la muqueuse utérine.


3/  Loin d’avoir une fonction exclusivement protectrice contre le système immunitaire maternel, il a pour fonction essentielle de permettre à la mère de diffuser au fœtus des nutriments, de l’oxygène, mais aussi des anticorps. La réalité biologique de la reproduction est infiniment plus complexe que dans la vision d’un autre âge défendue par les psychanalystes, qui semble concevoir la mère un simple « nid » contre son gré, pour donner au père le rôle vertueux. En plus d’apporter à l’enfant la moitié de ses gènes (5), elle joue un rôle actif dans le développement de l’enfant, et la nature l’a dotée de moyens propres de tolérer le fœtus et de le nourrir.


4/  Comme le souligne Fabienne Cazalis (cf note (2)), « le phénomène évoqué, appelé « Gène soumis à empreinte », décrit comment certains tissus sont déterminés non pas par les deux allèles (maternel et paternel) des gènes impliqués, mais par un seul allèle, soit maternel, soit paternel. S’il est vrai que chez les souris, le rôle des gènes d’origine paternelle est essentiel pour la constitution du placenta, il n’en est pas de même chez tous les mammifères ! Chez les Humains, il y a effectivement une influence des gènes soumis à empreinte lors de la constitution du placenta, mais cette influence est mixte, avec action combinée de certains allèles provenant du père et d’autres provenant de la mère. »


En conclusion : La défense par les psychanalystes d’une théorie à bout de souffle et des pratiques aux conséquences funestes dans le cas de l’autisme est déjà navrante, mais la falsification des connaissances scientifiques pour légitimer cette théorie et ces pratiques est tout simplement intolérable. Une raison de plus pour continuer à défendre Sophie Robert contre la censure, et pour contribuer à sa suite à éclairer le public sur la psychanalyse.

Anton Suwalki 

(1) http://imposteurs.over-blog.com/article-soutons-le-mur-et-sa-realisatrice-menacee-par-la-censure-96967139.html

(2) On peut retenir cette mise au point de Fabienne Cazalis, docteur en sciences cognitives  http://www.soutenonslemur.org/2011/12/01/reactions-fabienne-cazalis-phd-1122011/

(3) On peut d’ailleurs regretter que la réalisatrice n’ait pas intercalé dans son documentaire de mise au point de la part de spécialiste pour réfuter les affirmations de Golse et Naouri.

(4) Pour en savoir plus sur le sujet, lire Comment la mère protège son fœtus, Edgar D Carosella et Nathalie Rouas-Freiss, dans Pour la science n° 410

(5) Et même un peu plus, puisqu’elle seule lui transmet son ADN mitochondrial. 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 16:28

 

C’est très tardivement que j’ai appris l’existence du film de Sophie Robert « Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » (1), qu’une frange de psychanalystes veut faire interdire. Cette tentative de censure est aussi scandaleuse qu’inquiétante pour tous ceux qui pensent que les controverses se règlent par la confrontation d’idées, et non pas devant les tribunaux.

        

         Le peu de réaction des médias face à l’action intentée en justice contre Sophie Robert a inspiré à l’ami Jean-Louis Racca, de l’Observatoire zététique, deux billets sur le blog qu’il vient de créer pour la circonstance (2): comment expliquer par exemple que Charlie Hebdo (3), qu’on croyait pouvoir classer parmi les journaux impertinents, à défaut d’être subversif, ne trouve rien à redire à la tentative de censure, y voyant au contraire le moyen d’ «ouvrir l’horizon de cette guerre de tranchées ( que ce mènent pro & anti-psychanalyse ) » ?

         Même si j’étais en désaccord avec le contenu du Mur, je soutiendrais Sophie Robert, question de principes. Mais j’ai bien sûr visionné le film pour me faire ma propre idée sur les accusations de malhonnêteté et de manipulation, voire, pour Caroline Eliacheff, « une pure escroquerie qui serait risible si le sujet n’était aussi grave » (4).

        

         Toujours selon Eliacheff, la manipulation proviendrait du montage, « l’une de ses techniques a consisté à refaire hors champ une question concernant l’autisme en donnant comme réponse des phrases tronquées extraites d’un autre contexte ».

« Propos sortis de leur contexte », la bonne vieille tarte à la crème des gens qui se lâchent et regrettent après coup leur franchise momentanée. Il est pourtant extrêmement difficile de croire que les psychanalystes interviewés aient été roulés dans la farine. La question de l’autisme n’est en effet qu’un des angles d’un documentaire en plusieurs parties que Sophie Robert comptait réaliser. Même si les questions ont été reformulées au montage, elles collent tout-à-fait aux réponses des personnes interviewées. La thèse de la manipulation est donc une fable éliachevienne.

De son côté, Aldo Naouri prétend : « Cependant, dans le cadre de l’interview que j’ai accordée en confiance à la réalisatrice Sophie ROBERT, il n’a été à aucun moment question d’autisme dès lors que mes propos, bien plus nuancés qu’ils ne paraissent, étaient destinés à s’inscrire dans un documentaire sur la psychanalyse pour ARTE et non pas sur « la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » (5). Pourtant, il parle bien d’autisme, et répond bien à des questions sur l’autisme, non ?

Certes, les psychanalystes ne sont pas à leur avantage dans le film, mais à qui la faute ? La thèse de la caricature ne tient pas davantage la route , car malheureusement, les psychanalystes interrogées sont assez grands pour se caricaturer tout seuls. Les réponses sont d’une grande spontanéité, non soutirées, parfaitement construites par leurs auteurs , et de plus en parfaite adéquation avec les thèses défendues par les principaux auteurs de la psychanalyse sur le sujet.  Et pour tout dire, on se demande quels propos plus nuancés absents après montage du film, pourraient contrebalancer les thèses de Bettelheim, Freud ou Lacan parfaitement assumées par les interviewés, ou des interprétations biologiques qui confinent au ridicule.  Ou quels propos cachés par Sophie Robert pourraient rendre moins insoutenables les fientes lacaniennes de l’esprit lâchées par une certaine Geneviève Loison ?

Restent à savoir pour quelles raisons des psychiatres-psychanalystes s’insurgent contre un documentaire qui restitue assez fidèlement leurs propos et leurs idées sur la question. S’ils se sont lâchés, c’est peut-être parce qu’au départ, le documentaire devait être pour ARTE. Dans la ligne bobo cucul-turelle de cette chaîne, on aurait pu imaginer les mêmes propos enrobés d’un discours bienveillant propre à endormir le spectateur moyen. Mais dans un film réalisé par Sophie Robert, et produit suite au refus des télévisions par une association connue pour son hostilité aux méthodes psychanalytiques, les rois du divan sont nus, et les préjugés misogynes d’un autre âge érigés en théories abracadabrantes apparaissent pour ce qu’ils sont réellement.

Anton Suwalki


 

A lire également à propos du Mur :

Autisme : les « délires scientifiques » des psychanalystes, par Brigitte Axelrad

   

 

Notes :

 

(1) http://www.autistessansfrontieres.com/lemur-site-officiel.php

(2) http://blogs.mediapart.fr/blog/JEAN-LOUIS%20RACCA

(3)http://autisteenfrance.over-blog.com/article-article-charlie-hebdo-14-decembre-bettelheim-has-been-92541263.html

 (4) http://blogs.mediapart.fr/blog/taky-varsoe/101211/le-mur-un-film-de-propagande

(5) http://www.aldonaouri.com/Autisme.htm

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 22:55

Note de lecture :

 

Dans les années 1980, une vague d’accusations d’abus sexuels déferle aux Etats-Unis.  A l’issue de psychothérapies fondées sur les« thérapies de la mémoire retrouvée », des adultes se « souviennent » avoir subi au cours de leur enfance des abus sexuels de la part de leurs parents.

 

En quelques dizaines de pages et sous forme de questions/réponses, Brigitte Axelrad, professeur de philosophie et de psychosociologie, expose les bases théoriques et la manipulation mentale des TMR.

 

Au départ, la théorie de l’inconscient de Freud,  sondeur de l’âme des bourgeoises viennoises en proie à l’ « hystérie », qui conclut à la fin du XIXème siècle que celle-ci avait immanquablement son origine dans un traumatisme de l’enfance  refoulé, et que la séduction (un abus sexuel commis par le père) en était invariablement la cause. Puis, après avoir maintes fois extorqué à ses patientes la « preuve » du bien-fondé de sa théorie, Freud abandonna purement et simplement celle-ci et élabora le complexe d’Oedipe, substituant à la séduction le fantasme de séduction, sans remettre le moins du monde en cause sa méthode anti-scientifique d’interprétation de l’inconscient.

 

         Totalement contradictoire avec la première, la seconde théorie de Freud n’en était pas moins arbitraire et dangereuse : dans le cas de la deuxième, des abus sexuels réels peuvent être ravalés au rang d’affabulations d’enfants amoureux du parent du sexe opposé et en rivalité avec le parent du même sexe. C’est néanmoins la première théorie de Freud et les psychothérapies qu’elle a inspirées qui ont produit les dommages les  plus visibles à la fin du 20ème siècle.

 

         Aux USA, jusqu’à plusieurs centaines de patients de thérapeutes des TMR par an, généralement des femmes de la classe moyenne, ont accusé des parents d’abus. Au départ, parfois une consultation pour un simple mal-être, puis un scénario tragiquement routinier : grâce au « travail » accompli avec le thérapeute, le patient « comprend » que son mal n’est que le symptôme d’un mal plus profond et refoulé, que le thérapeute finit par faire jaillir et réussit à lui faire admettre par les clefs classiques de la manipulation freudienne et des relations malsaines patient et thérapeute. Si le patient n’arrive pas au souvenir qu’attend de lui son directeur de conscience, il « résiste », il « est dans le déni », et le thérapeute le prévient que son état risque d’empirer s’il ne passe pas aux aveux .

 

Les allégations d’inceste ainsi obtenues, et qui déchirèrent des milliers de familles, avaient valeur de preuve selon un argument des praticiens des TMR typique de la langue de bois du freudisme orthodoxe : « c’est le subconscient qui produit les preuves… dépression, manque d’énergie, mépris de soi, il n’y a  pas d’effet sans cause»… Et ce genre de preuves suffit malheureusement parfois à de prétendus experts des tribunaux.

 

         Fort heureusement, cette vague d’obscurantisme d’inspiration psychanalytique suscita une résistance, et la False Memory Syndrome Foundation fut créée en 1992. Parmi ses membres, des familles de victimes, d’éminents psychiatres,  ainsi qu’Elisabteh Loftus, , la psychologue à qui revient le mérite d’avoir prouvé de manière expérimentale qu’on peut fabriquer de toutes pièces des faux souvenirs (2) . Les affaires de souvenirs retrouvés ont quasiment disparu aux USA.

 

La malléabilité de la mémoire la rend perméable à la suggestion, y compris à la suggestion de souvenirs aussi pénibles que ceux d’abus sexuels. Il est désormais bien établi que même la précision parfois étonnante des souvenirs n’est aucunement garante d’une plus grande véracité.

 

Brigitte Axelrad remarque qu’il est donc strictement impossible de faire la distinction entre un vrai souvenir et un faux fabriqué par la suggestion, sans corroboration extérieure..   

 

         Ce livre devrait être mis entre toutes les mains, à commencer par celles de certains représentants de justice…

Anton Suwalki

 


 

(1) Un livre publié par les Editions book-e-book, dans la collection une chandelle dans les ténèbres

(2) Pour plus de détail sur les travaux d’ Elizabeth Loftus, lire notamment : « Les nouveaux psys », ce que l’on sait aujourd’hui de l’esprit humain, Editions Les arènes

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 23:01

La parution du livre de Michel Onfray , Le Crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, a immédiatement provoqué l’ire d’Élisabeth Roudinesco (1), auteure de nombreux ouvrages consacrés à la psychanalyse, et collaboratrice du Monde.

 

J’ai le sentiment qu’on peut se passer de lire ce livre, la littérature et les documents sur les mythes freudiens et le caractère pseudo-scientifique de la psychanalyse sont suffisamment nombreux. Mais la mauvaise foi inégalable d’Elisabeth  Roudinesco - pour qui le monde se déguise en deux , les partisans de la psychanalyse, et …les fascistes - et l’invraisemblable autorité (2) qu’elle a dans les médias m’ont convaincu de l’utilité de mettre un lien vers cet article de Jacques Van Rillaer, professeur de psychologie à l’Université de Louvain, excellent travail de démystification du cas Roudinesco, qui non contente de défendre becs et ongles les légendes freudiennes, en ajoute quelques unes de son cru.

 

Les 20 nouvelles légendes freudiennes de Mme Roudinesco listées par Jacques Van Rillaer :

 

1.La traduction des OEuvres complètes de Freud aux PUF est illisible

2. Le mot « psycho-analyse » a été inventé par Joseph Breuer

3. Le concept de « transfert » est une invention de Ferenczi

4. La psychanalyse peut traiter les phobies, les TOC, la perte de l’estime de soi, etc. bien mieux

que les TCC. Pour cela, il faut proposer des cures courtes (six mois) et actives, comme les

pratiquait Freud lui-même.

5. Le paiement n’est pas nécessaire à la conduite de la cure freudienne

6. Freud souffrait d’une phobie des déplacements parce que, enfant, il avait sans doute deviné la

nudité de sa mère lors d’un voyage en train

7. Freud est un penseur spiritualiste

8. La conception de Freud est très éloignée du chacun pour soi

9. Freud trouve normal qu’un enfant se masturbe

10. La haine de Freud s’est manifestée dès ses premiers écrits

11. Le premier scandale freudien — l’inconscient et de la sexualité —continue à choquer

12. Les historiens critiques du freudisme inventent de toutes pièces

13. Il y a bien souvent, en France, une jonction inconsciente entre antifreudisme et antisémitisme

14. Aux États-Unis, après le passage de Freud en 1909, la psychanalyse a remplacé la psychiatrie

et la psychologie

15. Aux États-Unis, par la suite, Freud a déchaîné la fureur

16. Les nazis regardaient Freud comme leur plus grand ennemi

17. Hitler est le destructeur de la psychanalyse européenne

18. Les médecines parallèles se sont développées depuis la négation de la force du freudisme

19. Les comportementalistes réduisent l’homme à une machine sans âme

20. A cause du DSM ( Manuel diagnostique es troubles mentaux), 1° on ne sait plus qui est fou et

qui ne l’est pas, 2° on ne se préoccupe pas de savoir à quoi renvoient les comportements.

 

Lire l’article de Jacques Van Rillaer :

 

http://www.pangolia.com/scepticisme/Roudinesco.Legendes.pdf

 


 

 

 

 

 (1)     http://bibliobs.nouvelobs.com/20100416/18956/roudinesco-deboulonne-onfray

(2)  autorité d’ailleurs contestée par un psychanalyste beaucoup plus fin, tel Pierre-Henri Castel selon lequel : « Si la psychanalyse n’est pas la seule à soigner, alors qu’est-ce qu’elle apporte d’autre, ou que fait-elle de plus ? Malheureusement, je crains que la réponse traditionnelle ne soit en train de s’effondrer sous nos yeux. Que ce soit par exemple une historienne, Élisabeth Roudinesco, qui se retrouve en première ligne pour défendre « la » psychanalyse pose un problème majeur. La contribution à la théorie et à la pratique de la psychanalyse de cet auteur éminent est égale à zéro.

      http://pierrehenri.castel.free.fr/Articles/Onfray.htm

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 17:10

Dans la mesure où la psychanalyse dans sa version originelle prétend que la libido et nos pulsions sexuelles sont à l’origine de tous nos problèmes psychiques et de nos « conflits intérieurs », on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit la discipline reine pour résoudre tous les troubles de nature sexuelle.

 

L’évaluation de la psychanalyse dans ce domaine n’a pas été faite dans le rapport de l’INSERM de 2005 sur l’efficacité comparée de 3 psychothérapies (1), censuré par ¨Philippe Douste-Blazy , le ministre de la santé de l’époque . L’ annonce scandaleuse de cette censure se fit devant un parterre de psychanalystes lacaniens applaudissant à tout rompre Douste-Blabla affirmant que la souffrance psychique ne s’évalue pas.

 

Il existe cependant des indices assez probants permettant de considérer l’hypothèse selon laquelle la psychanalyse est aussi inefficace dans le traitement des dysfonctionnements sexuels qu’ailleurs. Son mépris pour les thérapies qui soignent ce qu’elle traite dédaigneusement de « symptômes ».

 

Un témoignage de Pascal de Sutter, docteur en psychologie et sexologue clinicien , pratiquant des sexothérapies éprouvées (2) nous en donne quelques indications dans le Livre noir de la psychanalyse. Citons-le intégralement (3)

 

« Je me souviens d’un patient qui avait fait huit ans de psychanalyse pour un problème d’éjaculation précoce. Je cite ce cas, car il s’agit d’un exemple où la psychanalyse avait été bien vécue.

Cet homme de quarante-trois ans reconnaissait que sa cure lui avait fait du bien. Il avait réfléchi à son enfance, à son père absent, à sa mère dominatrice et au sens de sa vie. Il comprenait mieux sa sexualité. On lui avait expliqué qu’il éjaculait trop vite pour « se venger de sa mère » (sic !!!) . Cela l’avait soulagé de donner un sens à son problème sexuel. Il se sentait mieux, moins inquiet. Je lui demandai alors pourquoi il venait consulter ; Il répondit cette phrase éloquente souvent entendue : « Ma psychanalyse m’a permis de comprendre mon problème, mais maintenant  j’aimerais pouvoir vraiment m’en débarrasser » .

Après 10 semaines de sexothérapie, ce patient avait appris à gérer son excitation sexuelle. Sa vie sexuelle s’était radicalement améliorée »

 

« Accessoirement » aussi, la vie sexuelle de sa (ou son ?) partenaire !

 

Deux enseignements essentiels semblent s’imposer de  cette histoire à la fois comique et navrante.

 

1)  On peut être à la fois éjaculateur précoce et sous d’autres aspects, long à la détente !

Désolé, j’ai pas pu m’empêcher…

 

2) La psychanalyse, qui dans sa version la plus extrémiste en France considère comme quasi-fasciste la notion même de résultats et d’évaluation, sous couvert de découvrir le sens caché des pathologies, maintient les individus sur lesquels elle a réussi à mettre le grappin dans leur misère, qu’elle soit psychique, affective, ou sexuelle comme dans le cas qui nous intéresse ici. Les 3 souffrances étant dans ce cas intimement liées.Le pauvre homme qui a trouvé positif de s’inventer une histoire autour de son nombril, au risque évident de sombrer dans l’égocentrisme le plus total, a dû en même temps souffrir inutilement pendant 8 ans, et faire souffrir inutilement sa partenaire !

 

La sexualité est une activité très intéressante. La démarche pseudo-scientifique de la psychanalyse continue à priver des hommes et des femmes d’accéder dans ce domaine à ce qui devrait être considéré comme un des droits de l’homme (et bien sûr de la femme) parmi les plus fondamentaux : l’épanouissement sexuel.

 

Anton Suwalki





  Notes :

 

(1)3 psychothérapies étaient évaluées : les thérapies psychanalytiques brèves, les thérapies familiales, et les thérapies cognitives et comportementales. C’est bien sûr la publication des piètres résultats des thérapies d’inspiration psychanalytique qui ont déclenché la fureur des lacaniens.

(2)il existe néanmoins des troubles sexuels d’origine organique qui ne peuvent être résolus par ce type de thérapies, le mérite des sexologues scientifiques est aussi de reconnaître leurs limites et d’orienter leurs patients vers des médecins lorsqu’ils soupçonnent que les problèmes de ces derniers sont de cette nature.

(3)  Les surlignages sont de moi.Anton

 

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 14:22

L’interprétation des rêves est le premier livre de Freud que j’aie lu, il y a de cela une vingtaine d’années. Sans aucun a priori car à vrai dire je ne m’étais jamais trop posé de questions sur le fonctionnement du psychisme. Découvrant les thèses de Freud sur le rêve et les illustrations concrètes qu’il en donnait, j’ai trouvé ça parfaitement loufoque ! Puis j’ai fait la connaissance d’une fille, étudiante en psychologie (licence) , sympa mais qui m’horripilait assez souvent avec ses interprétations sauvages et sa manie de voir un sens caché à n’importe quel propos que l’on tenait. Par curiosité, je lui ai demandé si je pouvais assister à des cours, et elle m’a proposé de venir suivre avec elle quelques séances de travaux dirigés. Le chargé de TD a accepté ma présence. Ce à quoi j’ai assisté m’a sidéré.

 

J’ignore l’intitulé exact du cours, mais il va sans dire que le chargé de TD était d’obédience psychanalytique, tendance dure. J’ai assisté notamment à l’inévitable interprétation de dessins d’enfants et de scènes à analyser (on avait demandé à des enfants à l’aide de boite de jeu contenant des personnages, des animaux, des maisons, clôtures etc.… de  construire une scène à son goût, cette scène était reconstituée par le prof qui demandait aux étudiants de l’interpréter). Je n’en revenais pas de la trivialité des réponses des étudiants, et j’en revenais encore moins de l’acquiescement de l’enseignant ! Je me suis rendu compte qu’en 3 ou 4 séances, n’importe qui pouvait parfaitement « découvrir » un « sens profond et caché » à ces dessins et scènes sans jamais avoir étudié quoique ce soit en psychologie.

 

La lecture un peu plus tard d’autres textes de Freud m’a confirmé le caractère totalement fantaisiste de ces thèses. Depuis j’ai fait l’effort de me pencher sur les carabistouilles ésotériques de Lacan (j’ai très vite abandonné), ou sur les propos effarants de Dolto : rien de tout ça ne serait grave finalement si tout ça n’avait pas constitué  la base « théorique » de générations entières de professionnels de la santé et de l’éducation. Avec du recul, on se dit que, loufoque pour loufoque, étudier la collection complète de l’Os à Moelle ou l’intégrale des Shadocks aurait été aussi formateur, et peut-être moins nuisible  pour leur futur patients écoliers,etc.. comme pour les étudiants qui auraient au moins acquis un solide sens de l’humour.

Pour en revenir à l’Interprétations des rêves, je vous propose de découvrir la note de lecture faite par Jacques Van Rillaer pour Sciences et pseudosciences, docteur en psychologie et professeur à l’Université de Louvain-La Neuve. Il parle ici de  « Sigmund est fou et Freud a tout faux. Remarques sur la théorie freudienne du rêve » écrit par René Pommier et paru aux Éditions de Fallois.

Anton Suwalki    



La note de lecture de Jacques Van Rillaer :

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, René Pommier a enseigné la littérature classique à la Sorbonne, pendant plus de vingt ans. Mettant à profit le temps libéré par la retraite, il a examiné dans les moindres détails l’interprétation freudienne des rêves et nous livre ici les résultats de son enquête. Pommier s’était rendu célèbre par sa critique rigoureuse de la « Nouvelle Critique » et, plus particulièrement, par son démantèlement du Sur Racine de Roland Barthes. Son ouvrage Assez décodé ! (1978, réédité chez Eurédit en 2005), extraordinairement décapant, lui a valu le Prix de la Critique de l’Académie française. On peut se faire une idée de son érudition, de son intelligence et de sa puissance d’analyse en visitant son
site. On comprend alors que l’Institut lui ait décerné en 2007, sur proposition de l’Académie française, le Prix Alfred Verdaguer pour l’ensemble de son œuvre…..

La suite de la note sur le site de l’AFIS :

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article944


Un texte de René Pommier sur son site :

http://rene.pommier.free.fr/Freud.html

 

Une autre note sur le Livre de René Pommier, par Jean-Louis Racca, de l’observatoire zététique :

http://www.observatoire-zetetique.org/page/news.php?id=37#Culture


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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 11:57

                                        Freud contre Bové ?
















Au procès des faucheurs volontaires qui se tenait mercredi à Bordeaux (1) , le procureur de la République Jérôme Bourrier a requis 8 mois de prison ferme contre José Bové, mais aussi 4 ans de privation des droits civiques, civils et familiaux. Une fois n’est pas coutume, nous allons presque prendre la défense de José Bové sur Imposteurs. Pour faire bonne mesure, soulignons que concernant la peine de prison demandée, elle n’a rien d’extraordinaire car José Bové est un multirécidiviste. N’importe quel gamin s’étant prêté autant fois à des actes de dégradation croupirait en prison depuis longtemps. La réquisition de privation des droits civiques est d’autre part concevable au regard du caractère antisocial et incivique des actes du moustachu (2).

 

Mais au nom de quoi une privation des droits familiaux (dont nous ignorons l’étendue) ? La peine de prison, si elle était confirmée, ne serait-elle pas déjà une pénible privation sur 8 mois des droits familiaux de l’individu? Le comportement « politique » de José Bové préjuge-t-il de ses capacités à assumer des tâches familiales, seul critère qui devrait motiver une pareille mesure ? Peut-être M. le procureur estime-t-il que les actes publics du moustachu sont un mauvais exemple pour ses enfants ? Dans ce cas là, on pourrait se poser la même question pour Jérôme Bourrier. Car concernant Marc Giblet, l’agriculteur qui avait tiré un coup de feu en direction des faucheurs volontaires, le procureur a estimé qu’on pouvait envisager la légitime défense ! L’agriculteur a agi par exaspération, c’est évident, ça mérite d’être pris en compte. Comment ne pas être exaspéré quand des vandales viennent vous détruire 2320 tonnes de maïs ? Mais qu’un magistrat explique que se faire justice soi-même est de la légitime défense, voilà qui n’est sans doute pas un très bon exemple pour ses propres enfants ! D’ailleurs, s’il s’agissait de légitime défense, pourquoi alors requérir dix mois de prison (avec sursis) contre Marc Giblet ?

 

Pas cohérent pour deux sous, le procureur ! Et que penser d’un réquisitoire qui justifie ainsi la peine demandée pour José Bové : « Il est temps pour José Bové de mettre fin aux agissements compulsifs qui résultent d’un complexe d’Œdipe mal négocié ». Voilà les niaiseries psychanalytiques de retour dans les prétoires, comme si elles n’avaient pas suffisamment fait de dégâts !  Jérôme Bourrier fait ici une allusion finaude au fait que le père de José Bové était agronome et directeur régional de l’INRA. Les sophistes freudiens verront donc dans les positions anti-OGM du moustachu la manifestation d’une « opposition au père » (complexe d’Œdipe non résolu) . Bien entendu, celui-ci aurait-il opté pour une brillante carrière scientifique, et serait devenu directeur national de l’INRA, les mêmes sophistes y auraient également vu un complexe d’Œdipe mal résolu : José Bové aurait été perçu comme en compétition avec le père…pour séduire sa mère et supplanter le père dans le cœur de celle-ci ! Ajoutons que parler de comportement compulsif dans le cas des actions répétitives de fauchage  n’a strictement aucun sens, et qu’aucun psychologue digne de ce nom (c’est-à-dire scientifique) ne prone à ma connaissance la prison comme remède à des troubles obsessionnels compulsifs !

 

Pour l’ami Yann Kindo qui s’exprimait sur le même sujet sur son « mur » de Facebook, le « gloubiboulga  psychanalytique » est encore pire que les idées obscurantistes de José Bové (décroissance, naturalisme…). J’avoue qu’entre deux formes d’obscurantisme, j’ai toujours du mal à trancher. D’autant plus qu’on doit bien trouver des décroissants adeptes de la psychanalyse… Ni Freud Ni Latouche (3) !

 Anton Suwalki

 


 

Notes :

(1)   L'affaire relatée par le Nouvel Obs : link

     (2)   Je me place ici du point de vue de la pratique pénale habituelle, pas du point de vue de mes opinions sur ce que mérite ou pas le comportement de Bové.

     (3)   Rappel : Serge Latouche est un des idéologues actuels de la décroissance


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