Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 21:20

Nous avons vu toutes les sottises que profère Vandana Shiva à propos d’un sujet sur lequel elle travaille « depuis 30 ans » : l’agriculture. Poursuivons notre découverte de la pensée abyssale de la célèbre altermondialiste.

 

 

VS : « La capacité d’incorporer des gènes dans différentes espèces est apparue dans des programmes publics de recherche menés aux États-Unis. Les scientifiques concernés ont organisé une conférence en Californie et demandé un moratoire en disant : « Nous n’irons pas plus loin tant que nous n’aurons pas une meilleure compréhension des enjeux. » 

C’est à ça que doit ressembler la vraie science. Einstein avait coutume de dire que, si vous ne portez pas la responsabilité de ce que vous faites, vous n’êtes pas un bon scientifique ».

 

Notons l’extraordinaire confusion dans le langage, volontaire ou non . L’introduction d’un gène étranger dans le génome d’un organisme donné devient dans la bouche de VS l’incorporation de gènes dans différentes espèces. C’est ce type de confusion qui entretient l’ignorance du public, de ceux qui par exemple pensent qu’une tomate « normale » ne contient pas de gènes !

« Les scientifiques concernés » - on suppose qu’il s’agit d’une traduction Google du journaliste, sont en fait ceux de l’ Union of Concerned Scientists, une organisation opposée aux OGM, et non pas les scientifiques « concernés » par la question, comme le laisse entendre cette traduction. Quant aux citations vraies ou fausses d’Einstein, c’est la référence favorite de tous les charlatans qui aiment à se parer de sa supposée sagesse et de son (supposé) talent de visionnaire.

 

 

VS : « Puis les spéculateurs, les fonds de capital-risque, ont commencé à faire des promesses à Wall Street. Les fabricants de produits chimiques, qui sortaient de la guerre, se sont dits : on va se doter de cet outil et, à travers lui, acquérir des semences. Car, pour dégager des profits à partir des semences, on doit posséder celles-ci et faire en sorte que les fermiers ne puissent pas en conserver d’une année sur l’autre ».

 

VS est aussi grotesque lorsqu’elle parle d’économie qu’en matière d’agriculture. Que viennent faire les fonds de capital-risque dans l’affaire , sait-elle seulement ce que c’est ? Et puis, il y a bien sûr la vieille légende urbaine des fabricants de produits chimiques qui ne savaient plus quoi faire de leurs stocks après-guerre, et qui se sont dits : « tiens si on faisait des semences ? ». Donc, apprend-on, les fabricants de produits chimiques se sont dotés de cet outil : lequel ? le capital-risque ?!!!!) et à travers lui acquérir des semences ( ???). Pour dégager des profits à partir des semences, on doit posséder celles-ci : moi qui pensait que pour dégager des profits, il fallait d’abord les produire puis les vendre plus cher que ce qu’a coûté leur production ….  et faire en sorte que les fermiers ne puissent pas en conserver d’une année sur l’autre. A croire que la création de plantes hybrides F1, que les agriculteurs n’a effectivement pas intérêt à ressemer, n’était qu’une ruse de méchants capitalistes !  Pourquoi les agriculteurs, que VS et ses sbires prennent toujours pour des imbéciles, ont-ils continué à en acheter ? Pour le plaisir d’engraisser les semenciers ? Idem pour les semences de plantes génétiquement modifiées, protégées par des brevets (pas dans tous les cas ni dans tous les pays) ? Comment expliquer leur adoption massive autrement que par le fait que le surcoût lié au rachat annuel des semences est plus que compensé ?

 

VS : « Prétendre que déplacer un gène d’un organisme à un autre – puisque c’est tout ce qu’ils savent faire − revient à créer un organisme, ce n’est pas ma conception de la science. Ils inventent pour se permettre de réclamer des royalties. Qu’ont-ils apporté à la science ? Les récoltes [tolérantes ?] aux herbicides, les récoltes résistantes au Baccillus thuringiensis (Bt) ? »

 

Les scientifiques ne prétendent pas « créer un organisme », mais apporter par ce procédé  à un organisme existant un ou deux caractères d’intérêt!  

La conception de la science de VS, c’est qu’ils inventent tout ça juste… pour se permettre de réclamer des royalties . C’est à se demander pourquoi Monsanto consacre près de 10% de son chiffres d’affaires à la Recherche-Développement . Juste pour des introduire des leurres ? On en apprend toujours avec VS : il y aurait donc des « récoltes » résistantes au Baccillus thuringiensis

 

VS « Le coton Bt [provenant de cotonniers modifiés génétiquement] était censé résister aux parasites ; les herbicides permettre de lutter contre les mauvaises herbes. Or, aux États-Unis, la moitié des superficies agricoles sont envahies de mauvaises herbes qui ne peuvent pas être éliminées. En Inde, le coton Bt a créé de nouvelles résistances chez les parasites. Cette technologie a échoué. Or, l’efficacité des outils doit être mesurée à l’aune de leurs résultats ».

 

Venant de VS, un chiffre égale souvent un mensonge. Ce chiffre de la moitié des surfaces agricoles envahies de mauvaises herbes est probablement sorti de son imagination. Certes, le problème des mauvaises herbes résistantes est bien réel. Que disent à ce propos les chiffres les plus récents de l’USDA ? Une enquête de 2010 menée auprès des producteurs de maïs rapportait que 5,6% des surfaces cultivées étaient effectivement envahies. Une autre enquête de 2012 menée auprès des producteurs de soja rapportait, non pas une invasion, mais une baisse de l’efficacité des traitements au glyphosate pour 43,7% des surfaces cultivées[1]. Quant à la tarte à la crème de l’échec du cotonnier Bt en Inde, il suffit de rappeler un  chiffre , vrai celui-là : 93% des surfaces cultivées sont plantées en cotonnier Bt[2] ! Pour une fois, on peut suivre le conseil de VS : l’efficacité des outils doit être mesurée à l’aune de leurs résultats. 

 

 

VS : « Répéter aveuglément : « Je suis le maître, devenez mes serfs, abandonnez votre Constitution, abandonnez votre démocratie », ce n’est pas de la science, c’est une forme de dictature. L’ingénierie génétique est un système de contrôle de la propriété intellectuelle et des droits de propriété. Une entreprise ne peut pas prétendre posséder une semence en y insérant un gène toxique ».

 

Qui répète « aveuglément » (sic !) Je suis le maître, devenez mes serfs, etc.. ? Toujours cette rhétorique mensongère de l’homme de paille ! Et VS de débiter ces débilités effarantes : L’ingénierie génétique serait ainsi un système de contrôle de la propriété intellectuelle et des droits de propriété. Et mieux encore, il y aurait des gènes toxiques. A l’évidence, ce délire se nourrit de l’ analphabétisme scientifique de la « physicienne » Shiva.  

 

 

VS : « Le système qui consiste à tout réduire à des processus mécaniques date d’il y a deux cents ans. Son unique dessein était l’exploitation, parce que quand vous considérez la nature comme inerte, quand vous dites que tous les éléments qui la constituent sont séparés, l’exploitation ne connaît pas de limites. Pendant deux cents ans, l’esprit humain a été plongé dans l’illusion que nous sommes extérieurs à la nature et que nous pourrions en être les maîtres, la conquérir, la posséder et la manipuler ».

 

VS, « philosophe des sciences », a visiblement une connaissance très superficielle de la pensée « mécaniste » : celle-ci n’implique nullement que nous nous considérions comme extérieurs à la nature. Mais Shiva ne fait en fait que révéler son arriération, sa conception animiste du monde qui l’amène à ses divagations sur « la démocratie de la planète terre. » .

 

VS : « Ce que j’appelle la « démocratie de la planète Terre » consiste à rappeler ce simple constat : nous faisons partie de la planète et la liberté des autres espèces est vitale pour le bien-être de la planète et pour notre bien-être. Voilà ce qu’est la démocratie de la planète Terre : la démocratie de toutes les formes de vie ».

 

VS ignore le sens élémentaire des mots. La liberté, c’est « l’état de celui (ou de ce qui) n’est pas soumis à une ou des contraintes externes », nous dit le CNTRL. La démocratie, c’est « un régime politique, un système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l'ensemble des citoyens ». La démocratie, fut-elle préférable à tout autre régime politique, est donc système de contraintes consenties par des individus doués de raison et capables d’effectuer des choix.  La démocratie de toutes les formes de vie est totalement absurde. A quand une assemblée constituante des canards de la basse-cour, des escargots de Bourgogne et des amibes de la piscine municipale ?

 

D’autre part, qu’est ce que le bien-être de la planète Terre ?  VS convoque bien évidemment le mythe de Gaïa, outragée par l’arrogance de l’homme :

 

V S : «  Pourquoi subissons-nous le changement climatique ? Parce qu’il y a un siècle nous avons eu l’arrogance de transformer notre économie à partir du pétrole et des énergies fossiles. . Des millions d’années de stockage souterrain de carbone ont été brûlées et la capacité de la nature à se recycler elle-même a été détraquée par cette arrogance (..) C’est le droit de la Terre que de ne pas être violée, son droit que de ne pas être victime des catastrophes . Notre liberté et celle de la Terre n’en font qu’une».

 

VS a au moins le mérite d’être claire sur un point. Recourir au pétrole et aux autres énergies fossiles, ce qui a accessoirement permis à des centaines de millions d’humains de sortir de la pauvreté absolue, c’était de l’arrogance. Au passage de formules pseudo-savantes telles que la capacité de la nature à se recycler elle-même a été détraquée, nous sommes censés comprendre que Gaïa nous fait payer notre prétention à améliorer nos conditions de vie. Mais contre qui s’insurgeait-elle lorsqu’au Crétacé, la teneur en CO2 était quatre fois supérieur à aujourd’hui (environ 1700 ppm contre 400)? Contre quels « violeurs » se révoltait-elle lorsque voici 14000 ans, la température du Groenland a brutalement augmenté de 10 degrés en quelques années[3] ? Remarquons au passage qu’en parlant de viol de la Terre à propos d’extraction de ressources fossiles,  la prétendue « féministe » insulte les femmes.

 

La liberté bafouée de la Terre n’est qu’une invention de prêtres de la Deep Ecology, seuls capables de déchiffrer les « volontés » de Gaïa pour nous les imposer au détriment, cela va de soi,  de nos libertés et de nos aspirations.   

 

La seule chose drôle dans tout ça, c’est que l’obscurantisme de Shiva débouche sur des « solutions » d’un scientisme candide.

« A travers la dynamique que je défends, (capture du carbone, agroécologie)… il s’agit de rétablir les relations entre l’océan, l’air, le vent et la mousson, pour que nous ayons des précipitations au bon moment et un hiver au bon moment ». 

 

Diantre, l’océan, l’air, le vent et la mousson auraient suspendu leurs relations ! Que fait l’ONU ? La baratineuse nous promet même des précipitations et l’hiver au bon moment !

 

En attendant de nous imposer une « sobriété heureuse » dans un climat détendu, Shiva semble plutôt portée vers l’opulence heureuse, fût-ce au prix d’une empreinte carbone éléphantesque : elle réclame aux crédules 40.000 dollars par conférence. Et pour s’y rendre, elle ne traverse pas les océans en pirogue, mais par avion, et en classe affaires[4] , s’il vous plait!

 

Anton Suwalki 

 

 

 

[1] The Economics of Glyphosate Resistance Management in Corn and Soybean Production, USDA, Avril 2015.

[2] ISAAA, données 2012

Repost 0
5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 19:06
Vandana Shiva, docteur en pipeaulogie (1)

Dans le cadre du « Monde Festival », Stéphane Foucart organisait un débat entre le physicien Etienne Klein et l’icône du monde altermondialiste Vandana Shiva sur le thème « La science peut-elle aller contre le progrès ? ».

Nous ignorons si le journaliste avait choisi le thème et les intervenants, ou si c’était une commande de son patron. Mais ce genre de débat suscite forcément un malaise. D’abord à cause du titre. Si on désigne en effet la science comme l’activité de production de connaissances objectives sur le monde fondée sur une méthode rigoureuse et universelle, la question n’a pas de sens, à part à considérer que la connaissance n’est pas en soi un progrès.

Ensuite, le malaise vient de ce qu’on fasse débattre un véritable scientifique avec Vandana Shiva, dont l’approche du monde est tout sauf scientifique, et pour qui le progrès…est synonyme de grand bond en arrière. Question science, VS se présente comme « physicienne quantique », une prétention démystifiée par notre ami Wackes Seppi (1). Espérons pour elle, qu’Etienne Klein, qui lui, s’y connaît plus qu’un peu en physique quantique, n’aura pas eu la cruauté de tester la profondeur de ses connaissances en la matière (2).

On ignore pourquoi la vidéo du débat n’a pas été mise en ligne par le Monde , contrairement à celle des autres débats. On a seulement droit à une vidéo d’une courte interview de la diva Shiva, et à un bon concentré d’âneries (3). Dernière invention en date : La militante anti-OGM craint une disparition du patrimoine culinaire indien du fait de la fusion de Bayer et de Monsanto !!!!

Nous nous baserons sur une interview antérieure, publiée en ligne, assez longue pour que VS ait le temps de déployer ses compétences… en pipeaulogie. Dans un article ultérieur, nous analyserons ses propos sur la génétique et la conception (risible) qu’elle a de la science, ainsi que ses délires sur « la démocratie de la planète Terre ».

Ici, nous nous attacherons à ses affirmations en matière d’agriculture. Logiquement, on attend beaucoup d’une pareille savante qui paraît-il, travaille sur le sujet depuis plus de 30 ans. On est vite fixé sur son expertise. On a soit des affirmations hautement douteuses mais invérifiables, soit des affirmations vérifiables… et totalement fausses.

VS: « Les partisans de l’agriculture intensive ont tort sur un principe au sujet duquel je travaille depuis trente ans : à savoir que l’on pourrait produire davantage de nourriture avec des produits chimiques. La révolution verte en Inde a permis de produire davantage de blé, bien sûr, mais en faisant disparaître les légumineuses et certaines semences ! ».

Première sottise, il n’y a aucun rapport entre le fait de produire « avec des produits chimiques » et le fait que les légumineuses et certaines semences [auraient] disparu.

Deuxième sottise : on ne pourrait donc pas produire plus avec des produits chimiques. Avant la révolution verte, 39% de la population indienne était sous-alimentée. De nos jours, 15,2% de la population souffre de la faim. C’est encore beaucoup trop, certes. Mais compte tenu de la croissance de la population, qui a presque triplé entre temps, cela veut dire que l’agriculture indienne a été en mesure de nourrir à leur faim plus de 800 millions d’individus supplémentaires. N’importe quel individu doué de raison comprend que c’est grâce à la révolution verte , et entre autres aux produits « chimiques », que cela a été possible.

Troisième sottise : les légumineuses auraient disparu. N’importe quoi ! Selon les données de la banque mondiale, entre le début des années 1960 et aujourd’hui (5) la production indienne a augmenté de:

  • 30% pour les pois chiches
  • 102% pour les haricots secs
  • 176% pour les lentilles
  • 198% pour les haricots verts
  • 441% pour les petits pois

La production de soja, quasi inexistante en 1960, est aujourd’hui supérieure à 12 millions de tonnes. Seul le tonnage de pois secs a diminué (de 31%).

Voilà donc ce que VS appelle la disparition des légumineuses !

Mieux encore, la production a augmenté plus vite que la population pour la majorité des produits, suggérant un accès à une nourriture plus diversifiée pour les indiens (6).

VS : « [l’inde] achète désormais des pois jaunes du Canada de médiocre qualité. Leur teneur en protéine est de 7 % contre 35 % chez ceux que l’on cultivait en Inde ». On suppose que les pois jaunes en question sont des pois secs. L’inde produit de l’ordre de 660 000 tonnes de pois secs. Peut-être en importe-t-elle, mais la teneur en protéines (7%) du pois canadien est hautement improbable. .

VS : « Le contrôleur général national a expliqué que ces importations massives entraînaient de la corruption. Quand je cultive des produits de bonne qualité dans mon jardin, aucun homme politique ne peut prendre de l’argent, mais quand du soja et des légumineuses sont importés en grande quantité, alors les pots-de-vin sont énormes. Pourquoi ne pas raconter l’histoire dans sa totalité ? »

Raisonnement vertigneux ! « Quand je cultive des produits de bonne qualité dans mon jardin, aucun homme politique ne peut prendre de l’argent » . En admettant que ça soit vrai (on peut aussi prélever des impôts en nature), que change le fait que les produits que je cultive soit de bonne ou de mauvaise qualité ?Le pire est d’imaginer que le retour (ou le maintien) à une agriculture vivrière misérable est préférable à la lutte contre la corruption. Par ailleurs, comment les habitants des gigantesques bidonvilles indiens pourraient-ils cultiver leurs jardins ?

VS : « La diversité des récoltes permet de produire davantage de nutriments par hectare. Si le blé est cultivé avec de la moutarde, par exemple, il contiendra davantage de nutriments que s’il est cultivé seul. Or l’agriculture intensive, c’est la monoculture, et les monocultures sont des systèmes à faible productivité. » Là encore, une affirmation non vérifiable : on cherchera en vain une référence à des expériences agronomiques permettant d’affirmer que la culture associée de blé et de moutarde augmente la teneur en nutriments du premier. De plus, VS prouve qu’elle ne sait rien des difficultés de gérer plusieurs cultures en même temps. Et elle associe monoculture (et donc spécialisation spatiale) et faible diversité des récoltes, ce qui n’a rien à voir. Un pays peut avoir à la fois des territoires agricoles très spécialisés et une grand variété de cultures. Et comme le montrent les données de la Banque Mondiale, l’Inde a plutôt diversifié ses cultures depuis la révolution verte.

VS : « En sortant de ce système, le paysan n’est pas obligé de dépenser de l’argent pour acheter des semences ou des engrais à [l’entreprise américaine] Monsanto, il n’a pas à s’endetter. Et, au final, il produit des aliments sains, pas des denrées que les marchés du monde entier achètent à bas coût. »

Ah ! Monsanto, bien sûr ! Le bon vieux réflexe pavlovien ! Monsanto, qui sauf erreur, s’est désengagé depuis longtemps du marché des engrais. Pour VS, l’alternative à « ce système », c’est de revenir à la misère rurale séculaire.

VS :« L’agriculteur n’est plus aujourd’hui qu’un acheteur de produits chimiques. Il est passé du statut de producteur à celui de consommateur. Dans le langage de l’industrie, le maïs et le blé ne sont définis que comme des matières premières. » Comment peut-on accumuler autant de niaiseries en si peu de mots ? L’agriculteur n’est plus producteur, il est juste là pour « consommer »des produits chimiques. Dans le langage de l’industrie ( laquelle ?) le blé ne sont définies que comme des matières premières ? Et qui produit ces « matières premières » , sinon l’agriculteur, en partie grâce aux produits chimiques qu’il achète ?

Comme il fallait s’y attendre, Vandana participe à la mascarade du Tribunal International censé juger Monsanto pour « crimes contre l’humanité » (7). A l’époque des procès de Moscou, VS et ses acolytes auraient aisément pu remplacer Vychinski. Le pays du mensonge déconcertant (8), dans les semaines à venir, ce sera la Hollande. Raison de plus pour dénoncer les impostures de Shiva, docteur en pipeaulogie.

Anton Suwalki

A suivre…

(1) http://seppi.over-blog.com/

(2) VS a également le titre de « scientific advisor ». Défense de rire.

http://vandanashiva.com/

(3) http://www.lemonde.fr/festival/video/2016/09/18/fusion-bayer-monsanto-vandana-shiva-s-inquiete-des-consequences-en-inde_4999651_4415198.html

(4) http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/09/03/vandana-shiva-l-idee-que-nous-sommes-maitres-de-la-nature-n-est-qu-une-illusion_4992067_4415198.html

(5) moyenne sur 5 ans

(6) pas forcément pour tous, malheureusement

(7) http://www.monsanto-tribunal.org/

(8)Dix ans au pays du mensonge déconcertant, un livre d’Ante Ciliga

Repost 0
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 19:41
La peur exponentielle, un livre de Benoit Rittaud

On a tous entendu parler de la légende des grains de blé sur l'échiquier. L'empereur Shiram demanda au sage Sessa quelle récompense il souhaitait pour le jeu d'échecs qu'il avait inventé et qui avait permis au souverain de sortir de l'ennui mortifère dont il souffrait. Pour toute récompense, Sessa se contenta du cadeau suivant. Le souverain devait déposer un grain de blé sur la première case de l'échiquier, le double sur la deuxième case, et ainsi de suite jusqu'à la 64ème case en doublant à chaque fois le nombre de grains.

La récompense demandée par Sessa n'était pas si dérisoire que le pensait Shiram. Ses comptables lui firent en effet savoir que tous les grains de blé produits sur Terre ne suffiraient à honorer la récompense de Sessa,

Cette légende est la première évocation connue du phénomène exponentiel. En mathématiques , on parlera d'une suite géométrique, c'est-à-dire d'une succession de nombres dont chacun s'obtient en multipliant celui qui le précède par une valeur donnée supérieure à 1.

Un bouquin de 400 pages consacré à ce sujet par un mathématicien, voilà qui pourrait faire peur. Que le lecteur se rassure. Le livre n'est pas bourré de formules mathématiques indigestes, c'est un essai particulièrement réussi.

Malthus, pasteur et économiste anglais, est le premier penseur contemporain de la peur exponentielle dans son Essai sur le principe de population. Selon lui, sans freins, la population tend à croître de manière exponentielle (ou géométrique), à la manière des grains de blé de Sessa, tandis que les ressources qui permettent de la nourrir ne peuvent augmenter que de façon arithmétique. Il prônait ainsi le contrôle de la natalité, et la suppression de l'assistance aux plus pauvres, incapables de subvenir aux besoins de leur progéniture. Bien que l'histoire ait totalement démenti les thèses de Malthus, la peur exponentielle a connu un regain de succès depuis une cinquantaine d'années, avec la publication des thèses du club de Rome, du rapport Meadows, ou de la bombe P de Paul Ehrlich. Qu'il s'agisse de population, d'immigration, de pollution , de montée des océans, la courbe exponentielle est aujourd'hui la représentation la plus courante de la peur. Elle illustre tous les discours sur l'étroitesse, la finitude. du Monde, et la prophétie d'un effondrement brutal de notre civilisation.

Malgré notre difficulté à nous représenter les grands nombres, la notion même d’exponentielle n'a rien de spécialement compliqué . Il est d'autant plus étrange de constater qu'un grand nombre de scientifiques aient observé avec sidération ce type de courbe. Comme l'explique Benoît Rittaud, certains ont fait de sa compréhension le critère d'appartenance à une élite intellectuelle. Pourtant, à plusieurs titres, les prophètes de la peur exponentielle sont des imposteurs.

Observez la courbe ci-dessus. Personne ne peut dire si cette courbe correspond à un accroissement périodique de 100 % ou de 1 pour mille. Avec une échelle appropriée, on peut toujours quel que soit le phénomène, se représenter à une période charnière, le passé lointain ressemblant à une morne pleine, le passé récent apparaissant comme une brutale et inquiétante accélération, et devant nous, le vertige ! On va droit dans le mur ! Or, « il n'est ni point particulier ni région particulière sur la courbe représentative d'un phénomène exponentiel ». Cette représentation ne dit rien sur les limites du phénomène, elle permet aux marchands de peur exponentielle de suggérer que « nous allons droit dans le mur », sans avoir à le justifier, sans jamais calculer ces fameuses limites du phénomène. Par ailleurs, sans nier qu'un phénomène exponentiel puisse poser problème, Benoît Rittaud affirme que ce qui importe est moins de savoir si telle ou telle peur liée à l'exponentielle est légitime que de décrire les ressorts qui en assurent l'expansion. On pourrait prendre de nombreux exemples, à commencer par l' « explosion démographique », pour illustrer que les phénomènes exponentiels s'épuisent souvent d'eux mêmes sans que nous soyons brutalement confrontés à ce fameux mur.

D'autres part aux peurs exponentielles et du monde fini, l'auteur propose d'opposer la notion de surfini. « Désignons comme surfinie toute quantité mathématiquement finie, mais qu'il est légitime de considérer comme infinie dans une situation donnée » , c'est-à-dire rapportée à notre échelle. Le thème de l'énergie fournit d'excellents exemples à cette notion de surfini.

La peur exponentielle s'appuie sur une bibliographie très riche. Deux ou trois références m'ont fait tiquer, mais c'est vraiment trop peu pour assombrir l'enthousiasme que m'a procuré la lecture de ce livre, plein d'humour, ce qui ne gâche rien. Benoît Rittaud s'autorise certaines digressions (voir le chapitre Urbi et Orbi) , parfois déconcertantes au départ, mais réussit à retomber sur ses pattes.

Le lecteur y trouvera un argumentaire très pertinent et très étayé contre la sidération exponentielle, et en faveur d'un optimisme raisonnable, donc mesuré.

Anton Suwalki

La peur exponentielle, Benoît Rittaud, PUF (21 euros)

Repost 0
10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 19:55
Seriez-vous un enquêteur bayésien  ?

Voici un petit problème que je soumets à mes chers lecteurs , après l'avoir testé sur un petit panel d'amis, pas forcément représentatif…

Un navire possède un équipage de 200 personnes dont 20 femmes, portant tous le même uniforme, si bien que de loin, rien ne les distingue, sauf éventuellement la silhouette. Alors qu'il était en pleine mer, un sabotage a été commis dans la salle des machines, et le navire menace de couler.

Pendant que le bateau est en perdition, à terre, un policier enquête et galère : rien ne permet de soupçonner a priori un membre de l'équipage plutôt qu'un autre, Et le seul indice dont il dispose est l'image de vidéo-surveillance reçue d'une silhouette humaine captée par une caméra dans le couloir menant à la salle des machines, au moment où le sabotage a eu lieu.

L'image n'apporte qu'une seule information : la silhouette semble correspondre à celle d'une femme.

Les opérateurs habitués à exploiter les images de vidéo-surveillance considèrent que l'information est fiable à 80% : autrement dit, on est capable d'identifier correctement un homme ou une femme à partir de ce genre d'images dans huit cas sur 10.

L'enquêteur consulte à nouveau rapidement la liste de l'équipage, et affirme à l'assistance médusée : « alors, c'est plus probablement un homme qu'une femme ! »

Notre policier aurait-il perdu la raison ?

Ce problème est inspiré d'une célèbre expérience de psychologie réalisée auprès d'étudiants: les taxis bleus et les taxis verts de Kahneman et Tversky. Je l'ai modifié pour éviter que des petits malins cherchent la solution sur Internet. Résultat du test : ceux qui ont répondu m'ont dit que la probabilité que l'auteur du sabotage soit une femme était de 80 %. Une réponse analogue à celles constatées par Kahneman et Tversky.

Or, c'est faux ! C'est notre enquêteur qui a raison. Contrairement à tous ceux qui s'en tiennent à la fiabilité du témoignage visuel (80%), sans prendre en compte une autre information dont ils disposent a priori : il y a 10 % de femmes dans l'équipage, et 90 % d'hommes.

Notre enquêteur applique le théorème de Thomas Bayes , un pasteur britannique dont la découverte a constitué un pas fondamental en matière de probabilité.

Nous noterons P(SF/F) la probabilité d' identifier une silhouette de femme sur l'image quand il s'agit d'une femme, soit 0,8. P(SF/H) est la probabilité d'identifier à tort une femme alors qu'il s'agit d'un homme soit 0,2. P(F) est la probabilité de tirer une femme (*) au hasard dans l'équipage soit 0,1 (20 femmes sur 200). P(H) probabilité de tirer un homme.

Dans ces conditions, nous pouvons calculer P(F/SF), la probabilité a postériori qu'il s'agisse d'une femme sachant que nous avons identifier la silhouette comme étant celle d'une femme.

Bayes vient ici à notre secours :

P(F/SF) = P(SF/F) . P(F) / [P(SF/F) . P(F) + P(SF/H). P(H)] = 0,3076 , soit à peu près 31 % .

On est très loin des 80 % de fiabilité apparente du témoignage visuel. Ceux qui se trompent négligent le fait que bien qu'on reconnaisse la plupart du temps le sexe d'une personne à partir de sa silhouette, la disproportion hommes /femmes dans l'équipage du navire représente une source d'erreur très importante. 180 hommes dans l'équipage pourrait conduire à 36 erreurs d'identification.

Pendant longtemps, Bayes a fait couler beaucoup d'encre, L'école dite « fréquentiste » considérait comme une hérésie d'introduire des informations a priori dans des calculs de probabilité, Pour les fréquentistes, seules comptaient les données observées (je schématise).

A travers cet exemple , on voit bien non seulement l'utilité, mais la nécessité d'adopter un raisonnement bayésien. C'est aussi indispensable en médecine, pour prendre en compte les faux positifs lorsqu'on utilise des tests de dépistage de maladie. Comme nous l'avions noté dans un billet précédent, Monsieur Cazeneuve serait bien inspiré d'adopter un tel type de raisonnement lorsqu'il justifie un surveillance généralisée des citoyens sous couvert de dépistage des terroristes. Notons aussi que les jurés de cour d'assise devraient raisonner en bayésiens, afin de relativiser des témoignages qu'on leur présente comme « très fiables ». Je ne suis pas certain que ce soit toujours le cas.

La théorie bayésienne a donné lieu à une littérature volumineuse, et parfois très technique. La meilleure façon de la défendre est de pousser jusqu’à l'absurde l'approche purement fréquentiste. Avec celle-ci, on considérerait chaque nouvelle expérience indépendamment de toute connaissance accumulée par ailleurs.

Le raisonnement bayésien (ou l'inférence bayésienne) nous offre cette possibilité d'interpréter des observations à la lumière d'expériences antérieures, d'informations provenant de sources multiples, ou encore de l'opinion (subjective, mais d'intérêt) d'experts d'un domaine. Il permet a contrario de réexaminer un avis a priori à la lumière d'expériences nouvelles. Bref, une approche féconde.

Anton Suwalki

(*) Honni soit qui mal y pense !

A relire

http://imposteurs.over-blog.com/2015/12/opinion-des-mesures-anti-terroristes-inefficaces-et-liberticides.html

Repost 0
10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 20:46
Opinion : des mesures « anti-terroristes »  inefficaces et liberticides

Il y a quelques semaines, la France a subi les attentats les plus sanglants de son histoire, malgré les mesures adoptées en janvier à la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo et la prise d’otages de l’Hyper-Cacher de la porte de Vincennes. Des mesures qui venaient s’ajouter à un arsenal juridique déjà très copieux : une quinzaine de lois anti-terroristes ont été votées depuis 1986. Il est loin le temps où la gauche dénonçait Charles Pasqua, le ministre de l’intérieur qui prétendait « terroriser les terroristes ». Lui-même n’aurait peut-être pas imaginé que cette gauche, aujourd’hui au gouvernement, ferait voter un jour une telle panoplie de mesures « sécuritaires ».

Le terrorisme que l’on combat aujourd’hui puise sa source dans le fondamentalisme religieux, et ses actes barbares sont dans la plupart des cas commis par des individus fraichement convertis, pour la plupart d’anciens délinquants assez givrés pour imaginer se racheter une vertu en tuant un maximum de « mécréants ». Mais notons que du côté de ceux qui ont en charge de les combattre, nombreux sont les convertis récents à l’idéologie et aux politiques sécuritaires. Et comme tous les fraîchement convertis, ils ont tendance à en faire trop, des fois qu’on douterait de la sincérité de leur conversion. Inutile donc, de leur demander pourquoi leur politique sécuritaire n’a pas permis d’empêcher ces attentats. Leur réaction à l’échec, c’est l’escalade d’engagement. Si ça ne marche pas, c’est qu’il faut encore plus de mesures dans ce sens. État d’urgence reconductible-autant dire État d’exception- conférant aux préfets des pouvoirs exorbitants, surveillance encore accrue d’Internet, et dernières lubies en date (entre autres) : Interdire les systèmes de cryptage des emails, la wifi en libre accès, ou le routeur Internet Tor. Si techniquement cela s’avérait possible , le prétendu pays des droits de l’homme dépassera bientôt la Chine en matière d’atteinte aux libertés publiques et individuelles ! Et tout ça avec la bénédiction de la quasi-totalité du parlement, et avec l’approbation d’une très large majorité de l’opinion publique.

C’est d’ailleurs bien là le problème. Utilisant l’émotion créée par ces tueries, une posture de fermeté et l’annonce de nouvelles mesures sécuritaires ne pouvaient qu’être bien accueillies, même si celles-ci menacent davantage les citoyens pacifiques que des assassins fanatisés.

Lutte contre l’ « Imam Google » et surveillance de masse

« Aujourd'hui 90% de ceux qui basculent dans des activités terroristes au sein de l'Union européenne le font après avoir fréquenté internet ». Ainsi s’exprimait en février Bernard Cazeneuve, pour justifier le blocage de sites Internet, mesure considérée par les experts en cyber-sécurité comme une dérisoire ligne Maginot. Oui, monsieur Cazeneuve, il est également notoire que 100% des gagnants du Loto ont tenté leur chance ! En admettant, que ce chiffre de 90% ne soit pas fantaisiste, il ne s’agirait de toute façon que d’un constat a posteriori. Pourtant, le ministre de l’intérieur entend partir de ce constat pour censurer des sites, et lutter avec Xavier Bertrand contre l’ « Imam Google » stigmatisé et autres fléaux de la technologie moderne.

A ce titre, la loi Renseignement adoptée définitivement en Juin légalise donc une surveillance de masse : Les services de renseignement sont désormais autorisés à utiliser des systèmes « IMSI Catcher » qui permettent dans un rayon donné de récupérer l’intégralité de données contenues dans les téléphones portables (liste de contacts, communications, connexions) utilisés dans ce rayon. Tout cela, à l’insu de leurs utilisateurs, il va sans dire. La Loi Renseignement française autorise l’État à implanter des boîtes noires chez les fournisseurs d’accès Internet :des algorithmes balayeront l’ensemble des données des internautes dans le but d’identifier des suspects. Pour se justifier, le gouvernement met en avant que sa loi vise à donner un cadre légal à des pratiques, qui pour la plupart, existaient déjà, et comble de la mauvaise foi, affirme que sa Loi Renseignement protègera mieux les libertés individuelles !

Même en admettant un instant que les pandores à qui on donne ces pleins pouvoirs de surveillance de masse n’aient pas l’intention de les détourner de leur finalité (lutter contre la menace islamiste ou d’autres menaces terroristes), on ne peut que s’inquiéter d’un dispositif qui met la population entière sous surveillance pour tenter de neutraliser quelques centaines d’individus.

La valeur diagnostique d’un test de dépistage expliquée à Bernard Cazeneuve

Bernard Cazeneuve devrait se faire expliquer quelques rudiments de statistiques médicales, à peu près à la portée de tout le monde, même d’un ministre de l’intérieur ! La mesure de l’efficacité d’un test de dépistage d’une maladie s’applique en effet parfaitement au problème du dépistage des terroristes (cf figure ci-dessus).

Posons que le test appliqué par les services de renseignement est positif lorsque le ou les algorithmes utilisés pour surveiller les internautes identifient un suspect. Admettons qu’il y ait sur le territoire français 3.000 individus déterminés et en mesure de commettre des attentats dans les semaines ou les mois à venir. Cela paraît énorme mais admettons. Admettons aussi que les « radars » de Cazeneuve permettent d’identifier 90% d’entre eux à partir de la surveillance de masse qu’il a mise en place. Une fois encore, cela paraît beaucoup, mais admettons. Jusque là, le test de dépistage paraît efficace, puisque 2 700 des 3 000 individus dangereux ont été repérés. Ce sont les vrais positifs.

Il reste à évaluer les faux positifs : ceux qui par exemple suivraient des sites Internet islamistes sans la moindre sympathie pour la cause qu’ils défendent, mais tout simplement pour se rendre compte par eux-mêmes, pour comprendre, sans se contenter de ce que les médias autorisés en disent… Il n’est pas difficile d’imaginer que sur 36 millions d’individus de 15 à 60 ans n’ayant strictement rien à voir avec le terrorisme, le test soit positif dans un cas sur 1000.

Dans les filets anti-terroristes de Cazeneuve, nous auront donc 2 700 vrais positifs susceptibles de passer dans un futur proche à l’acte. Il n’est déjà pas sûr que l’on dispose de moyens suffisants pour passer à une surveillance rapprochée de 2700 personnes. Mais surtout, nous aurons 36 000 faux positifs, c’est-à-dire 36 000 personnes diagnostiquées comme dangereuses alors qu’elles ne le sont pas. Dans ce cas de figure, la valeur prédictive des tests de dépistage, la proportion d’individus réellement dangereux rapportée au nombre total de positifs est de seulement 7,5%. Ils sont noyés dans une masse d’innocents dont la surveillance détournera des moyens considérables. D’un autre côté, il y aura toujours ces 300 faux négatifs, ceux qui sont assez malins pour ne pas se faire repérer, a priori les plus dangereux.

Ces estimations sont-elles exagérées ? Récemment, le premier ministre a reconnu qu’il y avait 20.000 fiches « S », c’est-à-dire 20 000 personnes fichées par les services de renseignement pour « menace à la sureté de l’État ». Un nombre qui a explosé ces dernières années. Et qui se rapproche dangereusement des 36 000 et quelques évoquées plus haut.

Le ministre de l’intérieur pourra donc toujours se féliciter d’une pêche si abondante : c’est aussi glorieux que de pêcher le thon avec des filets à écrevisses. Combien de ces faux positifs, combien d’innocents risquent d’être inquiétés? A tout prendre, l’idée qu’un coupable reste dans la nature m’est moins pénible que le fait qu’un innocent soit en prison.

Ca n’a pas marché ? Qu’importe, on en rajoute une couche !

Tout l’arsenal « sécuritaire » déjà mis en place par l’État n’aura donc pas permis d’empêcher les attentats sanglants du 13 Novembre. Enfermé dans sa démagogie et dans une réelle escalade d’engagement, le gouvernement n’a pas fait la moindre autocritique à propos de sa stratégie anti-terroriste et trace tranquillement la voie vers un état d’exception permanent où les détenteurs du pouvoir exécutif, sans avoir de compte à rendre à personne, s’arrogent le droit de surveiller tout le monde, de décréter le couvre-feu, d’interdire toute manifestation, etc.…

A côté de cela, il y aura toujours mille occasions pour un terroriste déterminé de commettre un massacre : par exemple, devant ce tribunal barricadé où je me suis rendu mardi dernier. A coup sûr, l’institution était bien protégée, mais pas les 300 personnes faisant la queue à l’entrée pendant plus d’une heure pour pouvoir y rentrer…

Parmi les derniers avatars de la lutte anti-terroriste : interdire la wifi en libre accès dans les espaces publics. Soit encore et toujours des mesures pénalisant le plus grand nombre en termes de liberté. Le gouvernement souhaiterait aussi bannir les systèmes de cryptage des données, quitte à donner un petit coup de pouce à la cybercriminalité.

On a le droit de changer d’avis, bien sûr. Mais une conversion aussi brutale aux vertus de l’état policier a de quoi laisser pantois. Quelle part ce revirement doit-il à la démagogie et au cynisme ? Difficile de croire à la sincérité d’un ministre qui s’offusquait de la publicité faite par le maire de Béziers à l’armement de sa police municipale alors que cette mesure a obtenu l’autorisation de ses services et que lui-même accélère sa généralisation.

Dans ce revirement, on peut aussi imaginer que la panique joue un certain rôle. Du coup, nous voilà passés sans transition du discours angélique à la répression la plus aveugle, néanmoins pas toujours totalement assumée, ce qui n’est pas rassurant. On vient ainsi d’apprendre que le ministère de l’intérieur interrogeait le conseil d’État sur la possibilité d’interner des fichés « S » dans des camps de rétention. Proposition formulée par l’opposition, précise-t-on au ministère, ce qui est la preuve qu’on n’est pas vraiment fier de cette idée. Il y a deux ans, le gouvernement vantait les alternatives à la prison pour prévenir la récidive des délinquants. Aujourd’hui il envisage d’emprisonner des gens potentiellement dangereux selon ses balises internet, mais qui n’ont jusqu’à présent commis aucun crime, sinon éventuellement par la pensée…

Anton Suwalki

Repost 0
12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 19:23

Avertissement : j'ai quelques problèmes avec le nouvel éditeur d'over-blog, de ce fait , les images et figures proposées n'apparaitront peut-être pas. Je tente de résoudre ça...

Avec toutes mes excuses...

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

La diffusion massive sur Internet et dans les médias des résultats d’une étude scientifique ne présage en rien de la robustesse de ceux-ci. Le caractère sensationnel des résultats, et leur lien avec les modes intellectuelles du moment semblent beaucoup plus déterminants.

 

Une étude parue dans la -pourtant réputée- revue scientifique américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) reflète bien ce biais regrettable (1). Leur auteurs, sont Jung, Shavitt, Viswanathan, et Hilbed. Bien que leurs compétences ( ?) aient peu avoir avec le domaine étudié (les « ouragans » ou « cyclones »), l’étude qu’ils ont publiée a reçu une très large publicité. Pourquoi ?

 

-Des résultats étonnants voire sensationnalistes : les cyclones au nom féminin seraient plus meurtiers que ceux qui portent un nom masculin

-Une question à la mode : les méfaits du sexisme et des supposés « stéréotypes de genre ». L’un des auteurs, Madhu Viswanathan, fait d’ailleurs partie du département « Women and Gender in Global Perspectives » de l’Université de l’Illinois. Tout un programme.

-Un considérable arsenal de statistiques et de « modèles » alambiqués qui servent de rideau de fumée.

 

 

Bref , tous les ingrédients étaient réunis pour faire le buzz. Sur la toile anglophone, la thèse connaît en quelques jours un véritable triomphe. En France, la presse reprend cette thèse, souvent comme une vérité avérée. Certaines revues (2) ont pris la peine de consulter des chercheurs pour leur demander ce qu’ils en pensaient. Il est même des sites féministes (3) pour exprimer de sérieux doutes sur ces très inattendus ravages des « stéréotypes de genre ». Le prétendu quotidien français de référence est moins prudent (4).

 

Stéphane Foucart tombe dans le panneau

 

Après avoir plus ou moins flairé le canular, Stéphane Foucart s’est rendu- sans combat- aux conclusions des auteurs : « S'ils ne formulent pas les choses exactement en ces termes, c'est pourtant bien la conclusion qu'il faut en tirer : le sexisme potache des météorologistes américains a fait des morts, et pas qu'un peu. (..) Le bilan humain des ouragans, assurent-ils en effet, serait plus lourd quand ces derniers portent un nom féminin que lorsqu'ils portent un nom masculin... Nul canular, en réalité. ».

 

Ce résultat, « stupéfiant » selon Foucart, les chercheurs l’attribuent à une perception altérée des risques en fonction des stéréotypes de genre. « L’image de l’homme est souvent associée à la force, la compétence et l’agressivité tandis que celle de la femme est souvent associé à la faiblesse, la douceur et la passivité ». écrivent-ils. De ce fait, on se méfierait moins des cyclones féminins, et on s’en protégerait donc moins. Certes, de tels préjugés peuvent exister, mais de là à imaginer qu’ils conditionneraient à ce point les comportements face à des phénomènes météo extrêmes, il y a une grande marge, que les adeptes du genre franchissent allègrement.

 

D’ailleurs, sans craindre un instant de se contredire, Foucart cite lui-même d’autres stéréotypes qui pourraient être mobilisés pour expliquer des résultats exactement contraires : « De l'après-guerre aux années 1970, les cyclones atlantiques ont été systématiquement baptisés de noms féminins. La raison de ce choix n'a jamais été clairement explicitée par les institutions concernées, le National Hurricane Center (NHC) et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Mais la probabilité est forte que cet usage soit une sorte de clin d'œil des météorologistes américains – principalement mâles – pour qui la nature féminine est imprévisible et potentiellement destructrice ».

 

Faudrait savoir, les femmes sont elles faibles, douces et passives, ou bien imprévisibles et potentiellement destructrices ? Quels stéréotypes sont les plus répandus ? Comment coexistent dans la société ces stéréotypes contradictoires ? Voilà au moins qui aurait du mettre la puce à l’oreille du journaliste. La croyance en la nature féminine imprévisible, n’a pas été testée au cours des expériences de psychologie de laboratoire. Les résultats et leur interprétation par les chercheurs auraient pu être très différents.

 

 

Les chercheurs n’ont pas oublié les données de la physique, mais presque !

 

Dans une étude qui tient en 6 pages sur un PDF, Yung et al ont testé un nombre invraisemblable d’hypothèses et aligné une quantité de statistiques telle qu’il serait fastidieux de toutes les vérifier . Une question pourtant simple aurait permis de tout régler.

Les données explorées concernent 92 ouragans qui ont frappé le sol américain entre 1950 et 2012. Selon l’encadré, les ouragans « féminins » sont significativement plus meurtriers que les « ouragans meurtriers ». Est-ce seulement vrai ?

 

L’étude est biaisée : entre 1953 et 1979, les ouragans ont tous porté des prénoms féminins. Or, les auteurs écrivent à ce propos : « En séparant les données [en 2 périodes], les échantillons, trop petits, n’ont pas suffisamment de puissance statistique, néanmoins les résultats vont dans le même sens qu’avec l’ensemble des données » (traduction personnelle libre). Joli sophisme !

 

Quelques données :

 

-Si on se penche sur les données de la période d’alternance entre noms féminins et masculins, le nombre moyen de victimes par cyclone est de 16: Le nombre moyen de victimes est légèrement supérieur pour les cyclones féminins que pour les cyclones masculins (respectivement 17 et 15), mais cette différence n’est pas statistiquement significative. 12 cyclones ( sur 54) dépassent cette moyenne, cumulant 78% des victimes de la période. 6 masculins (rangs 2,3,5,6,10,12) et 6 féminins (1,4,7,8,9,11)…

 

-Entre 1950 et 2012, 7 cyclones sont responsables (sur 92 !) à eux seuls de la moitié des victimes.

 

On aurait pu s’arrêter là. Quand le phénomène étudié est concentré sur un petit nombre de cas, on devrait commencer par se demander ce qui explique leur caractère exceptionnel : s’agit-il de cyclones de très forte intensité ? Quelle zone a été balayée ? A-t-elle touché des habitats et des populations particulièrement vulnérables ? L’action publique a-t-elle été défaillante ? Ces questions ne sont même pas abordées dans l’étude.

 

Les chercheurs n’ont toutefois pas totalement oublié la physique. Dans une analyse sommaire des données de base, ils trouvent -O’ surprise !- un lien important entre le nombre de victimes, les destructions matérielles (5) et la catégorie du cyclone, ou l’importance de la dépression (6). « As expected » (comme attendu), commentent-ils. Mais cette concession à l’objectivisme est de courte durée.

 

Yung et al. évoquent en effet des « interactions » (sic !) entre l’indice de masculinité/féminité des cyclones (dont nous reparlerons plus loin) et la pression minimum . Selon nos calculs sommaires, la corrélation entre les deux est ridiculement faible et non significative (coefficient de Pearson=-0,03).

 

Mais admettons qu’elle existe comme le prétendent les auteurs : comment passer d’une corrélation à une « interaction » , qui signifie action réciproque ? Qui peut imaginer que le prénom donné par des météorologues facétieux à un cyclone va amplifier ou modérer l’ampleur de la dépression (7) ? Visiblement animé par l’envie de démontrer à tout prix leur thèse, Yung et al. construisent un modèle capillotracté qui leur permet, allègent-ils, de prédire dans une large mesure l’intensité d’un cyclone en fonction du MFI.

 

L’indice de masculinité/féminité, késako ?

 

Pour bâtir leur indicateur magique, Yung et al. ont réuni 9 sujets et leur ont demandé d’évaluer sur une échelle de 1 à 11 la perception qu’ils avaient des prénoms des cyclones (1= très masculin 11= très féminin). Soit. Est-il bien sérieux de penser que la perception qu’en ont en 2014, 4 pelées et 5 tondus aurait une valeur prédictive des comportements qu’auraient eu en 1950, ou qu’ils auraient aujourd’hui d’ américains alertés d’un cyclone nommé Lilly (MFI=10,33), plutôt qu’Ivan (MFI= 1,06) ? Ironie de l’histoire, il y a eu une Lilly en 2002 : elle a fait 2 victimes. Ivan en a fait 25 l’année suivante !

 

 

Au moyen d’un « modèle » bien compliqué , les chercheurs prétendent pourtant démontrer que le nombre de victimes des cyclones les plus destructeurs varie très fortement en fonction du MFI. Selon eux, il est estimé qu’en moyenne un cyclone au nom relativement masculin (MFI de 3) causera 15 morts, tandis qu’un cyclone au nom relativement féminin (MFI de 9) en causera 41. Hélas, Yung et al. n’ont pas pris la peine de confronter leurs prédictions fumeuses aux données observées. Si on observe les cyclones au MFI voisin de 3 (2<MFI<4), ils ont fait en moyenne 10 morts, tandis que ceux au MFI voisin de 9 en ont fait 28, sans évidemment, qu’on puisse identifier une relation de cause à effet. Bonjour, la qualité du modèle !

 

Une théorie validée par la psychologie expérimentale ?

 

Validée, c’est ce que prétend Foucart, apparemment victime collatérale du concept de genres cuisiné à toutes les sauces, au point de devenir franchement indigeste.

 

« Pour achever de valider leur théorie, les auteurs ont également conduit pas moins de six expériences de psychologie en laboratoire, interrogeant des centaines de participants confrontés à une même situation d'alerte, le seul paramètre variant étant le nom de l'ouragan. A peu près systématiquement, la prise de conscience du risque est plus élevée lorsque le nom du phénomène est masculin. »

 

Hélas, une théorie qui est invalidée par les observations est une théorie fausse, un point c’est tout. La connotation du prénom donné à un cyclone n’a aucune influence statistiquement vérifiable sur le nombre de victimes qu’il fait. Tout le reste est littérature.

 

Il faudrait cependant, expliquer les résultats obtenus au cours de ces expériences . Bien que les résultats n’aient rien de spectaculaires, les perceptions du danger , ou les intentions déclarées par les participants (évacuation ou pas) sont significativement différentes selon le genre, et semblent appuyer la thèse des auteurs en dépit des faits qui ne la confirment pas. Pourquoi ces différences ?

 

Risquons une explication. Lorsque, bien au chaud dans une pièce, on est interrogé à propos d’un phénomène dont la seule modalité qui change est le nom, masculin ou féminin, celui-ci est aussi le seul paramètre susceptible d’influencer la réaction. Dans ces conditions, on peut donner une certaine portée aux « stéréotypes de genre » : qu’Yvan (le Terrible) soit perçu comme plus dangereux que (Mère) Theresa, pourquoi pas ? Cependant, il est fort possible que les participants devinent l’hypothèse testée dans l’expérience et se conforment aux attentes des expérimentateurs.

 

En situation réelle, l’information du prénom relève de l’anecdote, par rapport à celles données sur la trajectoire du cyclone, son intensité, les consignes de sécurité etc… En définitive, les supposés préjugés de genre s’effaceraient ou pèsraient probablement très peu, et les dégâts matériels et humains dépendent essentiellement des lois de la physique, même si d’autres facteurs humains ou organisationnels, ou tout simplement la qualité des prévisions qui évolue dans le temps, peuvent être en cause dans les dommages exceptionnels.

 

Ces éléments qui mériteraient d’être approfondis, nous semble avoir une meilleure valeur explicative que le genre. Le très « viril » Denis millésime(MFI= 1,83) n’a fait aucune victime en 1987 , mais son millésime 1999 a fait 56 morts. La douce Diana (MFI = 9,94) a fait 3 morts en 1984, tandis qu’en 1955, la douce Diane (MFI=9,89) en faisait 200 !

 

Canular ou pas ?

 

Non, ça n’a rien d’un canular, nous explique Stéphane Foucart. Pourtant…Yung et al, prédisent en cas de cyclones fortement destructeurs un effet de genre terrifiant. Un cyclone « très féminin » (MFI=11) provoquerait un nombre de victimes plus de 5 fois supérieur à un cyclone » très masculin » (MFI=1). Selon les quelques éléments de méthode décrits, la principale variable explicative selon nous (la pression minimum), a été « neutralisée » à son niveau moyen (964,9 HP) pour mettre en évidence le seul effet du nom du cyclone. Voici la figure publiée par les auteurs :

http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=413814Hur1.png

 

 

Là encore, nous avons voulu confronter ces prédictions aux données disponibles. Nous avons donc retenu tous les cyclones dont la pression minimum étaient assez proche de cette moyenne (entre 955 et 975 HP) , soit 29. Dans cette liste, nous avons gardé seulement ceux dont le niveau de « dégâts normalisés » était supérieur à la moyenne de la série, soit 10 cyclones.

Les résultats sont sur la figure ci-dessous :

http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=651694Hur2.png

 

 

J’offre le champagne au premier qui reconnaît là les prédictions de Yung et al…

 

Alors, canular délibéré, peut-être pas, mais du grand n’importe quoi, ça c’est sûr.

 

La seule preuve apportée par cette étude, c’est qu’une tempête dans un verre d’eau peut se transformer en cyclone médiatique. Les auteurs, qui ne doutent de rien, espèrent que leurs résultats seront pris en compte par les hommes politiques, et par les professionnels de la communication.

 

Les problèmes soulevés par la publication de cette étude sont nombreux :

 

  • l’abus de techniques statistiques « sophistiquées » (selon les termes mêmes de leurs auteurs) sert ici, comme trop souvent, d’écran de fumée. La puissance des logiciels permet d’impressionner, de cacher la misère et les biais de l’argumentation. Comme nous l’avons dit, un simple calcul sur le nombre moyen de victimes par genre de cyclone depuis 1979 permet de constater que les différences ne sont pas significatives.

 

  • Une revue relativement prestigieuse (PNAS) accepte de publier un article qui à la prétention de prédire des choses qu’aucune donnée réellement observée ne conforte : comment fonctionne donc le processus de relecture ? Qui étaient les pairs chargés de la relecture ?

 

  • La lutte déclarée contre les « stéréotypes de genre » autorise-telle qu’on puisse publier à peu près n’importe quoi, du moment que c’est politiquement correct ? Peu importe que l’accusation de sexisme à l’encontre des météorologues qui avaient un temps décidé d’affubler les ouragans de prénoms féminins soit fondée ou pas. Ce qui est ridicule, c’est de les rendre responsables de morts au nom de préjugés répandus dans la population qui seraient exactement inverses à ceux dont on les accuse (femmes douces, passives et inoffensives vs femmes imprévisibles et potentiellement dangereuses). Si les cyclones font des dégats, comment mesurer ceux de l’idéologie, quand celle-ci prétend s’immiscer partout, y compris dans la « cyclonologie » ?

 

  • Bien des journalistes scientifiques ont relayé l’effrayante nouvelle sans le moindre recul. Ont-ils seulement consulté l’étude, ou soumis celle-ci à l’avis de gens qualifiés ? Venant de ceux qui ont la prétention de ferrailler contre les « ennemis de la science » (8), cela a de quoi inquiéter.

 

 

Anton Suwalki

 

Notes :

 

  1. Female hurricanes are deadlier than male hurricanes, www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1402786111
  2. Voir la traduction française de National Geographic

http://www.nationalgeographic.fr/11451-les-ouragans-feminins-pas-plus-meurtriers-que-leurs-equivalents-masculins/

  1. http://sanscompromisfeministeprogressiste.wordpress.com/2014/06/06/les-ouragans-feminins-sont-ils-plus-meurtriers/
  2. http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/02/pourquoi-les-cyclones-du-genre-feminin-sont-les-plus-meurtriers_4430561_3244.html
  3. “Normalized damage” : les destructions matérielles sont évalués en $.
  4. On parle de dépression lorsque la pression atmosphérique descend en dessous de 1013 HP. Les pressions minimum mesurées pour les cyclones étudiés, varient de 909 à 1003 HP, pour une moyenne de 965 HP. Sans surprise, la plus forte corrélation est enregistrée entre cette pressions minimum et l’ampleur des destructions matérielles (-0,56 selon nos calculs). Néanmoins, comme les facteurs sont multiples, on peut avoir des situations de dépression modestes associées à d’importantes destruction et inversement.
  5. Si la relation est- envisageable dans un sens , quoi que non vérifiée dans les données : l’ampleur prévue de la dépression pourrait influencer le nom qu’’on lui attribue, « Attila » plutôt que « Gandhi » , elle est totalement absurde en sens inverse.
  6. Sous-titre du Populisme climatique, ouvrage majeur de Stéphane Foucart.
Repost 0
25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 18:09

spub.jpg

 

L’honorable professeur Pierre-Henri Gouyon a parlé d’Imposteurs ce vendredi 13 décembre dans l’émission Science publique de France Culture (1) : Peut-on rire de la science ?

Partie de la désopilante manifestation annuelle de la remise des  Ig Nobel (2), cette émission devait naturellement dériver de la fantaisie vers des questions plus sérieuses.  La raison d’être des Ig Nobel n’est-elle pas  en premier lieu de faire rire les gens, mais aussi de les faire réfléchir ?

Il y fut donc discuté de la recherche « improbable », mais aussi de la recherche éminemment sérieuse malgré les sujets a priori loufoques auxquels elle semble parfois s’intéresser (tels que la physique du spaghetti), des travers actuels de la publication scientifique , notamment liés aux choix éditoriaux des grandes revues scientifiques, ou aux défaillances du processus de relecture par les pairs. 

L’actualité récente imposait sur ce dernier sujet un petit point sur l’affaire Séralini. Discussion d’emblée verrouillée par Gouyon, et on comprend pourquoi : troquer en cours d’émission   sa casquette de  scientifique sérieux, volontiers goguenard  à propos de célèbres impostures telles que la mémoire de l’eau, pour coiffer celle de membre du CRIIGEN, et probable initiateur d’une pétition en défense de Séralini (3) , c’est un exercice de haute voltige rhétorique.

Ce genre de grand écart finit peut-être par devenir terriblement douloureux pour les adducteurs, ce qui expliquerait que Gouyon ne figure pas  parmi la liste des signataires  d’une nouvelle pétition qui proteste cette fois contre la dépublication de l’étude de GES, initiée par la désopilante Dr Mae-Wan Ho (4).

Et Imposteurs, là-dedans ? Manifestement, la charge soudaine de P.H Gouyon contre notre site n’est pas étrangère au traitement que nous avons réservé à l’affaire Séralini. Pourtant, les auditeurs de France Culture n’en sauront rien, puisque, répétons-le,  il souhaitait autant que possible éluder le sujet.

Démarre alors une discussion autour du canular de Sokal. Jean Bricmont, présent sur le plateau, embraye sur les positions du relativisme postmoderne (5) critiquées  par Sokal et lui-même dans Impostures Intellectuelles.  

En guise de réponse, Gouyon, prudent, n’attaque pas frontalement Jean Bricmont, préférant faire dévier le débat vers une critique du « scientisme », qui serait selon lui l’excès inverse du relativisme : 

               « Le relativisme absolu est inacceptable, mais de l’autre côté, on observe l’excès inverse, et ça, ça n’est pas toujours bien reconnu chez les scientifiques. Il y a par exemple à partir de cette histoire un site qui s’est fabriqué , qui s’appelle Imposteurs.com, et qui est un site de défense forcenée de toute technologie. Et si jamais vous critiquez la moindre technologie, c’est que vous êtes un imposteur. Donc ce scientisme absolument échevelé qu’on peut voir chez les défenseurs de ce genre de choses n’est prétendument absolument pas idéologique. C’est à dire, que si jamais vous  défendez les gaz de schiste, les OGM et le nucléaire, etc.. c’est uniquement pour des raisons scientifiques, et il n’y a absolument aucune idéologie derrière. Or ça, je pense que ça n’est évidemment pas vrai. »

 

Gouyon nous semble doublement à côté de la plaque.

Premièrement parce que la « défense forcenée de toute technologie », si jamais cette posture existe, n’est pas l’inverse de la position relativiste qui voit dans la science une narration comme une autre.

Deuxièmement, parce qu’il ne peut illusionner grand monde en présentant une version euphémisée des positions de certains de ses alliés idéologiques pour l’opposer à une version caricaturée d’Imposteurs : Bové, Séralini, le CRIIGEN, seraient-ils seulement « critiques » des OGM ?  La bonne blague ! De notre côté, avons-nous jamais énoncé que toute technologie est bonne a priori, quel que soit l’usage qu’on en fait ? Avons-nous jamais dit que toute critique de la moindre technologie relevait de l’imposture ? Ce que nous faisons patiemment et, autant que possible, rigoureusement, c’est la démonstration que les dangers allégués ou les conséquences prétendument catastrophiques des technologies les plus décriées relèvent le plus souvent de mythes inventés pour les besoins de la propagande « anti ». La technophobie ne repose sur aucune donnée scientifique, elle ne repose que sur les mensonges fabriqués par une petite minorité et sur la crédulité du plus grand nombre envers ces mensonges. Face à ce constat que nous faisons, Gouyon n’a pas grand-chose à nous opposer, et préfère donc utiliser la bonne vieille recette rhétorique de l’homme de paille. Et feint de voir dans la critique de la technophobie, une technophilie « échevelée ». Pour lui, les choses ne peuvent être que blanches ou noires.

 

Pour nous, la critique en soi d’une technologie n’a pas de sens,  seul en a éventuellement la critique de son application. Cela vaut, autant pour les OGM, le nucléaire ou les gaz de schiste que pour l’antique marteau, très utile pour enfoncer des clous, mais qui peut aussi servir à défoncer des crânes. La problématique du séquençage de l’ADN n’est pas très différente : elle a permis de sortir des centaines d’innocents des prisons, ouvre des voies thérapeutiques immenses, mais la liste des abus possibles est également longue. Faut-il au nom de ces possibles abus interdire à la connaissance de progresser, et condamner a posteriori Franklin, Crick et Watson ?

Autre attitude rationnelle que nous essayons de défendre, contrairement aux alliés de Gouyon : Une technologie n’est pas bonne ou mauvaise en soi, elle peut-être une meilleure (ou moins mauvaise) solution à moment donné, compte tenu des ressources disponibles, et de son efficacité comparative. C’est particulièrement évident en matière énergétique. Avant d’être une ressource énergétique décriée, le charbon a été un formidable moteur du développement industriel, et a en outre permis à la forêt européenne, surexploitée avant la révolution industrielle, de regagner de la surface jusqu’à nos jours. Nous essayons toujours de considérer les technologies au regard de la balance avantages/inconvénients, ce que ne font jamais les pourfendeurs des OGM, des gaz de schiste, du nucléaire…  Pardon, Mr Gouyon, il ne faut pas dire « pourfendeurs », mais « critiques ».

Merci tout de même d’avoir parlé d’Imposteurs dans cette émission, cher professeur. Après tout, les auditeurs pourront se faire d’eux-mêmes  une opinion.

 

Anton Suwałki

 


Notes :

 (1) http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-club-science-publique-peut-on-rire-de-la-science-2013-12-13

La liste des invités :

Evelyne Heyer, professeur en anthropologie génétique au Muséum National d'Histoire Naturelle et commissaire général du Musée de l'Homme.

Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle, à l'Agro Paris-Tech et à Sciences Po

Jacques Treiner, physicien, professeur à Sciences-Po Paris et ex-professeur à l'Université Pierre et Marie Curie

Jean Bricmont, professeur de physique théorique à l'Université de Louvain (Belgique).

Oulmann Zerhouni, doctorant contractuel au Laboratoire Interuniversitaire de Psychologie de Grenoble.

(2) http://www.improbable.com/ig/

(3) c’est en tout cas lui qui l’a fait parvenir à Sylvestre Huet de Libération

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/11/s%C3%A9ralini-140-scientifiques-r%C3%A9pliquent-%C3%A0-lacad%C3%A9mie.html

relire à propos de cette pétition :

http://www.imposteurs.org/article-gilles-eric-seralini-un-manifeste-de-soutien-assassin-par-wackes-seppi-112720115.html

(4) http://www.i-sis.org.uk/Open_letter_to_FCT_and_Elsevier.php

(5) relativisme qui, dans sa version la plus radicale, affirme que la nature, la réalité objective du monde ne jouent aucun rôle dans la résolution des controverses scientifiques.

Repost 0
17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 13:13

créqat

En attendant une note de lecture personnelle…

Enquête sur les CRÉATIONNISMES, Réseaux, stratégies et objectifs politiques
Par Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau
Préface de Guillaume Lecointre

« Une enquête inédite à la croisée de la science, de la religion et de la politique. »

Au-delà de leur diversité, tous les créationnismes se caractérisent par leur volonté d’instrumentaliser la science pour justifier une vision du monde conforme à certains dogmes religieux. Leur démarche est donc politique.
Fruit d’une enquête minutieuse et riche d’interviews de spécialistes reconnus (biologistes, cosmologistes, sociologues, philosophes, etc.), cet ouvrage est à la fois un recueil d’informations sur les créationnismes et un outil indispensable pour exercer son esprit critique dès lors que la science est convoquée pour justifier des positions politiques.


Après avoir rappelé les spécificités de la démarche scientifique, Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau explorent la diversité des mouvements créationnistes et les ressorts de leur mondialisation, en livrant une analyse inédite de leurs réseaux, de leurs stratégies et des contextes politiques dans lesquels ils émergent, y compris en France. Ils montrent ainsi combien le créationnisme est à la croisée de questions sociétales majeures, comme le rôle politique des religions, la privatisation de l’enseignement et la place de la science dans une démocratie.



Olivier Brosseau et Cyrille Baudouin, respectivement docteur en biologie et ingénieur en physique, se sont spécialisés dans la diffusion de la culture scientifique. Ils enquêtent sur les créationnismes depuis plusieurs années et sont les auteurs de divers travaux sur le sujet.

Guillaume Lecointre (préfacier) est systématicien, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, directeur du département Systématique et évolution.

Site : www.tazius.fr/les-creationnismes/

Contact presse : susan.mackie@pourlascience.fr

Belin (collection Regards), 336 pages, format 14,5 x 22,5 x 2 cm, prix : 21,5 euros

Repost 0
9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 13:36

fondhome2.jpg

 

Ce week-end du 6 et 7 Juillet , ma compagne et moi-même étions invités à participer à Ultimate Z, l’université d’été de l’Observatoire Zététique qui fêtait ses 10 ans d’existence. Une trentaine de participants, dont une douzaine d’amis de l’OZ  (du Laboratoire de zététique de l’Université de Nice, de l’AFIS, du Cercle zététique Languedoc-Roussilllon ,et des « non apparentés »). Cela se passait dans le cadre d’un petit village de la Drôme qui mérite le détour.

 

 

Mais qu’est-ce que la zététique ? Parfois définie comme l’« art du doute », elle se caractérise en pratique par une posture sceptique vis-à-vis des allégations « extraordinaires » et l’utilisation de la méthodologie scientifique pour leur étude. Une démarche fort développée aux États-Unis ou au Canada sous l’appellation de « scepticisme scientifique », qui a été introduite pour la première fois à l’université en France en 1998 par le physicien Henri Broch, directeur du laboratoire de zététique à l’Université de Nice. Si la zététique étudie de manière privilégiée les phénomènes réputés paranormaux, elle fournit plus généralement des armes intellectuelles dont l’application a une portée beaucoup plus large.

 

 

Malgré les températures enfin estivales qui poussaient à l’indolence, le programme de cet Ultimate Z était copieux. Une discussion sur le bilan de dix ans d’activité de l’association, mais aussi de nombreuses conférences ou d’exposés plus courts sur des thèmes très variés : on y parla (entre autres) des phénomènes d’adhésion aux théories du complot, de parapsychologie, de « pouvoir des pyramides », des problèmes récurrents de la publication scientifique (biais de publication, faux positifs, reproductibilité, … sans oublier la fraude !). Tout zététicien s’intéressant de façon générale à la science, nous avons eu également droit à un exposé passionnant sur l’état des connaissances à propos des différences hommes femmes et de l’éternelle question de la part de l’acquis et de l’inné : les deux, mon capitaine, répondrai-je à l’issue de cette conférence.

 

 

 Une des spécificités revendiquées d’OZ est son attitude , que je qualifierais de respectueuse et de bienveillante, vis-à-vis des personnes sincèrement convaincues de l’existence de phénomènes paranormaux : tester plutôt que de rire au nez, plutôt que de « démonter ». L’OZ propose ainsi aux personnes qui pensent posséder un pouvoir paranormal (sourcier, radiesthésiste etc..) de venir le tester à travers un protocole expérimental défini d’avance et accepté par l’intéressé. Même si cette démarche exclut de fait les gens de mauvaise foi qui cherchent seulement à profiter des crédules et ne se confronteront jamais à des expériences scientifiquement contrôlées, je la trouve particulièrement intéressante. J’ai ainsi appris que plusieurs personnes ayant échoué à démontrer leur pouvoir ont de leur propre initiative orienté leurs « collègues » vers l’OZ afin qu’eux-mêmes tentent ce genre d’expérience !

 

 

Être féru de zététique et de rigueur scientifique n’exclut pas pour autant la fantaisie, voire un petit grain de folie bien sympathique. Au sommaire de cette université d’été figuraient aussi :

 

 

-Le concours de mauvaise foi, où toutes les figures de la rhétorique et tous les mauvais coups sont permis, voire encouragés. Si le vainqueur de ce concours est formellement désigné parmi les candidats, le champion aurait tout aussi bien pu être choisi parmi les membres du jury, selon l’avis général !

 

-« Questions pour un zampion », où là encore, nous avons constaté (avec une indignation toute feinte) de nombreuses irrégularités dans l’attribution des points à chaque participant.

 

- Plus étrange, le lancer du diffuseur de chlore de la piscine, dont le trésorier et photographe officiel de l’OZ prend une photo lorsque l’objet volant (parfaitement) identifié se situe dans la fenêtre visuelle de l’église du village. A vrai dire, personne ne sait qui a inventé ce rituel qui se répète à chaque édition d’Ultimate Z, ni pourquoi !

ovi

Et bien d’autres choses tout aussi zétranges…

 

 

Autre curiosité qui m’a frappé lors de cette rencontre : la technologie la plus pointue (téléphonie, informatique, cigarette électronique etc.…) y côtoie les techniques les plus archaïques, pour ne pas dire néandertaliennes ! Même pas un sèche-cheveux pour allumer le barbecue !

 

Malgré cela, de retour de cette manifestation bien sympathique, je n’ai qu’un vœu à formuler : longue vie à l’OZ ! Et j’espère bien être invité pour ses 20 ans…

Anton Suwalki

 


 Pour en savoir plus :

http://www.zetetique.fr/

Repost 0
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 17:15

       J’ai été souvent confronté à des objections quant à l’utilité de combattre les superstitions : pourquoi combattre des croyances somme toute inoffensives ? Après tout, les gens sont libres de croire ce qu’ils veulent.

 

    Concernant la deuxième proposition, notons d’abord que cet argument émane surtout de ceux qui profitent de ces croyances. Ainsi, Élisabeth Tessier voyait dans ceux qui dénonçaient la mascarade de sa thèse de « sociologie » consacrée à l’astrologie (1) des « talibans de la culture ». Il n’est nullement question d’interdire de croire. Nous savons parfaitement qu’éradiquer des superstitions ne se décrète pas.  Mais la liberté de croire des uns a pour contrepartie la liberté des autres d’essayer de les convaincre qu’ils se trompent. Et puisqu’il est question de liberté, nous pensons que la connaissance objective en apporte davantage que les croyances infondées. Connaître les vrais déterminismes de la nature peut permettre de s’en affranchir, tandis qu’on ne s’affranchit des faux déterminismes qu’en les identifiant comme tels.


     La première proposition est quant à elle totalement fausse. Les superstitions ne sont pas, et loin s’en faut, le reliquat d’un folklore sans conséquences sur les comportements.  Y compris dans des pays hautement développés où, malheureusement, la connaissance scientifique avance plus rapidement que ne reculent les croyances. On peut penser que certains lisent la rubrique astrologique de leur journal pour s’amuser, d’autres non. Des méthodes persistantes de recrutement occultes pourraient bien avoir des conséquences fâcheuses sur votre vie professionnelle (2). Et dans un pays comme le Japon , les technologies les plus avancées  coexistent parfois avec des croyances d’un autre âge. Verra-ton dans ce pays en 2026 un effondrement des naissances comme cela s’était passé en 1966 ?

      Observons la pyramide des âges d’un pays : Ses irrégularités les plus fortes sont en général les stigmates de désastres qui ont touché le pays, en particulier les guerres. La pyramide des âges du Japon porte bien les stigmates de ses guerres. Pourtant, une entaille profonde, correspondant à l’année de naissance 1966, a une toute autre cause : 

 

japandemographycd6

          Il se trouve que l’astrologie japonaise combine les douze signes de l’ astrologie chinoise avec cinq signes basés sur les « éléments ». 1966 correspond à la combinaison « cheval et feu » qui se reproduit tous les 60 ans. Or, selon une croyance qui daterait du 17ème siècle (3), les femmes nées sous le signe du « cheval de feu » porteraient malheur à leurs maris. 

C’est pourquoi on a enregistré si peu de naissances en 1966. Ceux qui l’ont pu ont différé la naissance ou ont fait une fausse déclaration. Cette année là, le taux d’ avortement a augmenté de 50%. Des recherches plus poussées permettraient éventuellement d’estimer combien parmi les femmes qui sont malgré tout nées et déclarées en 1966, furent condamnées au célibat et à une vie malheureuse.

Inoffensives, les superstitions, disiez-vous ?

Anton Suwalki 



   

http://webs.unice.fr/site/broch/articles/HB_These_Teissier.html

http://alaingavand.typepad.com/nouvelle_donne/2009/03/astrologie-et-recrutement-d%C3%A9sastre-les-m%C3%A9thodes-de-recrutement-occultes-existent-encore-.html

http://www.japantimes.co.jp/news/2012/07/08/national/how-astrology-and-superstition-drove-an-increase-in-abortions-in-japan/

Repost 0
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 16:32

roulette-casino

Devenir riche sans effort, grâce à une martingale qui permet de gagner au casino? A priori, il n’y a pas besoin d’être calé en mathématiques pour comprendre que s’il y avait des martingales, il n’y aurait plus de casinos depuis belle lurette. Pourtant, il y en a qui y croient encore ! Et, bien sûr des margoulins pour en profiter.

 

J’ai reçu via les réseaux sociaux un lien vers la page internet d’un type qui prétend avoir gagné 15800 euros en 15 jours, au nez et à la barbe d’un casino en ligne (dont il donne le nom),  et le philanthrope met à la disposition de tous sa méthode infaillible. Pour endormir la vigilance des crédules, l’escroc nous conseille « de [nous] arrêtez de jouer lorsque vous gagnez un maximum 500 € par jour, en cas que le casino ai des doutes (sic !)... Cela m'étonnerait mais mieux vaut être prudent. Donc pensez-y, 500 € de gains par jour maximum ! De toutes façons cela suffit largement non ? ».

 

Ben voyons, un casino verserait « seulement » 15000 euros de rente mensuelle à des centaines, voire milliers de gugus au courant de la faille, et n’y verrait que du feu ?

 

Rouge ou noir à la roulette , le casino est toujours gagnant.

 

Jouer rouge ou noir à la roulette est sans doute le moins pire des jeux de casino, dans le sens où la probabilité de perte à chaque mise est la plus faible. Il n’en reste pas moins que le casino, sans aucun trucage, est sûr de gagner pour rapport à l’ensemble des parieurs.

Les roulettes sont numérotées de 0 à 36, soit 37 numéros. 18 numéros sont noirs, 18 sont rouges, le zéro est vert. Si vous misez un euro sur l’une de ses deux couleurs, soit vous la perdez si la bille tombe sur l’autre couleur ou le vert, soit vous récupérez votre mise doublée, soit un gain net d’un euro.

Que vous choisissiez de miser sur le rouge ou noir, vous avez toujours un tout petit peu moins de chance de gagner que de perdre.

 

A chaque mise, l’espérance mathématique du gain est de : 1x(18/37) -1x(19/37) = -1/37 = soit un perte d’un peu moins de 3 centimes. Certes, c’est peu, mais c’est implacable.

 

Doublez votre mise à chaque fois, cela n’y changera rien.

 

La fabuleuse astuce que nous vend notre escroc est en fait une martingale vieille comme les jeux de hasard : doubler sa mise jusqu’à ce qu’on gagne.

 

« misez 1 € sur le rouge (il faut changer de couleur à chaque fois que l'on gagne), même cas, soit un rouge sort et vous gagnez, soit un noir sort et vous perdez, vous devez donc doublez votre mise, c'est à dire mettre 2 € sur le rouge, et faire tourner la roulette.

Ainsi de suite...

Conclusion :

- tant que vous perdez, doublez votre mise sur la même couleur jusqu'à que vous gagniez.

-          dés que vous gagnez, changez de couleur et recommencez à miser en partant de la mise de départ (1 €). »

 

Bien entendu les patrons de casino savent depuis toujours c’est une tactique totalement désespérante.

J’ignore si les algorithmes de tirage à la roulette des casinos en ligne font l’objet d’un contrôle par une autorité quelconque. Quoi qu’il en soit, on imagine mal qu’ils aient un rendement inférieur (pour l’entreprise) à celui d’une roulette mécanique.

 

1/ changer de couleur dès qu’on gagne n’augmente en aucun cas la probabilité de gagner.

 

 

2/ Que vous gagniez au 1er, 2ème, 3ème, ou nième coup, votre premier gain sera toujours identique : 1 euro.

Gain au 1er tirage : mise 1 euro, on vous rend 2 euros, vous gagnez 1 euro.

Gain au 2ème tirage : mise 1 + 2 euros, on vous rend 4 euros, vous gagnez 1 euro.

Gain au 3ème tirage : mise 1+2+4 euros, on vous rend 8 euros, vous gagnez 1 euro.

Et ainsi de suite.

 

Si la probabilité de gagner à chaque tirage est de 18/37 comme  pour une roulette mécanique, le joueur doit s’attendre dans plus de 3% des cas à miser  32 euros avant de gagner, et dans un peu moins de 1% des cas, à miser 64 euros. C’est là qu’intervient la psychologie du parieur. Un rendement aussi faible pour une telle mise constitue une bien piètre récompense. Il va donc rejouer sa mise pour la reperdre sans doute presque aussitôt, puis la regagner etc…

 

Je me suis amusé à réaliser des tirages aléatoires pour simuler mes chances de gain en procédant ainsi : au bout de 50 mises, j’avais gagné exactement 1 euro. Me prenant au jeu du parieur frustré, je rejoue 50 fois : j’ai perdu 2 euros. Je remise 50 fois : j’ai regagné 1 euro.

 

Tant qu’à faire, autant vous plumer d’au moins 45 euros.

 

Je pourrais  jouer des centaines ou des milliers d’heures avec une espérance de gain (faiblement) négative, et une très petite chance de gagner un tout petit peu d’argent. Un vrai accroc au jeu va rapidement se lasser devant des résultats, et rapidement s’orienter vers des prises de risque beaucoup plus importantes. Et finira par perdre les 15 euros qui constituent le dépôt minimum exigé par le casino qui bénéficie de la pub de notre escroc : « Attention! Cette astuce fonctionne seulement sur un seul casino qui est xxxxx, LE meilleur casino en ligne et surtout le plus sécurisé ».

 

Je n’ai pas la possibilité d’établir formellement que l’individu a des intérêts directs dans le casino, mais le doute est-il vraiment permis lorsque celui-ci précise qu’on peut vérifier sa méthode en commençant par jouer en mode gratuit : « Vous pouvez commencer par créer un compte en "Jouer en mode GRATUIT!" pour commencer à appliquer ma méthode (qui est ci-dessous), histoire que vous soyez sur qu'elle fonctionne réellement (elle marche à 100%, mais c'est juste pour vous rassurer si vous n'y croyez pas... ce que je peux tout à fait comprendre). Mais n'oubliez pas par la suite de passer en "Jouer en mode REEL!" pour commencer à gagner du "vrai argent" et pouvoir encaisser vos gains !

Une fois que vous avez vu que ma méthode fonctionnait, vous pouvez passer en "Jouer en mode REEL", effectuez votre premier dépôt (Trés important : le dépôt idéal avec zéro risque est de 45 euros, lire ci-dessous), puis allez dans "Jeux de table - Roulette European" et commencez à appliquer la méthode ci-dessous...

 

Trés important :  Je vous conseille de faire un dépôt de 45 euros.

 

Pourquoi ?  Avant de pouvoir vous certifier que cette méthode marchait parfaitement, j'ai bien sûr effectué des tests, une dizaine au total, qui se sont tous soldé par la même conclusion : il faut 45 euros au minimum pour avoir un risque ZERO de perte. Si vous dépôsez 44 euros ou moins, mathématiquement, vous courrez à la perte... c'est à dire que vous perdrez votre dépôt et que vous ne ferait aucun gains... HORS, avec un dépôt de 45 euros ou plus, il n'y a AUCUN risque, j'insiste bien sur le AUCUN. »

 

La page internet de l’escroc publiait il y a quelques jours encore des témoignages d’heureux gagnants remerciant le sauveur. J’ai posté à tout hasard mon propre commentaire : « Ca n’a pas marché pour moi. Le casino aurait-il découvert la faille ? ». Serez-vous étonnés d’apprendre que mon commentaire n’a pas été publié ? Depuis il n’y a plus que 8 commentaires en ligne (tous des gagnants…), et il est précisé que « seuls les membres VIP peuvent poster ».

 

Selon le site du Casino, celui-ci appartient à une société dont le siège est aux Antilles Néerlandaises. Autant dire qu’elle ne risque pas grand-chose en cas de plainte de personnes qui se sont déjà fait plumer. On peut quand même faire le nécessaire pour qu’au moins cette page d’invitation à se faire plumer disparaisse.

Anton Suwalki

 

 

roulette-casino.jpg

Repost 0
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 15:16

On nous signale la tenue d’un colloque organisé par l’Union rationaliste sur le thème Croyance et Connaissance, ce samedi 4 mai 2013, à l’ École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, salle Dussane. Ce colloque se tiendra de 9h30 à 17h30. Il est ouvert à tous dans la limite des places disponibles.

Anton Suwalki

Le programme :

Croyances et crédulité - Gérald Bronner, professeur de sociologie à l'Université Paris Diderot, membre de l'Institut Universitaire de France, auteur de plusieurs ouvrages sur la croyance dont La démocratie des crédules (Puf, 2013).

Quitter la croyance - Romy Sauvayre , sociologue, Maître de conférences à l’Université de Clermont-Ferrand, Laboratoire de psychologie sociale et cognitive du CNRS, auteure de Croire à l'incroyable (PUF, 2012).

Comment apprendre aux élèves à distinguer savoirs, croyances et opinions. Les créationnismes - Guillaume Lecointre, prix de l’Union rationaliste 2012, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle. Il a dirigé le Guide critique de l’évolution (2009), auteur de Les Sciences face aux créationnismes. Ré-expliciter le contrat méthodologique des chercheurs (éditions Quae, 2012).

Sujets polémiques et information scientifique en matière médicale - Alain Grimfeld, professeur honoraire de pédiatrie, président du Comité de la prévention et de la précaution et président d’honneur du Comité consultatif national d'éthique.

La diffusion des informations scientifiques et la participation des scientifiques aux débats démocratiques - Le rôle des journalistes scientifiques - Michel de Pracontal (Médiapart).

Science et croyance : l'illusion du vrai et la certitude du faux - André Brahic, astrophysicien, professeur à l’Université Paris Diderot et au CEA, auteur de La science, une ambition pour la France (Odile Jacob, 2012).

Repost 0
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 11:58

Dans l’article du 22 mars Du livre de Testart aux « Sciences Citoyennes », où va le CNRS?,  nous avons évoqué du projet destructeur confié par le CNRS à Marc Lipinski. C’est avec un certain plaisir que nous découvrons l’existence d’un collectif Science et citoyens, et du site créé à l’occasion, qui réagit vivement à la démagogie dangereuse de la mission Sciences Citoyennes.

 

« Ce site à été créé à l’initiative du collectif Science & Citoyens, qui regroupe des chercheurs et enseignants-chercheurs de la recherche publique lassés d’être constamment confrontés à des attaques en règle sans y répondre.

Nous ne voulons être identifiés ni par un organisme de recherche ou une discipline, ni par une région ou une ville, ni par un pays. La science traverse toutes les frontières et ne s’arrête qu’aux limites de la Raison et de la Méthode.

Ce blog est ouvert à tous ceux qui partagent ces mêmes valeurs. »

Lire en particulier le décryptage de l’interview de Marc Lipinski. Une initiative, qui espérons-le, ne restera pas isolée.

Anton Suwalki

Repost 0
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 13:34

              Vous avez sans doute lu sur Imposteurs le début du « feuilleton » consacré au livre de Jacques Testart « A qui profitent les OGM ? », paru aux éditions du CNRS, et bourré d’erreurs et de mensonges.

J’ai écrit à la conseillère éditoriale pour m’en étonner (voir copie du mail ci-dessous).

 

 

          Au même moment j’apprenais l’existence d’un mission  « sciences citoyennes » au sein du CNRS confiée à Marc Lipinski, conseiller régional Europe-Écologie-Les-Verts, et ancien vice-président de la région Île-de-France.

 

                    Comme c’est étrange !

 

                     Dans un communiqué du 13 mars, l’AFIS évoque le parfum lyssenkiste de ce projet, et rappelle qu’il n’y a pas plus de science « citoyenne » que de science « bourgeoise » ou « prolétarienne ». (1)

 

                 Ceux qui ne se rendraient pas compte du danger de ce projet pour la qualité et l’intégrité de la recherche scientifique devraient jeter un coup d’œil sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes, présidé par …le citoyen Jacques Testart, par ailleurs grand amateur de tribunaux d’exception (2). Ils y trouveront par exemple un manifeste lancé entre autres par Danielle Mitterrand et Vandana Shiva dans une conférence sous les toits de l’UNESCO en Juin 2009 : l’avenir des systèmes de connaissance.  Tout un programme !

 

L’obscurantisme de ce projet saute aux yeux notamment dans ce passage :

« Le Manifeste appelle à une démocratisation des connaissances à tous les niveaux. Elle ne peut être garantie que par une participation égale et démocratique de tous les citoyens à la construction de ces connaissances, et par une réhabilitation des savoirs traditionnels des communautés autochtones et des femmes, qui ont guidé l’évolution de l’humanité depuis des siècles. » (2)

 

                Si la direction du CNRS laisse les Testart & co pervertir la science à ce point, je ne donne pas cher de l’avenir de cet organisme. Car la « science citoyenne » n’est pas seulement un truc démagogique.

 

            Si par « démocratisation » des connaissances, on entendait la diffusion de celles-ci et leur acquisition par le plus grand nombre,  personne ne  devrait s’y opposer. Mais il ne s’agit pas de cela, il s’agit au contraire de dévaluer la science au profit de la pseudoscience et de toutes sortes de croyances. Voilà ce qu’entend ce manifeste par démocratisation des connaissances. 

 

              C’est une sinistre plaisanterie que de laisser croire que moi, citoyen lambda, je vais participer « à la construction des connaissances » à pied d’égalité avec les chimistes pour décider de la validité de la datation à partir du Carbone 14  et voter pour déterminer qui a raison. Nul doute que les citoyens adorateurs du « Saint-Suaire » de Turin (4), de toute bonne foi, considéreraient que leur foi a davantage de valeur que la démarche scientifique pour construire les connaissances. Personne de toute façon ne peut croire qu’il s’agit bien de cela.

 

                Derrière les soi-disant « citoyens », se cachent en fait des « ONG » à la poursuite de buts idéologiques ou politiques, et qui ne représentent qu’elles-mêmes. Très clairement, celles-ci veulent détruire la science. Elles veulent qu’on puisse dire que 2 et 2 font 10, ou bien qu’ « on ne peut pas faire de statistiques sur les nombres entiers »,etc.  (5)…La « réhabilitation des savoirs traditionnels des communautés autochtones », est la position radicale du relativisme culturel des idéologues postmodernes (6), qui nient la valeur de la recherche de la réalité objective par la méthode scientifique et son universalité.  Qui placent sur un pied d’égalité savoir scientifique, croyance et charlatanisme. Ce qui implique par exemple que l’astrophysique et l’astrologie (« savoir traditionnel » s’il en est) correspondent à deux disciplines d’égale valeur scientifique, et ce faisant, de nommer Élisabeth Tessier directeur d’un laboratoire au CNRS !

 

                La référence à la réhabilitation des communautés autochtones ET des femmes correspond à la thèse de Vandana Shiva selon laquelle la science n’est qu’une manifestation de l’oppression occidentale (7), c’est à-dire en dernière analyse de l’homme blanc. Cela implique notamment qu’une femme ferait de la science autrement qu’un homme. C’est en réalité une offense raciste et sexiste envers tous les non-européens ou toutes les femmes qui ont contribué ou contribuent à l’avancée des sciences. 


                   Comment la direction du CNRS peut-elle ainsi laisser gangréner l’institution par ces idées et cet activisme antisciences d' organisations militantes, au risque de renoncer à sa mission pour devenir une tribune pour tous les charlatanismes ?

                 

Signalons pour conclure, que mon message à la conseillère éditoriale des éditions du CNRS n’a pas reçu de réponse. Comme quoi, il y a citoyen et citoyen.

Anton Suwalki

 


 

Message envoyé à Marie Bellosta, Éditions du CNRS

La politique éditoriale des éditions du CNRS est formulée de la manière suivante :

« Notre vocation ? En tant que maison d’édition du CNRS, nous publions le meilleur de la recherche française et européenne, qu’elle provienne des laboratoires, des universités ou des centres d’excellence. Mais cette mission essentielle auprès de la communauté savante ne se départit jamais d’un autre souci, tout aussi fondamental : transmettre l’avancée des connaissances auprès du grand public afin que la science soit au cœur de la Cité. »

Après avoir lu le dernier livre de Jacques Testart que vous avez publié : « A qui profitent les OGM ?» , je me demande sincèrement , en tant que citoyen , s’il correspond vraiment à ces nobles objectifs. Mon propos n’est bien sûr pas de contester le droit d’être opposé aux biotechnologies, ce que Mr Testart ne manque pas de clamer à longueur d’ondes et de chroniques diverses, mais de m’étonner qu’il n’y ait pas au sein d’une maison d’éditions d’une institution prestigieuse, de filtre minimum permettant d’éviter qu’on écrive à peu près n’importe quoi en abusant de son autorité de chercheur.  Car les mensonges et la mauvaise foi sautent aux yeux : par exemple lorsqu’il prétend qu’il faudrait manger plusieurs kilos de riz doré pour obtenir les apports nécessaires en vitamine A. Une tromperie délibérée, car Mr Testart ne peut pas ignorer que c’est faux. Je vous invite à en découvrir bien d’autres sur mon site Imposteurs dans le « feuilleton » dédié à ce livre :

http://www.imposteurs.org/

 Le livre de jacques Testart participe-t-il vraiment à la transmission de « l’avancée des connaissances auprès du grand public » ?



Notes :

A lire sur le même sujet :

http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/200313/la-science-citoyenne-illustree-quon-se-le-dise-au-cnrs

Le Communiqué de l’Union rationaliste :

Mission CNRS « sciences citoyennes » : une manœuvre politicienne

http://www.union-rationaliste.org/index.php/29-tribunes/communiques/521-mission-cnrs-sciences-citoyennes-une-manoeuvre-politicienne

 

(1) http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2081

(2) http://www.imposteurs.org/article-les-technophobes-veulent-un-tribunal-russell-contre-les-crimes-du-nucleaire-civil-81705359.html

http://www.tribunalrusselnucleaire.org/

(3) http://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2010/09/DP_Manifeste_sur_l_avenir_des_systemes_de_connaissance_12-11-09.pdf

(4)  http://www.unice.fr/zetetique/articles/HB_suaire_C14.html

 (5) allusion aux carabistouilles statistiques de Séralini, lui aussi bon candidat citoyen à la rénovation des « systèmes de connaissance »

http://www.imposteurs.org/article-etude-du-criigen-sur-le-mais-nk-603-retour-sur-les-carabistouilles-statistiques-assumees-par-seral-112923200.html

(6) lire à ce propos Why the postmodern attitude towards science should be denounced, M Kuntz, Européan molecular biology organisation,  2013

(7) Citée dans Impostures  intellectuelles,  de Sokal & Bricmont, 2004

Repost 0
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 15:24

qantox

 

 

Quantox

Mésusages idéologiques de la mécanique quantique

Auteur : Richard Monvoisin

Éditeur : book-e-book / Collection : Une chandelle dans les ténèbres

10,45 euros

http://www.book-e-book.com/index.asp?sessionID=761793808&fx=2&p_id=179

 

 

Encore une excellent petit bouquin de cette collection zététique. Les lois de la physique évoquent pour beaucoup  de gens un vague et pénible souvenir du lycée, une matière qu’on s’est empressé d’oublier dès que ça n’était plus obligatoire dans le cursus d’étude. A plus forte raison, la physique quantique, qui n’est enseignée qu’à partir du master en université et dans les grandes écoles,  devrait être pour l’immense majorité une discipline parfaitement inconnue. Or il est fréquent d’entendre des gens l’invoquer à propos de tout et de rien, en général avec d’autant plus de force et d’autorité qu’ils sont hermétiques à la science. 

 

C’est parce que par la (mauvaise) vulgarisation des paradoxes apparents de cette science (1), peut facilement se retourner contre elle et alimenter la pensée magique. Ses concepts (dualité onde-corpuscule, principe d’indétermination de Heisenberg, intrication quantique…) sont dès lors facilement détournables par les marchands de pseudo-médecines (2) « alternatives », sans parler des gourous d’idéologies New-Age.

 

Dans ce petit livre de 60 pages sans difficulté technique, Richard Monvoisin, docteur en didactique des sciences et épistémologie,  remet efficacement les pendules à l’heure. Voici, à pas cher, ce qui ne gâche rien, un bon petit manuel d’auto-défense intellectuelle pour les sceptiques, et une batterie d’arguments pertinents à opposer à ceux parfois déconcertants des pseudo-sciences.

On notera le post-sricptum : "Remerciements spéciaux au physicien Julien Degorre, spécialiste de la physique quantique, qui s'est arraché les cheveux pendant les relectures".


Anton Suwalki


 

(1) paradoxes dans le sens où vont à l’encontre de nos idées reçues, de  notre intuition inspirée par notre expérience du monde macroscopique

taper « thérapies quantiques » sur Google : environ 20.000 résultats !!!! Sans surprise, la physique (2 )quantique est censée servir de base scientifique (en fait d’alibi) aux charlatans de l’homéopathie.

 

 

La thèse de doctorat de Richard Monvoisin

            http://cortecs.org/bibliotex/126-these-r-monvoisin-pour-une-didactique-de-lesprit-critique

Repost 0