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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 12:07

Une équipe de chercheurs dirigée par Jean-Claude Dreher du Centre de Neuroscience Cognitive de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1) montre pour la première fois qu'il existe, au sein du cortex orbitofrontal (situé dans la partie antérieure et ventrale du cerveau), des régions distinctes répondant à des récompenses secondaires comme l'argent ou à d'autres plus primaires comme des images érotiques. Ces résultats ouvrent de nouvelles pistes de recherche pour la compréhension de certaines pathologies comme l'addiction aux jeux d'argent ou l'étude des réseaux neuronaux impliqués dans la motivation et l'apprentissage. Ils sont publiés le 29 septembre 2010 dans The Journal of Neuroscience.

Dans notre quotidien, nous sommes fréquemment confrontés à divers types de « récompenses » : un billet de 20 €, un carré de chocolat ou un bon vin... De plus, nous devons bien souvent faire des choix entre elles ou les échanger les unes contre les autres. Pour ce faire, il est important de pouvoir comparer leur valeur relative sur une même échelle, ce qui laisse supposer qu'elles sont traitées dans des régions cérébrales communes. De plus, il est possible que ces récompenses, en raison de leurs particularités propres, sollicitent parallèlement des zones du cerveau bien distinctes. Plus particulièrement, il pourrait exister une dissociation entre les récompenses dites « primaires » (comme la nourriture ou le sexe qui satisfont aux besoins vitaux et ont une valeur innée) et celles plus « secondaires » (comme l'argent ou le pouvoir qui ne sont pas indispensables à la survie et ont une valeur qui s'apprend par association avec des gratifications primaires).

 

C'est pour vérifier ces hypothèses que Jean-Claude Dreher et Guillaume Sescousse du Centre de Neuroscience Cognitive de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1) ont proposé à 18 volontaires de se prêter à une expérience originale sous forme de jeu permettant de gagner de l'argent ou de voir des images érotiques. Pendant l'expérience leur activité cérébrale était enregistrée à l'aide d'un scanner IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle).

 

Résultat : la valeur des récompenses est effectivement traitée dans des régions cérébrales partiellement communes (composées du striatum ventral, de l'insula, du mésencéphale et du cortex cingulaire antérieur). Les chercheurs ont également confirmé qu'il existe une dissociation entre récompenses primaires et secondaires dans le cortex orbitofrontal. Sa partie postérieure (plus ancienne sur l'échelle de l'évolution) est activée spécifiquement par les images érotiques (récompense primaire), alors que sa partie antérieure (apparue plus récemment chez l'Homme) l'est spécifiquement par les gains d'argent (récompense secondaire). Ainsi, plus les récompenses sont abstraites et complexes, plus leur représentation sollicite des régions antérieures du cortex orbitofrontal.

 

Ces résultats démontrent pour la première fois une dissociation entre deux types de récompenses au niveau cérébral et suggèrent qu'il pourrait exister des zones distinctes pour ces différentes gratifications. Des travaux qui pourraient permettre de mieux comprendre certaines maladies psychiatriques, notamment l'addiction aux jeux d'argent.

 

Origine : Centre national de la recherche scientifique

 


Commentaire :

Nous ignorons toute la portée de cette découverte, et les portes qu’elles ouvrent pour un meilleur traitement de certaines addictions. Elle peut déjà permettre de remettre en cause les poncifs habituels sur le thème « sexe,argent, pouvoir », ou les sornettes freudo-lacaniennes sur l’argent :

Rappelons-en quelques unes :

« Le point de départ de la réflexion psychanalytique sur l'argent est le travail de Sigmund Freud en 1908 quant au caractère anal de l'argent. Il émet un rapport d'équivalence entre le symbole argent et les fèces, autour de la rétention et de la défécation. Ferenczi analyse ce déplacement par le passage d'un objet sale à quelque chose de plus propre où l'œil prend plaisir à voir l'éclat et l'oreille à écouter le tintement métallique. À ce stade, les pièces sont estimées comme objet de plaisir à amasser et à contempler et non pour leur valeur économique. L'enfant comprend ensuite que l'argent est un moyen d'arriver à obtenir ce qu'il désire par sa capacité à exercer sa puissance sur ses parents et à susciter chez eux des réactions affectives. C'est pourquoi Melanie Klein attribue à l'argent une signification orale en tant que sein inépuisable. (…)

L'argent n'a aucune valeur propre et c'est pourquoi Jacques Lacan le définit en tant que signifiant. Il permet d'accéder à son désir par son glissement dans la chaîne du langage. Quand le sujet le possède et le garde, il répond de la valeur et de la puissance qu'il a réellement à l'intérieur de lui. En tant que signifiant, il correspond à un manque, à l'objet « a ». Le figer arrête la course désirante et conduit à l'esclavage. Dans l'Avare de Molière, Harpagon est possédé par sa caisse qui le pousse à un désir de mort, ayant incarné le grand Autre. »

Misère !!!

La valeur de l’argent selon la psychanalyse

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commentaires

Vanessa 24/05/2015 00:06

Bonjour,
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Laurent Berthod 26/11/2010 21:44



Mon cher Sceptique,


 


Il me semble que ce n'est pas parce que les cocottes et les gigolos sont moins présents dans la littérature qu'ils le sont moins dans la
réalité.


 


Êtes-vous certain qu'Odette de Crécy, le modèle de la cocotte, était si désintéressée que cela du côté du sexe ? C'est même sans doute ce qui
fait toute l'indulgence que le récit de Proust nous fait lui accorder : elle n'était pas intéressée que par l'argent. Je ne crois pas qu'elle détestait "faire catleya", même si elle en
usait.


 


 



Sceptique 26/11/2010 21:29



Mon cher Laurent, 


Les cocottes et les gigolos (espèces en voie de raréfaction) se servent du sexe pour avoir de l'argent. C'est une prostitution ciblée. L'argent compte davantage. 


Une"vignette" littéraire: "La Salamandre" de Jean-Christophe Ruffin



Laurent Berthod 26/11/2010 21:14



Mon cher Sceptique,


Il ya sans doute des gens obnubilés à la fois par le sexe et l'argent, à chercher du côté de certaines cocottes et de certains
gigolos.


Mon cher Anton,


Je ne suis pas allé lire ce vers quoi votre lien à propos de la psychanalyse conduit. Je le ferai peut-être. En attendant, je tiens à dire
que la psychanalyse ne peut en aucun cas être assimilée de près ou de loin à une science, car elle n'est pas réfutable.


Un jour, Claude Lévi-Strauss a déclaré : "Les sciences humaines, qui n'ont d'ailleurs de scientifique que le nom..." Seul un grand esprit
comme le sien est capable de prendre cette distance avec sa propre discipline. Mais je conclurai néanmoins en disant que l'anthropologie, la sociologie, l'économie, sont des sciences dans la
stricte mesure où certaines de leurs assertions sont plus ou moins réfutables. Dans la psychanalyse rien n'est réfutable. La psychanalyse est une mythologie pure est simple. Cela signifie que,
comme les mythologies, elle n'est pas totalement dépourvue d'effets. Mais les effets des mythes finissent par s'épuiser (Cf. René Girard). La psychanalyse est à mon humble avis, aujourd'hui,
presque complètement épuisée.



Sceptique 17/10/2010 11:46



Il serait intéressant d'interroger Jérôme Kerviel sur cette question! Les obsédés de l'argent ne le sont pas en même temps du sexe. D'une manière générale, l'être humain est bien obligé, pour se
maintenir dans la vie sociale, dont la familiale fait partie, de se disperser entre plusieurs centre d'intérêt, investis affectivement, mais qui se font aux dépens des autres.


Les constatations de la psychologie n'entrent pas en contradiction avec ces études neuro-physiologiques.