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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:27

Bien que les séismes, glissements de terrain, ou avalanches soient des phénomènes non prévisibles, ceux-ci pourraient dans certains cas respecter un "programme". C'est ce que suggère une étude de l'Institut pour l'énergétique et les interphases du Conseil national des recherches (Ieni-Cnr) de Milan. L'étude, réalisée en collaboration avec l'université de Yale et Cornell, ainsi qu'avec l'Afrl Air Force Research Laboratory (USA) a obtenu la page de couverture de la prestigieuse revue américaine Nature.

"Nous savons que les catastrophes sont le résultat d'une lente accumulation de perturbations externes : la neige qui se dépose sur les versants, ou le mouvement d'une faille sismique", explique Stefano Zapperi, co-auteur de l'étude et chercheur au Ieni-Cnr. "En laboratoire, nos collaborateurs de l'Afrl ont produit des micro-tremblements de terre d'intensité variable en comprimant des colonnes de nickel de dimensions micrométriques, et ont observé qu'ils se sont réalisés de manière aléatoire".

En faisant varier la vitesse de compression des colonnes, les chercheurs ont cependant "constaté qu'il existe un régime pour lequel les micro-tremblements de terre se produisent de manière périodique, comme s'ils suivaient un calendrier", poursuit Stefano Zapperi. "Nous avons de plus démontré par la théorie que cette périodicité est due à l'opposition de deux effets : la réponse "catastrophique" des micro tremblements de terre, et une réponse lente du support, qui reste non observée dans la plupart des cas. Quand la réponse du support s'effectue à la même vitesse que la sollicitation externe, l'événement catastrophique se vérifie de manière quasi périodique".

D'après la théorie proposée, ce mécanisme est général et devrait également s'appliquer à des systèmes de dimensions beaucoup plus grandes. "Le long d'une faille sismique, par exemple, entre deux tremblements de terre, l'énergie est souvent libérée à travers de lents écoulements d'eau. La théorie suggère que si la vitesse du flux était semblable à celle de la faille, les tremblements de terre pourraient avoir lieu presque périodiquement", précise Stefano Zapperi.

La théorie pourrait expliquer certaines observations passées de cas de tremblements de terres périodiques : "mais pour cela il sera nécessaire de ré-analyser et réinterpréter une grande quantité de données expérimentales", conclut le chercheur.

Stefano Zapperi est chef du projet "Sizeffects", financé par l'European Research Council dans le but de comprendre comment se fait la réponse mécanique des matériaux, aussi bien à l'échelle de l'atome qu'au niveau macroscopique.

Rédacteur : Frédérick MARTIN


Paru dans Bulletins électroniques

BE Italie numéro 108 (16/11/2012) - Ambassade de France en Italie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71451.htm

Dans Nature : http://www.nature.com/nature/journal/v490/n7421/abs/nature11568.html

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commentaires

La Coupe Est Pleine 17/12/2012 09:32


Je suis moi aussi assez sceptique, sur une telle extrapolation .... Par exemple le Tsunami qui a dévasté les archipels Taïlandais, a été causé par un glissement des fonds sous-marins. Donc
question bête : Quand la masse de roches a glissé au fond du trou, il est impossible de la voir remonter le cours de sa chute pour revenir à sa place initiale. Le prochain seisme sera donc
provoqué par un mouvement de matière différent et qui plus est probablement à un endroit différent. Partant de là la prédiction semble absolument impossible.

Sceptique 15/12/2012 18:31


Est-ce que la comparaison entre la résistance de matériaux homogènes et celle de failles géologiques est possible? La sismicité d'une région s'évalue par la fréquence et la puissance des
phénomènes sismiques. Elle subit peut-être des variations sur une longue durée. Mais ce qui me semble important, c'est la place de la mémoire humaine. Si chaque génération subit au moins un,
voire plusieurs séismes, elle ne peut oublier le risque. Si une génération, ou plusieurs, n'en subissent aucun la mémoire se perd. Je citerai le tremblement de terre d'Agadir, en 1960. Il
constitua une surprise totale.