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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 05:00

Une étude publiée dans la revue en ligne PloS ONE va probablement relancer la polémique.


Pathogènes et insecticides : un cocktail mortel pour les abeilles

L'infection par Nosema ceranae, un parasite responsable de la nosémose (1), entraîne une plus forte mortalité des abeilles lorsque celles-ci sont exposées à de faibles doses d'insecticides. C'est ce que viennent de mettre en évidence des chercheurs du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (LTE, INRA Avignon). Ces résultats sont publiés dans la revue PLoS ONE.

En France, les abeilles domestiques de l'espèce Apis mellifera représentent l'outil de travail d'environ 70 000 apiculteurs professionnels et amateurs. Leur influence directe sur la qualité et la quantité des récoltes, ainsi que sur le maintien de la biodiversité florale, est aujourd'hui largement reconnue et souligne le rôle prépondérant des abeilles, domestiques et sauvages, dans le fonctionnement des écosystèmes.

 

Cependant, depuis plus de 15 ans, les colonies d'abeilles sont en proie à un mal étrange et peu compris des apiculteurs et des scientifiques, avec chaque année, des milliers de colonies qui disparaissent. Pour expliquer ce phénomène, observé principalement par les apiculteurs européens et américains, de nombreuses pistes sont avancées : l'appauvrissement de la diversité et de la qualité des ressources alimentaires (en lien avec les changements climatiques), l'intensification des monocultures et la modification des paysages, l'action d'agents pathogènes responsables de maladies comme la varroase (2), les loques (3) et la nosémose, le stress chimique provoqué par l'exposition des abeilles aux produits phytosanitaires et vétérinaires ou encore certains prédateurs tels que le frelon asiatique. Bien que de nombreuses données soient disponibles sur l'influence des stress nutritionnel, parasitaire et chimique sur la santé des abeilles, aucun d'entre eux n'a pu être isolé comme unique responsable du déclin des populations d'abeilles. Aujourd'hui, les spécialistes du domaine s'accordent pour orienter les recherches sur les effets combinés de plusieurs de ces facteurs.

 

C'est dans ce contexte que des équipes de recherche du CNRS, de l'INRA et de l'Université Blaise Pascal ont associé leurs compétences respectives en parasitologie et en toxicologie pour évaluer l'influence des interactions pathogène-toxique sur la santé des abeilles. En laboratoire, les chercheurs ont exposé de façon chronique des abeilles naissantes saines et d'autres contaminées par Nosema ceranae à de faibles doses d'insecticides. Résultat : les abeilles infectées par Nosema ceranae puis exposées de façon chronique aux insecticides succombent, même à des doses se situant en dessous du seuil entrainant la mort, ce qui n'est pas le cas de leurs congénères non infectées. Cet effet combiné sur la mortalité des abeilles apparaît pour une exposition quotidienne à des doses pourtant très faibles (plus de 100 fois inférieures à la DL50 (4) de chaque insecticide). La synergie observée ne dépend pas de la famille d'insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride (5), appartiennent à des familles différentes. Le mode d'action responsable de cette synergie n'a cependant pas été encore identifié.

 

Cette étude montre donc que l'interaction entre nosémose et insecticides constitue un risque significatif supplémentaire pour les populations d'abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité. Ce travail indique également que des doses d'insecticides considérées comme ne pouvant entrainer la mort expriment pourtant un potentiel toxique létal pour des organismes parasités et donc fragilisés. Par conséquent ces résultats montrent la nécessité d'améliorer la gestion et la protection du cheptel apicole face au danger que représentent les pollutions environnementales et les pathogènes (seuls ou en combinaison) sur la santé de l'abeille. L'équipe « Interactions Hôtes-Parasites » du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) travaille justement à rechercher de nouveaux moyens de lutte contre cet agent pathogène.

le communiqué sur le site du CNRS 


 

Le fipronil, l’une des deux substances testées dans cette étude, est le principe actif utilisé dans l’insecticide Régent, depuis longtemps montré du doigt par les apiculteurs.  La figure 3.A de l’étude publié par PloS ONE résume le problème :

Sur des abeilles non infectées par Nosema ceranae , la mortalité des abeilles exposées à un des insecticides ne diffère pas du groupe contrôle (<10% à 20 jours). Des abeilles infectées (par le parasite sans exposition aux insecticides) ont un taux de mortalité multiplié par 5 environ  (47% à 20 jours). L’exposition au fipronil ou au thiaclopride , inoffensive sur des abeilles saines, renforce fortement leur fragilité face au parasite (respectivement 82 et 71% à 20 jours), d’où l’ « effet synergétique » évoqué par les chercheurs. Notons que les auteurs concluent non pas à l’urgence de se priver de ces insecticides, mais au besoin pressant de traitements vétérinaires contre Nosema ceranae. Encore faudrait-il réussir convaincre les apiculteurs que là est bien le problème essentiel, alors que leur syndicat (l’UNAF) est en guerre contre les pesticides.                                    Anton Suwałki

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commentaires

Bombay Velvet Box Office Collection 06/04/2015 19:03

Amazing Article

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 10/10/2011 11:55



(fermaton.over-blog.com)


No-2, THÉORÈME APIS. MORTALITÉ des ABEILLES.



Karg 21/07/2011 11:52



Pas convaincu par les doses, j'ai fait une petite recherche:


http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/rapportfin.pdf


P88 on apprend que du néctar de tournesol gaucho contient 1.9micro gramme d'imidaclopride.


J'en reviens au papier


 


"Stock solutions of fipronil (1 g/L) and thiacloprid (5.1 g/L) were prepared in DMSO and diluted in sugar syrup to obtain
a final concentration of 50% sucrose, 1% protein, 0.1% DMSO and 1 µg/L fipronil or 5.1 mg/L thiacloprid"


Je suppose qu'il y a une erreur d'échelle et qu'il y a 5.1micro gramme/L et non pas 5.1mg/L... Dans un cas c'est 2.5 fois la dose dans le nectar de tournesol, dans l'autre c'est 2500 fois. 


Pour essayer d'avoir le vrai chiffre je continue à comparer les deux documents:


P89 du rapport on apprend que 10 jours de consommation quasi esclusive de nectar de tournesol gaucho c'est 181 pico gramme d'imidaclopride accumulés. 


Je reprends la figure 3 du papier.... et là on est à 150nanogramme par jour... Soit 10000 fois plus que la dose au champs... Je suppose qu'il fallait bien lire mg aupparavant. 


C'est clairement de l'escroquerie. 



karg 20/07/2011 23:29



Bonne remarque, mais sachez que ce sont les syndicats apicoles qui décident où vont les financement de recherche... Tout ce qui n'est pas destiné à entretenir le mythe des pesticides tueurs est
mis de coté. Le fait que des ruches meurent en zone non agricole n'intéresse absolument pas ces organisations parce qu'ils n'ont aucun intérêt à ce que l'état foutent le nez dans leurs pratiques
apicoles, et qu'il n'y a pas de multinationale à plumer. Derrière tout ça les leaders ont des agenda politiques. Abeilles, OGM, pesticides, nucléaires, ce ne sont que des tremplin pour la vie
pollitique. Et ça marche, voyez Bové et Lhomme...



pilepoil 20/07/2011 19:10



Je n'ai pas les compétences pour juger la fiabilité de cette étude scientifique.


Mais je suis quand même surpris que les molécules chimiques le plus souvent rencontrées dans les ruches (et en plus grosse quantité) ne soient pas testées également. Je veux parler des
traitements anti-varroas c'est à dire le tau-fluvalinate, l'amitraze, le coumaphos ainsi que la roténone et pourquoi pas le thymol ou l'acide formique.


Beaucoup de ruches n'ont jamais été en contact avec le fipronil, l'imidaclopride ou le thiaclopride. Et pourtant, certaines colonies se sont aussi effondrées dans des milieux non-agricoles.


Qui commande et finance ces études pour que toujours les apiculteurs apparaissent comme des victimes



karg 20/07/2011 15:37



Si Syngenta a obtenu l'autorisation pour le Cruiser sur Colza après 4 ans d'essais positifs, c'est qu'ils avaient du lourd (je connais un peu la boutique). Je les vois pas aller au casse pipe.
Syngenta a une belle avance sur les autres au niveau des problématiques pollinisateurs (projet Bee Partner, projet Polinisator), ils savent très bien s'occuper des abeilles et faire des essais
eux même. La seule critique qu'a réussi à trouver l'UNAF c'est "on est pas sur que les champs d'a coté n'était pas déjà gorgé de Gaucho et de Cruiser vendu sous le manteau", c'est pour dire à
quel point ils sont à la ramasse. Surtout qu'ils ont réussi a raconter que le Regent (Fipronil) est systémique, encore une connerie qui pourrait se finir devant les tribunaux. 



ronron 20/07/2011 15:26



faire un lien automatique entre les deux événements : attention prudence


Mais cette étude est tres étonnante


- substance étudiée Fipronil qui n'est plus utilisée en France depuis son retrait


- "l'apiculture unie" méne la guerre contre thiamethoxam (cruiser 350 et Cruiser OSR)


Bizarre pourquoi cette molécules qui est dans l'actualité depuis 5 ans n' a pas été étudiée ?


Syngenta à fait un che……… (gros). Pardon je suis une mauvaise langue ou bien……


les résultats n'étaient pas conforme aux désirs de l'UNAF.


Je suis vraiment une mauvaise langue.



karg 20/07/2011 15:13



Le début des problèmes en France correspond en gros à l'arrivée officieuse de Nosema... 



ronron 20/07/2011 15:12



Cette étude pose de nombreuses questions. Les commentaires le démontrent.


Les résultats sont ils étonnant ? Un organisme affaibli est forcement plus sensible.


Une étude analogue a été publié en mars 2010 (Inra avignon lien Nosema Ceranae et substance du Gaucho).


Par contre en terme médiatique (Voir Le monde et libération) la communication des auteurs de l'étude est plus que limite


47 % de mortalité avec Nosema Ceranae " = une mortalité "faible" Si une ruche connait une perte de population de 50 %, son avenir est plus que compromis


Un point important :  aucun rappel sur l'origine de Nosema Ceranae. Ce n'est pas un parasite "ordinaire".


1) il a été importé dans les années 90. Son"aire" géographique était liée à l'Asie. il s'est installé sur l'ensemble des continents suite à des importationsd'abeile. Voir étude de Paxton Mai 2010






karg 18/07/2011 17:19



Le DMSO peut faire rentrer des polluants ou des insecticides présent dans la ruche mais normalement sans effet (par exemple des produits anti varroa) car ne passant pas à travers les barrières
tégumentaires de l'abeille. Ca explique sans doute la mortalité dans les témoins (si on considère qu'elle est anormale pour des abeilles)...


Autre problème, la dose d'insecticide correspond à 1% de la DL50? c'est absurde, il faut prendre une dose qui ne provoquent pas de mortalité chronique, chose qu'on ne peut pas estimer à partir
d'une DL50. L'effet de rémanence et la demi vie biologique doivent rentrer en jeux, ainsi que des effets de seuils... 


Ex: 


DL50 Imazamox (pulsar 40): >5000 mg·kg-1 rat oral


DL50 Imidaclopride (gaucho): 1800 à 2500 mg·kg-1 rat oral 


DJA Imazamox:  9 mg/kg de poids corporel/jour 


DJA Imidaclopride: 0.5 mg
/ kg / jour. 


Vous pouvez remarquer que l'écart entre les DJA (qui est estimé sur l'Homme via l'effet sur le rat) n'est pas du même
ordre de grandeur que les DL 50... Bien sûr j'ai cherché un exemple frappant, mais rien ne permet d'affirmer que ce n'est pas le cas avec et entre le Fipronil et le Thiaclopride. Je
vois pas comment ils peuvent ignorer ce problème, ils sont censés être des scientifiques compétents sur la question vu la quantité de financement qu'ils ont obtenus. 


Franchement ça pue grave. C'est du Séralini en mieux présenté (et avec l'effort de faire soit même la manip). 



La Coupe Est Pleine 18/07/2011 15:20



@Karg


Je crois que vous avez eu le nez creux Karg, sur le DMSO !


Je pense que la courbe (verte et carrés) du témoin montre bien que la mortalité du groupe témoin commence dès le lendemain de l'alimentation du groupe en DMSO. Même si au final il n'y a que 7-8%
de victimes au 20° jour. C'est clairement un facteur supplémentaire d'agression des abeilles.



sham 17/07/2011 17:29



désolé de dévier du topic, mais je ne sais pas où partager ça...je me suis dit que ça vous ferait bien rire si vous ne l'aviez pas encore vu:


http://www.npr.org/blogs/thetwo-way/2011/07/15/138162835/austrian-pastafarian-picture-was-a-win-for-freedom-from-religion



karg 17/07/2011 14:40



Merci pour le précision j'ai lu un peu vite, dans tout les cas la présence de DMSO est choquante, c'est le produit parfait pour augmenter l'effet d'une substance toxique sans altérer (si il est
vraiment clean) le témoin. Ca sent le bidonnage à plein nez.



Sceptique 16/07/2011 19:06



Il faudra que l'équipe, ou une autre, reprenne toute l'étude, sans "renfort" du DMSO. Il y aura peut-être des surprises! 



La Coupe Est Pleine 16/07/2011 18:14



il est aussi assez étrange de voir que le groupe de controle reste à 0% de mortalité jusqu'au 10° jour, date du début de l'alimentation en solution glucosée et DMSO. A ce moment là la mortalité
démarre pour finir comme les groupes "insecticide seul" un peu en dessous de 10% de mortalité.


Donc on pourrait penser que le DMSO est un stress supplémentaire.


Là on est vraiment dans le "multifactoriel" !



Sceptique 16/07/2011 17:26



À mon avis, l'utilisation du DMSO fausse complètement l'étude, même s'il est donné aux abeilles témoins, non soumises à un agent potentiellement agresseur.



La Coupe Est Pleine 15/07/2011 19:08



Cette déclaration d'un des auteurs de cette étude est assez étrange :


"A elle seule, l'infection par Nosema ceranae ne provoque que des mortalités
limitées, explique Frédéric Delbac,"


Comment il peut y avoir un impact "limité" de N. Ceranae en France quand une équipe espagnole associait clairement le parasite au syndrome de dépeuplement lui-même ?


souvenez-vous :


http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article194


Comment encore ce témoignage d'un apiculteur français peut-il s'expliquer selon Mr Delbac :


http://www.abeille-et-nature.com/nosema-ceranae.htm


"La Nosema, c'est pire que le problème du Varroa même si celui-ci est également responsable de l'affaiblissement des colonies et cela
mérite votre plus grande attention !"



La Coupe Est Pleine 15/07/2011 18:56



@GFP et Karg


En effet j'ai fait un bel amalgame entre Varroa et N. Ceranae !


Sinon pour ce qui est de l'emploi du DMSO il se peut que ça explique que des doses 100 fois inférieure à la dose habituellement léthale, fassent quand même des dégats.



GFP 15/07/2011 16:30



@ La Coupe Est Pleine,
Je me suis peut-être mal exprimé. Quand je disais "les deux groupes traités avec N. ceranea et les deux insecticides" il s'agit des groupes "N. ceranae + Fipronil" et "N.
ceranae + Thiacloprid". Il est vrai qu'au dixième jour le groupe avec N. ceranae seul est au même niveau de mortalité que les deux groups "N. ceranae + Fipronil" et "N. ceranae +
Thiacloprid". Par ailleurs N.ceranae n'est pas un acarien mais un champignon.

@ karg,
Les groupes témoins reçoivent aussi du DMSO, c'est clairement indiqué dans les deux publications  "Honeybees not exposed to insecticides were fed ad libitum with 0.1% DMSO-containing
sugar syrup." ainsi que "Solutions containing sucrose and DMSO were
used as controls."

Le point où je m'interroge c'est sur la reproductibilité des résultats. Une étude américaine qui avait étudié la synergie entre N. cerenae et un virus avaient obtenu des
résultats similaires (en terme de synergie)  mais leurs courbes de mortalité (sans barres d'erreurs là non plus) sont très différentes.

Dix jours après l'infection on a déjà 40% de mortalité dans le groupe traité avec N. ceranae seul et dans le groupe contrôle on enregistre une mortalité plus importante de plus de 20%
(On peut se demander si une telle mortalité chez le contrôle est normal dans ce cas).

Il faudrait que les différents labos travaillant sur ces sujets s'accordent pour adopter des conditions d'expérimentation et de protocoles similaires. Cette disparité entre les études rend les
comparaisons difficiles.



karg 15/07/2011 14:44



http://www.buzzaboutbees.net/support-files/alaux_et_al_em_2009.pdf


A peu près la même équipe, on dirait l'ancêtre de la publi actuel, et même manque de barre d'erreur. Et toujours du DMSO histoire que l'Apistan ou l'Apistar rentre bien dans les abeilles pour les
massacrer.