Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:59

Point de vue :

 

D’un côté  les tentatives d’instrumentaliser l’Histoire au nom du « devoir du mémoire » (comme par exemple en faisant lire la lettre de Guy Mocquet dans les établissements scolaires), de l’autre cette décision gouvernementale de supprimer l’enseignement de l’Histoire Géographie en terminale S. Du moins de rendre la matière optionnelle, c’est-à-dire, dans les faits, moins importante aux yeux d’une majorité de lycéens souvent baignés dans une conception utilitariste à courte vue de leurs études : on n’étudie et on ne révise pas des matières pour ce qu’elles nous apportent en termes de connaissances ou de capacités de réflexion, on ne le fait que pour obtenir le baccalauréat, et on s’empresse de tout oublier !

 

Certes, on peut comprendre pourquoi les jeunes se préoccupent avant tout de réussir leurs études et d’obtenir leurs diplômes, mais qui se préoccupe de leur faire comprendre l’utilité de posséder une culture générale , élément clé de l’esprit critique ? On ne cesse de nous parler de mondialisation, mais on dévalorise l’Histoire et la Géographie ? !

 

Car quand bien même Luc Chatel cherche à rassurer sur le fait que les élèves de classe S auront suivi le même programme grâce en l’alourdissement du nombre d’heures en classe de première (qui passeraient de 2h 30 à 4h hebdomadaires) , cette mesure risque de diminuer encore l’intérêt  des élèves que ces matières ne passionnent pas. Au total, le nombre d’heures consacrés à l’Histoire Géographie en lycée sera de fait moindre pour les élèves de ces sections et sa disparition comme épreuve du Bac la rendra moins importante. Combien d’élèves jugeront importante une matière qui ne pèse rien dans la réussite au Bac ?

 

On apprend que cette mesure, inspirée par l’actuel directeur de Sciences Po, serait en fait destinée… à améliorer  les chances des élèves issus des sections littéraires dans l’accès à l’enseignement supérieur. Drôle de méthode qui consiste à renforcer les chances des uns… en diminuant l’éventail des savoirs des autres. Ca n’est certainement pas comme cela qu’on revalorisera la filière littéraire et les autres filières non scientifiques.

 

Les élèves des classes scientifiques ont autant besoin  de connaissances de bases et de développer une capacité de réflexion sur le monde qui les entoure et sur son histoire que ceux des autres filières ont besoin d’un bagage minimum en matière scientifique.

 

Anton Suwalki

Partager cet article

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article

commentaires

Laurent Berthod 14/12/2009 19:26




Un des commentaires les plus intelligents parmi ceux que que j'ai lus ou entendus : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2353/articles/a414632-la_mère_de_toute_réforme.html

Ce n'est qu'indirectement en relation avec la suppression de l'enseignement de l'histoire en terminale S, mais enfin ça pose la question de l'utilité comparée de réformer le
lycée ou de le faire fonctionner normalement. Par proximité familiale, je suis en mesure de confirmer que le sexisme, le mépris des profs en général et en raison de leur salaire en
particulier, et j'ajoute l'antisémitisme et le racisme antifrançais, sont très présents chez les élèves du secondaire.



tonton Sigmund 13/12/2009 12:25



Cher Daniel, chers blogueurs,


 


je suis un peu surpris par votre affirmation « les mathématiciens exultent ». Ce n’est pas vraiment ce qui ressort, par exemple, du communiqué commun de l’APMEP (Association des Professeurs de Mathématiques de l'Enseignement Public) et de la SMF (Société
Mathématique de France) sur la réforme du lycée, disponible ici : http://smf.emath.fr/ (cliquer sur Communiqué SMF-APMEP au bas de la page qui s’ouvre, ou directement sur http://smf.emath.fr/Enseignement/ReformeLycee2009/CommuniqueSMF-APMEP-23-11-09.pdf ).


Pour maintenir la qualité de ce blog, évitons les approximations et les jugements à l’emporte pièce pour s’en tenir
au factuel.


Ceci dit, je suis d’accord avec vous sur un point : on n’apprend pas tout à l’école et, contrairement à une
idée répandue, on n’y a jamais tout appris (même « avant », quand « c’était mieux » :-). Les jours refusant toujours catégoriquement de durer plus de 24 heures, alors que
la masse des connaissances augmente vertigineusement,  je crains que ce problème ne puisse que s’aggraver à l’avenir.


Pour le reste, à vous de prouver que les propos d’Anton relèvent du « procès d’intention » et de la
réaction « pavlovienne ». Je ne suis pas sûr qu’un gouvernement (quel qu’il soit) soit toujours soucieux de l’intérêt général. Et il y a de bonnes raisons de penser que ce gouvernement-là, qui prévoit la suppression de
16 000 postes dans l’Education Nationale l’an prochain avec son objectif affiché de « ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux » (pourquoi un
sur deux, et pas deux sur trois, ou un sur cinq ?), pense davantage à faire des économies qu’à « armer
les jeunes générations pour l'avenir » (ça veut dire quoi, au juste ?). De cela évidemment, cher Daniel, en partant de fausses prémices genre « les mathématiciens
exultent », vous ne vous apercevrez pas.


 


Bien cordialement,


 
t.
S.


daniel 11/12/2009 06:32


Je suis très perplexe. En fait à lire une certaine presse syndicale toute réforme des programmes scolaires serait une "contre-réforme". Il est tellement facile de lire tout changement pour 1)
montrer qu'il est mauvais 2) qu'ils est délibérément mauvais. Il y avait eu la mobilisation des profs de sciences naturelles (SVT pour parler postmoderne) car l'enseignement de cette matière aurait
pu disparaître ou ne devenir qu'optionnel en seconde ; puis il y a eu celle des professeurs de sciences économiques et sociales ; aujourd'hui les historiens râlent et les mathématiciens exultent.
Chacun trouve toujours un argument pour dire que ce serait bien si les élèves apprenaient tout sur tout. Mais au bout du bout il faut choisir et veiller à une durée hebdomadaire du travail (en
cours puis à la maison) compatible avec l'existence d'une vie hors-scolaire... Pourquoi ne pas en finir une fois pour toute avec les procès d'intention ? N'est-il pas parcimonieux de penser que ce
gouvernement, comme les précédents, en matière de programmes scolaires aspirent à armer les jeunes générations pour l'avenir. Utilitariste ? Oui, un peu au minimum, qu'est-ce que cela a donc de si
dommageable ? Très franchement, Anton, je pense que sur ce coup là, tu réagis de façon un peu pavlovienne du fait de ta programmation idéologique : celle-là aussi, peut-être faut-il l'examiner à
l'aune de ton esprit critique... qu'en penses-tu ?


Erchinoald 09/12/2009 18:52



D'accord avec toi, Ptoufle. Personne ne semble se désoler que les terminales techno n'aient pas d'histoire-géographie au programme.

Il y a bien sûr aussi une part de corporatisme.



ptoufle 08/12/2009 23:38


Je n'ai pourtant vu personne militer pour l'instauration de l'histoire géo au programme des terminales techno. Ces élèves auraient, eux, moins besoin de "développer des capacités de réflexion"
?

Personnellement je milite pour des cours de logique, voire de réthorique argumentaire (savoir reconnaître les syllogismes, etc), dans toutes les filières, L compris. Cela permettrait peut-être, là,
de former les esprits à la reflexion autonome plus surement que le gavage de connaissances le plus souvent bachottées que constitue l'histoire-géo en S.


Sceptique 08/12/2009 21:14


Si les élèves de Terminale S ont des lacunes en histoire, il n'est plus temps, alors, de les combler. Ou ils s'y plongeront plus tard, ou elle ne les intéressera jamais. Les enseignants
ont eu un réflexe corporatiste. Chaque enseignant enseigne la matière la plus importante.


canardos 08/12/2009 19:41


de toute maniere, il ne s'agit ni de diminuer le nombre d'heures de cours hebdomadaire de S en augmentant en consequence le nombre d'heure de cours de la filiere litteraire, ni de remplacer les
heures d'histoire geo par des heures de math ou de physique....

c'est donc un nivellement par le bas et l'argument de réequilibrage entre filiere n'a pour but que de justifier une, vulgaire economie budgetaire et la suppression de postes de professeurs au
detriment de l'avenir de la jeunesse


Antonin 08/12/2009 18:46


D'expérience, je doute très fortement que les élèves prennent en grande majorité une matière optionelle. Il y a cinq ans, mon lycée proposait des cours de rattrapage et de soutien. Les élèves qui y
assistaient étaient en très grande majorité des élèves qui se situaient dans le premier  tiers coté notation. Je pense qu'il en sera de même pour l'histoire-géographie, qui ne sera prise que
par ceux qui s'y intéresse ( et donc n'en ont pas vraiment besoin).
Une autre conséquence est que ces cours optionnelles ne pourront probablement pas être dispensés partout, si il y a peu d'élèves intéressés. Enfin, la volonté du gouvernement de vouloir supprimer
la S comme voie passe partout est assez regrettable, car s'il est déjà ardu de s'orienter en fin de terminale, il est bien davantage en fin de seconde. Cependant, cela n'empêche pas que je trouve
également déplorable que l'on élimine les matières scientifiques en début de collège ce qui fera que certains n'en verront jamais la couleur.


anton suwalki 07/12/2009 21:14


Bonsoir Ptoufle et Cultilandes , j'entends bien vos arguments, je ne vais pas répondre en détail, préférant d'abord laisser éventuellement s'exprimer d'autres personnes sur
le sujet. je voudrais juste demander à Ptoufle de préciser : "Laisser entendre qu'à partir du moment où ce n'est plus enseigné en terminale, les élèves
de filière S n'accéderont plus à l'histoire géo, c'est faire un raccourci idéologique ." je me trompe peut-être  , ((et peut-être pas, d'ailleurs ma formule n'est pas
aussi lapidaire), mais je ne vois franchement pas ce que ça a d'idéologique...Replacez d'ailleurs mes propos dans le contexte de la justification de cette mesure, qui serait si j'ai bien compris
d'améliorer les chances des bacheliers des filières non-scientifiques en réduisant le périmètre des enseignements du Bac scientifique. Pour revaloriser une filière, il me semble
qu'on peut faire mieux. Si on n'a trouvé que ça pour revaloriser les sections littéraires, franchement, ça ne me parait pas formidable.
Anton.


ptoufle 07/12/2009 17:26


D'ailleurs pour ceux qui aiment la matière ou la trouve importante, il est possible de prendre la matière en option.

Pour revenir sur l'esprit critique, à moins que l'enseignement actuel de l'histoire géo ait changé, il me paraît plus important d'apprendre à nos gamins à aller chercher les infos dont ils ont
besoin et à les vérifier, les confronter, plutôt que de leur expédier dans la tête une "bible" bien formatée, à tendance largement simplificatrice voire orientée vers... les lieux communs de
l'écologie.


Cultilandes 07/12/2009 15:40


S'agit il réellement d'une décision, d'un projet, d'une proposition d'une commission quelconque? On s'emballe vite... Je ne sais pas si ceci irait dans le bon sens. Ce qui est certain, c'est qu'il
faut toujours faire des choix. On ne peut pas tout étudier. Il faudrait s'assurer, d'abord, que ce qui est au programme est réellement appris et compris par les élèves. Quand on sait les
difficultés de nombre d'entr'eux à bien écrire notre langue... Cela dit, j'ai moi-même aimé les cours d'histoire et surtout de géographie, selon le talent des professeurs. Dernière réflexion: Les
gouvernants ne sont pas les seuls à être tentés d'instrumentaliser les sciences humaines: les professeurs aussi! Ils ne s'en privent pas toujours. Vous savez bien que même l'enseignement des
sciences dites "dures" peut être soumis aux préjugés, idéologies et modes. C'est presque désespérant.


ptoufle 07/12/2009 15:37


"""Car quand bien même Luc Chatel cherche à rassurer sur le fait que les élèves de classe S
auront suivi le même programme grâce en l’alourdissement du nombre d’heures en classe de première (qui passeraient de 2h 30 à 4h hebdomadaires)"""
Le "quand bien même" ne me semble pas justifié ! C'est un peu comme dire : je marche sous la pluie, quand bien même j'utilise un parapluie, je serai mouillé". Laisser entendre qu'à partir
du moment où ce n'est plus enseigné en terminale, les élèves de filière S n'accéderont plus à l'histoire géo, c'est faire un raccourci idéologique . A moins de considérer qu'en Première on
n'apprend rien d'utile.
D'autre part, pour avoir pu voir ce qui reste des connaissances bachottées en histoire-géographie en terminale comme dans les autres classes, je ne pense pas que cela serve véritablement d'esprit
critique aux élèves.

A mon sens il est bien plus regrettable d'abandonner le peu des sciences abordées en 6ème-5ème, que l'histoire-géo en terminale, compensée par un accroissement d'heures en
première.