Glyphosate, Perturbateurs endocriniens, nous et nos enfants allons tous trépasser dans d’atroces souffrances…Par Jérôme Quirant

Publié le par Anton Suwalki

Nous et nos enfants allons tous trépasser dans d’atroces souffrances, ou pas…  Mais il est de bon ton de nos jours de vouer aux gémonies la science et les scientifiques : on nous ment, on veut nous empoisonner, les experts sont vendus aux grands groupes alimentaires… Allez à contre- courant de cette doxa populaire (et populiste) et vous serez agoni d’injures, même pour un simple post sur les réseaux sociaux.

Depuis des mois et des mois, on vous le dit dans les médias et sur Internet : si vous n’êtes pas contre le glyphosate et si vous ne luttez pas contre les perturbateurs endocriniens, vous êtes une mauvaise personne qui fait le jeu des grandes multinationales. Vous portez ainsi une lourde responsabilité dans les maladies graves qu’auront à subir vos propres enfants… Faites-les donc manger bio, seule alternative permettant de les sauver et de faire de vous un citoyen éclairé !

 

Nous avons eu droit ces derniers jours dans les médias au glyphosate cancérigène (1), aux perturbateurs endocriniens abrutissant les enfants in utero (2) ou encore au bio seule solution viable (3).

Le tout oscillant entre fariboles, sornettes et pures foutaises…

 

Le glyphosate n’est pas cancérigène !

 

Non, le glyphosate n’est pas cancérigène chez l’Homme. Non, aucune étude scientifique n’a permis d’affirmer cela de façon probante. Aucune. Pourtant, depuis 40 ans, cet herbicide est un des produits les plus étudiés par le monde : il suffit de chercher les publications scientifiques sur Google Scholar, qui regroupe tous les articles scientifiques parus sur le sujet, pour s’en rendre compte. Mais c’est aussi parce que son mécanisme d’action est parfaitement connu, qu’il ne suscite pas de véritable inquiétude chez les vrais spécialistes du domaine (4).

 

Or, le CIRC, un organisme parmi d’autres de l’OMS, a néanmoins classé le glyphosate « cancérogène probable » pour les hommes (groupe 2A) en 2015.

Depuis, d’autres organismes, à l’intérieur même de l’OMS, sont venus contredire cet avis (5). De même que de nombreuses agences sanitaires nationales : Canada, Nouvelle-Zélande, Australie, Allemagne, Suisse, Japon, etc. Tout comme les agences européennes telles l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) ou l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques), et bien sûr l’agence française ANSES.

 

Mais alors pourquoi devant une telle unanimité, le CIRC a-t-il, tout seul, procédé à un tel classement ?

 

Soulignons tout d’abord que Monsieur Blair, le président la commission qui a classé le glyphosate dans la catégorie 2A, a reconnu lors d’une audition aux États-Unis, sous serment, que la dite commission n’avait pas tenu compte d’une étude sur les agriculteurs américains datant de 2015, qui a montré qu’il n’y avait pas de surplus de cancers chez eux, en particulier pour les lymphomes non hodgkiniens qui étaient les cancers les plus suspectés. Il a également reconnu que la commission n’aurait probablement pas procédé au classement « cancérogène probable »  avec la prise en compte de cette étude (6). Des prétextes assez fallacieux ont alors été avancés pour justifier un tel rejet, alors que l’étude était parfaitement connue (7). Incroyable…

 

D’autres faits sont extrêmement troublants : c’est Christopher Portier, salarié de l’Environnemental Defense Fund (une ONG anti-pesticides), qui a présidé en 2014 le comité du CIRC qui a décidé d’inscrire le glyphosate au programme de ses études. Ce même Portier fut « coopté » pour intervenir dans le groupe de travail sur le glyphosate en tant qu’unique  « expert invité », alors même que sa bibliographie ne comptait aucun travail de recherche sur le glyphosate. Or Portier, qui s’est beaucoup investi dans la défense du rapport du CIRC, mais aussi dans le dénigrement de l’EFSA, a signé un – très, très – juteux contrat avec un cabinet d’avocats américains qui espèrent tirer plusieurs milliards de dollars de la reconnaissance du caractère cancérogène du glyphosate (8). Une heureuse coïncidence, dont ceux qui se font les gorges chaudes de supputés gravissimes conflits d’intérêts entre les agences sanitaires de tous pays et les industriels s’accommodent de façon assez savoureuse…

 

Dernier élément qui accentue la suspicion sur cette échappée en solitaire du CIRC digne d’un coureur cycliste qui aurait cumulé EPO, stéroïdes et autres joyeusetés, il se trouve que le contenu des échanges au sein de la commission a pour partie filtré. Il s’avère que quelques jours avant de rendre son rapport, le brouillon de l’avis de la commission était encore très rassurant, notamment sur la cancérogénéité du glyphosate pour les animaux. Qu’est ce qui a provoqué un tel revirement de dernière minute ? Le mystère demeure (9) et le CIRC se retranche derrière une prétendue confidentialité des échanges pour ne pas éclaircir cet obscur chamboulement qui a  tout d’un coup permis d’effacer toutes les études rassurantes. Pour un organisme qui est présenté comme un parangon de vertu par rapport aux autres agences (dixit Kate Guyton, participante éminente de la commission (10)), c’est ballot !

 

Oui mais, depuis des années, le glyphosate est à la base de la composition du Roundup, produit phare de la firme Monsanto, elle-même honnie pour avoir produit l’agent orange pendant la guerre du Vietnam. Telle une croisade menée par des Don Quichotte, certains ont alors décidé de se faire la peau du glyphosate coûte que coûte, et ce afin de porter un coup fatal à cette entreprise au passé peu glorieux. Peu leur importe la dangerosité réelle du produit, peu leur importe le coût pour nos agriculteurs, déjà rincés et essorés pour d’autres raisons… Soulignons que le brevet sur le glyphosate étant public, Monsatan Monsanto n’est plus qu’un producteur parmi des dizaines d’autres firmes produisant des génériques.

 

On peut citer en exemple canonique de cette campagne de longue haleine, la fameuse étude menée par le professeur  Séralini en 2012 sur la toxicité du Roundup et des OGM sur les rats (11). Elle n’a permis de rien montrer, sauf l’incroyable faiblesse scientifique de l’étude et de son traitement statistique. Suite au démontage en règle de cet article calamiteux par les toxicologues du monde entier, sur le fond et sur la forme, quelques scientifiques français ont essayé défendre l’indéfendable, notamment au travers d’une tribune grandiloquente dans Le Monde (12). Le Professeur Grenier, spécialiste internationalement reconnu des mathématiques appliquées aux études médicales (et non lié à Monsanto !), s’est alors fendu de deux posts, cinglants, dans les commentaires sous l’article :

« Chers collègues signataires, Soyez francs ! Qui, parmi vous, est au courant du dossier ? OK, vous en avez discuté à la cafèt. Mais qui a lu en détail (et compris !) l’article de Séralini et suivi les avis de nos agences nationales concernant la mise sur le marché des OGM (en particulier l’avis du HCB sur le maïs GA21) ? Vous trompez le lecteur en lui faisant croire que vous vous exprimez en tant qu’experts : vous ne faites que véhiculer l’opinion du gogo moyen ! ».

« Chers collègues, Je ne vous reproche pas d’avoir séché les cours de statistique quand vous étiez étudiant. Mais on ne se permet pas de calomnier les collègues du HCB et de l’Anses quand on n’est pas capable de comprendre leurs rapports. Je vous suggère de vous faire expliquer les annexes statistiques par M. Deheuvels : depuis le temps, il aura bien fini par lire l’article de Séralini ! ».

 

 

 

 Que disent les dernières études ?

 

De façon opposée à l’ambiance générale créée par l’hystérie médiatique, et aussi le jusqu’au-boutisme acharné de notre ministre de l’environnement monsieur Hulot, les dernières études menées sont pourtant parfaitement rassurantes.

 

Chez les premiers exposés au glyphosate, c’est-à-dire les agriculteurs qui l’épandent, les études, que ce soit en France (étude AGRICAN) ou aux États-Unis (Agricultural Health Study), montrent que cette catégorie  a nettement moins de cancers que le reste de population, et bénéficie en outre d’une espérance de vie supérieure. A l’évidence, les bénéfices d’un mode de vie plus sain l’emportent nettement sur les risques d’une exposition aux pesticides, dont le glyphosate.

 

Alors que l’usage du glyphosate a connu une énorme croissance des années 80 à nos jours (notamment aux États-Unis avec le développement d’OGM résistants à l’herbicide, les tonnages ont été multipliés par plus de 500) l’incidence des cancers chez les femmes a connu une progression somme toute modérée (expliquée pour partie par l’amélioration des diagnostics, voire le sur-diagnostic), et diminue chez les hommes depuis les années 1990. La mortalité par cancer, quant à elle, diminue nettement.

 

 

 

 

 

Incidence des cancers aux Etats-Unis

 

 

 

Cconsommation de glyphosate

 

 

Mais quelques experts autoproclamés, n’ayant apparemment rien compris aux statistiques, voudraient nous faire croire qu’il existe une causalité là où il n’y déjà pas de corrélation… On a l’habitude de rappeler en statistique que corrélation n’est pas causalité, mais là, cette corrélation n’existe même pas !

 

Pour démontrer néanmoins la cancérogénéité du glyphosate, il est souvent mis en avant un type de cancer particulier : les lymphomes non hodgkiniens qui seraient LE cancer dû au glyphosate (13). Les résultats de l’Agricultural Health Study (dont la commission du CIRC n’a de façon incompréhensible pas tenu compte alors qu’ils étaient connus de son président) sont pourtant extrêmement clairs : pas de lien (14).

 

Conclusion pour le glyphosate : il n’y a aucune étude remplissant un minimum de critères de scientificité qui conclut à ce jour à une cancérogénéité pour l’homme. Seul le CIRC a franchi ce pas, allant à l’encontre de toutes les données scientifiques disponibles. On peut se demander si la présence dans la commission du CIRC d’une personne rémunérée aujourd’hui (grassement !) par des avocats voulant obtenir des milliards de Monsanto n’aurait pas eu une relation de cause à effet… Ceux qui sont prompts à traquer la moindre trace de conflits d’intérêts devraient a minima s’en inquiéter. Par honnêteté intellectuelle.

 

Et les perturbateurs endocriniens ?

 

Si le glyphosate et les pesticides, retrouvés à l’état de traces dans les aliments (15), n’ont pas d’effet sur l’incidence des cancers humains, les partisans du « on nous empoisonne tous ! » ont trouvé d’autres mantras d’une extrême efficacité auprès des médias et du grand public : ce sont les « perturbateurs endocriniens »  et l’« effet cocktail ».

Les perturbateurs endocriniens sont des molécules qui miment, bloquent ou modifient l'action d'une hormone et perturbent ainsi le fonctionnement normal d'un organisme. Une de leur particularité est qu’ils peuvent agir même à de faibles doses (16). L’effet cocktail résulte lui de la combinaison de ces produits, que ce soient des pesticides ou d’autres substances.

 

Un reportage sur Arte diffusé le 11 novembre 2017 sur le sujet pose la question : « Demain, tous crétins ? ». Une participante au documentaire, Barbara Demeinex précise dans Le Monde : « En 1975, selon les chiffres officiels, un enfant sur 5 000 était touché par un trouble du spectre autistique. Ce chiffre est passé à un enfant sur 2 500 dix ans plus tard et en 2001 il était d’un enfant sur 250. Il n’a cessé d’augmenter et nous sommes aujourd’hui à un enfant sur 68 touché. Les critères de diagnostic n’ayant pas évolué depuis 2000 et le pool génétique humain n’ayant pas changé dans ce laps de temps, il est certain que des causes environnementales sont impliquées, et notamment l’exposition à des perturbateurs endocriniens ».

Étant donné que cette « épidémie » d’autisme est parfaitement expliquée dans la littérature scientifique, notamment (et justement !) par le changement des critères et des méthodes de diagnostic (17), cet avis est symptomatique de l’aveuglement de certains scientifiques qui sont prêts à tous les arrangements pour faire coller leurs hypothèses à des résultats pourtant contradictoires.

 

Sur les perturbateurs endocriniens et la conséquence sur les enfants d’une exposition in utero (retards mentaux ou autres), une étude assez fouillée a été publiée justement en septembre 2017 (18). Alors qu’elle a eu un retentissement important dans les médias, les résultats ne sont pourtant pas du tout probants, les auteurs l’indiquent eux-mêmes au travers d’un test de significativité qu’ils ont réalisé. Qu’est-ce que cela veut dire ? De nos jours, grâce à la puissance des outils informatiques, il est possible de multiplier les tests statistiques quasiment à l’infini, ce qui a la fâcheuse tendance de multiplier à l’envi les « faux positifs » (19). Une conséquence intéressante pour qui veut dénicher de façon captieuse des financements pour de nouvelles études, mais bien sûr peu satisfaisante sur le plan scientifique si on ne met quelques garde-fous élémentaires (20,21). Sur cette étude et en toute rigueur, rien d’alarmant ne peut donc être réellement dégagé (22).

Si on peut comprendre que les journalistes ne soient pas de grands férus de statistiques pour démêler le vrai du faux, c’est quand même beaucoup plus inquiétant de la part de scientifiques. Cela conforte malheureusement l’inquiétude formulée plus haut par le professeur Grenier sur la bonne connaissance des outils statistiques par les chercheurs français.

 

Quant aux effets cocktails, une question de logique doit surgir immanquablement dans tout esprit un tant soit peu rationnel. On nous dit : « mangez 5 fruits et légumes par jour ! », c’est très bon pour la santé, et réduit nettement les risques de cancers (23). Mais on nous prévient dans le même temps, car fruits et légumes conventionnels sont bourrés de pesticides et ces produits sont très dangereux : cancers, perturbateurs endocriniens, effets cocktails (24)… Vu le danger que sont censés constituer ces saletés, ajouté aux effets cocktails prétendument explosifs, la logique voudrait immanquablement que plus on mange de fruits et légumes, plus on multiplie ces effets cocktails et donc, plus on meure tôt et dans d’atroces souffrances !

On ne peut finalement arriver qu’à la conclusion, on ne peut plus logique, que l’une des deux assertions citées précédemment est forcément totalement erronée sur le plan scientifique et expérimental :

  • soit les fruits et légumes n’apportent pas grand chose pour les cancers et autres maladies graves,
  • soit les effets cocktails ne sont pas aussi dévastateurs qu’on nous le laisse entendre pour ces maladies, en tout cas d’un effet si ténu qu’il est anéanti par l’effet bénéfique, et pour le coup salvateur, d’une poignée de fruits et légumes.

 

Manger bio pour se sauver…

 

Derrière le vacarme médiatique généré, une filière prospère et croît de façon exponentielle, générant des enjeux financiers énormes : l’industrie du bio. Forcément : avec toutes les cochonneries qu’on est censés ingurgiter et si on se fie au tombereau de nouvelles alarmistes, il n’y a plus que cette solution pour espérer se sauver. De plus en plus de gens se tournent donc vers la seule solution (faussement) rassurante qui leur est présentée.

 

Faussement, car tous les agriculteurs de la filière bio utilisent des pesticides. Et il n’y a quantitativement pas moins de pesticides dans les produits bio que dans ceux issus de l’agriculture conventionnelle.

Il y a certes pas ou moins de pesticides de synthèse (dits vulgairement « chimiques ») dans l’agriculture bio, mais les agriculteurs utilisent en substitution des pesticides, dits « naturels ». Or, ces pesticides « naturels » ont-ils été testés de façon aussi exhaustive que le glyphosate ? Non, pas du tout… Sont-ils réputés moins nocifs que ceux issus de produits de synthèse ? On n’en sait rien puisqu’il y a eu très peu d’études comparativement aux produits de synthèse. L’arsenic est aussi un produit naturel, est-il bon pour la santé ? La radioactivité naturelle est-elle bonne pour la santé ? Les alcalogènes présents dans les thés (notamment bio (25)) sont des produits parfaitement naturels mais identifiés cancérogènes certains (26). De même pour les mycotoxines (27) tout aussi naturelles et cancérogènes, mais on peut signaler, au passage, qu’elles sont réputées moins présentes dans les OGM ce qui rend ces espèces plus sures du point de vue sanitaire (28) …

Non, tout ce qui est « naturel » n’est pas forcément mieux.

 

Mais alors, manger bio est-il bénéfique ?

 

Si on s’en réfère au dernier barouf médiatique que nous avons connu en septembre 2017, il semblerait que oui (29)… Malheureusement la méta-analyse citée, pour ce qui est des maladies graves censées effrayer le bon peuple, ne se réfère principalement qu’aux effets des perturbateurs endocriniens (voir ce qu’il en est réellement plus haut) et à une analyse sur les cancers datant de 2014. Une étude pour le coup assez conséquente et exhaustive, qui a été réalisée en Grande-Bretagne au travers d’une enquête sur plus de 600 000 femmes, consommatrices ou non de produits bio. Cette cohorte énorme bénéficie ainsi d’une puissance statistique rare.

Que donnent alors ces résultats pour le coup d’une fiabilité accrue ? Surprise, sur l’ensemble des cancers le bio semble avoir un léger effet négatif : il y a plus de cancers chez les femmes indiquant manger épisodiquement ou de façon régulière du bio !! Sur les statistiques détaillées portant sur près de 20 cancers différents, on se retrouve avec des résultats aléatoires, faisant apparaître des moyennes tantôt favorables, tantôt défavorables au bio. Pour le cancer du sein, des ovaires ou de l’utérus, la consommation bio est mauvaise, pour les lymphomes non hodgkiniens, c’est bon. En fait les variations sont tellement aléatoires et ténues qu’il ne peut rien être affirmé de définitif, ce qui est en fait plutôt très rassurant.

 

Il n’y a donc aucune raison, à ce stade, de préconiser l’agriculture biologique plutôt que l’agriculture conventionnelle pour éviter des cancers ou des troubles graves du comportement chez l’enfant, les conséquences mises en avant récemment dans les médias. Ces résultats ne sont pas vraiment surprenants et viennent confirmer des résultats scientifiques déjà soulignés maintes fois quant au gain supposé d’une alimentation bio (30,31).

 

Des scientifiques corrompus ?

 

Alors que reste-t-il aux prêcheurs d’apocalypse pour vendre leur soupe ? La diffamation : jeter la suspicion sur les membres des agences sanitaires, insinuer leur collusion avec l’industrie pour empoisonner le bon peuple. Faute d’argumentation scientifique, c’est juste une manœuvre grossière et indigne.

 

Concernant le glyphosate en particulier, nous avons eu droit à un gros déballage de la correspondance de Monsato (les Monsanto papers) nous expliquant que des scientifiques ont été payés pour défendre le glyphosate (32). Loin de montrer une quelconque corruption de ces scientifiques, on s’aperçoit en fait que, si financement il y a eu, financement a été déclaré (33). Systématiquement.

Oui, Monsanto a financé des études pour évaluer la dangerosité de ses produits… et c’est normal puisque ça lui est demandé par les autorités sanitaires ! Normal même qu’ils réagissent après la décision du CIRC qui est un pur déni de science.

Non, aucun scientifique n’a découvert un effet cancérogène du glyphosate et a été payé par Monsanto pour le cacher. Les Monsanto papers ne démontrent absolument rien de tout cela, bien au contraire. Nous sommes dans le pur fantasme.

Enfin, les mises au point de l’EFSA (agence européenne) et du BfR (agence allemande) ont été limpides sur l’indépendance de leurs propres décisions (34, 35), pour le bien de tous.

 

Et si on arrêtait le délire ?

 

Alors, si on arrêtait d’effrayer inutilement et mensongèrement les consommateurs ?

Rappelons que l’espérance de vie n’a jamais connu de tendance baissière durable (juste conjoncturelle) et qu’elle augmente encore dernièrement (36), de même que l’espérance de vie en bonne santé dans de nombreux pays (37).

 

 

 

 

 

 

  Espérance de vie en bonne santé (EUROSTAT)

 

Mais des marchands de peur seront toujours là pour vous affirmer le contraire et vendre leur camelote.

 

Restons simplement vigilants et ce, devant n’importe quelle affirmation, d’où qu’elle vienne…

 

Jérôme Quirant

 

 

  1. http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/08/glyphosate-en-europe-un-pesticide-classe-cancerogene-doit-etre-retire-du-marche_5211859_3244.html
  2. https://www.topsante.com/maman-et-enfant/grossesse/la-grossesse-au-quotidien/les-perturbateurs-endocriniens-favorisent-les-troubles-du-comportement-des-petits-garcons-entre-3-et-5-ans-621138
  3. https://www.lecho.be/economie-politique/belgique-general/Un-cancer-sur-deux-est-du-a-l-alimentation/9952164
  4. https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/09/25/suite-de-la-controverse-sur-le-glyphosate-affligeant/
  5. http://www.lci.fr/sante/round-up-loms-declasse-le-glyphosate-comme-cancerigene-improbable-1510800.html
  6. http://seppi.over-blog.com/2017/09/monsanto-papers-les-scandaleux-bidouillages-de-derniere-minute-du-circ.html
  7. http://seppi.over-blog.com/2017/06/glyphosate-supprime-faute-de-place.html
  8. http://seppi.over-blog.com/2017/10/la-cupidite-les-mensonges-et-le-glyphosate-les-portier-papers.html
  9. https://www.reuters.com/investigates/special-report/who-iarc-glyphosate/
  10. http://www.lopinion.fr/edition/autres/glyphosate-etranges-zones-d-ombre-centre-international-recherche-137417
  11. https://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-planete/20121112.RUE3768/les-ogm-des-poisons-l-etude-de-seralini-est-clownesque.html
  12. http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/14/science-et-conscience_1790174_3232.html
  13. http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/si-vous-ne-comprenez-rien-au-debat-sur-le-glyphosate-la-star-des-herbicides-lisez-cet-article_2412665.html
  14. https://academic.oup.com/jnci/article-abstract/doi/10.1093/jnci/djx233/4590280
  15. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2614 ; http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2590  - Résidus et doses
  16. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2601  -  Perturbateurs endocriniens
  17. http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2702 ; http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/05/19/23751-troubles-autistiques-augmentation-trompe-loeil
  18. https://ehp.niehs.nih.gov/ehp1314/
  19. Statistiques, méfiez-vous !, Nicolas Gauvrit , ISBN : 9782729884468, 2007
  20. http://www.forumphyto.fr/2016/04/01/la-peche-aux-alphas-non-ce-nest-pas-un-poisson-davril/
  21.  http://www.forumphyto.fr/2016/04/01/pours-sourire-et-sinstruire-statisticien-epidemiologiste-astrologue-quel-scientifique-etes-vous/
  22. http://www.forumphyto.fr/2017/10/10/perturbateurs-endocriniens-une-etude-hautement-significative-des-troubles-du-comportement-des-chercheurs/
  23. https://www.ladepeche.fr/article/2017/02/23/2522899-dix-portions-fruits-legumes-jour-pourraient-prevenir-8-millions-deces.html
  24. http://www.bfmtv.com/sante/pesticides-dans-les-fruits-attention-au-cocktail-de-residus-1040222.html
  25.  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/11/07/97001-20171107FILWWW00117-jusqu-a-17-pesticides-dans-les-sachets-de-the.php
  26. http://www.60millions-mag.com/kiosque/la-liste-noire-des-produits-dangereux-0
  27. http://www.pathexo.fr/docfiles/09%20oswald.pdf
  28.  http://www.lefigaro.fr/sciences/2007/07/26/01008-20070726ARTFIG90302-moins_de_mycotoxines_dans_le_mais_ogm.php
  29. http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/27/les-benefices-d-une-alimentation-bio-pour-la-sante_5206526_3244.html
  30.  http://sante.lefigaro.fr/mieux-etre/nutrition-pratique/agriculture-biologique/produits-bio-sont-meilleurs-pour-sante
  31.  http://sante.lefigaro.fr/actualite/2010/05/20/10228-manger-bio-nest-pas-meilleur-pour-sante
  32. http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/04/monsanto-papers-desinformation-organisee-autour-du-glyphosate_5195771_3244.html  
  33. http://www.forumphyto.fr/2017/10/16/glyphosate-que-disent-vraiment-les-monsanto-papers/ 
  34. http://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/topic/20170608_glyphosate_statement.pdf
  35. http://seppi.over-blog.com/2017/05/glyphosate-biere-et-monsanto-une-interview-de-roland-solecki-du-bfr.html
  36. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2569330
  37. http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/images/5/57/Healthy_life_years_YB2017-FR.xlsx

 

 

 

 

Publié dans Divers

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Halima Omar 21/08/2020 00:26

Tout cela grâce au Dr Ajayi, j'ai pu retrouver mon mari, tout cela semble être un rêve quand cela s'est produit parce que nous avons été séparés pendant presque un an et cette période a été parmi mes pires moments de la vie parce que j'aime vraiment mon mari. Je l'ai mis dans un sac pour qu'il rentre à la maison pour être avec moi et mes enfants, mais il a refusé. Mon amie Doris m'a raconté comment elle avait pu reconquérir son mari avec l'aide du lanceur de sorts Dr Ajayi parce qu'ils étaient en instance de divorce, elle a dit qu'il l'avait aidée à ramener la paix chez elle, je n'ai pas d'autre choix que de donner le lanceur de sorts Dr Ajayi a essayé, je lui ai écrit sur son numéro WhatsApp: +2347084887094 et lui ai expliqué les choses. Il m'a dit d'être calme et certaines choses qui devaient être faites pour regagner ma maison j'ai suivi ses instructions, après trois jours de sort, mon mari est rentré à la maison avec un gros ours en peluche et m'a demandé de lui pardonner tous ses torts et de cela jour à ce jour même ma famille a été remplie d'amour. Contactez le Dr Ajayi, le lanceur de sorts aujourd'hui, il a des solutions à tous les problèmes de la vie, ne soyez pas timide de vos problèmes, vous devriez le contacter sur Viber / WhatsApp: +2347084887094 ou Email: drajayi1990@gmail.com pour une solution durable.

FIFA DJOGBE 20/04/2020 19:05

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Anon 28/11/2017 13:13

Bonjour,
après avoir lu et recherché sur google, j'ai remarqué qu'alcalogène est un terme inexact qui n'apparait que dans des articles douteux.
le terme exact est alcaloïde.
ça n'a pas d'importance au niveau du sens mais ça décrédibilise le propos (heureusement que les sources sont données)
bonne continuation

Gédéon 22/11/2017 10:11

Le fait que l'avis du CIRC sur le glyphosate ai été contredit par toutes les agences qui se sont exprimées après lui ne semble pas vous perturber. Vous parlez de "pseudo-unanimité". Pourtant, chaque agence de sécurité sanitaire est responsable vis-à-vis de sa propre population (et financée par celle-ci). Donc, lorsqu'une agence C contredit l'avis d'une agence A et confirme l'avis une agence B, elle le fait en toute responsabilité, ce qui donne du poids à l'avis formulé par B. Je conçois très bien que des "petites" agences ne puissent pas mener leur propre analyse poussée des articles scientifiques. Alors, elles lisent les avis des autres et jugent, en toute indépendance et responsabilité, quel avis leur semble le mieux argumenté, le plus pertinent. Or, il est symptomatique de constater qu'aucune agence s'étant exprimé après l'avis du CIRC n'a confirmé son avis. Voici un petit tableau récapitulatif (fait par moi-même) des citations des principales agences ayant exprimé un avis sur le caractères cancérogène du glyphosate après l'avis du CIRC: https://goo.gl/qak2Bo

Gédéon 22/11/2017 10:12

Oups ... je m'adresse à Factsory !

Factsory 22/11/2017 00:58

Vous maniez à merveille la reformulation, pour faire croire que ce que dit l'autre est faux ou que ce que vous disiez était juste.

1) Vous me reprochez de ne pas parler de l'agence japonaise, alors que c'est vous qui la relayez sans même comprendre ce qu'elle en dit. Chacun pourra juger de votre sérieux.

2) J'ai dit « Blair n'est pas co-auteur de l'article que vous citez. », vous me répondez en disant ah mais il était co-auteur d'une étude précédente. La belle affaire : vous voyez bien que ça n'est absolument pas ce que je disais. Au passage, il est amusant de voir que le dit Blair qui aurait les pouvoirs de retarder la publication de son études réussit à s'en faire virer par ses co-auteurs.

3) S'il y a des informations pertinentes sur Portier dans la déclaration de Blair, dîtes-nous lesquelles plutôt que de relayer des informations floues.

4) Attention tour de passe-passe : « effacer toutes les études rassurantes » est devenu « effacé certaines conclusions trop favorables au glyphosate pour réécrire les siennes ». La deuxième phrase est bien plus correcte. Mais vous voyez ça c'est le travail normal d'une agence qui ne se contente pas de copier-coller les conclusions écrites par d'autres. Elle écrit son évaluation de l'étude. Elle n'efface pas des études.

5) Pas compris. Mais le fait que Monsanto enterre un rapport qui leur est défavorable ne semble pas vous échauder.

Votre confession est tout à fait passionnante, mais je ne vois pas vraiment de quoi vous parlez puisque je n'ai pas souvenir que ReOpen soit venu à ma rescousse pour quoi que ce soit. Et je m'en porte d'ailleurs fort bien.

Jérôme Quirant 21/11/2017 22:34

Personnellement je n'avance pas masqué. J'aimerais donc que vous fassiez dorénavant de même sinon je n’irai pas plus loin dans la discussion... Juste une question de bienséance.

(vous de connaissez vraiment pas Suwalki et Seppi ? Vous m'inquiétez !....Ils ont pourtant écrit maints articles ailleurs que sur leurs blogs respectifs où ils revendiquent la paternité de ces espaces. Vous êtes nouveau sur le net ?)

(1) Ne lisant pas le japonais, je vous laisse le soin consulter le site de la FSC en version originale si ça vous tente.
(2) Vous dites que Blair n'est pas co-auteur de l'article... Il est co-auteur de l'étude (il le dit lui-même dans le témoignage sous serment) et d’ailleurs, avant l'épisode tragi-comique du CIRC, il était bien co-auteur de la première partie publiée : http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0109332
Peut-être ses collègues n’ont-ils que peu goûté ses travaux dans la commission du CIRC et n’ont pas daigné l’associer dans ce nouvel article ??
Vous n’avez en tout cas pas poussé bien loin vos investigations !….
(3) D’après vous, plusieurs jours durant, Portier a donc joué au pot de fleur lors de cette commission ? Ben voyons :-)))… Vous devriez lire la déposition de Blair, très instructive sur les manœuvres de Portier pour défendre des choses qui ne sont pas défendables, Blair en convient lui-même…
(4) Elle a effacé certaines conclusions trop favorables au glyphosate pour réécrire les siennes…. Relisez donc les références….
(5) Si ce sont des documents qui rendent compte de résultats académiques de façon parfaitement fidèle et honnêtes, où est le problème ?? Doit-on dire que le ciel est rouge parce que Marine Le Pen ou Trump disent qu'il est bleu ?
Faire une analyse bibliographique ne consiste pas à faire quelques statistiques sur quelques mots clefs comme on peut malheureusement le voir de nos jours sur certains blogs se présentant comme des modèles scientifiques : la lecture des documents s’avère indispensable sous peine d’écrire d’énormes sottises…

Permettez-moi pour finir de vous faire une confession : quand Reopen est venu à votre rescousse sur tweeter (comme quoi mon post précédent était prémonitoire !), je n'ai pu m'empêcher d'esquisser un sourire… Je sais, je n'aurais pas dû....

Affleck 19/09/2018 14:06

Trop de justification pour paraitre crédible
Le sophisme tout comme la rethorique necessite simplicité et clarté
A bon entendeur

Factsory 21/11/2017 19:23

1) J'ai juste dit que certaines agences s'étaient inspirées d'autres. Et donc qu'on ne peut pas voir tous ces avis d'agence comme autant d'avis différents. Si je ne parle pas de l'agence japonaise, c'est que je ne parle pas de ce que je ne comprends pas. Mais je serai ravi que vous m'en appreniez plus sur les méthodes de travail de l'agence japonaise. Puisque vous en parlez, vous avez dû vous renseigner, non ?
Quel besoin avez-vous de caricaturer mes arguments ? Ai-je dit que les agences étaient corrompues ou qu'elles veulent empoisonner nos enfants ? Contentez-vous de ce que j'écris cela suffira.

2) Blair n'est pas co-auteur de l'article que vous citez. Vous êtes rigolo vous. Ça c'est de la vérification de l'information. Il n'est donc pas vraiment responsable du délai mis pour publié ! Contestez-vous le fait qu'il est suivi le règlement du CIRC en ne prenant en compte que des études publiées ?
Concernant les résultats, je l'ai dit, il n'y a rien de nouveau par rapport à ce qui était déjà dans le rapport du CIRC, dommage.

3) Oui pour Portier. Et alors ? Cela vous empêche de mentionner son véritable rôle dans l'évaluation du glyphosate (néant) ?

4) Non il n'y a pas les brouillons complets, juste de très courts extraits. Et, surtout le très gros problème, ce sont *vos* affirmations dont on ne sait pas d'où elles sortent :
1. « quelques jours avant de rendre son rapport » → où est-il dit que ces modifications ont été faites dans les derniers jours ?
2. « le brouillon de l’avis de la commission était encore très rassurant, notamment sur la cancérogénéité du glyphosate pour les animaux » → qu'en savez-vous, nous n'avons que de très courts extraits sur 10 pages qui concernent la cancérogénéité chez les animaux
3. « effacer toutes les études rassurantes » → où avez-vous vu que le CIRC avait effacé des études ?

Pour moi cela n'est pas de la forme : c'est du fond, et totalement du fond. Vous essayez de faire croire que le CIRC a modifié en douce son rapport en mettant sous le tapis des données. En l'absence de preuve, c'est manipulatoire et mensonger.

5) Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Les copiés-collés ne concernent pas que 2 études.
Concernant votre demande, l'étude de J. Parry sollicitée par Monsanto et qu'ils ont enterré, cela correspond ? http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/18/ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-roundup_5096602_3244.html

« Par ailleurs, venant de quelqu’un qui écrit de façon anonyme sur le net, je trouve cette remarque sur l’opacité des rédacteurs parfaitement exquise… »
Vous aurez noté que :
1. Je ne rédige pas des rapports pour une agence sanitaire européenne. Voyez-vous la différence ?
2. Votre billet est publié sur un blog sous pseudonyme.
3. Vous citez de (trop) nombreuses fois Seppi… qui est aussi un pseudonyme.
Cela rend votre remarque… parfaitement exquise.

Jérôme Quiarnt 21/11/2017 07:29

Le Figaro s'encombre moins de pudeur de gazelles que Le Monde pour parler du glyphosate et des dernières études. C'est vrai qu'après nous avoir servi la même soupe pendant un an, difficile de changer de régime !
http://sante.lefigaro.fr/article/cancer-le-glyphosate-dedouane-/
Le lecteurs du Monde resteront eux à la diète !!!!

A propos de la déposition de Blair, je souligne un passage que je n'ai pour l'instant lu sur aucun blog ou media... On y apprend que Monsantan ne bénéficie d'aucun passe droit de la part des autorités de santé états-uniennes, c'est bien le moins, mais qu'on a cherché à leur cacher les résultats rassurants sur le glyphosate ! Même Blair confronté à cela en a balbutié lors de l'audition ne sachant plus quoi répondre... Comme quoi complotisme, paille et poutre…

Je signale une page qui fait bien le point des infos disponibles sur le sujet :
http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/lettre-n-256-13-novembre-2017

Jérôme Quiarnt 20/11/2017 20:38

Pour compléter, une analyse très minutieuse du rapport du CIRC qui démontre un parti pris évident....
http://www.forumphyto.fr/2017/11/20/glyphosate-linsoutenable-legerete-du-circ/

Jérôme Quirant 20/11/2017 17:19

@factsory Bonjour,

Si j’ai écrit en fin d’article à l’attention du lecteur qu’il devait ne pas se contenter des affirmations d’un article pour se faire une opinion, c’est bien pour qu’il ne s’arrête pas à mes propres écrits, mais qu’il aille voir à la source les références données… C’est toujours mieux d’avoir des infos de première main.

Comme indiqué par un lecteur dans un précédent commentaire, vous m’opposez des problèmes surtout de forme et pas tellement de fond… Néanmoins et pour reprendre votre numérotation :

{1} Je parlais d’agences nationales, celles qui sont responsables de la santé de leurs concitoyens… Mais elles sont toutes incompétentes, corrompues et veulent empoisonner nos enfants c’est bien connu. Vous ne parlez malheureusement pas de celle du Japon : j’ai bien entendu dire que la sœur du beau-frère d’un oncle par alliance du membre de l’agence en charge de la maintenance des ascenseurs était lié à Monsatan… mais je ne voudrais pas vous lancer sur une fausse piste.
Vous me faites penser aux gens de Reopen911…

{2} Les sources primaires, avec la déposition de Blair (300 pages), sont disponibles sur la référence donnée dans mon article (6), chacun peut donc juger. Cette rétention d’information est juste irresponsable, surtout que l’un des co-auteurs de l’article avait prévenu Blair de ce qui constituerait une faute grave en cas de non prise en compte des derniers résultats…
https://in.reuters.com/article/glyphosate-cancer-data/special-report-cancer-agency-left-in-the-dark-over-glyphosate-evidence-idINKBN19525P

La référence (14) donne justement l’article scientifique paru désormais dans son intégralité et qui exclut tout lien Glyphosate-LNH. Article qui souligne aussi, tout en écartant le risque LNH (même pour les grosses expositions), un potentiel autre souci lié au glyphosate (mais restant à confirmer)… Difficile donc de soupçonner les auteurs d’être vendus à Monsatan.
Pour ce qui est de la lecture de cette étude, à ceux qui auraient du mal, je recommande volontiers la vulgarisation produite sur cette page, très éclairante : https://sciencetonnante.wordpress.com/2017/11/12/glyphosate-le-nouvel-amiante/

On attend par contre encore et toujours que ‘Le Monde’ nous parle de cette étude après plus de 100 papelards alarmistes sur le sujet en moins d’un an. Passons...

{3} Pour le coup concernant Portier, (et c’est la grande différence avec les insinuations scabreuses sur les agences sanitaires !!), les choses sont parfaitement claires et avérées : quelques jours seulement après les résultats de la commission entérinés, sans aucun délai de décence, Portier a signé ce juteux contrat pour arrondir ses fins de mois de retraité…
Conflits d’intérêt, la paille, la poutre… vous ne voyez pas… Vraiment ?

{4} Les sources primaires sont pourtant données : des extraits de brouillons, les dates, les dépositions sous serment des membres (références (6) et (9)). Les caviardages de dernière minute vont à l’encontre des conclusions des auteurs des articles eux-mêmes (dont certains s’en sont offusqués !!). Tout ça est expliqué par le menu dans les docs référencés… ce ne sont pas des affabulations, juste des faits.

{5} Les Monsanto Paper, bis repetita… Avez-vous des éléments à nous faire connaître concernant la correspondance interne à Monsatan qui laisserait à penser que des résultats positifs ont été occultés et des scientifiques payés pour garder cela secret ? Non, il n’y en a pas. Le détail sur ce supputé scandale est donné dans la référence (33). De plus, tout cela concerne deux cas alors que « Glyphosate » + « Toxicity » donne des dizaines et des dizaines de résultats dans Google Scholar… Ou comment faire du vent avec pas grand-chose.

On peut certes rêver à plus de transparence, ça je vous l’accorde, mais en même temps, face aux inquisiteurs du web et d’ailleurs (voir le cirque pitoyable du "tribunal" récemment organisé), on comprend que Monsatan n’ait pas voulu s’exposer. On lit déjà tellement d’énormités…

Par ailleurs, venant de quelqu’un qui écrit de façon anonyme sur le net, je trouve cette remarque sur l’opacité des rédacteurs parfaitement exquise…

dan 20/11/2017 09:45

À Factstory
Vous ne répondez que très partiellement à l'article ci-dessus. Rien sur l'impact du glyphosate sur les agriculteurs, ni sur la population, ni sur tout le reste. Soyez modéré, quand même !

Factsory 19/11/2017 17:51

Bonjour,

Impossible de revenir sur toutes les approximations ou erreurs que contient cet article. C'est un exemple de désinformation. Je me contenterai de réagir à la première partie sur le CIRC même s'il y aurait beaucoup à dire sur les autres également.

1. La pseudo-unanimité contre le CIRC

Les avis des agences ne sont pas indépendants les uns des autres. L'EFSA et l'EPA ont travaillé ensemble. L'agence canadienne et l'EPA ont travaillé ensemble également. On ne peut pas dire que le travail de l'agence néo-zélandaise soit comparable aux autres : le rapport fait 19 pages (titre et biblio incluses) et une seule personne a travaillé dessus [1]. On ne peut pas prétendre que cette personne a pu faire un travail fouillé d'analyse de toutes les données. L'institut suisse se fonde également sur les avis des autres agences et ne semble pas avoir fait de travail de réanalyse [2]. Le rapport australien se base lui aussi largement sur les travaux des autres agences. Bref les avis de toutes ces agences ne sont pas du tout indépendants, puisqu'il y a une interconnexion entre elles et elles ne refont pas toute le travail depuis 0 (ce qui peut se comprende). Mais en suivant votre logique il faudrait également prendre en compte l'office californien qui considère le glyphosate cancérigène… sur la base du travail du CIRC [3]. On voit donc bien le « deux poids, deux mesures » dont fait preuve l'auteur.
De plus le JMPR, qui est une branche de l'OMS, comme le CIRC, ne s'intéresse qu'aux résidus de pesticides. Il n'est donc pas surprenant que le JMPR et le CIRC arrivent à des conclusions différentes.

2. La déposition de M. Blair

Le problème en s'appuyant sur des sources aussi vaseuses que W. Seppi, c'est qu'on risque de dire n'importe quoi. Voilà qui arrive donc. L'étude qui est mentionnée n'est pas prise en compte par le CIRC parce qu'elle n'était pas publiée et le CIRC ne prend en compte que les études publiées (comme le GIEC d'ailleurs). Je ne vois pas en quoi cela pose problème.
Si vraiment vous pensez que ne pas prendre en compte cette étude est problématique, que pensez-vous de cela ? Blair était aussi impliqué dans une autre étude (NAPP) qui n'était pas publiée à l'époque où le CIRC a travaillé, et n'est donc pas intégrée non plus. Elle montrait une corrélation (dose-dépendante) entre l'exposition au glyphosate et différents types de lymphomes [4].
Surtout l'étude dont vous parlez (AHS) est une mise à jour d'une étude existante qui avait déjà été prise en compte par le CIRC et qui était déjà négative. Voilà ce qu'en dit le CIRC à ce sujet : « In summary, case–control studies in the USA,
Canada, and Sweden reported increased risks for NHL associated with exposure to glyphosate. The increased risk persisted in the studies that adjusted for exposure to other pesticides. The AHS cohort did not show an excess of NHL. » Ce qui répond aussi à votre affirmation selon laquelle il n'existe aucun élément probant sur la carcinogénicité du glyphosate. Tout dépend où on situe le « probant », mais en tout cas il existe des éléments. Ce qu'en dit le CIRC : il existe des preuves limitées sur l'humain et des preuves suffisantes pour l'animal.

Enfin Blair n'a *jamais* dit que “la commission n’aurait probablement pas procédé au classement « cancérogène probable » avec la prise en compte de cette étude”. C'est tout simplement faux. Une bonne raison en est donnée juste avant : des données précédentes de l'AHS donnaient déjà des résultats non signifiticatifs. Rien de nouveau donc.

3. À propos de Christopher Portier

Il est extrêmement amusant de vous voir dire en fin d'article : « Alors que reste-t-il aux prêcheurs d’apocalypse pour vendre leur soupe ? La diffamation : jeter la suspicion sur les membres des agences sanitaires, insinuer leur collusion avec l’industrie pour empoisonner le bon peuple. Faute d’argumentation scientifique, c’est juste une manœuvre grossière et indigne. » après avoir attaqué Portier sur la base de son contrat avec un cabinet d'avocats.
Il est assez réducteur de présenter Portier comme un salarié de l'Environmental Defense Fund. Il a occupé cette activité en étant à la retraite il était auparavant un toxicologue qui a dirigé différentes agences étatsuniennes [5].
Pourquoi a-t-il dirigé le groupe de travail ayant décidé que le CIRC s'intéresserait au glyphosate ? Parce qu'il en a été élu par les membres du groupe de travail [6]. Et surtout ce groupe de travail n'a pas classé le glyphosate parmi les « agents » à évaluer en haute priorité (40 agents), mais en priorité moyenne (à côté d'autres « agents » comme le stress au travail, les implants mammaires, le sel ou le talc). Préciser ce genre de choses aurait surement nui à l'histoire que vous vouliez raconter.
Concernant son contrat avec son cabinet d'avocats, vous ne précisez pas non plus que la signature a été postérieure à l'avis du CIRC et que le montant (élevé) de ce contrat se situe en fait dans la norme de ce qui se fait aux USA.
Enfin, vous indiquez bien que Portier était un « expert invité », sans préciser ce que cela signifie. Là aussi cela aurait nui à votre jolie histoire. Les « experts invités » ne participent pas à l'évaluation ni à l'écriture du rapport [6].

4. Modifications d'un brouillon

Le paragraphe commence par des commentaires diffmatoires avec une métaphore à base d'EPO et de stéroïdes. Comment dîtes-vous déjà ? « Faute d’argumentation scientifique, c’est juste une manœuvre grossière et indigne. »
Concernant le fond : vous prétendez que le CIRC a modifié son rapport quelques jours avant le rendu final. Or à aucun moment l'article de Reuteurs, à l'origine de l'information, n'affirme cela. Étonnant, non ? Malheureusement Reuters ne fournit pas la version du brouillon à laquelle elle a eu accès, nous ne pouvons donc pas vérifier leurs dires. En tout cas, Reuters n'affirme pas non plus que le rapport était initialement « très rassurant ». Et surtout Reuters n'accuse jamais le CIRC d'avoir « effac[é] toutes les études rassurantes ». C'est une pure invention de votre part et donc un mensonge tout simplement. En vous présentant comme un exemple de rationalité, c'est ballot…

5. Et tous vos oublis…

Surtout, étourdi que vous êtes, de nombreux éléments à décharge sont passés sous silence. J'ai déjà mentionné qu'une étude connue par Blair, et allant dans le sens d'une carcinogénicité du glyphosate n'avait pas non plus été prise en compte. Vous ne rappelez pas non plus qu'une personne de Monsanto était invitée à observer le déroulement du travail du CIRC et que celui-ci a considéré que « La réunion s'est déroulée en conformité avec les procédures du CIRC. Le Dr Kurt Straif, le directeur des monographies, a une connaissance intime des règles en vigueur et a insisté pour qu'elles soient respectées » [7].
Jamais vous ne rappelez que des dizaines de pages de rapports de l'EFSA ont été copiées-collées du dossier soumis par Monsanto et que cela concerne en particulier les parties évaluant les études académiques sur la génotoxicité du glyphosate [8]. Je laisse imaginer au lecteur la réaction de l'auteur si le CIRC avait copié-collé des pages entières d'un rapport de Greenpeace ou de l'Environmental Defense Fund.
Vous ne mentionnez pas non plus une différence notable entre le CIRC et les agences santaires : ces dernières prennent en compte des études confidentielles de l'industrie. Or, par définition, ces études ne peuvent être critiquées ou reproduites par la communauté scientifique. Cela entraîne donc un biais puisqu'aucun contre-poids à ces études n'est possible.


[1] http://www.epa.govt.nz/Publications/EPA_glyphosate_review.pdf
[2] https://www.blw.admin.ch/dam/blw/fr/dokumente/Nachhaltige%20Produktion/Pflanzenschutz/Pflanzenschutzmittel/Allgemeine%20Informationen/Glyphosat.pdf.download.pdf/Glyphosat_f.pdf
[3] https://oehha.ca.gov/proposition-65/crnr/glyphosate-listed-effective-july-7-2017-known-state-california-cause-cancer
[4] https://www.huffingtonpost.com/entry/monsanto-spin-doctors-target-cancer-scientist-in-flawed_us_594449eae4b0940f84fe2e57
[5] https://www.niehs.nih.gov/news/assets/docs_a_e/dr_christopher_portier_508.pdf
[6] http://handbooks.iarc.fr/workingprocedures/PrimaryInterventions/PI-A5.php
[7] http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/18/glyphosate-monsanto-tente-une-derniere-man-uvre-pour-sauver-le-roundup_5202606_3244.html
[8] http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/16/glyphosate-l-expertise-europeenne-truffee-de-copies-colles-de-documents-de-monsanto_5186522_3244.html

FLUCHERE 18/11/2017 18:30

Merci pour cet article enfin honnête sur le glyphosate. J'attendais depuis longtemps qu'Imposteurs redresse les stupidités des Verts et des médias. Mais dans l'opinion les marchands de peur ont fait d'énormes dégâts et je redoute que l'on interdise ce produit inoffensif comme l'on a interdit je ne sais combien de produits prétendument à l'origine de la mort des abeilles qui continuent de mourir.