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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 08:17
Le glyphosate, le CIRC, et le cirque propagandiste

Le glyphosate « probablement cancérogène ».

Dans la revue Lancet Oncology, l’International Agency for Research on Cancer (CiRC en français) annonce avoir statué sur la cancérogénicité de 5 produits utilisés en agriculture, dont le célèbre glyphosate (1). Ce dernier ayant été classé par l’agence comme « probablement cancérogène » (catégorie 2A), la nouvelle a immédiatement fait le tour de la presse et de la toile. Si la communication s’est uniquement focalisée sur le glyphosate, ça n’a pas par hasard : le glyphosate est l’herbicide le plus vendu au monde, et surtout, il est associé à un grand nombre de plantes génétiquement modifiées tolérantes à ce produit. Qui plus est, bien que tombé dans le domaine public depuis 15 ans, le glyphosate reste indéfectiblement associé à la firme Monsanto qui l’a mise au point sous le nom de RoundUp. On comprend dès lors que les mouvements anti-OGM s’empressent de relayer la nouvelle… Peu importe la portée réelle de l’évaluation de l’CIRC.

Pourquoi des divergences entre le CIRC et les agences sanitaires ?

Pour comprendre pourquoi le CIRC a classé le glyphosate comme probablement cancérogène, il faut -pour l’instant- s’en tenir au quelques 260 mots concernant le produit dans l’article publié dans Lancet Oncology.

La catégorie 2A correspond aux substances pour lesquelles il existe des preuves suffisantes de cancérogénicité en laboratoire, ainsi que des indices de cancérogénicité chez l’homme, sans preuve suffisante.

Jusque là, pas de quoi fouetter un chat. De nombreuses molécules sont classées en catégorie 1 (cancérogène certain) par l’CIRC sans que l’on s’en inquiète, au-delà de certaines populations ou professions spécifiquement exposées.

Il convient d’essayer de comprendre pourquoi l’évaluation du CIRC diverge des avis jusque là formulés par les agences sanitaires de nombreux pays. Le court passage consacré au glyphosate dans l’article précité ne référence que 4 études, ce qui est bien peu par rapport à la littérature existante sur le sujet. L’article met en avant des preuves sur les animaux de laboratoire, et des résultats contradictoires concernant l’homme, en particulier le risque accru de lymphome non hodgkinien. Le papier référence une étude de Ros et al. parue en 2003, mais pas une étude ultérieure du même auteur parue en 2005 portant sur plus de 57000 utilisateurs du glyphosate (2) : selon celle-ci, l’exposition au glyphosate n’était pas associé avec l’incidence du cancer , toutes catégories confondues. Une seul lien significatif était signalé pour les myélomes multiples, qui représentaient moins de 2% des cancers diagnostiqués.

Selon des commentaires cité dans Nature (3), “les évaluations du CIRC sont généralement très bonnes, mais les preuves citées [dans le cas du glyphosate] (m’) apparaissent un peu minces ».

Mais la démarche du ’CIRC est différente de celles des agences sanitaires, ainsi que l’explique ce commentaire paru dans Nature. Le CIRC a ici identifié une source (« probable ») de cancer, mais il ne rentre pas dans ses attributions de quantifier le risque qui lui associé, compte tenu de l’exposition à cette source, ce qui est du ressort des agences sanitaires.

Comment Le Monde réinterprète la nouvelle

Sous la plume de Stéphane Foucart, Le Monde semble avoir renoncé à traiter de manière sérieuse tout ce qui a trait aux pesticides et autres produits maléfiques inventés par la chimie. Au point de relayer récemment l’étude clownesque de Générations futures sur les résidus de pesticides dans les cheveux de… 28 parisiennes et banlieusardes (4).

A l’occasion de la communication du CIRC, le journaliste sort la grosse artillerie (5). A commencer par le titre : « Le désherbant Roundup classé cancérogène ».

-Le glyphosate devient RoundUp, ce qui permet de suciter le réflexe pavlovien chez le lecteur, RoundUp = Monsanto

et le probablement cancérogène devient… cancérogène. Pourquoi s’embarrasser de nuances, quand on sait que bien des lecteurs ne lisent qu’en diagonale et ne retiendront que le message conentu dans le titre ?

Selon l’avis de Foucart : « c’est la troisième substance épinglée, le glyphosate, qui donne son caractère singulièrement explosif à l’avis rendu par le CIRC ». S’il écrit cela, c’est parce qu’il sait parfaitement que l’avis du CIRC va être agité comme un épouvantail par les militants anti-OGM et anti pesticides, lui même s’empressant d’apporter sa contribution à ce phénomène parfaitement prévisible. « Ce n’est donc pas une simple substance chimique dont l’innocuité est mise en cause par le CIRC, mais la pierre angulaire de la stratégie du secteur des biotechnologies. La grande majorité des plantes génétiquement modifiées (PGM) mises en culture dans le monde sont en effet conçues pour pouvoir absorber cet herbicide sans péricliter, permettant ainsi un épandage direct sur les cultures pour désherber les surfaces cultivées ».

Nous sommes d’accord sur ce point : Le glyphosate, dont la production n’est plus couverte par un brevet, ne représente en lui-même qu’un enjeu mineur pour les grandes firmes, à commencer par Monsanto qui l’a mis au point. C’est bien son association avec des plantes génétiquement modifiées tolérantes qui en font un produit « stratégique ». Et c’est bien pourquoi ce produit, qui présente un meilleur profil toxicologique que d’autres herbicides, est au cœur des campagnes de dénigrement anti-OGM (6). L’avis de l’CIRC est donc du pain bénit pour elles.

A toutes fins utiles, Foucart vous indique qui sont les méchants….

C’est aussi du pain bénit pour le journaliste qui se risque à prévoir une « carrière » toute tracée pour le glyphosate : « la catégorie 2A – c’est-à-dire « cancérogènes probables » –, [est le ] dernier échelon (sic) avant la qualification de « cancérogène certain ». Comme s’il était inéluctable, au « bénéfice de l’ancienneté », que le produit soit « promu » en catégorie 1 !

Les avis du CIRC sont « purement informatifs, [ils] n’ont pas valeur réglementaire », écrit Foucart, avant d’opposer cet organisme aux instances européennes chargées d’évaluer les risques. Nous nous contenterons de rappeler que, pas plus que ceux du CIRC, les avis de l’EFSA ou de tout autre agence sanitaire n’ont de valeur réglementaire. Ces sont des… avis, sur lesquels les gouvernements s’assoient d’ailleurs régulièrement.

Indépendamment de la valeur de l’analyse du CIRC sur le glyphosate, le Monde rappelle utilement les différences de démarches (7) qui pourraient expliquer que cette classification du CIRC n’aient pas ou peu d’influence sur les futurs avis rendus par les agences sanitaires.

Malgré cette mise au point, la grille de lecture habituelle du journaliste reprend vite le dessus : en toute innocence, celui-ci vous aide à vous forger votre opinion. Et les choses sont simples, terriblement simples : d’un côté il y a le CIRC, vertueuse et évidemment au-dessus de tout soupçon, de l’autre les agences sanitaires, dont le journaliste tente de discréditer par avance les avis : « Les experts allemands (8) et européens ne pourront pas ignorer l’avis des experts du CIRC, pas plus que d’autres travaux récents sur des risques autres que le cancer. Mais l’interdiction du glyphosate, réclamée par plusieurs ONG, n’est pas pour demain. Un vieux routier de l’évaluation des risques en veut pour présage la composition « particulièrement intéressante » du groupe d’experts « Pesticides » de l’agence allemande : le tiers des membres du comité sont directement salariés… par des géants de l’agrochimie ou des biotechnologies ! ».

On ne saura pas qui est le « vieux routier de l’évaluation des risques ». On vérifie bien qu’il y 3 salariés « directs » des géants de l’agrochimie ou des biotechnologies (9) dans le panel allemand. Mais les plantes génétiquement modifiées commercialisées par les firmes dont ils sont salariés sont en quasi-totalité des plantes tolérantes à d’autres herbicides que le glyphosate (en particulier le glufosinate dans le cas des plantes développées par Bayer Crop Science). Au-delà de l’insinuation désobligeante pour ces individus comme pour les autres membres de l’institut allemand, on voit mal en quoi il y aurait, dans ce cas précis, un conflit d’intérêt motivant les salariés « directs » des biotechnologies à s’opposer à l’interdiction du glyphosate.

Mais Foucart adopte la même stratégie que les « ONG » qui réclament l’interdiction du glyphosate. Faire peser systématiquement le soupçon sur tous ceux qui pourraient ne pas donner leur caution à l’interdiction d’un produit, qu’aucun élément publié jusqu’à présent ne justifie sur le plan sanitaire.

Anton Suwalki

PS un peu hors sujet, mais un peu dedans tout de même: je suggère à nos lecteurs cet article publié par Agriculture et environnement, assez édifiant sur les méthodes prisées par le célèbre journaliste.

http://agriculture-environnement.fr/a-la-une,6/article/la-gue%CC%81rilla-judiciaire-du-lobby-vert

Pour l’affaire qui concerne Imposteurs, je ne peux en dire plus avant la fin de l’instruction.

Notes :

(1) Carcinogenicity of tetrachlorvinphos, parathion, malathion, diazinon, and glyphosate

Lancet Oncol 2015, http://dx.doi.org/10.1016/

S1470-2045(15)70134-8

(2) Cancer Incidence among Glyphosate-Exposed Pesticide Applicators in the Agricultural Health Study Environ Health Perspect. 2005 Jan; 113(1): 49–54.

doi: 10.1289/ehp.7340

(3)http://www.nature.com/news/widely-used-herbicide-linked-to-cancer-1.17181

(4) http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/12/une-vingtaine-perturbateurs-endocriniens-dans-les-cheveux-des-parisiennes_4592646_3244.html

(5)http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/25/le-desherbant-roundup-classe-cancerogene_4600906_3244.html

(6)http://imposteurs.over-blog.com/article-herbicides-glyphosate-roundup-ogm-seralini-par-wackes-seppi-110905545.html

(7)« Nous ne faisons pas de l’évaluation des risques mais de l’identification des risques, rappelle-t-on au CIRC. Notre avis ne dit pas si la population générale court un risque du fait de telle ou telle substance, cela c’est le travail des agences de sécurité sanitaire. »

(8)la révaluation du glyphosate a été confié à l’institut allemand Bfr.

http://www.cera-gmc.org/GMCropDatabase

(9) http://www.bfr.bund.de/en/members_of_bfr_committee_for_pesticides_and_their_residues-189322.html

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commentaires

Grain de sable 06/01/2017 22:05

Bonsoir,
Est ce que pour être en forme il faut boire le matin 10 cl de glyphosate dilué dans de l'eau?
Merci d'avance pour votre réponse
Bonne année 2017!
Signé l'Idiot du Village, en direct de l’hôpital en soins palliatif.

free eshop cod generator 28/08/2016 06:43

wow amazing post.

http://www.penchaksds.fr 11/01/2016 09:48

Question Anton Suwalki/Stéphane Adrover, Benjamin Sourice n’a strictement rien démasqué.

http://www.ramonage-et-multiservices.fr 25/11/2015 03:58

Ceci, sans compter l'interdiction des propos injurieux, diffamatoires, dont l'article était abondamment pourvu.

Please Click 23/09/2015 15:07

The exploring of this subject is rare and you have been expressing everything through great write up.

whowhorksforwho? 06/07/2015 17:43

Une enquête inédite sur le blog Imposteurs.org et ses auteurs anonymes, Anton Suwalki et Wackes Seppi, qui depuis 2007 dénigrent méthodiquement journalistes, lanceurs d’alertes, et autres « ayatollah de l’écologisme », au point de porter atteinte à l’ e-réputation de ses cibles sur le web.

En vitrine, le site Imposteurs.org et ses deux auteurs, ayant pour pseudo Anton Suwalki et Wackes Seppi, aiment se voir comme les gardiens de la « Science, contre tous les charlatanismes et toutes les impostures ». Pourtant, sous la plume de ses rédacteurs anonymes, la page web est devenue une référence en matière de diatribe contre les « anti-OGM » et « le lobby bio », dont les porte-paroles sont systématiquement associés aux « pires des obscurantistes », tous ces « ayatollah de l’écologisme » et autres « fous du bio ». Des termes qui rappellent les attaques récentes de Xavier Beulin, patron du syndicat agricole FNSEA, contre les « djihadistes verts ».

Dès son lancement, la ligne éditoriale de nos blogueurs est claire et assumée : dénoncer le « génie de la com’ » des « Anti-OGM » et s’en prendre à la crédibilité de « scientifiques de renom engagés contre les cultures d’OGM », tel Jacques Testart, Gilles-Eric Séralini, Vandana Shiva... Maître de conférence en génétique moléculaire, et grand pédagogue sur la vulgarisation des biotechnologies, Christian Vélot fait l’objet d’un acharnement tout particulier. Érigé en « porte-parole de l’obscurantisme », Anton Suwalki brocarde son « éthique de toc du lanceur d’alerte » et décerne régulièrement le prix du « Vélot d’or » à tous ceux dont les propos auraient tendance à critiquer la science sauce industrielle. En novembre 2010, un nouvel acolyte anonyme, Wackes Seppi, présenté comme « un ingénieur agronome à la retraite » et « contributeur de blogs » rejoint Imposteurs.org, inclinant un peu plus encore la ligne éditoriale dans un anti-écologisme outrancier.

Les deux portes-flingues aiment aussi tirer sur tous ces « journalistes militants » qui « pérorent » et viennent « alimenter le fond de commerce des prêcheurs d’apocalypse », accusés de tartuferies « écolo bobo ». Leurs cibles préférées ? Marie-Monique Robin, qui est devenue leur bête noire depuis Le Monde selon Monsanto, prise à partie jusque sur ses pages personnelles par les blogueurs. Plus récemment, Paul Moreira (Premières Lignes Télévision) a fait l’objet d’un article injurieux après la diffusion de son documentaire OGM, bientôt dans nos assiettes en septembre 2014. La traque se poursuit jusque dans les pages de Sciences & Avenir accusé de « propagande pour le bio » ou contre Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde qui servirait du « militantisme en guise d’information ».

De l’artisanat à l’opération de propagande

Si lors de son lancement en 2007, le site relevait d’une entreprise artisanale dont les saillies laissaient de marbre les personnes ciblées, au fil des années il a pris une tournure plus inquiétante. A force d’acharnement répété dans de nombreux articles, ce blog en arrive à porter préjudice à l’« e-réputation » de lanceurs d’alerte et de journalistes qui s’inquiètent désormais de cette nuisance.

En effet, une mauvaise réputation en ligne peut constituer une atteinte grave à la crédibilité d’une personne en déstabilisant son « image publique ». Plus prosaïquement, par divers stratagèmes informatiques de référencement, comme la dissémination d’hyperliens, les articles d’Imposteurs.org parviennent à se hisser parmi les premiers du classement des moteurs de recherche sur des requêtes concernant des lanceurs d’alertes, orientant ainsi prioritairement le lecteur vers des contenus dénigrants.

En 2011, une étape est franchie quand le site d’information en ligne Contrepoints.org, d’obédience néolibérale et libertarienne (façon Tea Party américain), invite nos deux blogueurs à s’épancher dans ses colonnes. Nouvelle maquette et audience élargie, mais dans la ligne rien ne change : on retrouve les mêmes attaques ad-hominem ! Tel un « site miroir », tous les articles d’Imposteurs.org seront publiés en double sur le site de Contrepoints, une technique qui permet notamment de multiplier les sources et de contourner la censure.

Wikipédia, l’encyclopédie du greenwashing ?

Enfin, la dernière étape pour porter atteinte à l’e-réputation consiste à altérer les biographies de personnalités sur l’encyclopédie participative Wikipédia, en usant de ces blogs comme autant de « sources d’informations » reprise dans la fiche. Le procédé est redoutable car il transforme une simple note de blog, anecdotique et biaisée, en vérité encyclopédique à laquelle le grand public s’arrêtera s’il ne prend pas soin d’analyser la source indiquée.

Karg Sé, un autre « ingénieur agronome-halieutique » anonyme et habitué des blogs écolophobes comme alerte-environnement.fr, où il échange régulièrement avec Wackes Seppi et Anton Suwalki, s’est fait une spécialité des « guerres d’édition » sur les sujets touchant à l’écologie sur Wikipédia. Se vantant de « faire la chasse aux perturbateurs endocriniens », Karg encourage ses camarades à « être présent sur Wikipedia, très utilisé par les élèves et les étudiants, et très important pour contrer la propagande médiatique », comprendre les alertes environnementales. Sur l’encyclopédie, il source régulièrement ses propos à partir du blog Imposteurs.org. Il se trouve que cette personne, de son vrai nom Alexandre Cessateur, est passé chez Monsanto et Syngenta entre 2009 et 2010 pour des petits boulots, désormais reconverti dans le charbon...

Mais comment donc, une poignée d’auteurs, couverts par l’anonymat, ont-ils réussi à monter durant sept longues années une telle campagne de dénigrement utilisant des techniques modernes de communication virale ?

L’imposture démasquée

Intéressons nous d’abord à l’initiateur du blog, le ci-nommé Anton Suwalki. Plusieurs des premiers posts de son blog font référence aux écrits de l’Association Française pour une Information Scientifique (AFIS), dont la publicité pour un « hors-série OGM » de Sciences et pseudo-sciences, la revue de l’association. La liste des contributeurs de ce numéro compte entre autres, les chercheurs en biotechnlogie Marcel Kuntz et Louis Marie Houdebine, administrateurs de l’AFIS, ainsi que le lobbyiste, spécialiste en e-réputation et communication virale, Jean-Paul Oury, également rédacteur de tribunes pro-OGM avec ses camarades pour Contrepoints, Atlantico et l’Opinion en 2015.

Si l’AFIS semblait vouloir garder une distance sanitaire avec les propos d’Imposteurs.org, le site a bien été lancé par un membre de cette association. En effet, Anton Suwalki n’est autre que Stéphane Adrover qui occupa un siège au Conseil d’administration de l’association de 2008, soit un an après lancement de son blog, jusqu’en 2012.

Poursuivons nos révélations avec le cas du second comparse, le sulfureux Wackes Seppi, signifiant « Joseph le garnement » en alsacien, est sous son masque un fonctionnaire onusien retraité du nom de André Heitz, comme nous l’indique l’URL d’une fiche de l’Agence Science Presse (Canada). On le retrouve par ailleurs sur le même site dans un trilogue avec Anton Suwalki et Marcel Kuntz, ex-président de l’AFIS, échangeant sur « l’absence de problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d’OGM. ».

M. Heitz a fait la plupart de sa carrière (1975-2000) au sein de l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV), une organisation intergouvernementale, sous contrôle de l’ONU, qui a été fondée en 1961 pour coordonner la mise en œuvre au niveau international des droits de propriétés intellectuels des obtenteurs végétaux et des grands semenciers. Après la révision de 1991 dont Heitz a été l’un des acteur comme directeur-conseil de l’agence, l’UPOV se donne notamment pour mission « d’examiner diverses possibilités de protection juridique des innovations dans les domaines du génie génétique et de la biotechnologie » au moment où les premières plantes génétiquement modifiées, et brevetés à ce titre, apparaissent sur le marché vers 1996.

Après une carrière saluée par ses pairs, il devient directeur de coordination du nouveau bureau de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle à Bruxelles en 2004. Sa mission est détaillée dans une feuille de route de l’OMPI : « renforcer ses contacts et ses liens de réseau avec la communauté internationale de la propriété intellectuelle,[...], les grandes entreprises et les ONG [...] en ciblant les principaux décideurs du secteur public et du secteur privé, les personnalités influentes et les commentateurs, ainsi que le grand public. » Bref, un travail de relations publiques à la hauteur des stratégies mises en place par les cabinets de lobbying qui pullulent à Bruxelles et qui prendra fin en 2010 avec son départ en retraite.

Par la profusion des échanges avec d’autres auteurs évoqués ici, et l’usage prolixe d’une langue verte et d’un verbe fleuri d’OGM, la figure de Wackes Seppi s’est propulsée au rang de personnage emblématique de cette galaxie d’amateurs de l’ « écolo-bashing » et pourfendeurs des « obscurantistes anti-progrès ». Point n’est ici question d’un « grand complot », mais bien de l’œuvre d’une poignée de militants pro-biotechnologie, petites mains du lobby OGM, qui ont séquestré le rationalisme et la parole scientifique contre tous les lanceurs d’alerte.

Riposte juridique

« Les chiens aboient, la caravane passe » dit un proverbe arabe. Longtemps ignorés par les personnes qu’ils ciblaient, ne souhaitant pas leur offrir le luxe d’une publicité à bon compte, Stéphane Adrover et André Heitz ont pu continuer sans entrave leur travail d’atteinte à la réputation de lanceurs d’alerte et de journalistes pendant toutes ces années.

La situation vient pourtant de changer avec le dépôt successif de deux plaintes en diffamation ces derniers mois. En septembre 2014, le généticien Christian Vélot déposait une plainte contre « Anton Suwalki » et le site Contrepoints.org pour un article intitulé « Faucheurs de porte-vigne transgéniques de Colmar : Christian Vélot, porte-parole de l’obscurantisme » depuis retiré du site libéral.

Le journaliste et réalisateur de documentaire Paul Moreira a lui aussi déposé en janvier 2015 une plainte contre X pour diffamation contre Imposteurs.org suite à un billet attaquant violemment son reportage OGM, bientôt dans vos assiettes (Canal +, sept 2014). Rédigé par Wackes Seppi, également visé par la plainte, le titre du post était « Patrick Moore dit de Paul Moreira : "un c... fini" », démontrant s’il en était encore besoin la ligne éditoriale insultante de ce blog.

Source : Cette enquête de Benjamin Sourice a été publiée initialement sur son blog Médiapart le 13 mai 2015. Elle est republiée par Combat Monsanto ce 6 juillet 2015.

copa america 2015 live scores 17/05/2015 15:26

Thanks for.the share

anonyme 05/05/2015 14:20

En bref, à quoi sert ce machin?

Sceptique 23/04/2015 18:57

Une inspiration....une demi-heure avant de lire cet article (j'avais lu dans le Monde la réaction de Foucart), j'ai pulvérisé du round-up sur mes touffes d'orties, qui seraient les commensales des jardiniers.....ingrats!
Je me sens très bien.

Biker Jacket 10/04/2015 09:18

This is well updated information and attractive much in a writing way. Thanks much!

anton 03/04/2015 19:22

Merci pour ces compléments bien utiles . J'aurais dû aller regarder les commentaires de David Zaruck...

Wackes Seppi 03/04/2015 19:00

Une analyse que j'aurais aimé écrire !

Les blogueurs états-uniens ont été particulièrement actifs.

Il y a une excellente analyse statistique sur les trois études cas-témoins qui sont à la base du classement par le CIRC ici :

http://weedcontrolfreaks.com/2015/03/glyphosate-and-cancer-what-does-the-data-say/

Cela a été traduit ici :

https://latheierecosmique.wordpress.com/2015/03/29/trad-glyphosate-et-cancer-que-disent-les-donnees/

Personnellement, je pense que les études cas-témoins ne permettent pas de classer une matière active : les utilisateurs sont systématiquement confrontés à l'herbicide, soit matière active + co-formulants. Ceux-ci sont un facteur de confusion qu'il est impossible d'éliminer dans le cadre de telles études (idem pour les études de cohortes...).

L'auteur d'une quatrième étude citée dans Lancet a écrit que le groupe d'experts s'est fourvoyé :

http://www.producer.com/daily/toxicologist-pans-un-glyphosate-report/#.VRcWRvrM3o4.twitter

La cinquième étude citée concerne la cancérogénicité sur les animaux :

WHO/FAO. Glyphosate. Pesticides residues in food 2004 Joint FAO/WHO Meeting on Pesticides Residues. Part II Toxicological. IPCS/WHO 2004; 95–162.
http://www.who.int/foodsafety/areas_work/chemical-risks/jmpr/en/

Le lien sur Lancet étant peu fonctionnel, on le trouvera (sauf erreur) ici :

http://www.fao.org/fileadmin/templates/agphome/documents/Pests_Pesticides/JMPR/Reports_1991-2006/report2004jmpr.pdf

Document intéressant car on y trouve cette phrase :

« Long-term studies of toxicity and carcinogenicity were conducted in mice and rats. In the study of carcinogenicity in mice, no toxic effects were observed at up to the highest dose tested (1000 mg/kg bw per day), and there was no evidence of carcinogenicity. »

La BfR a réagi avec vigueur. Traduction anglaise ici :

http://www.bfr.bund.de/cm/349/does-glyphosate-cause-cancer.pdf

M. Foucart s'est évidemment empressé de trouver des conflits d'intérêts chez le tiers des membres du comité du BfR. Il s'est fait remettre à sa place : ce ne sont pas quatre mais trois sur douze qui sont liés à l'industrie.

Quand au groupe d'experts du CIRC, M. David Zaruck a fait son enquête... dévastatrice :

http://risk-monger.blogactiv.eu/2015/03/31/iarcs-glyphosate-publication-another-organisation-captured-by-ngo-activist-shills/

Notre démagogue de l'environnement a réagi :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/03/royal-contre-la-vente-libre-aux-particuliers-des-pesticides-cancerogenes-possibles_4609440_3244.html#