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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 00:41

EXCLUSIF : oui, tous les plantes cultivées sont des éponges à pesticides.  Euh...

Alors que nous subissons une extraordinaire agression médiatique sur les OGM qui seraient des poisons tels que la moitié de la population nord-américaine aurait dû disparaître à force d'en consommer, Imposteurs est en mesure de vous révéler une information qu'on vous a toujours cachée : oui, toutes les plantes cultivées sont des éponges à pesticides [1].


Une formule choc à usage idéologique et alimentaire


À études « choc », formules « choc ».  Éponges à pesticides ? Une des armes de guerre que vient de dégainer à nouveau M. Séralini :

« L’absence d’études menées sur le long terme et la répétition de l’absence de données sur les effets sanitaires des OGM commence pour moi à confiner à la malhonnêteté voire au crime intellectuel. Cette étude était donc pour moi absolument essentielle. Car il faut le dire et le répéter, les OGM sont des éponges à pesticides : ils sont faits pour êtres tolérants à un herbicide ou à fabriquer leur propre insecticide » [2]

C'est là une vieille rengaine – fausse puisque les OGM ne sont pas tous faits pour...  voir l'exemple du riz doré – sur laquelle on trouve déjà un compte rendu édifiant, y compris par la pauvreté de l'amalgame qu'a fait M. Séralini, sur Imposteurs [3].

La rengaine a aussi un usage alimentaire pour lui : puisqu'il faut bien manger, et que tout le monde ne mange pas « bio », il faut aussi éliminer.  Et M. Séralini – ou plutôt ses amis de Sevene Pharma – a des remèdes sous la forme de pilules de perlimpinpin [4].  Lui-même se contente de promouvoir les activités de ses amis, ainsi que son livre, Nous pouvons nous dépolluer, et d'encaisser des droits d'auteur [5].


Prenons-le au mot


Mais M. Séralini ignore que toutes les plantes cultivées sont des éponges à pesticides, ou plutôt à herbicides, au moins selon ses conceptions idéologiques.  C'est pourtant simple.

Il existe deux types d'herbicides (désherbants) : les « totaux » et les « sélectifs » ; et deux catégories : les herbicides de contact (ils détruisent les surfaces de la plante avec lesquels ils entrent en contact, et ne sont pas véhiculés par la sève) et les herbicides systémiques.

Les herbicides totaux détruisent toutes les plantes (en principe, car il y des mauvaises herbes qui font la mauvaise tête et de la résistance).  Le plus connu et le plus employé – y compris par les jardiniers du dimanche, les collectivités, Réseau ferré de France, etc. – est le glyphosate, matière active du Roundup [6] et de ses déclinaisons génériques.  Ces herbicides ne peuvent être utilisés en agriculture qu'en pré-semis ou prélevée, ou selon des procédures spéciales (traitements localisés).

Les herbicides sélectifs, eux, épargnent la plante cultivée et, idéalement, détruisent le reste, les mauvaises herbes ; ou, pour utiliser un terme plus cossu – et écologiquement correct – les adventices.

Ces herbicides sont un outil important à la disposition des agriculteurs.  Comme chacun – hormis les écologistes de salon – sait, les mauvaises herbes ont une fâcheuse propension à envahir les champs cultivés, concurrencer les cultures et, au final, diminuer les rendements.  Et, dans le cas des paysans pauvres, surtout vivant largement en autarcie, compromettre la sécurité alimentaire de leur famille.

Pour accomplir leur besogne – bienvenue pour les utilisateurs, sinistre pour les écologistes de salon – l'herbicide systémique pénètre dans la plante et l'intoxique, par exemple en bloquant une voie métabolique indispensable à sa survie.

Et donc, la plante cultivée qui tolère cet herbicide sélectif devient... une éponge à herbicide.  CQFD.


Une formule choc en toc


En fait, c'est faux !

Enfin, généralement sur le plan scientifique ; car la phrase en cinq mots exigerait qu'on en fasse la preuve en étudiant tous les herbicides existants.  C'est là une des différences entre M. Séralini et nous.  Lui assène, nous, nous expliquons.

Les herbicides subissent des sorts différents, éventuellement en combinaison, dans les plantes cultivées tolérantes (les plantes cibles qui font de la résistance ne nous intéressent pas ici).  Ils peuvent notamment être bloqués au point d'entrée, essentiellement les feuilles ou les racines ; excrétés ; transportés vers des organes qui ne sont pas la partie consommée ; ou encore métabolisés (auquel cas il importe d'examiner ce qui se passe avec les métabolites).

Il n'est donc pas surprenant que de nombreux produits végétaux ne présentent pas de résidus d'herbicides dans les contrôles sanitaires [7].


Sur le plan pratique, l'agriculteur ne s'amuse évidemment pas à remplir des « éponges » d'herbicides.  Son objectif est d'optimiser (et non maximiser) le rendement en luttant contre les mauvaises herbes et de s'assurer une récolte propre ne nécessitant qu'un minimum de nettoyage (et quelquefois indemnes de graines vénéneuses).  Quand il lutte contre l'ambroisie, un puissant allergène, c'est aussi un objectif de santé publique qui est poursuivi.

Les quantités épandues à l'hectare sont aussi ridiculement faibles.  Le gigantisme de certains pulvérisateurs (ceux que l'on montre de préférence dans les « documentaires » pour bobos) font oublier que les doses de matière active par hectare sont généralement inférieures au kilogramme.

Un kilogramme par hectare, c'est 0,1 gramme par mètre carré.  Comme on vise les mauvaises herbes, à une époque où les plantes cultivées ne sont pas encore bien développées, celles-ci reçoivent une dose encore inférieure.  Si ces plantes cultivées couvrent 10 % de la surface et qu'elles sont autant aspergées que les mauvaises herbes, c'est 0,01 gramme par mètre carré de plantes cultivées.  À dix plantes cultivées par mètre carré (grosso modo un maïs), c'est 0,001 gramme ou 1 milligramme par plante... au moment du traitement.

Il a dit : « éponges » ?


Sur le plan médiatique, M. Séralini joue évidemment sur la métonymie.  Une éponge... c'est gorgé... Et sur l'ignorance et les peurs alimentées (l'ignorance et les peurs) par un flot continu de désinformation.  Une observation simple suffit : il est quasiment impossible de trouver un article ou une émission où l'on commence par expliquer à quoi servent les pesticides.


Et le glyphosate ?


Sur le plan agronomique, le glyphosate est un outil de choix pour les agriculteurs et la société.  Il a une bonne efficacité, est souple d'emploi, vite dégradé (ce qui permet de semer derrière lui), et il a un profil toxicologique et écotoxicologique très favorable [8].  Ce n'est pas pour rien qu'il est devenu le premier herbicide au monde, et que certains utilisateurs en abusent.  Qu'il soit aujourd'hui vilipendé par la secte anti-OGM – qui trouve là un autre point d'attaque contre leur cible favorite – n'y change rien ; autrefois, il était du reste (presque) encensé.

La création de variétés transgéniques le tolérant a transformé le glyphosate en herbicide sélectif pour ces variétés.

La plupart des autres herbicides sélectifs ne sont utilisables que dans une fenêtre étroite : en particulier, la plante cultivée et les mauvaises herbes doivent être à des stades précis de développement.  Sélectifs, ils n'agissent pas sur toutes les mauvaises herbes, ce qui entraîne souvent l'emploi d'un cocktail d'herbicides.  Le glyphosate, lui, est à large spectre et peut être appliqué pratiquement à n'importe quel moment.  On peut donc comprendre l'engouement des agriculteurs pour les espèces et variétés tolérant le glyphosate – dans les pays dans lesquels elles ont été autorisées à la culture.

Les prédicateurs de l'apocalypse ont fait grand cas de la résistance acquise aux États-Unis d'Amérique par l'amarante de Palmer et annoncé la « stérilisation » de milliers d'hectares ainsi que la ruine des agriculteurs.  La résistance est un phénomène normal qui peut survenir avec tout herbicide ; on connaît d'autres résistances au glyphosate de par le monde, du reste acquises dans des champs non OGM [9].  Ces résistances sont gênantes, mais l'agriculteur (ou le gestionnaire d'un golf par exemple) n'est pas sans solution.  Et on peut contrôler ces plantes devenues résistantes par d'autres méthodes agronomiques, et à l'aide d'autres herbicides (le dicamba par exemple dans le cas de l'amarante).


Sur le plan toxicologique, le glyphosate laisse des résidus  dans les plantes[10], ce qui a amené à l'établissement de limites maximales de résidus [11].

Ces limites sont très élevées pour le maïs et le soja, et quelques autres plantes, ce qui est le reflet du bon profil toxicologique de la matière active.  Les dépassements sont très improbables ; et on peut donc dormir tranquille.

À moins de croire les balivernes des prêcheurs d'apocalypse, dont  l'inévitable M. Séralini.  Celui-ci s'est fait une spécialité de baigner des cellules humaines isolées dans des solutions nutritives contenant soit du glyphosate, soit une formulation commerciale comportant des surfactants (des molécules facilitant la pénétration du glyphosate dans la plante).  Les cellules n'apprécient évidemment pas ; le résultat serait sensiblement le même avec par exemple du liquide vaisselle, lequel contient des tensioactifs de même nature que les surfactants.  Inutile de décrire les conclusions de M. Séralini... ni le tapage médiatique... ni les avis des agences de sécurité sanitaire.

Une autre équipe s'est aussi fait une spécialité de faire des recherches sur les produits écologiquement incorrects, qui ne plaisent pas à leur idéologie et qui, de surcroît, permettent de trouver des financements.  MM. Aziz Aris et Samuel Leblanc, de l'Université de Sherbrooke au Canada, ont donc cherché des traces de pesticides associés à des OGM dans le sang maternel et foetal [12].  Le glyphosate n'a pas été détecté dans le sérum des femmes enceintes, mais chez deux femmes non enceintes sur 39 – ce dernier résultat étant fort curieux car on n'a pas détecté le métabolite AMPA.  Dans la discussion, ils suggèrent que cela pourrait être expliqué (« may be explained ») par une absence d'exposition, l'efficacité de l'élimination ou les insuffisances de la méthode de détection.


« ...may be explained » ? Voilà une autre expression que l'on trouve dans la publication de Séralini et al.  En langage direct, c'est « je n'en sais foutrement rien ».  Mais, ce qui importe ici, c'est que, en accord avec d'autres études, MM. Aris et Leblanc n'ont rien trouvé dans le sang.


Se passer d'herbicides ?


Malgré tout, les « éponges à pesticides » et autres inepties médiatiquement percutantes feront des dégâts encore bien longtemps.  On peut craindre que le courant ne s'inverse pas avant les premières difficultés à assurer la sécurité alimentaire des Français – que ce soit par le fait d'une production amputée par des contraintes « écologiques » devenues insupportables ou d'une réduction importante du pouvoir d'achat.  Se pose donc la question de savoir si on pourrait se passer d'herbicides.


La réponse est évidemment oui.  Reste à savoir à quel prix.


La bien-pensance n'a que faire du prix.  L'avenir, c'est donc l'agriculture dite biologique ou agroécologique (ce dernier terme méritant d'être défini)... des rendements réduits au bas mot d'un tiers, sinon des deux tiers (moyenne du blé « conventionnel » en France : bon an mal an 70 quintaux à l'hectare ; du blé « biologique » : autour de 32 [13]).


Des recherches intéressantes sont faites, par exemple à l'INRA ; mais la communication de l'INRA n'est pas sans reproche, l'écologiquement correct l'emportant sur l'agronomiquement raisonnable  [14].  Cela témoigne à notre sens d'une inquiétante dérive de l'INRA.  Il n'est donc pas surprenant que de nombreux commentateurs oublient de faire état des avertissements sur les limitations [15].


Sur le terrain, des conseils pratiques sont donnés [16].  Les itinéraires culturaux tiennent de plus en plus compte des attentes sociétales.  Mais l'écologie de salon et de ville, y compris au niveau ministériel, n'en a cure.


Ce qui est dramatique, c'est que le respect de l'environnement ne se mesure pas simplement en tonnes de pesticides économisées.  Le glyphosate – et les OGM le tolérant – sont un outil de grande valeur pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement et, en particulier des sols.  Ils facilitent en effet les techniques culturales simplifiées (sans labour), les semis sous couvert, etc., techniques bénéfiques pour la vie du sol et permettant de limiter l'érosion.


« Malhonnêteté voire crime intellectuel » ?


C'est l'expression de M. Séralini que nous avons citée ci-dessus.

Il faut qu'il se l'applique à lui-même.  Et que nous analysions brièvement les fondements de sa haine pour les herbicides et le Roundup.


Au-delà des critiques qui fleurissent dans la presse (surtout étrangère...) sur les carences et déficiences de son « étude », quelle a été, par exemple, la concentration en glyphosate du maïs OGM qu'il a donné à ses rats ?  Il est certes précisé dans sa publication, sous « matériel et méthodes » qu'un champ de maïs NK603 a reçu trois litres de glyphosate à 540 g/l ; mais ce n'est manifestement pas suffisant.  C'est même d'une indigence crasse, et on se demande comment les reviewers ont pu laisser passer ça.


Selon Le Monde, « [p]our les auteurs, la construction génétique de l'OGM entraîne la modification d'une enzyme (dite ESPS synthase) impliquée dans la synthèse d'acides aminés aromatiques ayant un effet de protection contre la cancérogénèse. Le fait que la production de ces acides aminés soit réduite pourrait expliquer, selon les auteurs, les pathologies plus fréquemment observées chez les rats exposés à l'OGM seul. » [17].


Étrange.  Selon les informations officielles, NK 603 comporte, en plus du gène « normal » qui n'a pas été touché ni enlevé, un gène (en deux exemplaires) qui code pour une EPSP Synthase un peu différente, qui n'est pas bloquée par le glyphosate [18].  D'autre part, sauf découverte prodigieuse de l'équipe, l'EPSP synthase n'existe pas chez les mammifères ; ce qui explique en partie le bon profil toxicologique du glyphosate, et le fait que la phénylalanine et le tryptophane sont dit « essentiels » car non synthétisés.  En outre, il n'y a pas eu de dosage des acides aminés aromatiques.  Et, enfin, cette hypothèse n'est pas évoquée dans l'article publié dans Food & Chem. Tox.


Il a dit « malhonnêteté voire crime intellectuel » ?


Wackes Seppi

______________

[1]  On consultera en particulier le site du Nouvel Observateur, très en pointe sur ce sujet, et d'une extraordinaire partialité :

http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/

[2]  http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,environnement,ogm,une_etude_choc_revele_graves_effets_sanitaires_ogm,138354.jsp

[3]  http://imposteurs.over-blog.com/article-18357100.html

[4]  Voir sur ce site :

http://imposteurs.over-blog.com/article-la-probite-scientifique-a-dose-homeopathique-par-wackes-seppi-77922370.html

[5]  http://www.lalsace.fr/actualite/2011/03/16/les-voies-de-la-depollution-selon-le-professeur-seralini

[6]  Il ne faut jamais oublier de préciser dans un monde qui s'est trouvé un extraordinaire bouc émissaire : le « Roundup de Monsanto ».  On rappellera cependant que le brevet a expiré en septembre 2000 aux États-Unis d'Amérique (à priori à la même date en Europe), de sorte que « le Roundup de Monsanto » est l'expression d'une remarquable névrose de la part des activistes.

[7]  D'une manière générale, les deux tiers des fruits et légumes ne contiennent pas de résidus de pesticides détectables, et un tiers en contiennent à un niveau inférieur à la limite maximale de résidu (LMR).  Environ 3-4 % en contiennent au-delà de la LMR sans que cela ne constitue un risque pour la santé, sauf cas très particulier du style cure de cerises (pour le diméthoate).  Les vérifications sur les produits dits biologiques sont lacunaires (données non fournies par certains pays ; recherches limitées aux molécules qu'on est censé ne pas trouver dans ces produits) ; environ 0,5 % des produits présentent néanmoins des dépassements de LMR, ce qui ne peut s'expliquer que par des fraudes, notamment des traitements d'urgence pour sauver les récoltes.  Voir par exemple :

http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/2430.htm

[8]  http://npic.orst.edu/factsheets/glyphotech.pdf

[9]  http://www.weedscience.org/Summary/UspeciesMOA.asp?lstMOAID=12&FmHRACGroup=Go

[10]  http://www.fao.org/docrep/009/a0209e/a0209e0d.htm

[11]  http://e-phy.agriculture.gouv.fr/lmr/sublmr/191.htm

[12]  Maternal and fetal exposure to pesticides associated to genetically modified foods in Eastern Townships of Quebec, Canada, Reprod Toxicol (2011), doi:10.1016/j.reprotox.2011.02.004

http://ddococktailhour.com/files/0/8/7/4/3/244299-234780/BTinpregnantwomen.pdf

[13]  http://www.franceagrimer.fr/content/download/18021/142430/file/11%20-%20Etude%20FAM%20-%20Vari%C3%A9t%C3%A9s%20et%20rendements%20c%C3%A9r%C3%A9ales%20bio%20r%C3%A9c%202011.pdf

On peut douter de la fiabilité d'une enquête par sondage.

[14]  http://www.inra.fr/les_recherches/systemes_de_culture_utilisant_des_techniques_alternatives_aux_herbicides

Il faut écouter la vidéo et les explications de M. Nicolas Munier-Jolain pour comprendre la différence entre le techniquement faisable et le pratiquement et économiquement faisable.

[15]  M. Sylvestre Huet fait exception en évoquant ces limitations et contraintes, mais à la fin de son article :

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/09/cultiver-sans-herbicides-possible-dit-linra.html

Mais qui y prêtera attention à la lecture du titre : « Cultiver sans herbicides ? Possible dit l'INRA » ?

[16]  Par exemple :

http://draf.bretagne.agriculture.gouv.fr/corpep/IMG/pdf/doc_glyphosate_cle87af43-1.pdf

http://www.cetiom.fr/uploads/tx_cetiomlists/plaquette_glyphosate_avr09.pdf

[17]  http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/19/un-ogm-de-monsanto-soupconne-de-toxicite_1762236_3244.html

[18]  Voir par exemple :

http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/100205-Mais-NK603-Avis-CS-HCB.pdf

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commentaires

Daniel Lamazière 19/05/2016 16:26

Très intéressant et courageux, avez-vous été interrogé par l'équipe de France2?

paypal credit card processing 23/04/2014 14:48

J'ai entendu beaucoup de choses sur les OGM mais n'a jamais été en mesure de comprendre ce que la totalité de l'émission était. Après la lecture de votre article, je suis une peur bleue! Je comprends que nous avons besoin d'une solution pour la pénurie de nourriture, mais je ne peux pas dormir paisiblement la nuit confier une telle responsabilité énorme de la part des entreprises privées!

Wackes Seppi 04/01/2013 15:44


« Cependant la plupart du temps, compte tenu des niveaux résiduels, on va accorder des LMR différentes à chacun des vecteurs afin de ne pas pénaliser le produit. »


 


Preuves ? Et avec les explications techniques, SVP, pas de simples affirmations d'entités dont le fond de commerce est la peur. Parce que vous affirmez en fait que les LMR sont d'autant plus
élevées que le sont les niveaux de résidus et, peut-être bien, que les autorités privilégient les intérêts des fabricants sur la sécurité sanitaire.


 


.


 


Vous citez le HCB. Vous biaisez...


 


Et si on cite, il faudrait citer correctement l'entité dont il s'agit.


 


En l'occurrence, il s'agit du CEES, un organe dans lequel les spécialistes de l'agriculture sont en minorité, et pas du CS.


 


http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/100205-Mais-NK603-Recommandation-CEES-HCB.pdf


 


D'autre part, la citation complète est la suivante :


 


« Ces préoccupations sont renforcées par deux constats :


 


. bien que l’exemple ne soit pas nécessairement extrapolable à la France, que les chiffres cités aient été contestés et que le phénomène puisse être explicable par une utilisation massive de
glyphosate le long des voies de circulation, des données indiquent qu’aux Etats-Unis, la culture de plantes tolérantes au glyphosate aurait entraîné une extension considérable de l’utilisation de
cet herbicide total, l’apparition de tolérances au glyphosate dans la flore adventice et, de ce fait, l’augmentation des quantités de glyphosate nécessaires pour assurer un désherbage
satisfaisant, puis l'utilisation additionnelle d'autres molécules. »


 


Avec une note qui renvoie à Charles Benbrooke, un personnage qui a une mission bien précise au sein du Organic Center, ainsi qu'à une réfutation du « rapport » Benbrooke.


 


Il faut aussi bien lire tous les caveats. Il y en a quatre (le dernier étant « aurait entraîné », un conditionnel).


 


Un peu d'agronomie n'aurait pas fait de mal au CEES.


 


Des résistances sont apparues bien avant l'extension des cultures GM, et ce, dans des cultures non GM, y compris en France (Lolium rigidum en 2005). Voir :


 


http://www.weedscience.org/Case/Case.asp?ResistID=5285


 


Et les herbicides, ainsi que les résistances... ça se gère.


 


Tout comme un peu de connaissances de la législation aurait été utile au CEES.


 


Celle-ci fixe, en effet, des limites à l'emploi des produits phytosanitaires, tant pour la dose que pour le stade d'application.


 


Pour le maïs GM, c'est 6 l/ha/cycle cultural de Roundup dosé à 360 g/l à la pleine dose et, en fractionné, deux doses max avec 4 l max/ha/application. Les stades d'applications : pour
la 1ère application BBCH 12-14 (deux à quatre feuilles) et pour la 2ème application BBCH 16-18, l'intervalle entre applications devant être de 10-20 jours.


 


.


 


Mais il est vrai que les PGM tolérantes au glyphosate ont entraîné une augmentation de l'utilisation de celui-ci ; il a remplacé d'autres herbicides, la plupart bien moins favorables sur le
plan toxicologique et écotoxicologique.


 


.


 


« Pour les OGM résistants aux pesticides ou pour les OGM producteurs de pesticides, des tests toxico ont été effectués à court terme mais jamais à long terme ce qui paraît
surprenant... »


 


Il n'y a rien de surprenant.


 


Les tests sont effectués en fonction des besoins. Si le pétitionnaire estime qu'un test n'est pas nécessaire, il doit le justifier... à la satisfaction de l'instance d'évaluation. Et si des
tests, notamment à 90 jours, laissent planer des doutes, d'autres études peuvent être exigées. Voir :


 


http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/doc/2150.pdf



« Cependant la plupart du temps, compte tenu des niveaux résiduels, on va accorder des LMR différentes à chacun des vecteurs afin de ne pas pénaliser le produit. »


 


Preuves ? Et avec les explications techniques, SVP, pas de simples affirmations d'entités dont le fond de commerce est la peur. Parce que vous affirmez en fait que les LMR sont d'autant plus
élevées que le sont les niveaux de résidus et, peut-être bien, que les autorités privilégient les intérêts des fabricants sur la sécurité sanitaire.


 


.


 


Vous citez le HCB. Vous biaisez...


 


Et si on cite, il faudrait citer correctement l'entité dont il s'agit.


 


En l'occurrence, il s'agit du CEES, un organe dans lequel les spécialistes de l'agriculture sont en minorité, et pas du CS.


 


http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/100205-Mais-NK603-Recommandation-CEES-HCB.pdf


 


D'autre part, la citation complète est la suivante :


 


« Ces préoccupations sont renforcées par deux constats :


 


. bien que l’exemple ne soit pas nécessairement extrapolable à la France, que les chiffres cités aient été contestés et que le phénomène puisse être explicable par une utilisation massive de
glyphosate le long des voies de circulation, des données indiquent qu’aux Etats-Unis, la culture de plantes tolérantes au glyphosate aurait entraîné une extension considérable de l’utilisation de
cet herbicide total, l’apparition de tolérances au glyphosate dans la flore adventice et, de ce fait, l’augmentation des quantités de glyphosate nécessaires pour assurer un désherbage
satisfaisant, puis l'utilisation additionnelle d'autres molécules. »


 


Avec une note qui renvoie à Charles Benbrooke, un personnage qui a une mission bien précise au sein du Organic Center, ainsi qu'à une réfutation du « rapport » Benbrooke.


 


Il faut aussi bien lire tous les caveats. Il y en a quatre (le dernier étant « aurait entraîné », un conditionnel).

Lahrom 03/01/2013 09:57


Une L.M.R est identique dans le meilleur des cas pour tous les aliments vecteurs de résidus. La DJA totale est divisée alors par la somme du poids des aliments vecteurs que l’on peut ingérer
quotidiennement.


Cependant la plupart du temps, compte tenu des niveaux résiduels, on va accorder des LMR différentes à chacun
des vecteurs afin de ne pas pénaliser le produit. Cette volonté d’affecter une LMR individuelle, à mon avis n’est pas une motivation de protection sanitaire. Une L.M.R identique garantirait une
meilleur protection sanitaire au contraire.


Ainsi si on accorde une LMR très élevée pour un produit phytosanitaire dans un aliment  par rapport aux autres aliments, c’est que son niveau résiduel est bien supérieur aux autres aliments. On va augmenter sa LMR et diminuer la LMR pour les autres
vecteurs si leurs niveaux résiduels sont beaucoup plus bas.


De plus lorsqu’on lit les recommandations du HCB vis à vis du Maïs NK603, ceux ci signalent
des données indiquant qu’ « aux Etats-Unis, la culture de plantes tolérantes
au glyphosate aurait entraîné une extension considérable de l’utilisation de cet herbicide total, l’apparition de tolérances au glyphosate dans la flore adventice et, de ce fait, l’augmentation
des quantités de glyphosate nécessaires pour assurer un désherbage satisfaisant, puis l'utilisation additionnelle d'autres molécules. » Le risque de dépasser la LMR est ainsi plus
important.


 



Pour les OGM résistants aux pesticides ou pour les OGM producteurs de pesticides, des tests toxico ont été effectués à court terme mais jamais à long terme ce qui paraît surprenant. Si on fait
des tests toxico, autant les faire complètement puisqu en toxicologie la Dose Sans Effet  est déterminée grâce à une étude à court terme et une étude
à long terme. Donc pourquoi faire les choses à moitié ?

Wackes Seppi 30/12/2012 17:08


Vous n'avez pas tort d'insister sur ma phrase sur une LMR élevée, reflet d'un profil toxicologique car elle est effectivement lapidaire et susceptible d'être mal interprétée. Mais
reflet ne signifie pas corrélation, et de là vient l'erreur d'interprétation.


 


La corrélation est incontestable au niveau de la DJA.


 


La DJA du glyphosate a été fixée par l'OMS à 0,3 mg/kg de poids corporel/jour. Celle de l'acétochlore est de 0,02 mg/kg pc/jour... Conclusion évidente (mais dire que l'acétochlore est
15 fois plus nocif que le glyphosate serait faux car, d'une part, les valeurs dépendent de celles qui ont été utilisées dans les tests toxicologiques et, d'autre part, la nocivité n'est pas un
concept linéaire)... Les choses ne sont pas simples.


 


Faire des corrélations au niveau des LMR devient hasardeux.


 


Vous avez raison d'écrire que « pour un même produit phytosanitaire, on accorde des LMR différentes pour différentes denrées alimentaires ». Mais l'explication est autre.


 


À partir des DJA on fixe des LMR de manière que, sauf comportement alimentaire exceptionnel, la DJA ne soit jamais dépassée. Les LMR dépendent donc, en partie, de la nature de la plante
alimentaire et de sa place dans le régime alimentaire ; de considérations plutôt subjectives... et des arrondis (dans le cas du glyphosate, sauf erreur de ma part, on n'utilise que les
chiffres 0, 1, 2 et 5, et une seule fois 3). La considération subjective principale est que la sécurité sanitaire prime. Ainsi, le rapport entre les deux LMR n'est plus le même que celui des DJA
chez le maïs.


 


Par ailleurs, lorsque la substance active n'est pas censée se trouver dans un produit, la LMR peut-être fixée au niveau de la limite de quantification. D'où les nombreux 0,01 pour le glyphosate.


 


Si des corrélations ne peuvent pas être faites sans précaution, il n'en demeure pas moins qu'on ne peut avoir une LMR élevée que pour des substances présentant un bon profil toxicologique.


 


.


 


Il est en revanche faux d'écrire : « Si les LMR sont plus élevées dans certaines denrées pour un même produit phytosanitaire, cela sous entend que cette denrée concentre plus ce
produit phytosanitaire et c'est pour cette raison que l'on augmente la LMR. »


 


D'une part, il n'y a pas forcément concentration d'une substance dans une denrée alimentaire. Dans le cas des graines qui sont des concentrés d'amidon (céréales), ce serait plutôt le contraire.
D'autre part, comme déjà dit, les LMR dépendent essentiellement de la nature de la plante et de sa place dans le régime alimentaire.


 


Vous trouverez donc une série de graines pour lesquelles la LMR est de 10 ou 20 mg/kg dans le cas du glyphosate. Ce sont essentiellement des graines qui ne sont pas consommées en tant que
telles (moutarde exceptée, mais, dans ce cas, on n'en consomme que de très petites quantités) et dont les produits consommés par l'homme, notamment l'huile, ne contiennent plus la substance. Dans
le cas des champignons sauvages (50 mg/kg), on a tenu compte du fait que le cueilleur n'est pas forcément au courant des épandages de glyphosate dans les forêts (événements du reste rares)
et, encore une fois, du fait que leur consommation est épisodique et limitée.


 


Quelle est, du reste, la source de votre affirmation (qui a des relents de désinformation) ?


 


.


 


« Cependant des LMR sortent souvent sans que des tests de toxicité à long terme ne soient faits. » ?


 


Vous m'intriguez ! Sources ? Preuves ?


 


.


 


Je ne me suis pas moqué dans le cas de M. Séralini. Ce qu'il fait est profondément choquant.


 


Vous écrivez in fine : « Il n'est pas illégitime de tester le produit dans sa totalité. » Je suis d'accord. Rien – ou pas grand chose – n'est illégitime en
science. Ce qui est en revanche inacceptable c'est, d'une part, de se lancer dans une expérimentation de ce genre sans déterminer au préalable si « le produit dans sa totalité »
parvient aux cellules en cause ; d'autre part, de procéder à une expérimentation au protocole calamiteux ; de surcroît, de surinterpréter les résultats, en particulier par le biais
d'une communication anxiogène vers le grand public à but idéologique, et qui n'a aucun fondement ; et enfin de concevoir des expériences, non pas dans le but d'accroître nos connaissances,
mais dans celui d'alimenter un activisme.

lahrom 28/12/2012 20:49


Suggérez-vous qu'une substance dont la LMR a été fixée à 0,02 mg/kg (par exemple pour l'acétochlore sur le maïs) pourrait avoir un meilleur profil toxicologique qu'une substance dont la LMR
a été fixée – évidemment selon la même méthode – à 1 mg/kg pour la même espèce (par exemple le glyphosate) ?


LMR ou "tolérances" sont les concentrations en résidus à ne pas dépasser dans les denrées alimentaires d'origine animale ou végétale pour éviter tout risque pour le consommateur du fait de la
présence de ces résidus. Si une LMR est faible, la tolérance est faible. Ainsi la tolérance de concentration de l'acétochlore dans le maïs est plus faible que celle du glyphosate. Une LMR = 0
signifie tolérance 0.C est à dire qu'aucun résidus du produit en question ne doit être détecté.


Lorsque je dis que LMR élevée ne signifie par forcément que cela soit un reflet du bon profil toxicologique de la matière active, c'est que pour un même produit phytosanitaire, on accorde des
LMR différentes pour différentes denrées alimentaires. Si on prend l'exemple du glyphosate, on peut trouber des LMR très différentes : cela signifie que l'on tolère une plus grande quantité de
glyphosate dans certains produits. cf http://e-phy.agriculture.gouv.fr/lmr/sublmr/191.htm On tolère une concentration de 0,1mg/kg en générale et cette tolérance peut passer à 10mg/kg 20 même
50mg/kg. Ainsi si pour un même produit on accorde des LMR différentes, les LMR élevées ne signifient pas que le profil toxico du produit est meilleur car il s'agit du même produit. Si les LMR
sont plus élevées dans certaines denrées pour un même produit phytosanitaire, cela sous entend que cette denrée concentre plus ce produit phytosanitaire et c'est pour cette raison que l'on
augmente la LMR.


Normalement, en théorie, on met en place des LMR pour des principes actifs qui sont ni tératogènes, ni allergisants, ni cancérogènes. On effectue des tests à court terme 3mois chez la souris,
6mois chez le rat et 2 ans chez le rat pour les tests à long terme. Cependant des LMR sortent souvent sans que des tests de toxicité à long terme ne soient faits.


 


pour le cours de physiologie.


 


Il y a cependant une petite nuance à apporter à votre : « Les acides aminés essentiels sont dits essentiels chez les mammifères car non synthétisés, certes!c'est pour cela que
l'enzyme qui les synthétise habituelement n'existe pas chez les mammifères. »


En fait, c'est l'inverse. C'est parce que l'enzyme n'existe pas que lesdits acides aminés ne sont pas synthétisés.


Oui! c'est cette enzyme qui permet la synthèse de ces acides aminés, si elle n'existe pas chez ces mamifères, ils ne peuvent les synthétiser d'où le terme d'acides aminés éssentiels. L'apport de
ces acides aminés doit ainsi se faire de manière exogène, c'est à dire par l'alimentation.


l'équipe scientifique supposait que le défaut d'apport de ces acides aminés  par le maïs OGM(à cause de la non fonctionnalité de cette fameuse enzyme ) induirait  chez les rats une
augmentation de leur sensibilté à  développer des cancers.


l'hypothèse n'était pas forcément stupide mais votre argumation suivante, à savoir :


"Les végétaux traités au glyphosate qui ne produisent plus ces acides aminés meurent. C'est précisément le mode d'action du glyphosate. Les plantes RR échappent à ce destin fatal grâce à l'enzyme
EPSP synthase bactérienne qui leur permet de continuer à produire ces acides aminés."


est éclairante et balaye l'hypothèse de carence en ces acides aminés chez les rats. Je préfère cette argumentation scientifique plutôt que votre argumentation scientifique tronquée pour vous
moquer :


Par exemple : À moins de croire les balivernes des prêcheurs d'apocalypse, dont  l'inévitable M. Séralini. 
Celui-ci s'est fait une spécialité de baigner des cellules humaines isolées dans des solutions nutritives contenant soit du glyphosate, soit une formulation commerciale comportant des surfactants
(des molécules facilitant la pénétration du glyphosate dans la plante).  Les cellules n'apprécient évidemment pas ; le résultat serait sensiblement le même avec par exemple
du liquide vaisselle, lequel contient des tensioactifs de même nature que les surfactants.


Nos alvéoles pulmonaires secrètent aussi du surfactant qui joue un rôle important dans la perméablilté pulmonaire. vous, vous prenez comme
exemple le liquide vaisselle.


le principe actif seul peut être moins toxique s il n' arrive pas à pénétrer dans les cellules grâce à ce surfactant. Le glyphosate est vendu
avec d'autres produits dont du surfactant. Il n'est pas illégitime de tester le produit dans sa totalité.


 


 


.


 


 

Wackes Seppi 12/12/2012 18:46


Merci pour ce cours de toxicologie appliquée aux résidus de substances.


 


Mais je suis tout de même intrigué.


 


Vous écrivez : « LMR élevée ne signifie par forcément que cela soit un reflet du bon profil toxicologique de la matière active. »


 


Suggérez-vous qu'une substance dont la LMR a été fixée à 0,02 mg/kg (par exemple pour l'acétochlore sur le maïs) pourrait avoir un meilleur profil toxicologique qu'une substance dont la LMR
a été fixée – évidemment selon la même méthode – à 1 mg/kg pour la même espèce (par exemple le glyphosate) ?


 


Vous écrivez aussi : « Les LMR modifiées permettent de faire passer le/les produits malgré les tests toxico. »


 


Suggérez-vous que les LMR sont en quelque sorte « bidouillées » à la hausse, et ce, au mépris des impératifs de la santé publique ? Et avez-vous des exemples ?


 


.


 


Merci aussi pour le cours de physiologie.


 


Il y a cependant une petite nuance à apporter à votre : « Les acides aminés essentiels sont dits essentiels chez les mammifères car non synthétisés, certes!c'est pour cela que
l'enzyme qui les synthétise habituelement n'existe pas chez les mammifères. »


 


En fait, c'est l'inverse. C'est parce que l'enzyme n'existe pas que lesdits acides aminés ne sont pas synthétisés.


 


Mais il est vrai que « ceci n'a rien à avoir avec le bon profil toxico. »


 


Vous faites aussi une erreur sur la suite : « Ceci sous entend qu'il y a risque de carence chez les mammifères en ces acides aminés si les végétaux traités au glyphosate ne
produisent plus de ces acides aminés. »


 


Les végétaux traités au glyphosate qui ne produisent plus ces acides aminés meurent. C'est précisément le mode d'action du glyphosate. Les plantes RR échappent à ce destin fatal grâce à l'enzyme
EPSP synthase bactérienne qui leur permet de continuer à produire ces acides aminés.


 


.


 


Pour ceux que le sujet intéresse, voici un document très clair et très instructif :


 


http://ec.europa.eu/environment/ppps/pdf/ma_reding_annex4.pdf


 


Ceux qui rejettent par principe tout ce qui vient de cette entreprise que beaucoup de gens aiment haïr passeront leur chemin. Qu'il soit quand même noté que Mme Marie-Ann Reding avait écrit à
titre personnel (ceux qui rejettent... ne sont pas forcés de le croire).


 


 

Lahrom 10/12/2012 16:30


Bonne initiative que d'avancer une argumentation scientifique sur un tel sujet afin d'informer les ignorants! Encore faut il que l'information soit juste. il y a des informations qui doivent être
rétablies : vous dites que :


le glyphosate laisse des résidus  dans les plantes[10], ce qui a amené à l'établissement de limites maximales de résidus
[11].


Ces limites sont très élevées pour le maïs et le soja, et quelques autres plantes, ce qui est le reflet du bon profil toxicologique de la
matière active.  Les dépassements sont très improbables ; et on peut donc dormir tranquille.


Hé bien non!


LMR élevée ne signifie par forcément que cela soit un reflet du bon profil toxicologique de la
matière active.


LMR signifie Limite Maxilmale de Résidus. Elle est calculée en fonction de la DJA : dose journalière admise chez l'homme. La DJA est fonctiond la DSE : Dose
sans effet de la substance chez les animaux de laboratoirs suite à des études toxico sur 3 mois et 6 mois pour évaluer les risques à court terme et 2 ans pour évaluer les risques à long terme. La
DSE retenue est celle qui est la plus faible parmi toutes les études effectuées et ceci uniquement si la substance n'est ni tératogène (malformation embryonnaire), ni allergisante, ni
cancerogène. De cette DSE, on recense les différents aliments vecteurs de ce résidus/substance. La consommation quotidienne de ces aliments vecteurs est estimée et on obtient ainsi la LMR :
concentration en résidus à ne pas dépasser dans les denrées alimentaires d'origine animale ou végétale.  Cependant cette LMR peut être modifiée, compte tenu des niveaux résiduels retrouvés
dans les denrées, on accorde des LMR différentes à chacune des denrées vecteurs de façon à ne pas pénaliser "inutilement"la denrée. Les LMR modifiées permettent de faire passer le/les produits
malgré les tests toxico.


 Vous dites aussi que :  D'autre part, sauf découverte prodigieuse de l'équipe, l'EPSP synthase n'existe pas chez les mammifères ; ce qui explique en partie le bon
profil toxicologique du glyphosate, et le fait que la phénylalanine et le tryptophane sont dit « essentiels » car non synthétisés


Les acides aminés essentiels sont dits essentiels chez les mammifères car non synthétisés, certes!c'est pour cela que l'enzyme qui les synthétise habituelement n'existe pas chez les mammifères.
ceci n'a rien à avoir avec le bon profil toxico. Ceci sous entend qu'il y a risque de carence chez les mammifères en ces acides aminés si les végétaux traités au glyphosate ne produisent plus de
ces acides aminés.


 

Wackes Seppi 01/11/2012 18:13


Merci pour votre commentaire (au moins pour le début) et vos remerciements.


 


Je ne pense pas que vous êtes « dans la position de "croire" ce que les spécialiste [v]ous disent », en tout cas pas toujours.


 


L'article que j'ai écrit n'est pas de la « rocket science » et il me semble que la majorité de ses éléments sont accessibles aux non-spécialistes.


 


Quant à la publication de M. Séralini qui a servi de déclencheur pour mon article, vous pouvez vous assurer par vous-même de quelques malfaçons grossières. Et quand on est confronté à
pléthore d'avis négatifs sur sa qualité, on n'est plus dans le domaine du « croire » (sauf évidemment si l'on est « croyant »). Pour rappel, ces critiques, sur le fond ou la
méthode proviennent :


 


(1) de la communauté scientifique (à l'exception des militants, et encore, les amis de M. Séralini ne se sont pas bousculés),


(2) des journalistes scientifiques qui se respectent,


(3) des instances d'évaluation et de sécurité sanitaire d'au moins sept pays ou groupes de pays (Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, France, Pays-Bas, Australie-Nouvelle-Zélande) et
l'EFSA,


(4) des sociétés savantes, y compris les six académies scientifiques françaises,


(5)du Comité d'éthique du CNRS,


(6) des syndicats et associations de journalistes.


 


Si l'on se réfère à l'échelle anglo-saxonne des preuves, on est dans le domaine sinon du « beyond reasonable doubt », du moins du « clear and convincing
evidence ».


 


« ...les spécialistes peuvent être en désaccord sur la méthodologie, sur l'interprétation des résultats et sur les enjeux politiques des recherches. »


 


Bien sûr. Pour qu'il y ait désaccord, il suffit que l'un dise blanc et l'autre noir ; ou l'un blanc et mille autres noirs. Dans le cas d'espèce, on est à mille lieues du premier scénario.


 


« La complexité s'accroît quand on sait que des membres experts de commissions européennes chargées de donenr leur avis sur la nocivité ou l'innocuité de certains produits issus de la
recherche biotechnologique appliquée aux médicaments ou à l'agriculture sont par ailleurs salariés par des labos. »


 


Ce que vous avez écrit est faux. Il n'y a pas d'experts salariés par les labos à l'EFSA.


 


Mais votre écrit a peut-être dépassé votre pensée, et vous avez peut-être voulu vous référer aux accusations et insinuations de conflits d'intérêts, et autres chasses aux sorcières. Il faudrait
analyser chaque cas particulier. La galaxie anti-OGM et anticapitaliste ne cesse de nous sortir les cas de Mme Diana Banaty, Mme Suzy Renckens et M. Harry Kuiper s'agissant de l'EFSA.


 


La première était présidente du Conseil d'administration de l'EFSA et n'avait aucune responsabilité scientifique. Mais on peut évidemment arguer que cela discrédite et l'institution, et ses
travaux. Il y a des Bové, Lepage, Séralini, etc. qui ne s'en privent pas.


 


La deuxième travaillait pour l'EFSA et est partie chez Syngenta. Mais on peut évidemment fabriquer une notion de conflit d'intérêt par anticipation. D'ailleurs ça nous pend au nez si jamais la
secte prétendument écologiste arrivait au pouvoir. Il n'y a qu'à voir jusqu'où Corinne Lepage peut perdre la raison quand elle fantasme, sur le Huffington Post, sur une
application de « la jurisprudence de l'Aquila » aux OGM ; sans même se rendre compte, la pauvrette, du fait qu'une décision de première instance ne fait pas jurisprudence et que
les scientifiques condamnés ont annoncé qu'ils allaient faire appel.


 


Le troisième cas est plus complexe, et il serait trop long de l'examiner ici. Il suffit toutefois de noter que les décisions sont prises par des collèges d'experts (et ce sont des décisions sur
des avis) et que M. Kuiper n'était que l'un d'entre eux. Mais on peut évidemment arguer que la présence, dans un panel, d'un seul membre contesté suffit pour contester le produit du panel.
C'est du reste ce qui se fait allègrement.


 


Je suis bien d'accord avec vous sur le fait qu'une «  société démocratique adulte » – en fait, la société tout court – a besoin « d'être mise devant des arguments et de participer
au débat rationnel ».


 


Le problème en l'occurrence est que la société a été confrontée (1) à une pseudo-étude qui ne démontre rien, et qui n'aurait jamais dû recevoir l'imprimatur scientifique du
fait des malfaçons ; (2) à une incroyable campagne politico-médiatique ; (3) à des images insoutenables de rats affligés de tumeurs.


 


 

Wackes Seppi 29/10/2012 19:09


M. Alex (commentaire n°10) a écrit :


 


« vous êtes hallucinants! "le glyphostae se dégrade presque entièrement" ceci est une, parmi bien d'autres de vos affirmations mensongères. Les nappes phréatiques ici, en cote d'or, sont en
limite de potabilité à cause de l'utilisation massive de pesticides et nitrates divers, pas des agriculteurs loin dêtre "pauvres et isolés", et vous cautionnez ces pratiques?!?


je doute enfin que vous ayez l'honneteté intellectuelle suffisante pour publier mon commentaire, chapeau bas monsieur l'assassin'


 


Gros problème de sophisme pour commencer : quand le sujet est le glyphosate, on ne vient pas tartiner les oreilles des interlocuteurs avec les « pesticides et nitrates divers »
(j'ai du reste du mal à concevoir des « nitrates divers »).


 


Gros problème avec les faits : l'eau de la très grande majorité des Côte-d'Oriens est potable. Que Choisir – que l'on ne saurait accuser de complaisance – a publié un article le printemps
dernier. Vous le trouverez ici :


 


http://www.gazetteinfo.fr/2012/03/20/qualite-de-leau-en-cote-dor-pas/


 


Résultat : « il apparait que 9172 habitants paient pour une eau jugée non conforme ». Si vous savez compter, vous verrez qu'il s'était agi de dix (10) communes pour les défauts de
conformité relatifs aux pesticides (l'ensemble, pas seulement le glyphosate).


 


Vous pouvez aussi consulter les analyses en ligne à :


 


http://www.sante.gouv.fr/eau-potable.html


 


J'ai passé les dix communes en revue : aucun dépassement pour la norme en glyphosate. Norme qui, vous devez le savoir, est administrative, arbitraire (0,1 µg/l), sans relation avec les
nécessités de la santé publique.


 


Mais peut-être ne voulez-vous pas savoir... Il est si confortable de penser que les agriculteurs – loin d'être « pauvres et isolés » selon vous – vous empoisonnes. Surtout, ne mangez
pas leurs produits !


 


Monsieur l'assassin vous salue bien.

Anton Suwalki 23/10/2012 15:36


@alex : oui le glyphosate se dégrade rapidemen, c'est un fait. d'où tenez-vous le scoop que les nappes phréatiques de Côte-d'or seraient "saturées" en glyphosate ? vous avez visiblement besoin
d'inventer pour pouvoir nous traiter d'assassins ???

loup garou 23/10/2012 15:08


alex a écrit :


"vous êtes hallucinants! "le glyphostae se dégrade presque entièrement" ceci est une, parmi bien d'autres de vos affirmations mensongères. Les nappes phréatiques ici, en cote d'or, sont en limite
de potabilité à cause de l'utilisation massive de pesticides et nitrates divers"


 


==> alors, pouvez-vous nous indiquer les concentrations précises en glyphosate dans les nappes phréatiques de Côte d'Or ? et pouvez-nous nous démontrer que le glyphosate ne se dégrade pas
"presque entièrement" ? d'ailleurs il me semble que l'auteur de ce billet a écrit "vite dégradé"...


 


alex a écrit :


 


"je doute enfin que vous ayez l'honneteté intellectuelle suffisante pour publier mon commentaire, chapeau bas monsieur l'assassin"


 


==> raté et ce malgré une insulte... qui vous tient lieu d'argument...

alex 23/10/2012 14:24


vous êtes hallucinants! "le glyphostae se dégrade presque entièrement" ceci est une, parmi bien d'autres de vos affirmations mensongères. Les nappes phréatiques ici, en cote d'or, sont en limite
de potabilité à cause de l'utilisation massive de pesticides et nitrates divers, pas des agriculteurs loin dêtre "pauvres et isolés", et vous cautionnez ces pratiques?!?


je doute enfin que vous ayez l'honneteté intellectuelle suffisante pour publier mon commentaire, chapeau bas monsieur l'assassin

Jean-Claude Bourdin 23/10/2012 00:54


Je vous remercie pour cet article très éclairant pour un non spécialiste, pour un citoyen qui considère que les relations entre les biotechnologies et le droit et la politique sont un enjeu
capital pour nos sociétés démocratiques. D'où la nécessité d'avoir des informations précises et documentées; car sans connaissances pas de jugement rationnel possible. Le problème est que nous
sommes dans la position de "croire" ce que les spécialiste nous disent, ce qui n'est pas très rationnel. En outre les spécialistes peuvent être en désaccord sur la méthodologie, sur
l'interprétation des résultats et sur les enjeux politiques des recherches. La complexité s'accroît quand on sait que des membres experts de commissions européennes chargées de donenr leur avis
sur la nocivité ou l'innocuité de certains produits issus de la recherche biotechnologique appliquée aux médicaments ou à l'agriculture sont par ailleurs salariés par des labos.


De quoi une société démocratique adulte a-t-elle besoin? Non pas d'être rassurée, comme l'a dit malencontreusement la présidente du comité d'éthique du Haut conseil des Biotechnologies, mais
d'être informée, d'être mise devant des arguments et de participer au débat rationnel entre chercheurs. Or vous n'hésitez pas à tomber dans la polémlique et la caricature. A simplifier les
oppositions. Qu'y gagne-t-on? A durcir les positions, à suspecter ses adversaires, à passer sous silence d'autres travaux que les siens.

Montsouris 15/10/2012 21:40


cruelle désillusion... j'apprends que Séralini n'est finalement qu'une crapule motivée essentiellement par des conflits... d'intérêt !


http://ldhcibp.wordpress.com/2012/10/14/ogm-le-labo-secret-de-seralini/

gattaca 09/10/2012 00:24


Séralini passe également devant le HCB mercredi...!


Il a peu de chances de briller face à Marc Laviel avec le rapport que ce dernier a déjà fait sur son étude ! 


Dure semaine pour cet imposteur !

Jorj X. McKie 08/10/2012 22:35


Allez pour enfoncer le clou un peu plus et pour ceux qui ne l'aurait pas vu le rapport du NIB, la conclusion est édifiante. Séralini passe demain devant les députés, nous pourons voir s'il on
bien travaillés.


Le raport de NIB


La conclusion


7. Conclusion


The two-year long rat study conducted by Séralini and his colleagues displays, from a scientific point of view, considerable shortcomings. The most serious of these can be found in the fact that
the study used far too few rats per treated group and that there were too few control groups. In one fell swoop this entirely removes the basis for the conclusions that Séralini et al. draw. In
addition to this, for every conclusion that they draw there is sufficient evidence in their own text to undermine them completely. There are also other shortcomings and numerous other questions
that remain unanswered. One thing is clear: Séralini et al. have not been able to substantiate in any way whether genetically modified NK603 maize or Roundup is harmful or not. The only thing
that the study confirms is that Sprague-Dawley rats, like many other laboratory rats, develop relatively speaking many pathologies and that, as a consequence of this, many of the animals do not
reach two years of age. But we have known this since the 1960s.


Epilogue: Analysis of a media campaign


Séralini used the online publication of his scientific article to start a large-scale media campaign. A press invitation was sent out and a press conference was organized in the European
Parliament building under the auspices of European Member of Parliament, Corinne Lepage. Lepage was one of the founders of CRIIGEN and has been honorary chairperson of CRIIGEN since June 2012.


Journalists who wanted to read the article before the embargo passed had to sign a statement that they would not put forward the article to experts for their opinion before the passing of the
embargo, which is in contravention of the deontological code of the journalistic profession. Journalists must always reserve the right to ask for a second opinion. This is how Séralini ensured
that the first bulletins about their work were exclusively sensationalist reports about large tumors in rats as a consequence of eating GMO maize and/or drinking Roundup. Critical voices about
the quality of their study generally followed in second place.


During the press conference, Séralini and Lepage did not restrict their statements to NK603 maize and Roundup. All genetically modified crops were depicted as harmful to humankind. The press
conference was also seized on as an opportunity to announce the upcoming publication of a book and the release of a film. The intention was clearly not to elucidate the publication of a
scientific article. All the signs pointed to a purposive, broader campaign aimed at putting genetically modified organisms in a bad light.

Heliantus 08/10/2012 19:00


PCB: une étude de la Région Rhône-Alpes commandée à l'équipe de Gilles Séralini


On est sauvé.


S'il utilise le même protocole, je peux déjà vous dire les conclusions de son article à venir (et du livre, et du film).


En parlant d'agents plastifiants, avez-vous vu une hypothèse soulevée par Emily Willingham concernant une possible source d'agents carcinogènes dans une étude utilisant des rats en cage ? Plus
précisement, le maintenant fameux Bisphenol A, qui induit des tumeurs mammaires ?


http://www.emilywillinghamphd.com/2012/09/was-it-gmos-or-bpa-that-did-in-those.html

FLUCHERE 08/10/2012 18:06


Voir le communiqué sur la commande que vient de passer la Région R-A à Gilles Séralini sur les PCB.


Voilà ce qui s'appelle du financement déguisé de parti politique.


J'aurai bien aimé avoir votre adresse mail Anton, pour vous livrer cette information.

FLUCHERE 08/10/2012 18:04


PCB: une étude de la Région Rhône-Alpes commandée à l'équipe de Gilles Séralini


Michel DEPROST | 07.10.2012 - 16:31


La Région Rhône-Alpes a décidé de financer une étude sur l'imprégnation humaine par les PCB, à l'équipe de chercheurs animée par Gilles Séralini. Certains élus se
demandent pourquoi l'étude n'a pas été confiée à des chercheurs du réseau qui se forme autour du Pôle de Toxicologie et d'Ecotoxicologie de ROVALTAIN.