L’émancipation des canards sera l’œuvre des canards eux-mêmes !par Luc Marchauciel
A la
Libération, après la Deuxième Guerre Mondiale, le Parti Communiste Français a pendant quelques années porté une grande ambition, celle de produire avec ses intellectuels sympathisants une
nouvelle Encyclopédie destinée à succéder à celle de Diderot, et qui devait s’intituler l’Encyclopédie de la Renaissance Française. Il s’agissait de
présenter l’ensemble des connaissances de l’époque, à la manière de ce qu’avaient fait les encyclopédistes des Lumières, mais cette fois-ci en le faisant en quelque sorte « à la lumière du
marxisme ». Le projet fut abandonné du fait notamment des divergences d’approche entre d’un côté les intellectuels communistes, et notamment les
scientifiques, et de l’autre la direction du Parti. En effet, Frédéric Joliot-Curie expliqua par
exemple qu’il ne voyait pas ce que pouvait être une physique marxiste, et qu’il ne connaissait que la bonne et la mauvaise physique. Lors des réunions de travail, les plaisanteries fusèrent,
Joliot demandant par exemple à pouvoir se charger de l’article sur « Marxisme et transfusion sanguine », alors qu’un spécialiste des mollusques s’interrogea sur la manière d’aborder sa
discipline à travers le thème « marxisme et mallocologie ». Bref, le projet avorta logiquement…
Toutefois, il semble connaître une seconde jeunesse, puisque le site de la revue Contretemps vient de consacrer une partie de son espace au thème « marxisme et libération animale », à travers un texte intitulé « La question animale : un débat à ouvrir dans le mouvement anticapitaliste » :
http://contretemps.eu/interventions/question-animale-debat-ouvrir-dans-mouvement-anticapitaliste
Disons le tout net : à première vue, parce que c’est trop énorme, on pense d’abord en lisant le papier qu’il s’agit d’un canular, et que le véritable auteur en est par exemple Alan Sokal. Celui-ci, après avoir piégé en 1996 la revue post-moderne Social Text, aurait repris du service et voulu prouver que l’on peut publier n’importe quoi dans une revue marxologique, pour peu que l’on utilise le vocabulaire adéquat et les citations de quelques textes sacrés bien choisi. Et le canular aurait à nouveau fonctionné.
Sauf que, si l’on « google » le nom de l’auteure, Agnese Pignataro, il est confirmé qu’il ne s’agit pas d’un pseudonyme du rusé Alan, mais que l’auteure existe bel et bien. Elle est « philosophe de formation », elle a fondé la revue Liberazioni et elle milite dans le mouvement « animaliste » et « antispéciste »[1]. Il est possible, voire probable, que certains lecteurs ignorent ce qu’est l’ « antispécisme ». Celui-ci consiste en gros à décalquer l’antiracisme appliqué à l’espèce humaine, pour proposer l’idée d’une égalité en valeur des différentes espèces vivantes. Ainsi, installer un tue-mouches dans sa cuisine en été serait une attitude typiquement spéciste, tout comme le fait d’élever des moutons pour honteusement leur tondre la laine sur le dos. Les antispécistes conséquents sont bien entendus végétaliens –puisque le simple végétarisme est coupable d’exploitation des animaux en leur volant par exemple le lait, les œufs ou le miel – et ne portent pas de laine. Bon, je dis peut être des choses approximatives et je n’aurais pas tout compris, mais il doit bien y avoir sur Wikipédia un article sur le sujet résumant tout ça objectivement pour qui le souhaite[2].
La nouveauté de cet article que propose l’article de Contretemps est de développer cette philosophie antispéciste « à la lumière du marxisme », en mettant au centre de la réflexion l’idée d’exploitation. Et là, accrochez vous, camarades, ça décoiffe. Voici annoncé le plan et l’ambition de l’article – qui a le grand mérite de proposer une sorte d’ « abstract » énonçant clairement ce qui va être dit, ce qui est loin d’être toujours le cas dans la littérature philosophique et l’exégèse marxienne :
« Dans ce texte nous esquisserons une critique de l'idée d'une différence substantielle entre les humains et les autres animaux dans la version qu'elle connaît chez Marx. Nous examinerons ensuite la base matérielle de cette idée, c'est-à-dire l'exploitation des animaux non humains, et notamment la configuration qu'elle prend dans la société capitaliste. Enfin, nous proposerons quelques remarques sur la pertinence politique de l'idée de libération animale dans le cadre d'un projet anticapitaliste. »
Les deux dernières phrases font penser aux genres de délire qu’on se tape entre marxistes tendance geeks, en proposant pour Matrix ou Star Wars des grilles de lecture ultra politisées voyant dans untel le prolétariat et dans untel la bourgeoisie[3]. Sauf qu’ici, et jusqu’à preuve du contraire, on est forcés d’admettre qu’il ne s’agit pas d’un gag ou d’un délire entre copains lors d’une soirée trop arrosée[4]. Non, tout cela semble dit sérieusement, ce qui est beaucoup plus inquiétant.
La première partie du texte est donc consacrée à explorer l’œuvre du Marx, pour en gros dire que Marx et les marxistes ont eu tort de ne pas appliquer leurs catégories d’analyse à la situation faite aux animaux par les Hommes. Sont ainsi convoqués des extraits de L’Idéologie Allemande, Les manuscrits de 1844 ou du Capital. Il est frappant de constater que les textes fondateurs auxquels il est fait référence ici sont surtout – en dehors du Capital - des textes très généraux de philosophie, anciens dans l’œuvre de Marx et d’Engels, et pas des textes relevant de l’application des concepts à l’analyse concrète d’une réalité précise. Par exemple, Engels, qui s’efforçait alors d’appliquer les idées darwiniennes à l’analyse de l’évolution des sociétés humaines, a rédigé en 1876 un texte sur Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme[5], puis s’est essayé en 1883 à une théorie générale de l’évolution de la nature fondée sur ses conceptions matérialistes dialectiques : La dialectique de la Nature. On s’étonne de ne pas les voir évoqués dans un article qui veut traiter en marxiste de l’exploitation des animaux par les hommes. Parions que l’explication tient au fait qu’il est plus simple de bricoler avec des concepts piochés de ci de là dans des œuvres éparses et largement « philosophiques » : à des phrases très générales, on peut faire dire beaucoup de choses, éventuellement tout et son contraire, et même, comme c’est le cas ici, absolument n’importe quoi. Cela évite aussi de faire ce que Engels avait lui fait à son époque : s’appuyer sur la science de son temps, et non sur un bricolage de textes épars et anciens, pour élaborer sa vision du monde. Evidemment, ce type de travaux peut apparaître largement dépassé de nos jours, la science ayant considérablement progressé depuis…. alors que le texte n’a lui pas bougé. Mais c’est la démarche qui compte, et le fossé est considérable avec celle d’Agnese Pignataro dans Contretemps, qui, en 24 notes d’un texte consacré largement à effacer les distinctions entre ce qui relève de l’ « humain » et ce qui relève de l’ « animal », ne renvoie à absolument aucune publication dans des domaines tels que la zoologie ou plus encore l’éthologie (science qui a pour objet l’étude du comportement animal). Les références les plus « scientifiques » relèvent de la statistique, pour déterminer combien d’animaux sont chaque année tués pour la consommation humaine - données venues des producteurs, du ministère de l’agriculture ou de l’INSEE. On notera avec amusement la fait que l’auteure se sent obligée de faire une note de bas de page - la 15 - pour simplement donner la source de son estimation de la population française « humaine » en 2007, ce qui permet de faire apparaître à peu de frais une référence solide comme l’INSEE dans un texte qui n’en comporte en réalité aucune si l’on se réfère à son objet :
« Les chiffres de l'exploitation animale sont impressionnants : dans la seule année 2007, et rien qu'en France, ont été tués officiellement 1 milliard d'animaux terrestres pour la consommation humaine[12] ; ce chiffre ne comprend même pas les animaux morts de maladie dans les élevages, qui représentent pourtant un pourcentage élevé[13], ou pendant le transport vers l'abattoir. Quant aux animaux marins, ils ne sont pas décomptés en nombre d'individus, mais en tonnes : en 2006, 541 milliers de tonnes de poissons sont morts dans la production de la pêche française[14].Si nous considérons qu'en 2007 la population française comptait 63 578 000 humains[15], il en résulte que dans cette seule année a été tué un nombre d'individus non humains terrestres correspondant à 15 fois la population humaine française. Où tous ces animaux se trouvaient-ils ? Où ont-ils vécu, où sont-ils morts ? »
La question se pose : faudra–t-il ériger un mémorial à toutes ces victimes encore anonymes, en gravant sur le marbre leurs noms et prénoms à tous ? Ou alors faire débuter le journal de 20h00, comme à l’époque des otages français au Liban, par une annonce quotidienne du type « 224e jour de détention dans la clapier de Plougastel les Oies, et Jojo le lapin n’a toujours pas été libéré » ?
La relation à la science et ici plus particulièrement à la biologie est tout à fait typique d’un certain air du temps relativiste et des « Impostures Intellectuelles » de ceux qui dénigrent la démarche scientifique tout en cherchant à se recouvrir de son prestige, à toutes fins utiles.
D’un côté, grâce à la note 20, on apprend que la biologie, ça ne sert pas à grand-chose pour discuter de la question animale, pensez vous :
« Il est fondamental de préciser que la catégorie « animaux non humains » dont il est question ici n'est absolument pas une catégorie biologique. Voir à ce sujet mon article « L'animal est politique » (dans la brochure Réflexions sur la Veggie Pride, disponible en ligne à l'adresse http://www.veggiepride.fr/home/documents/reflexionsVP/5-animalPolitique.html) et notamment le passage suivant : « Les espèces (aussi bien que les « races » ou les « sexes ») sont des catégories fluides, et leurs conditions d'existence correspondent à des facteur biologiques et environnementaux d'un côté, sociaux et politiques de l'autre, qui changent au cours de l'histoire. Du point de vue de la biologie évolutive, une espèce est un groupe d'individus capables d'interfecondité ; dans le modèle neo-darwinien, la spéciation (c'est-à-dire, l'apparition de nouvelles espèces) se produit quand les paramètres de l'interfécondité changent, du fait d'un isolement géographique qui produit un isolement génétique. Par contre, du point de vue politique, la catégorie discriminatoire de l'« espèce » ne correspond pas du tout aux catégories biologiques : il s'agit d'un emprunt idéologique visant à identifier des groupes d'individus opprimés sans faire allusion à l'oppression elle-même ! En réalité, les « animaux non humains » dont parle la philosophie politique animaliste ne sont nullement définis par une appartenance biologique, mais par le fait d'être des individus que les humains oppriment dans des formes communes et qui sont impliqués dans un même système productif. Le même discours vaut pour les « femmes », pour les « noirs », etc., qui ne sont pas des catégories biologiques, et encore moins ontologiques, mais des catégorise entièrement politiques. » ».
Le pont est ici tracé de manière particulièrement éclairante avec d’autres discours extravagants portés par une certaine extrême-gauche faisant assaut d’hypercriticisme mondain, pour qui tout est politique, et rien n’est biologique. Si la distinction hommes/femmes n’est de toutes façons qu’une question de « genre socialement construit » et doit peu - et ici même rien du tout - à la réalité d’un « sexe biologique », pourquoi ne pas pousser le bouchon encore un peu plus loin et dire que la catégorie d’ « animal » n’est une catégorie « politique » [j’ai du mal à ne serait-ce que recopier des âneries pareilles]. Voilà où mène la mode relativiste et constructiviste qui permet d’avoir l’air « branché » dans les milieux du gauchisme culturel[6]. La démarche « politique » (si l’on ose dire) et surtout éminemment « subjectiviste » de l’auteure lui permet au passage d’englober dans le même sac « animaliste » à la fois le singe et l’huître, dont la biologie fait pourtant que l’un est capable de ressentir, je crois, du stress ou de l’angoisse, alors que l’autre ne le peut pas, car elle n’a tout simplement pas en elle les organes, la matière vivante, qui le lui permettrait. Il me semble que ce facteur bassement biologique devrait pourtant beaucoup peser dans la manière dont les humains se comportent vis-à-vis de l’un et de l’autre, et pour définir une éthique du rapport aux animaux. Mais il s’agirait là visiblement d’une conception par trop scientifique et anthropocentrique, alors que ce qui compte pour Agnese Pignataro, toute à sa grande ambition de fonder une sorte d’ « animalisme marxiste » est la notion politique d’exploitation :
« Différentes théories ont été proposées pour justifier le concept de libération animale, mais il s'agit dans la plupart des cas[22] de systèmes moraux qui prescrivent un devoir éthique individuel des oppresseurs envers les opprimés[23] mais ne s'interrogent pas sur les modalités d'une émancipation de classe des animaux. »
Car une « émancipation de classe des animaux» [sic] est possible. Qui affirme un truc aussi délirant et qui ne semblerait à première vue avoir pour seul but que de discréditer les catégories d’analyse marxiste ? Vous n’êtes peut être pas au courant, mais c’est la biologie la plus moderne ? On avait déjà entrevu cette grandiose perspective libératrice dans La Ferme des animaux d’Orwell ou dans La conquête de la planète des singes (film de 1972), mais on pensait jusqu’ici qu’il s’agissait de fables donnant à réfléchir sur la condition humaine et sur les classes sociales. En fait, pas du tout, ces œuvres seraient plutôt de l’analyse politique prospective et de l’anticipation authentiquement scientifique, puisque validées par la biologie la plus avancée :
« Il est vrai que les animaux n'ont pas de conscience de classe actuellement. Mais cela n'entraîne pas la non pertinence politique de leur exploitation. Et utiliser ce fait contingent comme preuve d'une impossibilité définitive voudrait dire céder à nouveau au confort du raccourci idéologique. En effet, une fois acceptée l'idée globale de continuité et de temporalité du vivant qui est propre à la biologie moderne, aucun argument logique n'empêche d'imaginer un virage évolutif qui développerait la conscience sociale des animaux non humains emprisonnés et exploités par les humains[20] jusqu'à la naissance d'une vraie conscience de classe. »
Nous sommes ici face au deuxième versant de la relation entretenue par les relativistes avec la science : tout en la dénigrant autant que faire se peut sur le plan épistémologique, ils n’hésitent pas à fréquemment se référer à ses toutes dernières avancées pour justifier leurs propres élucubrations. Beaucoup d’imposteurs de renom s’y sont grillés les ailes, comme l’ont mis en lumière Sokal et Bricmont, qui ont recensé toutes les utilisations frauduleuses de notions de physique importées à tort dans les sciences humaines, généralement sans être comprises par l’importateur[7]... Prudente, Agnese Pignataro ne se risque pas à nous dire précisément ce qui dans la biologie moderne justifierait ses fadaises, si ce n’est l’idée générale d’une continuité du vivant - qui n’est pas si moderne que ça puisque nous avons cette année célébré ce qui était au minimum son 150e anniversaire : publication en 1859 de L’Evolution des Espèces. Marx et Engels, connaisseurs et admirateurs de Darwin, auraient pu choisir en toute connaissance de cause de doter dans leur théorie les animaux d’une conscience de classe, mais, allez savoir pourquoi, ils ne l’ont pas fait. Peut être parce que chez eux les mots ont un sens, et qu’ils aspiraient à une conception objectiviste de la description du réel : quand ils élaborent les notions de « classes sociales » et de « lutte des classes », ils pensent analyser le réel tel qu’il est et produire les concepts permettant de mieux le comprendre (pour mieux le transformer par l’action politique), mais il n’estiment pas qu’ils « performent » la conscience de classe en la nommant. Dans la bouillie reposant sur un mélange de relativisme épistémologique et d’écologie profonde que nous sert Agnese Pignataro, les mots n’on plus aucun sens, que ce soit « exploitation », « classe » ou « conscience ». Les « animaux » (tous, sans distinctions d’espèces, même quand celles-ci se bouffent entre elles ?) formeraient une « classe » qui pourrait acquérir une « conscience » d’elle-même grâce à un tournant de l’évolution. Passons sur le fait que si des espèces actuelles acquéraient une telle conscience par le jeu de l’évolution, ce ne serait tout simplement plus du tout les espèces actuelles, ce qui n’aide pas vraiment à penser notre rapport présent aux animaux réellement existants. Les formulations d’Agnese Pignataro constituent une pointe avancée que tout un chacun identifie – normalement…- comme parfaitement grotesque, mais elle repose sur un discours plus général et pernicieux, qui transpire dans des formulations qui se généralisent, telles que celle qui dit que « le capitalisme exploite la nature comme il exploite les humains ». Cette façon de jouer sur les sens du mot « exploiter » donne l’air fonder une hypothétique cohérence « écosocialiste », mais elle revient à mettre sur le même plan le fait de couper un arbre pour se chauffer (= « exploiter » la nature) et de faire bosser un travailleur en le sous payant et en lui démolissant sa vie et sa santé pour augmenter le profit des actionnaires (= « exploiter » son employé). Ce genre de phrase à l’air d’être très « gentille » et généreuse, alors qu’elle est en réalité indécente - si l’on adopte un point de vue humaniste, qui n’est pas celui d’une frange de l’écologie politique, celle qui est dite « profonde ».
Il en va de même pour une formule d’Agnese Pignataro, qui n’est sans doute pas insultante vis-à-vis des femmes quand elle est conçue dans l’esprit d’une antispéciste militante, mais qui l’est en fait pour le reste de la population, c’est à dire 99,9% de l’espèce humaine :
« le fait que les animaux ne soient pas payés, ou encore le fait qu'ils ne soient pas entièrement conscients de leur soumission, ne prouvent ni qu'ils sont de simples ressources, ni qu'ils ne constituent pas une classe, ni que leur activité ne peut être définie comme du travail. Par exemple, les femmes humaines asservies dans les sociétés patriarcales non seulement ne sont pas payées, mais ne sont pas toujours conscientes non plus de leur soumission ; cela est vrai aujourd'hui, et l'était encore plus avant l'avènement historique de la conscience révolutionnaire des femmes. »
Mettre sur le même plan les luttes des femmes pour leur émancipation et la défense du bien être des crustacés marins est parfaitement odieux, surtout lorsque l’on s’amuse à comparer leur niveau de conscience.
Qu’un site qui se revendique du marxisme et du féminisme publie de telles âneries détestables est un triste signe des temps.
Luc Marchauciel
[2] Bon, le voici alors si il faut tout faire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Antisp%C3%A9cisme
[3] Je peux par exemple démontrer que Terminator 2 est très inspiré de l’Introduction à la critique de l’Economie politique de Marx, mais ce sera pour une autre fois.
[4] On pourrait également évoquer l’hypothèse d’un canular-hameçon, le but étant de forcer le critique rationaliste/humaniste/anthropocentriste/ scientiste à se ridiculiser en critiquant un texte ridicule qu’il aurait trop pris au sérieux. Mais ça sonne quand même un peut trop complotiste et paranoïaque, comme hypothèse.
[6] Sur le relativisme et le constructivisme, lire :
- Alan Sokal, Pseudosciences et postmodernisme, Odile Jacob, 2005
- Thomas Nagel, The Last Word, Oxford University Press, 1997
[7] Lire sur ce blog :
http://imposteurs.over-blog.com/article-24712809.html
http://imposteurs.over-blog.com/article-25440531.html
Un grand merci à Luc. Vendredi soir, il me contacte en proposant d’écrire une réponse à ce délire anti-spéciste. « D’accord, mais tu es vraiment sûr que ça n’est pas un canular ? ». Comme lui en effet, j’ai d’abord pensé à une bonne blague de ce farceur d’Alan Sokal , dont nous apprécions, outre les positions rationalistes et progressistes , l’esprit potache…
« Tape simplement sous google Agnese Pignataro » me répond Luc. Pas de doute, ça n’est pas Sokal qui s’est travesti, Agnese Pignataro existe bel et bien, et la revue Contretemps qui a publié des articles fort intéressants tels que le lyssenkisme ou la pseudoscience au pouvoir , a laissé passé ces divagations sans y trouver à redire. Du coup, j’étais un peu déprimé, mais j’ai tellement ri en découvrant le titre du papier de Luc que mon moral est revenu.
Anton
PS : j’avais lu le nouvel ordre écologique de Ferry ou sont notamment abordées les théories antispécistes de l’écologie profonde, mais j’ignorais qu’il en existât une version « marxiste ». Tu vois que j’ai réussi à le placer, mon imparfait du subjonctif, et à bon escient en plus. Steffy, tu me dois un pot.
Libérez nos camarades! Libérez nos camarades !