Spirou recrute jeunes faucheurs volontaires !
En mars 2008, les Éditions Dupuis sortaient un numéro spécial , intitulé « Demain La planète » -comme c’est original ! - publié en partenariat -comme c’est original- avec Greenpeace et la WWF. (1)
En son temps, Pif le chien était peut-être connoté, destiné à sensibiliser les enfants à certaines injustices, mais jamais n’a été instrumentalisé de manière aussi grossière au service de la bonne cause. Les éditeurs de l’Humanité avaient peut-être un peu plus de scrupules que nos alter-écolos.
La bonne cause écologique se marie parfaitement avec la bonne cause commerciale. C’est à croire que chaque journal se doit d’y aller de son petit couplet pontifiant sur la planète pour rester dans la course. Mais notre cher Spirou fait beaucoup plus fort avec son numéro spécial . L’éditorial donne le ton :
” S’il n’est pas encore trop tard pour réagir, il ne faut plus tarder trop longtemps, si l’on ne veut pas se retrouver avec les pieds dans l’eau durant certains mois, accablés par la sécheresse à d’autres périodes, et obligés de porter un masque à oxygène dans des villes où la nature aura disparu pour cause de pollution. C’est original comme look, le masque à oxygène, mais à choisir, je préfère encore pouvoir respirer librement et avoir des arbres, des papillons et de petits oiseaux à regarder. Et pour cela, il nous suffit de changer nos habitudes. De consommer autrement. Et d’agir.”
Pourquoi pas évoquer les scènes de Mad Max ou de Soleil Vert pendant qu’on y est ? Lorsque nous parlons régulièrement des marchands de peur, on voit ici que ça n’a rien d’excessif. Effrayé et conditionné devant de tel scénario d’épouvante, que peut faire le bambin sinon épouser la cause des courageux qui combattent pour éviter cet apocalypse.
Selon le site Alerte et Environnement le numéro spécial inclut un jeu de l’oie « Lucie militante antimondialisation » . Parmi les missions de Lucie, elle doit entre autre bombarder de tomates l’OMC, détruire des essais d’OGM, et casser un … MacDonald !
Comment un enfant de 10 ou 12 ans, même d’une grande maturité pourrait-il élaborer des jugements sur des problèmes aussi complexes que l’organisation mondiale du commerce, ou sur les bienfaits ou méfaits des OGM ? Justement, profitons-en pour lui bourrer le crâne, lui apporter notre prêt à penser avant qu’il soit capable de porter sur nous un jugement critique, doivent penser nos alter-écolos.
Paradoxalement , alors qu’ils dénoncent en permanence l’uniformisation liée à la mondialisation, ils n’ont rien de plus pressé que de former des petits clones.
Anton Suwalki
Notes :
(1) http://www.dupuis.com/servlet/javaparser?pgm=NEWScliViewActu&languageId=1&id_actu=337
(2) http://www.alerte-environnement.org/?s=Spirou&submit=Go