La diva d'Arte n'aime que les flagorneurs
La quasi-totalité de la
presse ne tarit pas d'éloges à propos du docu fiction sur Monsanto de Marie-Monique Robin aux ficelles d'une trivialité effarante, Sur le blog du film, les commentaires autorisés par la
journaliste relèvent à 90% d'un concours de flagornerie qu'elle semble apprécier au plus haut point.
Par contre toute critique sur les manquements à la rigueur la plus élémentaire, est accueillie avec les mêmes arguments. Du haut de son BAC C , elle réfute les
arguments de Marcel Kuntz qui ont pourtant mis en évidence son ignorance sur le sujet : ignorance coupable parce qu'à aucun moment elle n'a cherché à approfondir le sujet auprès de
spécialistes qui ont le tort à ses yeux de ne pas être des adversaires farouches des OGM. D'autre part, elle continue à botter en touche les manipulations évidentes sur le maïs mexicain,
qui ne sont peut-être pas de son fait, mais qui font assez tâche quand on prétend être une grande professionnelle. Il est vrai qu'elle continue à se dire très fière de son reportage sur les «
yeux volés », alors même qu'il est acquis que sa thèse sur le vol des yeux du petit Jaison était fausse . Espérons que peu de journalistes oseraient revendiquer fièrement pareilles bévues. Les
scientifiques a priori favorables aux biotechnologies sont accusés fielleusement d'être vendus à Monsanto et MM Robin pratique avec un grand art les insinuations borderline à la limite de la
diffamation.
Dans un article dont l'élégant intitulé « Réponse à l'apprenti journaliste de Libération » en dit long sur sa morgue , elle adopte le refrain populiste d'une
démagogie écoeurante à propos de la supposée arrogance de M Kuntz : «je note l'arrogance qui sous-tend "l'argument" de M.Kuntz: les paysans
mexicains, qui cultivent le maïs depuis la nuit des temps, sont des ignares et le fait qu'ils assurent n'avoir jamais vu de tels monstres dans leurs champs est absolument sans
intérêt... » Selon cette conception très spéciale de l'éthique, le fait avéré de manipuler des paysans en leur faisant passer des « monstres » pour des OGM n'e rien de choquant, mais
elle qualifie d'arrogance le fait de pointer la manipulation !
. Et d'arrogance , C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité ! Les propos qu'elle tient sur l'auteur dans Libération d'un article un peu critique sur son travail dégoulinent de
mépris et de condescendance.
« La rédaction du Libération d'aujourd'hui a été confiée à des "étudiants de Nanterre", clin d'œil aux événements du 22 mars 1968 qui constituèrent le prélude au "joli mai " de la même année . Je n'épiloguerai pas sur l'intérêt d'une telle initiative, mais, dans tous les cas, il faut la prendre pour ce qu'elle est: l'occasion de donner la parole à des jeunes, issus de tous les horizons universitaires (qui n'étudient pas le journalisme) pour qu'ils donnent leur point de vue instantané sur l'actualité. L'opération a ses limites, car, bien évidemment, on ne s'improvise pas journaliste en quelques heures... »
Certes, on ne s'improvise sans doute pas journaliste en quelques heures. Mais il semblerait que des études et des décennies de pratiques du
journalisme ne soient pas vraiment une garantie de sérieux et de compétence dans le domaine !
« C'est ainsi que j'ai été contactée, hier, sur mon portable (j'aurais aimé savoir
comment il avait eu mon numéro), par un jeune inconnu, dont je découvre le nom, ce matin, dans Libération: "Christopher Chriv licence 3 histoire-géo et anthropologie".
De manière péremptoire il a asséné: "Je prépare un article très critique sur votre film, et Libération m'a dit de vous appeler".
Soit. J'étais alors en train de finir la rédaction urgente d'un texte pour mon prochain film, mais j'ai accepté d'accorder quelques minutes à l'inconnu. »
Rendez-vous compte de cette royale mansuétude : la lauréate du prix Albert Londres pour un film douteux condescend à accorder quelques minutes à un inconnu !
"On reproche à votre film de ne pas avoir
présenté les avantages que présentent les OGM", me dit-il.
Je lui réponds que mon "film n'est pas sur les OGM, en général, mais sur ceux que produit Monsanto, qui représentent 90% des plantes transgéniques cultivées, aujourd'hui, sur la planète" et que
les "autres OGM sont des produits virtuels, puisqu'il n'existe pas dans les champs". Et donc que "je me suis intéressée aux OGM existants, pas à ceux qui existeront peut-être un
jour"...
Signalons que comme d'autres chiffres avancés par MM Robin, les 90% sont plus que douteux, même si Monsanto est devenu en 2005 le leader des biotechnologies végétales. A défaut de disposer de
chiffres globaux, on peut souligner que le groupe Monsanto représente environ 60% du secteur du coton OGM aux USA, on ne peut donc pas dire que les OGM autre que ceux de Monsanto sont virtuels.
D'autre part, personne ne peut croire à sa sincérité lorsqu'elle prétend qu'elle n'est pas contre les OGM, mais uniquement contre ceux de Monsanto. Lorsqu'on est pas contre les OGM, on n'utilise
pas la parabole grossière du « canon à gènes » « arme de guerre », on ne parle pas de « transgression de la barrière des
espèces » etc…
Passons.
« Je découvre , aujourd'hui, qu'effectivement c'était bien l'AFIS, et précisément Marcel Kuntz
qui était derrière les inquiétudes de l'apprenti journaliste. »
En bon « apprenti journaliste », Christopher Chriv, sans doute alerté par l'absence de la moindre parcelle d' objectivité du documentaire, et sceptique sur la qualité des arguments scientifiques
de MM Robin a consulté l'argumentaire sur le site de l'AFIS. C'est suffisant pour voir dans cette initiative « la main » de l'AFIS.
« le scientifique, dont les liens avec Monsanto sont confirmés par la lettre du Dr. Kahn que j'ai postée hier sur mon Blog (…)
»
A vomir ! QU'en est-il exactement de cette fameuse lettre ? Désapprouvant la position de l'AFIS sur les OGM, Marcel Francis Kahn a utilisé le même procédé vychinskiste que les Séralini and co,
demandant à l'AFIS de publier une lettre dans laquelle il demandait à M Kuntz et LM Houdebine de « préciser leurs liens avec Monsanto et ses filiales » . De tels procédés sont évidemment
intolérables , parce que ¨tout le monde comprend que la question posée « candidement » a valeur d'accusation . L'AFIS a logiquement refusé de publier sa lettre ainsi formulée. Tout le monde
comprend qu'il est impossible de contrer des insinuations malhonnêtes qui ne reposent bien entendu sur aucune preuve (ni même sur une aucune
réelle conviction), mais uniquement destiné à salir l'adversaire. Quand on veut abattre son chien, on dit qu'il a la rage. Mais cela suffit à MM Robin pour affirmer avec un culot bibendommesque
que les liens entre M Kuntz et Monsanto sont établis ! A défaut de prouver l'infédoation des scientifiques à Monsanto, la journaliste met en évidence sa malhonnêteté intellectuelle et son absence
de scrupules !
Laissons de côté les arguments sur le RoundUp de MM Robin et ses petits arrangements avec la réalité, nous y consacrerons un article prochainement.
L' « apprenti » au-delà de sa compétence journalistique commet le crime de lèse -majesté impardonnable aux yeux de la diva d'Arte, celui d'être assez lucide sur les procédés sensationnalistes utilisés dans le documentaire .
Christopher Chriv « Petit souci : le Monde selon Monsanto se transforme bien trop souvent en le Monde selon les OGM. La journaliste s'en
défend : «Vous n'avez absolument rien compris au documentaire. J'ai mené une enquête sur Monsanto, pas sur les OGM !» Mais le montage aligne des images fortes, choque, joue sur le pathos et
convainc par l'émotion, par une suite de syllogismes, finissant par amalgamer OGM et Monsanto»
(1) www.liberation.fr/actualite/ecrans/316874.FR.php
Il n'est effectivement pas nécessaire d'être particulièrement doué pour repérer les ficelles grosses comme des baobabs qu'utilise la
journaliste, et le registre émotionnel et démagogique dont elle use et abuse.
Christopher Chriv : « Les qualifications de la journaliste en matière de biotechnologies et de géographie humaine sont très contestées. Normal : elle est journaliste et non biologiste
moléculaire. Mais Marie-Monique Robin exhibe comme des preuves scientifiques des données parfois erronées. »
C'est peu dire que les preuves sont erronées ! Mais l ' «apprenti journaliste » fait ici preuve de beaucoup d'indulgence, car le rôle d'un journaliste qui se penche sur un tel sujet est de
vérifier , de prendre l'avis de gens compétents avant d'avancer en terrain glissant sur un sujet qu'elle ne maîtrise pas.
Christopher Chriv « C'est la grande faiblesse d'un film qui, plus rigoureux scientifiquement, aurait évité un catastrophisme exagéré, préjudiciable à des propos par ailleurs plus que
pertinents. »
Voilà donc la critique extrêmement modérée qui vaut à ce jeune homme d'être tourné en dérision par la diva qui conclut avec un paternalisme infâme:
« En attendant, je n'en veux pas à Christopher Chriv (!) : son expérience d'un jour confirme que le journalisme est un métier qui suppose de
travailler pour éviter de tomber dans des simplifications ou manipulations, surtout quand le sujet qu'on traite représente des enjeux économiques colossaux énormes... »
Ne vous pincez pas, vous avez bien lu : « éviter de tomber dans des simplifications ou manipulations ».Le ridicule ne tue pas plus que les OGM, fort heureusement.