Marie-Monique Robin subit la contestation dans une réunion publique.
Vous vous souvenez sans doute des moulinets de la diva d’ARTE lançant de faux défis à ceux qui essaient sur son blog de rétablir un minimum de vérité sur les OGM . « Je vous invite à sortir de l’anonymat confortable et à débattre dans une réunion publique » . Or, la première fois que l’un de ses contradictateurs a répondu chiche !, elle s’est très courageusement débinée. L’ambiance de grande messe où un public entièrement subjugué écoute pieusement son prêche, voilà qui est tout de même plus adapté aux capacités limitées de débat et d’argumentation de MMR.
Or ,pour la première fois peut-être depuis la sortie de son film, quelques agriculteurs, (et même un salarié de Monsanto !) sont venus porter la contradiction dans une réunion publique : parmi eux, « La Coupe est pleine » qui poste parfois des commentaires sur Imposteurs. Celui-ci a publié un compte-rendu de ces échanges que vous pouvez consulter ici :
http://site.voila.fr/stock.bin/ROBIN_29_01_10_WEB.pdf
MMR fidèle à ses habitudes, cherche à se sortir de ses mensonges en niant à la manière d’une gamine pris en flagrant délit, « C’est faux ! J’ai fait des voyages à travers le monde entier (sic) », en justifiant ses mensonges par d’autres mensonges :« Il n’existe pas de telles statistiques malheureusement, mais je vous assure que le coton Bt en Inde est un catastrophe et qu’il régresse d’année en année. ». Très forte Madame Robin, les statistiques de l’ISAAA seraient selon elle truquées , par contre elle peut nous assurer de la régression du coton BT en Inde d’années en années, même si de telles statistiques n’existent (malheureusement) pas ! Même pas assez maligne pour comprendre qu’elle s’enfonce un peu plus.
Selon la pauvrette, il faudrait une étude « de deux ans au moins chez le rat pour démontrer les risques de cancers ou du type vache folle avec ces plantes. » : elle n’a donc toujours pas compris que les plantes transgéniques susceptibles de donner le prion pathogène responsable de la maladie de la vache folle n’est qu’un hoax désopilant, produit de l’imagination délirante des anti-OGM.
La « fille d’agriculteur » qui a paraît-il enquêté des années sur ces sujets démontre sa confusion extrême et son ignorance abyssale: «Les hybrides sont un leurre pour l’agriculteur, ce n’est qu’un moyen de le lier aux semenciers ! D’ailleurs pour le Blé OGM la question ne se pose pas puis qu’il n’existe pas d’hybrides de blé » !
Elle affirme en outre avoir la preuve que le gouvernement de Carlos Menem (Argentine) a été soudoyé par Monsanto. Même niveau de preuve, peut-être que pour la régression du coton BT en Inde, ou que pour Capitaine Poltron, qu’elle a accusé d’être un «agent de la CIA »?
Bravo à « la Coupe est Pleine », en tout cas ! Souhaitons que ces interventions aient pu contribuer à édifier quelques individus présents dans la salle, pas définitivement intoxiqués par la propagande.
Anton Suwalki
Épilogue :
Résumant sur son blog un autre film diffusé par Arte (encore !) « Blé: chronique d'une mort annoncée » , à l’attention « de ceux qui auraient mal compris » (défense de rire !) , MMR aligne les âneries avec une constance impressionnante.
La diva d’Arte semble avoir pas mal de problèmes de définitions élémentaires (telle que la définition de « stérile » ou « fertile »).
Reconnaissant que les rendements sont passés d’environ 10 quintaux à parfois 100 quintaux à l’hectare (de l’ordre de 70 quintaux en moyenne en France), le prix de cet exploit serait selon elle « l'usage intensif d'engrais et de pesticides chimiques, qui ont détruit la fertilité des sols ». Les sols sont tellement « infertiles » qu’il produisent de 7 à 10 fois plus qu’il y a un siècle !
MMR persiste et signe sur les hybrides : les agriculteurs qui sèment depuis plusieurs générations des hybrides sont probablement des idiots pour elle, à moins que masochistes, ils le fassent dans le seul but de « dépendre des semenciers » et de s’appauvrir eux-mêmes.
Son paragraphe sur l’échec du blé transgénique est encore plus chaotique que les propos rapportés par LCP dans son compte-rendu .
Qu’on en juge :
« L'hybridation du maïs, une plante allogame à la différence du blé qui est une plante autogame, constitue de facto une stérilisation biologique de la céréale, qui permet aux semenciers de contrôler le très juteux marché des semences. Les semenciers , comme Monsanto, n'ayant pas pu obtenir le même résultat avec les croisements généalogiques du blé, ils se sont rabattus sur les brevets, qui constituent , eux, une stérilisation juridique, qui interdit aux paysans de ressemer une partie de leur récolte, sous peine de poursuite. »
On croit comprendre dans ce charabia qu’elle considère le système de brevets qui concernent (dans certains pays) les semences transgéniques comme une simple détour pour pallier à l’absence supposée d’hybrides pour certaines espèces , l’hybridation qui constituerait selon elle « une stérilisation biologique ». Or les hybrides ne sont pas absents parmi les espèces autogames (dont bien sûr le blé), mais le blé transgénique, lui, n’existe pour l’instant qu’à l’état d’essais : les semenciers ne perçoivent donc pas de royalties liés à des brevets protégeant un blé transgénique. Par contre, le maïs transgénique est bien couvert par des brevets , ce qui ne modifie guère dans les faits la situation classique où les agriculteurs rachètent d’une année sur l’autre les semences de plantes hybrides, mais pas parce que la deuxième génération serait stérile comme le croit MMR :
Dans le cas d’hybrides les individus de la première génération (F1) sont tous identiques , tandis que ceux de la deuxième génération (F2) ne le sont plus , héritant des caractères de l’un ou l’autre des parents ou présentant des caractères intermédiaires. L’agriculteur rachète ses semences pour maintenir l’homogénéité de sa récolte, en aucun cas parce que les hybrides seraient stériles.
Bref, une fois de plus, MMR mérite un zéro pointé.
MMR nous explique tout de même quelques phrases plus loin l’échec du blé transgénique qui aurait bouleversé les traditions millénaires des paysans, y compris dans les prairies canadiennes…. C’est vrai que tout le monde connaît les traditions millénaires des paysans canadiens, surtout ceux qui cultivent le blé… Et les paysans étaient sans doute beaucoup plus heureux, lorsqu’aux débuts du néolithique, il plantaient leur graine avec leur bâton, sans dépendre des vilains semenciers…
Dans ces commentaires, le dénommé Décor inflige à MMR une petite leçon de génétique mendélienne pour les nuls.Il est peu probable que MMR apprenne la leçon, elle qui n’a jamais rectifié la moindre erreur élémentaire, même identifiable par les lumières de son fan-club… Et Arte continuera à diffuser ses sornettes…