Le Vélot d’or à Philippe Martin
Mis à jour le 11 Janvier
Chers amis lecteurs,
Tout d’abord, meilleurs vœux à tous !
Après une activité réduite depuis les fêtes, le site Imposteurs va repartir de plus belle. Au programme dans les tous prochains jours, de nouvelles pièces à verser au dossier Tout (ou presque) sur le CRIIGEN : retour sur le procès G.E Séralini contre M. Fellous (feuilleton en 4 épisodes) , ainsi qu’un article sur Pierre-Henri Gouyon à propos de la biodiversité.
En attendant, une petite mise à jour du Vélot d’or attribué au député Philippe Martin s’imposait. Se reporter à l’épilogue.
A.S
Philippe Martin est député du Gers et président du Conseil Général du département. Il est l’ un des principaux activistes anti-OGM de son parti (le PS). Élu d’un département agricole qui accueillait entre 1000 et 2000 ha de maïs MON 810 avant son interdiction par le gouvernement , Philippe Martin n’hésite pourtant pas à se pavaner aux côtés de José Bové, auteur de nombreuses exactions dans sa région (1). Il faut croire que l’électorat bobo pèse plus lourd que les agriculteurs.
C’est une énormité révélée par Agriculture et Environnement qui lui vaut ce Vélot d’or amplement mérité.
Selon Mr. Martin, les OGM font partie d’un « système d’intégration et d’aliénation des agriculteurs ». Il regrette sans doute un temps béni lointain où les agriculteurs n’étaient ni « intégrés » ni « aliénés », consommaient l’essentiel de leurs maigres récoltes, ne dépendaient ni des semenciers, ni des fabricants d’engins agricoles, ni de la grande distribution pour vendre leurs minces surplus etc.. C’est à se demander dans quel monde il vit.
Outre la sempiternelle tarte à la crème du principe de précaution pour justifier son hostilité aux OGM, Philippe Martin dévoile toute l’étendue de son ignorance :« Les agriculteurs sont désormais tenus par une firme qui va leur vendre tout et ils ne pourront pas sortir de cela. Il y a aujourd’hui un énorme débat parce que le Round Up justement va tomber dans le domaine public en 2014. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, d’autres semenciers qui payent des royalties à Monsanto pour pouvoir utiliser ce Round Up vont pouvoir aller dans le domaine public. Et Monsanto est tellement inquiet de cela qu’il met de nouveaux gènes à l’intérieur de son Round Up pour rendre, après 2014, encore plus difficile le fait de le faire ».
Monsanto est en effet tellement inquiet… que le glyphosate, principe actif du RoundUp, est déjà depuis longtemps dans le domaine public, il existe déjà une multitude de génériques sur le marché.
Mais surtout, il faudrait que cet homme de science nous explique ce que viendraient faire de « nouveaux » gènes dans une formulation chimique en dehors de toute entité biologique. Philippe Martin confond donc le RoundUp avec les plantes dans lesquelles on a transféré un gène de tolérance au glyphosate.
Le plus drôle est tout de même que cet ignare passe pour un des spécialistes des OGM au parti socialiste.
Il pourrait peut-être demander quelques cours de rattrapage à son collègue Jean-Yves Le Déaut, avant de prétendre pontifier sur le sujet.
Anton Suwalki
Epilogue : C’est le site Alerte Environnement qui nous l’apprend : Philippe Martin , militant de pointe du combat anti-OGM, qui considère qu’ « il est anormal que la Commission (Européenne) autorise la mise en marché de produits autour desquels plane une incertitude quant aux effets nocifs pour la santé des hommes, des animaux ainsi que pour l’environnement », a manifesté au côté des producteurs de tabac du GERS dont il est député, pour dénoncer la perte des subventions européennes qui leur était jusqu’ici versées à hauteur de 15 à 20 millions d’euros. S’il y avait dans son attitude, au-delà de la démagogie politicienne, une sincérité et une cohérence logique, on peut supposer que si les risques des produits issus d’OGM étaient avérés, Philippe réclamerait que les culture d’OGM soient subventionnées par l’Union Européenne…
(1)http://www.philippemartin-gers.net/
(2) http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article678