Le Vélot d’or à Christian Vélot
Le site Imposteurs redoute une vague de protestations : voici le célèbre Christian Vélot une fois de plus lauréat du Vélot d’or , que l’on peut considérer comme une sorte de prix Nobel de l’ânerie. Certains ne manqueront pas d’y voir du favoritisme, voire du copinage pur et simple.
Nous récusons formellement ces accusations. En dépit du gisement d’incroyables talents dont nous disposons dans l’hexagone, nul n’atteint à ce jour le niveau de Vélot. D’autant plus que ce dernier met à chaque fois la barre un peu plus haut.
Le contexte :
Il y a donc eu la fameuse étude de Séralini et al. sur le maïs génétiquement modifié NK 603 et de l’herbicide RoundUp, dont nous avons annoncé le retrait, depuis confirmé, par la revue Food and Chemical Toxicology (1).
Comme on pouvait le prévoir, une bonne partie des médias, Nouvel Obs en tête, volent à la rescousse du soldat Séralini (2) , permettant à celui-ci d’utiliser ce désaveu pour lancer une nouvelle campagne médiatique, plus virulente que jamais.
A en lire le communiqué du CRIIGEN (3), l’équipe semble en proie à de véritables bouffées délirantes :
« Ces critiques inacceptables ont déjà fait l’objet d’un débat publié il y a un an par la même revue ». GES a répondu, donc les critiques sont « inacceptables » !
« Elles ont été promues par la société Monsanto dans la presse (sic !), alors qu’un de ses dirigeants (resic !) Richard Goodman a pénétré au bureau de FCT au poste chargé de l’édition des recherches sur les biotechnologies, après parution de notre étude ». C’est bien connu, Monsanto tire les ficelles de la presse, surtout en France ! Et Richard Goddman, qui a quitté Monsanto il y a 9 ans, en est forcément un de ses dirigeants occultes !
La paranoïa, réelle ou feinte, ne s’arrête pas là :
« la courte étude de Monsanto publiée dans la même revue pour prouver l’innocuité de leur produit comporte erreurs ou fraudes » . Non, sans blague ! Dire que cette étude a été publiée en 2004 (4) dans « la plus importante revue internationale de toxicologie alimentaire », selon l’appréciation de GES lui-même. C’était il y a moins d’un an…
On atteint le summum du pathétique en lisant que « bien que réalisée avec la même souche et le même nombre de rats, ses comparatifs sont faux, car les croquettes des rats témoins sont contaminées par des OGM à des doses comparables aux rats traités ». L’escalade d’engagement fait vraiment dire n’importe quoi !
« Cela est en lien avec le nombre de rats demandé, très grand, pour les études de cancérogenèse ». Une preuve de plus que l’équipe du CRIIGEN ne maîtrise pas le b.a. ba de la problématique des études à long terme !
Et Vélot déboula dans le débat !
Certes, toutes ces déclarations du CRIIGEN mériteraient individuellement une distinction, Mais c’était sans compter sur l’intervention du maître lui-même.
Interviewé dans la Croix au sujet de l’étude de Séralini, Christian Vélot surpasse tout ses concurrents et remporte haut la main le prix qui porte son nom.
« Ce travail n’est certainement pas parfait, reconnaît Christian Vélot, mais l’apparition de tumeurs mammaires et d’atteintes hépato-rénales, même si elle n’est pas statistiquement valable, est tout de même un constat clinique irréfutable ».
Il fallait y penser : certes, les mesures rapportées à ce sujet par GES dans son étude n’ont aucune valeur statistique, mais les conclusions qu’on peut en tirer sont néanmoins irréfutables !
Petit exercice d’application de ce raisonnement imparable :
Je compte parmi mes meilleurs amis deux suédois qui sont champions internationaux de tennis de table. Certes, statistiquement, ça n’a aucune valeur, mais j’en tire le constat irréfutable que :
- Les suédois sont un peuple particulièrement doué pour le ping-pong
- Les suédois sont des gens vachement sympas, d’où le fait que j’en compte parmi mes meilleurs amis.
C’est débile ? Oui, je sais…
Épilogue :
Le journaliste de La Croix n’aura pas relevé l’ineptie de Vélot. Peut-être est-ce cela,finalement, la charité chrétienne ? Quoi qu’il en soit, peu de journaux semblent relever à quel point lui et ses coéquipiers du CRIIGEN en sont réduits à des arguments de plus en plus stupides et délirants pour défendre coût que coûte une étude indéfendable. Peut-on au moins espérer que les nouvelles menaces judiciaires proférées par le groupe (5), qui considère les tribunaux comme le lieu où doivent être tranchés les débats scientifiques (6), permettront à certains d’ouvrir les yeux…
Anton Suwalki
(3) http://www.criigen.org/SiteFr/
(5) « Si FCT persiste dans sa volonté de retirer notre étude, le CRIIGEN attaquerait en justice, y compris aux États-Unis, pour demander des dommages et intérêts à la hauteur des préjudices colossaux subis »
(6) Ce qui ne les empêche pas d’être atteints du syndrome de Galilée…