Étude sur le maïs génétiquement modifié NK 603 : l’éditeur désavoue finalement Séralini
« De plus, aujourd’hui, la plus importante revue internationale de toxicologie alimentaire, malgré des pressions incroyables, confirme la validité de notre publication sur la nocivité d’un OGM et de l’herbicide Roundup »(1). Ainsi triomphait , en janvier 2013, Gilles-Eric Séralini à propos de son étude sur la prétendue nocivité du maïs génétiquement modifié NK 603 et de l’herbicide RoundUp.
Celui voulait voir dans le maintien de son article par la revue scientifique Food and Chemical Toxicology une « confirmation » de sa valeur. L’imprudent ignorait peut-être que le délai moyen de rétractation d’un article d’une revue scientifique approche 3 ans (2).
C’est ce qui va arriver au sien. L’éditeur en chef de la revue vient d’envoyer une lettre (3) demandant à GES de retirer son article, ce qui sera de toute façon fait avec ou sans l’accord de l’intéressé. Selon les termes de cette lettre, les nouveaux relecteurs, après réexamen des données brutes et de l’étude, n’ont pas trouvé de preuve de fraude ou de déformation intentionnelle des données. Mais la qualité de l’étude, qui n'autorise aucune des conclusions de GES, est en dessous des standards de publication de FTC.
FTC a donc décidé de retirer une étude de très mauvaise qualité qu’elle n’aurait jamais dû publier. C’est la moindre des choses. GES ne pourra plus associer son nom à la réputation de « la plus importante revue internationale de toxicologie alimentaire ». Un nouveau camouflet scientifique ?
Nul besoin de beaucoup d’imagination pour prévoir la suite. Associé dès le départ à la mascarade médiatique, Guillaume Malaurie, du Nouvel observateur, s’est transformé en porte-parole du CRIIGEN. Tout en finesse, le voici qui commente : « A l'origine de l'étude démontrant la toxicité des OGM sur les rats, le professeur Séralini est prié de retirer sa publication, un an après. Derrière cette demande, l'ombre de Monsanto » (4). Et de reprendre à son compte le seul non-événement que les anti-OGM ont à se mettre sous la dent : la nomination récente de Richard E. Goodman, qui a travaillé pour Monsanto entre 1997 et 2004. Voilà qui suffit, aux yeux des indécrottables conspirationnistes, pour « reprendre en main » la revue ! On apprend avec un certain amusement que « la revue avait déjà un rédacteur en chef, José L. Domingo, spécialisé dans la sécurité des aliments issus des OGM agricoles ». Domingo qui n’avait rien décelé d’anormal dans l’article de Séralini et al. Qu’est-ce que cela aurait été s’il n’avait pas été « spécialisé » !
La propagande un moment assoupie risque de reprendre, plus déchaînée que jamais, et selon Malaurie « la guerre des mots, des slogans et de l’ignorance entretenue reprend ». Il fait sans doute à l’allusion à la guerre du Nouvel Obs…
Anton Suwalki
Notes :
(1)http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=464&Itemid=1
(2) http://www.gmwatch.org/files/Letter_AWHayes_GES.pdf
(3)http://www.ask-force.org/web/Peer-Review/Fang-Misconduct-Accounts-Majority-retracted-2012.pdf
(4) http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-le-scandale/20131128.OBS7428/ogm-le-scandale-de-trop.html