Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 13:55

 

Article publié le 31.03.2008 , republié le 24.03.2010, pour compléter le dossier Vélot…

Anton



Nous remercions Philippe Joudrier Chargé de mission INRA, expert OGM à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, de nous avoir autorisé à publier une critique des propos de Christian Vélot, interviewé dans Libération .

(http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/307837.FR.php?rss=true)

Libération : Le projet de loi sur les OGM, première traduction législative du Grenelle de l’environnement sera débattu au Sénat à partir de demain, après plusieurs semaines de polémique politique et scientifique. Décryptage avec le chercheur en génétique moléculaire Christian Vélot, critique envers les OGM agricoles.
Pourquoi les scientifiques sont-ils si divisés ?
Christian Vélot :Que la communauté scientifique soit divisée n’est pas propre aux OGM. Pour lever les controverses, en général, on fait des expériences. Mais avec les OGM, on est dans une situation de carence d’évaluation. Quand on parle d’un maïs pesticide, qui produit un insecticide, la moindre des choses serait qu’il soit évalué comme un pesticide. Or ces plants sont sans doute mieux évalués que les autres plantes, mais ils sont évalués bien en deçà des pesticides. On ne dit pas que les études prouvent que cet OGM est toxique, on dit qu’elles sont suffisamment inquiétantes pour au moins demander à ce que des tests soient refaits par un laboratoire indépendant.
Philippe Joudrier : Contrairement à ce qu’écrit Vélot, les véritables scientifiques et spécialistes des PGM ne sont pas divisés sur les OGM.
La première question qu’il convient de se poser, c’est à quel titre Monsieur Vélot se permet de se présenter comme spécialiste du domaine. Il devrait pouvoir montrer, au minimum quelques publications qui indiqueraient 
qu’il a quelques compétences dans le domaine dont il parle et se pose en juge.
Mais pire, il fait état même de concepts montrant qu’il ignore des éléments fondamentaux de biologie de base.
Ainsi, et avec un autre scientifique non spécialiste du domaine également (Gilles-Eric Séralini : quelles sont ses publications scientifiques du domaine ?), ils ne cessent de mettre en avant le concept de plantes à pesticides   spécifiquement pour les PGM.
C’est alors largement ignorer que tous les organismes vivants possèdent des protéines qui ont une action « biocide » et donc « pesticide » sur tel ou tel organisme.
Et il se trouve qu’on ne les connaît pas toutes encore. Elles ne sont donc pas toutes  identifiées et du coup non étudiées et même pour celles qui le sont, elles sont très loin d’avoir fait autant d’études que celles volontairement mises dans une PGM donnée.
Jusqu’à présent, on a jamais considéré que les protéines devaient subir une évaluation équivalente à celle qui est pratiquée sur un pesticide chimique (de synthèse).
Pourquoi, parce qu’on connaît très bien quel est le devenir des protéines chez les êtres vivants. Elles participent à sa structure ou sont fonctionnelles avec un turn-over plus ou moins rapide, ou elles sont accumulées dans des organites spécifiques. Il se trouve que les protéines toxiques en question ne s’accumule pas dans l’organisme pour la bonne raison qu’elle ne possède pas de signaux leur permettant de le faire.
Mais même si c’était le cas, elle ne serait pas obligatoirement toxique pour autant.  
Les analyses devraient être faites par des labos indépendants dit-il !… mais c’est justement le cas ! c’est révéler ainsi qu’il ignore largement la manière de procéder des semenciers pour réaliser l’évaluation toxicologique.
 
Vous doutez de cette indépendance ?
Les études sont faites par des laboratoires choisis par la firme semencière, au prétexte du secret industriel. Et chaque fois qu’on a voulu avoir accès aux données brutes, ça a été au prix de batailles juridiques et administratives monstrueuses.
Les études sont sous-traitées par des laboratoires indépendants qui sont spécialisés sur ce genre de tests acceptés et reconnus au niveau international. Qui plus est, ces laboratoires travaillent le plus généralement selon des bonnes pratiques de laboratoire, label dont peu de labo du public pourrait revendiquer, aujourd’hui encore !
Vélot joue sur la notion de secret industriel… répétant bêtement le discours d’une juriste membre de l’association dont il fait partie. Les dossiers ne sont pas secrets, ils sont confidentiels… nuance de taille ! Cela veut dire que les 
experts, en charge de l’évaluation des dossiers, ont accès, très facilement, à toutes les données brutes. Il est complètement normal que tout un chacun, y compris n’importe quelle association non représentative et sans aucune légitimité puisse y avoir accès pour d’évidentes raisons de compétitivité économique.

Une pétition lancée par des chercheurs contre le moratoire sur le maïs OGM a reçu plus de 1 000 soutiens…
Ces chercheurs se réfugient derrière la prétendue neutralité de la science pour donner plus de poids à leurs arguments. Le principal problème, ce n’est pas tant les lobbys financier ou semencier, c’est le lobby scientiste. Ils restent persuadés que la science va répondre à tout.

 Ah, oui l’argument des pros qui sont des scientistes… !
Est ce que CV pourrait donner une définition de ce qu’est le scientisme.
Je crois que la définition de Karl Popper s’applique très bien justement à CV et consorts :
Pour Popper, est scientiste celui qui ne comprenant pas vraiment les méthodes des sciences exactes, en fait un usage naïf en science humaine ou sociale.
Ainsi, étalant son ignorance de différents concepts en biologie (qu’il est au passage censé enseigner), il semble tout à fait correspondre à la définition de K. Popper.

Que pensez-vous de la polémique qui a suivi la suspension du maïs Mon 810 ?
Pour la première fois, on avait à côté des scientifiques un collège économique et social. Et pour la première fois, un comité d’experts a pris en considération un certain nombre d’études de ces dernières années qui jusqu’ici avaient été ignorées ou négligées, et qui mettent en évidence que le pollen ne s’arrête pas à 50 mètres, comme le nuage de Tchernobyl. Le collège scientifique a conclu à des «interrogations». Ensuite, que le sénateur UMP qui présidait cette autorité, Jean-François Le Grand, se permette une interprétation personnelle, c’est normal. Ce n’est pas au scientifique de décider, mais au politique.
Si vraiment CV était un scientifique et donc qui appliquerait les principes de base de toute démarche scientifique, il n’oserait jamais écrire (dire) cela.
Il prouve qu’il ne sait pas quelle a été la démarche suivie par le comité de préfiguration de la haute autorité pour aboutir à son avis !
Au passage, dire que ce cpha a pris en considération un certain nombre d’études de ces dernières années … jusqu’ici ignorées est un grossier mensonge.
On peut facilement et aisément démontrer que l’avis n’est qu’un brouillon, ne relatant rien de nouveau qui ne fut déjà connu antérieurement et ne relate que quelques publications sur les plusieurs centaines récentes existantes. (cf site du colloque au sénat du 17/01/08) :
http://agribiotech.free.fr/
Sur la pollinisation, CV semble vouloir faire croire que la dissémination pollinique est une spécificité des PGM et plus grave encore, il ne sait pas faire la différence entre flux de pollen et flux de gènes ! Faut-il rappeler que dès 1972, Raynor avait déjà noté que le pollen du maïs pouvait parcourir 50 m sous vent dominant. Cela ne veut pas dire pour autant et bien que parcourant cette distance voire des distances largement supérieures, qu’il a toujours un pouvoir fécondant ! 

 
Les OGM permettraient d’utiliser moins de pesticides…
On nous ment en nous faisant croire que les OGM sont la solution aux pesticides. Effectivement, l’agriculteur n’a plus à pulvériser l’insecticide, mais ce pesticide est toujours dans l’environnement puisque le maïs le fabrique en permanence.
Qui ment dans l’histoire… là encore, un concept basique en biologie semble lui manquer… pourrait-il nous dire quel est le devenir normal et classique de toute protéine fonctionnelle ?
Par ailleurs et par utilisation systématique de la pensée magique et non pas de la pensée rationnelle, il essaye de faire croire à tout un chacun qu’il n’y aurait qu’une seule protéine dangereuse… pour l’homme, pour l’environnement… c’est celle qui est nouvelle chez la plante transgénique… les dizaines de milliers d’autres ne le sont évidemment pas, a priori !
Faut il rappeler, là aussi que l’AB (mais pas seulement) utilise le bacille de Thuringe comme insecticide (c’est chez ce bacille que le gène responsable de la synthèse de la toxine Cry1Ab présente chez le maïs MON810 a été pris) depuis des dizaines d’années.
Notons aussi que l’on a identifié plus de 250 toxines chez cette bactérie du sol. Et que celles qui ont été complètement étudiées sont justement celles que l’on trouve dans les PGM.

Ont-ils vraiment un impact sur la santé ?
Je ne peux pas répondre à cette question. Au regard des données brutes que l’on a pu obtenir à partir de tests sur des animaux, on voit des perturbations des paramètres hépatiques et rénaux. On dit donc : «Soyons prudents, prenons le temps.» Le problème, c’est que le temps de l’évaluation scientifique n’est pas compatible avec l’urgence du brevet et des profits.
Le problème majeur ici est qu’il relate les conclusions de son collègue GES qui s’est permis de tirer des conclusions (à partir de différences déjà mises en évidence par les études précédentes) alors qu’il n’est pas toxicologue. Le genre de conclusion qu’il en a tiré a été illustré de la manière suivante (par des personnes qui sont elles compétentes) :
"Une association statistique entre deux variables n’est pas suffisante pour conclure qu’un lien de cause à effet existe entre celles-ci. Par exemple, si vous étudiez le lien entre le fait de porter un briquet et le cancer du poumon, vous allez trouver fort probablement une association statistique. Cependant le fait de posséder un briquet ne cause pas le cancer du poumon, mais augmente le risque que vous soyez un fumeur et c’est la cigarette qui cause le cancer du poumon. De plus, vous ne trouverez pas de lien dose-réponse entre le nombre de briquet et le risque d’avoir le cancer du poumon. Que vous ayez 1, 2, ou 3 briquets ne changera pas votre risque d’avoir le cancer du poumon. La même chose s’applique pour l’étude du CRIIGEN à savoir que les animaux exposés à des doses plus élevées n’étaient pas plus à risque de développer des problèmes de santé."  

La France ne menace-t-elle pas sa recherche en se coupant des OGM ?
De quelle recherche parle-t-on ? On fait beaucoup d’amalgames avec les OGM. Ça fait trente ans qu’on s’en sert en recherche, je suis utilisateur de cette technologie. C’est un outil utilisé de manière routinière dans les laboratoires, c’est un peu la clé à molette du biologiste moléculaire. Dire qu’on prend du retard en recherche n’est pas vrai. Concernant le domaine agricole, ce n’est pas dans la recherche qu’on va prendre du retard, mais dans les applications dans les champs et dans les assiettes. Mais est-ce qu’on peut vraiment parler d’un retard ? Est-ce qu’on doit absolument concurrencer les Etats-Unis sur tout et n’importe quoi ? On pourrait au contraire jouer la carte de la biosécurité.

Preuve là encore que CV ne connaît pas du tout ce qui se fait en matière de recherche sur les OGM.
La France a évidemment pris un retard considérable sur les OGM. Les dirigeants de l’Inra disent qu’il n’y a plus un seul chercheur travaillant sur les OGM à vocation alimentaire !
Qu’est ce que la France, la recherche publique, a été capable de sortir ces dernières années en matière de PGM … rien, aucune !
Qu’est ce que la recherche publique est capable de transformer comme plante de grande culture ? mis à part le maïs et le riz (CIRAD) !
Recrute t-on des chercheurs sur ces problématiques ? où sont passés les doctorants … tous partis à l’étranger !
Pire même l'argent disponible pour l'appel d'offre OGM de l'ANR n'est même pas distribué entièrement car il n'y a pas assez de projets (dixit son président Marc Fellous).

Mais sans débouchés, comment la recherche sera-t-elle financée ?
C’est tout le problème de la politique de recherche depuis vingt ans, qui met la recherche appliquée en amont de la recherche fondamentale. C’est catastrophique. Si on faisait de la recherche tous azimuts en utilisant les OGM comme un outil parmi d’autres, et qu’on trouve des applications socialement utiles, on serait dans une démarche scientifique saine. Aujourd’hui, on fait des OGM pour faire des OGM. Et pour que ça se vende, on nous invente une utilité sociale.

C’est ici que CV étale toute son incompétence et montre qu’il ose parler d’un sujet qu’il ne comprend pas et qui le dépasse.
Il faudrait qu’il soit capable de parler d’amélioration variétale, expliquer à tout un chacun pourquoi nous avons besoin en permanence de nouvelles variétés. Ainsi s’il était capable d’expliquer pourquoi l’on met de l’ordre de 300 à 400 nouvelles variétés sur le marché chaque année depuis des décennies… il y a longtemps qu’il aurait compris l’utilité sociale des OGM. Mais il doit penser que l'évolution n'existe pas, ni les mutations ! Il doit s’imaginer que tous les ravageurs des plantes n’évoluent pas et qu’on peut indéfiniment cultiver les mêmes variétés !!!

Mais les OGM ne sont-ils pas une solution aux crises alimentaires mondiales ?
Le problème de la faim dans le monde n’est pas scientifique et technologique mais politique. Sinon, il faudrait qu’on m’explique pourquoi, alors qu’on produit deux fois plus que les besoins, il y a des gens qui meurent de faim. On veut nous faire croire qu’on va résoudre la faim dans le monde avec des OGM dont le seul but pour les firmes semencières est de mettre des brevets sur des plantes et d’avoir la mainmise sur l’alimentation mondiale.
Une fois de plus, la question de la faim dans le monde est évoquée. Alors qu'en fait, cet argument a été mis dans la bouche des « pros » (pour faire simple) par les antis. Comme si ceux qui faisaient des OGM ne connaissaient pas cette problématique et prétendraient la résoudre sans en connaître les tenants et les aboutissants et en ignorant qu’elle est uniquement politique.
Une fois de plus, CV est un tantinet outrancier dans ses arguments… on ne produit certes pas deux fois plus que nécessaire… on voit bien que des crises alimentaires redeviennent possibles tant les stocks des principales céréales (base de l’alimentation mondiale) sont faibles actuellement (quelques mois). Il suffirait d'une mauvaise récolte une année !
Par ailleurs, une donnée qu’il ne faudrait pas oublier trop systématiquement :
Ce n’est que grâce aux excédents qu’il est possible d’aider les populations qui n’ont pas assez !  
Comment se fait-il que les PGM sont cultivées par près de 10 millions de paysans dans le monde vivant dans des PeD ?. Les brevets ne semblent pas les arrêter !

Qu’attendre alors du débat sur le projet de loi ?
La discussion c’est toujours bon à prendre. Mais il faut qu’elle prenne en compte les conclusions du Grenelle, notamment sur les questions de responsabilité, de transparence. Dans son discours, Nicolas Sarkozy a pour la première fois - on peut lui rendre ça - désigné les OGM agricoles par leur nom : des «plantes pesticides». Mais on ne trouve pas une seule fois ce terme dans le projet de loi. J’ai peur que ce soit à nouveau du vernis sur des ongles sales, qui va permettre en fait d’autoriser la contamination par les OGM.

Que Le président Sarkozy utilise l’expression « plantes pesticides » n’a rien de surprenant compte tenu du matraquage permanent des antis-OGM. Il est comme les 70% de français à s’être laissé avoir par un discours systématiquement mensonger depuis 10 années, qui a joué sur le registre de la peur à tel point que maintenant un postulat de base à malheureusement réussi à passer dans l’esprit de nos concitoyens, c’est qu’OGM = danger !
Mais on se demande bien pourquoi ! Pourquoi devraient ils être dangereux a priori ? Là aussi, il serait intéressant que CV fournisse des arguments biologiques qui indiqueraient qu'un OGM est intrinsèquement dangereux du fait de son mode d'obtention ou que la sélection conventionnelle est intrinsèquement non dangereuse !
Au final, le plus grave est que non seulement CV utilise son statut de scientifique pour proférer tout un tas d’inexactitudes voire de mensonges mais aussi qu’il enseigne la biologie sur de faux concepts à nos étudiants. 
Et, qu'au final, il a même réussi à avoir une renommée médiatique que ses maigres travaux seraient bien en peine de lui donner (3 publications en 7 années).
Comme l'a très justement écrit G. Kafadaroff dans son livre "OGM : le gâchis" : "De la communauté scientifique on ne relate que les propos d'une poignée de scientifiques en mal de notoriété qui, en jouant sur la peur et grâce au relais actif des activistes anti-OGM ont acquis une renommée médiatique facile que leurs travaux n'ont pu leur donner. La science pourtant si présente au quotidien à travers ses applications innombrables s'est marginalisée dans les esprits de nos concitoyens, victimes de l'insignifiance médiatique."  
 
Philippe Joudrier
Repost 0
19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 12:06

Christian Vélot, les lecteurs du Site Imposteurs connaissent. Maître de conférences à l’Université Paris Sud, c’est aussi une des figures du mouvement anti-OGM, et un des membres du conseil scientifique du CRIIGEN. Nous lui avions consacré un article en 2008 (1). Ses propos outranciers et certaines de ses formules absurdes sur les OGM lui ont valu de donner son nom à notre prix : Le Vélot d’or.

 

En Mai 2008, cité comme témoin par les faucheurs volontaires au procès de Toulouse, Christian Vélot fut interrogé par l’avocate d’un agriculteur sur ses compétences dans le domaine, il répondit en substance : « des OGM j’en fais tous les jours dans mon labo, alors croyez-moi, je sais de quoi je parle ».

 

Une lecture approfondie de ses propos permet de se faire une opinion aussi définitive que consternante sur cette prétention : une de ses interviews réalisée dans le cadre d’un mémoire de Master (2) démontre qu’il n’a qu’une connaissance -au mieux- superficielle du sujet, et qu’il n’a absolument pas saisi la problématique des OGM végétaux et de leur évaluation. C’est l’objet de la première partie de cet article.

 

Le deuxième document, que nous traiterons ultérieurement, est encore plus édifiant : il s’agit du débat avec Jean-Claude Jaillette (3) auquel il s’est pour une fois prêté lors de la parution de son livre (4). Christian Vélot est plus à l’aise sur une tribune en compagnie de Marie-Monique Robin face à une salle acquise d’avance que face à un journaliste intelligent. Ici, ce sont les interventions particulièrement pertinentes de deux forumeurs  biologistes (« XhoI » et « Ryuujin ») qui ont contraint Christian Vélot à battre en retraite, après l’avoir conduit à dévoiler son ignorance et la nature foncièrement irrationnelle et antiscientifique de ses raisonnements.

Anton Suwalki

 

1ère partie

 


 

 

« Une technique totalement aléatoire »

 


 

 

 Christian Vélot :

« En tant que généticien moléculaire, donc en tant qu’utilisateur de cette technologie comme outil au service de la recherche, je sais à quel point cette technique n’est pas chirurgicale, comme on essaye de nous le faire croire mais, au contraire, totalement aléatoire. C’est la raison pour laquelle je m’oppose catégoriquement à l’introduction des OGM dans les champs et dans les assiettes (…).

On entend souvent dire que c’est une technologie chirurgicale, c’est à dire qu’on la maîtrise totalement (..) Ca n’est pas une technologie chirurgicale. La manière dont on introduit un gène d’un organisme A dans un organisme B est d’ailleurs très brutale . On ne maîtrise rien. On ne maîtrise pas le nombre de gènes qui vont entrer dans les cellules de l’organisme receveur. On ne maîtrise pas, non plus, les endroits où ils vont aller s’insérer».

 

 Deux événements sont aléatoires et sur ces points CV a effectivement raison  :

·         C’est d’une part l’endroit où va aller se faire l’insertion. Il paraît assez évident que cette insertion puisse être totalement aléatoire avec la technique de biolistique (5). Cela semble être aussi le cas lorsqu’on utilise les agrobactéries mais on ne peut exclure actuellement qu’il existe peut-être des règles qui n’ont pas encore été mises en évidence !

·         C’est d’autre part le nombre d’insertions. L’expérience montre qu’il y a plus d’insertions de la construction génique avec la technique de biolistique qu’avec la technique de transfert utilisant les agrobactéries.

Cependant, fait extrêmement important, parmi toutes les plantes transformées, seules celles n’ayant qu’une seule insertion seront finalement retenues.

 

 

 

Mais alors et selon CV, on peut se demander pourquoi il utilise cette technologie dans ses recherches s’il ne maîtrise absolument rien. Comment tirer des enseignements d’un outil aussi aléatoire ? N’en déplaise à CV, si tout n’est pas entièrement maîtrisé, les techniques elles mêmes sont très précises.

 

Lorsque le gène d’intérêt est identifié et localisé, il peut être tronçonné de manière précise avec des enzymes dites de restriction. On est d’autre part capable d’associer au gène un promoteur ou un terminateur spécifiques, différents de ceux qui « encadrent »  naturellement le gène. N’est-ce pas ce qu’on appelle une technique « chirurgicale » ? Il est même possible de modifier une séquence sur une seule base si nécessaire. On peut, et cela se fait de plus en plus, synthétiser des gènes à façon, donc utiliser une séquence parfaitement déterminée.

 

Concernant la transgénèse à proprement dire, même la plus ancienne technique utilisée, qui utilise comme vecteur le plasmide de la bactérie Agrobacterium tumefaciens, est très bien maîtrisée : on excise du plasmide une séquence d’ADN (appelée ADN T) qui est transférée chez la plante infectée provoquant alors une maladie appelée « galle du collet » et on la remplace par le ou les gènes qu’on souhaite transférer.

 

Et si le point d’insertion du gène dans l’ADN de l’hôte n’est pas connu à  l’avance, il est non seulement localisable mais surtout localisé a postériori.

 

Un fait que CV est obligé de reconnaître dans une phrase qui, du coup, annule ses affirmations précédentes.

 

« C’est vrai qu’on a des possibilités techniques de le vérifier a postériori, mais…». 

 

-Dont acte !

Mais alors où est le problème ?

 

« …mais elles ne permettent pas de savoir si on a activé des gènes naturels de l’organisme qu’on cherche à modifier, ni si on a surexprimé des gènes naturels de cet organisme.[ les possibilités techniques] ne permettent pas non plus de connaître toutes les conséquences métaboliques de ces modifications (..) ».

 

Ce dont on peut être sûr, c’est que lors d’un croisement, de nombreux événements interviennent au sein d’un génome : additions, délétions, duplications, translocations mutations, chacun de ces événements pouvant être mineur comme par exemple une mutation ponctuelle mais peut être aussi très important pouvant aller jusqu’à la duplication d’un chromosome entier (trisomie) voire même du génome lui même (polyploidisation). Et chacune de ces modifications (quelle que soit son importance) peut générer un gradient de conséquences allant de : aucune à létale pour l’organisme.

 

L’insertion d’une construction génique (la transgénèse) correspond à un couper/coller : coupure du génome en un endroit donné et insertion de la construction au niveau de cette coupure. Mais c’est un événement que le génome connaît bien au cours de l’histoire cellulaire.

 

Et justement, comme on connaît le point d’insertion de la construction génique introduite dans le génome hôte, on connaît aussi les bordures de chaque côté de cette insertion.

On peut donc vérifier aisément que la construction génique ne s’est pas insérée dans un gène actif et que même si c’est le cas, cela n’entraîne pas alors de modifications qui deviennent alors prévisibles.

 

Notons que si de tels phénomènes existent ,les mêmes questions se posent lors des croisements classiquement réalisés pour améliorer les végétaux (ou animaux), questions que CV ne se pose pas. Pour quelles raisons les mêmes qui s’effraient des conséquences possibles de l’introduction d’un seul gène par une technique maîtrisée acceptent sans réserve le croisement « naturel »de deux génomes complets ?

 

Quoi qu’il en soit, on peut rétorquer à CV quil existe des moyens de vérifier a postériori d’éventuelles  conséquences métaboliques de ces modifications.

 

 Non, répond CV ! avec des arguments particulièrement faibles. et cela s’explique lorsqu’on s’aperçoit que ….

 


 

 

…Christian Vélot n’a pas compris le principe d’équivalence en substance !

 


 

 

Dans la foulée de toutes les incertitudes qu’il exprime sur les modifications apportées par la transgénèse, CV reprend l’accusation classique de « réductionnisme » à l’encontre des biologistes moléculaires, bêtes noires des anti-OGM, dénonçant :

 

« (..) une conception périmée, obsolète et mécanistique du fonctionnement du vivant qui voit les gènes comme des entités indépendantes et qui considère que, lorsqu’on rajoute un gène dans un organisme, on ne fait rien d’autre que rajouter un gène. »

 

Il est d’ailleurs des plus curieux de voir CV utiliser cet argument alors que ce sont ces mêmes biologistes moléculaires qui ont contribué largement à dépasser la notion initiale de : « 1 gène= 1 protéine » . En fait c’est ce dogme que CV aimerait voir exprimer par ceux qui travaillent sur les biotechnologies végétales.

 

Il n’en est rien, et la possibilité que les conséquences métaboliques de l’organisme dépassent la simple production d’une protéine additionnelle est bel et bien prise en compte dans le contrôle des OGM. Gros problème : CV n’a pas compris comment.

 

A moins d’être habité par la pensée magique, on est obligé de considérer que ces éventuelles modifications métaboliques se mesurent en aval en examinant la composition biochimique (détaillée) du végétal transformé. De la découle l’analyse en termes d’équivalence en substance.

 

 Or CV affirme :

 

« Il [le principe d’équivalence en substance(PES) ] consiste à dire qu’un OGM est équivalent en substance à l’organisme initial à partir duquel il a été fabriqué, c’est à dire de l’organisme de départ que par les gènes qu’on a mis dedans. »

 

Soit CV ne s’est pas documenté sur le PES, soit il n’y a rien compris ! Non , le PES ne consiste pas à dire, à postuler que les deux organismes sont identiques, il consiste à vérifier qu’ils sont équivalents en substance, c’est-à-dire qu’ils ne présentent pas de différences significatives dans leur composition biochimique. Un tel contresens est inexcusable de la part de quelqu’un prétendant avoir une autorité en matière d’OGM.

 

CV révèle aussi au passage qu’il ne connaît pas le principe de base de la toxicologie qui est appliqué aux OGM : l’évaluation se fait toujours au cas par cas !

 

« C’est aussi absurde de considérer qu’une voiture pilotée par un enfant de 10 ans ne présente pas de danger, au prétexte que la voiture a obtenu son contrôle technique et que l’enfant est équilibré, poli et travaille bien à l’école. C’est aussi stupide que ça».

 

En fait, c’est l’analogie de Christian Vélot qui est parfaitement stupide. Puisqu’on est dans l’automobile, risquons nous à une analogie beaucoup plus conforme à la réalité de l’approche du risque en matière d’OGM :

 

C’est la même démarche que celle qui consisterait à vérifier que la modification à la marge d’un organe d’une voiture (par exemple, assouplissement de ses suspensions pour un meilleur confort de ses passagers) n’a pas de conséquence néfaste sur le comportement routier du véhicule.


 

 

A Suivre…

 


Notes :

(1)http://imposteurs.over-blog.com/article-20688593.html

(2) http://www.infoguerre.fr/fichiers/conflit_ogm_france_2009.pdf .

(3)http://planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/05/27/ogm-controverse-de-long-en-large.html

(4) OGM, tout s’explique, Éditions Goutte de Sable 

(5) Cette technique consiste à projeter sur les cellules végétales des particules (d’or ou de tungstène) sur lesquelles sont fixées les séquences d’ADN que l’on veut introduire à l’aide de ce que l’on a appelé un canon à particules. Le néologisme « bioliostique » est une contraction de « biologie » et « balistique ».

Repost 0
9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 18:00

A défaut de disposer de beaucoup de temps à consacrer à ce sujet, (j’en ai deux autres dans les tuyaux, ne pas se disperser…), je vous propose quelques bonnes lectures. Merci aux lecteurs de nous signaler d’autres analyses intéressantes qui seront versées au dossier .

Anton

 


 

Une bonne synthèse sur le site Les Ogms auquel contribue Bruno :

La Commission européenne autorise la culture de la pomme de terre Amflora

http://www.ogms.be

 


 

Amflora, une variété de pomme de terre plus respectueuse de l’environnement, et dont Chantal Jouanno ne veut pas ! sur le site d’Agriculture et Environnement

 

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article625

 


 

Le dossier très complet de la lettre d’information sur les PGM de l’Université Joseph Fourier de Grenoble

 

Après 12 ans sans autorisation, FEU VERT de la COMMISSION EUROPEENNE à 

une POMME DE TERRE GM

http://www.euractiv.com/fr/pac/feu-vert-de-la-commission-aux-pommes-de-terre-genetiquement-modifiees-news-300970

LE RECAPITULATIF de la COMMISSION EUROPEENNE sur les OGM et leur AUTORISATION 
dans l'UE:
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/10/58&format=HTML&aged=0&language=EN&guiLanguage=en

Les informations de Bayer, développeur de cette variété Amflora :
http://www.basf.fr/ecp2/Press_releases_france/20090615_Amflora

TOUT (ou presque) sur la POMME de TERRE
http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/agro_biotech/agr/sommaire.md?cle_parution=2224&type=text.html
et sur les utilisations industrielles d'Amflora, une variété à la composition 
en amidon modifiée:
http://www.internutrition.ch/in-news/point/pdf/okt06_f.pdf

Les AVIS SCIENTIFIQUES 
-de la CGB (prédécesseur du Haut Conseil sur les Biotechnologies) :
La Commission française conclut en janvier 2005 à l'absence a priori de 
risque environnemental :
http://www.ogm.gouv.fr/mise_marche/avis_scientifiques/pdf/2005/C_SE_96_3501.pdf
-de l'AFSSA :
L'Agence française estime en septembre 2005 que l'on peut écarter un éventuel 
risque sanitaire lié à la consommation :
http://www.afssa.fr/Documents/BIOT2005sa0222.pdf
-de l'EFSA :
L'avis favorable du groupe scientifique sur les OGM, adopté le 7 décembre 
2005, sur la mise sur le marché de cette pomme de terre, au titre du 
règlement (CE) n° 1829/2003 :
http://www.efsa.europa.eu/fr/scdocs/scdoc/324.htm       
;
Idem, au titre de la partie C de la directive 2001/18/CE :
http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753816_1178620770040.htm

NB. le dossier avait été déposé en 2003 dans le cadre de cette nouvelle 
législation.
Le PREMIER DEPOT du DOSSIER, selon la législation antérieure, DATE de 1996.

Aucune majorité qualifiée entre Etats-membres n'ayant été atteinte en JUILLET 
2007, 
la DECISION REVENAIT LEGALEMENT à la COMMISSION :
http://cordis.europa.eu/fetch?CALLER=FR_NEWS&ACTION=D&SESSION=&RCN=28056

Il s'agit en fait de débloquer la situation 
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+WQ+P-2009-6028+0+DOC+XML+V0//FR
EN LAISSANT LE CHOIX AUX ETATS D'AUTORISER OU NON LA CULTURE :
http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/222&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

Amflora ne sera pas proposée en France dans l'immédiat :
http://www.enviro2b.com/2010/03/04/ogm-lamflora-nest-pas-destinee-au-marche-francais/
Le gouvernement français annonce saisir le Haut Conseil des Biotechnologies :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Pomme-de-terre-OGM-AMFLORA-la.html

CAMPAGNE POLITIQUE CONTRE les SCIENTIFIQUES de l'EFSA :
http://www.ogms.be/actualites/seminaire-criigen-bruxelles-lynchage-des-experts/976

REMUE-MENAGE POLITIQUE en France :
http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article625

CHANTAL JOUANNO JOINT sa VOIX à la CAMPAGNE contre l'EFSA :
http://www.leparisien.fr/societe/nous-ne-reconnaissons-pas-leurs-expertises-05-03-2010-836428.php
L'EFSA défend sa rigueur et sa transparence:
http://www.leparisien.fr/societe/l-agence-europeenne-vante-sa-rigueur-et-sa-transparence-05-03-2010-836426.php

OPINION sur l'approche du gouvernement français de  l'« expertise » : des 
comités instrumentalisés par le gouvernement qui choisit ses membres afin 
d'orienter leurs avis.
http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-hcb-haut-conseil-sur-les-biotechnologies-41053787.html

PARMI les THEMES de la POLEMIQUE sur AMFLORA :
--Les GENES MARQUEURS de RESISTANCE aux ANTIBIOTIQUES dans des PLANTES GM
L'EFSA a publié une déclaration qui fournit une synthèse consolidée sur 
l'utilisation des gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques dans des 
plantes GM, ainsi qu'un avis scientifique commun élaboré par les groupes 
scientifiques GMO et BIOHAZ de l'EFSA :
http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/gmo090611.htm

Une opinion suisse :
http://www.ogm.ch/doc:kanamycine

Transfert du gène vers des bactéries ? Une possibilité théorique qui a été 
très étudiée :
http://www.gmo-safety.eu/en/gene_transfer/marker_genes/461.docu.html

Les études en Suisse et en France (Groupe de Pascal Simonet à Lyon) :
http://www.gmo-safety.eu/en/news/645.docu.html

CONCLUSION : l'état des connaissances indique que les gènes de résistance 
pouvant se trouver dans certaines PGM ne jouent aucun rôle dans la 
dissémination de la résistance aux antibiotiques.

--Un expert chargé  de l'évaluation des PGM à l'EFSA aurait obtenu 
ultérieurement un poste chez les industriels.
Les faits : Suzy Renckens n'a pas fait partie du groupe d'experts évaluant 
les dossiers ; elle effectuait un travail d'assistance (réception des 
dossiers, correspondances avec les diverses parties, planification de 
réunions, etc) sans aucun rôle de décision dans les avis scientifiques émis 
par l'EFSA. Elle a quitté ses fonctions en mars 2008, à la fin de son contrat.

OPINION. L'Europe au bel avenir, par Eric Le Boucher :
http://www.lesechos.fr/info/analyses/020397610738-l-europe-au-bel-avenir.htm

BASF veut lancer l'homologation de deux autres pommes de terre :
http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/ogm-basf-veut-lancer-l-homologation-de-deux-autres-pommes-de-terre-24508.html

 

 


 

Pour accéder aux archives de la LettreInfoPGM :

http://tamise.ujf-grenoble.fr/wws/arc/lettreinfopgm

 


 

 

Repost 0
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:19

       Chaque année , l’ISAAA publie un rapport complet sur la progression de cultures de plantes génétiquement modifiées dans le monde. Son rapport pour 2009 vient de paraître (1).

Les principaux résultats :

 

134 millions d’hectares de culture de PGM en 2009, soit une progression de 7% par rapport à l’année précédente : c’est une progression plus faible que celle des années précédentes, mais le fait est incontestable que la progression est continue depuis 1996, année des premières cultures commerciales d’OGM. Sur les 14 millions d’agriculteurs qui cultivent désormais des OGM, 13 millions sont des agriculteurs des pays peu développés.

Les cultures de PGM sont autorisées et pratiqués dans la majorité des pays du continent américain ,où Les USA demeurent de loin le plus gros producteur de PGM, avec 64 millions d’ha cultivés, soient près de la moitié des cultures mondiales. Avec 21,4 millions d’ha cultivés (Soja, Maïs, Coton), le Brésil est devenu en  2009 le deuxième producteur mondial d’OGM, juste devant l’Argentine. Le succès des PGM se confirment en Inde (7,6 millions d’ha) et surtout en Chine, où 6 espèces différentes sont  cultivées sur 3,8 millions d’ha, mais qui surtout s’impose en matière de recherche et d’innovation sur les biotechnologies. En Afrique, le fait le plus marquant est l’adoption rapide au Burkina Faso du Coton Bt , cultivés sur 115 000 ha la deuxième année suivant leur autorisation commerciale : malgré les aboyeurs de la caravane d’ATTAC (2) , les OGM passent.

 

L’Europe est le seul continent où les OGM aient régressé à cause de l’adoption du moratoire allemand sur le maïs MON 810, suivant celui de la France en 2008.

 

Mais, après avoir dénoncé pendant des années les OGM qui envahissaient la planète, les anti-OGM ont depuis quelques temps changé leur fusil d’épaule, et affirment désormais que les rapports annuels de l’ISAAA sont truqués et leurs chiffres gonflés. Ce revirement stratégique est compréhensible : comment concilier les prophéties apocalyptiques sur les OGM et les faits qui attestent de leur succès, et leur adoption par un nombre toujours croissant d’agriculteurs dans le Monde, sinon en proclamant que les données statistiques sont fausses ?

 

       En réalité, les statistiques de l’ISAAA sont très probablement exactes et recoupables année par année avec des données nationales (par exemple celles de l’USDA), et les plus complètes pour l’analyse des PGM au niveau mondial.

 

       Il est vrai que l’ISAAA, en témoigne sa raison sociale même (3), se donne pour but la promotion des biotechnologies, et ses rapports (surtout les rapports résumés) sont écrits dans un style pour le moins « enthousiaste » qu’il convient de lire avec du recul. Ainsi on peut fortement soupçonner que le calcul depuis 2008 d’un indice tenant compte de l’adoption croissantes de plantes combinant plusieurs traits transgéniques est un artifice statistique, d’ailleurs assez maladroitement justifié par l’institut :

 

« Measuring in “trait hectares” is similar to measuring air travel (where there is more than one passenger per plane) more accurately in “passenger miles” rather than “miles”. Thus in 2008, global growth in “trait hectares” increased from 143.7 million “trait hectares” in 2007 to 166 million “trait hectares”. 

 

Traduction : l’ISAAA prétend emprunter sa méthode aux statistiques du transport, où il n’est pas question de kilomètres (ou miles), mais de kilomètres passagers. En réalité, cette analogie n’a aucun fondement sérieux.

 

 

La tendance est très nettement à braquer le projecteur sur les succès des PGM et à relégué au second plan les échecs, en particulier en Europe : ainsi  en 2008, le rapport résumé insistait sur la croissance du nombre d’hectares de maïs GM cultivés,  par les pays qui l’autorisaient, donnant l’impression à un lecteur distrait que les cultures OGM en Europe progressaient de 21% (4).  Ca n’est que dans le rapport complet qu’étaient mentionnées le moratoire français sur le MON 810, et l’abandon par la Roumanie des cultures de Soja RR, liée à son entrée dans l’Union Européenne.

 

         Moralité : aucun des chiffres de l’ISAAA n’est a priori faux, et on peut retrouver les totaux par reconstruction, mais sa façon de les présenter est critiquable. C’est sans doute pour devancer de nouvelles critiques que l’ISAAA mentionne dès son résumé du rapport 2009, une diminution des culture OGM en Europe, notamment liée au moratoire allemand.

 

Nous devons donc rester lucides sur la tendance de l’ISAAA à mettre en avant les informations et statistiques les plus favorables, même si ses chiffres sont exacts. D’autant plus que ce penchant est l’occasion pour les anti-OGM de dénoncer ces chiffres comme frelatés, sur la base de mensonges qui eux, ne font pas l’ombre d’un doute !

 

Reportons par exemple à cet article d’Hervé Kempf dans le Monde du 13 Février 2009 (6):

 

« l’Isaaa (International Service for the Acquisition of Agro-Biotech Applications), voit aujourd’hui ses résultats vivement contestés par le réseau international des Amis de la Terre (..)

Dans son étude de la situation pour 2008, publiée mercredi aux Etats-Unis, l’Isaaa laisse entendre que la superficie cultivée en Europe a crû de 21 %. Faux, estiment les Amis de la Terre, qui observent que l’Isaaa a exclu la France de son compte. Le moratoire adopté par l’Hexagone en 2008 sur le maïs MON 810 a fait diminuer la surface cultivée d’OGM en Europe de 50 000 hectares environ.».

.

Conformément à son mépris de la déontologie journalistique, Kempf n’a pas pris la peine de vérifier lui même ce qu’il y avait écrit dans le rapport. Ni d’aller chercher la superficie réelle cultivée en France avant le moratoire : 19815 hectares. L’ironie de l’affaire est qu’il aurait pu demander ses chiffres à ses amis de Greenpeace qui écrivaient juste avant le moratoire (7):

 

« Selon des données rendues publiques par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, quelque 19815 hectares de maïs transgénique ont été plantés en France en 2007. Même si ces surfaces sont inférieures aux 30 000 à 50 000 hectares qu'espéraient voir planter les semenciers, ce sont près de 20.000 hectares de trop. »


Les anti-OGM se glorifiaient en 2007 qu'il n'y ait pas 50 000 hectares de maïs transgéniques, il prétendent maintenant qu'il y en avait 50 000 , pour pouvoir se glorifier d'une baisse plus importante! 


Kempf de continuer :

 

« De surcroît, l’Isaaa compte la Roumanie pour 2007 et 2008, alors qu’il l’excluait en 2006. Pourtant, la Roumanie cultivait des OGM en 2006. Explication de cette manipulation, selon les Amis de la Terre : la Roumanie a fortement diminué sa culture d’OGM quand elle a rejoint l’Europe, en 2007. "L’oublier" en 2006 permet de gonfler la progression apparente. »

Machiavélique, non ? L’ISAAA aurait volontairement oublié la Roumanie en 2006 afin de masquer une baisse en 2007… Seul problème : Kempf et les amis de la Terre mentent ! On le vérifie en un seul clic sur le rapport de l’ISAAA, ou les culture roumaines (0,1 million d’ha de Soja RR) sont bel et bien recensées (8). Le Soja RR roumain n’est pas pris en compte dans le total mentionné pour l’Union Européenne dans le résumé (maïs Bt, seule culture commerciale autorisée dans l’Union, on raisonne à champ statistique constant ) mais il est évidemment intégré dans le calcul du total mondial. 

 

     Continuons à rester vigilants sur les chiffres émanant d’institutions acquises aux biotechnologies, comme l’est l’ISAAA. C’est encore la meilleure façon de se protéger des mensonges d’Hervé Kempf et des anti-OGM.

Anton Suwalki


(article mis à jour le 07.02)
 

Notes :

 

 

(1)   http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/41/executivesummary/default.asp

(2)   http://imposteurs.over-blog.com/article-32570040.html

(3)   « International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications”, ce qui a le mérite d’être clair !

     (4) In 2008, seven of the 27 countries in the European Union officially planted Bt maize on a commercial basis.  The total hectarage for the seven countries increased from 88,673 hectares in 2007 to 107,719 hectares in 2008; this is equivalent to a 21% year-on-year increase equivalent to 19,046 hectares. The seven EU countries listed in order of biotech hectarage of Bt maize were Spain, Czech Republic, Romania, Portugal, Germany, Poland and Slovakia.

http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/39/executivesummary/default.html

(5)http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/39/download/isaaa-brief-39-2008.pdf

     (6) http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article319

(l’article n’est plus disponible qu’en version payante sur le site du Monde).

(7) http://www.greenpeace.org/france/news/20070705-surfaces-ogm-en-france

(8) http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/35/executivesummary/default.html

Repost 0
28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 11:38


Alors que l'autorisation de culture de l'aubergine Bt en Inde semblait acquise compte tenu de l'avis favorable de l'organisme d'expertise indien et de la place déjà acquise des OGM dans ce pays (8,4 millions d’hectares de coton Bt cultivés en 2009 selon le dernier rapport de l'ISAAA (1)),la décision a été suspendue au nom d'une "expertise indépendante" menée en solitaire par G.E Séralini du CRIIGEN, pour le compte de Greenpeace Inde. Nous avons exprimé notre avis sur la valeur que pouvait avoir ce genre d'expertise (2), compte-tenu du très lourd passif de cette officine anti-OGM qui n'est indépendante que d'une seule chose : l'éthique scientifique.

Il eût été étonnant que les anti-OGM se contentent de cette victoire provisoire, et ne tentent pas de l'intégrer dans une propagande plus générale, d'ailleurs davantage destinée à l'opinion européenne  et occidentale qu'aux principaux intéressés...

Depuis deux semaines, des centaines de sites francophones et anglophones reprennent la rumer selon laquelle Monsanto aurait falsifié les données d'évaluation de l'aubergine Bt. A l'origine de cette soi-disant révélation, l'interview bien opportune par India Today d'un certain Tiruvadi Jagadisan, qu’on présente comme ancien directeur général de Monsanto(3).

Par expérience, les vrais enquêteurs se méfient de la fiabilité des témoignages émanant de "repentis". Pour les propagandistes anti-OGM au contraire, on se doit d'accepter sans réserve sa confession .


Or, une analyse courte mais efficace des propos de l'intéressé proposée par le site OGM.be (4) permet de se rendre compte du niveau de crédibilité du "repenti" : Zéro...

Ce monsieur a pris sa retraite depuis 20 ans, bien avant l'avènement des cultures OGM,  n'a aucune preuve à fournir à propos de ce qu'il avance sur le sujet, n'est même pas en mesure de fournir un exemple de fraude à l'époque où il était en activité, et emprunte ses exemples à charge à la mythologie anti-OGM : le "martyr" Percy Schmeiser, ou le gène baptisé "Terminator" par les anti-OGM dont il ignore qu'il n'a jamais été introduit dans les cultures.

Comme l'écrit OGM.be :

 "Il aborde ensuite le sujet du gène dit terminator (le nom original est Gene Protector ) : "Je ne sais pas si Monsanto l'a inclus  dans le coton Bt ou dans quelle autre culture". Gene Protector n'a pourtant jamais été utilisé : il a seulement fait l'objet d'un dépôt de brevet par le ministère de l'agriculture américain et Delta Pine Land (racheté par Monsanto qui en a donc hérité) sur une possibilité purement théorique dans la recherche de techniques anti-dissémination. Ne pas savoir cela est un comble pour un soit disant ancien directeur général de Monsanto !"

Pour tout dire, Tiruvadi Jagadisan semble ne rien savoir sur rien en matière d'OGM... Il a purement et simplement repris à son compte le discours stéréotypé des anti-OGM qu'il débite comme s'il avait sous les yeux un argumentaire de Greenpeace, poussant le ridicule jusqu'à proclamer à propos des plantes Bt:"  If you try to control something, something else will proliferate"... Mais c'est bien sûr, mieux vaut se résigner à voir ses cultures détruites par des ravageurs,  ne pas chercher à contrôler ceux-ci, sinon la nature (ou bien Dieu?) vous le fera payer au centuple...

Grave interrogation d'Info'gm à propos de cet imposteur: "La question de savoir pourquoi cet ancien dirigeant n’a pas émis ses critiques plus tôt reste entière. Il a tout de même travaillé 20 ans pour Monsanto."(5)
Peut-être parce qu'avant l'émergence du mouvement anti-OGM, il n'aurait pas trouvé beaucoup de gogos pour s'intéresser, à ses élucubrations ?

Anton Suwalki



Notes :


(1)http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/41/default.asp
nous reviendrons très prochainement sur les accusations portées contre les rapports de l'ISAAA.
(2)http://imposteurs.over-blog.com/article-aubergine-bt-le-criigen-exporte-ses-pseudo-expertises-en-inde-39732782.html
(3)Monsanto 'faked' data for approvals claims its ex-chief :
http://www.indiatoday.intoday.in/site/Story/83093/India/Monsanto+'faked'+data+for+approvals+claims+its+ex-chief.html
lire également l'autre interview indexée par OGM.be :
http://www.tehelka.com/story_main43.asp?filename=Ne200210go_aheads.asp
(4) http://www.ogms.be/actualites/monsanto-a-t-elle-falsifie-des
Repost 0
18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 16:18

Depuis que ce blog est ouvert, de nombreux articles ont été consacrés aux mystifications du CRIIGEN, et plus particulièrement aux théories et aux fantaisies statistiques de son gourou  Gilles-Eric Séralini.  Le CRIIGEN nous a jusqu’à présent ignorés, ce qui était la meilleure tactique à adopter. Seul Pierre Henri Gouyon s’est risqué sans grands résultats sur le terrain des conflits d’intérêts.

Voici donc que pour la première fois, le CRIIGEN se risque à nous citer sur son site (1), non sans écorcher le nom du blog (« A propos d’un canular publié sur le blog L’Imposteur ») . Volontairement, ou par simple dilettantisme sociologique ? Car l’auteur du papier est en effet Frédérick Lemarchand, le sociologue de service du CRIIGEN. Ce papier se veut une analyse profonde d’un commentaire posté à la suite de l’exercice de style de Luc Marchauciel, « Feu sur la pintade »(2) . Il s’agit de l’  « alerte » sur un prétendu transfert horizontal d’un gène du maïs à la dinde.

Sans grande surprise, FL s’adonne à une analyse profonde du sens et du but supposés de ce commentaire, en omettant délibérément le contexte et le sens de ces exercices clairement énoncés dès le départ :
« Je lance donc ici, avec l'aide précieuse de l'ami Anton, un grand concours de Fakes : faites preuve d'imagination, et que chacun rédige ci dessous  un faux communiqué alertant l'Internaute sur les dangers de la consommation de viande de pintade, afin de me venir en aide dans mon courageux combat écocitoyen (anonyme et virtuel).
 Note pour toute personne qui aurait eu l'idée saugrenue de vérifier les informations avant de faire suivre les mails alarmistes, et qui serait ainsi tombée sur ce site :
 il n'y a évidemment aucune raison de se méfier de la viande de pintade,  c'était pour de rire, une sorte de canular pédagogique, pour alerter surtout sur la profusion d'infos non vérifiées..
 »

Une démarche d’autant plus claire que l’article figurait dans la rubrique « Détente, nouvelles insolites ».

Aussi malhonnête que ses collègues du CRIIGEN, FL nous prête l’intention de propager une rumeur, alors que l’avertissement préalable précise qu’il s’agit d’un canular. Notre but, n’était pas de tromper en faisant courir une rumeur aberrante afin de tester la crédulité des internautes. Celle-ci est suffisamment établie pour ne pas avoir à en rajouter. L’expérience montre de toutes façons qu’il n’y a pas de rumeur pédagogique, et qu’une fois qu’un bobard anti-OGM est lancé, on ne le maîtrise plus. Le succès des ragots propagés par MM Robin ou Info’GM sont là pour l’attester .

Pratiquant un amalgame savant, FL cite le canular d’Alan Sokal… qui avait lui aussi un autre objectif : il ne s’agissait pas de tester la propagation de rumeurs populaires, mais la perméabilité d’un courant « post-moderne » représenté notamment par la revue social texte aux théories les plus fumeuses.

Le sociologue du CRIIGEN ment outrageusement en écrivant : « Le pari entretenu par les auteurs ne repose pas tant sur le contenu du message, qui pourrait s’apparenter à une blague de potache, que sur l’usage social qui en sera fait à travers les canaux de diffusion de la connaissance, c’est-à-dire la structure épidémique des blogs et autres réseaux informatiques. ». C’est exactement le contraire de la démarche d’Imposteurs qui a toujours consisté à démystifier les rumeurs entretenues par les anti-OGM : hécatombes des moutons néozélandais, suicides des paysans indiens, morts des vaches allemandes ayant mangé du maïs BT, maïs mexicain monstrueux, mensonges sur le riz doré.. : ça n’est certainement du côté d’Imposteurs qu’il faut chercher les responsables de ces âneries véhiculées par la propagande anti-OGM . Pourquoi le sociologue ne s’intéresse-t-il pas plutôt aux « vraies » rumeurs qui polluent la toile?

A ce titre, FL émet un aveu sur la psychologie des anti qu’il représente : «  les auteurs annoncent une nouvelle dont tous les environnementalistes et les citoyens responsables pourraient se féliciter, le type d’information qu’ils aimeraient entendre » : En clair, il est regrettable que ce ne soit qu’un hoax ! Si le tranfert horizontal d’un gène du maïs à la dinde était vrai, les environnementalistes et les citoyens responsables s’en féliciteraient ! FL regrette sûrement que les anti-OGM n’aient pas eu l’imagination suffisamment fertile !

Et si l’auteur du canular a jugé utile , comme le souligne FL, d’associer ce hoax aux « pillules détoxifiantes » de Séralini et Sévène Pharma, c’est malheureusement parce que les remèdes magiques du professeur Tournesol du CRIIGEN ont tout du canular .

« Or, il se trouve que le laboratoire du Pr Séralini (thèse Céline Gasnier, septembre 2009) ne teste pas des produits homéopathiques sur la détoxification hépatique, mais des extraits de plantes préparés par la société Sevene Pharma en effet, qui elle, commercialise aussi des produits homéopathiques avec la plus grande crédibilité. ».

Ce que le sociologue omet de préciser, c’est que tous les produits de Sevene Pharma sont formulées en « basses dilutions homéopathiques » (3): une hérésie, peut-être, pour les « hahnemanniens » purs et durs, mais Sevene Pharma se couvre de l’autorité charlatanesque de l’homéopathie,  que FL nomme « la plus grande crédibilité ». Voilà un vrai sociologue des sciences, sans doute !

Mais voici donc enfin indiqués les travaux à l’origine des remèdes vendus par Sévène Pharma : aucune publication peer-reviewed indexée sur Pubmed ou Google Scholar, mais une thèse de doctorat .

Le titre de la thèse est éloquent (4): Mécanismes d'intoxication de cellules de mammifères par les herbicides à base de glyphosate et de détoxification.
Le RoundUp est un produit formidable : il a permis à l’équipe de GES de d’élaborer un remède universel contre toute les molécules de synthèse (par définition mauvaises pour les esprits superstitieux) !

Consultons la composition du jury : Gilles Eric Séralini, bien sûr, mais aussi Manuela Malatesta (l’une des martyrs du mouvement anti-OGM), et Joël Spirou de Vendommois, le « médecin » homéopathe et acupuncteur du CRIIGEN! Elisabeth Tessier n’était peut-être pas disponible…
Et n'oublions pas :Cécile Decroix-Laporte, Directrice Générale de la société Sevene Pharma Monoblet  ! Surréaliste!

Nul n’est donc besoin de caricaturer Séralini and co pour les discréditer, ils s’en chargent tous seuls !

Frédérick Lemarchand de conclure :
« Les quelques messages interrogatifs et dubitatifs reçus au CRIIGEN suite à la mise en ligne du hoax auront en tout cas permis de mesurer que ni les journalistes , ni les associatifs, ne sont prêts à jouer les « dindons de la farce » et qu’une culture de l’épidémie, qu’il s’agisse de la propagation de rumeurs comme de la pollution génétique, fondée sur la prudence, la raison et une bonne connaissance des réseaux, tend à se développer au sein de la société civile ». 
Hummm…Faut croire qu’il y a encore du boulot.

Ce monsieur qui cite Edgar Morin pour bien montrer qu’il a des lettres peut-il réellement croire à ce qu’il écrit ? Voilà qui ne devrait pas trop nous rassurer sur l’état des sciences humaines en France.

Anton Suwalki



Notes :

(1) http://imposteurs.over-blog.com/ext/http://www.criigen.org/content/view/311/50/
(2) http://imposteurs.over-blog.com/article-feu-sur-la-pintade--41979612.html
(3) http://imposteurs.over-blog.com/ext/http://www.sevenepharma.com/index.php
(4) http://www.certic.unicaen.fr/ednbise/actualites/new_soutenances.html
Repost 0
10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 17:57

Vous vous souvenez sans doute des moulinets de la diva d’ARTE lançant de faux défis à ceux qui essaient sur son blog de rétablir un minimum de vérité sur les OGM . « Je vous invite à sortir de l’anonymat confortable  et à débattre dans une réunion publique » . Or, la première fois que l’un de ses contradictateurs a répondu chiche !, elle s’est très courageusement débinée. L’ambiance de grande messe où un public entièrement subjugué écoute pieusement son prêche, voilà qui est tout de même plus adapté aux capacités limitées de débat et d’argumentation de MMR.

 

Or ,pour la première fois peut-être depuis la sortie de son film, quelques agriculteurs, (et même un salarié de Monsanto !) sont venus porter la contradiction dans une réunion publique : parmi eux, « La Coupe est pleine » qui poste parfois des commentaires sur Imposteurs. Celui-ci a publié un compte-rendu de ces échanges que vous pouvez consulter ici :

 

http://site.voila.fr/stock.bin/ROBIN_29_01_10_WEB.pdf

 

MMR fidèle à ses habitudes, cherche à se sortir de ses mensonges en niant à la manière d’une gamine pris en flagrant délit, « C’est faux ! J’ai fait des voyages à travers le monde entier (sic) », en justifiant ses mensonges par d’autres mensonges :« Il n’existe pas de telles statistiques malheureusement, mais je vous assure que le coton Bt en Inde est un catastrophe et qu’il régresse d’année en année. ». Très forte Madame Robin, les statistiques de l’ISAAA seraient selon elle truquées , par contre elle peut nous assurer de la régression du coton BT en Inde d’années en années, même si de telles statistiques n’existent (malheureusement) pas ! Même pas assez maligne pour comprendre qu’elle s’enfonce un peu plus.

 

Selon la pauvrette, il faudrait une étude « de deux ans au moins chez le rat pour démontrer les risques de cancers ou du type vache folle avec ces plantes. » : elle n’a donc toujours pas compris que les plantes transgéniques susceptibles de donner le prion pathogène responsable de la maladie de la vache folle n’est qu’un hoax désopilant, produit de l’imagination délirante des anti-OGM.

 

La « fille d’agriculteur » qui a paraît-il enquêté des années sur ces sujets démontre sa confusion extrême et son ignorance abyssale: «Les hybrides sont un leurre pour l’agriculteur, ce n’est qu’un moyen de le lier aux semenciers ! D’ailleurs pour le Blé OGM la question ne se pose pas puis qu’il n’existe pas d’hybrides de blé » !  

 

Elle affirme en outre avoir la preuve que le gouvernement de Carlos Menem (Argentine) a été soudoyé par Monsanto. Même niveau de preuve, peut-être que pour la régression du coton BT en Inde, ou que pour Capitaine Poltron, qu’elle a accusé d’être un «agent de la CIA »?

 

Bravo à « la Coupe est Pleine », en tout cas ! Souhaitons que ces interventions aient pu contribuer à édifier quelques individus présents dans la salle, pas définitivement intoxiqués par la propagande.

Anton Suwalki

 


 

 

Épilogue :

 

Résumant sur son blog un autre film diffusé par Arte (encore !) « Blé: chronique d'une mort annoncée » , à l’attention « de ceux qui auraient mal compris » (défense de rire !) , MMR aligne les âneries avec une constance impressionnante.

 

http://blogs.arte.tv/LemondeselonMonsanto/frontUser.do?method=getPost&postId=101171&blogName=LemondeselonMonsanto#comment

 

La diva d’Arte semble avoir pas mal de problèmes de définitions élémentaires (telle que la définition de « stérile » ou « fertile »).

 

Reconnaissant que les rendements sont passés d’environ 10 quintaux à parfois 100 quintaux à l’hectare (de l’ordre de 70 quintaux en moyenne en France), le prix de cet exploit serait selon elle « l'usage intensif d'engrais et de pesticides chimiques, qui ont détruit la fertilité des sols ». Les sols sont tellement « infertiles » qu’il produisent de 7 à 10 fois plus qu’il y a un siècle !

 

MMR persiste et signe sur les hybrides : les agriculteurs qui sèment depuis plusieurs générations des hybrides sont probablement des idiots pour elle, à moins que masochistes, ils le fassent dans le seul but de « dépendre des semenciers » et de s’appauvrir eux-mêmes.

 

Son paragraphe sur l’échec du blé transgénique est encore plus chaotique que les propos rapportés par LCP dans son compte-rendu .

 

Qu’on en juge :

 

« L'hybridation du maïs, une plante allogame à la différence du blé qui est une plante autogame, constitue de facto une stérilisation biologique de la céréale, qui permet aux semenciers de contrôler le très juteux marché des semences. Les semenciers , comme Monsanto, n'ayant pas pu obtenir le même résultat avec les croisements généalogiques du blé, ils se sont rabattus sur les brevets, qui constituent , eux, une stérilisation juridique, qui interdit aux paysans de ressemer une partie de leur récolte, sous peine de poursuite. »

 

On croit comprendre dans ce charabia qu’elle considère le système de brevets qui concernent (dans certains pays) les semences transgéniques comme une simple détour pour pallier à l’absence supposée d’hybrides pour certaines espèces , l’hybridation qui constituerait selon elle « une stérilisation biologique ». Or les hybrides ne sont pas absents parmi les espèces autogames (dont bien sûr le blé), mais le blé transgénique, lui, n’existe pour l’instant qu’à l’état d’essais : les semenciers ne perçoivent donc pas de royalties liés à des brevets protégeant un blé transgénique.  Par contre, le maïs transgénique est bien couvert par des brevets , ce qui ne modifie guère dans les faits la situation classique où les agriculteurs rachètent d’une année sur l’autre les semences de plantes hybrides, mais pas parce que la deuxième génération serait stérile comme le croit MMR :

 

Dans le cas d’hybrides les individus de la première génération (F1) sont tous identiques , tandis que ceux de la deuxième génération (F2) ne le sont plus , héritant des caractères de l’un ou l’autre des parents ou présentant des caractères intermédiaires. L’agriculteur rachète ses semences pour maintenir l’homogénéité de sa récolte, en aucun cas parce que les hybrides seraient stériles.

 

Bref, une fois de plus, MMR mérite un zéro pointé.

 

MMR nous explique tout de même quelques phrases plus loin l’échec du blé transgénique qui aurait bouleversé les traditions millénaires des paysans, y compris dans les prairies canadiennes…. C’est vrai que tout le monde connaît les traditions millénaires des paysans canadiens, surtout ceux qui cultivent le blé… Et les paysans étaient sans doute beaucoup plus heureux, lorsqu’aux débuts du néolithique, il plantaient leur graine avec leur bâton, sans dépendre des vilains semenciers…

 

Dans ces commentaires, le dénommé Décor inflige à MMR une petite leçon de génétique mendélienne pour les nuls.Il est peu probable que MMR apprenne la leçon, elle qui n’a jamais rectifié la moindre erreur élémentaire, même identifiable par les lumières de son fan-club…  Et Arte continuera à diffuser ses sornettes…

 

Repost 0
5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 18:24

Signalée par Bruno sur son site :

http://www.ogms.be/

Je me permets donc de retransmettre l'information :

Ce lundi 22 février aura lieu à Bruxelles une conférence intitulée "De la nécessité des plantes transgéniques". L'orateur sera Marc VAN MONTAGU (*), biologiste moléculaire belge et professeur émérite de l'Université de Gand. Il est à l'origine d'une découverte fondamentale en transgénèse, à savoir celle du mécanisme de transfert de gène entre la bactérie Agrobactérium tumefaciens et les plantes, ainsi que du premier OGM végétal (tabac, 1982) grâce à une technique encore massivement utilisée aujourd'hui. Il est actuellement président de l'European Federation of Biotechnology.

Date : 22 février 2010 de 16h30 à 18h30

Lieu : ULB, Campus du Solbosch, batiment U, porte A, auditoire Guillissen (UA2.220, juste à droite en entrant)

Prix à l'entrée : 5€

Renseignements :  Secrétariat du CEPULB
Tél: 026502426 (CEPULB) - Fax: 026502519
E-mail:
cepulb@ulb.ac.be
http://www.ulb.ac.be/cepulb/

Une conférence que j'aurais vraiment aimé suivre .Hélas !..Ca ne sera pas pour cette fois-ci.
(*) http://www.europa-bio.be/documents/190106/MVanMontagu_profile.pdf


Repost 0
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 23:15

Depuis l’ouverture de ce blog, je me suis habitué (et résigné) à recevoir régulièrement quelques messages insultants et vengeurs comme celui-ci :  http://imposteurs.over-blog.com/article-22253763.html
 La teneur est toujours là même : Tu n’as pas honte, tu es un vendu, etc…

 C’est la première fois qu’un individu franchit le pas en jouant la carte de l’intimidation et en tentant de faire jouer la censure.
Cette personne s’est en effet directement adressée à l’équipe d’over-blog pour lui signaler un soi-disant « abus ». Voici le message reçu des modérateurs :


 

 Bonjour,
 Un visiteur de votre blog imposteurs vient de reporter un contenu abusif sur les pages dont vous avez la responsabilité.

 Voici son message et ses coordonnées.
 nom et prénom : (masqué par mes soins)
 email : (masqué par mes soins)
 description : Anton Suwalki: « Quand Lepage enrage, c'est plutôt bon signe! » Imposteurs
 
http://imposteurs.over-blog.com/article-31015606.html
 raisons : Portes des propos sans aucun fondement en matière de toxicologie sur les OGM. Propos diffamatoires - mensongés sur les responsables du CRIIGEN (MmeCorrineLepage, et E. G. SERALINI), sur leur prétendues incompétances.... C'est proprement scandaleux.

 Si cette plainte est fondée, merci de bien vouloir faire le nécessaire pour retirer les textes, images et fichiers incriminés.
 Cordialement,
 L'équipe de over-blog.com


 

 Une petite recherche m’a donné l’identité très probable de l’individu « scandalisé », qui possède un site internet : Il est artiste peintre, graphiste, et probablement agrégé de français, si on en juge par son orthographe impeccable et la qualité littéraire de certains de ses textes disponibles en ligne. Il est aussi éco-citoyen, et « déteste les OGM ».

Doué d’une polyvalence qui force le respect, le censeur est aussi expert en toxicologie : la preuve, dans un courrier adressé à France 2 qui ,malgré son zèle anti-OGM , n’en fait encore pas assez à ses yeux, il cite en référence les moutons néo-zélandais morts après avoir brouté du coton  OGM (pour d‘autres , c‘est en Inde!!!!), ou une « hécatombe » de vaches en Allemagne qui auraient succombé après avoir ingéré du mais BT, et j’en passe… Bref un concentré de tous les hoax anti-OGM. C’est vous dire à quel point notre censeur est toxicologue, et qu’il est qualifié pour juger que je « porte des propos sans aucun fondement en matière de toxicologie sur les OGM », alors que je ne fais que me baser modestement sur les avis existants en la matière, et reconnus comme valides par de très nombreux experts au niveau national et international. Le mieux serait encore pour notre « champion » de demander à l’équipe de modération d’Over-blog de censurer le HCB , l’AESA, ou les agences sanitaires françaises , allemandes , américaines , néo-zélandaises etc…qui portent les mêmes propos « sans aucun fondement en matière de toxicologie sur les OGM » ou sur les ré analyses de G.E Séralini (G.E.S et non pas E.G S !!!).

Quant aux propos qu’il qualifie de diffamatoires sur les responsables du CRIIGEN, ce sont des faits argumentés et documentés qu’il aurait pu chercher à contredire sur ce site. Non, l’éco-citoyen ne débat pas, l’artiste peintre a trop peur de s’emmêler les pinceaux , alors il préfère manier les ciseaux .

Cette tentative d’intimidation minable ne méritait peut-être même pas d’être relevée. A vous d’en juger. Si j’ai choisi de le faire, c’est parce qu’elle me parait bien illustrer les penchants totalitaires qui animent la mouvance auquel ce monsieur appartient.  Penchant que la langue de bois « éco-citoyenne » a du mal à camoufler.

Monsieur l’artiste-censeur, vous pouvez retourner à vos barbouillages insignifiants, c’est sans doute le seul domaine où votre médiocrité a des chances de passer inaperçue.

Anton Suwalki

 

 

 

Repost 0
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 12:44

Les récentes interventions de Pierre-Henri Gouyon sur notre site m'ont inspiré ce papier. Celui-ci pourra bien sûr répondre s'il le souhaite.




 

En mai 2008, nous avons mis un lien vers le site de l'AFIS :

  http://imposteurs.over-blog.com/article-19958840-6.html

 

OGM : un débat entre Michel Naud et Pierre-Henri Gouyon .

 

Un débat, qui faut-il le rappeler , avait été sollicité par Mr Gouyon lui-même.

 

Un passage commentant les attaques de P-H Gouyon a depuis été supprimé sur le site de l'AFIS , la rédaction ayant considéré - à mon avis à tort - qu’il valait mieux éviter que le débat dérape et dérive vers des querelles de personnes.

 

PHG :

«  L’article de Michel Naud montre de très bonnes intentions malheureusement servies par une perméabilité impressionnante à la propagande des firmes impliquées (et représentées à l’AFIS) (souligné par moi). »

 

Le passage retiré du site de l’AFIS :

« Quand le débat tourne aux insinuations et à la rumeur :

Cet ensemble avait été conçu pour offrir à nos lecteurs un véritable débat instruit sur la base d’arguments et de faits. Le thème et la règle du jeu étant fixés, chaque contributeur était, bien entendu, libre d’écrire ce qu’il souhaitait ; libre aussi, par voie de conséquence, de s’écarter de la lettre ou de l’esprit du dialogue convenu. C’est ainsi que Pierre-Henri Gouyon a jugé bon, notamment dans sa réponse à Michel Naud, de reprendre à son compte, à plusieurs reprises, des accusations mensongères sur l’existence de liens entre des firmes impliquées et l’AFIS ou ses représentants. »

 

 

Quelque jours plus tard , Pierre-Henri Gouyon (signature email authentifiée) postait sur Imposteurs le commentaire suivant :

« J'ai obtenu de Krivine qu'il retire son paragraphe sur les rumeurs (en lui fournissant des preuves). Mettez donc votre site à jour, ou au moins signalez ce fait, merci».

 

Fait que nous avons aussitôt signalé :

  http://imposteurs.over-blog.com/article-20296666.html

 

Pour autant, nous avons « pris le risque » de laisser ce paragraphe, et mis au défi Pierre-Henri Gouyon de produire ses « preuves ». A vrai-dire, le risque nous paraissait bien mince…


 

Plus d’un an après, Pierre-Henri Gouyon a donc trouvé intelligent de relever le défi : et de nous mettre un lien vers un site américain d’enregistrement des brevets où l’on peut effectivement relever ceux de Marcel Kuntz et de Louis-Marie-Houdebine ,qui font partie du comité de parrainage scientifique de l’AFIS

 

  http://www.patentstorm.us/inventors/search.htm.html

 

Quel coup de théâtre, sans blague !!! Je savais dès le départ que monsieur Gouyon n’aurait que ça à nous mettre sous la dent. Des chercheurs déposent des brevets dans leur domaine de compétence , ils seraient donc  liés  à l’industrie des biotechnologies, prise comme un tout, de la start-up aux multinationales, et joueraient donc le rôle de propagandistes « pro-OGM » en infiltrant une association rationaliste qui compte quelques centaines d’adhérents, et dont la revue n’est connue que par quelques milliers de personnes ?

 

Décidemment, quand on voit des militants scientifiques (un oxymore) anti-OGM s’adresser régulièrement à des millions de téléspectateurs, on est forcé de se dire que les multinationales de la semence sont bien naïves et n’ont rien compris aux règles modernes de la communication. Carrefour(1) et Auchan, et autres financiers du CRIIGEN, sont sûrement plus en phase avec leur époque !

 

Apparemment, le fait de déposer des brevets vous posent problème, quand bien même les dépositaires n’en tirent aucun revenu. Vous êtes peut-être l’apôtre d’une science purement contemplative (pardon, je voulais dire « fondamentale ») où le but de trouver des applications concrètes à des découvertes, susceptibles d’améliorer un tant soit peu la condition humaine devrait être proscrit? Le but d’un chercheur de l’INRA ou du CNRS, ne serait-donc pas de trouver et que ses recherches aboutissent à des applications agronomiques, industrielles? Seriez-vous d’autre part allergique au principe de la propriété intellectuelle ? Certes, on pourrait en discuter, mais vous feriez mieux alors de commencer à prêcher dans votre paroisse anti-OGM , et de conseiller à certains de vos amis de renoncer aux droits d’auteur qu’ils touchent pour n’importe quel torchon, qu‘ils sont sûrs de vendre, parce que le marché de la peur est décidemment plus lucratif que celui des idées rationalistes…

 

Allez donc nous expliquer, monsieur Gouyon, en quoi les brevets de ces chercheurs (il y a d’ailleurs bien d’autres biologistes dans le comité de parrainage scientifique de l’AFIS , soit dit en passant), forcerait leur opinion sur le moratoire concernant le maïs MON 810 , par exemple ? En quoi, la position de l’AFIS, qui consiste à défendre le rôle de l’expertise publique, la non-interférence entre faits scientifiques et motivations politiques qui peuvent par exemple conduire au moratoire actuel sur le OGM en France , et le fait que les OGM doivent être examinés au cas par cas (un principe de rationalité basique qui semble vous échapper) , en quoi cette position vous semble donc refléter une «perméabilité impressionnante à la propagande des firmes impliquées » ? Cette position me convient tout-à-fait , et ce qui me surprend réellement, c’est qu’elle puisse heurter quelqu’un comme vous de formation scientifique. Il me semble qu’au contraire, toute autre position est entachée , soit de préjugés irrationnels (OGM =transgression) soit de préjugés idéologiques (OGM=« mondialisation libérale), soit des 2 à la fois.

 

Dans laquelle de ces catégories doit-on ranger vos préventions anti-OGM, monsieur Gouyon ?

 

Bruno Rebelle , ex porte-parole des « rebelles » embourgeoisés de Greenpeace, dont le CRIIGEN est un prestataire de services, a eu si on en croit un rapport du sénat le mérite de la franchise :

« Nous avons reçu M. Bruno Rebelle le 28 mars dernier lors d’un colloque au cours duquel il disait refuser les biotechnologies. En termes de recherche de consensus, ce n’est pas facile parce que, sur un plan scientifique, il considère que cela va dans le bon sens et qu’il n’y a pas d’effets néfastes, mais par définition il refuse les biotechnologies qu’il considère comme un type de société »

  http://www.senat.fr/rap/r02-301/r02-301.html

 

J’avoue ignorer à quel type de société aspire ce monsieur, et je pense qu’il a tort en assimilant une technologie à un « type de société ». La répartition géographique des cultures d’OGM, toujours en expansion des USA à l’Inde, en passant par l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso , l’Espagne etc…, semble indiquer que les OGM n’intéressent pas que les latifundiaires, mais aussi des petits paysans du « tiers-monde » propriétaires de quelques acres de terre, tout au plus. Au point qu’ils organisent parfois un commerce parallèle des semences,échappant à tout contrôle du diable Monsanto ,qui rappelons-le, est censé tirer toutes les ficelles.

 

.Néanmoins, Bruno Rebelle a le courage de reconnaître qu’il combat les OGM pour des raisons essentiellement idéologiques et de ne pas se retrancher derrière des alibis scientifiques.

 

Vous dites : « Les recherches sur les risques liés à la culture d'OGM se font donc avec des crédits ridicules. »

 

Je veux bien croire que vos propres recherches vous laissent peu de temps pour vous documenter sur le sujet. Le lien ci-dessous vous donnera une idée de ce qui se fait :(allez, on vous aide, c’est à la page 6) :

 http://www.springerlink.com/content/r6052757667ng364/fulltext.pdf

 

174 articles peer-reviewed de début 2008 à Avril 2009 , rien que sur le maïs BT, dont une bonne partie consacrés aux risques . Ca fait quand même beaucoup ! Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas que GES pour publier sur le sujet. Question : avez-vous lu quelques uns de ces articles avant de vous faire une opinion sur l’état de la recherche en matière de cultures d’OGM ?

 

Vous trouverez par ailleurs ci-joint le détail des procédures d’évaluation des OGM avant leur AMM , que vous devez connaître, dans cet article rédigés par Philippe Joudrier :

http://imposteurs.over-blog.com/article-18527214.html

 http://imposteurs.over-blog.com/article-18527494.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-18527698.html

 

 

Quels autres aliments que ceux issus de plantes génétiquement modifiées font l’objet d’autant d’exigences sanitaires et environnementales ? Aucun, vous le savez bien. Continuerez-vous à mentir avec vos collègues du CRIIGEN en prétendant que les OGM ne sont pas ou peu évalués ?

 

D’autre part, si les recherches menées dans l’hexagone sont effectivement modestes , la faute à qui ? Tous les essais menés en France ont été systématiquement saccagés par la brute du Larzac et ses acolytes, ceci avec l’approbation explicite de certains membres du CRIIGEN . Rappelons que tous les crédits de recherche concernant les OGM ne sont pas distribués, à défaut de trouver preneur dans le climat actuel. Vous êtes donc, au moins indirectement, responsable de la faiblesse des recherches que vous dénoncez.

 

 

Votre dernière réaction, où vous vous offusquez de la réponse, certes cinglante de Marcel Kuntz, est fort surprenante ! Vous attendiez vous peut-être une réponse amicale à vos accusations ? Vous parlez conflits d’intérêts, mais n’acceptez apparemment pas qu’un puisse retourner la question à vous et à certains membres du CRIIGEN.

 

«Je ne touche pas un sou du CRIIGEN, ni personnellement ni pour mon labo »…dont acte , pour vous!

Par contre vous n’ignorez pas que l’activisme anti-OGM et anti-pesticides de Séralini coïncide bien avec les activités d’une officine pharmaceutique homéopathique, financière de la dernière étude sur le Rond-Up (2), et qui fabrique ses produits « détoxifiants » sur la base de ses concepts de ses propres recherches ,d'ailleurs non publiées !!!!. S’il ne s’agit pas là de conflits d’intérêts, qu’est-ce alors ?

Selon Monsieur Séralini :
"« Nous avons testé certains de ces extraits de plantes au laboratoire, ils semblent empêcher carrément les polluants de rentrer dans les cellules ! »

Il ne peut-être pas si étonnant, réflexion faite, que ses recherches n'aient été à ce jour publiée dans aucune revue scientifique. Personnellement, j'ai tendance à me méfier des remèdes miracles, et ceux de GES évoquent irrésistiblement la poudre de Perlimpin ou le bon vieil élixir du Docteur Doxey....

http://imposteurs.over-blog.com/article-33473024.html


De toute façon ,la notion de conflits d’intérêts ne se limite pas aux intérêts financiers , monsieur Gouyon, vous devez tout de même le savoir. Bien des facteurs peuvent altérer l’objectivité d’un scientifique et influencer fortement ses jugements et comportements.

Par exemple, la recherche de la notoriété beaucoup plus facile à acquérir en s’adossant aux préjugés du public et en flattant ses réflexes poujadistes (tous les autres scientifiques sont des « pourris » ou des « savants fous » ) que sur la base de son seul travail de chercheur .Beaucoup de « lanceurs d’alertes » relèvent manifestement de ce comportement.

Ou bien des réflexes corporatistes de ceux qui accusent régulièrement les biologistes moléculaires d’être les privilégiés du système et leur attribuent des prétentions qu‘ils n‘ont pas. Cette attitude vous rappelle-t-elle quelque chose ?

Rappelez-nous . Qui a écrit ceci ?

« Tant que nos collègues biologistes moléculaires prétendront qu'ils peuvent seuls régler les problèmes de la planète en ignorant les avertissements qui leur arrivent de l'ensemble des autres disciplines ne seront pas crédibles

 

Comme si le développement et l’évaluation des OGM ne faisaient intervenir que les biologistes moléculaires !

 

Pour terminer :

 

«Je trouve en effet extraordinaire que vous considériez que le fait d'appartenir à un conseil scientifique (celui du criigen, de la FNH, ou autre) est une preuve de non indépendance ».

Dites-nous de quoi est indépendant le CRIIGEN ? De Monsanto, Bayer etc, sans aucun doute . Mais de toute idéologie, de toute puissance d’argent, de tout calcul politicien , ça impossible à croire. Un organisme qui annonce la couleur en publiant des vidéos telles que « 

OGM l’horreur, réveillez-vous avant », c’est-à-dire dans la tradition sensationnaliste de la diva d’Arte, n’est pas destiné à produire des études objectives et indépendantes sur les OGM, c’est la couverture scientifique d’ une machinerie de propagande anti-OGM, un point c’est tout. Ne pas le reconnaître, c’est complètement ridicule.

Selon Monsieur Jean-Marie Pelt, du comité scientifique du CRIIGEN dont vous faites partie:

« La transgénèse est une transgression qui va à l’encontre des principes éternels établis par les mythologies les plus anciennes »

C’est du mysticisme à l’état pur. Aucune démarche scientifique ne peut venir se greffer sur de tels préjugés. Comment pouvez-vous sentir à l’aise en telle compagnie « scientifique » et prétendre par la suite nous donner des leçons de rationalité ?

Anton Suwalki

 

(1) anecdote :j’ai récemment remarqué chez Carrefour que les boites de maïs de toutes les marques comportaient la mention « sans OGM ». Il ne faut tout de même pas oublier de le rincer à l’eau bénite. Le business a toujours bon ménage avec les superstitions les plus sottes.

(2) autres sponsors : Léa Nature/ Jardin bio . On voudrait faire une caricature du CRIIGEN et du président de son Conseil scientifique, on n’arriverait pas à la hauteur du modèle.

Repost 0
17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 12:25

 

COMMUNIQUE DE PRESSE                                                  

Paris, le 14 décembre 2009

L’AFBV CRITIQUE SEVEREMENT LA NOUVELLE PUBLICATION

 DE G.E. SERALINI CONTRE LES MAïS OGM

 

Une fois encore G.E. Séralini (1), militant anti-OGM, intervient très médiatiquement en publiant dans une revue qui ne figure pas parmi les grandes revues scientifiques les résultats d’une nouvelle analyse de travaux effectués ces dernières années sur les OGM. L’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), présidée par le Professeur Marc Fellous, remarque que cette publication arrive très "opportunément" au moment où des décisions sur le maïs Bt (MON 810) vont être prises au niveau français et européen. Dans cette étude (2) financée par Greenpeace, l’AFBV constate que M. Séralini émet à nouveau des doutes sur la sécurité sanitaire de trois maïs OGM (3) sans apporter aucune nouvelle preuve, alors que ces trois OGM sont autorisés et cultivés dans le monde depuis plusieurs années et qu’ aucun problème sanitaire n’a jamais été mis en évidence de façon scientifique. M. Séralini contredit ainsi à nouveau les avis des experts scientifiques des instances d’évaluation française, européenne et internationale sans apporter  aucune preuve nouvelle.

 L’AFBV informe que cette "étude" est en réalité une nouvelle analyse statistique et une nouvelle interprétation de données déjà existantes en quelque sorte "recyclées" et bien connues depuis longtemps mais n’est nullement le résultat de nouvelles expérimentations. En effet dans cette  analyse, M. Séralini utilise toujours les mêmes données biologiques de base déjà publiées en 2004  et utilise à nouveau les mêmes analyses biostatistiques pour mettre en cause, comme il l’avait déjà fait en 2007, la sécurité sanitaire de ces trois maïs OGM. Les toxicologues et statisticiens consultés par l’AFBV émettent de très sérieuses critiques sur la rigueur et la pertinence de cette publication.

Déjà en 2007, la CGB (Commission du Génie Biomoléculaire) avait conclu que la publication de G.E. Séralini sur ces données biologiques obtenues sur des rats non consanguins entrainait une grande variation inter-individu plus importante que les hypothétiques différences OGM/non OGM recherchées. L’analyse statistique appropriée prenant en compte cette variabilité rendait les différences OGM/non OGM non significatives. De plus, une différence statistique ne signifie pas pour autant qu’il existe une différence biologique, d'autant que les analyses réalisées sur tous les organes et en aveugle par des laboratoires d’histologie indépendants et certifiés ne montrent pas de différences entre rats nourris avec des maïs OGM et ceux nourris avec les témoins non OGM!.

L’AFBV déplore que la science soit mise au service de convictions personnelles ou idéologiques. Elle s’insurge contre les graves accusations formulées à l’encontre des instances d’évaluation qui réunissent des experts qualifiés de la Recherche publique. L’AFBV regrette enfin que les publications de M. Séralini rencontrent un aussi large écho médiatique alors que ses travaux ont toujours été invalidés par la communauté scientifique.


(1)    G.E. Séralini est Président du Comité scientifique du Crii-gen, association anti-OGM présidée par Corinne Lepage.

(2) International Journal of biological Sciences:Three major GMOs approved for food and feed found unsafe 14/12/2009

(3)MON 863, maïs résistant à la chrysomèle, NK 603, maïs tolérant au glyphosate et MON 810, maïs résistant à la pyrale et à la sésamie, seul OGM autorisé pour la culture dans l’Union européenne mais interdit en France depuis le Grenelle de l’environnement.

 

 


 

Qu’est-ce que l’AFBV ?

 L’AFBV est une ONG créée en juin 2009, strictement indépendante, réunissant des personnes de divers horizons dont le but est d’informer sur la réalité des biotechnologies végétales de la façon la plus crédible possible en s’appuyant sur l’expertise de ses membres et sur des travaux reconnus par la communauté scientifique. Elle est présidée par Marc Fellous, Professeur de génétique humaine, et s’appuie sur un Comité scientifique présidé par Michel Caboche, Directeur de Recherche INRA, membre de l’Académie des Sciences.

Elle est aussi parrainée par des personnalités comme Axel Kahn, Président de l’Université Paris Descartes, Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie. Elle est soutenue par des personnalités européennes comme Marc Van Montagu, professeur à l’Université de Gand et créateur de la première plante transgénique en Europe.

 Dans ses 70 membres-fondateurs, l’AFBV dénombre 35 chercheurs dont :

- 15 Directeurs de recherche (INRA, CNRS, CIRAD)

- 14 Académiciens (Académies des Sciences, de Médecine, des Technologies, de l’Agriculture, Vétérinaire)

- 1  ancien DG  de l’ Institut Pasteur, 1  ancien DG de l’INRA ,1 ancien DG du CIRAD


 

 

 Commentaires:

Dans le communiqué médiatisant sa publication redondante, le CRIIGEN n’hésite pas à pratiquer la diffamation ouverte :

« Le CRIIGEN souligne à présent le conflit d’intérêt et l’incompétence de ces comités (EFSA, CGB,AFSSA..) pour contre expertiser la présente publication ; parce qu'ils se sont déjà prononcés positivement sur les mêmes tests en négligeant les effets secondaires. »

http://www.criigen.org/

Séralini et ses acolytes osent tout, et c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît. GES paraît plutôt mal placé pour parler de conflits d’intérêt…Quant à l’incompétence… :

 

GES disqualifie donc d’avance toute contre-expertise, tout jugement de la part de ses pairs. Il faut dire que ses analyses statistiques précédentes, pour le moins folkloriques, ont été recalées par …ces mêmes organismes, mais aussi par les experts allemands, néo-zéolandais etc…

 

 Ce mépris constamment affiché pour les mœurs scientifiques (GES, à la manière des lacaniens, « s’autorise de lui-même »), aurait dû une fois de plus mettre la puce à l’oreille des journalistes sur le sérieux de ce personnage.  Il n’en est rien :

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/12/11/une-etude-prouve-la-nocivite-pour-l-organisme-de-trois-mais-monsanto_1279552_3244.html#ens_id=1269926

 

Les anti-OGM n’auront pas tardé à se saisir de la perche. François Grosdidier , qui partage avec les mystiques du CRIIGEN l’opinion que les OGM, c’est pas naturel, a saisi le Haut conseil des biotechnologies.

 

http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/Contenu/Depeche/OGM-un-depute-saisit-le-Haut-conseil-des-biotechnologies

 

Avec les anti-OGM, les plaisanteries les meilleures sont les plus longues….

Anton Suwalki


 

 

 

Quelques documents sur le cas GES 

 

-La dernière publication de GES & Spirou :

http://www.biolsci.org/v05p0706.htm

 

-L’avis de la CGB sur une précédente étude qui « prouvait » déjà que le MON 863 était toxique

 

http://www.agriculture-environnement.fr/telecharger/Avis_CGB_MON863_15juin2007.pdf

 

-L’avis de l’EFSA sur cette même étude :

http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1178621165358.htm

 

-Les critiques de GES à propos de l’évaluation sanitaire, et la réponse de Gérard Pascal, non dépourvue d’ironie :

http://www.botanischergarten.ch/Seralini/Seralini-Pascal-Answer-OECD-2007.pdf

 

-Une critique détaillée du Livre de GES - Ogm, le vrai débat -par Philippe Joudrier

http://www.botanischergarten.ch/Seralini/Joudrier-INRA-Seralini-Rebuttal-french-230501.pdf

 

-Les mystifications statistiques de GES :

http://gmopundit.blogspot.com/2007/03/lies-damn-lies-and-statistics.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-29829309.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-30006464.html

 

-Une découverte fondamentale de GES : les mâles et les femelles, c’est pas pareil !!!

http://imposteurs.over-blog.com/article-34766192.html

 

-Séralini, saint , martyr ….

http://alerte-environnement.fr/?p=1756

 

… et prédicateur :

http://imposteurs.over-blog.com/article-18357100.html

 

Les pillules « détoxifiantes » magiques de Séralini :

http://imposteurs.over-blog.com/article-33136376.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-33473024.html

 

GES exporte sa propagande :

http://imposteurs.over-blog.com/article-aubergine-bt-le-criigen-exporte-ses-pseudo-expertises-en-inde-39732782.html

Repost 0
14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:49

Un nouveau blog sur les OGM a été créé par Marcel Kuntz.

 

http://marcel-kuntz-ogm.over-blog.fr/

 

 

Marcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Joseph Fourier, Grenoble. Il est l’auteur de Les OGM, l’environnement et la santé aux éditions Ellipses.

 

Nous avons publié sur Imposteurs quelques uns de ces articles.

 

La démarche de ce blog ?

 

« Ce site n’est pas militant car il ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, ni s’il faut en manger ou pas. Ce site prône le respect des faits et études scientifiques : la science ne sait pas tout, mais elle sait beaucoup de choses. Elle sait aussi de mieux en mieux ce qu’elle ne sait pas sur les OGM.

 

Ce site n’est pas politique car il ne dit pas qu’ « un autre monde est possible » avec ou sans les OGM. Ce site est engagé car il s’oppose de facto à des arguments partisans.

 

Vous y trouverez mes écrits antérieurs sur la querelle des OGM, des liens à tous les niveaux pour références des infos présentées, des réponses aux FAQ et l’actu. »

Repost 0
9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 12:35

Un article de Gil Rivière Wekstein

 

« L’impact favorable des OGM sur l’utilisation des pesticides contesté », titre Agrapresse dans son édition du 23 novembre 2009, au sujet d’une étude «  qui bat en brèche l’idée que les OGM permettraient de réduire les volumes de pesticides utilisés dans les champs ». L’article précise que cette étude (*), présentée à Bruxelles par Greenpeace et Les Amis de la Terre le 17 novembre 2009, a été réalisée par un certain Charles Benbrook. Cette tendance est due à « l’émergence très rapide chez les mauvaises herbes de résistances au glyphosate, la substance active contenue dans le Roundup, l’herbicide de Monsanto », note l’agence. « Au total, depuis leur apparition, il y a 13 ans, les maïs OGM auraient entraîné une utilisation accrue de quelque 144.000 tonnes de pesticides, une “alerte sérieuse”, selon Greenpeace et Les Amis de la Terre, pour les décideurs européens », conclut l’article, qui n’apporte aucune autre précision. Gaëlle Dupont, journaliste au quotidien Le Monde et auteur d’un article sur le même sujet, joue en revanche cartes sur table, en précisant que ladite étude a été publiée par The Organic Center, « un centre de recherche américain opposé aux biotechnologies ». Elle aurait également pu signaler que parmi les sponsors de l’étude figurent l’Union of Concerned Scientists, le Center for Food Safety, la Cornerstone Campaign, la Rural Advancement Foundation International et… Greenpeace ! Bref, l’essentiel du lobby anti-OGM outre-Atlantique.(..)

 

Lire la suite de l’article de Gil Rivière Wekstein sur le site d’Agriculture et Environnement

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article588

 


 

(*)Impacts of Genetically Engineered Crops on Pesticide Use: The First Thirteen Years :

http://www.organic-center.org/reportfiles/13Years20091126_FullReport.pdf

 

 


Lectures complémentaires :

 

-Sur Weedscience, quelques données sur la résistance des adventices aux herbicides , phénomène parfaitement courant que font semblant de découvrir les anti-OGM :

 

http://www.weedscience.org/In.asp

 

 

Lire l’analyse du rapport Benbrook par PG Economics :

http://www.pgeconomics.co.uk/pdf/OCreportcritiqueNov2009.pdf

 

 

-L’utilisation d’herbicides doit se mesurer en termes de tonnage de produits actifs et en terme d’impact environnemental, différent selon la nature de l’herbicide utilisé :

Trends in Pesticide Use on Transgenic versus Conventional Crops

http://www.isb.vt.edu/news/2008/artspdf/aug0802.pdf

Repost 0
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 18:18

Après 5 ans de recherches, l’Inde est prête à mettre en cultures commerciales plusieurs variétés d’aubergines transgéniques BT (1). Celles-ci incorporent le gène Cry1Ac exprimant une protéine toxique pour certains lépidoptères et leurs larves. Ce gène est déjà utilisé dans plusieurs plantes transgéniques (maïs, colza, coton). L’aubergine BT a été développée par des équipes universitaires indiennes et la société semencière Mahyco (2) .

L’aubergine BT serait ainsi le 4ème légume fruit transgénique après la tomate, la papaye et la courge. L’aubergine est particulièrement consommée dans les états du Sud-ouest de l’Inde qui en est le deuxième producteur mondial.

 

L’organisme public GEAC (3) dépendant du ministère de l’environnement a approuvé l’introduction de l’aubergine BT, reconnue comme sûre pour la consommation humaine et pour l’environnement. On aurait pu penser dans ces conditions que dans un pays où sont cultivés des millions d’hectares d’OGM (Coton BT), l’autorisation gouvernementale ne serait plus qu’une formalité. Tel n’est pas le cas. Le gouvernement indien a différé son autorisation, une attitude qui va à l’encontre de son comité d’évaluation scientifique et qui n’est pas sans rappeler les moeurs françaises dans ce domaine (4).

 

Cette décision est politique et non pas fondée sur des arguments scientifiques. C’est une réponse aux mouvements écologistes qui réclament l’interdiction pure et simple de l’aubergine transgénique. Il faut savoir que nous en sommes au deuxième round de l’évaluation de cet OGM, et que le GEAC après une première expertise, avait constitué sous la pression des écologistes un deuxième panel d’experts et ordonné de nouveaux essais en champs coordonnés par l’ Indian Institute of Vegetable Research,

Les scientifiques du GEAC ont fait savoir leur désapprobation de l’attitude du gouvernement , faisant valoir que de nouvelles consultations n’apporteraient rien.

 

Seuls 3 des 22 membres du panel OGM indien ont exprimé leur opposition à l’autorisation de l’aubergine BT.  Or , autre similitude troublante avec la situation nationale, ceux-ci invoquent un rapport fait par… Gilles-Eric Séralini, publié en janvier 2009. Sur le site du CRIIGEN (5), il est affirmé que « le Pr Gilles Eric Séralini a évalué pour le compte de la Cour Suprême de l’Inde les études de Mahyco ».

 

En fait, c’est Greenpeace Inde qui a chargé d’ « évaluer » celles-ci (6). Pour parler clairement, Greenpeace a chargé Gilles Eric Séralini de produire un argumentaire anti-OGM, ne pouvant ignorer le type de conclusion qu’on peut attendre de cet individu,          anti-OGM obsessionnel. Dans le même temps les activistes anti-OGM ont réussi à obtenir de la cour suprême un « observateur » anti-OGM en la personne du Dr Bhargava (7) , comprenez par « observateur » le fait qu’il n’ait pas de compétence particulière en matière de biotechnologies agricoles ou de sécurité alimentaire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des jugements très « séraliniens » sur le travail de ces collègues (8)  .

 

 

 Nous ne prétendrons pas ici juger de la qualité des très nombreuses études qui figurent dans le dossier de Mahyco. GES, expert en tout, qui peut à lui tout seul « invalider » le travail collégial des experts de l’AFSSA, de la CGB, ou de l’AESA, ainsi que les normes d’évaluation en vigueur au niveau international, a bien entendu identifié les « lacunes » d’évaluation du comité d’experts indien, qu’il s’agisse des tests de toxicité ou d’alimentarité menés sur des animaux, de l’analyse microbiologique des sols, des effets de la toxine sur la faune non cible, des risques de dissémination des gènes…

 

L’argumentaire est bien entendu un copié/collé des arguments habituels des anti-OGM et de Séralini en particulier (9) : construction génétique artificielle (« chimeric BT gene »), principe d’équivalence en substance « réductionniste », autant de formules qui ne font que refléter des préjugés rédhibitoires. Le fait de s’être discrédité par des analyses statistiques fantaisistes à propos du maïs MON 863 (10) n’a pas le moins du monde ébranlé GES dans ses certitudes. On retrouve dans son rapport sur l’aubergine BT les mêmes différences « significatives » « visibles dans les données brutes [mais] elles n’étaient pas prises en compte pour un certain nombre de raisons, principalement parce qu’elles faisaient partie d’un éventail d’un large groupe « référence » (beaucoup plus grand que le groupe de contrôle le plus proche) » .

 

GES persiste donc à refuser d’examiner les OGM par rapport à la gamme des variations naturelles des plantes non GM parce qu’il est ainsi sûr de trouver à tous les coups des différences « significatives » (11) qu’il interprétera comme autant de signes de toxicité !

 

Il est peu probable que la cause des anti-OGM gagne dans un pays aussi engagé dans les biotechnologies agricoles que l’Inde. Mais le fait d’avoir réussi à ajourner la mise en culture de l’aubergine BT est une victoire importante pour Greenpeace qui démontre que l’Europe n’est pas le seul continent perméable aux manipulations anti-OGM. Cela offre par ailleurs aux imposteurs du CRIIGEN une réputation internationale totalement indue et une reconnaissance politique qu’ils ne peuvent obtenir sur le plan scientifique.

 

Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le CRIIGEN affirme sans rire que « l’expertise du Professeur Séralini dans ce domaine [les OGM] est largement reconnue » (12)! N’hésitant pas à réécrire l’histoire : « En particulier, le maïs BT MON 810 a été jugé toxique après qu’il ait été approuvé par l’EFSA, à la suite de quoi il est désormais interdit de le cultiver en France et est revu sérieusement par les autres pays de l’UE ». Plus menteur, tu meurs !!!!

Anton Suwalki

 

 

Notes :

 

(1)  http://greenbio.checkbiotech.org/news/bt_brinjal_safe_consumption

      http://timesofindia.indiatimes.com/news/city/hubli/Pest-resistant-Bt-brinjal-developed/articleshow/5039550.cms

(2)  voir le dossier déposé par Mahyco :

 http://www.envfor.nic.in/divisions/csurv/geac/bt_brinjal.html

Monsanto est actionnaire à 26% de Mahyco, selon « Info »gm.

(3)  Genetic Engineering Approval Committee

(4)  http://www.gmo-compass.org/eng/news/471.docu.html

(5)  http://www.criigen.org/content/view/238/113

(6)  http://www.criigen.org/images/stories/Dossiers/Divers/btbrinjal-pressrelease_012009.pdf

(7)  http://www.greenpeace.org/india/press/releases/geac-fails-the-nation

(8)  http://csestore.cse.org.in/bt_brinjals.asp

(9)  http://www.criigen.org/images/stories/Dossiers/Divers/btbrinjal-ges_%200109.pdf

(10)                     lire  notamment : http://www.ogm.gouv.fr/experimentations/evaluation_scientifique/cgb/autres_avis/Avis_CGB_MON863_15juin2007.pdf

http://gmopundit.blogspot.com/2007/03/lies-damn-lies-and-statistics.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-29829309.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-30006464.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-34766192.html

(11) sur un grand nombre de paramètres testés il ya une probabilité importante de trouver quelques différences statistisquement singificatives.

(12) Typique du culot du CRIIGEN et de son gourou Séralini, ceux-ci n’hésitent pas pour faire valoir son statut d’expert reconnu le fait qu’il ait été membre de deux commissions d’évaluation des OGM , entendez la CGB et le Comité de Biovigilance : des organismes d’expertise publique que (comme tous les autres) GES dénonce régulièrement dans les médias et dans ses conférences !


Repost 0
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 05:40

Gil Rivière Wekstein revient sur cette triste affaire...

Le 7 septembre dernier, un militant anti-OGM, Pierre Azelvandre, a détruit des porte-greffes transgéniques de vigne à Colmar. Il s’agissait d’une expérimentation menée par l’Inra et destinée à lutter contre la maladie du court-noué, pour laquelle il n’existe aucun traitement. Dès le lendemain, Jacques Muller, sénateur Vert du Haut-Rhin, a condamné très fermement cette action de destruction, la qualifiant de « gâchis humain incommensurable ». Un avis partagé par Michel Breuzard, responsable d’Alsace Nature, une association membre de France Nature Environnement (FNE). Dans le journal L’Alsace du 8 septembre 2009, M. Breuzard a rappelé qu’Alsace Nature avait accepté de participer à un comité de suivi dans lequel « s’est construit au fil des mois un lieu où les chercheurs ont accepté de descendre de leur piédestal et de répondre à toutes les questions  ». Il a également souligné que « cette optique de recherche publique a permis au centre de Colmar de réussir le séquençage de la vigne », « un outil moderne qui permet de mieux comprendre d’autres maladies ». Au sujet de cet essai, qui devait se terminer en décembre 2009, il avait même ajouté qu’il était « plutôt favorable à son extension ».

Lire la suite sur le site d'Agriculture et Environnement :


http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article578

Repost 0