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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 16:55

Résumons l’affaire. Au départ un Vélot d’or décerné à Sébastien Portal et son mentor Jeffrey Smith pour avoir relayé un nième ragot anti-OGM. Puis nous avons retrouvé l’origine de ce ragot : des chercheurs russes découvrant par hasard que des hamsters présentent une anomalie, des poils sur les gencives. Pourquoi ? Il n’en savent strictement rien :  les hamsters présentant cette anomalie ont reçu un régime alimentaire standard, les chercheurs se bornent à spéculer sur d’éventuels éléments présents  dans la nourriture qui auraient pu être à l’origine d’une mutation : « It remains unclear why these hair structures appear in the oral cavity of mammals. We may only speculate on the origin of this phenomenon. The gingival pouches may result from paradontitis and paradontosis caused by feeding on compound food in the vivarium, i.e., by a suboptimal diet. This pathology may be exacerbated by elements of the food that are absent in natural food, such as genetically modified (GM) ingredients (GM soybean or maize meal) or contaminants (pesticides, mycotoxins, heavy metals, etc.).” Notons bien ici qu’ils ignorent le contenu précis de la nourriture , et qu’ils ignorent si ce phénomène est présent dans les population naturelle :« It is unknown whether this phenomenon occurs in natural populations of rodents and, if so, how common it is. »

 

 

Voilà donc ce qui est devenu pour Portal et al. une fantomatique étude sur le nourrissage de hamsters avec un soja GM (résistant à un herbicide )qui provoquerait à la troisième génération l’apparition de ces poils dans la bouche . Quel soja OGM ? il en existe une dizaine, mais nous n’en saurons rien. L’essentiel n’est-il pas que soit prononcé « génétiquement modifié » pour faire peur ?

 Par contre, Sébastien Portal n’est pas avare de détails sur cette prétendue étude :

 

« Au départ, quatre groupes de cinq paires (mâles / femelles) ont été constitués : le premier a été nourri avec des aliments qui ne contenaient pas de soja, le second a quant à lui suivi un régime alimentaire qui comportait du soja conventionnel, le troisième a été alimenté avec en complément du soja OGM et enfin le quatrième groupe a eu des plateaux repas dans lesquels la part de soja transgénique était encore plus élevée que dans ceux du troisième. A la fin de cette première phase, l'ensemble des quatre groupes a eu en tout 140 petits. L'étude s'est poursuivie dans une deuxième phase par la sélection de nouvelles paires issues de chacun de ces premiers groupes. Et dans la logique du déroulement, les nouvelles paires de la deuxième génération ont elles aussi eux des petits, créant de fait la troisième et dernière génération de cobayes. Ainsi, il y a eu au final 52 naissances parmi les spécimens de troisième génération qui n'ont pas consommé du tout de soja, 78 parmi ceux qui ont consommé du soja conventionnel. Mais le troisième groupe, celui qui a été nourri avec du soja OGM, n'a eu que 40 petits, dont 25% sont morts. Et pire, dans le groupe qui a mangé le plus de soja génétiquement modifié, une seule femelle a réussi à donner naissance, soit 16 petits au total dont 20% sont finalement morts. Ainsi, à la troisième génération, les hamsters qui, pour les besoins de l'étude ont eu dans leur menu une part importante de soja OGM, n'étaient plus capables de se reproduire... Mais une autre surprise de taille a été observée : certains de ces hamsters issus de la troisième génération se sont retrouvés avec des poils... dans la bouche, un phénomène d'une extrême rareté. » 

 Le seul problème, c’est que les photos publiées en soutien de cette thèse proviennent de l’article précité dont S.Portal n’avait visiblement pas connaissance si on en juge par son commentaire tardif (hier 18 h 31) : « Anton, je dois prendre le temps d’y regarder de plus près, ce que je n’ai pas pu faire pour le moment. » Bien qu’il ne faille pas dix jours pour se rendre compte de la manipulation, j’ai à ce moment bon espoir : Mr Portal s’est fait rouler dans la farine par Jeffrey Smith, il va rectifier le tir une fois qu’il s’en sera rendu compte. Pensez-vous !!!

Sans craindre le ridicule, Sébastien Portal affirme : « Cet article décrit un effet inattendu qui s'est produit pendant les travaux du Dr Surov que je décris dans mon papier. ». « Ces photos proviennent des travaux mené par le Dr Surov et son équipe qui ont mené les travaux sur les hamsters nourris au soja notamment, pendant deux ans ».

Franchement, ça n’est pas très gentil de nous prendre pour des idiots ! Ni très gentil pour vos lecteurs, puisque vous avez reproduit le même commentaire sur le site de Médiapart, suite à l’interpellation de Luc Marchauciel. 

 

 Vous inventez au fur et à mesure des mensonges pour couvrir les précédents, monsieur Portal. J’ai beaucoup de mal à croire que cet A Surov ait pu lui-même vous dire ça, fut-il une émule d’ Ermakova. Ou alors il est totalement inconscient, tellement la fraude des photos est énorme. Une étude aurait été menée depuis deux ans alors que la seule publiée il y a moins d’un an ne mentionne en aucun cas un régime différencié qui serait à l’origine des anomalies constatées sur certains hamsters? Ils auraient donc menti dans cette première étude en feignant d’ignorer que c’était le soja GM qui provoquait cette anomalie (puisque ça n’est qu’une hypothèse parmi bien d’autres) ? Ils auraient caché qu’ils menaient en fait une étude de nourrissage avec groupe témoin ? Ils auraient menti en prétendant que tous les hamsters avaient reçu la même nourriture ? Drôles de mœurs, décidemment. Alors, si jamais cette étude existe vraiment, le seul examen du contexte permet d'imaginer son sort.  Le même que celle d'Ermakova, ou de l'étude de Zentec?  

 

D’ailleurs avez-vous réellement eu Surov au téléphone, comme vous le prétendez ?  Je vous ferai remarquer qu’hier, vous l’aviez eu au téléphone il y a « plusieurs jours », aujourd’hui c’est il y a « quelques semaines ». C’est dingue comme le temps passe vite !  Si jamais vous conseillez Mr Woerth dans sa défense sur l'affaire Bettencourt, ça parait plutôt mal barré pour lui. 

Vous écriviez « l’étude russe qui pourrait détrôner une industrie ».  Espérons que ces mensonges ne détrôneront pas Médiapart, même si vous publiez là sous votre seule responsabilité. Vous auriez pu simplement admettre que vous aviez été mystifié sur cette histoire de photo, admettre et rectifier une erreur n'est en rien une tare, c'est tout au contraire un devoir éthique du journaliste, et ceux qui procèdent ainsi méritent tout notre respect. Vous avez préféré prendre le risque de vous enfoncer un peu plus.

Il vous reste peut-être le mode de défense de Marie-Monique Robin quand on relève un de ses mensonges: ceci doit être un complot de la CIA, forcément.

Anton Suwalki


 

 

 

 

L’étude publiée :

 

A New Example of Ectopia: Oral Hair in Some Rodent Species

A. S. Baranov, O. F. Chernova, N. Yu. Feoktistova, and A. V. Surov

Presented by Academician E.I. Vorob’eva September 24, 2009

Received October 1, 2009

 

 

The term ectopia (heterotopia, tissue aberration) means the appearance of  morphological structures in regions of the body where they are untypical; e.g., three cases of slight hair growth in the human oral cavity (in persons that had no hypertrichosis) have been described [1–3]. Histological analysis has shown the slightly keratinized gingival epithelium contains deep hollows, through which “hairlike structures” are likely to grow into the oral cavity, and follicles that some what differ from those of normal skin hair. Medical examination of these three patients did not show any disease with which oral hair could be related (all the

three persons proved to be physically healthy); therefore, it was assumed that oral hair growth was caused by mutations affecting the gingival tissue [3].

It is known that some regions of the oral mucosa are more or less keratinized in different mammals. This is why gingival epithelium is capable of producing derivatives, such as teeth, sebaceous glands, and hair. Keratinization of the epithelium of the oral cavity may be induced by mechanic injury during chewing of food. In many rodent species, the buccal mucosa has cutaneous cavities sparsely covered with thin, short hairs associated with hypertrophied sebaceous glands [4–6]. However, hair had never been found on the gingival or palatal mucosa before our study.

When preparing the skulls of hamsters Phodopuscampbelli from the vivarium of the Severtsov Institute of Ecology and Evolution of the Russian Academy of Sciences, we found an unusual structure, namely an extremely well_developed of gingival and parodontal pouches (hereinafter, pouches), cleftlike spaces between the buccal surface of the tooth crown and the gingival margin filled with “brushes” of vertical keratinous outgrowths, which later proved to be true hairs.

Similar structures were found in some other rodents kept in the vivarium, namely Ph. sungorus and Mus musculus (table). At the same time, they were absent inPh. robrovskii, a closely related species of the same genus, as well as in Mesocricetus auratus and Rattusnorvegicus. All examined rodents received the standard diet developed in the Severtsov Institute of Ecology and Evolution; the food contained oats and compound food for rodents.

The gingival and parodontal pouches were more or less developed in all examined Ph. campbelli and Ph. sungorus. They were usually located at the internal or buccal side of the maxillary tooth row, but they were sometimes also found at the mandibular teeth and on the palate behind or in front of the tooth row. The number and sizes of these pouches considerably varied in different species, in animals of different sexes and ages, and in different parts of the palate in the same individual. Some of them were as deep as the tooth roots; in this case, the tooth row was shifted and the teeth became loose. Some of these pouches contained single hairs; others, thick bundles of colorless or pigmented hairs reaching as high as the chewing surface of the teeth. Sometimes, the tooth row was surrounded with a regular brush of hair bundles on both sides. The hairs grew vertically and had sharp ends, often covered with lumps of a mucous–sebaceous substance. There were no symptoms of gingivitis or other inflammations on the gums or palate. At the same time, we found that the bone tissue at these places was sometimes destroyed and richly perforated.

In different individual Ph. campbelli, pouches containing hair were more often found on the maxilla and less often, on the mandible. On the maxilla, they were located on the right and on the left of the tooth row, usually in the segment between M1 and M3. They number varied, in different individuals, from one to five; the thickness of the hair bundles varied from several hairs to a dense brush tightly adjacent to the tooth.

Hair growth was especially pronounced in the pouches located on the internal side of the tooth row. In some cases, the pouches were located between teeth. The interdental gingival space varied from 2–3 to 0.4–1.2 mm in width, which was inversely related to the degree of development of the pouches: if the hair brush was thick and the pouch was deep and wide, the tooth row was shifted and deformed. After removal of the soft tissues of the palate, we found that the hair bundles were mainly adjacent to the processus alveolaris of the maxillary bone. If there was a hair brush, the hairs grew from hollows in the bone lined with mucosa, and the bone was considerably perforated (Fig. 1). The number of perforations varied from three or four to eight or more; their configurations and sizes, from round (0.08–0.3 mm) to oval (0.2 × 1.5 mm). The perforated bone area varied from 0.5 × 2.5 to 2.5 × 4.0 mm, when it filled the entire space along the tooth row and a thick bone ridge (crest) ran along the central line of the maxillary bone (Fig. 2).

The hairs filling the pouches were not foreign fragments and had not been stuffed there during grooming; they were typical hairs with well_developed roots; i.e., they grew directly from the keratinized mucosal lining of the pouches. The number of hairs and the sizes of the pouches considerably varied in different individuals and in different pouches of the same individual. The hair length was usually 1–2 mm; sometimes, it reached 2.5 mm. Their color was mostly yellowish, but black hairs were also sometimes observed.

The shape of the hair shaft was similar to the shape that we earlier described in the study on specialized hairs on the feet and midventral glands of Phodopus [6]. The shaft was of regular cylindrical shape, with a narrower stem above the root and gradual widening in the upper third. It had a sharp end, which was sometimes slightly bent. The medulla stretched along the entire shaft, from the root to the sharp end (Fig. 3a). All hairs could be divided into two types: (1) very thin (23.5 × 0.5 µm), long hairs with a poorly developed and strongly pigmented one_layered ladder_like medulla occupying as much as 20% of the shaft width and (2) thickened hairs (55.8 × 0.5 µm) with an unpigmented, well_developed (62%) medulla, which looked degenerative: it consisted of a continuous chord or consisted of separate, irregularly oriented wide septa, with poorly developed air cavities. The pattern of the cuticle of palatal hairs was similar to that of the skin hair cover of Phodopus [6]. The cuticle was semicircular or circular,slightly flattened in the middle and at the top of the

shaft compared to its base (Fig. 3b). The cuticular scales were as long as 10 µm at the base of the shaft and shorter (up to 5 µm) above the middle of the shaft. The

free edges of the scales were slightly sinuate (Fig. 3d).

The outer surface of some hairs lacked the cuticle, and its relief was formed by thickened edges of cortical cells oriented along the shaft (Fig. 3c), which suggested that a strong mechanical effect had destroyed their cuticular layer.

It remains unclear why these hair structures appear in the oral cavity of mammals. We may only speculate on the origin of this phenomenon. The gingival pouches may result from paradontitis and paradontosis caused by feeding on compound food in the vivarium, i.e., by a suboptimal diet. This pathology may be exacerbated by elements of the food that are absent in natural food, such as genetically modified (GM) ingredients (GM soybean or maize meal) or contaminants (pesticides, mycotoxins, heavy metals, etc.).

Probably, hair growth in the gingival pouches is a protective reaction of the body suppressing the progress of gingival pathology, because the hair bundles are so

dense that they prevent food from getting into the pouches and the resultant inevitable inflammation.

Hair grows in the parts of the mucosa that, being affected by mechanical factors, acquire the capacity for keratinization. However, this assumption does not explain why oral hair has not been found in rats or other animals from the vivarium, including hamsters (Ph. robrovskii and M. auratus). It is unknown whether this phenomenon occurs in natural populations of rodents and, if so, how common it is.

It is noteworthy that this phenomenon has been found in representatives of phylogenetically remote taxa (rodents and humans). Further research is required to determine the cause and mechanism of the phenomenon of oral hair in mammals.

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 15:59

Nous avons récemment attribué un Vélot d’or à deux journalistes - Sébastien Portal et Jeffrey Smith (1) - pour avoir contribué à répandre un des hoaxs les plus abracadabrants de l’histoire de la désinformation anti-OGM :  l’équipe d’un certain Alexey Surov aurait découvert que des hamsters nourris avec un soja GM sur plusieurs générations se reproduisaient moins que ceux nourris avec du soja conventionnel, présenteraient une surmortalité, et surtout qu’ à la troisième génération, certains hamsters se seraient retrouvés avec des poils…dans la bouche ! Photos à l’appui.

 

         Lorsqu’il s’agit d’attribuer des conséquences monstrueuses aux OGM, l’imagination des anti n’est jamais en panne. Nous ignorions toutefois où Smith & Portal étaient allés pêcher ce hoax. C’est un lecteur d’Imposteurs qui en a retrouvé l’origine.

 

         De l’étude d’A Surov dont sont censés être tirés les clichés accusateurs, aucune trace officielle. Seule la toile anti-OGM, où les sites recopient les uns les autres les mêmes âneries, la mentionne.

 

En réalité, ces photos (2) proviennent d’un autre article (3) cosigné par un certain Surov A.V . L’article est purement descriptif.

 

         C’est alors qu’ils préparaient des hamsters provenant d’un vivarium que les auteurs ont par hasard découvert des individus porteurs de cette anomalie. Les auteurs ignorent tout de l’origine de ces poils dans la bouche, soulignant que les rongeurs avaient suivi le régime alimentaire classiquement délivré à de pareils animaux élevés en captivité dans l’institut dont ils provenaient. Ils se risquent toutefois à une hypothèse totalement gratuite : cette pathologie aurait pu, écrivent-ils, être exacerbée par la présence d’éléments absents dans la nourriture naturelle, tels que des « ingrédients génétiquement modifiés (sic !) » , par exemple du soja GM ou du maïs, ou des contaminants (pesticides, mycotoxines, métaux lourds etc..).

 

         Ainsi nait une légende anti-OGM. Des affabulateurs ont sciemment fait d’une simple observation assortie de vaines spéculations une étude contrôlée mettant en évidence que le soja GM provoque l’apparition de poils dans la bouche des hamsters. Comme pour la plupart des rumeurs, ceux qui ont propagé celle-ci ignoraient sûrement son origine, et l’ont répercutée sans réfléchir parce qu’elle correspond à leurs croyances anti-OGM. Reste cette « étude »,décrite avec un protocole et des résultats aussi précis qu’imaginaires, qui n’est pas le simple résultat  des petits ruisseaux qui alimentent traditionnellement les rumeurs (4). Elle a été inventée de toutes pièces pour servir une propagande (5).  Par qui ?

Anton Suwalki

 


 

 

(1) http://www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-portal/250410/ogm-l-etude-russe-qui-pourrait-deraciner-une-industrie

 (2)d’origine certifiées, identifiables au pixel près.

 (3) A New Example of Ectopia: Oral Hair in Some Rodent Species, BARANOV et al.

Doklady Biological Sciences, 2010. L’ectopie désigne la localisation d’organes ou de structures à des endroits anormaux.

(4) où chacun reprend la rumeur en lui rajoutant une petite touche personnelle

(5) avec beaucoup de succès, puisque le hoax est remonté jusqu’à l’Assemblée Nationale, faisant l’objet d’une question écrite au gouvernement !

http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-82005QE.htm

                  

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 16:37

 

Lire notre article : Gilles-Eric Séralini, victime de diffamation ?

 


Comme nous vous en avions informés, l’AFBV a à plusieurs reprises vivement critiqué la qualité des travaux de Gilles- Eric Séralini, notamment financés par Carrefour et Greenpeace, ainsi que sa partialité. Ce qui a déclenché une double initiative de GES et du CRIIGEN :

1/ une nième pétition « citoyenne » joliment intitulée «  Pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire

2/ un procès intenté à Marc Fellous et à l’AFBV , ainsi que le site du CRIIGEN en avertissait ses lecteurs :

http://www.criigen.org/SiteFr/ (lire les news Juin 2010)

 

Respect de la controverse donc, sauf lorsqu’elle expose GES à la critique !

 

Si l’affaire n’était pas grave, on pourrait demander au CRIIGEN s’il ne s’est pas inspiré du règlement Shadok :

1/ le chef a toujours raison

2/ Dans le cas où le chef aurait tort, se reporter à la règle 1/

 

C’est peut-être parce que cette situation est si ubuesque qu’Alternatives Économiques   a transformé l’info ainsi :

 

« OGM: pour le droit à la critique

 

L'Association française de biotechnologies végétales, parrainée par Claude Allègre et Axel Kahn, attaque Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen, et ses collègues pour leurs travaux remettant en cause l'innocuité du maïs OGM de Monsanto. La pétition de soutien lancée par la fondation Sciences citoyennes a recueilli déjà près de 3 000 signatures, dont 172 chercheurs. »

 

la brève d'Alter Eco

 

L’article laisse donc entendre que c’est l’AFBV qui attaquerait en justice le CRIIGEN (d’où cet appel au droit à la critique d’Alter Eco et la pétition), et non le contraire.

 

Depuis, l’AFBV a obtenu un droit de  réponse ou l’association précise :

 

« L'Association Française de Biotechnologie Végétale (AFBV), à la suite de l'article paru sur le site www.alternatives-economiques.fr, tient à préciser que c'est bien M. Séralini, et non l'AFBV, qui a pris l'initiative d'engager une procédure judiciaire, à la suite d'un courrier de l'Association dénonçant le caractère non contradictoire d'un débat organisé par une émission de télévision. »

 

Lecteur occasionnel d’Alternatives Économiques et de ses dossiers intéressants et bien montés, je ne pense pas qu’il y ait eu volonté de désinformer. Pourquoi cette bourde alors ?

 

Et si c’était parce que, lisant un peu distraitement la nouvelle, l’auteur avait machinalement corrigé une dissonance cognitive ? Pas facile de s’y retrouver lorsqu’on n’est pas habitué à la novlangue des anti-OGM.

 

Pour nous, gens ordinaires, la liberté, c’est la liberté. Mais c’est l’esclavage dans l’Océania d’Orwell, et c’est la « censure » dans le monde du CRIIGEN.  Et le mouvement anti-OGM n’a cessé d’enrichir le dictionnaire de la novlangue : « contamination» pour dissémination , « action non violente » pour acte de vandalisme, « neutralisation de semences» pour destruction de récolte, etc..

 

Depuis peu, une annonce sur le site du CRIIGEN , Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique nous a permis de mieux cerner la définition qu’il donne au mot indépendant.

 

« Le CRIIGEN remercie charleureusement (sic) "Jardin Bio", groupe Léa Nature pour son soutien pour la recherche » 

 

 

 Et de mettre deux liens vers le catalogue de ce groupe dont l’entreprise principale comporte 570 salariés et réalise 100 millions de chiffre d’affaires -O’ surprise !- dans le domaine des produits bio. Que ce groupe qui a financé l’une des études de Séralini  ait droit à un petit retour d’ascenseur publicitaire, n’est-ce pas la moindre des choses ?

 

A moins d’être victimes de la novlangue comme Alter Eco vous aurez probablement une définition d’indépendant à nous proposer. En attendant, au train où vont les choses, les chercheurs « indépendants » vont bientôt troquer la blouse blanche pour la panoplie d’homme sandwich.

Anton Suwalki

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 10:42

Je signale à nos lecteurs la publication par les éditions Le publieur  de « OGM : pas de quoi avoir peur ! » du livre de Philippe Joudrier .

 


 

 

Voici la présentation de l’éditeur :


 

 

Ce livre marque un tournant dans le débat sur les OGM en apportant une contribution rigoureuse, honnête et très documentée.
Il permet à chacun de se forger une opinion juste et mesurée sur ce sujet majeur qui suscite tant de passions et que les médias traitent trop souvent avec partialité.
Après la lecture de cet ouvrage, on ne pourra plus entendre avec la même indulgence les discours de ceux qui pourfendent les OGM au nom d’une idéologie naturaliste, ou qui invoquent le principe de précaution pour masquer leur conservatisme ou leur ignorance.
La parole de Philippe Joudrier est importante. Biologiste de premier plan, ancien président du comité d’évaluation des OGM de l’Agence française de sécurité sanitaire et alimentaire, il est particulièrement bien placé pour expliquer ce que sont les OGM et les enjeux alimentaires et sanitaires qui entourent leur développement. Sa démarche est celle d’un scientifique libre et indépendant guidé par le souci de la vérité et du progrès.

Philippe Joudrier est Docteur d’état en biologie. Il fut Directeur de recherche de l’INRA où il se consacra à des travaux de recherche en biochimie et biologie moléculaire des céréales. Expert au sein du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) puis au sein de l’AFSSA, il a présidé de 2006 à 2009 le Comité d’experts spécialisé en biotechnologie, chargé de l’évaluation des OGM.


Les contributions de Philippe Joudrier publiées sur Imposteurs :

 


 

Une critique des positions de Christian Vélot

 

OGM : ignorance et escalade d'engagement

 

Le contrôle des OGM avant leur mise sur le marché (1)

 

Le contrôle des OGM avant leur mise sur le marché (2)

 

Le contrôle des OGM avant leur mise sur le marché (3)

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 11:19

C’est avec un certain soulagement que l’on apprenait en avril dernier qu’après l’avis favorable du HCB (1), l’INRA allait reprendre ses essais de porte-greffes de vigne transgéniques (2) détruits par un militant isolé mais pourtant acte approuvé comme attendu par la Confédération paysanne. Hélas, dimanche 15 aout, une bande d’une soixantaine d’individus s’est introduite dans le champ d’expérimentation et a détruit les nouveaux plants.

 

Le consensus anti-OGM s’effrite

 

Cette expérimentation de porte-greffes transgéniques était une des recherches conduites par l’INRA pour trouver une protection contre le court-noué, un maladie virale véhiculée par certains nématodes du sol. Les essais avaient démarré en 2005. L’institut n’avait pas lésiné sur les moyens afin de prévenir toute dissémination, et avait innové en associant à la mise en place de cette recherche des représentants de la « société civile ».

 

Ces actes de vandalisme soutenus par la Confédération Paysanne illustrent les limites de la concertation en matière de recherche scientifique, lorsque l’obscurantisme anti-OGM atteint le niveau de virulence qu’on lui connaît dans l’hexagone. Mais ils auront au moins eu le mérite de mettre en évidence les dissensions qui commencent à naître dans des milieux jusqu’à présent hostiles aux biotechnologies végétales :

 

Ainsi le premier acte de vandalisme a été clairement condamné par Jacques Muller, sénateur vert du Haut-Rhin, et Michel Breuzard, responsable d’Alsace Nature associé à l’expérience (3). Si les ministres de l’agriculture et de la recherche ont sans surprise, condamné la récente action des faucheurs, le PCF, pourtant jusqu’à présent totalement suiviste des écologistes a cette fois déclaré son indignation (4). La CGT et la CFDT ont également condamné l’action, ce que s’est bien gardé de faire le syndicat SUD-recherche qui s’en prend par contre à la politique de l’INRA avec des arguments dont la vacuité n’a pas échappé à Sylvestre Huet, journaliste à Libération (5) :

 

« Le texte de la fédération Sud-recherche (..) ne comporte aucune appréciation négative sur la destruction de l'essai, ce qui est déjà étrange. Mais sa lecture montre surtout à quel point la dérive idéologique - au sens du refus catégorique d'examiner en pratique les problèmes posés mais à se contenter d'une phraséologie générale (souligné par moi) - rend tout débat public sur la transgénèse végétale utilisée en agriculture (rien que la formule OGM utilisée sans précision signale, chez les partisans comme chez les opposants, la volonté de s'évader du côté de l'idéologie...) quasi impossible. »  

 

Mais le plus étonnant est sans doute l’opinion d’un responsable de la Confédération Paysanne qui estime que cette action « relève d'une sorte de dérive sectaire, semblant dictée par une poussée limite obscurantiste. » (6). Si c’est lui qui le dit…

 

Vélot et Kastler au secours des faucheurs

 

Christian Vélot n’est plus à présenter à nos lecteurs, qui ont déjà pu juger de la valeur de ses arguments scientifiques (7). Il s’est empressé de déclaré son soutien « à 200% » aux faucheurs volontaires (8), attitude particulièrement honteuse qui consiste donc à approuver le sabotage du travail de ses propres collègues. Ses arguments contre les essais de la vigne transgénique sont partiellement repris par Guy Kastler (9), « tête pensante » de la Confédération paysanne et membre du Comité économique, éthique et social du Haut Conseil des biotechnologies. Tous deux pratiquent avec un grand art ce que Marcel Kuntz nomme la « science parallèle » (10), qui consistent à revêtir les habits de la science pour des objectifs purement politiques.

Examinons ces recettes :

-spéculer sur des risques potentiels envisagés par les chercheurs de l’INRA et qui faisaient précisément partie des éléments à vérifier au cours des expérimentations : ainsi en est-il des risques de recombinaison de virus, dont C Vélot affirme tout-à-fait gratuitement que la probabilité d’un tel événement augmente considérablement avec les plantes transgéniques.

 

-minimiser la gravité du problème du court-noué, alors qu’il n’existe pas de remède curatif et que les techniques actuelles de prévention sont lourdes à mettre en œuvre et couteuses pour les agriculteurs (jusqu’à 10 ans de jachère ! ) (11)

 

-lancer quelques tartes à la crème : « Encore une fois, la planète n'est pas une paillasse de laboratoire. Pourquoi ne pas faire ces essais au moins sous serre ? »… Tout simplement parce qu’il s’agit d’étudier la résistance de la vigne au court-noué en conditions environnementales normales ! De plus, l’argument est particulièrement hypocrite puisque de toute façon les faucheurs que Vélot soutient ne se privent pas d’attaquer les essais en serre.

 

-réclamer des alternatives, que Guy Kastler voie dans les pratiques de sorcellerie de la biodynamie, ce qui est plutôt amusant quand on prétend dénigrer les recherches de l’INRA sur le terrain scientifique. Ou proclamer qu’elles existent comme le fait Vélot sans mentionner que l’INRA fait également des recherches sur ces alternatives, et bien entendu, sans en mentionner les limites. Notons que Vélot décroche ici un pompon bien mérité lorsqu’il dit « il existe (..) des pratiques culturales qui permettent de s’affranchir du court noué telles que les plantes nématicides (ou nématifuges). » … Certes ! Vélot a juste oublié pour la circonstance l’épouvantail des « plantes pesticides » qu’il agite en permanence lorsqu’il s’agit de faire peur à propos des OGM !

 

-présenter mensongèrement des éventualités comme des faits avérés :

Ainsi, Guy Kastler affirme que « La manipulation génétique ne modifie pas que le porte-greffe mais l’ensemble de la vigne cultivée, le raisin et le vin. »… prétendant s’appuyer sur deux études, dont la dernière date de 2009. Or, la prétendue « transmission très importante de produits du transgène du porte-greffe au greffon » avait déjà été réfutée par les chercheurs de Colmar (12):

 

Christian Vélot s’engouffre lui aussi dans la brèche, avec sa lecture très distraite des publications scientifiques :

« On nous dit que la transmission par le pollen est peu probable puisque c’est le porte greffe qui est génétiquement modifié et non le greffon… ».

 

Là encore Vélot montre toute « sa » science : en effet, le greffon est un hybride femelle. Il ne pouvait donc pas y avoir de pollen, même s'ils les inflorescences étaient présentes.

Information que l’on peut trouver aisément dans l’avis du Comité scientifique du HCB si on se donne au moins la peine de le lire !

 

Et il continue :

« C’est faire fi des travaux scientifiques publiés dans Science en 2009 qui montrent le passage de gènes de porte-greffe à greffons » 

* Le résumé est en effet trompeur et il est probable que Vélot ne se soit basé que sur sa seule lecture. En fait, il apparaît qu’il y a bien des échanges de matériel génétique à la jonction entre le porte greffe et le greffon mais que ces échanges sont très localisés.

Voilà l’analyse qu’en fait Marcel Kuntz, interrogé sur le sujet : 

 

« Si l'on examine la référence citée 2,

(http://www.sciencemag.org/cgi/content/full/324/5927/649)

on s'aperçoit qu'il ne s'agit pas de passage généralisé de transgènes du porte-greffe vers le greffon, mais d'un phénomène limité à la jonction entre les 2, où certaines cellules contiennent à la fois un gène marqueur du porte-greffe et un autre gène marqueur du greffon. De plus, il ne s'agit pas de passage de gène du noyau d'une cellule  vers le noyau d'autres cellules. Il s'agit en fait de gènes d'un organite différent (le chloroplaste): ces gènes chloroplastiques seraient effectivement passés dans le noyau des cellules adjacentes (le transfert de gènes chloroplastiques vers le noyau est un phénomène largement décrit à l'intérieur des cellules); cette précision est importante car cela ne correspond pas à la situation du porte-greffe de la vigne de Colmar (dans ce cas  le transgène est dans le noyau de la cellule, pas dans le chloroplaste). »

 

*En aucun cas, un transfert de matériel génétique ou de produits du transgène des porte-greffes aux greffons n’a été détecté dans le cadre des essais effectués à Colmar, alors que de tels phénomènes avaient été relevés dans des études portant sur le tabac.

 

* le HCB a examiné cette éventualité , approuvé la proposition de l’INRA d’utiliser une méthode de détection plus sensible que celles utilisées jusqu’à présent (RT-PCR et ELISA) mais aussi apprécié les conséquences possibles d’un tel transfert : « Le greffon n’est pas transgénique. S’il y avait passage des produits des transgènes du portegreffe

au greffon, c’est-à-dire présence de protéines CP, ARNm ou siRNA dérivés de CP, le

résultat ne serait qualitativement pas différent d’une situation naturelle dans laquelle ces

protéines et acides nucléiques s’accumulent à partir du virus de GFLV lors d’une infection

(voir le paragraphe 6.3). La protéine CP est plus abondante en conditions d’infestation

naturelle par le virus (détection aisée de la protéine par ELISA dans des plants naturellement contaminés). »

 

Tous les risques ont donc été volontairement gonflés pour les besoins de la cause par Katsler, Vélot and co…

 

Conclusion : 

 

Il faut bien se rendre à l’évidence, quelque soit le degré de précaution (exemplaire dans le cas présent) qui entoure les essais, que l’on mette ou non en place des instances de dialogue et de concertation, que l’on associe ou pas des représentants des agriculteurs, de la « société civile », le noyau dur des anti n’acceptera jamais les OGM et continuera à recourir à ces moyens, sabotera le travail des chercheurs, même quand ils émargent à l’INRA ou au CNRS : Un Guy Kastler défend ainsi sans vergogne le sabotage sous prétexte que les travaux auraient risqué d’être exploités … par Monsanto ! Mieux vaut tuer la recherche publique, c’est en effet la meilleure garantie qu’elle ne soit pas « dévoyée » !

 

Bien des acteurs doivent aujourd’hui osciller entre colère et découragement. Nous ignorons si le projet de recherche redémarrera. En réalité, les résultats des essais étaient mitigés si on en croit Jean-François Launay, directeur de la communication de l’INRA interrogé par Agriculture et Environnement (13). « Si nous avions pu conclure en respectant le protocole de l’expérimentation, et au regard de la faiblesse des résultats, nous n’aurions sûrement pas recommandé la transgenèse comme moyen de lutte contre le court noué. En effet, il y a une résistance discutable, avec, certes, un effet qui retarde l’infection, mais pas une résistance avérée des porte-greffes (…)  le protocole de notre expérimentation ayant été interrompu, celle-ci ne peut plus faire l’objet d’une publication scientifique ».

 

Pour autant, faut-il partager la conclusion de Gil Rivière-Wekstein selon laquelle les faucheurs auraient marqué contre leur propre camp ? Il en effet assez improbable que les faucheurs volontaires s’intéressent aux conclusions d’une publication de l’INRA, qu’elle soit favorable ou non à un OGM. La stratégie consistant à diaboliser les chercheurs, discréditer leurs recherches et à désigner l’INRA comme étant « à la solde de Monsanto et de  l’agro-business » est beaucoup plus payante pour eux, ce qui supposait donc de dénigrer dès le départ cette expérimentation. En outre, il s’agissait de démontrer qu’aucune démarche participative ne peut aboutir, et le saccage des essais était à ce titre l’issue logique de cette démonstration.

 

Toutefois, comme nous l’avons souligné plus haut, ce triste épisode aura peut-être permis à quelques éléments traditionnellement plutôt hostiles aux OGM à prendre conscience et à s’inquiéter du fanatisme et de l’incurable obscurantisme qui animent les vandales. C’est toujours ça.

 

Anton Suwalki

 

 


 

 

Lire le communiqué commun de l’AFIS et de l’AFBV :

 

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1435

 

Lire le dossier dans la lettre d’informations sur les plantes génétiquement modifiées

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-lettre-176-1-septembre-10-56337406.html

 


 

Sources :

 

 

 

(1)   Comité scientifique du Haut Conseil des biotechnologies : avis du 15 mars 2010

(2)http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/vigne-ogm-de-colmar-un-nouvel-essai-devrait-repousser-sur-les-cendres-du-precedent-25778.html

 

(3)http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article578

(4)http://www.pcf.fr/spip.php?article4988

 

De son côté, l’UMP Dominique Paillé a déploré « que ce vandalisme à l’encontre d’une action expérimentale, réalisée dans des conditions optimales de sécurité sanitaire et environnementale, vienne anéantir huit années de travaux et d’efforts des chercheurs, dont le travail conjugue éthique et rigueur ».

 http://www.lejournalduvin.com/2010/08/vignes-ogm-saccagees-lump-indignee/

 

Pour terminer sur les réactions politiques, signalons à l’extrême-gauche d’un côté Lutte Ouvrière dénonçant virulemment « les crétins qui ont saccagé la plantation de l'INRA », ajoutant : « Pour qui en douterait encore, la destruction par un commando d'écologistes des pieds de vigne transgéniques à l'Institut national de recherches agronomiques (INRA) de Colmar montre que, chez ceux qui se présentent comme des défenseurs de la nature, la débilité antiscientifique est largement répandue. ».

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2194&id=10

 

De l’autre côté, le Nouveau Parti anticapitaliste  soutient sans réserve l’action des faucheurs.

http://www.npa2009.org/content/communique-du-npa-de-mulhouse-soutien-aux-faucheurs-volontaires-colmar

 

Le dialogue futur entre « révolutionnaires anticapitalistes » promet d’être houleux !

 

(5)http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/08/vignes-ogm-de-colmar-divergences-syndicales.html#tp

 

(6)http://www.lindependant.com/articles/2010-08-17/pascal-frissant-vous-etes-membre-de-la-commission-nationale-viticole-de-la-confederation-paysanne-comment-avez-vous-reagi-a-cette-action-anti-ogm-232475.php

 

(7)http://imposteurs.over-blog.com/article-christian-velot-est-anti-ogm-tout-s-explique-1-46986030.html

 

http://imposteurs.over-blog.com/article-christian-velot-est-il-anti-ogm-tout-s-explique-2-52775035.html

 

 

 

(8)  http://www.hns-info.net/spip.php?article25093

(9)  http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article18363

(10)                     http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1404

 

(11)                     http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-pratiques/court-noue.php#ancre3

(12)  http://www.ogm.gouv.fr/article.php3?id_article=40

(13)http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article667

 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 15:03

-La certitude d’agir au nom d’une cause « supérieure » sacrée

-La certitude d’être dans son bon droit quelles que soient les actions que l’on mène au nom de cette cause qui dispense de toute justification.

 

Ces deux principes gouvernent tous les obscurantismes. Depuis des fanatiques qui mettent le feux à un cinéma projetant un film «blasphématoire», jusqu’aux « citoyens » qui jettent une bouteille d’ammoniac pour empêcher un débat sur les « nanotechnologies totalitaires » (1) 

 

L’obscurantisme anti-OGM échappe d’autant moins à la règle que ses actions commando (destruction de cultures transgéniques, d’essais ,saccages de labos…) ont depuis toujours bénéficié de la bienveillance médiatique et politique :  au bénéfice d’actions « illégales » fort peu risquées, il est facile de se prendre pour un héros. Né en France en 1997 avec la destruction d'un champ de colza transgénique, le phénomène a contaminé l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni (2)… Et lorsque les actions ne sont pas revendiquées collectivement, le climat qui s’est instauré incite à des « initiatives individuelles », comme dans le cas de la destruction des vignes transgéniques de Colmar. Si cette action a été condamnée par le sénateur vert du Haut-Rhin, Cécile Duflot a considéré les faits avec beaucoup d’indulgence, tandis que la Confédération Paysanne (qui s’en étonnerait ?) a glorifié l’acte du saboteur qui a déclaré agir de sa propre initiative. Seul, mais soutenu ! 

 

  

         Jusqu’à présent toutefois, ces actions ne visaient pas directement des personnes. Ce pas vient d’être franchi. Après l’entartage stupide ,mais sans conséquence, de Marc Van Montagu (3) à la sortie d’une conférence sur les OGM à Bruxelles, une action beaucoup plus inquiétante a eu lieu en Suisse : c’est cette fois-ci un chercheur, Wilhelm Gruissem,  qui a été la cible des fanatiques (4). Dans la nuit du 28 au 29 Juin, sa maison a été taguée de slogans « non aux OGM », la voiture de sa femme et de sa fille endommagées. Pire, ces actes ont été revendiquées sur le net, les individus à l’origine de ce communiqué indiquant en plus l’adresse du domicile de M. Gruissem… Ce comportement sinistre est ainsi justifié :

« Contre les OGM, les monocultures, la technocratie et le capitalisme!
La lutte continue.
 »

 

         Voyez-vous ça ! Ces actes n’émanent pas de demeurés comme vous seriez tentés de le croire, mais d’individus guidés par de « nobles idéaux politiques » !

        

          Le fait de communiquer l’adresse sur Internet (5) est bien sûr une incitation à d’autres actions peut-être plus violentes, et on peut comprendre l’inquiétude de Wilhelm Gruissem, qualifié de « collabo de Schell et Monsanto » par les responsables de cette action.

 

Que feront la prochaine fois ces drôles de « résistants » ?

 

Anton Suwalki

 


 

 

 

(1) http://imposteurs.over-blog.com/article-pour-les-anti-l-ennemi-ultime-est-la-connaissance--44141135.html

(2) un recensement des actions de sabotage sur le blog de Marcel Kuntz :

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-vandalisme-labo-public-52897421.html

(3) biologiste belge, l’un des pionniers de la transgénèse végétale

(4) http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/19762915

(5) plus étonnant, le site qui a publié ce communiqué n’a pas supprimé l’adresse du chercheur, ce qui le rendrait en partie responsable en cas de nouvelle agression. J’ai posté un commentaire pour leur demander de la retirer.

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 00:00

Article publié le 13/06/2010 sur le site de l’AFBV

http://www.biotechnologies-vegetales.com/node/159

 


 

 

 

Les cotonniers Bt, partout dans le monde, ont permis de contrôler les insectes ravageurs principaux, notamment la chenille Helicoverpa armigera, en utilisant moins d’insecticides chimiques, en améliorant les rendements, l’environnement et la santé des agriculteurs.

 

 

Revers de la médaille, une étude chinoise (*) publiée le 13 mai 2010 dans la revue Science Express, montre que des mirides (punaises), ravageurs secondaires très occasionnels, précédemment contrôlés par les traitements insecticides à large spectre  sont progressivement devenus des insectes nuisibles dans certaines régions de Chine, qui sèment du cotonnier Bt depuis plusieurs années. Ce problème nécessiterait un recours aux traitements insecticides qui sont toujours nécessaires pour lutter contre les insectes non-cibles du cotonnier Bt.

 

 

Pour l’AFBV qui ne considère pas les OGM comme une panacée mais qui s’oppose à leur diabolisation, ce problème n’est pas lié à la technologie OGM en tant que telle et n’est pas nouveau. Il est lié au fait que sur cotonnier Bt résistant aux ravageurs les plus nuisibles, les traitements insecticides sont peu nombreux et ouvrent une niche aux insectes dits « secondaires » ou « occasionnels » peu ou pas sensibles à la protéine insecticide Bt qui est dotée d’un spectre d’efficacité spécifique.

 

 

Cela confirme la nécessité de bonnes pratiques agricoles et d’un accompagnement par la recherche afin d’anticiper les fluctuations inévitables des agro écosystèmes, quel que soit le type d’agriculture pratiqué.

Afin de limiter les traitements chimiques sur ces punaises et dans l’attente de variétés résistantes, transgéniques ou conventionnelles, la culture du cotonnier Bt pourrait être intégrée dans des programmes de « gestion intégrée des ravageurs » (IPM**) voire de lutte intégrée.


 

 

 

(*) Mirid Bug Outbreaks in Multiple Crops Correlated with Wide-Scale Adoption of Bt Cotton in China

Yanhui Lu,1 Kongming Wu,1* Yuying Jiang,2 Bing Xia,2 Ping Li,2 Hongqiang Feng,1 Kris A. G. Wyckhuys,1† Yuyuan Guo1

1.State Key Laboratory for Biology of Plant Diseases and Insect Pests, Institute of Plant Protection, Chinese Academy of Agricultural Sciences, Beijing, 100193 P.R. China.

2.National Agro-Technical Extension and Service Center, Beijing, 100026 P.R. China.

www.sciencexpress.org

Science328, 5982, 1151-1154

(**) IPM : Integrated Pest Management

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 16:11

Signalé par Marcel Kuntz sur son blog :

 

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-vandalisme-labo-public-52897421.html

 

Dans la nuit du 22 au 23 juin 2010, le Laboratoire Génome et Développement des Plantes de l'Université Perpignan via Domitia, du CNRS et de l’Institut pour la Recherche et le Développement (IRD) a été vandalisé : des tags "non aux OGM" ont été inscrits sur les chambres de cultures où les plantes ont été en grande partie détruites ; des congélateurs de stockage à -80°C ont été débranchés et vidés. Plusieurs chercheurs ont ainsi perdu plusieurs mois d'expérimentation et du matériel biologique unique.

 

Les chercheurs de Perpignan ignorent pour l’instant s’il s’agit d’une acte isolé ou d’une action organisée d’activistes anti-OGM qui pourraient en annoncer d’autres…  

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 19:05

Merci à Alexis Thomann, auteur de cette contribution. Alexis est biologiste, actuellement post-doctorant au ZMBP (Zentrum für Molekularbiologie der Pflanzen) de l'Université de Tübingen en Allemagne.

Anton

 


 

 

 

Lire la première partie :

http://imposteurs.over-blog.com/article-christian-velot-est-anti-ogm-tout-s-explique-1-46986030.html


 

 

 

 

Comme nous l’avons remarqué dans la première partie, les affirmations de Christian Vélot concernant les OGM sont fondées sur des connaissances pour le moins douteuses. Aux yeux de l’auditoire qui compose généralement son public, les propos de M. Vélot peuvent passer pour savants. Mais nous avons vu que dès lors qu’il est confronté à une discussion scientifique, il est obligé de battre courageusement en retraite (1). Ce qui ne l’empêche pas , dans un courrier publié par Inf’OGM (2) d’ironiser sur le manque de rigueur scientifique de l’AFBV, qui compte pourtant de nombreux directeurs de recherche, académiciens, etc…

Dans cette deuxième partie nous allons reprendre quelques unes des affirmations avancées par M. Vélot dans son courrier en nous intéressant principalement aux études scientifiques qu’il utilise pour étayer son argumentation.

 

, Lorsqu’on a aucune publication scientifique sur les biotechnologies végétales à son actif (3), est-il bien raisonnable d’écrire (les écrits de M. Vélot sont en bleu pour plus de clarté) : « Elle (l’AFBV) est notamment parrainée par Claude Allègre dont l’expertise et les compétences en matière d’OGM ne sont effectivement plus à démontrer… » ?

Claude Allègre est effectivement autant expert en matière d’OGM que M. Vélot. Cependant l’acte de parrainage ne requiert nullement d’être spécialiste. Zidane par exemple parraine l’association européenne contre les leucodystrophies (ELA) sans avoir publié le moindre papier sur le sujet.

 

« Le transgène qui va être introduit in fine dans le maïs n’est donc pas le gène naturel de bactérie, mais un gène modifié, une sorte de chimère génétique construite de toutes pièces et qui, bien que constituée pour l’essentiel du gène de bactérie initial, sera en quelque sorte une juxtaposition de séquences d’ADN (de petits morceaux de chromosomes) d’origines différentes. »

Le gène « naturel » tel qu’il existe dans le bacille n’aurait aucune chance de s’exprimer dans le maïs. Le fait que le gène original soit modifié pour permettre son expression dans la plante ne présente pas un risque en soi. En dehors de faire de la rhétorique on se demande bien ce que M. Vélot essaye de montrer par là. Quant à parler « de petits morceaux de chromosomes » je crois que M. Vélot devrait revoir la définition même de ce qu’est un chromosome, c’est un peu plus complexe qu’une « juxtaposition de séquences d’ADN ». Peut-être a-t-il oublié ce qu’est la chromatine ?

 

« Notons au passage que pour M. Fellous, il existe une faune inutile, conception très intéressante de la biodiversité, en particulier de la part d’un biologiste… »

Peut-être M. Vélot ne connaît pas la notion de faune nuisible ? Quoi qu’il en soit, il devrait éviter d’attribuer des propos à des gens alors qu’ils ne les ont pas tenu.

 

« Si M. Fellous parle effectivement de la protéine insecticide naturelle, c’est-à-dire de celle produite par la bactérie du sol Bt, il a entièrement raison : elle n’a pas d’autres effets connus que celui de tuer sa cible, la pyrale. »

 

Mais où M. Vélot va-t-il chercher ça ? La toxine Cry1Ab « naturelle » a au contraire de nombreuses cibles parmi les lépidoptères. Ostrinia nubilalis (la pyrale du maïs) n’est qu’une cible parmi d’autres. La toxine Cry1Ab du bacille est, en effet, aussi toxique pour Pieris brassicae (piéride du chou), Manduca sexta (sphinx du tabac), Heliothis virescens (noctuelle défoliatrice) ou encore Manestra brassicae (noctuelle du chou) (Höfte et al., 1989). Cette liste n’est pas exhaustive.

 

Ensuite M. Vélot cite quelques études montrant ou censées montrer des effets du maïs Bt qu’il n’a probablement pas lues ! Dès le titre il attaque fort !

 

« Effets toxiques de la plante Bt sur la flore »

Espérons que ce ne soit qu’un lapsus ! Je pense qu’un maître de conférence connaît la différence entre faune et flore !

 

« Etrangement, M. Fellous omet, en revanche, de citer tous les travaux scientifiques effectués à travers le monde par des laboratoires universitaires, et publiés (eux !) entre 2003 et 2008 dans des journaux internationaux à comité de lecture (c’est-à-dire avalisés par des pairs) et qui montrent des effets de la toxine Cry1Ab produite par le maïs Mon810 sur la faune non cible  sur le lombric (ver de terre) [2], sur le papillon monarque [3] [4], sur le papillon de nuit Spodoptera littoralis (un ravageur des plantations de coton) [5], sur des insectes qui sont eux-mêmes des ennemis naturels des insectes ravageurs des cultures, tels que la guêpe Cotesia marginiventris [6], et le coléoptère Poecilus copreus [7], sur des insectes aquatiques présents dans les ruisseaux et dans les fossés de drainage en bordure des champs [8], et sur la puce d’eau Daphnia magna [9] ».

 

Reprenons dans l’ordre :

 

« …sur le lombric (ver de terre) »

ZWAHLEN et al. 2003. Effects of transgenic Bt corn litter on the earthworm Lumbricus terrestris. Molecular Ecology, 12 : 1077-1086

 

D’après M. Vélot, Zwahlen et al. auraient montré que la Cry1Ab a des effets toxiques sur le lombric. C’est une affirmation pour le moins osée. Cette étude ne permet pas de conclure à un effet toxique de la Cry1Ab sur le lombric. Lors de ces travaux, deux expériences ont été conduites, une en laboratoire, l’autre en plein champ. Seule la croissance des vers est affectée et ce seulement après 160 jours pour l’étude réalisée en laboratoire. En plein champ aucune différence n’est observée. Les auteurs se gardent bien de conclure si c’est la Cry1Ab qui provoque c’est baisse de vitesse de croissance en fin d’expérience ou si d’autres paramètres (composition en lignine, activité microbiologique, reproduction des lombrics) influent sur les conditions en laboratoire. Ils l’écrivent d’ailleurs dans le résumé de l’étude : “Further studies are necessary to see whether or not this difference in relative weight was due to the Bt toxin or other factors discussed in the study. Mais M. Vélot a t-il lu ce seul résumé ? De plus, si M. Vélot mettait sa bibliographie à jour il aurait vu qu’une étude publiée on line le 20 Avril 2010 dernier montre que le suivi des populations de lombrics pendant 4 ans dans des champs Bt comparés à des champs de maïs conventionnels ne montrent pas d’effets négatifs significatifs sur les populations de lombric. La troisième auteure de cette étude étant Claudia Zwahlen, la première auteure de l’étude citée par Vélot pour l’article précédent.

http://dx.doi.org/10.1016/j.soilbio.2010.04.004

Ainsi, d’après M. Vélot la toxine Cry1Ab aurait donc des effets toxiques sur le lombric ?. Cela reste totalement à démontrer, l’étude qu’il cite ne permettant pas d’étayer ses affirmations et les études récentes vont même totalement à l’encontre de cette hypothèse.

 

« … sur le papillon monarque »

DIVELY G.P. et al. 2004. Effects on monarch butterfly larvae (Lepidoptera : Danaidae) after continuous exposure to Cry1Ab expressing corn during anthesis. Environmental Entomology, 33 : 1116-1125

Des effets négatifs de la toxine Cry1Ab sur les larves de papillons monarques peuvent être attendus puisqu’il s’agit d’un lépidoptère. Effectivement la publication de Dively et al. montre qu’in vitro une réduction de la croissance et une augmentation de la mortalité sont observées lorsque les chenilles sont nourries avec des feuilles saupoudrées de pollen de maïs Bt (Bt11 et MON810).

Ce que M. Vélot se garde bien de dire c’est que le risque de surmortalité est, d’après les auteurs, de l’ordre de 0,6% à 2,4% (worst-case scenario), soit beaucoup moins que ce qui est observé par les variations naturelles (hivers rudes par exemple). En effet, les distances de dissémination de pollen de maïs sont tellement courtes que seuls les quelques mètres entourant la parcelle présenteraient un risque pour ce type de papillon. C’est sûr qu’avec un tel « effet » les populations de monarque ont beaucoup à craindre du maïs Bt. Que concluent les auteurs ? Je cite : Considering that monarch butterflies can rebound from such events and produce historically average migratory populations despite high mortality during the breeding season (les auteurs évoquent des années où 80% de la population est décimée du fait des conditions météorologiques), it is likely that Bt corn will not affect the sustainability of monarch butterfly populations in North America.

M. Vélot cite aussi :

PRASIFKA P.L. et al. 2007. Effects of Cry1Ab-expressing corn anthers on the movement of monarch butterfly larvae. Environmental Entomology, 36 : 228-233

Or, cette étude ne présente qu’un intérêt théorique. Il s’agit d’une étude comportementale du papillon monarque exposé artificiellement à des anthères de MON810 et ne reflète en rien ce qui peut arriver au champ et souffre des mêmes limites que l’étude de Dively et al.

Une étude récente (J.N. Perry et al., 2010) publiée par des chercheurs de 5 pays européens en janvier 2010 montre par une approche mathématique que les populations européennes de papillons non-cibles n’ont pas grand chose à craindre des cultures de maïs Bt exprimant la Cry1Ab.

Je cite: Estimated environmental impact was low: in all regions, the calculated mortality rate for worst-case scenarios was less than one individual in every 1572 for the butterflies and one in 392 for the moth.

Cela fait maintenant 10 ans que les anti-OGM agitent le spectre de la disparition des papillons monarques alors que toutes les études récentes concluent que le monarque n’a pas grand chose à craindre des cultures de plantes Bt. Combien de temps vont-ils encore utiliser cet argument éculé ?

« … sur le papillon de nuit Spodoptera littoralis (un ravageur des plantations de coton) »

DUTTON A. et al. 2005. Effects of Bt maize expressing Cry1Ab and Bt spray on Spodoptera littoralis. Entomologia Expperimentalis et Applicata, 114 : 161-169

 

Comme l’indiquent les auteurs dès le début du résumé de l’étude ce papillon (appartenant à la même famille que la pyrale) est considéré comme un parasite dans la zone méditerranéenne de culture de maïs. C’est aussi un ravageur dans les zones de cultures tropicales et subtropicales (Salama et al, 1990). M. Vélot reconnaît lui-même que cet insecte est un « ravageur ». On devrait alors plutôt se féliciter si le maïs Bt a une action sur les parasites secondaires en plus de son action contre les ravageurs majeurs du maïs.

 

« … sur des insectes qui sont eux-mêmes des ennemis naturels des insectes ravageurs des cultures, tels que la guêpe Cotesia marginiventris »

VOJTECH E. et al. 2005. Effects of Bt maize on the herbivore Spodoptera littoralis (Lepidoptera : Noctuidae) and the parasitoid Cotesia marginiventris (Hymenoptera : Braconidae). Transgenic Research, 14 : 133-144

 

Il semble que M. Vélot ait bien du mal à distinguer entre un effet direct de la toxine Cry1Ab et un effet indirect. Les résultats obtenus par Vojtech et al. indiquent que le parasite Cotesia marginiventris est affecté du fait de la baisse de qualité de ses proies élevées sur le maïs Bt.

Les auteurs le disent eux-même dans le résumé de l’étude, je cite : « Our results suggest that the effects on C. marginiventris when developing in susceptible S. littoralis larvae are indirect (host mediated) ». Plus loin ils ajoutent : «  Thus direct effects cannot be excluded, although very unlikely : Cry proteins need  specific receptors in the target insect gut ephithelium and Cry1A(b) has been shown to be specific to Lepidoptera. » Les auteurs ne montrent nullement un effet toxique de la Cry1Ab sur Cotesia marginiventris  comme l’affirme M. Vélot, au contraire ils estiment cela comme très improbable.

 

Au fait, quels sont les effets observés et quelles seraient les conséquences au champ ?, je cite :

Cotesia marginiventris developing in Bt maize-fed S. littoralis needed not even half a day (about 5%) longer for their development than the control and their cocoons were less than 0.2 mg (8%) lighter.”

 

Ces résultats sont à mettre en parallèle avec ceux de Faria et al. (2007) qui montrent un effet positif sur la durée de vie et la capacité de parasitisme de Cotesia marginiventris en présence de pucerons élevés sur du maïs Bt. Je cite : "Indeed, Cotesia marginiventris, a parasitoid of lepidopteran pests, lived longer and parasitized more pest caterpillars in the presence of aphid-infested Bt maize than in the presence of aphid-infested isogenic maize.”

 

En aucun cas une étude isolée ne permet de dire que des effets toxiques de la Cry1Ab ont été « montré » pour Cotesia marginiventris comme le prétend M. Vélot. Seule une étude au champ permettrait de déterminer si les cultures de maïs Bt ont un effet négatif sur les populations de C. marginiventris (mais paradoxalement les anti-OGM s’opposent aux essais au champ). Quoiqu’il en soit l’étude citée par M. Vélot ne « montre » pas d’effet toxique de la toxine Cry1Ab sur C. marginiventris comme il l’affirme.

 

« … et le coléoptère Poecilus copreus »

MEISSLE M. et al. 2005. Efftects of Bt maize-fed prey on the generalist predator Poecilus cupreus L. (Coleoptera : carabidae). Transgenic Research, 14 : 123-132

 

M. Vélot répète le même type d’erreur que dans la citation précédente. Les auteurs concluent, je cite: “The observed effects are most likely indirect effects due to further reduced nutritional prey quality. However, direct effects cannot be excluded.

Dans la discussion, ils ajoutent : “Thus although direct effects of the Cry1A(b) toxin on P. cupreus larvae cannot be excluded in this study, they are very unlikely. 

 

Les auteurs n’ont pas montré (comme le dit M. Vélot) d’effet toxique de la toxine Cry1Ab sur P. cupreus. Ils ne peuvent l’exclure mais ils estiment que des effets directs de la Cry1Ab sont très improbables (very unlikely).

 

 

« … sur des insectes aquatiques présents dans les ruisseaux et dans les fossés de drainage en bordure des champs »

ROSI-MARSHALL E.J. et al. 2007. Toxins in transgenic crop byproducts may affect headwater stream ecosystems. Proceedings of the National Academy of Sciences, USA 104 : 16204-16208

Il est consternant de voir les anti-OGM ressortir toujours les mêmes études quand bien même celles-ci ont été réfutées. Pour rappel, Rosi-Marshall et al. rapportent que les débris de maïs Bt exprimant la Cry1Ab réduiraient la croissance et augmenteraient la mortalité d’insectes non-cibles tels que les trichoptères. Cette étude a été sévèrement critiquée par Beachy, 2008 et Parrott, 2008. Aucune quantification des doses de Cry1Ab absorbées par les trichoptères n’est fournie ce qui ne permet pas d’établir de relation dose-effet avec la protéine Cry1Ab.

A cela s’ajoute qu’aucune information sur les doses de maïs absorbées n’est fournie ni sur l’identité du maïs Bt utilisé ni sur la lignée isogénique utilisée comme contrôle. De même aucune précision n’est fournie sur la reproductibilité des résultats. La seule chose que l’on peut conclure de cette étude c’est qu’un « danger potentiel » pour les trichoptères a été identifié lorsqu’ils sont exposés au maïs Bt en conditions de laboratoire mais en aucun cas cette étude ne « montre » un effet de la toxine Cry1Ab sur les organismes aquatiques comme l’affirme M. Vélot.

 

Il faut aussi rappeler que Rosi-Marshall et al. ont réalisé une étude en champ pour tester les résultats obtenus au laboratoire. Ils ont présenté leurs résultats à une conférence organisée par le NABS (North American Benthological Society) en juin 2007.

http://nabs.confex.com/nabs/2007/techprogram/P1519.HTM

En décembre 2009 Emma Rosi-Marshall et Jennifer Tank ont présenté des résultats complémentaires lors d’un symposium à Berlin.

http://www.gmo-safety.eu/news/652.maize-effects-organisms-water-detected-field-trials.html

Cette étude, qui devrait être publiée dans les prochains mois, n’indique pas que le maïs Bt soit une menace pour les trichoptères.

 

 

« … et sur la puce d’eau Daphnia magna »

BOHN T. et al. 2008. Reduced fitness of Daphnia magna fed a Bt-transgenic maize variety. Archives of Environmental Contamination and Toxicology, March 18

 

Cette étude comporte de nombreuses erreurs qu’il serait trop long de détailler ici. Une critique sévère de cette étude a été publiée par Ricroch et al. (2010) qui détaille toutes les faiblesses de l’approche expérimentale.

 

Pour l’anecdote, le dernier auteur de Bøhn et al. est le fameux Terje Traavik, celui qui prétendait début 2004 avoir identifié des réactions allergiques à un maïs Bt aux Philippines et qui n’en a jamais fourni le moindre début de preuve. Cela ne l’avait pas empêché d’aller s’épandre dans les médias sur ce point et de créer un autre mythe anti-OGM qui perdure encore aujourd’hui.

http://www.agbioworld.org/biotech-info/pr/traavik.html

 

Il est tout de même étonnant que seules des études ne permettant pas de  conclure à une quelconque dangerosité des maïs Bt exprimant la Cry1Ab sur la faune non-cible soit utilisées par M. Vélot, exception faite de l’étude montrant une toxicité pour un ravageur secondaire, mais peut-être M. Vélot considère-t-il cet insecte comme faisant partie de la faune « non-inutile » à l’agriculture ?

 

Les affirmations de M. Vélot relèvent-elles du mensonge, de simples erreurs ou d’un manque de « rigueur scientifique » ?

 

Pour tenter de répondre à cette question nous analyserons plus en détail, dans la dernière partie consacrée à M. Vélot, ses affirmations sur la toxicité de la Cry1Ab pour la sésamie ainsi que sa façon très particulière qu’il a d’interpréter les travaux de ses pairs disponibles sur cette question.

 

Alexis Thomann

                                              

A Suivre…

 


 

 

 

 

Références :

 

R.N Beachy, N.V Fedoroff, R.B Goldberg, and A McHughen The burden of proof: A response to Rosi-Marshall et al PNAS 2008 105 (7) E9

 

CA Faria, FL Wäckers, J Pritchard, DA Barrett, TC Turlings (2007) High Susceptibility of Bt Maize to Aphids Enhances the Performance of Parasitoids of Lepidopteran Pests. PLoS ONE 2(7): e600

 

H Höfte, HR Whiteley. Insecticidal crystal proteins of Bacillus thuringiensis. Microbiol Rev. 1989;53:242–255.

 

Wayne Parrott Study of Bt impact on caddisflies overstates its conclusions: Response to Rosi-Marshall et al PNAS 2008 105 (7)

 

J. N. Perry, Y. Devos, S. Arpaia, D. Bartsch, A. Gathmann, R. S. Hails, J. Kiss, K. Lheureux, B. Manachini, S. Mestdagh, G. Neemann, F. Ortego, J. Schiemann and J. B. Sweet  A mathematical model of exposure of non-target Lepidoptera to Bt-maize pollen expressing Cry1Ab within EuropeProc. R. Soc. B May 7, 2010 277:1417-1425

 

A. Ricroch, J. B. Bergé, M. Kuntz Is the German suspension of MON810 maize cultivation scientifically justified? Transgenic Res (2010) 19:1–12

 

 

Notes :

 

(1) http://planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/05/27/ogm-controverse-de-long-en-large.html

 

(2) http://www.infogm.org/spip.php?article4449

(3) Les conférences anti-OGM de Christian Vélot, ou son livre grand public « OGM tout s’explique » ne font en aucun cas de lui un spécialiste. 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 16:53

Quelle proportion de la population sait que le seul effet sur la santé prouvé de manière indiscutable de la consommation d’OGM est … au bénéfice de ceux-ci ? C’est le cas des maïs BT qui ont la particularité de présenter de faible teneurs en mycotoxines , des toxines émises par des champignons dont on connaît notamment les effets cancérogènes chez l’homme et chez l’animal.

 

En protégeant le maïs contre la pyrale ou la sésamie et plus particulièrement de leurs larves qui creusent des galeries dans la plante et dans les épis, on évite en grande partie la contamination de ceux-ci par les champignons.

 

Une étude (1) publiée en avril 2010 à partir d’essais effectués dans le Sud-ouest de la France en 2005 et 2006 confirme ces faits pour le maïs MON 810 résistant à la pyrale que le gouvernement français a eu la grande intelligence d’interdire!

 

Les résultats sont sans appel : toutes familles confondues, les teneurs en mycotoxines sont réduites de plus de 75% pour les échantillons de maïs MON 810 par rapport au maïs conventionnel isogénique. Les résultats les plus spectaculaires concernent les fumonisines, dont les teneurs sont réduites de plus de 90% dans le maïs MON 810. Seules les concentrations en déoxynivalenol, sont légèrement en défaveur de l’OGM.

 

Les chiffres ci-dessous indiquent le nombre de lots dépassant les normes européennes (2) en mycotoxines :

                  

 

Fumonisines : Mais BT : 0/21 lots en 2005, 1/21 en 2006

                       Maïs non BT : 12/21 en 2005, 11/21 en 2006

                       Teneur moyenne : avantage BT en 2005 et en 2006

 

DON (déoxynivalenol) : Maïs BT : 0/21 en 2005, 3/21 en 2006

                                 Maïs non BT : 0/21 en 2005, 3/21 en 2006

                               Teneur moyenne : avantage non BT en 2005 et en 2006

Zéaralénone : Maïs BT : 0/21 en 2005, 0/21 en 2005

                       Maïs non BT : 0/21 en 2005, 0/21 en 2006

                       Teneur moyenne : avantage BT en 2005 et en 2006

 

 

Jusqu’à présent, aucun journal de la presse généraliste, aucune radio ou chaine de télévision n’a à ma connaissance évoqué cette étude.  Ces résultats favorables pour une catégorie d’OGM que l’irrationalité collective et les calculs politiciens ont fait interdire risquent fort de rester confidentiels.

Anton Suwalki


            

 

 

 

 

 

(1) Lower mycotoxin levels in Bt maize grain

L. Folcher, M. Delos, E. Marengue, M. Jarry, A. Weissenberger, N. Eychenne and C. Regnault-Roger

 

http://www.agronomy-journal.org/index.php?option=article&access=doi&doi=10.1051/agro/2010005

 

(2) http://www.fsai.ie/uploadedFiles/Commission_Regulation_EC_No_1126_2007.pdf

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 22:55

Il y a une semaine, nous vous informions du procès intenté à Ernesto Bustamante, biologiste péruvien condamné pour diffamation qui risque la prison(1). Quelques jours après, le CRIIGEN annonçait officiellement (2) que Gilles-Eric Séralini trainait en procès pour diffamation Marc Fellous en tant que représentant de l’Association Française des biotechnologies végétales (AFBV) (3).

  

         Il peut paraître étonnant que GES utilise le recours judiciaire pour se défendre, compte tenu du nombre de fois où il a personnellement utilisé l’arme de la calomnie (4). Heureusement pour lui, tout le monde n’est pas aussi procédurier. Mais le fait que ce recours à la justice s’accompagne d’une pétition lancée par Sciences citoyennes (5) en soutien au pauvre GES « victime d’attaques et de pressions morales émanant d’une partie de la communauté scientifique, et qui vont jusqu’à remettre en question les conditions mêmes de ses travaux de recherche (position académique, financements) », donne à penser que le procès lui-même s’inscrit dans une stratégie médiatique et politique du CRIIGEN et d’ autres officines anti-OGM qui va au-delà des « outrages » vécus par GES.

 

Où est la diffamation ?

 

         On voit mal comment un juge pourrait trouver le contenu des deux pièces à charge citées par GES (6) diffamatoire. Qui douterait un seul instant en se penchant sur le dossier GES qu’il est « chercheur avant tout militant », quand le CRIIGEN dont il préside le comité scientifique souhaite aux lecteurs de son site « une bonne année 2010 sans OGM », quand un de ses membres signe des pétitions en se qualifiant de « conférencier anti-OGM » (7) ? On pourrait bien sûr multiplier les exemples.

        

         Qui ne s’interrogerait sur les financements des études de Séralini ? Quand l’AFBV mentionne les financements de Greenpeace , elle ne fait que souligner qu’un des principaux commanditaires de ces études est une organisation farouchement anti-OGM, capable de manipuler sans vergogne l’opinion sur les produits laitiers « contenant des OGM » (8) ? Imagine-t-on Greenpeace financer des études neutres, dans le seul but de faire avancer la science ?

 

         L’AFBV aurait pu également mentionner, outre Greenpeace, Carrefour, 2ème multinationale de la distribution ou de plus modestes financiers, Léa Nature Group /Jardin Bio , et… Sevene Pharma, tous positionnés sur un créneau de marché qui ne peut se développer qu’en cultivant la peur et le rejet des OGM.

 

         GES s’offusque-t-il d’être qualifié de « marchand de peur » ? Quand on assiste ou on écoute une de ses conférences, on se demande ce qu’il faudrait dire pour être qualifié de marchand de peur, si lui n’en est pas un (9) !

 

         Concernant la qualité des travaux de GES, la pétition de Sciences citoyennes (dont la liste des membres du CA est particulièrement éclairante) volant en secours de l’opprimé indique : « l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), a déclaré dans un communiqué de presse daté du 14 décembre 2009, que « les travaux de G.-E. Séralini ont toujours été invalidés par la communauté scientifique ». Ces allégations sont totalement mensongères. Tous ses travaux ont été publiés dans des revues internationales à comité de lecture et donc évalués par les pairs. Aucun n’a jamais fait l’objet d’une invalidation. »

 

        Ainsi, il suffirait donc, comme c’est le cas des 3 articles récents plus ou moins redondants de Séralini et al sur des rats nourris aux OGM, de passer à travers le filtre de revues à comité de lecture à faible impact pour les proclamer définitivement validées ! Les avis des CGB- l’AFSA- HCB (France), de l’AESA (Europe), les avis des agences allemande, néo-zélandaise, les nombreux commentaires concernant sur analyses bio-statistiques fantaisistes(10) … Rien de tout ça ne compte ! Il est vrai que parant d’avance à toutes les critiques prévisibles de sa dernière étude (11), le CRIIGEN dénonçait « à présent le conflit d’intérêt et l’incompétence de ces comités pour contre-expertiser la présente publication ; parce qu'ils se sont déjà prononcés positivement sur les mêmes tests en négligeant les effets secondaires» (12). En clair, GES procède par auto-validation : ceux qui le critiquent sont incompétents et/ou en conflit d’intérêt ! A part cela, c’est lui qui s’estime diffamé …

 

Les apôtres de la science «contradictoire » tentent en fait de faire jouer la censure

        

Le ridicule ne tuant pas, le CRIIGEN et les pétitionnaires qui soutiennent Séralini prétendent se situer dans une démarche en faveur d’« une science indépendante et contradictoire » ! Quoi qu’ils pensent sur les OGM et sur les initiatives de l’AFBV, les gens honnêtes admettront que l’impact médiatique de cette association (dont beaucoup ignoraient jusqu’à ce jour l’existence) est (jusqu’à présent) dérisoire par rapport à la tribune dont dispose en permanence la mouvance anti-OGM à laquelle appartiennent GES et le CRIIGEN. Depuis des années, les anti-OGM ont un quasi-monopole de l’expression en France (13). La plupart des grands médias ne prennent même pas la peine de faire semblant d’un minimum d’objectivité sur la question. Il y a 3 jours à peine, une émission de France culture (14) OGM, le feuilleton continue, réunissait sur plateau, Oh ! surprise ! :

-          Gilles Eric Séralini

-          Christian Vélot

-          Hervé Le Meur

-          Eric Meunier

 

Résumons : 2 anti-OGM du CRIIGEN + 1 anti-OGM d’OGM Dangers + (pour que l’équilibre des points de vue soit parfait) … 1 anti-OGM d’Inf’Ogm. Ubuesque !

 

C’est sans doute ce que GES et ses supporters considèrent comme un « débat contradictoire »… Que quelques voix osent encore s’élever contre leur omnipotence leur est visiblement insupportable. D’où sans doute ces tentatives de censure et d’intimidation judiciaire.

 

Paris, quand on y songe, n’est pas si éloignée de Lima.

 

Anton Suwałki


 


 

 

Notes :

 

(1)http://imposteurs.over-blog.com/article-ernesto-bustamante-un-scientifique-peruvien-risque-la-prison-pour-avoir-use-de-la-liberte-d-expression-49800119.html

(2) http://www.criigen.org/SiteFr/

(3) http://www.biotechnologies-vegetales.com/

(4) Par exemple, commentant les soi-disant « doutes sérieux » exprimés par le sénateur Legrand pour justifier l’activation de la clause de sauvegarde sur le MON 810 en 2008, GES estimait : « Si on écrit "doutes sérieux", cela veut dire que l'ensemble des commissions du monde qui ont travaillé sur le sujet, et ceux qui les ont présidées, ont été malhonnêtes ou incompétents. Toutes les autres commissions ont été gentilles avec les industriels, et ont dit ‘on peut signer, il n'y a pas de risque’. Pour la première fois, on fait apparaître au monde entier que le maïs MON810 a été autorisé avec des insuffisances notoires. »

(AFP , le 11 Janvier 2008)

(5) http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1806

(6) 1- le communiqué de presse du 16 décembre 2009:

« L’AFBV critique sévèrement la nouvelle publication de G.E. Séralini contre les maïs OGM »

http://biotechnologies-vegetales.net/node/128

     2- la lettre adressée à France 5 au sujet du traitement partial dans l’émission Santé Magazine donnant la parole exclusive aux militants anti-OGM dont …Séralini

http://www.biotechnologies-vegetales.com/node/141

(7) ACECOMED, manifeste pour une « médecine écologique »

http://www.acecomed.org/manifeste/?petition=2

(8)http://imposteurs.over-blog.com/article-fromages-ogm-une-manipulation-grossiere-de-greenpeace-48611713.html

(9) http://imposteurs.over-blog.com/article-33136376.html

(10) Par exemple Lies, Damned lies and statistics ,par Christopher Preston

http://gmopundit.blogspot.com/2007/03/lies-damn-lies-and-statistics.html

      Traduction en Français :

http://imposteurs.over-blog.com/article-29829309.html

(11) A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health, International Journal of Bioligical Sciences

http://www.biolsci.org/v05p0706.htm

(12) http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=79&Itemid=118

(13) et le moratoire décidé en 2008 sur le maïs MON 810 est là pour rappeler quels lobbies comptent réellement en France

(14) http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/terre_a_terre/

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 15:51

 

E Bustamante est un biologiste péruvien. Il a été condamné pour diffamation et encourt la prison ferme. Si le verdict doit être confirmé, il lui est dès à présent interdit de quitter Lima sans permission du juge , et payer 1800 $ à la partie plaignante…

 

Son crime : avoir émis une critique publique d’un rapport où l’on prétendait avoir détecté du maïs transgénique (illégal) dans la région de Barranca.

 

Sa première critique était que les résultats aient été rendus publics alors que le rapport n’avait fait l’objet d’aucune relecture et approbation par les pairs. Un procédé classique utilisé par les « lanceurs d’alerte » qui rend dès le départ suspect le contenu même de leurs alertes. Toutes les affaires qui se sont déroulées ainsi dans le passé se sont lamentablement dégonflées. Rappelons récemment la fameuse étude autrichienne (*) sur la reproduction des souris qui fit tant de bruit, digne d’un travail de collégien bâclé  et qui n’a jamais été publiée.  

 

Après avoir pu accédé au rapport, E Bustamante a conclu à des manquements aux plus élémentaires des standards de publications scientifiques et à de graves défaillances personnelles et institutionnelles, et émis l’idée que des fausses preuves de présence de 3 ( !) transgènes différents provenant de 2 semenciers différents aient pu être délibérément disséminées pour les besoins de la cause.

 

Ironiquement , E Bustamante concluait :

« J’ignore si du maïs transgénique est planté au Pérou . Peut-être que oui , peut-être que non. Il est aussi possible que des martiens vivent dans la région de Barranca.  Peut-être que oui , peut-être que non. Ce qui est certain, c’est que personne n’a prouvé la présence de champs transgéniques dans le Barranca ou ailleurs au Pérou (sauf les champs expérimentaux). »

 

Un style très personnel qui vaut à ce scientifique de risquer la prison. On peut supposer que si une telle rigueur judiciaire s’appliquait en France aux lanceurs d’alerte qui diffament en permanence, les prisons seraient un peu plus engorgées. Ce que nous ne souhaitons certes pas !

 

Un comité de soutien à Ernesto Bustamante a été constitué par ses collègues de la communauté scientifiques. Et une pétition mise en ligne dont le lien est fourni ci-dessous, dans le dossier préparé par AG Bio world.

Anton Suwalki

 

(*)L’étude sur les souris nourries au maïs MON810xNK603 ,par Ryuujin

http://imposteurs.over-blog.com/article-25237900.html

 


 

 

 

Le dossier :

 

De : AgBioView <agbioworld@yahoo.com>

 

 

Date : 30 avril 2010 20:07:19 HAEC

 

 

 

 

Objet : Urgent! Peruvian scientist being sent to prison for speaking up - Sign the petition in support of Dr. Bustamante

 

 

Dear friends:

 

 

 

Please sign on at https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dHJ3T2stY3VKZk5YUVhZNFd3UWdfc1E6MA&ifq

 

 

 

As you would recall from the Nature Biotechnology article posted a couple of months ago, a Peruvian geneticist Dr. Ernesto Bustamante was facing criminal charges for character defamation.  His crime?  He gave press interviews disagreeing with the results of another Peruvian scientist who was claiming the local maize varieties were contaminated with transgenes and then wrote a newspaper article (see below) on the topic. 

 

 

 

Dr. Bustamante has now been found guilty of character defamation by Peruvian court, and thus faces prison time.  It will be one year before they formally sentence him.  In the mean time, he: 1) may not leave Lima (capital city of Perú) without a judge's permission; 2) must present himself the last day of every month to the court, and sign a register; 3) pay the defendant approx. $1800 in damage.

 

 

 

This is an absolute outrage and so bizarre!  The verdict completely undermines the open and free dialog inherent in the scientific process, and in the freedom of speech.  Dr. Alexander Grobman, Emeritus Professor and President of the Asociacion Peruana para el Desarollo de la Biotecnologia at Peru says "We back unanimously Dr. Ernesto Bustamante and his gallant position in not accepting to retract himself from the expression of truth to the public and the defense of freedom of expression, regardless of personal consequences. The trial of Dr. Bustamante shall be considered a milestone in the fight of science for freedom of expression. We expect that a higher court will reverse the original conditioned "not guilty" suspended verdict, as long as he complies with juridical details, which he has not accepted and has appealed. "

 

 

 

As a global scientific community, we must collectively call on the Government of Peru to intervene and exonerate Dr. Bustamante.  Please sign the letter in support of him at

 

 

 

https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dHJ3T2stY3VKZk5YUVhZNFd3UWdfc1E6MA&ifq

 

 

 

 

 

Thank you for your support!

 

 

 

Yours,

 

 

 

C. S. Prakash

 

 

 

-------

 

 

 

Bustamante Bio - http://en.wikipedia.org/wiki/Ernesto_Bustamante

 

 

 

============

 

 

 

Peruvian GM Advocate Faces Criminal Charges

 

 

 

- Lucas Laursen, Nature Biotechnology, Vol. 12(2), Page 110,  February 2010 http://www.nature.com/nbt/journal/v28/n2/full/nbt0210-110a.html

 

 

 

A molecular biologist could face a prison sentence for criticizing a report on transgenic gene spread. Ernesto Bustamante Donayre, vice president of the Peruvian College of Biologists, a professional organization, stands accused of defamation, a criminal offense, which in Peru can carry a prison term or fine.

 

 

 

What triggered the suit was his public criticism of a report prepared by Antonietta Ornella Gutiérrez Rosati, a biologist at the La Molina National Agricultural University in Lima, identifying a P34S promoter and NK603 and BT11 transgenes in 14 of 42 maize samples from the Barranca region. Gutiérrez sent summaries of her findings to both the National Agricultural Research Institute and El Comercio newspaper in 2007 calling for a moratorium on transgenic crops until biosafety regulations are in place to prevent the spread to human food. Bustamante, a frequent contributor to radio and print, with no financial links to crop companies, described the alleged detection of three simultaneous transgenic events from two firms as "absurdly improbable" in his newspaper column and called for her claims to be peer reviewed.

 

 

 

"The main point of my criticism," Bustamante says, "was her going to the press instead of to her peers." After Bustamante refused to retract his statements, Gutiérrez filed a suit for defamation. She later presented her findings to the Peruvian Genetic Society of which she is president, but would not comment on the case, except to say that "you must use respect" in scientific discussion and that her critics have "polarized" the debate. Although Peruvian farmers already import transgenic products for animal feed, several interest groups oppose their widespread introduction, which they label a foreign intrusion and threat to Peruvian biodiversity.

 

 

 

An ongoing investigation is seeking to replicate Gutiérrez's findings, but the government lacks the regulations to enforce its biosafety laws even if it does find transgenic crop outcrossing. The criminal case, however, threatens to stifle all scientific discussion.

 

 

 

"Regardless of whether he gets sentenced or not I don't think anyone is going to criticize anything," says plant scientist Wayne Parrott, from the University of Georgia, a regular visitor to Peru. Bustamante's colleague and supporter Luis Destefano Beltrán of the Cayetano Heredia Peruvian University agrees that "many people have tried to avoid taking sides."

 

 

 

Peru retains criminal defamation laws, which the Inter-American Commission on Human Rights concluded in 1995 are incompatible with the American Convention on Human Rights. Bustamante, who expects a ruling early this year, says, "The point is not whether I'm right or wrong. It's the fact that for criticizing somebody on scientific grounds I'm being tried in criminal court."

 

 

 

=========

 

 

 

Public Statement of the College of Biologists of Peru, National Council, February 14, 2010

 

 http://translate.google.com/translate?hl=en&sl=es&u=http://cbperu.blogspot.com/&ei=pQbbS6K9MJCa8ATxv7xq&sa=X&oi=translate&ct=result&resnum=10&ved=0CEcQ7gEwCQ&prev=/search%3Fq%3DErnesto%2BBustamante%2BDonayre%26hl%3Den%26safe%3Dstrict

 

 

 

Http://e.peru21.pe/102/impresa/pdf/2010/02/14/232005.pdf

 

 

 

The National Council of the College of Biologists of Peru, which consists of deans twenty regional and national full board unanimously approved in a regular session of February 6, 2010 to make a public statement regarding the criminal complaint for defamation aggravated that has been Dr. Ernesto Bustamante, who is our Past National Dean (2007-2009) and current national vice dean (2009-2011).

 

 

 

We believe it is wrong that the judiciary has accepted a claim by non-collegiate biologist Antonietta Ornella Gutierrez Rosati, a professor at the Universidad Nacional Agraria La Molina, as a result of being offended in his honor to have received scientific criticisms, which were broadcast publicly by Dr. Burke on National Radio and the newspaper El Comercio, a report presented by Dr. Gutierrez at INIA and CONAM authorities.

 

 

 

This troublesome fact has prompted extensive international reaction, as evidenced by the appearance of an article in the prestigious international scientific journal Nature Biotechnology Branding the judicial process as leading to stifle scientific debate and the right to free speech of scientists and also criticized the Peruvian judicial system to criminalize a matter of an academic and professional.

 

 

 

The Article 133 of the Criminal Code specifically provides that Peruvian literary criticism, artistic and scientific works are exempted from being classified as libel.  In science we are obliged to create an atmosphere of free exchange of ideas and we must defend this freedom.

 

 

 

Invoke the judicial branch not to intervene in matters which should be resolved only between scientists, and that the trial has been subjected to one of our members and managers in the Sixth Criminal Court of Lima is brought to a conclusion and acting on acquittal for freedom of expression of scientists.

 

--

 

 

 

Dr. Hermes Escalante Añorga , Decano Nacional Dr. Hermes Escalante Añorga, National Dean

 

 

 

Dr. Luis Carrasco Mendo, Dr. Luis Carrasco Mendo, Secretario Nacional National Secretary

 

 

 

Lima, 12 de febrero de 2010 Lima, February 12, 2010

 

 

 

===========

 

 

 

(The article in question; translated from Spanish by Dr. Wayne Parrott)

 

 

 

A controversial investigation

 

Are transgenics already being grown in our country?

 

 Ernesto Bustamante, Dean, College of Biology

 

 

 

In November, a journalist exposed in El Comercio, that a biologist from the National Agricultural University of La Molina had realized laboratory tests which 'proved' the existence of illegal transgenic maize in the valley of Barranca.  This journal report did not show results nor referenced any article published in a scientific journal (which is an ethical requirement for any scientist who will divulge their results via the media).  Rather, as any the only support provided was that an ecologist from the same university stated, 'if she said so, then it is true, especially if she has done the analysis."  That is, the principle of authority was used, instead of the Aristotelian scientific karma- I am a friend of Plato, but I am a better friend of Truth.

 

 

 

Weeks after the article was published in the paper, the researcher made her results public via a technical-political report.  This lacked the strict standards of all scientific publications (materials and methods, results and discussion, bibliography, coauthors, source of funds,  declaration of conflicts of interest) and was received by the Conam [National Enviromental council] and INIA [National Institute for Agricultural Research] for study, and it passed on to scientists who studied it independently.  A month ago, INIA issued its findings on the study, and Conam had it reviewed by three experts.  These institutions have not published their conclusions.  Some weeks ago, I spoke with a journalist responsible for the evaluation  of the materials used for the original newspaper article, and a colleague of mine let me know that our evaluation had made it to the Rector's office of the National Agricultural University of La Molina.

 

 

 

The author had two absurdly improbable conclusions a) the simultaneous presence of three transgenic events from two different companies (a gene for resistance to the herbicide glyphosate; a gene for resistance to another herbicide glufosinate, and a Bt gene for resistance to a lepidopteran insect.  b) having found transgenics in 30% of the crops.  This is even more serious, given that one of the two companies has not commercialized its seeds.  These false and incoherent conclusions can be explained by the fact that the report has grave errors in procedure and quality control (absence of positive standards, wrong interpretation of the amplicons, etc.).

 

 

 

I do not know if transgenic maize is being grown in Peru; maybe yes, maybe no. It is also possible that Martians are alive and well in Barranca; maybe yes, maybe no.  What is certain is that no one has proven that there are transgenic crops in Barranca or in any part of Peru (except for experimentals).  Not yet.

 

 

 

Given this sequence of personal and institutional ineptitude, a false truth has been generated and disseminated internationally.  This should have been corrected by the investigator, the reporter, the ecologist, the politicized Conam, INIA, or the University.  Nevertheless, I see with unease that each time a false truth is promulgated as a done deed, it gets used as a tool by those ideological and pseudoenvironmental groups that use their anticorporate stances to torpedo the important role that modern biotech should play as a developmental tool for Peru.

 

 

 

This is a clear example of why the proposed ministry to which we pretend to entrust the cares of the environment must be free of political influence, and must depend on scientists of a free mind that can evaluate, from a strict technical view point, the environmental impact of the projects underway.

 

 

https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dHJ3T2stY3VKZk5YUVhZNFd3UWdfc1E6MA&ifq

 

 

____________________________________________________________________

Declaration of the scientific community in support of Dr. Ernesto Bustamante

 

 

 

We the undersigned find the charges brought against our colleague, Dr. Ernesto Bustamante, and the subsequent guilty verdict, to be a violation of universal human rights and a travesty against long-standing and universal principles of behavior, as articulated by Article 19 of the Universal Declaration of Human rights, which reads:

 

 

 

"Everyone has the right to freedom of opinion and expression; this right includes freedom to hold opinions without interference and to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers."

 

 

 

More specifically, the verdict destroys the integrity of science. Ultimately, the strength of science lies in peer review. It is an established and universal procedure that scientists publish their work precisely so the rest of the scientific community can evaluate it. No scientist ever publishes under any illusion that their work will be accepted without question. A few of the published research papers stand the test of time. Others fall by the wayside, as scrutiny by the scientific community at large is able to find flaws or alternative interpretations for their results. Only when the science community at large validates a piece of scientific work after repeated questioning and challenges, thus separating facts from artifacts, can science move forward. Therefore, engaging in scientific critique has become both a right and a duty for scientists.

 

 

 

We are saddened that another Peruvian scientist took personal offense when her results were questioned. Legitimate scientists would have reviewed their data to ensure its integrity. Instead, she chose to seek redress through the court system. But by doing so, she violated the tenets that form the very foundation of science. We wish to stress that no court ruling is ever able to alter scientific fact or the laws of nature.

 

 

 

Moreover, we are surprised that Dr. Bustamante could be found culpable of defamation when Article 133 of the Penal Code of Peru states explicitly: "One does not commit injury or defamation when one deals with: 2. Literary, artistic or scientific critiques." Dr. Bustamante engaged in a scientific critique of the scientific merits of the work of another scientist.

 

 

 

As long as scientists who follow the standard scientific process can find themselves subject to prosecution, legitimate science cannot be practiced in Peru. We therefore call upon Peru to restore the ability of scientists to exercise their discipline and pursue truth in accordance with the values of the free world, and call upon the Peruvian authorities to reverse the ill-considered and unfounded verdict.

 

 

 

In solidarity with Dr. Bustamante, we sign below:

 

 

 

https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dHJ3T2stY3VKZk5YUVhZNFd3UWdfc1E6MA&ifq

 

 

 

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 12:30

Ce n’est certes pas une première. En 2007, un calamiteux reportage d’Envoyé Spécial filmait des militants de Greenpeace manifestant contre le lait de vaches nourries aux OGM. Il s’agissait d’effrayer les passants qui buvaient à leur insu « du lait génétiquement modifié », selon la formule d’un militant.

 

La peur engendrée par l’ignorance est toujours la meilleur alliée des manipulateurs.

 

Malgré son énormité, le mensonge passe, et avec lui l’idée que la chaine alimentaire est ainsi « contaminée » ! Ainsi, l’homme de la rue croit que le fait de manger des aliments issus d’organisme génétiquement transforme la vache et avec elle sa viande ou son lait en organisme génétiquement modifié. Qui sait si à notre tour n’allons pas subir une modification génétique en mangeant ces aliments ?  

 

Le lait n’est pas une entité génétique, et ne contient ni les gènes ni les protéines de l’OGM.

 

Par bonheur, les gènes (et les protéines codées par ceux-ci) sont disséqués au cours de la digestion, et notre intégrité génétique n’est pas plus menacée que celle des vaches par l’absorption de gènes étrangers. Si tel était le cas, le seul fait de manger une salade, OGM ou pas, nous transformerait en créatures hybrides homme-salade !

 

Le fanatisme anti-OGM exclut tout scrupule, toute concession à la vérité, et son succès repose sur le matraquage permanent : c’est sans doute ce dernier point qui explique que Greenpeace ait ressorti de ces cartons cette campagne de manipulation grossière.

 

Cette fois-ci, sont visés les fromages AOC qui n’excluent pas les OGM dans l’alimentation des animaux qui produisent le lait. Même si la responsable est obligée de reconnaître que « [les fromages]ne sont pas directement faits à partir des organismes génétiquement modifiés, mais les bêtes desquelles on tire le lait pour faire le fromage sont nourries avec du Soja OGM » (1) , le titre même de l’article en ligne sur le site de Greenpeace « Fromages AOC : des OGM sur un plateau ? » (2) ne laisse aucun doute sur le fait que les mêmes ficelles seront utilisées pour effrayer le grand public.  

 

« On pourrait croire qu’un label de qualité comme les AOC garantit l’exclusion des OGM de la production. C’est en tous cas ce que pense le grand public.

Pourtant ils sont omniprésents dans toutes les filières de production animale, notamment laitières. En effet, le cheptel laitier peut être nourri avec du soja ou du maïs OGM importé du continent américain. Depuis dix ans, les OGM ont été massivement introduits dans notre alimentation à notre insu. »  

 

Remarquons que Greenpeace ne fait mention d’ aucun problème qui pourrait justifier une exclusion des OGM de la nourriture animale. Et pour cause, il n’y a aucun problème ! Il est beaucoup plus habile d’amener le lecteur à associer de manière inconsciente « qualité » et « sans OGM ».

 

Le « Guide des produits laitiers avec ou sans OGM » (3) est plus explicite, assénant comme une évidence cette bétise déconcertante :

 

« Pour les français, plaisir gastronomique et produits de qualité ne peuvent se conjuguer avec les OGM. Mais ceux-ci sont pourtant omniprésents dans les assiettes de manière insidieuse. ».

 

 

Pour insidieux, le dictionnaire des synonymes (4)donne, classés par ordre de pertinence :

trompeur

faux

sournois

fourbe

hypocrite

perfide

fallacieux

mensonger

captieux

tartufe

 

Selon vous, lequel de ces adjectifs qualifie le mieux la propagande de Greenpeace ?

Anton Suwalki

 


 

 

Sources :

 

(1) http://www.20minutes.fr/article/397266/Environnement-Ecologie-Des-fromages-contiendraient-des-OGM.php

 

(2) http://ogm.greenpeace.fr/fromages-aoc-des-ogm-sur-un-plateau

 

 

(3) http://ogm.greenpeace.fr/wp-content/uploads/2010/04/greenpeace-guide-ogm-fromage.pdf

 

(4) http://www.crisco.unicaen.fr/cgi-bin/cherches.cgi

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 10:50

Je signale aux anglophones un excellent site  :

 

Academics Review - Testing popular claims against peer-reviwed science

 

Academics Review a été fondé par l’américain Bruce M. Chassy et l’australien David Tribes (également auteur du blog GMO Pundit).

 

Academics Review a abattu un travail considérable basé sur la littérature scientifique  en réfutant point par point les affirmations d’un livre de Jeffrey Smith au titre évocateur : «La roulette génétique». Le même Jeffrey Smith avait publié un premier livre non moins évocateur « Les semences de la tromperie ». Les USA ont aussi leur Marie-Monique Robin.

 

Les auteurs d’Academics review ont dans leurs réponses aux allégations de Smith respecté la structure de son livre et rédigé 65 articles courts mais efficaces suivis des références des principales études sur lesquels ils s’appuient.

 

Un travail remarquable qui mériterait une traduction en français…

Anton Suwalki

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 13:55

 

Article publié le 31.03.2008 , republié le 24.03.2010, pour compléter le dossier Vélot…

Anton



Nous remercions Philippe Joudrier Chargé de mission INRA, expert OGM à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, de nous avoir autorisé à publier une critique des propos de Christian Vélot, interviewé dans Libération .

(http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/307837.FR.php?rss=true)

Libération : Le projet de loi sur les OGM, première traduction législative du Grenelle de l’environnement sera débattu au Sénat à partir de demain, après plusieurs semaines de polémique politique et scientifique. Décryptage avec le chercheur en génétique moléculaire Christian Vélot, critique envers les OGM agricoles.
Pourquoi les scientifiques sont-ils si divisés ?
Christian Vélot :Que la communauté scientifique soit divisée n’est pas propre aux OGM. Pour lever les controverses, en général, on fait des expériences. Mais avec les OGM, on est dans une situation de carence d’évaluation. Quand on parle d’un maïs pesticide, qui produit un insecticide, la moindre des choses serait qu’il soit évalué comme un pesticide. Or ces plants sont sans doute mieux évalués que les autres plantes, mais ils sont évalués bien en deçà des pesticides. On ne dit pas que les études prouvent que cet OGM est toxique, on dit qu’elles sont suffisamment inquiétantes pour au moins demander à ce que des tests soient refaits par un laboratoire indépendant.
Philippe Joudrier : Contrairement à ce qu’écrit Vélot, les véritables scientifiques et spécialistes des PGM ne sont pas divisés sur les OGM.
La première question qu’il convient de se poser, c’est à quel titre Monsieur Vélot se permet de se présenter comme spécialiste du domaine. Il devrait pouvoir montrer, au minimum quelques publications qui indiqueraient 
qu’il a quelques compétences dans le domaine dont il parle et se pose en juge.
Mais pire, il fait état même de concepts montrant qu’il ignore des éléments fondamentaux de biologie de base.
Ainsi, et avec un autre scientifique non spécialiste du domaine également (Gilles-Eric Séralini : quelles sont ses publications scientifiques du domaine ?), ils ne cessent de mettre en avant le concept de plantes à pesticides   spécifiquement pour les PGM.
C’est alors largement ignorer que tous les organismes vivants possèdent des protéines qui ont une action « biocide » et donc « pesticide » sur tel ou tel organisme.
Et il se trouve qu’on ne les connaît pas toutes encore. Elles ne sont donc pas toutes  identifiées et du coup non étudiées et même pour celles qui le sont, elles sont très loin d’avoir fait autant d’études que celles volontairement mises dans une PGM donnée.
Jusqu’à présent, on a jamais considéré que les protéines devaient subir une évaluation équivalente à celle qui est pratiquée sur un pesticide chimique (de synthèse).
Pourquoi, parce qu’on connaît très bien quel est le devenir des protéines chez les êtres vivants. Elles participent à sa structure ou sont fonctionnelles avec un turn-over plus ou moins rapide, ou elles sont accumulées dans des organites spécifiques. Il se trouve que les protéines toxiques en question ne s’accumule pas dans l’organisme pour la bonne raison qu’elle ne possède pas de signaux leur permettant de le faire.
Mais même si c’était le cas, elle ne serait pas obligatoirement toxique pour autant.  
Les analyses devraient être faites par des labos indépendants dit-il !… mais c’est justement le cas ! c’est révéler ainsi qu’il ignore largement la manière de procéder des semenciers pour réaliser l’évaluation toxicologique.
 
Vous doutez de cette indépendance ?
Les études sont faites par des laboratoires choisis par la firme semencière, au prétexte du secret industriel. Et chaque fois qu’on a voulu avoir accès aux données brutes, ça a été au prix de batailles juridiques et administratives monstrueuses.
Les études sont sous-traitées par des laboratoires indépendants qui sont spécialisés sur ce genre de tests acceptés et reconnus au niveau international. Qui plus est, ces laboratoires travaillent le plus généralement selon des bonnes pratiques de laboratoire, label dont peu de labo du public pourrait revendiquer, aujourd’hui encore !
Vélot joue sur la notion de secret industriel… répétant bêtement le discours d’une juriste membre de l’association dont il fait partie. Les dossiers ne sont pas secrets, ils sont confidentiels… nuance de taille ! Cela veut dire que les 
experts, en charge de l’évaluation des dossiers, ont accès, très facilement, à toutes les données brutes. Il est complètement normal que tout un chacun, y compris n’importe quelle association non représentative et sans aucune légitimité puisse y avoir accès pour d’évidentes raisons de compétitivité économique.

Une pétition lancée par des chercheurs contre le moratoire sur le maïs OGM a reçu plus de 1 000 soutiens…
Ces chercheurs se réfugient derrière la prétendue neutralité de la science pour donner plus de poids à leurs arguments. Le principal problème, ce n’est pas tant les lobbys financier ou semencier, c’est le lobby scientiste. Ils restent persuadés que la science va répondre à tout.

 Ah, oui l’argument des pros qui sont des scientistes… !
Est ce que CV pourrait donner une définition de ce qu’est le scientisme.
Je crois que la définition de Karl Popper s’applique très bien justement à CV et consorts :
Pour Popper, est scientiste celui qui ne comprenant pas vraiment les méthodes des sciences exactes, en fait un usage naïf en science humaine ou sociale.
Ainsi, étalant son ignorance de différents concepts en biologie (qu’il est au passage censé enseigner), il semble tout à fait correspondre à la définition de K. Popper.

Que pensez-vous de la polémique qui a suivi la suspension du maïs Mon 810 ?
Pour la première fois, on avait à côté des scientifiques un collège économique et social. Et pour la première fois, un comité d’experts a pris en considération un certain nombre d’études de ces dernières années qui jusqu’ici avaient été ignorées ou négligées, et qui mettent en évidence que le pollen ne s’arrête pas à 50 mètres, comme le nuage de Tchernobyl. Le collège scientifique a conclu à des «interrogations». Ensuite, que le sénateur UMP qui présidait cette autorité, Jean-François Le Grand, se permette une interprétation personnelle, c’est normal. Ce n’est pas au scientifique de décider, mais au politique.
Si vraiment CV était un scientifique et donc qui appliquerait les principes de base de toute démarche scientifique, il n’oserait jamais écrire (dire) cela.
Il prouve qu’il ne sait pas quelle a été la démarche suivie par le comité de préfiguration de la haute autorité pour aboutir à son avis !
Au passage, dire que ce cpha a pris en considération un certain nombre d’études de ces dernières années … jusqu’ici ignorées est un grossier mensonge.
On peut facilement et aisément démontrer que l’avis n’est qu’un brouillon, ne relatant rien de nouveau qui ne fut déjà connu antérieurement et ne relate que quelques publications sur les plusieurs centaines récentes existantes. (cf site du colloque au sénat du 17/01/08) :
http://agribiotech.free.fr/
Sur la pollinisation, CV semble vouloir faire croire que la dissémination pollinique est une spécificité des PGM et plus grave encore, il ne sait pas faire la différence entre flux de pollen et flux de gènes ! Faut-il rappeler que dès 1972, Raynor avait déjà noté que le pollen du maïs pouvait parcourir 50 m sous vent dominant. Cela ne veut pas dire pour autant et bien que parcourant cette distance voire des distances largement supérieures, qu’il a toujours un pouvoir fécondant ! 

 
Les OGM permettraient d’utiliser moins de pesticides…
On nous ment en nous faisant croire que les OGM sont la solution aux pesticides. Effectivement, l’agriculteur n’a plus à pulvériser l’insecticide, mais ce pesticide est toujours dans l’environnement puisque le maïs le fabrique en permanence.
Qui ment dans l’histoire… là encore, un concept basique en biologie semble lui manquer… pourrait-il nous dire quel est le devenir normal et classique de toute protéine fonctionnelle ?
Par ailleurs et par utilisation systématique de la pensée magique et non pas de la pensée rationnelle, il essaye de faire croire à tout un chacun qu’il n’y aurait qu’une seule protéine dangereuse… pour l’homme, pour l’environnement… c’est celle qui est nouvelle chez la plante transgénique… les dizaines de milliers d’autres ne le sont évidemment pas, a priori !
Faut il rappeler, là aussi que l’AB (mais pas seulement) utilise le bacille de Thuringe comme insecticide (c’est chez ce bacille que le gène responsable de la synthèse de la toxine Cry1Ab présente chez le maïs MON810 a été pris) depuis des dizaines d’années.
Notons aussi que l’on a identifié plus de 250 toxines chez cette bactérie du sol. Et que celles qui ont été complètement étudiées sont justement celles que l’on trouve dans les PGM.

Ont-ils vraiment un impact sur la santé ?
Je ne peux pas répondre à cette question. Au regard des données brutes que l’on a pu obtenir à partir de tests sur des animaux, on voit des perturbations des paramètres hépatiques et rénaux. On dit donc : «Soyons prudents, prenons le temps.» Le problème, c’est que le temps de l’évaluation scientifique n’est pas compatible avec l’urgence du brevet et des profits.
Le problème majeur ici est qu’il relate les conclusions de son collègue GES qui s’est permis de tirer des conclusions (à partir de différences déjà mises en évidence par les études précédentes) alors qu’il n’est pas toxicologue. Le genre de conclusion qu’il en a tiré a été illustré de la manière suivante (par des personnes qui sont elles compétentes) :
"Une association statistique entre deux variables n’est pas suffisante pour conclure qu’un lien de cause à effet existe entre celles-ci. Par exemple, si vous étudiez le lien entre le fait de porter un briquet et le cancer du poumon, vous allez trouver fort probablement une association statistique. Cependant le fait de posséder un briquet ne cause pas le cancer du poumon, mais augmente le risque que vous soyez un fumeur et c’est la cigarette qui cause le cancer du poumon. De plus, vous ne trouverez pas de lien dose-réponse entre le nombre de briquet et le risque d’avoir le cancer du poumon. Que vous ayez 1, 2, ou 3 briquets ne changera pas votre risque d’avoir le cancer du poumon. La même chose s’applique pour l’étude du CRIIGEN à savoir que les animaux exposés à des doses plus élevées n’étaient pas plus à risque de développer des problèmes de santé."  

La France ne menace-t-elle pas sa recherche en se coupant des OGM ?
De quelle recherche parle-t-on ? On fait beaucoup d’amalgames avec les OGM. Ça fait trente ans qu’on s’en sert en recherche, je suis utilisateur de cette technologie. C’est un outil utilisé de manière routinière dans les laboratoires, c’est un peu la clé à molette du biologiste moléculaire. Dire qu’on prend du retard en recherche n’est pas vrai. Concernant le domaine agricole, ce n’est pas dans la recherche qu’on va prendre du retard, mais dans les applications dans les champs et dans les assiettes. Mais est-ce qu’on peut vraiment parler d’un retard ? Est-ce qu’on doit absolument concurrencer les Etats-Unis sur tout et n’importe quoi ? On pourrait au contraire jouer la carte de la biosécurité.

Preuve là encore que CV ne connaît pas du tout ce qui se fait en matière de recherche sur les OGM.
La France a évidemment pris un retard considérable sur les OGM. Les dirigeants de l’Inra disent qu’il n’y a plus un seul chercheur travaillant sur les OGM à vocation alimentaire !
Qu’est ce que la France, la recherche publique, a été capable de sortir ces dernières années en matière de PGM … rien, aucune !
Qu’est ce que la recherche publique est capable de transformer comme plante de grande culture ? mis à part le maïs et le riz (CIRAD) !
Recrute t-on des chercheurs sur ces problématiques ? où sont passés les doctorants … tous partis à l’étranger !
Pire même l'argent disponible pour l'appel d'offre OGM de l'ANR n'est même pas distribué entièrement car il n'y a pas assez de projets (dixit son président Marc Fellous).

Mais sans débouchés, comment la recherche sera-t-elle financée ?
C’est tout le problème de la politique de recherche depuis vingt ans, qui met la recherche appliquée en amont de la recherche fondamentale. C’est catastrophique. Si on faisait de la recherche tous azimuts en utilisant les OGM comme un outil parmi d’autres, et qu’on trouve des applications socialement utiles, on serait dans une démarche scientifique saine. Aujourd’hui, on fait des OGM pour faire des OGM. Et pour que ça se vende, on nous invente une utilité sociale.

C’est ici que CV étale toute son incompétence et montre qu’il ose parler d’un sujet qu’il ne comprend pas et qui le dépasse.
Il faudrait qu’il soit capable de parler d’amélioration variétale, expliquer à tout un chacun pourquoi nous avons besoin en permanence de nouvelles variétés. Ainsi s’il était capable d’expliquer pourquoi l’on met de l’ordre de 300 à 400 nouvelles variétés sur le marché chaque année depuis des décennies… il y a longtemps qu’il aurait compris l’utilité sociale des OGM. Mais il doit penser que l'évolution n'existe pas, ni les mutations ! Il doit s’imaginer que tous les ravageurs des plantes n’évoluent pas et qu’on peut indéfiniment cultiver les mêmes variétés !!!

Mais les OGM ne sont-ils pas une solution aux crises alimentaires mondiales ?
Le problème de la faim dans le monde n’est pas scientifique et technologique mais politique. Sinon, il faudrait qu’on m’explique pourquoi, alors qu’on produit deux fois plus que les besoins, il y a des gens qui meurent de faim. On veut nous faire croire qu’on va résoudre la faim dans le monde avec des OGM dont le seul but pour les firmes semencières est de mettre des brevets sur des plantes et d’avoir la mainmise sur l’alimentation mondiale.
Une fois de plus, la question de la faim dans le monde est évoquée. Alors qu'en fait, cet argument a été mis dans la bouche des « pros » (pour faire simple) par les antis. Comme si ceux qui faisaient des OGM ne connaissaient pas cette problématique et prétendraient la résoudre sans en connaître les tenants et les aboutissants et en ignorant qu’elle est uniquement politique.
Une fois de plus, CV est un tantinet outrancier dans ses arguments… on ne produit certes pas deux fois plus que nécessaire… on voit bien que des crises alimentaires redeviennent possibles tant les stocks des principales céréales (base de l’alimentation mondiale) sont faibles actuellement (quelques mois). Il suffirait d'une mauvaise récolte une année !
Par ailleurs, une donnée qu’il ne faudrait pas oublier trop systématiquement :
Ce n’est que grâce aux excédents qu’il est possible d’aider les populations qui n’ont pas assez !  
Comment se fait-il que les PGM sont cultivées par près de 10 millions de paysans dans le monde vivant dans des PeD ?. Les brevets ne semblent pas les arrêter !

Qu’attendre alors du débat sur le projet de loi ?
La discussion c’est toujours bon à prendre. Mais il faut qu’elle prenne en compte les conclusions du Grenelle, notamment sur les questions de responsabilité, de transparence. Dans son discours, Nicolas Sarkozy a pour la première fois - on peut lui rendre ça - désigné les OGM agricoles par leur nom : des «plantes pesticides». Mais on ne trouve pas une seule fois ce terme dans le projet de loi. J’ai peur que ce soit à nouveau du vernis sur des ongles sales, qui va permettre en fait d’autoriser la contamination par les OGM.

Que Le président Sarkozy utilise l’expression « plantes pesticides » n’a rien de surprenant compte tenu du matraquage permanent des antis-OGM. Il est comme les 70% de français à s’être laissé avoir par un discours systématiquement mensonger depuis 10 années, qui a joué sur le registre de la peur à tel point que maintenant un postulat de base à malheureusement réussi à passer dans l’esprit de nos concitoyens, c’est qu’OGM = danger !
Mais on se demande bien pourquoi ! Pourquoi devraient ils être dangereux a priori ? Là aussi, il serait intéressant que CV fournisse des arguments biologiques qui indiqueraient qu'un OGM est intrinsèquement dangereux du fait de son mode d'obtention ou que la sélection conventionnelle est intrinsèquement non dangereuse !
Au final, le plus grave est que non seulement CV utilise son statut de scientifique pour proférer tout un tas d’inexactitudes voire de mensonges mais aussi qu’il enseigne la biologie sur de faux concepts à nos étudiants. 
Et, qu'au final, il a même réussi à avoir une renommée médiatique que ses maigres travaux seraient bien en peine de lui donner (3 publications en 7 années).
Comme l'a très justement écrit G. Kafadaroff dans son livre "OGM : le gâchis" : "De la communauté scientifique on ne relate que les propos d'une poignée de scientifiques en mal de notoriété qui, en jouant sur la peur et grâce au relais actif des activistes anti-OGM ont acquis une renommée médiatique facile que leurs travaux n'ont pu leur donner. La science pourtant si présente au quotidien à travers ses applications innombrables s'est marginalisée dans les esprits de nos concitoyens, victimes de l'insignifiance médiatique."  
 
Philippe Joudrier
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