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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 19:00

Un article de Marcel Kuntz :

 

Une publication récente d’Aziz Aris et Samuel Leblanc dans le journal Reproductive Toxicology (Maternal and fetal exposure to pesticides associated to genetically modified foods in Eastern Townships of Quebec, Canada) affirme avoir détecté des traces :

 

-d’herbicides (utilisés sur les variétés ‘génétiquement modifiées’ tolérantes à des herbicides) ou de leur métabolite principal,

 

-ainsi que la protéine insecticide Cry1Ab (produite par certaines variétés dites Bt, résistantes à des insectes ravageurs)

 

dans le sang de femmes canadiennes, enceintes ou non, et des cordons ombilicaux.

 

Le site publiera toute information crédible quant à la validité de ces affirmations et cet article sera ainsi mis à jour périodiquement.

 

Une publication peu crédible

 

Seules les allégations d’Aris et Leblanc concernant la protéine Cry1Ab sont discutées ici pour le moment.

 

La protéine Cry1Ab est produite par les cotonniers et certains maïs Bt (par exemple MON810). Aris et Leblanc prétendent l’avoir détectée chez 93% des femmes enceintes et 69% des femmes non-enceintes testées et considèrent que cela est lié à la consommation d’aliments dérivés de variétés Bt. Il s’agirait donc de maïs, plutôt que d’huile de coton peu consommée au Canada.

 

Curieusement, les auteurs ne considèrent pas que l’origine de Cry1Ab puisse être les aliments issus de l’agriculture biologique (qui utilisent en épandage sur des cultures maraichères ou fruitières des protéines Cry1Ab ou des bactéries qui les produisent) ni son utilisation en jardinage (préparations d’« insecticides naturels » en vente libre)...

 

Lire la suite de l’article :

 

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-aris-leblanc-72486593.html

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 14:36

Plutôt discret, le CRIIGEN , ces derniers temps. Il faut dire que depuis quelques semaines, MMR bénéficie du monopole de l’intox dans les médias. En attendant de pouvoir refaire le buzz, l’activité du comité « indépendant » semble en veilleuse. Pourtant, le dernier communiqué publié sur le site du CRIIGEN (1) contient un sacré scoop !

 

ACCUIEL CRIIGEN

 

 

 

Au départ, un simple commentaire du rapport annuel de l’ISAAA (2) sur les cultures transgéniques dans le monde en 2010, aussi ennuyeux que la rubrique nécrologique d’un bulletin paroissial.  Le rédacteur se contente d’ânonner les poncifs habituels : les OGM ne tiennent pas leurs promesses, la résistance (aux OGM) apparaît dans le monde entier, les OGM ne sont pas évalués plus de trois mois sur la santé des mammifères (3), ils ne sont pas non plus étiquetés (4) Chef, j’ai rien oublié ? 

 

         Ah, si ! : « ces OGM servent essentiellement depuis le début à nourrir les porcs, vaches et poulets des pays riches, contribuent à la pauvreté et aux malnutritions mondiales » …Faudra voir à apprendre ta récitation par cœur, a du commenter le chef. Quant à savoir le rapport entre le fait que les grandes cultures soient en grande partie dédiées à l’élévage des animaux, et leur nature transgénique : il n’y en a bien sûr aucun.

 

            Au-delà de ces propos lénifiants, le rédacteur du communiqué semble avoir un gros problème avec l’arithmétique : « Après 15 années de commercialisation, les OGM atteignent 9,8% (148 millions ha) des cultures mondiales (progression annuelle <1%). » . Bonnet d’âne au CRIIGEN ! 134 millions en 2009, 148 millions en 2010, cela fait +10,4% ! Et la progression annuelle des surfaces cultivées depuis le début des cultures transgéniques n’a jamais été inférieure à 7% l’an.

 

            4 causes possibles à cette erreur d’écolier :

1.      Le rédacteur ne maîtrise pas la technique pointue du calcul d’un pourcentage (niveau 5ème)

       2.  Le CRIIGEN a acheté la seule calculette du marché qui calcule faux

      3. Le rédacteur a des gros doigts , et tape maladroitement sur les mauvaises touches de la calculette

     4.Le rédacteur bidonne volontairement les chiffres, en espérant que personne ne s’en rendra compte.

 

Quelle est l'hypothèse la plus vraissemblable ? Je vous en laisse juge...

 

 Deuxième pourcentage calculé par notre cancre : « En Europe, au contraire,  les OGM qui sont essentiellement cultivés en Espagne, représentent  moins de 0,001% des surfaces cultivées. » .

 

Ils sont très forts, ces européens : ils ont planté en effet un peu plus de 90.000 hectares de PGM en 2010 , soit 900 km2 qui représenteraient moins du cent millième (0,001%) des surfaces cultivées . On en déduit donc que l’Europe cultive sur une surface de plus de 90.000.000 (oui, millions !) de km2, un exploit quand on sait que la superficie de l’Europe est de …4.200.000 km2 .   Une seule explication possible à ce mystère : on cultive dans le plus grand secret des plantes sur d’immenses étendues de l'océan Atlantique , à peu près les 9 dixièmes!  Bof ! Tant qu’il ne s’agit pas d’OGM…

 

Anton Suwałki


 

 

Notes :

 

(1)   http://www.criigen.org/SiteFr/

(2)   http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/42/executivesummary/default.asp

      Pour une lecture critique, mais non mensongère des rapports de l’ISAAA, lire :

http://imposteurs.over-blog.com/article-les-pgm-dans-le-monde-un-regard-critique-sur-le-rapport-de-l-isaaa-et-ses-detracteurs-46101840.html

      (3) Faux :le CRIIGEN feint d’ignorer qu’il existe bien d’autres tests sur les animaux que les tests de toxicité subchronique à 3 mois sur les rats.

       (4) Encore faux : Toute denrée contenant plus de 0,9 % de produits issus d’OGM doit être étiquetée.

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 15:12

Telle est la conclusion qui se dégage d’un article d’Agnès E. Ricroch, Jean B. Bergé et Marcel Kuntz publié dans Plant Physiology :

Evaluation of genetically engineered crops using transcriptomic, proteomic and metabolomic profiling techniques

Les médias ont curieusement oublié d’en parler. C’est sûrement à mettre sur le compte de la distraction…

 


 

 

Le résumé en français de Marcel Kuntz :

 

Les nouvelles techniques d’analyses appelées transcriptomique, protéomique et métabolomique visent à visualiser, respectivement, l’expression de tous les gènes (transcrits), toutes les protéines et tous les petits composés chimiques (métabolites) présents dans un organisme ou une partie de l’organisme. Ces techniques « omiques » ont été récemment utilisées pour l’analyse des plantes génétiquement modifiées (PGM) (transgéniques) quant à leur sécurité sanitaire et leur équivalence nutritionnelle. Dans un article scientifique récent, nous avons passé en revue 44 publications décrivant des comparaisons « omiques » de PGM avec des lignées non-GM de référence.

 

Toutes les trois approches « omiques » concluent de manière convergente :

 

-la transgénèse a moins d’impact sur l’expression des gènes ou sur les niveaux de protéines ou de métabolites que la variabilité générée par l’amélioration conventionnelle des plantes (qui est généralement considérée comme sûre) dans les variétés déjà existantes.

 

-les changements naturels de l’environnement (d’un champ à l’autre par exemple) ont généralement un impact plus prononcé que la transgénèse.

 

-aucune des publications sur les évaluations de type « omique » ne conclut à des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des PGM mises sur le marché.

 

Implications

 

-Ces méthodologies à grande échelle confirment, en appoint et indépendamment, la sécurité sanitaire des aliments dérivés de PGM.

 

-La connaissance scientifique générée indique que le poids réglementaire pesant sur les PGM devrait être réduit.

 

-Leur intégration systématique dans les processus d’évaluation réglementaire avant mise sur le marché ne peut être recommandée en l’état, car ce sont aujourd’hui des outils de recherche fondamentale et non d’analyse de routine.


 

 

L’article est accessible en ligne :

http://www.plantphysiol.org/cgi/reprint/pp.111.173609v1?ijkey=tKNFAq6FIYWx0Ft&keytype=ref

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-omic-68004123.html




 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 18:10

pathogenic escherichia coliC’était passé inaperçu jusqu’à cet article du Professeur Canardeau (1) du 19 janvier dans un hebdomadaire conformiste paraissant le mercredi. L’Association des Professeurs de Biologie et de Géologie (AFBG) propose un kit de transgénèse utilisable par les professeurs de SVT. Le kit permet aux lycéens de faire une expérience de transfert d’ un gène de résistance à l’ampicilline à des bactéries Escherichia Coli (2) . 

 

Les kits proposés par l’APBG répondent-ils aux besoins pédagogiques de l’enseignement en lycée ? Ce sont encore les professeurs de SVT en lycée qui sont le mieux placés pour l’apprécier. Mais le Professeur Canardeau a sans doute sa propre opinion sur le sujet , lorsqu’il restitue la réaction de la retraitée de l’éducation nationale qui lui a mis la puce à l’ oreille  : « faire fabriquer des OGM à des enfants de 15 ans, vous vous rendez compte ? » .

 

On se doute de ce que ce genre d’expériences peut inspirer à cette femme et au journaliste , mais c’est finalement Christian Vélot du CRIIGEN qui l’exprime le plus clairement : « Bactérie [E.coli] de classe 1, ça veut dire qu’il faut des précautions particulières pour la manipuler. Mettre des enfants de 15 ans en contact avec ça »

 

Déconcertant comme toujours, le maître de conférence semble ignorer ce que sont les bactéries de classe 1 : elles ne présentent aucun danger particulier, la souche K12 d’E.coli utilisée dans ce kit, très utilisée dans les laboratoires de recherche, répond aux exigences de sécurité pour des expériences menées par des lycéens. Et même si comme le prévoit le guide pédagogique, ce type d’expérience doit aussi être l’occasion de sensibiliser les élèves aux risques encourus lors de manipulations, le risque est dérisoire par rapport aux situations quotidiennes qui les exposent à des contaminations bactériennes ou virales …

 

« Au de lieu de leur apprendre à observer le vivant, poursuit C Vélot, l’Éducation Nationale les entraîne à le modifier et à jouer les apprentis sorciers. Scandaleux ! »

 

Nous y sommes , on « joue les apprentis sorciers » ! On croyait pourtant que Mr Vélot était pour les OGM, « mais seulement en milieu confiné » ! De quoi a-t-il donc peur ? Que les gamins se mettent à fabriquer des « Frankenstein transgéniques » dans le garage de leurs parents ? L’argument de la sécurité pèse peu en réalité, à côté des préventions habituelles : « entraîner à modifier le vivant », ça sonne pour C Vélot et le Professeur Canardeau comme une incitation à la débauche !

 

Le CRIIGEN a repris ses arguments dans un communiqué (3), s’interrogeant « sur les conditions de sécurité dans lesquelles ces expériences seront conduites pour éviter une contamination de l’environnement par les réactifs utilisés et les produits obtenus lors des séances de travaux pratiques, et s'interroge sur l'équipement de stérilisation, d'autoclavage ou de décontamination des lycées ».

 

« Décontamination des lycées », pour un peu, on pourrait se croire à Tchernobyl !

 

« [Le CRIIGEN] regrette que le temps imparti à l’enseignement de cette biotechnologie (acquisition d’un savoir « faire ») soit pris sur celui nécessaire à l’acquisition de connaissances en biologie et de l'observation (exercice du « regard »).

 

Le CRIIGEN partage donc avec C Vélot une conception particulièrement archaïque de l’enseignement des sciences, qui oppose l’observation et l’acquisition de connaissances à l’expérimentation. L’anti-Main à la pâte, en quelque sorte (4).

 

«Devant la banalisation de ces manipulations (souligné par moi), le CRIIGEN s'inquiète du fait que ce sujet sensible fasse l'objet de travaux pratiques où la transgénèse est présentée comme une technique totalement maîtrisée auprès de jeunes élèves n'ayant pas le recul nécessaire pour apprécier les conséquences et les retombées de telles technologies »

 

 

En réalité, cette présentation est inventée par le CRIIGEN, la démarche de l’APBG étant que ce kit s’accorde avec les objectifs du programme actuel de Terminale scientifique : « L’élève reconnaît dans un document le principe, les étapes, les résultats et l’intérêt escompté de la pratique d’une transgénèse. De même, dans un texte ou une étude expérimentale, il repère et explique en utilisant ses connaissances les problèmes soulevés par l’utilisation des OGM. L’élève doit saisir le lien entre la transgénèse qui s’effectue au niveau cellulaire et sa traduction au niveau de l’organisme entier (souligné par moi)». 

 

Rien donc qui n’interdit d’inviter les élèves à « prendre du recul ». En outre, cette expérience peut être l’occasion de sensibiliser les élèves, au-delà de la manipulation génétique, aux problèmes posés par la résistance aux antibiotiques. Mais en fait de banalisation, ce que craint le CRIIGEN, n’est-ce pas plutôt la démystification des OGM, et le fait que les élèves acquièrent le recul nécessaire par rapport au discours sur les « apprentis sorciers » ? 

 

« En attendant un débat contradictoire public sur ce sujet à l'APBG, association de professeurs qui promeut la vente de ces kits, avec par exemple le CRIIGEN et le groupe de lobbys des biotechnologies bien connu DEBA, cité par l'APBG, et en attendant une information transparente et contradictoire sur les risques, le CRIIGEN propose un moratoire sur la vente de ces kits à des fins d'éducation dans l'enseignement secondaire. » .

 

Nos lecteurs se demanderont ce que signifie un débat contradictoire avec le CRIIGEN : devant les tribunaux, par exemple ?  En attendant cet hypothétique débat contradictoire, vite un moratoire ! Ca fait au moins un nouveau sujet de pétition pour mobiliser les antis…

Anton Suwałki 


 

 

 

Notes :

 

(1)              Fabriquer des OGM : un jeu d’enfant de 15 ans ! Le Canard Enchaîné , 19/01/2011

(2)              http://www.apbg.org/productions/produits/kits__adn.htm

(3)              http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=341&Itemid=32

(4)              La Main à la pâte est une association fondée notamment par Georges Charpak dans le but de rénover l’enseignement scientifique.

http://www.lamap.fr/?Page_Id=50

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 13:37

Quatrième partie : Un procès éminemment politique

 

 

Une pétition mondiale

 

On peut légitimement s'interroger sur les motifs réels de la plainte en diffamation.  Ce n'était pas la première fois que les travaux de M. Séralini et de ses collègues, voire la personne même de M. Séralini (du fait de ses autres activités et centres d'intérêt) avaient été vivement critiqués [1].  On  a vu quelques exemples dans les parties précédentes parties.  Trois hypothèses méritent examen.

 

D'une part, M. Marcel Kuntz fait état d'une rancune recuite contre un Marc Fellous président de  l’ex-Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) en quelque sorte coupable d'avoir paraphé entre 2001 et 2004 des rappels à l'ordre éthique et scientifique extrêmement fermes.  Ils étaient certes à la mesure des débordements de M. Séralini, mais aussi, à l'évidence, humiliants [2].

 

D'autre part, l'AFBV avait été constituée début 2009 et s'était donné une mission d'information, de formation et de défense des biotechnologies végétales sur la base des valeurs et principes d'indépendance, de transparence, d'écoute, de rigueur scientifique, de respect des personnes, et de refus des certitudes et des extrémismes [3].  Elle regroupe aussi des personnalités éminentes, notamment sur le plan scientifique ; un prix Nobel, une bonne douzaine d'académiciens des sciences et une bonne douzaine de directeurs de recherche, excusez du peu ! L'AFBV représentait donc une menace et il convenait dès lors de la museler.

 

Enfin, il s'est créé en septembre 2009 un Réseau des Scientifiques Européens Concernés par l'Environnement et la Société (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility – ENSSER) [4], « dont le CRIIGEN » fait partie [5].  Ce réseau se propose aussi de produire de l'information scientifique « transparente » et de grande qualité, mais centrée sur les aspects écologiques, sanitaires et socio-économiques de l'utilisation des technologies.  Mais un de ses objectifs principaux est de « soutenir et défendre la science et la recherche critiques et indépendantes ».  M. Séralini et ses co-auteurs ne pouvaient donc que devenir les premiers « clients » du réseau [6].

 

La galaxie des chercheurs autoproclamés indépendants et citoyens et de leurs amis a donc lancé une pétition en mai 2010 avec des campagnes de signatures séparées pour les « chercheurs académiques » et les « non-chercheurs », et ce, « pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire » [7]. À la date de rédaction du présent article, près de 900 signatures ont été recueillies dans la première partie.  Toutes ne sont pas de chercheurs, loin de là, et bien peu nombreux sont ceux qui ont les qualifications scientifiques pour comprendre de quoi il en est.  Cela est d'autant plus étonnant – ou faut-il écrire inadmissible ? – que les organisateurs de la pétition ont produit un tableau comportant, dans l'ordre alphabétique, les 300 premières signatures (on y trouvera aussi des noms intéressants...) [8].  Le même texte a été soumis à la signature des non-chercheurs et a réuni quelque 13.500 signatures.

 

 

Une pétition « autogoal » [9]

 

Le pétition ne souffre pas que de l'ambition de faire du chiffre.

 

En premier lieu, elle n'a prima facieaucun destinataire !

 

En second lieu, elle pêche par l'amateurisme de la traduction.  Le texte français du paragraphe final, opérationnel, a été soigneusement rédigé :

 

« Nous, signataires de ce texte, considérons qu’il est de notre responsabilité de maintenir les conditions d’une controverse scientifique respectueuse et d’une expertise pluraliste sur des questions aussi sensibles que celle des effets de la culture de plantes génétiquement modifiées. Nous condamnons cette démarche de chercheurs qui utilisent les armes de la décrédibilisation mensongère plutôt que le terrain de la démonstration encadrée par les procédures en vigueur au sein de la communauté scientifique, à savoir des expériences transparentes, indépendantes et reproductibles, soumises à une évaluation par des pairs. »

 

La « décrédibilisation mensongère » devient en anglais une  defamation, soit une accusation à qualification juridique... alors même qu'un juge est appelé à se prononcer sur l'existence ou la non-existence d'un tel délit [10].

 

En troisième lieu, c'est se moquer de ses interlocuteurs que d'exiger « des expériences transparentes... » alors même que M. Séralini et ses collègues se sont limités à – ou se sont permis de – réévaluer les résultats du pétitionnaire à l'aune de leurs propres méthodes statistiques et, en dernière analyse, de leur propre système de valeurs et de pensée ; en clair : de leurs préjugés.

 

En quatrième lieu, comment peut-on appeler au respect des « conditions d’une controverse scientifique respectueuse et d’une expertise pluraliste », lorsque, d'une part, les intéressés récusent a priori leurs contradicteurs [11] ; que, d'autre part, la pétition (en fait les intéressés) impose l'exigence d'une évaluation par des pairs (une publication dans une revue à comité de lecture) ; que, de surcroît, la pétition émane d'organisations qui fonctionnent selon un mode binaire distinguant les « bons » (les chercheurs prétendument indépendants) et les « mauvais » (les chercheurs « impliqués dans des réseaux d'intérêts industriels et commerciaux) « corporate» [6]); et qu'enfin les intéressés succombent eux-mêmes aux procédés déloyaux [12] ?

 

 

Une opération de communication

 

L'audience au tribunal a donné lieu à une intense opération de communication.  En particulier, une manifestation et une conférence de presse ont été organisées avec le soutien de Cap21 (ceci n'est pas étonnant, il y a unicité de personne à la tête de Cap21 et du CRIIGEN, et de siège), d'Europe Écologie – les Verts et du Parti de gauche, ainsi que d'une série d'organisations environnementalistes et altermondialistes (Greenpeace, WWF, Combat Monsanto, Générations Futures, ATTAC et, bien sûr, la Fondation Sciences citoyennes) [13].

 

À l'évidence, la diffamation alléguée a été un prétexte pour mener un autre procès.  On en prendra aussi pour preuve que le dossier de presse incluait une « Fiche Risques et lanceurs d’alerte par Christian Vélot » et un « Projet de loi pour la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte » [14].

 

En bref, c'était l'occasion de faire le procès des relations entre la science et la société, voire de la société elle-même [15].

 

 

Un procès de rupture ; des argumentaires maladroits

 

À cet égard, nous avons les déclarations de Mme Corinne Lepage [16] et de M. Jacques Testart [17] devant le tribunal.

 

On ne fera pas ici l'analyse détaillée de ces interventions.  On relèvera toutefois que Mme Lepage explique la raison de la procédure – en appelant en renfort son expérience de ministre ainsi que les diables (cigarettiers, pétroliers) et les anges (le professeur Viel et les leucémies autour de La Hague, le Dr Irène Frachon et le Mediator) et conclut par :

 

« Cette action vise à défendre la recherche indépendante, la vérité scientifique et la démocratie. »

 

Étonnant de la part d'une personne qui n'est, en principe, que témoin...

 

On relèvera aussi que sa description dithyrambique du CRIIGEN semble souffrir de fâcheuses approximations et d'opportuns oublis.  En particulier, le CRIIGEN n'a  pas travaillé pour l'Inde  [18].  Ce qui est étonnant, c'est que cette approximation – un mensonge pour dire les choses comme elles sont – a déjà été dénoncée en France [19].

 

Tout comme Mme Lepage, M. Testart a fait dans l'approximatif s'agissant du « secret industriel » couvrant,  malgré les décisions de justice (selon Mme Lepage), les études de Monsanto.  C'est bien à tort qu'il a allégué que Monsanto, « n’en avait communiqué aux autorités et agences délivrant les autorisations qu’une version favorable à l’obtention des agréments, dissimulant la plupart des données » ; en effet, c'est bien sur les données de Monsanto que M. Séralini et ses collègues ont travaillé !  M. Testart n'écrit-il pas dans son témoignage que : « L’équipe de Caen aurait bien sûr préféré mener sa propre expérimentation plutôt que réinterpréter une expérimentation grossière menée par l’entreprise Monsanto », pour poser plus loin avec témérité que :

 

« Jamais les comités scientifiques français (CGB puis HCB) ou européen (EFSA) n’ont vérifié les données produites par les industriels ni même soumis leurs résultats à réinterprétation. C’est cette démarche qui conduit l’équipe de GE Séralini à remettre en cause les normes d’évaluation des PGM, un souci que ne semblent pas partager les commissions d’experts même quand elles reconnaissent les carences du système actuel, résistant ainsi clairement à l’application du principe de précaution. »

 

Ce n'est là qu'un exemple de déclaration d'un homme de conviction, convaincu et passionné, qui manifestement attache une grande importance au principe de précaution.  Et de poursuivre :

 

« Quand des comités scientifiques (HCB, AESA,...) se livrent à une critique sourcilleuse du mode usuel de travail des chercheurs, comment peuvent-ils dans le même temps avaliser les résultats non vérifiés des industriels, en mettant en péril la santé humaine et l’environnement ? Pourquoi ce qui est bon pour ruiner l’alerte serait-il inutile quand il s’agit d’autoriser le risque ? Si nous n’avons pas les démonstrations qu’exigerait la science, ne faut-il pas appliquer le principe de précaution et, toutes affaires cessantes, se lancer dans la recherche de la preuve incontournable ? »

 

Mais, en l'espèce, le propos s'applique à des OGM cultivés depuis de nombreuses années, sur des milliers d'hectares, et utilisés à grande échelle pour l'alimentation humaine et animale.  La preuve incontournable ? C'est la preuve impossible.

 

 

En guise de conclusion

 

Le 18 janvier 2011, nous saurons si le juge se limitera à la diffamation alléguée ou s'il s'aventurera dans la question bien plus vaste des rapports de société.

 

S'agissant de la diffamation, Me Bernard Dartevelle, avocat de la partie civile (M. Séralini), a rappelé au sortir de l'audience que « les juridictions sont d'abord là pour protéger la liberté d'expression », qu'il est « difficile de demander au tribunal de se mêler de controverses scientifiques » et que « les juridictions préfèrent assez systématiquement renvoyer les scientifiques dos à dos » [20].  Cependant, à n'en pas douter, ces remarques ne portent que sur la jurisprudence et ne préjugent en rien de l'issue du procès, qui porte aussi sur les circonstances matérielles des faits reprochés à M. Fellous et l'AFBV.

 

S'agissant des rapports de société, Mme Lepage a fort justement dit ce qui suit dans son témoignage :

 

« La perturbation du débat public et la propagation du doute sur la science se font selon des méthodes pernicieuses et occultes dont la présente instance est une illustration française d’une méthode américaine bien ancrée.

 

« ...

 

« Il est important que la justice puisse établir la réalité des groupes qui sont à l’origine des opérations de dénigrement, de déstabilisation et de blocage de la recherche.

 

« Comme l’écrit Stéphane Foucart (le populisme climatique) : le lobbying classique influence l’élu ; le dénigrement public de la science et la diffamation des chercheurs influencent l’électeur ».

 

À notre sens, la judiciarisation de la science, de la recherche et de leur vulgarisation ne sont pas de mise.  Pour le reste, ses propos sont tout à fait pertinents.  Mais ils s'appliquent bien davantage à son propre camp qu'à celui dans lequel se range, on l'aura bien compris, l'auteur du présent article.

Wackes Seppi

 

______________

 

[1]  Par exemple, le site Alerte Environnement dresse un portrait fort peu avantageux de M. Séralini à :

http://alerte-environnement.fr/?page_id=1755

S'agissant des liens avec des officines vendant de la poudre de perlimpinpin, Les granules de Séralini devraient être testées au moins deux ans !  à :

http://imposteurs.over-blog.com/article-33136376.html

 

[2]  Avec citations et liens vers les documents pertinents :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/39/38/37/Proces-Seralini-AFBV.pdf

 

[3]  http://www.biotechnologies-vegetales.com/afbv/la_charte_

 

[4]  http://www.ensser.org/

 

[5]  http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=57&Itemid=76

Les guillemets résultent de la perplexité de l'auteur devant le fait qu'une entité juridique puisse faire partie d'un réseau de personnes physiques.

 

[6]  On se doit de relever ici la vision manichéenne de l'ENSSER (http://www.ensser.org/support-defense/) :

 

« Dans ce contexte, les recherches et les résultats des scientifiques qui ne sont pas impliqués dans des réseaux d'intérêts industriels et commerciaux [<i>corporate</i>] sont d'un grand intérêt et d'une grande valeur.  Sans surprise, les résultats des scientifiques indépendants et leur interprétation font l'objet d'une attention particulière par tous les intéressés lorsqu'ils ne confirment pas les résultats et les interprétations des réseaux d'intérêts industriels et commerciaux.  Au-delà des critiques légitimes sur des points techniques, l'ENSSER a observé une tendance accrue à attaquer et discréditer, en interne ou publiquement, les scientifiques qui produisent des résultats et des interprétations dissidents. » (Notre traduction.)

 

[7]  Voir par exemple le site http://sciencescitoyennes.org.

 

[8]  http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Signatures_chercheurs_Seralini-1.pdf

 

[9]  En français hexagonal : « but contre son camp »

 

[10]  La traduction est aussi très libre :

 

« <i>We, signing this statement, consider it our responsibility to defend the principles of respectful scientific criticism and the use of pluralistic expertise on issues as sensitive, complex and potentially irreversible as the effects of growing GM crops. We condemn the approach of researchers, who use defamation and flawed/biased logic rather than credible scientific grounds, to unfairly and unjustly argue their case. We uphold that such a debate should be conducted as a transparent discourse subject to assessment by peers.</i> »

 

[11]  Voir en particulier la note [4] de la deuxième partie.

 

[12]  Voir en particulier, dans le dossier à l'appui de la pétition de soutien à Gilles-Éric Séralini et ses collègues (première partie, note [3], la réponse aux critiques de « <i>Monsanto, EFSA, FSANZ, HCB, AFBV, named below as Monsanto</i> et al. », pp. 52<i>et seq.<i>.  Rien que le collectif « Monsanto </i>et al.</i> » est insultant compte tenu des campagnes de dénigrement menées contre la firme de Saint-Louis, Missouri.

 

L'expression « Monsanto </i>et al.</i> » a été acceptée par le Int J Biol Sci – bien que la signification du « </i>et al.</i> » n'ait même pas été explicitée – pour <i>Debate on GMOs Health Risks after Statistical Findings in Regulatory Tests</i> (2010; 6:590-598 – http://www.biolsci.org/v06p0590.htm#B1).  Cela en dit fort long sur la qualité de l'évaluation par les pairs...

 

Voir aussi, pour de nombreuses mises en cause de la compétence et de l'honnêteté des scientifiques qui ne sont pas de son bord, <i>Portrait : Gilles-Eric Séralini</i> à :

http://alerte-environnement.fr/?page_id=1755

 

[13]  Le tract n'est plus, semble-t-il sur le site de la Fondation Sciences citoyennes, mais on peut le trouver à :

http://robin.blog.arte.tv/2010/11/15/un-prix-a-bruxelles-et-autres-nouvelles/

On trouvera une série d'interviews (y compris de M. Séralini et de son conseil) et des extraits des conférences de presse à :

http://www.terre.tv/fr/1_biodiversite/8_ogm/3472_le-lanceur-dalerte-gilles-eric-slini-attaque-en-diffamation-

http://www.dailymotion.com/video/xfussb_video-reportage-proces-de-gilles-eric-seralini_news

 

[14]  http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1899

Le dossier de presse n'est plus téléchargeable.  Pour la fiche <i>Risques et lanceurs d'alerte</i>, voir :

http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Dossier_de_presse_J_Poirier.pdf

Pour le <i>projet de loi...</i> (cette expression a une signification constitutionnelle !), voir :

http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1883

 

[15]  On lira avec intérêt un document déjà ancien, <i>L'expertise et la recherche associative et citoyenne en France – Esquisse d'un état des lieux</i> :

http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Expertise_TSS.pdf

 

[16]  http://corinnelepage.hautetfort.com/archive/2010/11/index.html

 

[17]  http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1898

 

[18]  Le document soumis à la Cour suprême a été établi pour la pétitionnaire principale, Aruna Rodrigues, de Greenpeace, ce qui a été rendu de la façon suivante sur le site du CRIIGEN :

 

« Le Pr Gilles-Eric Séralini a évalué pour la Cour Suprême de l'Inde les études de Mahyco qui demande la mise sur le marché d'un nouvel OGM, l’aubergine Bt.

 

« ...

 

« Le Prof. Gilles-Eric Séralini a été accrédité par GreenPeace Inde pour une évaluation qualitative des études de Mahyco. »

 

http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=238&Itemid=113

 

Dans un communiqué de presse – alarmiste comme il se doit – en langue anglaise, et à la fin du document lui-même, le mot « <i>commissioned</i> est utilisé à la place exacte de « accrédité » (on y accède par le lien précédent).

 

Un deuxième document a été établi après que le Ministre de l'environnement eut invité quiconque était intéressé à présenter des commentaires.  L'ensemble des commentaires figure à :

http://moef.nic.in/downloads/public-information/Annex_BT.pdf

 

[19]  Par exemple :

http://imposteurs.over-blog.com/article-aubergine-bt-le-criigen-exporte-ses-pseudo-expertises-en-inde-39732782-comments.html#anchorComment

http://alerte-environnement.fr/?p=3029

 

[20]  Voir (à 7:25) :

http://www.dailymotion.com/video/xfussb_video-reportage-proces-de-gilles-eric-seralini_news

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 16:37

Après les experts Manatthan, les experts Miami…

Experts Miami Casting

 

les experts Caen, bientôt sur votre petit écran !

 CRIIGEN.jpg

 


 

Nous revenons ici sur un des arguments ridicules de Sciences Citoyennes et du CRIIGEN qui sur son site célèbre de manière tonitruante sa victoire dans le procès Séralini contre Fellous (1) . C’est Wackes Seppi qui a relevé cet argument dans son dernier article :

Selon S.C et le CRIIGEN,  « contrairement au CRIIGEN, les agences [d’expertise sur les OGM, EFSA, AFSSA, CGB, HCB etc..] n’ont jamais publié leurs avis dans des revues internationales à comité de lecture, et ceux-ci n’ont donc pas été soigneusement examinés. De plus, le président et les parrains de l’[...] (AFBV), Marc Fellous, Axel Kahn, Jean-Marie Lehn, Claude Allègre… n’ont pas publié de recherche dans des revues scientifiques internationales sur la génétique végétale, la biotechnologie végétale ou la sécurité sanitaire des OGM agricoles. (2)» .

 

1/ Comme toujours , S.C et le CRIIGEN se moquent du monde, et feignent d’ignorer la fonction de ces agences et de leurs comités scientifiques : des comités d’experts qui ont pour fonction d’émettre des avis sur les OGM, végétaux ou non, sur la base des connaissances scientifiques existantes, pas de publier dans des revues scientifiques. Leurs membres sont des chercheurs reconnus, spécialistes de la transgénèse ou de domaines qui servent à l’expertise des OGM : biologie moléculaire, génétique, nutrition, toxicologie, écologie, biostatistique, etc…     

 

2/ Invoquer l’absence de compétences en génétique végétale,  biotechnologie végétale ou sécurité sanitaire des OGM agricoles d’une partie des parrains de l’AFBV est tout aussi ridicule que si l’AFBV se moquait du pédigrée « scientifique » de Corine Lepage, ancienne présidente du CRIIGEN, pour juger des travaux de Séralini.

 

3/ Marc Fellous et Axel Kahn sont d’éminents généticiens qui ont tour à tour présidé la commission du génie biomoléculaire. Directement sur les OGM, Marc Fellous, président du conseil d’administration de l’AFBV,  a publié un article dans Trend in Food Science & Technology (3), une revue qui possède un facteur d’impact de 3,850 (4).  Rappelons que GES et le CRIIGEN ont eux multiplié les publications dans un journal… sans facteur d’impact (International Journal of Biological Sciences). Le premier article de Séralini et al. sur le maïs MON 863, déjà recalé par les agences « incompétentes », comme le rappelait l’AFBV, avait été publié dans une revue dont le facteur d’impact est de 1,864 (4).

 

4/ Parmi les membres du conseil scientifique de l’AFBV, pratiquement tous sont des spécialistes des OGM et des biotechnologies végétales en particulier, à commencer par le biologiste belge Marc Van Montagu , l’un des pionnies de la transgénèse (5).

 

5/  Parmi les membres du conseil scientifique du CRIIGEN, nombreux sont ceux qui n’ont jamais publié de recherche, ni sur la génétique végétale, ni la biotechnologie végétale , ni la sécurité sanitaire des OGM agricoles, sauf pour certains d’entre eux … sous couvert de GES et du CRIIGEN : c’est le cas du mystérieux François Roullier, auteur d’une percutante analyse en composantes principales (6) qui prouve, que les mâles et les femelles, c’est pas pareil. C’est désormais le cas de Christian Vélot (7), conférencier anti-OGM qui passe aux yeux du grand public et des journalistes pour un spécialiste des biotechnologies végétales qu’il pourfend à longueur d’année, ce qu’il n’est absolument pas.

     C’est aussi le cas de Joël Spirou de Vendomois, qui est…médecin généraliste . Remarque qui n’a rien de méprisant, les généralistes sont très utiles, mais cela rend d’autant plus dérisoire les accusations du CRIIGEN et de Sciences Citoyennes. Soulignons que le docteur de Vendomois est  homéopathe et acupuncteur, ce qui en dit long sur sa conception de la méthode scientifique, en particulier de l’ Evidence based Medicine (8)!

 

         Alors, puisque le tribunal ne s’est pas prononcé sur le fond, c’est-à-dire la validité des critiques portée par les agences d’expertise des OGM sur les travaux de Séralini (et simplement rappelées par l’AFBV), posons-nous la question : Où sont les vrais spécialistes, les vrais experts ?

Anton Suwalki.

 

 

 


 

 

 

(1)  http://www.criigen.org/SiteFr/

Séralini a pourtant été débouté sur l’essentiel, qu’importe , le verdict permet tout de même au CRIIGEN de matraquer sa propagande triomphaliste . 

(2) http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Annexe-support-Seralini_etal_2010.pdf

(3) GMO risk assessment around the world:Some examples . Trends in Food Science & Technology 19 (2008) S70eS78

(4) http://hepatoweb.com/Documents_PDF/Impact_Factor_2008.pdf

(5) http://www.biotechnologies-vegetales.com/afbv/les_membres

(6) A comparison of the effects of three GM corn varieties on mammalian health.

Int J Biol Sci, (2009)

(7) Debate on GMOs health risks after statistical findings in regulatory tests. Int J Biol Sci, (2010)

(8) c’est-à-dire la médecine basée sur les faits et les preuves scientifiques.

 

 

 

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 13:52

Troisième partie : Les atteintes alléguées à l'honneur et à la considération à l'épreuve des faits

 

 

 « Marchand de peurs »

 

Le Tribunal décidera sur un qualificatif qui tend à s'imposer dans la langue française comme la traduction de « scaremonger» et qui désigne de façon simple et imagée une personne ou une institution qui tient un discours anxiogène.

 

S'agissant des faits, les déclarations faites par M. Séralini dans l'émission Le Magazine de la santé ne sont pas les seules à porter le même message.  L'Internet est bourré de séquences vidéos de M. Séralini sur Youtube, Dailymotion, etc.  Certaines sont accessibles depuis le site du CRIIGEN [1].

 

S'agissant du droit, quelques membres du public qui ont assisté à l'audience du 23 novembre 2010 ont relevé que le Procureur de la République avait souligné que, s’agissant d’un sujet important et d'intérêt général, la plainte en diffamation ne saurait être un moyen de faire obstacle à l’expression indispensable de toutes les opinions [2].  On peut ajouter qu'un militant fortement médiatisé, chercheur ou autre, doit s'attendre à être vertement tancé par ceux qui ne partagent pas son avis, surtout lorsque l'objet du différend, d'ordre scientifique, est susceptible de s'analyser sur un mode binaire, en termes de vérité ou d'erreur scientifiques, ou encore en termes de contribution à la connaissance scientifique ou de manipulation de l'opinion.

 

 

Les travaux, les déclarations et la communauté scientifique

 

Or, le propre des travaux scientifiques de M. Séralini et de ses collègues est qu'ils sont très largement médiatisés, et ce, avec des exagérations à la clé.  Et c'est souvent à sa propre initiative, comme le lui ont reproché, par exemple, M. Jean-Baptiste Bergé et M. Marcel Kuntz [3], et avec un art consommé de l'opportunisme pour, selon les termes de M. Bergé « impressionner le monde politique qui doit statuer sur l’autorisation d’utilisation des OGM ».

 

Mais, paradoxalement, un adepte de l'intégrisme sémantique n'a aucun mal à réfuter les opinions de l'AFBV et de très nombreux observateurs sur la qualité des prestations scientifiques et médiatiques de M. Séralini.  Et l'intégrisme sémantique, quand il sert l'objectif, est la marque distinctive du militant pour une cause contestable et, en justice, du chicaneur...

 

L'honnête chercheur – au sens de l'honnête homme – n'a pas de temps ni de fonds à perdre à fouiller les poubelles de la science et à réfuter avec fracas, pour prendre une terminologie anglaise, la >junk science ou la science with an agenda.  M. Séralini et ses collègues ont donc beau jeu de se défendre en arguant du fait que ses contradicteurs (détracteurs selon leur terminologie) n'ont pas publié, comme eux, dans des revues à comité de lecture (en jetant toutefois un voile pudique sur les insuffisances du contrôle par les pairs et le faible impact de ces revues [4]).

 

Il y a cependant quelques réfutations cinglantes [5], en plus de ce qu'on peut trouver sur des blogs.  Et surtout, les rapports des agences de sécurité sanitaire qui ont été appelées à se prononcer sur les publications de M. Séralini et de ses collègues, ces rapports étant essentiellement des œuvres  collectives d'experts de haut niveau des différentes disciplines en jeu.

 

On pourrait donc arguer que M. Fellous et l'AFBV ne pouvaient pas faire état d'une opinion (unanime) de la communauté scientifique, M. Séralini et ses collègues y comptant des amis témoignant de la qualité de leurs travaux [6].  Mais l'intégrisme sémantique ne peut l'emporter sur le processus normal de développement de la connaissance scientifique ; il en est de même du comptage des forces en présence (y compris les forces non scientifiques), inhérent à une conception « démocratique » ou « citoyenne » de la science, qui tend à se répandre dans les milieux dits alternatifs dès lors que cela les arrange (dans d'autres situations, c'est le « seul contre tous », le lanceur d'alertes, qui doit prévaloir sur une science alors nécessairement « officielle », dans le sens péjoratif du terme, et dévoyée, sinon corrompue).  Priorité donc à la crédibilité matérielle des arguments en présence.  Ainsi qu'on l'a montré ci-dessus, le dossier est accablant.

 

Il en est de même pour les déclarations de M. Séralini et de ses collègues dans la presse ou dans des réunions, déclarations qui de toute manière souffrent d'exagération anxiogène, ce qui suffit à les discréditer.  Les honnêtes chercheurs n'ont pas vocation à descendre dans l'arène médiatique.  En outre, face à un discours alarmiste, ils sont doublement pénalisés (quand ils ne tombent pas dans un guet-apens [7]).  D'une part, toute réponse honnête est inaudible, ou inefficace, voire contre-productive dans la mesure où on ne peut pas rapporter la preuve absolue d'une innocuité.  D'autre part, les médias ne sont pas vraiment preneurs, en particulier lorsqu'une réponse à une déclaration d'un marchand de peurs implique qu'ils fassent un <i>mea culpa</i> à propos de l'article auquel il est répondu.  Le silence qui a accueilli le communiqué de presse de l'AFBV (tout comme le rapport subséquent du HCB) en est une preuve éclatante [8].

 

Au total, l'assertion que les déclarations médiatiques de M. Séralini sont systématiquement contestées par la communauté scientifique se vérifie essentiellement par les communiqués de presse des autorités de sécurité sanitaire, qui reposent eux-mêmes sur les analyses de scientifiques compétents ; par quelques articles et commentaires publiés dans des revues scientifiques ; et par des commentaires sur des blogs.  À notre sens cependant, cela suffit amplement à conforter l'AFBV dans son assertion.

 

 

Diffamation avérée c. diffamation alléguée

 

Si le juge est appelé à dire si M. Fellous et l'AFBV ont diffamé M. Séralini, il est un fait avéré que les militants anti-OGM ont franchi la ligne blanche en de nombreuses occasions.  M. Séralini n'échappe pas à cette constatation.

 

Exemples avec une interview de M. Séralini, Les OGM : « un scandale scientifique historique «  publiée le 19 mai 2010 [9], donc après le dépôt de la plainte :

 

« Le premier résultat de ces recherches est que les OGM sont évalués d’une manière incompétente et malhonnête. »

 

ou :

 

« Cette dernière [l'AFBV] diffame sans raison parce que certaines personnes qui la composent, comme Marc Fellous ou Axel Khan (sic) ont autorisé les premiers OGM commercialisés sur des bases qui ne sont pas sérieuses du tout. »

 

ou :

 

« Le seul fait de dire que les tests européens sont laxistes représentent (sic) un tabou scientifique organisé par ces gens là. »

 

Les amis de M. Séralini ne sont pas en reste.  De fait, c'est le présumé diffamateur qui est diffamé !

 

On en prendra pour exemple Mme Corinne Lepage, figure emblématique du CRIIGEN puisqu'elle en est une co-fondatrice et qu'elle en accueille le siège dans son cabinet d'avocate (et siège de parti).  Elle écrit en particulier dans La riposte des lanceurs d'alerte sur Mediapart [10] :

 

« L’association qui dénigre le professeur Gilles-Eric Séralini est composée de personnes qui ont des liens avec l’agrosemence. Le conseil de Gilles-Eric Séralini a établi, preuves à l’appui, que 14 membres de cette association avaient déposé des brevets auprès des agrosemenciers~ et que 12 d’entre eux administraient ou étaient employés par une firme agrosemencière. Quant à Marc Fellous, il omet dans son CV de préciser qu’il a déposé 2 brevets pour la société YEDA qui est la partie commerciale de l’institut Weismann (sic).

 

« Il n’y a rien de déshonorant à travailler pour les organismes fabricant des OGM et à déposer des brevets. En revanche, il est tout à fait anormal de se prétendre expert défenseur d’une science qui serait désincarnée, désintéressée et détachée de toutes considérations mercantiles en omettant soigneusement de préciser son activité réelle. Il est encore plus anormal de bâtir une stratégie de défense des groupes ou intérêts pour lesquels on travaille en dénigrant des chercheurs dont le seul tort est de gêner ces groupes. Il est enfin purement scandaleux d’avoir ce type de comportement pour éviter qu’un sujet de santé publique ne vienne sur la table et pour tenter de dissimuler une vérité qui dérange. Or, c’est précisément le sujet. »

 

Ce texte mériterait une analyse détaillée, mais on se contentera ici de deux observations :  d'une part, il est faux – et par conséquent diffamatoire compte tenu du contexte – de prétendre que l'AFBV « est composée de personnes qui ont des liens avec l’agrosemence » (du reste, un fort curieux néologisme que cette « agrosemence ») ; d'autre part, il est manifestement diffamatoire d'insinuer que M. Fellous a « omis » de mentionner le dépôt de deux brevets (Mme Lepage ignore aussi, ou feint d'ignorer, les règles du droit des brevets, ainsi que la politique de propriété intellectuelle des instituts de recherche) et qu'il a omis « soigneusement de préciser son activité réelle », etc. [11].

 

Quant à Mme Marie-Monique Robin, elle n'a pas hésité à reproduire sur le blog mis à sa disposition par Arte la parties du mémoire du conseil de M. Séralini dans laquelle celui-ci a prétendu démontrer les liens – pour ainsi dire incestueux – de deux douzaines de personnalités avec le monde de l'entreprise [12].

 

En dernière analyse, la tentative de discréditer l'AFBV tant dans la presse que dans un tribunal – qui plus est dans en procès en diffamation – par l'étalage des brevets et demandes de brevets auxquels les travaux des chercheurs membres de l'AFBV ont donné lieu est un véritable hommage du vice à la vertu.  L'AFBV : un repaire de chercheurs qui non seulement cherchent, mais également trouvent...  voilà ce qui lui est reproché.

 

Mais on ne s'étonnera pas que l'AFBV soit aussi dénigrée avec l'argument inverse de l'incompétence.  Ainsi, dans leur argumentaire en réponse aux critiques auxquelles leur article de décembre 2009 a donné lieu, dans le dossier à l'appui de la pétition de soutien à Gilles-Éric Séralini et ses collègues, ceux-ci écrivent :

 

 « …le président et les parrains de l’[...] (AFBV), Marc Fellous, Axel Kahn, Jean-Marie Lehn, Claude Allègre… n’ont pas publié de recherche dans des revues scientifiques internationales sur la génétique végétale, la biotechnologie végétale ou la sécurité sanitaire des OGM agricoles. » (Notre traduction) [13.]

 

Jacques Testart, témoin en faveur de M. Séralini, a aussi succombé au piège des petites phrases assassines tant dans son témoignage, en suggérant par exemple que M. Fellous n'aurait peut-être pas mené d'études expérimentales [14], que dans la presse, en mentionnant« le sieur Claude Allègre, compagnon de route scientiste de Marc Fellous et membre de l'AFBV... (c'est fou l'étendue des compétences d'un géologue...) » [15].

Wackes Seppi

 

Dernière partie à suivre

______________

 

[1]   http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=64&Itemid=83

Une recherche sur Séralini et Youtube produit 44.400 résultats.

 

[2]  Voir notamment Bien utiliser les medias : par E. Seralinicommentaire de campremi :

http://alerte-environnement.fr/?p=3384

À notre connaissance, aucun des médias qui a commenté l'audience n'a fait référence à cet aspect.

 

[3]  Voir deuxième partie, notes [6] et [12].

 

[4]  Voir notamment les critiques de M. Jean-Baptiste Bergé, note [6] de la deuxième partie, et de M. Sylvain Charlebois, note [1] de la deuxième partie.

 

[5]  Notamment Doull J, Gaylor D, Greim HA, Lovell DP, Lynch B, Munro IC, Report of an Expert Panel on the reanalysis of a 90-day study conducted by Monsanto in support of the safety of a genetically modified corn variety (MON 863), Food Chem Toxicol. 2007 Nov;45(11):2073-85. Epub 2007 Aug 30 :

http://ucbiotech.org/issues_pgl/ARTICLES/11Doull_2007_EFSA_Seralini.pdf

Les anti-OGM récuseront ce travail car il a bénéficié du soutien technique et financier de Monsanto...

 

[6]  Par exemple M. Jacques Testart, témoin au procès, et dont l'intervention figure à :

http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1898

 

[7]  Un match vraiment inégal avec un arbitre-joueur (Canal+, 2006, Magazine 90 minutessur le thème OGM : l'étude qui accuse) :

http://video.aol.ca/video-detail/le-point-de-vue-de-marc-fellous-sur-les-ogm/2004713756

 

M. Fellous a écrit par la suite que « avec des coupures bien choisies, l’on me fait tenir des propos, qui sortis de leur contexte, donnent lieu à interprétations erronées. D’ailleurs, M. Le Député Jean-Yves Le Déaut, alors président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a écrit dans ce sens au rédacteur en chef de l'émission, une lettre de violentes protestations. »  Voir par exemple :

http://agribiotech.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?p=86&sid=6121d7bdec3aaec34191dc3ac3d13c97

 

On y lira aussi avec profit la lettre de M. Louis-Marie Houdebine qui apporte des précisions sur le modus operandides tests toxicologiques.  Voir aussi la réaction de M. Gérard Pascal à :

http://www.zetetique.info/archives/00000057.html

 

Pour un démontage de l'émission voir OGM : Décryptage d’une manipulation médiatique à :

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article183

 

[8]  Une dépêche de l'AFP du 15 décembre 2009 en fait état, mais seulement dans le contexte de la saisine du Haut conseil des biotechnologies par le député UMP de la Moselle François Grosdidier :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iSLtEvBCYJFi6XWTsgu3AoYKG2dg

Il semble que, parmi les grands journaux d'information, seul <i>Le Figaro</i> y ait consacré un article :

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/15/01011-20091215FILWWW00640-mais-ogm-des-scientifiques-contestent.php

 

[9]  http://www.enviro2b.com/2010/05/19/les-ogm-%C2%AB-un-scandale-scientifique-historique-%C2%BB/

 

[10]  http://www.mediapart.fr/club/blog/corinne-lepage/231110/la-riposte-des-lanceurs-dalerte

 

[11]  Pour en savoir plus sur la question des brevets, voir à :

http://imposteurs.over-blog.com/article-gilles-eric-seralini-et-la-recherche-scienti-fric-par-wackes-seppi-63060037.html

 

[12]  http://robin.blog.arte.tv/2010/12/06/le-proces-seralini-fellous-et-les-conflits-dinteret-de-lafbv/

L'origine de son texte se déduit facilement du fait qu'elle a oublié de supprimer la référence à une pièce du dossier du conseil.

Le CRIIGEN a 'semble-t-il ultérieurement publié l'intégralité des conclusions de Me Dartevelle à :

http://www.criigen.org/SiteFr/images/stories/conclusions-geseralini_2010.pdf

On ne peut que s'étonner de cette démarche très inhabituelle.

 

[13]  http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Annexe-support-Seralini_etal_2010.pdf ; le texte cité est à la page 53.

 

[14]  La phrase exacte est :

 

« Mais, comme tous mes collègues, et certainement les membres du HCB et M Fellous lui-même (s'il s'avère qu'il a mené des études expérimentales), j'ai continué à produire et publier des dizaines d'articles ainsi construits car c'est la règle acceptée dans la communauté scientifique. »

 

http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1898

 

[15]  http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/261110/en-defense-de-gilles-eric-seralini

M. Testart répondait à un billet de Yann Kindo :

http://www.mediapart.fr/club/blog/yann-kindo/201110/seralini-contre-lafbv-un-proces-inquietant

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 15:04

Deuxième partie : Les faits

 

 

Un article modéré, des déclarations immodérées

 

Le 10 décembre 2009 paraît dans le International Journal of Biological Sciences, une revue à la crédibilité incertaine [1] un article de Vendômois JS, Roullier F, Cellier D, Séralini GE sur A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health [2].  Il s'agissait d'une réévaluation des résultats d'essais d'alimentation de rats avec trois maïs génétiquement modifiés (événements NK 603, MON 810 et MON 863) fournies par Monsanto dans le cadre de la procédure d'autorisation au niveau européen.  Dans la littérature pour grand public, cet article était pompeusement appelé « contre-expertise », ce qui témoigne déjà du mélange de genres pratiqué par M. Séralini et son équipe (sans parler du mélange linguistique, une contre-expertise supposant l'existence préalable d'une expertise).  La conclusion, telle qu'énoncée dans le résumé de l'article, est mesurée :

 

« Nous concluons que ces données mettent en évidence des signes de toxicité hépato-rénale, peut-être due aux nouveaux pesticides spécifiques à chaque maïs GM.  En outre, on ne peut pas exclure des conséquences métaboliques directes ou indirectes non désirées de la modification génétique. » (Notre traduction)

 

Le lendemain (11 décembre 2009), Le Monde [3] publiait – avec l'AFP sur la base d'un communiqué du CRIIGEN [4] – un article intitulé Une étude prouve la nocivité pour l'organisme de trois maïs Monsanto.  En voici un extrait :

 

« 'Nous avons prouvé pour la première fois au monde que ces OGM n’étaient pas sains ni suffisamment corrects pour être commercialisés' : c’est ce qu’a indiqué vendredi à l’AFP Gilles-Eric Séralini...

 

« ...Les scientifiques demandent en conséquence la 'ferme interdiction' de l'importation et de la culture de ces OGM. »

 

On fera l'injure au lecteur de souligner que les déclarations dans l'article scientifique et dans l'article journalistique sont mutuellement incompatibles : soupçons là, certitudes ici.  On lui fera cette injure parce que cette différence, manifestement volontaire, sous-tend la notion de « marchand de peur ».

 

M. Séralini n'est a priori pas (entièrement) maître de la date de publication de ses articles, mais il l'est certainement de sa communication.  L'article du Monde se terminait ainsi :

 

« ...Une réunion des ministres de l'UE est prévue au sujet des MON810 et NK603 lundi. »

 

C'est là une coïncidence dont on a du mal à croire qu'elle est fortuite (il y a eu des précédents...).

 

Notons aussi que, sur son site, le CRIIGEN avait prétendu mettre l'article scientifique à l'abri de la critique par les instances officielles :

 

« Le CRIIGEN souligne [dès] à présent le conflit d’intérêt et l’incompétence de ces comités [l'EFSA, l'AFSSA et la CGB] pour contre-expertiser la présente publication ; parce qu'ils se sont déjà prononcés positivement sur les mêmes tests en négligeant les effets secondaires. »  [4] (corrigé et complété par nous)

 

 

Des réactions fracassantes

 

Comme on le sait déjà, l'AFBV a réagi par un communiqué de presse le 14 décembre 2009 [5].  Malgré la vigueur de la critique de l'article de Vendômois et al, tant sur le fond que sur la forme, le communiqué n'a eu aucun impact médiatique.  La polémique est certes vendeuse pour les médias, mais contrairement à la peur, elle a besoin d'explications et, en l'espèce, vendre la polémique aurait aussi signifié se remettre en cause sur la vente de peur précédente.

 

À la mi-janvier, M. Jean-Baptiste Bergé, Directeur de Recherche honoraire de l’INRA, a publié une critique extrêmement sévère sous le titre « Les publications de l’équipe du Pr. Séralini démontrent un manquement à l’éthique scientifique ».  Celle-ci a été reprise ou référencée sur plusieurs sites [6].  Impact médiatique également nul ; et, malgré l'énormité de l'accusation... M. Séralini reste de marbre.

 

M. Bergé écrit par exemple (et c'est là la critique la plus charitable) :

 

« L’accumulation de publications dans des revues à bas facteur d’impact ou pire sans facteur d’impact validé s’apparente à de la 'publicationite aigüe' que l’on peut juger opportuniste pour impressionner le monde politique qui doit statuer sur l’autorisation d’utilisation des OGM. C’est probablement ce qui a poussé la publication de ces articles dans une revue sans facteur d’impact, l’essentiel étant que ces articles puissent être 'médiatisés' par une organisation aussi bien rodée dans ce domaine que le CRIIGEN pour atteindre le monde politique et les internautes. »

 

Le monde politique avait été atteint, en effet, dès le 15 décembre 2009 puisque le député François Grosdidier saisit le Haut Conseil des Biotechnologies.  Celui-ci rendit son avis le 6 janvier 2010 [7].  Sans nier les insuffisances des procédures d'autorisation et des études préalables – pour lesquelles de Vendômois et al.  avaient à vrai dire enfoncé des portes ouvertes – le HCB écrivit cruellement :

 

« Seuls des arguments d'ordre statistique, non recevables pour un statisticien et un toxicologue, sont mis en avant pour justifier les conclusions de l'étude.  Il est important de rappeler ici la contribution de la statistique : c'est un outil d'aide à la décision, mais pas un outil de décision.  Ce n'est pas la statistique qui permet de conclure si un OGM est dangereux ou non pour la santé humaine.  La statistique est là pour aider le toxicologue à évaluer correctement les risques de se tromper en concluant sur l'absence ou la présence d'effets négatifs.  [...] »

 

C'était en quelque sorte : « Retournez à vos études ! Révisez vos statistiques et votre toxicologie ! »

 

Il y a aussi un intéressant nota bene à la fin de l'avis du HCB :

 

« On notera également que l'absence de conflit d'intérêt des rédacteurs de l'article [de Séralini et al.], qui est mentionnée en fin d'article, pourrait être discutée.  Au 5 janvier 2010, l'organisme de rattachement des auteurs continue d'afficher sur son site public des résultats d'études, comme celui de l'étude Autrichienne de novembre 2008 [8], prétendant démontrer des effets négatifs du MON810 sur la reproduction, alors que ces résultats ont été reconnus comme erronés par les auteurs de l'étude eux-mêmes. »

 

Il est vrai que, dans les remerciements, de Vendômois et al. reconnaissaient la contribution de Greenpeace « au début des recherches en finançant les premières analyses statistiques en 2006 » (notre traduction).

 

À l'étranger, SFANZ, l'autorité australo-néozélandaise de normes alimentaires, fut tout aussi incendiaire puisque les auteurs de l'article examiné ne sont rien moins qu'accusés d'avoir bidouillé leurs résultats [9] :

 

« Séralini et al. ont déformé la signification toxicologique de leurs résultats en mettant indument l'accent sur le traitement statistique des données et en omettant de tenir compte d'autres facteurs pertinents.  Le recours exclusif aux statistiques pour déterminer les effets liés aux traitements n'est pas indicatif d'une analyse toxicologique robuste.  Il n'y a pas de preuve corroborante qui mènerait indépendamment à la conclusion qu'il y avait des effets significatifs du point de vue de la toxicologie... »  (Notre traduction)

 

On ne peut guère quitter ce sujet sans un renvoi à un article plus ancien, de mars 2007, intitulé Lies, damn lies and statistics (les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques) publié sur l'excellent blog de David Tribe [10].  Celui-ci prend d'autant plus d'importance qu'on reproche de partout à de Vendômois et al, d'avoir fait les mêmes erreurs en décembre 2009 qu'en mars/mai 2007 [11], et par conséquent ignoré les critiques précédentes (en droit, cela s'appelle récidive...).  Un des commentateurs écrivit :

 

« Le papier commenté par Preston est vraiment terrible, du genre de ceux que mon prof de stats à Berkeley, Steve Selvin, utilisait en classe pour nous montrer comment NE PAS faire des stats ! »

 

Par ailleurs, le 12 décembre 2009, soit deux jours après la publication de l'article de Vendômois et al. qui est à l'origine de la plainte en diffamation, M. Marcel Kuntz publiait sur son blog, sous le titre "Science citoyenne" ?, un rappel du sort réservé par différentes autorités de régulation (Commission du Génie Biomoléculaire, AFSSA, EFSA) à ce même article de 2007 [12].  Sans citer nommément cet article, ni ses auteurs (néanmoins aisément identifiables), il écrivait :

 

« Ces allégations proviennent exclusivement de scientifiques notoirement anti-OGM et ont été invalidées par les agences d'évaluation des risques » (souligné par nous).

 

L'article a fait l'objet d'une mise à jour qui semble d'avril ou mai 2010.  Voici la conclusion qui a, curieusement, laissé M. Séralini de marbre :

 

« Nous ne sommes pas ici dans une controverse scientifique, comme il peut en exister. C'est l'approche même des anti-OGM qui est rejetée [par les autorités de régulation] : elle est orientée pour conforter des conclusions tirées à l'avance et est imperméable aux critiques du reste de la communauté scientifique.

 

« On peut parler de 'science' parallèle au sujet de cet activisme anti-OGM.

 

« Seule compte la médiatisation de l'opération : il ne s'agit pas de convaincre les autres scientifiques, le but de toute publication scientifique traditionnelle, mais de réaliser une opération de com'. Opération d'autant plus efficace qu'elle s'approprie pour les non-initiés le prestige d'une démarche 'scientifique'. »

 

 

Un Magazine de la santé de France 5 délirant

 

Comme on l'a vu dans la première partie, l'émission [13] date du 21 janvier 2010, soit une date à laquelle la rédaction, les présentateurs et M. Séralini ne pouvaient ignorer que l'article auquel ils allaient consacrer un reportage avait été taillé en pièces, même si les médias n'en avaient pas fait état.  Mais, manifestement, l'objectif était de présenter un scoop.

 

Petite introduction, puis président Sarkozy disant gravement oui à la recherche mais non (nous extrapolons peut-être, mais tel est bien le sens du message...) à la culture en plein champ (à quoi doit alors servir la recherche ?).  Ensuite, Mme Rachel Dujardin, chargée de campagne OGM de Greenpeace, était interviewée dans un supermarché en caméra cachée, théâtralisation oblige (comme si Carrefour, contributeur financier régulier et donneur d'ordres du CRIIGEN [14], ne leur aurait pas ouvert sa porte pour un reportage en conditions normales).  Selon elle, Greenpeace aurait « déniché une trentaine de produits alimentaires conçus  à partir d'organismes génétiquement modifiés ».  Extraordinaire : ils ont consulté les étiquettes ! Extraordinaire aussi : une huile de soja OGM est identique à une huile de soja conventionnel.  On a certes concédé que « dans les rayons des supermarchés ces produits sont très rares », mais c'était pour affirmer ensuite que « les produits OGM atterrissent bel et bien dans les supermarchés en empruntant des voies détournées (la bonne vieille théorie de la conspiration...  toujours efficace) ; puis que « tous les produits animaux ... sont susceptibles d'être issus d'animaux nourris avec des OGM »; et enfin que les produits autres que biologiques ont été « contaminés> ».  En bref, en deux minutes on a dit tout et son contraire, mais pour déboucher sur un message anxiogène.

 

Et pour bien faire peur on a usé de la mise en scène : les dernières déclarations ont été faites devant le rayon de l'alimentation pour bébés.

 

Même message pour l'interview de M. Séralini.  Celui-ci affirme que dans ses études, on a « découvert qu'à des doses 800 fois plus faibles que le RoundUp qu'il peut y avoir dans certains OGM alimentaires aux États-Unis, on a des perturbations hormonales des cellules humaines » [15].  La voix off nous informe que selon les résultats de son équipe sur la réévaluation des résultats d'essais de Monsanto, chez les femelles, le taux de graisse avait augmenté de 40 %, le taux de sucre de 10 %, et que tous les rats présentaient des dysfonctionnement du foie et des reins.  Et M. Séralini de conclure que :

 

« ...ce sont des signaux d'alerte extrêmement préoccupants.  Il serait criminel de dire 'on ne continue pas, il n'y a rien à voir, fermez le dossier et puis c'est tout'.  Si ces animaux développent des cancers, développent des tumeurs, développent d'autres problèmes, eh bien, ça commencerait comme ça ! »  (Transcrit par nous.)

 

La parole est ensuite donnée à Joël Spiroux de Vendômois, présenté comme médecin spécialisé en santé environnementale, du CRIIGEN [16], et la séquence se termine par une invitation à visiter le site de Greenpeace.

 

 

Une réaction fort mesurée

 

Ce reportage et les déclarations de M. Séralini sont à mettre en rapport avec les faits relatifs aux  OGM.

 

Les plantes transgéniques tolérantes au glyphosate (tel le maïs NK603) ou résistantes à certains insectes (tels les maïs MON810 et MON863) occupent maintenant dans le monde une surface équivalant à deux fois et demi la superficie totale de la France [17] ; et elles sont utilisées à grande échelle dans l'alimentation animale – y compris en Europe et notamment en France – et humaine.  Les trois événements sont autorisés à l'importation et, pour MON810, à la culture dans l'Union européenne sous réserve des moratoires qui ont été décrétés dans certains États pour la culture (sur des bases à l'évidence politiques) [18].  Ces événements ont été examinés par toute une série d'agences de sécurité sanitaire en Europe et dans le monde ; celles-ci ont conclu que – sous réserve de l'incertitude qui résulte de l'impossibilité de rapporter la preuve absoluede l'innocuité – les maïs contenant ces événements ne présentaient pas plus de risques que les maïs non OGM.  De fait, quinze années de consommation animale et humaine à grande échelle n'ont fait apparaître aucun problème ; toutes les annonces de problèmes tels que des allergies, ou des vaches au pis percé laissant fuir le lait, se sont révélées fausses, et quelque fois des manœuvres de très bas étage.

 

Les procédures d'autorisation de mise en culture d'OGM prévoient toutes qu'il incombe au pétitionnaire de procéder aux essais, fort coûteux.  Très souvent, ils les font faire par des laboratoires agréés (et « indépendants »).  Les autorités de sécurité sanitaire en examinent les résultats, le plus souvent par l'intermédiaire de comités de spécialistes des matières en cause (notamment agronomie, toxicologie et statistique).  Il faut aussi ajouter que de nombreuses études ont été faites par ailleurs, notamment – malgré les dénégations des anti-OGM – par des institutions indépendantes [19].

 

Les anti-OGM militants, chercheurs ou non, contestent les procédures d'autorisation, en insinuant notamment que les pétitionnaires auraient un intérêt évident à maquiller les résultats pour les embellir.  Pourtant, les écologistes ont approuvé sans réserve la même procédure dans le cas de la Directive REACH sur l'homologation des substances chimiques.  Pourtant aussi, M. Séralini et ses collègues ont été en mesure – certes après des procédures administratives ou judiciaires (dont une intentée par Greenpeace Allemagne) – de « découvrir » des signes de toxicité (selon les articles scientifiques) ou des preuves de toxicité (selon les déclarations médiatiques) sur la seule base des documents fournis par les pétitionnaires.

 

Comme on l'a vu ci-dessus, l'article de décembre 2009 a fait l'objet de très vives critiques de la part de chercheurs éminents et d'autorités de sécurité sanitaire, y compris le HCB.

 

À la lumière de cet ensemble de faits, il est raisonnable de postuler que la réaction de l'AFBV au reportage du Magazine de la santé  a été non seulement nécessaire, mais encore fort mesurée.

Wackes Seppi


Notes

 

[1]  Ainsi, Sylvain Charlebois, Université de Regina/Université de la Saskatchewan, écrit le 5 janvier 2010 dans <i>OGM: La science et ses limites</i> :

 

« Dans un deuxième temps, l'étude a été publiée dans une revue très jeune puisqu'elle complète son cinquième volume. En biologie, la communauté scientifique qui gravite autour de l'<i>International Journal of Biological Sciences</i> est novice et scientifiquement immature. ... Tout porte à croire que l'article aurait été refusé par d'autres revues scientifiques plus réputées avant d'être accepté par l'<i>International Journal of Biological Sciences</i>. C'est une hypothèse vraisemblable. »

 

[2]  http://www.biolsci.org/v05p0706.htm

 

[3]  http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/12/11/une-etude-prouve-la-nocivite-pour-l-organisme-de-trois-mais-monsanto_1279552_3244.html

 

[4]  Sur le site du CRIIGEN on trouve un texte daté de janvier 2010 (http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=79&Itemid=118) qui renvoie à un communiqué en anglais daté du 14 décembre 2009 (http://www.criigen.org/SiteFr//images/stories/pressrelease-3ogm-ijbs_1209.pdf).

Le communiqué en français serait du 11 décembre 2009 selon http://fr-fr.facebook.com/note.php?note_id=197352975501

 

[5]  http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Annexe-support-Seralini_etal_2010.pdf (page 50).

 

[6]  Par exemple : http://www.ogms.be/IMG/pdf/Critiques-publications-Criigen.pdf

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-refutations-des-allegations-de-toxicite-de-mais-ogm-42546263.html

 

[7]  http://ogm.gouv.fr/article.php3?id_article=115

 

[8]  L'étude en question se trouve toujours sur le site du CRIIGEN, à :

http://www.criigen.org/SiteFr//images/stories/Dossiers/MON810_NK603/nk603-mon810-mice_2008.pdf

On y accède par l'article suivant :

http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=213&Itemid=100

L'article comporte, certes, un avertissement en petits caractères (comme pour les clauses importantes des contrats d'assurance...) – c'est le premier paragraphe de la citation qui suit – mais le CRIIGEN tient visiblement à continuer à se servir de l'étude en faveur de ses propres thèses – deuxième paragraphe :

 

« Cependant cette étude a été fortement controversée, notamment pour certaines erreurs de calcul, et les auteurs sont revenus sur une partie de leurs résultats. Il devient donc difficile de démêler véracité et pertinence dans les détails de ce type d'étude qui reste originale et unique. On ne peut la citer. On atteint là les limites d'une étude scientifique non publiée et non vérifiée par des pairs dans un journal scientifique à comité de lecture. Voilà pourquoi les références expérimentales du CRIIGEN sont toujours publiées.

 

« On trouve aussi une expérience de longue durée sur adultes. Ceci confirme les soupçons du CRIIGEN d'effets secondaires sur l'ensemble des OGM commercialisés. »

 

[9]    http://www.foodstandards.gov.au/scienceandeducation/factsheets/factsheets2009/fsanzresponsetoseral4647.cfm

 

[11]  http://gmopundit.blogspot.com/2007/03/lies-damn-lies-and-statistics.html

L'article est de Christopher Preston, Discipline of Plant & Food Science, University of Adelaide.  Dans plusieurs mises à jour du billet contenant l'article de M. Preston, M. Tribe fournit une série de liens vers d'autres articles et documents, y compris de l'EFSA, invalidant celui de M. Séralini.  Pour les conclusions de l'AFSSA : http://www.afssa.fr/Documents/BIOT2007sa0109.pdf

 

Traduction française dans <i>L’illusion statistique (2ème partie)</i> » à :

http://imposteurs.over-blog.com/article-29829309.html

 

[11]  Seralini GE, Cellier D, de Vendômois JS. <i>New analysis of a rat feeding study with a genetically modified maize reveals signs of hepatorenal toxicity</i>. Arch Environ Contam Toxicol. 2007 May;52(4):596-602. Epub 2007 Mar 13. PMID: 17356802 in Pubmed.  Accessible à :

http://www.gmfreeireland.org/health/SeraliniPaper2007.pdf

 

[12]  http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article--science-citoyenne--41024064.html

Pour les opinions des agences de régulation :

http://www.ogm.gouv.fr/IMG/pdf/Avis_CGB_MON863_15juin2007_cle4b23f3.pdf

http://forskarbloggen.typepad.com/forskarbloggen/files/afssa_mon863_tude_seralini_26avr07.pdf

http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753816_1178621169104.htm

 

[13]  http://www.youtube.com/watch?v=YiaVaEE8gDo

 

[14]  Carrefour est remercié dans l'article de Séralini <i>et al.</i> cité à la note  [11].  Carrefour a également été cité par Mme Corinne Lepage comme contributeur au budget régulier du CRIIGEN devant la Commission Le Déaut de l'Assemblée nationale :

 

« Inversement, les soutiens accordés par des groupes agro-alimentaires ou par certaines célèbres enseignes de la grande distribution à des associations écologistes ont semblé surprenants, voire troublants, à une majorité de membres de la mission. Ainsi, Mme Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et présidente du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRII-GEN), a indiqué à la mission, lors de la table ronde du 9 février 2005 relative aux enjeux juridiques, que CRII-GEN était financé grâce aux 'contributions reçues lors de conférences en province et aux dons de quelques grandes entreprises comme Carrefour'.

 

« [...].Votre Rapporteur s’interroge sur la réelle motivation de tels financements. Ne risquent-ils pas de créer des distorsions dans la vigilance exercée par ces associations écologistes vis-à-vis de l’ensemble des acteurs économiques concernés ? »

 

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2254-t1.asp#P1080_288413

 

Une réponse a été en quelque sorte donnée aux interrogations du Rapporteur, notamment, dans <i>Le CRIIGEN , un comité anti-OGM indépendant, mais pas très</i> à :

http://imposteurs.over-blog.com/article-13116217.html

 

[15]  Il est difficile de déterminer l'article qui relate – ou se rapproche de – cette « découverte ».  Cela pourrait être Gasnier C, Dumont C, Benachour N, Clair E, Chagnon MC, Séralini GE., <i>Glyphosate-based herbicides are toxic and endocrine disruptors in human cell lines</i>, Toxicology. 2009 Aug 21;262(3):184-91. Epub 2009 Jun 17 :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19539684

Commentaire, notamment sur les remerciements, à :

http://imposteurs.over-blog.com/article-33473024-6.html

 

Il peut aussi s'agir de Nora Benachour et Gilles-Eric Séralini, <i>Glyphosate formulations induce apoptosis and necrosis in human umbilical, embryonic and placental cells</i>, Chem. Res. Toxicol., 2009, 22 (1), pp 97–105 :

http://www.rap-al.org/news_files/glyphosate.pdf

 

Les chercheurs qui ont daigné répondre ont souligné que les études <i>in vitro</i> ne sont pas représentatives de l'<i>in vivo</i>, et que les mêmes résultats peuvent être obtenus avec une foule de produits de consommation courante, tels la caféine ou... le sel de cuisine.  Voir par exemple : Daniel A. Goldstein, M.D., <i>The Skinny on the Seralini Safety Study</i> à :

http://www.monsantoblog.com/2009/06/23/seralini-safety-study/

C'est certes d'un employé de Monsanto – donc irrémédiablement affligé d'un conflit d'intérêts pour les anti-OGM patentés –, c'est sur un blog et non dans une revue scientifique à comité de lecture – donc fatalement indigne d'être lu par un chercheur militant –, mais n'est-ce pas le message qui compte (et en plus, l'auteur est doté d'un CV impressionnant) ?

 

L'AFSSA a été saisie de l'article de Benachour et Séralini, et son rapport (du 26 mars 2009) figure à :

http://www.afssa.fr/Documents/DIVE2008sa0034.pdf

Conclusion principale :

 

« Les conclusions [de Benachour et Séralini] ne reposent que sur des expérimentations <i>in vitro</i> portant sur des modèles cellulaires non validés, non représentatifs (en particulier des lignées tumorales ou transformées) exposés directement à des concentrations de produits extrêmement élevées dans des conditions de culture ne respectant pas les conditions physiologiques cellulaires normales. Ces travaux ne mettent en lumière aucun nouveau mécanisme d'action du glyphosate et des préparations contenant du glyphosate. »

 

[16]  Selon le site du CRIIGEN, sa spécialité est la médecine générale et il est diplômé d'homéopathie et d'acupuncture :

http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=60&Itemid=105

 

[17]  Pour un résumé de la situation : http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/41/

L'ISAAA comptabilisait 134 millions hectares en cultures transgéniques en 2009.

 

[18]  La liste des aliments humains et animaux génétiquement modifiés autorisés en Europe figure à :

http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_register/index_en.cfm

 

[19]  Voir par exemple : http://www.fass.org/page.asp?pageID=43

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 00:05

Par Wackes Seppi

 

Première partie : Le positionnement du litige

 

 

 

 

Le mardi 23 novembre 2010 s'est tenue devant le Tribunal correctionnel de Paris l'audience qui a fait suite à la  plainte en diffamation portée par Gilles-Éric Séralini contre Marc Fellous et l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV).  En attendant le jugement et les rapports de presse – qui seront forcément centrés sur l'instantané, comme d'usage, et vraisemblablement biaisés tant la question des organismes génétiquement modifiés suscite les passions – il est utile de faire une synthèse d'un dossier susceptible d'avoir un impact profond sur la recherche et le débat scientifiques, voire sur nos choix de société.

 

 

La qualité des travaux scientifiques et des déclarations médiatiques de M. Séralini

 

D'après la littérature abondamment diffusée par ses amis [1], le professeur Séralini a d'abord reproché à l'AFBV d'avoir publié en décembre 2009 un communiqué dans lequel on pouvait lire (c'est la partie mise en italique par nous qui semble lui avoir posé problème) :

 

« L’AFBV déplore que la science soit mise au service de convictions personnelles ou idéologiques. Elle s’insurge contre les graves accusations formulées à l’encontre des instances d’évaluation qui réunissent des experts qualifiés de la Recherche publique. L’AFBV regrette enfin que les publications de M. Séralini rencontrent un aussi large écho médiatique alors que « ses travaux ont toujours été invalidés par la communauté scientifique»

 

Ce communiqué faisait suite à la parution, le10 décembre 2009, d'un article de Vendômois JS, Roullier F, Cellier D, Séralini GE , A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health [2].

 

Le communiqué a été retiré du site de l'AFBV dans ce qui est sans nul doute un geste d'apaisement.  Mais il a été reproduit in extensodans le dossier à l'appui de la pétition de soutien à Gilles-Éric Séralini et ses collègues que l'on trouvera notamment sur le site de Sciences citoyennes [3].  Il n'a, semble-t-il, pas été maintenu en tant que support de la plainte, forclusion oblige.  On peut le regretter : le (prétendu) diffamé ne s'est-il pas fait en cette occasion son propre diffamateur ?

 

Quoi qu'il en soit, le grief se retrouve dans des pièces plus récentes, recevables.

 

En réaction à un reportage du Magazine de la Santéconsacré aux organismes génétiquement modifiés et diffusé le 21 janvier 2010 [4], l'AFBV avait adressé les 26 et 28 janvier 2010 deux lettres, l'une à la direction de France 5, et l'autre à la Haute Autorité de l'Audiovisuel (également retirées du site de l'AFBV), pour protester contre le traitement unilatéral du sujet et demander une sorte de droit de réponse [5].  On pouvait y lire :

 

« Nous sommes scandalisés que votre émission s’appuie sur les seuls propos d’activistes opposés aux OGM, comme GE Séralini, chercheur avant tout militant anti-OGM qui se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace

 

« Ses déclarations médiatiques sont systématiquement contestées par la communauté scientifique comme l’a fait récemment le Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies le 11 janvier dernier. »

 

 

Le « marchand de peurs »

 

La protestation de l'AFBV est ainsi exprimée :

 

« Nous déplorons enfin qu’une chaîne de télévision publique se fasse la porte-parole de 'marchands de peurs' d’organisations militantes et par là même participe à la campagne de dénigrement d’une technologie d’avenir répondant aux grands défis de notre siècle. »  [5]

 

Au moins l'une des lettres comporterait également la phrase suivante :

 

« France 5 s'associe à la médiatisation d'un chercheur militant controversé et se fait le porte-parole d'un marchand de peur»  [6]

 

Toujours d'après la littérature abondamment diffusée par ses amis, c'est là, en principe, le deuxième nœud du litige.

 

 

Qu'en fera le Tribunal ?

 

Dans la pratique, il n'échappera à personne que la saisine du Tribunal va bien au-delà d'un communiqué et de deux lettres, de deux affirmations sur la crédibilité du personnage et d'un qualificatif peu flatteur.

 

D'une part, s'il écarte l'option qui se présente peut-être à lui de décider sur la seule base des expressions prétendument diffamatoires, le juge devra se pencher sur la qualité scientifique des publications et des déclarations de M. Séralini.  Il devra alors examiner, notamment, les conclusions des autorités de sécurité sanitaire et les jugements de valeur qui ont été exprimés par la communauté scientifique, ces éléments ayant évidemment été produits par la défense pour prouver la bonne foi de M. Fellous et de l'AFBV.

 

D'autre part, le juge est appelé à dire – s'il succombe à la grandiloquence du plaignant et de ses amis – si la science de M. Séralini et de ses amis prévaut sur une autre ; si M. Séralini est victime d'agissements condamnables ou, à tout le moins contestables, par des entités autres que l'AFBV (notamment par un prétendu et tentaculaire « lobby pro-OGM ») ; et même si la société dans sa globalité est victime de dysfonctionnements graves s'agissant des procédures d'autorisation des variétés génétiquement modifiées et s'agissant des droits de ceux qui contestent lesdites procédures (les « lanceurs d'alerte »).  Rien que ça !

 

Chapeau éloquent d'un article publié le jour même de l'audience, sous le titre « La recherche scientifique se bat pour son indépendance », lui-même éloquent :

 

« Gilles-Eric Séralini, chercheur spécialisé dans l'étude des effets des OGM et des pesticides sur la santé, dénonce la recherche 'scienti'fric'… » [7]

 

Il va sans dire que, quelle que soit l'issue du procès, celui-ci sera utilisé pour faire avancer les causes de M. Séralini et de ses amis.  Il pèse donc une responsabilité extrêmement lourde sur les épaules d'un juge unique – un personnage susceptible d'avoir lui-même une opinion arrêtée sur les OGM.  Comme le montrent les précédents en matière de vandalisme par des « faucheurs volontaires », par exemple, la justice et son personnel ne sont pas immunisés contre les soubresauts du débat, voire du pugilat, public.

 

Le jugement a été mis en délibéré au 18 janvier 2011.

Wackes Seppi

______________

 

[1]  Par exemple  http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1807  (milieu de page)

 

[2]  http://www.biolsci.org/v05p0706.htm

 

[3]  http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Annexe-support-Seralini_etal_2010.pdf (page 50).

 

[4]  http://www.youtube.com/watch?v=YiaVaEE8gDo

 

[5]   À notre connaissance, le texte des lettres n'est plus sur l'Internet.  Des extraits typographiquement annotés – et provenant sans nul doute de la version électronique du dossier du conseil de M. Séralini, partie civile devant le tribunal correctionnel – ont été publiés par Mme Marie-Monique Robin sur le blog mis à sa disposition par <i>Arte</i> à :

http://robin.blog.arte.tv/2010/12/06/le-proces-seralini-fellous-et-les-conflits-dinteret-de-lafbv/

 

[6]  Cité dans Un chercheur anti-OGM traité de « marchand de peur » :

http://www.rue89.com/planete89/2010/11/24/diffamation-un-chercheur-anti-ogm-traite-de-marchand-de-peur-177559

 

[7]  http://www.20minutes.fr/article/627473/planete-la-recherche-scientifique-bat-independance

 

 

 

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 14:36

La cause est entendue dans les médias et chez la plupart des journalistes français :

-il n’existe qu’un organisme de recherche « indépendant » sur les OGM : le Comité de recherche et d’information « indépendantes » sur le génie génétique (les guillemets sont de moi) ou CRIIGEN.

-Il n’existe qu’un expert en biotechnologies : Gilles-Eric Séralini.

 

Nous avons régulièrement publié des articles pour tenter de démonter ces mythes, qui ont pourtant la vie dure. Il m’a semblé utile de rassembler dans une seule page tous les articles d’Imposteurs  et d’autres en provenance de sources diverses, institutionnelles ou privées, qui permettent de faire la lumière sur le sujet.  Bien sûr, certains articles se recoupent, et il est difficile d’échapper à certaines redondances qui font écho à celles des polémiques suscitées par le CRIIGEN.

 

Toute suggestion de pièces supplémentaires à verser à ce dossier est bienvenue.

Anton

 


Le CRIIGEN, un organisme indépendant ?

http://www.ecolopedia.fr/?p=410

http://imposteurs.over-blog.com/article-13116217.html

 

Conflits d’intérêt , la paille et la poutre : 

 

http://imposteurs.over-blog.com/article-pierre-henri-gouyon-et-sa-conception-des-conflits-d-interets-42363544.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-gilles-eric-seralini-et-la-recherche-scienti-fric-par-wackes-seppi-63060037.html

 

Maïs MON 863 , ou comment le CRIIGEN a monté une « affaire » :

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article225&decoupe_recherche=S%E9ralini

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article183&decoupe_recherche=S%E9ralini

 

 

Quelques facettes du personnage GES , président du conseil scientifique du CRIIGEN :

http://alerte-environnement.fr/?page_id=1755

http://imposteurs.over-blog.com/article-18357100-6.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-33136376.html

 

A propos des études de Séralini et al sur les OGM et sur le Roundup:

http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.ogm.gouv.fr/experimentations/evaluation_scientifique/cgb/autres_avis/Avis_CGB_MON863_15juin2007.pdf&title=Avis

http://ogm.gouv.fr/IMG/pdf/CP_Saisine-Grosdidier-HCB20090106_cle831f71.pdf

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article550

http://imposteurs.over-blog.com/article-l-afbv-critique-severement-la-nouvelle-publication-41333902.html

http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_1178621165358.htm

http://www.botanischergarten.ch/Seralini/Seralini-Pascal-Answer-OECD-2007.pdf

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/39/38/37/Critiques-publications-Criigen.pdf

 

 

Les fantaisies statistiques de Séralini :

http://imposteurs.over-blog.com/article-29829309.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-30006464.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-34766192.html

 

Les approximations de Christian Vélot, l’ autre « expert » du CRIIGEN :

http://imposteurs.over-blog.com/article-18258545-6.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-christian-velot-est-anti-ogm-tout-s-explique-1-46986030.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-christian-velot-est-il-anti-ogm-tout-s-explique-2-52775035.html

 

 

Quand le CRIIGEN exporte ses pseudo-expertises en Inde pour le compte de Greenpeace :

http://imposteurs.over-blog.com/article-aubergine-bt-le-criigen-exporte-ses-pseudo-expertises-en-inde-39732782.html

 

Les vraies-fausses indignations de Corinne Lepage :

 

http://imposteurs.over-blog.com/article-31015606.html

 

Frederick Lemarchand , un sociologue dilettante vole au secours du CRIIGEN :

http://imposteurs.over-blog.com/article-frederick-lemarchand-ou-la-misere-de-la-sociologie-au-service-du-criigen-45200330.html

 

Affaire Séralini vs Fellous : Quand le CRIIGEN tente de bâillonner la critique au nom du respect de la controverse scientifique…

 

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1509

http://imposteurs.over-blog.com/article-gilles-eric-seralini-victime-de-diffamation-50274751.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-alternatives-economiques-victime-de-la-novlangue-du-criigen-57002581.html

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article692

http://www.mediapart.fr/club/blog/yann-kindo/201110/seralini-contre-lafbv-un-proces-inquietant

http://imposteurs.over-blog.com/article-les-methodes-execrables-de-jacques-testart-62261017.html

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/39/38/37/Proces-Seralini-AFBV.pdf

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 12:15

La plainte en diffamation portée par Gilles-Éric Séralini contre Marc Fellous et l'AFBV a donné lieu à un intense tapage politico-médiatique sur fond d'incroyables bassesses.

 

Courtisés par une presse friande d'articles accrocheurs et vendeurs – de bons scandales, même et peut-être surtout fictifs, et d'une bonne dose d'anxiogènes – G.-É. Séralini et ses amis se sont épanchés.  Ainsi, sur 20 minutes , G.-É. Séralini a-t-il dénoncé la recherche « scienti'fric » sous le titre « La recherche scientifique se bat pour son indépendance » [1].  C'est l'hôpital qui se moque de la charité, l'activisme anti-OGM et les travaux de M. Séralini étant financés par de très généreux donateurs pas vraiment désintéressés : par exemple Greenpeace dont le fond de commerce en Europe (mais pas aux États-Unis où siègent de puissants semenciers producteurs d'OGM...) consiste à dénigrer les OGM, à attiser les peurs et à surfer sur elles ; par exemple Carrefour qui vient de lancer un étiquetage « nourri sans OGM » sur sa ligne de produits animaux.

 

Quoi de plus performant, dans la dénonciation de la recherche « scienti'fric » , que de pointer le doigt vers un chercheur qui aurait – le conditionnel est de rigueur ici – déposé un brevet ?

 

Mme Corinne Lepage, politicienne multicartes (écologiste à Paris, centriste à Bruxelles et Strasbourg ; ardente militante anti-OGM à Paris, rapporteur – donc censée doté d'une dose de neutralité pour rapprocher les points de vues des uns et des autres – d'un projet de directive sur les OGMs à Bruxelles et Strasbourg ; etc.), ne s'est pas retenue sur Mediapart [2] :

 

 « L’association qui dénigre le professeur Gilles-Eric Séralini est composée de personnes qui ont des liens avec l’agrosemence. Le conseil de Gilles-Eric Séralini a établi, preuves à l’appui, que 14 membres de cette association avaient déposé des brevets auprès des agrosemenciers et que 12 d’entre eux administraient ou étaient employés par une firme agrosemencière. Quant à Marc Fellous, il omet dans son CV de préciser qu’il a déposé 2 brevets pour la société YEDA qui est la partie commerciale de l’institut Weismann. »

 

Nous savons maintenant, grâce à Mme Marie-Monique Robin – très actif relai médiatique du consortium anti-OGM – que le CV incriminé est celui que M. Fellous a présenté au Tribunal [3]. 

 

Mme Robin nous confirme que le conseil de M. Séralini a fait (faire) une recherche pour tracer tous les brevets – utilisons ici un raccourci linguistique – des membres de l'AFBV et nous en livre quelques résultats.  Comme le montre le paragraphe relatif à M. Gérard Faure, pour lequel elle a oublié de supprimer la mention de la pièce (de la preuve écrite), elle a eu accès à la version électronique des conclusions de l'avocat...  Preuve éclatante de l'existence, à côté des chercheurs militants, de journalistes militants.  Les résultats de la recherche sont exprimés sous la forme suivante : « M. X est en relation d'affaires avec la firme Y. »

 

Ces gens ont tout faux.

 

Nous l'illustrerons par le cas de M. Fellous, puisque c'est lui l'accusé.  Il y a erreur déjà au niveau des fondamentaux.  Les demandes de brevet ont été déposées en Europe par les institutions ou les entreprises, par Yeda dans notre exemple ; les personnes mises en cause par la défense de M. Séralini et par ses supporters sont alors mentionnées pour ce qu'elles sont – comme inventeurs – conformément à la loi [4].  Aux États-Unis d'Amérique, la législation impose que les demandes soient déposées par les personnes physiques qui ont inventé l'objet à breveter, mais, dans ce cas, les demandes sont assignées à l'institution ou l'entreprise dès le dépôt de la demande [5].

 

Dans le cas de M. Fellous et de Yeda, l'invention portait sur un clonage et expression d'une protéine, qui module la réponse cellulaire à l'interféron du type 1.  On est très loin des « agrosemenciers » de Mme Lepage (du reste, un curieux néologisme).

 

Les intrépides chercheurs de noise sont allés vite en besogne.  Le deuxième brevet en quelque sorte reproché à M. Fellous a été déposé pour l’INRA, l’Institut Pasteur et le CEA aux USA [6], l'Office européen des brevets en donnant quatre déposés par des institutions françaises avec M. Fellous comme co-inventeur [7].  Et rien sur les OGM, mais sur des sondes moléculaires et une séquence polynucléotidique.

 

Le plaignant et son conseil semblent aussi ignorer – ou font semblant – que les institutions de recherche déploient des politiques de propriété intellectuelle actives tendant à valoriser les inventions, soit en déposant des brevets pour leur propre compte ou au nom de leur bras commercial (Yeda dans le cas de l'Institut Weizmann), soit en cédant les droits à une entreprise mieux à même de procéder à cette valorisation.  C'est là une politique vigoureusement promue au niveau de l'Union européenne ainsi qu'en France.  Sauf accord d'entreprise plus favorable, ou accord particulier entre l'institution et le chercheur-inventeur, les droits de celui-ci sont régis en France par la partie du Code de la propriété intellectuelle relative aux inventions de salariés.

 

En conséquence – et sans compter le fait que toutes les demandes n'aboutissent pas à la délivrance d'un brevet – écrire que« M. X est en relation d'affaires avec la firme Y. » est extrêmement aventureux et, dans le contexte de la plainte, diffamatoire.  Quant à Mme Robin qui jette  complaisamment les noms en pâture sur le blog qu'Arte met à sa disposition grâce à l'argent public, c'est d'une indigence intellectuelle et morale certaine.

 

L'avocate Corinne Lepage se trouve dans la même situation d'ignorance, réelle ou feinte, et aggrave son cas par des déclarations abracadabrantesques ; en particulier, un brevet se dépose auprès d'un office, pas auprès « des agrosemenciers ».

 

Mais il y a mieux : la paille et la poutre...

 

Nous avons eu la curiosité d'interroger les bases de données.  Résultat : Une demande internationale de brevet a été déposée dans la cadre du Traité de coopération en matière de brevets (de l'OMPI) par la Yang Ji Chemical Company Ltd., de la Corée du Sud, pour tous les États désignés sauf les États-Unis d'Amérique, dans lesquels la demande était déposée par les inventeurs – dont M. Gilles-Éric Séralini – pour leur propre compte [8].  Selon Esp@cenet, les demandes française et européenne sont réputées retirées [9].  Aux États-Unis, la demande suit son cours [10].  De cette configuration a priori étonnante il ressort que M. Séralini peut se voir reprocher aussi bien les « relations d'affaires » avec une entreprise qu'une démarche de recherche « scienti'fric » dans son intérêt personnel !

 

Le plus étonnant dans cette affaire, c'est que M. Séralini évoque le dépôt d'un brevet dans la vidéo de la conférence de presse qu'il a tenue avant l'audience [11].

 

Le titre de l'invention était : Utilisation d'un composé de formule (i) inhibiteur de l'aromatase à des fins thérapeutiques et composés de formule (i) en tant que tels, le domaine médical étant « plus spécifiquement (...) la prévention et le traitement d'un cancer, particulièrement un cancer du sein, ou du psoriasis. »

 

Nous avons trouvé un article de février-mars 2010 intitulé Les OGM contre la biodiversité, dans lequel M. Séralini pontifiait sur les brevets de plantes et de médicaments en ces termes [12] :

 

« Par ailleurs, les industriels ont demandé des brevets sur ces plantes. Ils ont inventé paradoxalement des plantes suffisamment différentes pour être brevetées, mais pas suffisamment pour être étiquetées (a) ! Il faut se souvenir que dans certains pays du Sud, on ne peut pas se payer des médicaments contre la malaria ou le sida parce que ces mêmes industriels qui font des OGM et des médicaments ont empêché les pays du Sud de produire des génériques. De la même façon que les brevets sur les médicaments peuvent limiter l’accès aux médicaments dans les pays pauvres, les brevets sur les plantes limitent l’accès aux semences et induisent la famine. (b) »

 

Et donneur de leçons avec tout ça...

 

Au fait, le chapeau de cet article disait : « Le professeur Gilles-Éric Séralini est un farouche opposant aux OGM » Il n'y a pas eu de plainte en diffamation...

Wackes Seppi


 

 

Notes :

(a) argument très fallacieux de GES : le brevet pour une plante transgénique est déposé pour protéger le mode d’obtention d’un caractère donné, pas pour sanctionner une « différence » que représenteraient en soi les plantes transgéniques. La revendication de l’étiquetage des produits issus des OGM par Greenpeace, GES and co. vise à tromper le consommateur en lui faisant croire que les PGM sont intrinsèquement différentes des autres plantes.

(b) GES démontre ici une compassion très suspecte à l’égard des pays pauvres : il feint de déplorer que les brevets empêchent ceux-ci de produire des médicaments génériques, notamment contre le SIDA, mais dans le même temps il est membre du très louche réseau ACECOMED qui n’a de cesse que de dénoncer ces médicaments « chimiques ».

http://www.medecine-ecologique.info/

             

            De la même façon, dans le cas des « brevets sur les plantes [qui] limitent l’accès aux semences » , GES ne se bat pas pour le libre accès aux semences GM, mais toute son activité vise leur interdiction pure et simple.

 

Nous n’avons affaire ici qu’à des arguments strictement opportunistes.

Anton

 


 

Références :

[1]  http://www.20minutes.fr/article/627473/planete-la-recherche-scientifique-bat-independance

 

[2]  http://www.mediapart.fr/club/blog/corinne-lepage/231110/la-riposte-des-lanceurs-dalerte

 

[3]  http://robin.blog.arte.tv/2010/12/06/le-proces-seralini-fellous-et-les-conflits-dinteret-de-lafbv/

 

[4]  http://fr.espacenet.com/publicationDetails/biblio?KC=A1&date=19900523&NR=0369877A1&DB=fr.espacenet.com&locale=fr_FR&CC=EP&FT=D

 

[5]  http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO2&Sect2=HITOFF&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsearch-bool.html&r=1&f=G&l=50&co1=AND&d=PTXT&s1=Marc.INNM.&s2=fellous.INNM.&OS=IN/Marc+AND+IN/fellous&RS=IN/Marc+AND+IN/fellous

 

[6]  http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO2&Sect2=HITOFF&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsearch-bool.html&r=2&f=G&l=50&co1=AND&d=PTXT&s1=Marc.INNM.&s2=fellous.INNM.&OS=IN/Marc+AND+IN/fellous&RS=IN/Marc+AND+IN/fellous

 

[7]  http://fr.espacenet.com/searchResults?locale=fr_FR&query=txt+%3D+%22marc%22+and+txt+%3D+%22fellous%22&compact=false&DB=fr.espacenet.com

 

[8]  http://www.wipo.int/patentscope/search/en/detail.jsf?docId=WO2005033104&recNum=1&docAn=FR2004050471&queryString=FP:(Seralini)&maxRec=1

Ce texte a été scanné et comporte des erreurs de saisie.

 

[9]  http://fr.espacenet.com/searchResults?locale=fr_FR&ST=quick&IA=S%C3%A9ralini&compact=false&DB=fr.espacenet.com

 

[10]  http://appft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO2&Sect2=HITOFF&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsearch-bool.html&r=1&f=G&l=50&co1=AND&d=PG01&s1=seralini.IN.&OS=IN/seralini&RS=IN/seralini

[11]  http://www.terre.tv/fr/1_biodiversite/8_ogm/3472_le-lanceur-dalerte-gilles-eric-slini-attaque-en-diffamation- (vers 6:30)

 

[12]  http://www.sosfaim.be/pdf/publications/defis_sud/93/ogm_seralini.pdf

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 12:07

Jacques Testart, président de sciences citoyennes et responsable de la pétition en soutien à Gilles-Éric Séralini, (l’homme qui attaque Marc Fellous au nom de la liberté du débat), a réagi sur Médiapart au billet de notre ami Yann Kindo, « Séralini contre l'AFBV : un procès inquiétant.(1) » : En défense de Gilles-Eric Séralini .

 

          Pour ceux qui ignoreraient encore qui est vraiment Jacques Testart, ces quelques lignes fielleuses fournissent quelques indications précieuses sur la mentalité du personnage.

 

          Comme Yann, nous préférons la qualité de l’argumentation à la censure, nous préférons faire appel à l’esprit critique et faire confiance au jugement critique face aux arguments des uns et des autres. C’est ce qui explique ce qu’écrit Yann :

« Il ne s'agit pas de dénier à Séralini, Vélot, Testart et autres le droit à l'expression, absolument pas, mais de contester leur quasi monopole et d'en appeler au pluralisme, sur un sujet sur lequel leur point de vue est en fait minoritaire dans la communauté scientifique  (..) . Personnellement, je me reconnais dans les positions de Chomsky sur la liberté d'expression, et je ne poursuivrai pas en justice quelqu'un qui me traite de nazi ou d'agent de Monsanto ou de je ne sais quoi (ni quelqu'un qui affirmerait que les chambres à gaz n'ont pas existé, aussi faux et écœurant cela soit-il). Question de principes.(..)  A priori, il me semble que l'arme du procès en diffamation ne doit pas être utilisée dans le débat (en tous cas, je n'ai pas de contre-exemples qui me viennent spontanément (..)Sinon, on nourrit cette tendance à la judiciarisation des rapports sociaux, qui n'est pas la meilleure chose qui nous soit arrivée des États-Unis ces dernières années – tout en sachant qu'aux États-Unis, il existe une défense principielle de la liberté d'expression qui est bien plus profonde qu'en France, et qui peut servir de garde-fou. Ce n'est pas le cas chez nous, et on peut s'inquiéter sérieusement des dérives qui apparaissent déjà.».

 

          Or, Testart n’a rien contre la judiciarisation des rapports sociaux, et de la controverse scientifique en particulier. Surtout quand il se trouve du côté de l’accusation, bien sûr ! Car s’il soutient Séralini, il a le culot de demander à Yann de condamner Allègre (ce que fait Yann, qui lui n’a pas des principes à géométrie variable) qui a porté plainte en diffamation contre lui.

« Selon Yann Kindo (qui ne poursuivrait pas en justice quelqu'un «qui affirmerait que les chambres à gaz n'ont pas existé»...), «l'arme du procès en diffamation ne doit pas être utilisée dans le débat». Peut-être, mais alors il faudrait d'abord qu'il condamne le sieur Claude Allègre ! compagnon de route scientiste de Marc Fellous et membre de l'AFBV... (c'est fou l'étendue des compétences d'un géologue...) qui attaque en diffamation un journal (Politis) et 8 cosignataires (dont moi-même) d'un article qu'il a jugé déplaisant.»

 

Plusieurs remarques s’imposent :

-          Testart maîtrise avec un talent certain l’art de l’insinuation. Ainsi, les points de suspension accolés à «qui ne poursuivrait pas en justice quelqu'un «qui affirmerait que les chambres à gaz n'ont pas existé»...),n’ont rien d’innocents, il s’agit de suggérer tout autre chose que ce que Yann défend, la liberté d’expression. Odieux !

-            A propos d’Allègre, le procès intenté par Allègre visait un article de Politis (co-signé par Testart) qui portait sur des accusations très graves (2), contrairement aux propos qui valent à Marc Fellous d’être trainé en procès. Mais alors que Testart ironise sur le fait qu’on prenne la défense de Marc Fellous, quelle était sa position lorsqu’Allègre a porté plainte ? « Je soutiens Politis et les auteurs de cette tribune contre les tentatives d’intimidation de Claude Allègre. Je demande le retrait de la plainte, et je me prononce pour un débat public avec Claude Allègre sur les sujets abordés dans le texte incriminé ». Notre jésuite troque ainsi sans le moindre état d’âme la robe d’avocat de la défense de la liberté d’expression contre celle du procureur et du censeur.

 

-          Pointons un autre sarcasme déplacé : « Claude Allègre ! compagnon de route scientiste de Marc Fellous et membre de l'AFBV... (c'est fou l'étendue des compétences d'un géologue...) ». Certes, Allègre n’est pas expert en biotechnologies, et alors ? L’adhésion à l’AFBV implique tout simplement des gens convaincus de l’utilité des biotechnologies végétales et de la nécessité de ramener le débat sur des bases scientifiques. Et surtout de qui se moque Mr Testart, qui n’est lui-même en rien spécialiste du sujet ? Faut-il railler les « compétences » de son ami José Bové, de Philippe Martin (autre soutien de GES) qui croit qu’on met des gènes dans le Round-Up, de Christophe Noisette, rédacteur en chef d’Info-Gm, toujours cité comme référence par Testart ?  Le fait de se moquer de l’incompétence supposée d’untel en dit long sur la sincérité de la « science citoyenne », concept inventé par Testart.

 

Notons que le fait que J Testart ne soit pas lui-même spécialiste des OGM (c’est d’ailleurs également le cas de l’énorme majorité des scientifiques médiatiques qui s’opposent aux OGM) ne  pose en soi pas de problème, on peut très bien avoir des choses intéressantes à dire sur les OGM sans être spécialiste, éclairer la problématique sous des angles inexplorés etc.. A condition de respecter un minimum les spécialistes dans leur domaine de compétence et de faire un minimum preuve d’humilité. C’est tout le contraire que fait Testart, confit de suffisance, qui ose affirmer : « Pour le reste, on voit bien que Yann Kindo connaît mal le dossier, jusqu'à imaginer que les journalistes organisateurs de débats ne rechercheraient pas désespérément la contribution des pro-PGM, lesquels se défilent plutôt que de s'exposer à un contradicteur informé (il suffit d'interroger ces journalistes )... » . Quel culot ! Ainsi, si on n’entend jamais les « pro-PGM », c’est parce qu’ils ont trop peur d’affronter Testart, tellement il est fort !

 

C’est sans doute pour cela que lorsque l’AFBV demande à une chaine de télévision de « donner aussi la parole aux très nombreux scientifiques qui ne partagent pas son point de vue (celui de GES & de Testart)) » , les compères s’empressent de lui intenter un procès . 

   

Dans son lors du procès Séralini versus Fellous, Testart défend le chevalier blanc GES, « j'admire sa capacité à résister à l'hostilité de certains confrères experts, en siégeant dans des commissions acquises aux intérêts des industriels. » . Ce spécialiste des arguments ad hominem fait semblant de croire que les publications redondantes de Séralini ne sont pas critiquées pour leur manque de rigueur, et que les critiques sont réservées «  aux rares travaux qui mettent en cause des intérêts économiques importants »… (3) .

Testart a donc bien choisi le terrain de la calomnie, plutôt que celui du débat scientifique , ajoutant en forme d’aveu «L'équipe de GE Seralini a répondu aux critiques  et ce n'est pas ici le lieu pour un débat scientifique. » Comment donc juger du fait que les critiques faites à Séralini sont diffamatoires, si on s’interdit de juger de leur pertinence scientifique ? Réponse de Testart : GES est un combattant courageux qui se bat contre ses collègues vendus aux intérêts industriels, inutile d’écouter ce qu’ils disent !

 

 

Nous avons déjà relevé les mensonges pour la « bonne cause » dont est capable Jacques Testart, en particulier dans ses affirmations pour discréditer le riz doré (4). Voyons comment il réécrit l’histoire de l’expertise du maïs MON863 qui a donné lieu aux réétudes de Séralini qui ont fait l’objet de tant de critiques :

 

« C'est pour tenter de rompre avec les incertitudes liées à la toxicité éventuelle des plantes génétiquement modifiées (PGM) que l'équipe de Gilles-Eric Seralini a proposé une analyse comparative des effets, sur le sang et certains organes, de la présence dans l'alimentation animale de maïs génétiquement modifiés (Spiroux de Vendômois et coll, Int J biol, 2009). Pour cela, ils ont réinterprété des résultats obtenus par le propriétaire de ces PGM, la firme Monsanto, laquelle n'en avait communiqué aux autorités et agences délivrant les autorisations qu'une version favorable à l'obtention des agréments, dissimulant la plupart des données au nom du «secret industriel».

 

Tout ceci est parfaitement mensonger : 1/ Monsanto n’a pas dissimulé les données qui sont accessibles aux experts des dites agences. Testart fait semblant de confondre confidentialité des données, et secret industriel.

2/ C’est précisément sur la base des données fournies par Monsanto que la Commission du Génie Génétique (CGB) avait exigé des examens complémentaires approfondis (avis du 31 octobre 2003) (5). Les expertises complémentaires, ont aboutit à la conclusion de l’absence de signification biologique et toxicologique des variations qui avaient retenu l’attention des experts de la CGB. C’est paradoxalement la grande précaution de la CGB, qui a repoussé de plus d’un an son avis définitif, qui a abouti à la fable inventé par le CRIIGEN se battant seul contre tous pour pallier au prétendu dilettantisme des experts.

 

          Testard le « citoyen » englué dans l’idéologie anti-OGM et décroissante,  ne recule devant aucune bassesse : mensonges, mauvaise foi, auto-proclamation, insinuation, calomnie ouverte , tentative de censure… D’où sa participation à ce procès ubuesque où aucun mauvais procédé n’ aura été exclu :

 

          Ainsi, l’avocat de GES a prétendu à l’audience que Marc Fellous dissimulait des conflits d’intérêt . « Face à la critique argumentée de nombreux chercheurs et de plusieurs instances nationales ou internationales, comme le HCB, l’Anses (ex-Afssa) et l’Aesa, qui ciblait les erreurs de méthodologie des travaux de M. Séralini, le conseil de ce dernier a très maladroitement sorti de son chapeau deux brevets déposés par le Pr Fellous « au profit de la société Yeda Research et Development Co, située en Israël », que le professeur aurait « omis de préciser dans son CV ». Ce « scoop », largement repris et diffusé par Corinne Lepage sur Mediapart, suggérait que le Pr Fellous aurait été inféodé au « lobby des OGM ». Sauf que l’avocate oublie de préciser qu’aucun de ces brevets ne porte sur des plantes génétiquement modifiées ! Déposés il y a seize ans pour le premier, dix ans pour le second, ils concernent une molécule régulée par interféron dans le cadre de la lutte contre le cancer... »(6) . Espèrent-ils réellement duper les juges avec des accusations aussi ridicules ?

          Anton Suwalki

 


 

Sources:

 

(1)http://www.mediapart.fr/club/blog/yann-kindo/201110/seralini-contre-lafbv-un-proces-inquietant

 

(2) http://www.politis.fr/Claude-Allegre-question-d-ethique,7386.html

Bien entendu, il est hors de question de se prononcer sur les accusations portées.

 

(3) voir le dernier avis du HCB sur le travail de Séralini, suite à la saisine du député François Grosdidier :

http://www.ogm.gouv.fr/IMG/pdf/avisCSduHCB-Saisine-Grosdidier_cle0e6cfc.pdf

 

 On peut aussi se reporter aux commentaires de plusieurs de ses études ci-dessous :

http://imposteurs.over-blog.com/article-29829309.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-30006464.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-34766192.html

         

(4) http://imposteurs.over-blog.com/article-22310309.html

 

(5) http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article734

 

(6) http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article692

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 13:33

PARIS LE 22 NOVEMBRE

Communiqué de presse

 

UN NOUVEAU « PROCES DES OGM »

L’Association Française des Biotechnologies Végétales attaquée par un opposant

 

L’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) est attaquée en justice par M. Gilles-Eric Séralini. Cette attaque fait suite à une lettre adressée par l’AFBV à France 5 et au Conseil supérieur de l’audiovisuel pour protester contre le fait qu’une émission Santé Magazine diffusée sur France 5 en janvier 2010, consacrée aux organismes génétiquement modifiés, avait donné la parole de manière unilatérale aux thèses de M. Séralini, opposées à cette technologie.

 

M. Séralini a considéré cette démarche comme diffamatoire à son égard, alors que l’AFBV revendiquait seulement une présentation équilibrée des thèses en présence, condition d’une bonne information du public.

 

L’AFBV déplore que le recours à des moyens judiciaires l’emporte une nouvelle fois sur la conduite, entre scientifiques compétents, d’un débat sur une question qui est décisive pour l’avenir de la recherche sur les biotechnologies végétales dans notre pays et stratégique pour l’avenir de l’agriculture en Europe.

 

« Ce qui est en jeu », a déclaré le professeur Marc Fellous, président de l’AFBV, « c’est l’équilibre nécessaire au débat scientifique, la qualité de l’expertise contradictoire au service de décisions éclairées et la bonne information du public trop souvent entretenu dans des peurs sans motif. »

 

La position détaillée de l’AFBV sur ce procès est accessible au public sur son site :

http://www.biotechnologies-vegetales.com/

 


 

 

 

A lire également sur ce sujet :

 

      -      Séralini contre l’AFBV : un procès inquiétant , par Yann Kindo 

http://www.mediapart.fr/club/blog/yann-kindo/201110/seralini-contre-lafbv-un-proces-inquietant

Sur Imposteurs :

-          Gilles-Eric Séralini, victime de diffamation ?

http://imposteurs.over-blog.com/article-gilles-eric-seralini-victime-de-diffamation-50274751.html

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 13:17

 

Cet article a été écrit par un ingénieur agronome à la retraite.  Il contribue à certains blogs sous le pseudonyme de Wackes Seppi. Merci à lui.

 Anton


 

Des chercheurs de Warwick (Royaume-Uni) et de Goettingen (Allemagne) ont publié en juillet 2010 une étude réalisée sur un village du district d'Akola dans l'État du Maharashtra et concluant que le cotonnier Bt produit en Inde des avantages importants pour l'emploi des femmes [1].  Le graphique ci-dessous visualise les résultats sur le plan monétaire, pour ce village.





 

L'augmentation des revenus féminins est due principalement à l'augmentation du travail de récolte, elle-même consécutive à l'augmentation des rendements.  D'autre part, la diminution du travail masculin de lutte contre les parasites rend les hommes plus disponibles pour les travaux domestiques, diminuant d'autant la charge qui incombe aux femmes.

 

Cet article a provoqué la fureur de l'activiste bien connue Vandana Shiva, référence incontournable pour d'autres activistes telles que Marie-Monique Robin et Coline Serreau [2].  Sa diatribe [3], écrite quasiment comme elle parle, vaut le détour.

 

Sous-titre et première imposture : « Encore de la science désespérée de Monsanto & Cie [4] sur la promotion des femmes par le cotonnier Bt ».  En fait, le travail de recherche avait été financé par The Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC) et la Deutsche Forschungsgesellschaft (DFG) .

 

Dans la même veine de mauvaise foi vindicative, l'auteur principal, « Arjunan Subramanian est l'élève de Qaim et Qaim représente Monsanto & Cie.  Chacune de ses études est une opération de relations publiques pour Monsanto.  Ce papier n'est pas différent ».  Mme Shiva accuse également les auteurs de fraude, sans argument à l'appui ; un désaccord philosophique n'est en aucun cas la preuve d'une fraude.  Au détour d'une phrase, elle qualifie aussi le papier de « manipulé ».  Pour les bonnes manières, on repassera donc.

 

Évidemment, « Monsanto a établi un monopole sur le marché des semences de cotonnier au travers de contrats de licence avec des entreprises semencières indiennes et de 'droits de propriété intellectuelle' ».  Ce prétendu monopole s'applique selon elle, grandiloquence oblige, à l'ensemble du marché, PGM et conventionnel, hybrides et variétés-lignées.  Mais, sans aller au bout de sa pensée – ou peut-être en admettant implicitement le caractère excessif de l'affirmation précédente – elle en déduit qu'en Inde, « cotonnier Bt = Monsanto » (en France, pour beaucoup d'activistes, c'est « OGM = Monsanto »).

 

La réalité est que Monsanto n'est pas seul sur le marché.  Quasiment dès le départ, l'entreprise Mahyco-Monsanto Biotech (une joint venture 50-50) a été confrontée à la concurrence de franc-tireurs, notamment au Gujarat [5].  Aujourd'hui, quatre événements Bt sur six ne sont pas de sa production [6].  Sur les deux siens, la firme fait simplement payer une redevance technologique à ses partenaires.  En août 2009, l'événement GFM Cry1A, de l'Académie des sciences chinoise, était présent dans 69 variétés (soit plus de 10% des variétés Bt).  Quant aux droits de propriété intellectuelle, autre obsession cauchemardesque de Mme (du Dr) Shiva, Monsanto n'en détient pas à notre connaissance en Inde (d'où l'emploi du mot « partenaires » plus haut, plutôt que « preneurs de licence ») [7].

 

Mme Shiva conteste ensuite l'amélioration de la condition féminine par référence aux temps idylliques anciens, lorsque c'était la femme qui, selon elle, était la gardienne des semences (temps qui comportaient néanmoins des « périodes de disette », mais celles-ci ne sont mentionnées que pour glorifier encore davantage les femmes).  « Les paysannes indiennes – écrit-elle – ont soigneusement maintenu la base génétique de la production vivrière pendant des millénaires.  Cette richesse commune, qui a été constituée au long des millénaires –bis repetita placent –, a été définie comme 'cultivars primitifs' dans la conception machiste des semences, laquelle considère ses propres produits comme des 'variétés améliorées'. »

 

En conséquence, « [l]e remplacement des variétés traditionnelles de semences par le cotonnier génétiquement modifié Bt s'est traduit par l'appropriation par des entreprises comme Monsanto du savoir-faire, des connaissances et du pouvoir de décision des femmes en matière de semences.  C'est une dégradation plutôt qu'une amélioration de la condition féminine. »  Cette citation se passe de commentaire.

 

Suit un texte répétitif, et délirant, sur les femmes et la sécurité alimentaire.  Pour les considérations stratosphériques : « L'agriculture, la production de nourriture, est à la fois le plus important moyen d'existence pour la majorité de la population mondiale, en particulier des femmes, et le secteur lié au droit économique le plus fondamental, le droit à l'alimentation et la nutrition. »  Horresco referens, « [l]e remplacement des systèmes de culture diversifiés mis en place par les femmes, par des monocultures de cotonnier Bt imposées par Monsanto se traduit par un déclin de la production alimentaire.  Cela mine la souveraineté alimentaire des femmes et érode la sécurité alimentaire ».

 

Pire : « La destruction au niveau mondial des connaissances féminines de l'agriculture développées au cours de quatre à cinq millénaires, par une poignée de scientifiques mâles en moins de deux décennies, n'a pas seulement violé les femmes en tant qu'expertes ; leur expertise étant liée au modelage de l'agriculture sur les méthodes de la nature de 'renouvelabilité' – nous préférerons ici un néologisme pour rendre parfaitement le propos – sa destruction va de pair avec la destruction écologique des processus de la nature et la destruction économique des populations pauvres des régions rurales. »

 

Vous pensez vivre au XXIe siècle ? « L'agriculture a été développée par les femmes.  La plupart des agriculteurs du monde sont des femmes.  Les filles acquièrent le savoir-faire et les connaissances en matière d'agriculture dans les champs et dans les fermes.  Ce qui est cultivé dans les fermes détermine ceux dont l'existence est assurée, ce qui est mangé, la quantité de ce qui est mangé et qui mange. »

 

Mais trêve de féminisme, de « science et technologie patriarcale », de « conception machiste des semences », etc., même si le florilège est loin d'être complet.

 

Le Dr Shiva conteste le rôle du cotonnier Bt dans l'augmentation des rendements, citant au passage Doug Sherman de la Union of Concerned Scientists [8] et oubliant à cette occasion, fort opportunément : d'une part, la différence entre potentiel de rendement et rendement au champ ; d'autre part, la différence entre l'Inde et les États-Unis d'Amérique ; de surcroît le fait que l'étude de Sherman ne portait pas sur le cotonnier ; et, pour faire bonne mesure, le fait que Sherman avait trouvé une augmentation, certes modeste (et minimisée, militantisme oblige), des rendements pour le maïs Bt.  Elle a le culot d'écrire que l'augmentation de la production du cotonnier en Inde est due à l'augmentation des surfaces et au remplacement des systèmes d'agriculture diversifiés (biodiverse puisque tout doit être à la sauce bio) par des monocultures [9].  (Il est notoire que les monocultures se traduisent par une réduction spectaculaire des rendements, mais passons...)

 

Et, bien sûr, elle ne nous fait pas grâce de l'inévitable couplet sur les suicides, sans le moindre égard pour la complexité du problème [10] ; un couplet sur le prix prohibitif des semences, en nous avançant un prix « d'avant » ridiculement bas de Rs. 7 par kilogramme (les prix des hybrides Bt sont du reste contrôlés par certains États) ; et un couplet sur l'inefficacité alléguée du Bt.  Tenez vous bien, « les agriculteurs de Vidharbha utilisent 13 fois – oui, vous avez bien lu : 13 fois – plus de pesticides qu'ils n'en utilisaient par le passé pour le cotonnier traditionnel ».

 

Arjunan Subramanian et ses collègues avaient en fait complété un court article de Jonathan Gressel paru également dans Nature Biotechnology, Biotech and gender issues in the developing world [11].  Cet article n'avait pas fait de vagues, peut-être faute de communiqué de presse, mais sans nul doute parce que les Vandana Shiva et Cie ne lisent pas la presse scientifique.  L'obscurantisme se porte d'autant mieux qu'il ne se frotte pas à la rationalité...

 

Toujours est-il que Jonathan Gressel avait exposé brièvement les mérites des variétés tolérantes à un herbicides du point de vue de la condition féminine dans les pays en développement.  « Les ingénieurs – écrivait-il – ont fourni des plans de houes plus ergonomiques.  Les ingénieurs du génie génétique peuvent faire mieux.  Le maïs transgénique résistant au glyphosate a déjà acquis un grand succès auprès des femmes en Afrique du Sud car elles peuvent maintenant éliminer autant de mauvaises herbes en un jour qu'elles ne pouvaient le faire auparavant en un mois entier de binage éreintant. »  Et donc, l'emploi des outils de la biotechnologie moderne pour éliminer les mauvaises herbes réduirait manifestement l'intolérable esclavage que les femmes sont condamnées à endurer dans le monde en développement.

 

On ne peut que souscrire à la thèse de Jonathan Gressel.  Mais là où nous voyons une libération, Mme Vandana Shiva voit un asservissement...

 

En 1993, Mme – pardon, le Dr – Vandana Shiva s'est vu décerner le Right Livelihood Award, aussi connu comme Prix Nobel alternatif, « pour avoir placé les femmes et l'écologie au cœur du discours sur le développement moderne »

 

A quand les Ig-Nobel alternatifs ?

Wackes Seppi.

 

________________

 

[1]  Arjunan Subramanian, Kerry Kirwan, David Pink & Matin Qaim, GM crops and gender issues, Nature Biotechnology 28, 404 - 406 (2010)

 

Texte en PDF :

http://wrap.warwick.ac.uk/3189/1/WRAP_Pink_0380313-hr-110510-gm_crops_and_gender_accepted_2.pdf

 

Communiqué de presse : GM crop produces massive gains for women’s employment in India

http://www2.warwick.ac.uk/newsandevents/pressreleases/gm_crop_produces/

 

[2]  Et malheureusement aussi pour des institutions sérieuses comme la Commission européenne.  Voir par exemple:

http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2004/october/tradoc_119347.pdf

 

[3]  Is genetic engineering liberating women?

http://www.gaiafoundation.org/content/genetic-engineering-liberating-women

 

[4]  « Monsanto et Cie » est aussi un truc utilisé par de Vendômois JS, Cellier D, Vélot C, Clair E, Mesnage R, Séralini GE dans Debate on GMOs Health Risks after Statistical Findings in Regulatory Tests. Int J Biol Sci 2010; 6(6):590-598 :

http://www.biolsci.org/v06p0590.htm

Dans ce cas, il s'agissait  de mettre dans le même sac l'entreprise et les autorités sanitaires « pour simplifier la lecture du papier ».

 

[5]  Anil Gupta, Vikas Chandak, Agricultural biotechnology in India: ethics, business and politics (2005)

 

Texte en Word :

http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=6&ved=0CEcQFjAF&url=http%3A%2F%2Fwww.sristi.org%2FCONF.PAPERS%25201979-2003%2FAgricultural%2520Biotechnology%2520in%2520India%2C%25202004.doc&rct=j&q=Agricultural%20biotechnology%20in%20India%3A%20ethics%2C%20business%20and%20politics&ei=ZySETKONH5SSjAe54OGNCA&usg=AFQjCNFC9wBvGPv0DOhdkUxzNyCy7h4Cvw&sig2=AAXZePG1e6nf3Y1ek8R9mA&cad=rja

 

[6]  Voir par exemple http://www.apaari.org/wp-content/uploads/2009/10/bt-cotton-2nd-edition.pdf

 

[7]  Elle prétend aussi, avec aplomb, que les entreprises utilisent le brevet pour interdire aux agriculteurs de produire leurs propres semences.  Voir par exemple : « From Seeds of Suicide to Seeds of Hope: Why Are Indian Farmers Committing Suicide and How Can We Stop This Tragedy?</i>,

http://www.huffingtonpost.com/vandana-shiva/from-seeds-of-suicide-to_b_192419.html

La réalité est que l'Inde a une législation en matière de brevets et une pratique très restrictives, et qu'il n'y a pas de brevets sur les plantes.

 

[8]   Failure to Yield, pour un résumé :

http://www.ucsusa.org/food_and_agriculture/science_and_impacts/science/failure-to-yield.html

Pour une analyse critique en français : «À propos des rendements des plantes génétiquement modifiées »,

http://imposteurs.over-blog.com/article-31975573.html

 

[9]  Il n'y a pas de monoculture au sens propre en Inde.  Le cotonnier occupe en 2010 environ 12% de la surface plantée pendant la saison qui suit la mousson (kharif).  Voir India's kharif crops acreage zooms by 9%

http://www.ibtimes.com/articles/20100830/indiakharif-crops-acreage-zooms-9.htm

Il peut être suivi par une culture d'hiver.

 

[10]  Sur la complexité des causes, voir par exemple :

Bt cotton has failed in Vidarbha: study (cet article repose sur une analyse de Mme Suman Sahai, que l'on ne peut suspecter de complaisance envers Monsanto & Cie)

http://www.hindu.com/2007/02/16/stories/2007021617501300.htm

 

Vidarbha farmers still in the red

http://www.hindu.com/2008/01/13/stories/2008011354781000.htm

 

One more commits suicide

http://www.hindustantimes.com/News-Feed/maharashtra/One-more-commits-suicide/Article1-257365.aspx

 

 

India : Farmers betrayed by spurious Bt cotton<

http://www.fibre2fashion.com/news/textile-news/newsdetails.aspx?news_id=26728

 

Lessons from a traged (cet article précède l'introduction du coton Bt et constitue donc une référence utile)

http://www.flonnet.com/fl1519/15190480.htm

 

Et, bien sûr, l'incontournable Bt Cotton and farmer suicides in India – Reviewing the evidence, même s'il est vilipendé par les anti-OGMs du fait que l'éditeur est l'IFPRI

http://www.ifpri.org/pubs/dp/ifpridp00808.asp

 

[11]  http://www.nature.com/nbt/journal/v27/n12/full/nbt1209-1085c.html (accès payant)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 00:05

Cet article de Marcel Kuntz apporte un éclairage très utile sur la question des produits d’origine animale « nourris sans OGM » annoncés à grands renforts de publicité par Carrefour et Greenpeace :

 

Des OGM dans les aliments d'origine animale ?

Sous cette forme, la question n'a aucun sens : un OGM est un organisme, et en l'occurrence une plante (PGM). Comme chacun sait, il n'y a pas de plante dans le lait ou dans la viande, même si l'animal qui les a produits a mangé des plantes.

 

La seule question pertinente pour le consommateur est : y a-t-il une différence pour la consommation humaine entre un aliment dérivé d'un animal nourri lui-même avec des aliments dérivés de PGM (soja, maïs ou colza) et un aliment équivalent dérivé d'un animal nourri avec des plantes conventionnelles ?  

 

La suite sur le blog de Marcel Kuntz

 

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