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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 09:33

Vient de paraître aux Éditions Le publieur le dernier livre de Gil Rivière-Wekstein dont nous essaierons de faire une note de lecture prochainement.Faucheurs de science : Les fanatiques sont dans nos campagnes.

 

couv-col-faucheurs.jpg

En voici sa présentation sur le site Agriculture et environnement

Depuis 10 ans, les Faucheurs Volontaires sévissent dans nos campagnes. Aucun livre n’avait encore été écrit sur ces militants écologistes radicaux. Même s’il n’y a plus aucun OGM cultivé en France, les Faucheurs Volontaires continuent pourtant à détruire des champs, à occuper des sites, à fliquer des agriculteurs et à s’introduire chez eux de nuit, à réaliser des montages financiers et fiscaux… Bref, le bras armé de la Confédération paysanne continue à monter des coups tordus.

Pendant plus de trois ans, Gil Rivière-Wekstein a mené une enquête sans complaisance, sur ces militants, leurs réseaux et les actions ravageuses qu’ils mènent. Les paysans font les frais de leurs actions mises en scènes de manière spectaculaire. Des lieux appartenant à la Recherche publique sont détruits, les procès deviennent des tribunes médiatiques et les jugements sont remis en cause. Les amendes variées sont payées par… le contribuable et toute possibilité de dialogue est vaine.

La recherche scientifique reste au point mort. Attention, ces militants radicaux sont des faucheurs de science.

Le site A&E publie quelques bonnes pages qui donneront sans doute à nos lecteurs l’envie d’acheter ce livre. Si l’histoire de la manipulation monstrueuse du vrai-faux fauchage de Feyzin peut permettre ne serait-ce qu’à quelques personnes sincèrement abusées par les faucheurs d’ouvrir les yeux, on pourra le qualifier d’œuvre de salubrité publique.

Anton Suwalki  

À lire :

Le vrai-faux fauchage de Feyzin

La pompe à fric des faucheurs

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 19:30

OGM, pesticides… Je vous invite à découvrir le tout nouveau blog de Pierre Yves Morvan. Créé le 18 Août, et déjà riche de 3 articles. C’est polémique, mais il y a un vrai travail d’élaboration, de documentation, d’argumentation. Bon courage à son auteur que je ne connais pas, qui est déjà confronté aux andouilles de la blogosphère, tels ce Jean-Yves qui commente ainsi le billet La paille dans l’œil de l’OGM  : « Tiens, le représentant de commerce de Monsanto est rentré de vacances ». Parmi les autres trolls qui s’invitent, un adepte  du relativisme sociologique et de la rhétorique aussi creuse que pédante, pour qui la revendication d’une démarche scientifique, c’est-à-dire sans idéologie, est clairement « une revendication idéologique, de « part en part » ». 

Heureusement, quelques commentateurs (dont Yann, comme toujours) relèvent le niveau. Avis aux lecteurs d’Imposteurs

 

Anton Suwalki

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 11:59

coton burkina

 

 

Radio France Internationale « informe »


 

Le 10 mai 2012, Radio France Internationale [1] a annoncé que [c]ette année le Burkina Faso délaisse notablement le coton OGM.  Et, en chapeau : Très déçues par les rendements et la qualité de ce coton Bt, les sociétés cotonnières burkinabés reviennent massivement cette année au coton conventionnel.

 

Dans les explications, il était certes admis que le climat n'a pas été favorable, mais [l]es raisons de l'échec sont inhérentes au coton OGM lui-même.  Les griefs :

 

  • des rendements 30 % supérieurs au coton traditionnel n'étaient pas au rendez-vous ;
  • le cotonnier GM exige un itinéraire technique précis et les cotonculteurs ne l'on pas suivi, notamment en ne lui donnant pas la dose d'engrais requise ;
  • la plus mauvaise surprise, c'est la baisse de qualité de la fibre, la fibre étant considérablement raccourcie;
  • en conséquence, le coton burkinabè autrefois moyen-haut de gamme [...]s'est retrouvé au rang bas de gamme du coton pakistanais [...]avec à la clé une baisse des prix de 10 %.

 

Parmi les explications proposées : La semence vendue par Monsanto au Burkina a sans doute été fabriquée un peu trop rapidement. Croisée avec la variété américaine, elle donne certes un coton plus blanc que le coton couleur crème d'Afrique de l'Ouest, mais la fibre est considérablement raccourcie.  La semence vendue par Monsanto ? Toujours cette obsession de la (petite) multinationale états-unienne... les semences sont distribuées par les compagnies cotonnières burkinabè.

 

Et donc, les semis de cette année seront en majorité des semences traditionnelles, contre 30 % l'an dernier. Les surfaces OGM devraient de leur côté passer de 70 % à 40 %.  Et ce, [e]n attendant que Monsanto ne trouve une solution pour éliminer le caractère négatif pour la qualité de la fibre de ce coton Bt.

 

Mais, et c'est là une information que l'on ne trouve guère chez les anti-OGM viscéraux, tout ceci aurait lieu [a]u grand dam des cotonculteurs qui s'étaient habitués à des travaux moins pénibles et moins dangereux pour la santé, puisque le coton OGM demandait beaucoup moins de traitements phytosanitaires que le coton conventionnel.

 

 

 

Une interview « téléguidée »

 

Cet article repose entièrement sur une interview d'un consultant indépendant, M. Gérald Escur [2].  Elle n'apparaît pas sur l'image, mais on entend sa voix : l'intervieweuse est, à n'en pas douter, Mme Marie-Monique Robin, grande pourfendeuse d'OGM s'il en est.

 

M. Escur est sans nul doute compétent ; le coton est son domaine.  Sans faire dans l'ad hominem, il faut constater que l'interview s'est déroulée sur la base de suggestions, d'une incitation à produire une réponse critique et négative sur les OGM.  M. Escur a été interrogé sur, en résumé, une remise en cause du coton OGM et de son efficacité.

 

 

Dérives et démentis quasi immédiats

 

Cet article a aussi eu un début de propagation virale sur la toile, essentiellement en Afrique ainsi que sur des sites anti-OGM et altermondialistes de seconde zone.

 

Avec, souvent, l'inévitable hyperbole.  C'est ainsi que l'agence Ecofin a titré, le 12 mai 2012 : Le Burkina Faso renonce «temporairement» au coton OGM [3].  Encore que, dans ce cas précis, on ait ajouté « temporairement » entre des guillemets exprimant peut-être le doute, certainement pas une citation.  D'autres n'ont pas pris cette précaution, même en reprenant la vidéo de M. Escur ou en recopiant le texte de RFI [4].

 

Mais il y eut aussi un coup d'arrêt rapide.  C'est que l'information a été démentie.  Et, évidemment, ceux qui ont propagé l'« information » de départ n'ont pas rectifié.

 

Le premier coup est venu du Premier Ministre en personne, M. Luc Adolphe Tiao, dès le 12 mai 2012 [5].  Celui-ci a notamment souligné, avec un brin d'ironie, que [c]e que la personne qui semblait connaître ne dit pas, c’est que nous faisons nos recherches ici.  Le Burkina Faso peut en effet être fier de sa démarche en matière de cotonnier GM et de sa recherche.  Certes, en partenariat avec Monsanto, mais l'ensemble du processus a été contrôlé par le pays.  Et s'il est un pays pour lequel on peut parler de fable à propos de l'argument, maintes fois vu ou entendu, selon lequel Monsanto impose ses OGM, c'est bien le Burkina Faso [6].

 

M. Tiao a aussi été très objectif : Bien sûr, nous pouvons avoir des difficultés, mais nous n’avons jamais abandonné. [...]  Naturellement, comme pour toutes les semences, nous devons l’améliorer pour que la semence s’adapte aux conditions climatiques et à l’environnement. C’est dans ce sens que nous travaillons [...]

 

Autre réaction rapide, celle de M. Déhou Dakuo, directeur de la production cotonnière à la SOFITEX, dans l'Observateur Paalga [7].  À ce stade, on soulignera deux points : la semence était déjà livrée pour les semis de la campagne 2012/2013 à plus de 80 % et, dans la zone SOFITEX, on compte cultiver entre 200 000 et 300 000 hectares de CGM (cotonnier GM). De plus, [s]i on demande l’avis des producteurs, ils sont prêts à 95% à faire du CGM.  La théorie de la conspiration pointe aussi à l'horizon : C’est sur RFI que nous tous avons appris cela [le prétendu abandon du CGM] et nous ne savons pour quelles raisons exactement.

 

Dans une autre interview [8], il a répondu : Je ne saurais vous le dire, à la question de savoir si l'information de RFI pouvait s'expliquer par une mauvaise source d’information ou de la manipulation.

 

 

 

Mauvaise source d'information

 

Il n'est pas facile de se retrouver dans les statistique glanées ici ou là, mais une chose est sûre : la surface en CGM ne représentait pas les 70 % de la surface totale en 2011-12 qui semblent être un chiffre lancé dans l'élan de l'interview.

 

Selon M. Jean-Paul Sawadogo, ministre de l'Agriculture et des Ressources animales de 1992 à 1996 et Directeur général de la SOFITEX, dans une interview à Jeune Afrique, le 14 mars 2012 : Elle est de 50 % cette année et sera de 60 % pour la campagne 2012-2013. Si cela ne tenait qu'à eux, les producteurs cultiveraient du coton transgénique à 90 % [9].

 

L'ISAAA a avancé le chiffre de 58 % (environ 247.000 hectares alors qu'on se situait à 260.000 en 2010) [10].

 

Quant aux emblavements de 2012, on peut penser a priori que le responsable de la production de l'une des entreprises nationales est mieux informé de la situation sur le terrain qu'un consultant, et aussi que le second prend une grande partie de ses informations chez le premier.  Les partisans de la théorie de l'échec des OGM penseront au contraire que les entreprises nationales ont des choses à cacher...  Peut-on trancher ?

 

Un indice nous est fourni par le message du président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) à la Journée du coton qui s'est tenue le 12 mai 2012 à Karankasso Sambla à l'initiative de l'Union départementale des producteurs de coton (UDPC) [11] : il n'y a pas été question – du tout – du caractère transgénique Bt, qui ne fait donc pas débat.

 

 

 

Des points de vue pas si divergents

 

À écouter M. Gérald Escur et lire M. Déhou Dakuo, on s'aperçoit que leurs descriptions des faits ne sont pas forcément antinomiques sur le point fondamental : le passage du non-Bt au Bt n'est pas un long fleuve tranquille.  Le deuxième ayant écrit, il est plus facile de reprendre ses arguments [7].

 

Il a d'abord affirmé que pour des raisons de pureté, moins de semences OGM ont été distribuées cette année.  Il semble donc qu'il y ait accord sur le fait que le Burkina Faso cultivera moins de cotonnier Bt lors de la campagne à venir, mais que les motifs invoqués soient différents.

 

Il s'est exprimé très positivement sur le succès du caractère Bt dans la mission qui lui est dévolue : celle de protéger les cultures du ver de la capsule et quelques autres ravageurs, les traitements insecticides étant réduits, typiquement, de six ou huit à deux (ces derniers en fin de culture).  Corollaire – non abordé par M. Escur – la réduction des intoxications par les insecticides, et la réduction de la pollution : ...admettons qu’on ait emblavé 500 000 hectares de coton.  A six traitements en moyenne pour le coton conventionnel, cela revient à près de 3 millions de litres d’insecticides à épandre dans l’environnement, or, avec les CGM, on économise la moitié, voire les 2/3 de ces produits chimiques-là, donc le bilan environnemental est aussi très positif.

 

Les essais en station ont produit une augmentation des rendements de plus de 30 % selon M. Déhou Dakuo, sachant que le caractère Bt n'a pas d'effet direct, mais a pour finalité de limiter les pertes.  Le cotonnier Bt a été introduit en 2008 auprès des meilleurs producteurs, lesquels ont pu obtenir des augmentations de plus de 40 %.  Il a ensuite été étendu à d'autres producteurs, moins bons, qui ont eu des rendements moins bons que les premiers.  Leur production a tendance à ramener la moyenne nationale vers le bas. C’est ce qui fait dire que les OGM n’ont pas répondu aux attentes ; chose qui n’est pas exacte.

 

S'agissant des caractéristiques de la fibre, [a]ussi bien l’INERA, Monsanto que les sociétés cotonnières ont vérifié, prévu le phénomène et se sont mis à le corriger. [...] On prévoyait cela, on savait cela. Au jour d’aujourd’hui, l’INERA, à travers ses sélections, a réussi pratiquement à éliminer cette petite longueur qu’on perdait sur la fibre. Dans deux ou trois ans, ça relèvera du passé. Dans le cadre du partenariat, Monsanto a aussi commencé à travailler : dans ce mois de mai, il doit envoyer environ 14 lignées de nouveaux OGM encore plus purifiés, qui n’auront que les caractéristiques du coton burkinabè.  M. Escur avait donné plus d'importance à ce problème, mais en avait aussi évoqué le caractère temporaire.

 

Dans la deuxième interview [8], M. Déhou Dakuo a aussi fait état des mélanges de semences qui pourraient être le fait des producteurs eux-mêmes, ou survenus lors des transports ; ainsi que du problème du non-respect des préconisations techniques (sous-dosage des engrais chimiques, absence d’apports de fumures organiques, non-réalisation des traitements insecticides recommandés) par certains producteurs – problème longuement évoqué par M. Escur.

 

M. Déhou Dakuo aborde aussi le problème de la structure génétique des CGM en des termes proches, sur le fond de ceux de M. Escur : La seconde mesure est au niveau de Monsanto. Ils ont pris conscience du problème et ont opéré des sélections. Au cours de ce mois de mai, 14 lignées de backcross 3 (BC3) doivent être envoyées par Monsanto à l’INERA pour la multiplication des semences. Dans le backcross 3, la part de caractères de la variété burkinabè va être plus grande afin d’améliorer la qualité de la fibre.

 

 

 

Le problème de la génétique

 

C'est là la seule source d'interrogations pour un observateur extérieur familier de l'amélioration des plantes : même avec les outils modernes de génomique, deux rétro-croisements, en principe suivis d'une autofécondation (au moins), ne suffisent pas pour éliminer les caractères « américains » (autres que le Bt).  Mais peut-être a-t-on voulu garder une partie de ces caractères et, ce faisant, traîné ceux relatifs à la longueur de la fibre.

 

Si l'innovation génétique (le caractère Bt) a rempli les attentes, la structure génétique des matériels semble avoir posé problème.  Rien que de très normal, en partie.

 

En effet, l'introduction d'un nouveau caractère génétique majeur, que ce soit par la voie « conventionnelle » (par exemple, croisements suivis de sélection) ou transgénique se traduit initialement par un nombre limité de variétés, donc de possibilités d'adaptation aux conditions agro-climatiques et sociologiques variées [12].  D'autres variétés sont produites au fur et à mesure et, avec le temps, on retrouve une situation normale du point de vue de la diversité génétique en culture.

 

D'autre part, la transformation d'une variété, les essais en culture et la production de semences – sans compter la procédure d'homologation – prennent du temps.  Lorsque la variété transformée arrive sur le marché, c'est souvent une variété obsolète avec un caractère d'avant-garde.  Mais ce qui fait le rendement, c'est essentiellement la génétique de la variété devenue obsolète.  Comparer en station d'essais les rendements de la variété d'origine et de sa version transgénique, et annoncer un gain de rendement de x pour cent, c'est s'exposer à des déboires lorsque la version transgénique est mise en culture en grand et qu'elle est en concurrence avec des variétés plus modernes, lesquelles peuvent afficher un gain de rendement bien supérieur par rapport à la variété d'origine [13].

 

Cultiver la variété transgénique peut néanmoins être une option de choix si la perte relative de rendement par rapport aux dernières variétés est compensées par des gains sur les frais de culture (par l'économie en produits phytosanitaires par exemple) ou la sécurité de l'itinéraire technique (par un désherbage facilité par exemple).  Mais ceux qui ne comprennent pas les subtilités de l'agronomie– ou ne s'en embarrassent pas – se trompent dans leurs interprétations.  Cela inclut des producteurs qui auront été leurrés par des rapports trop optimistes ou des publicités trop agressives (cela a vraisemblablement été le cas en Inde).

 

Mais au Burkina Faso, il n'est pas étonnant que les cotonculteurs ne soient pas prêts à abandonner le CGM : Les cotons OGM présentent plusieurs avantages. En particulier, ils réduisent la pénibilité du travail. Pour un hectare cultivé [avec des semences classiques], un planteur réalise entre six et huit traitements phytosanitaires, ce qui lui fait parcourir environ 15 km avec 15 kg sur le dos. Avec les semences transgéniques, il n'a besoin de faire que deux traitements pesticides. Cela permet de réduire le coût économique et de sauvegarder l'environnement. [9].

 

 

 

Un verre qui se vide ? Non, il se remplit !

 

Les raisons de l'échec sont inhérentes au coton OGM lui-même a-t-on pu lire sur RFI [1].  De fait, c'est une des caractéristiques de l'hystérie anti-OGM que d'attribuer toute difficulté rencontrée avec un OGM à sa nature transgénique.

 

Mais aucun des problèmes identifiés par des acteurs de la filière ne concerne la nature GM du cotonnier.  Ces problèmes illustrent en fait les chausse-trapes des innovations en agriculture.  Manifestement, la stratégie burkinabè d'introduction progressive et contrôlée du CGM, avec des producteurs pionniers et une intense activité de conseil et de vulgarisation, a porté ses fruits, mais sans avoir été parfaite.

 

Il n'est donc pas surprenant que les conclusions de M. Escur et de M. Déhou Dakuo divergent : l'observateur extérieur, surtout spécialiste des marchés, penche plutôt pour l'échec – grandement incité à ce faire par la personne qui l'a interviewé et lui a donc fixé ou suggéré l'orientation de sa réponse ; mais un échec temporaire en attendant la solution du problème.  L'acteur de terrain et pivot de la filière cotonnière du Burkina Faso, nous décrit un travail en cours sur un programme qui va de l'avant, essentiellement selon le plan de marche.

 

Mais le cotonnier Bt est solidement implanté au Burkina Faso ; même s'il fléchit lors de la campagne qui s'ouvre, il est devenu le type « conventionnel ».  Rien ne permet de croire que les problèmes actuels – qu'ils relèvent de la génétique ou de l'assistance technique aux producteurs et de la vulgarisation – ne seront pas résolus.

 

Mais l'agronome conscient des réalités de la lutte contre les maladies et ravageurs doit aussi préciser qu'il n'y a aucune certitude sur la durabilité de la solution Bt.  Rien de nouveau sous le soleil : la lutte contre les parasites et maladies est un éternel recommencement.

 

Wackes Seppi

 

Post scriptum

 

La solution Bt permet aux cotonculteurs du Burkina Faso de réduire considérablement l'emploi d'insecticides et de s'affranchir des risques d'infestations et, partant, de pertes de récolte.  Le Bénin, qui n'a pas adopté cette solution, est en train de chercher désespérément des insecticides, y compris au... Burkina faso [14].

 

 


Notes :

 

[1]  http://www.rfi.fr/emission/20120510-cette-annee-le-burkina-faso-abandonne-le-coton-ogm

 

[2]  http://www.dailymotion.com/video/xqq564_commodafrica-coton-gerald-estur-ogm-burkina_news

 

[3]  http://www.agenceecofin.com/index.php?option=com_k2&id=4794&view=item&Itemid=264&tmpl=component&print=1

 

[4]  Par exemple Le Burkina Faso abandonne le coton OGM

http://www.commodafrica.com/fr/actualites/video/cotonogmburkinafaso

Cette année le Burkina Faso abandonne le coton OGM

http://www.inter-reseaux.org/ressources-thematiques/article/cette-annee-le-burkina-faso

 

[5]  Le Burkina dément l'abandon du coton OGM

http://www.sidwaya.bf/quotidien/spip.php?article5072

 

[6]  Voir à cet égard : Contrairement à l’Afrique du Sud, le Burkina favorise l’expertise locale

http://www.endadiapol.org/IMG/pdf/DABA_No4_FR.pdf

On notera que le bulletin a été produit grâce au soutien d'Oxfam.

 

[7]  Burkina Faso : Coton OGM - Le pays droit dans son sillon

http://www.reussirbusiness.com/17016-Burkina-Faso-Coton-OGM-Le-pays.html

 

[8]  ABANDON DU COTON Bt PAR LE BURKINA FASO : « Nous sommes surpris par cette information »

http://www.nepadbiosafety.net/fr/coton-bt-au-burkina-faso

 

[9]  Jean-Paul Sawadogo : "Sur les OGM, notre bilan est très positif"

http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/JA2668p084.xml0/interview-banque-coton-ogmjean-paul-sawadogo-sur-les-ogm-notre-bilan-est-tres-positif.html

 

[10]  Presentation by Dr. Margaret Karembu, Director ISAAA Africenter during the launch of the Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops 2011 (diapo 15) :

http://www.slideshare.net/OFABKenya/isaaa-2012-launch-ppt-slides-kenya-launch-ofab

 

[11]  http://www.unpcb.org/spip.php?page=article_simple&id_article=194

 

[12]  C'est ainsi que le cotonnier Bt a été introduit – officiellement – en Inde sous la forme de trois (3) variétés (hybrides) Mahyco.  En fait, en 2002, il y avait déjà, semble-t-il, des dizaines de variétés (hybrides) illégales, souvent mieux adaptées que les variétés officielles.  Voir par exemple Suman Sahai, Gene Campaign, Cotton fields swamped with illegal Bt cotton: Monsanto the poorest performer :

http://www.genecampaign.org/Publication/Article/BT%20Cotton/CottonFiels-SwampedWith-IlligalBtCotton.pdf

Il doit y avoir actuellement plus de 800 variétés Bt en Inde.

 

[13]  Ce phénomène est bien illustré dans une superbe présentation sur l'amélioration génétique du colza (avant la conclusion) :

http://mon.univ-montp2.fr/claroline/backends/download.php?url=L2NvdXJzX3BhcnRpZV8xL0NvdXJzXzVfbGVfY29semEucGRm&cidReset=true&cidReq=FMOV105

Les « premiers simples 0 » sont les variétés sans acide érucique ; les « Doubles 00 » sont, en outre, pauvres en glucosinolates.

 

[14]  http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/une/11625-a-la-recherche-d-insecticides-pour-sauver-la-campagne-cotonniere-mission-infructueuse-du-dg-sonapra-au-burkina-faso

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 16:11

Partenariat institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation ou PICRI. L’intitulé de ces projets financés par le conseil régional d’Ile de France fleure bon la « science alternative ».

 

L’une des études programmées :

OGM et non-OGM : quelle équivalence en substance ?

 

Voilà une question qui surprendra plus d’un scientifique un tant soit peu au fait de l’évaluation des OGM. On est moins surpris lorsqu’on découvre que les « citoyens » investis dans cette étude  ne sont autres que le MDRGF et Christian Vélot, c’est-à-dire des militants anti-OGM. L’imposture scientifique saute d’autant plus aux yeux que des les premières lignes de présentation, les auteurs du projet affichent leur ignorance sur le sujet.

Nous publions ici les commentaires de Philippe Joudrier, biologiste, directeur de recherche honoraire, et ancien président du comité d’experts spécialisé biotechnologies de l’AFSSA

Anton Suwalki

 


Une critique du projet PICRI, par Philippe Joudrier

 

 

Sur la forme, le mouvement des antis ne cesse d'inventer de nouvelles formes d'attaques, tentent de réinventer l'eau tiède en permanence.

Ce projet est un  « magnifique » exemple de ce que l'on appelle en psychologie l'escalade d'engagement.

 

Il illustre une fois de plus le fait que ces mouvements, et parmi eux quelques « scientifiques », n'ont pas compris ce qu'était réellement un OGM (une variété comme les autres -obtenues par les autres méthodes d'amélioration-!) qu'ils n'ont pas compris qu'un simple croisement, c'est de la transgénèse aléatoire ... bref, plein de concepts biologiques et connaissances semblent délibérément oubliés ou non assimilées !

 

Au delà, ils avouent ne pas savoir comment est réalisée l'évaluation d'un OGM.

Oser écrire dans le projet :

 

"Par exemple, l’étude de l’équivalence en substance entre un maïs OGM et sa contrepartie conventionnelle peut être réduite à l’analyse de trois caractères phénotypiques : le mode et le taux de reproduction, le taux de dissémination, et la survie des graines

 

est une ânerie monumentale !

 

L'équivalence en substance ne procède nullement de l'analyse de ces trois caractères phénotypiques ... ce n'est pas du tout ce que recouvre le test d'équivalence en substance qui n’est d’ailleurs qu’un élément (préliminaire) de l'évaluation de la plante pour évaluer le risque toxicologique, sanitaire et nutritionnel, donc rien à voir avec le mode et le taux de reproduction, le taux de dissémination et la survie des graines. Tout cela, et bien d’autres points, sont examinés par ailleurs (risques environnementaux).

 

Pire même, la remise en cause de l'équivalence en substance prouve aussi que ces gens là ignorent tout le processus d'évaluation (j’en conviens : excessif, abusif, contraignant d’ailleurs reflétant aussi un principe de précaution non compris et mal mis en œuvre) que sont contraints de subir les PGM, (et les OGM d'une manière générale).

 

Car le remettre en cause, c'est remettre en cause la démarche rationnelle et logique qui fonde toute expérimentation scientifique depuis toujours.

Toute recherche consiste à comparer deux situations, états, faire varier si possible un seul paramètre pour tenter ensuite de tirer des conclusions de cause à effet. Le refus de cette démarche préliminaire d’étude de tout phénomène, c’est le refus de la méthode scientifique !

 

Ainsi, jouant sur l’ignorance de trop de personnes de ce que représente l’équivalence en substance (ES), ils en rajoutent une couche et décrivent cette ES comme quelque chose qui ne correspond nullement à ce qui est fait et arrivent à se faire financer un programme sur ce thème !

 

Dans tous les cas, on peut dire à l’avance que ce projet ne va rien apporter de plus que ce que l’on sait déjà.

 

Non seulement les décideurs politiques – en l’occurrence ici, la Région Ile de France – se laissent avoir, en finançant des incapables mais ils se laissent berner par le discours de ces écolo verdâtres qui n’ont d’ailleurs aucune compétence sur le sujet ni en écologie d’ailleurs. Car se dire écologiste et refuser les OGM, c’est aussi montrer que l’on n’a pas compris ce qu’est l’écologie.

Une publication toute récente de juin 2012 (sino-française) confirme bien le fait que les OGM (le cotonnier dans cette étude) sont plus écologiques que leur contrepartie non GM.

Widespread adoption of Bt cotton and insecticide decrease promotes biocontrol services
Yanhui Lu1, Kongming Wu1, Yuying Jiang2, Yuyuan Guo1 & Nicolas Desneux3

doi:10.1038/nature11153

http://sciences.blogs.liberation.fr/files/le-bt-coton-ecolo.pdf

 

La Région finance un sujet à des groupes, associations pseudo-scientifiques ou à des militants anti-science sans en faire référence aux instances officielles d’évaluation, La Région a-t-elle seulement fait une saisine sur le même sujet auprès de l’ANSES, le HCB ? Cela serait tout de même la moindre des choses de prendre les sujets par le bon bout !

 

Dans ce projet et sans doute pour laisser croire qu’ils sont « au courant », qu’ils ont un vernis scientifique, Vélot & co mettent là dedans les méthodes nouvelles (en -omiques) qui permettent d’analyser le génome.

 

Pas de pot, il y a bien longtemps qu’il existe plusieurs publications relatant des analyses de transcriptomes, protéomes et même métabolome ().

On en parle depuis des années dans les commissions d‘évaluation (même lorsque l’on mettait sur pied les lignes directrices dès 1998. Au sein d’abord du CSHPF puis ensuite de la CGB et de l’AFSSA.

On n’a donc pas attendu des CV ou le MGF… pour nous dire ce qu’il fallait faire ni comment le faire !

 

Pour aller rapidement à l’essentiel, car on pourrait en écrire des tartines :

Toutes ces analyses en omiques concluent de la même manière :

On trouve plus de variations entre une variété issue d’un simple croisement (par rapport à ses deux parents) et une variété GM par transgénèse par rapport à sa contrepartie isogénique.

 

Pour tous ceux qui ont un tant soit peu réfléchi à ce qu’il se passe comme événement génétique au sein d’une cellule lors des divisions cellulaires –mitose et méiose- et/ou de la fusion nucléaire, ce résultat ne surprend personne.

 

J’insiste encore, le croisement est une autre « méthode » de transgénèse. Mais lors d’un simple croisement, il n’y a pas que de la transgénèse, il se passe plein d’autres événements génétiques (je développe tout cela dans mon ouvrage OGM : Pas de quoi avoir peur ! page 51 à 70).

Il faudrait aussi que les gens comprennent qu’il n’y a aucun lien entre l’importance d’une mutation (d’une mutation ponctuelle à une duplication de génome) et un risque quelconque. Pour le coup, des exemples de cela existent depuis que les organismes existent et ils abondent chez l’homme pour qui veut bien se donner la peine de les regarder (par exemple, 8000 maladies génétiques « orphelines » : voir le site d’Orphanet) !

De plus, toutes les variations observées par ces techniques en –omiques, on est encore dans l’impossibilité de les interpréter …

 

Si on voit bien ce qui a bougé, ce qui est en plus ou en moins, on est bien en peine de comprendre qu’elle est l’implication de telle ou telle variation pour tel ou tel caractère.

Dans l’état actuel des connaissances, on ne sait pas encore relier ce que l’on observe à quoi que ce soit de concret dans l’immense majorité des situations.

Je ne dis pas que cela ne sera pas possible un jour, mais pour l’instant, ce type d’analyse a besoin de se construire des référentiels pour chacune des situations rencontrées et il y en a encore pour des années.

 

Enfin, sur le caractère novateur en utilisant les techniques en -omiques :

 

« Caractère novateur du projet, et enjeu sociétal

Quelques études d’analyse de transcriptomique ou protéomique comparatives ont été effectuées récemment entre des plantes génétiquement modifiées et leur contrepartie conventionnelle, notamment sur le riz (Batista et al., 2008), sur le maïs (Coll et al., 2008 ; Zolla et al., 2008) et sur le tabac (Rocco et al., 2008). Philippe Joudrier: 4 références sur au moins 44 qui existent !!!! Quelle bande de rigolos ! Toutefois, chacune de ces études ne s’intéresse qu’à un aspect de l’expression génique : soit au niveau des ARN (transcriptome), soit au niveau des protéines (protéome), ce qui ne permet pas d’avoir une vision intégrée des perturbations résultant de la modification génétique. PJ : Ils ne semblent pas connaître les limites intrinsèques de chacune de ces techniques ! Par ailleurs, ils ne semblent même pas s’intéresser au métabolome ce qui est une grosse lacune !

L’intérêt d’un organisme modèle comme A. nidulans utilisé depuis de longues années comme matériel d’étude dans les laboratoires est que nous disposons de nombreuses données permettant une bonne compréhension de son métabolisme, sa physiologie, ses différenciations morphogénétiques, son adaptation à son environnements nutritionnel, etc... Ces données permettront de réaliser ce qu’on appelle de la protéomique fonctionnelle, notamment en reliant les protéines dont la quantité s’est avérée être grandement perturbée   PJ : Ce n’est pas nécessairement l’aspect quantitatif des protéines qui est important. On sait faire depuis des décennies des blés qui, par exemple, ont des teneurs croissantes en protéines (de 10 à 18%) sans aucune perturbation notable.

C’est bien plutôt d’observer si le fait qu’une protéine soit présente en grande quantité –ou  d’ailleurs en faible quantité voire même absente- peut entrainer une éventuelle perturbation ou pas. lors des études de protéomique à des processus physiologiques, c’est-à-dire de disposer d’une interprétation fonctionnelle des perturbations moléculaires observées en amont.

La compilation de l’ensemble de ces données de transcriptomique et de protéomique ainsi que de ces études fonctionnelles et morphologiques réalisées sur un même organisme constituera probablement l’étude la plus exhaustive en la matière.

PJ: Il faudrait que les auteurs de ce projet aient une connaissance minimale de la biblio sur le sujet ! ce qui apparemment n’est pas le cas !

L’approche intégrative combinant transcriptomique, protéomique et imagerie cellulaire ne pourra qu’aider à relier les changements d’expression des gènes aux réponses éco-toxicologiques de l’organisme entier, telles que la survie, la croissance et la reproduction.

Ce projet présente bien sûr un intérêt sociétal majeur puisque ce principe conditionne toutes les évaluations officielles des OGM agricoles sur lesquelles s’appuient ensuite les autorisations à la culture commerciale ou /et à la consommation animale et humaine. Et cela pose de manière plus générale la question de l’évaluation et de l’encadrement des risques liés aux nouvelles technologies et à ses produits.PJ : Rien que cela !

De nombreuses associations dont le Mdrgf (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures), partenaire de ce projet, sont alors nées de la volonté de leurs membres de protéger les consommateurs

PJ :C’est faux, en empêchant le développement des OGM et leur culture c’est alors obliger le consommateur à avoir des produits qui auront été traités aux pesticides mais aussi moins sains qu’un produit issu de variétés conventionnelles ne serait-ce que par leur teneur moindre en mycotoxines.

Savent-ils seulement ce que sont les mycotoxines ? (et je ne développe pas la situation économique des agriculteurs interdits de cultiver des PGM … et des marocains qui ne veulent plus acheter que du maïs GM Bt !) et l’environnement en veillant à d’éventuelles carences d’évaluation de nouveaux produits sanitaires, phytosanitaires, alimentaires... arrivant sur le marché.»

 

L’EStelle qu’elle est pratiquée aujourd’hui semble donc des plus satisfaisantes et largement suffisante pour devoir rassurer tout le monde.

 

En tous cas, elle permet de ne pas passer à côté de problèmes qui ont été rencontrés avec la sélection conventionnelle et qui ont provoqués des dégâts (y compris humains).

Il semble intéressant de mentionner que les USA préconisent depuis 2002 une réduction/simplification de l’évaluation des OGM  estimant que l’ES n’est même pas (plus) nécessaire (Herman et al. 2002 : compositional assessment of transgenic  crops : an idea whose time has passed. Plant molecular biology : 50 :925-947).

 

Cela traduit bien en même temps le degré de réflexion avancé qu’ont les américains sur ces OGM par rapport à l’obscurantisme régnant en Europe arc bouté sur le postulat que les OGM sont dangereux a priori ! . En même temps, cela montre aussi qu’avec les OGM, tout le monde oublie des données basiques et tout ce qui a été fait antérieurement.

 

-Faut-il rappeler :

-        Que l’identification variétale, devenue opérationnelle dans les années 1970 était basée, pour l’essentiel, sur le polymorphisme biochimique des protéines (et enzymes, protéome simplifié avant l’heure) et qu’à l’époque on ne s’est jamais préoccupé de savoir quelle était la nature des protéines qui étaient présentes en plus des autres, de celles qui disparaissaient, de celles qui étaient en quantité importantes ou à l’état de traces etc…

 

-        Que depuis des années tout de même, les sélectionneurs, les nutritionnistes, les toxicologues s’intéressent de très près aux tables de composition des aliments fournies par l’ILSI (cf ci dessous). Ces tables permettent de savoir quelles sont les fluctuations de telle ou telle substance présente dans une espèce donnée en fonction du lieu de culture, de l’année de culture, des conditions agro-climatiques ou des itinéraires culturaux.

 

-        Que le test de l’équivalence en substance est réalisé sur les PGM pendant plusieurs années et plusieurs lieux de cultures pour s’assurer que toutes les variations (normales) de tel ou tel paramètre se situent bien dans ce qui a déjà été observé antérieurement.

 

Autant d’acquis que critiquent Vélot & co sans les connaître, et qu’ils aimeraient balancer au profit de leurs pseudo-expertises.

 

Vendredi 4 mai 2012

Philippe Joudrier

 


 

-Pour comprendre le principe d’équivalence en substance :

http://imposteurs.over-blog.com/article-23920277.html

 

 

 


 

-Tables de composition des aliments :

France : http://www.anses.fr/TableCIQUAL/

FAO : http://www.fao.org/infoods/tables_int_fr.stm

ILSI : http://www.ilsi.org/Pages/HomePage.aspx

A Guide to Safety Assessment of Genetically Modified Foods,

Monograph 2006 : http://WWW.ILSI.ORG/Pages/ViewItemDetails.aspx?ListID={06bbbf30-51e5-4053-add9-4d053cd120e4}&ItemID=41&URL=http://www.ilsi.org/Publications/GMO%20Monograph%20overview.pdf

 

 


 

-A propos des techniques en « omiques » , une méta analyse qui fait référence :

 

Evaluation of genetically engineered crops using transcriptomic, proteomic and metabolomic profiling techniques

Agnès E. Ricroch, Jean B. Bergé & Marcel Kuntz

Plant Physiology (on line 24 Feb 11). To read the abstract and downloadthe manuscript.

 

New analytical techniques termed transcriptomic, proteomic and metabolomic aim to monitor, respectively, all expressed genes (transcripts), all proteins and all small chemical compounds (metabolites) present in an organism or in part of an organism. These “omic” approaches have been recently applied to the analysis of genetically engineered (GE) (transgenic) crop plants with regard to their food safety and nutritional equivalence. In a recent scientific article, we surveyed 44 publications describing “omic” comparisons between GE and non-GE reference crop lines.

 

All three “omic” approaches converge in their conclusions.

-Transgenesis has less impact on gene expression or on protein and metabolite levels than has the variability generated by conventional breeding(which is usually considered as safe) in existing crop varieties. 

-Natural changing environmental conditions (from field to field for example) usually have a larger impact than transgenesis.

-None of the published “omic” assessments has raised new safety concerns about marketed GE cultivars.

 

Implications

-These large-scale methodologies provide complementary and independent confirmation that current GE food and feed are safe.

-The scientific knowledge generated indicates that the current regulatory burden on GE crops should be reduced.

-Their mandatory use of “omics” techniques in reglementary safety assessments cannot be recommended since they are tools for basic research but not yet for routine analysis. 

 

Les nouvelles techniques d’analyses appelées transcriptomique, protéomique et métabolomique visent à visualiser, respectivement, l’expression de tous les gènes (transcrits), toutes les protéines et tous les petits composés chimiques (métabolites) présents dans un organisme ou une partie de l’organisme. Ces techniques « omiques » ont été récemment utilisées pour l’analyse des plantes génétiquement modifiées (PGM) (transgéniques) quant à leur sécurité sanitaire et leur équivalence nutritionnelle. Dans un article scientifique récent, nous avons passé en revue 44 publications décrivant des comparaisons « omiques » de PGM avec des lignées non-GM de référence.

 

Toutes les trois approches « omiques » concluent de manière convergente :

-la transgénèse a moins d’impact sur l’expression des gènes ou sur les niveaux de protéines ou de métabolites que la variabilité générée par l’amélioration conventionnelle des plantes (qui est généralement considérée comme sûre) dans les variétés déjà existantes.

-les changements naturels de l’environnement (d’un champ à l’autre par exemple) ont généralement un impact plus prononcé que la transgénèse.

-aucune des publications sur les évaluations de type « omique » ne conclut à des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des PGM mises sur le marché.

 

Implications

-Ces méthodologies à grande échelle confirment, en appoint et indépendamment, la sécurité sanitaire des aliments dérivés de PGM.

-La connaissance scientifique générée indique que le poids réglementaire pesant sur les PGM devrait être réduit.

-Leur intégration systématique dans les processus d’évaluation réglementaire avant mise sur le marché ne peut être recommandée en l’état, car ce sont aujourd’hui des outils de recherche fondamentale et non d’analyse de routine.

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 12:27

Vague de suicides en Inde à cause des OGM ? Des milliers d’internautes dont on connaît l’absence totale d’esprit critique réinventent périodiquement une nouvelle vague de suicides avec pour « preuve » la même vidéo qui circule sur la toile depuis des années (1).  Élaborée par Vandana Shiva et autres nostalgiques de l’Inde rurale traditionnelle misérable, relayée par l’andouille héritier de la couronne britannique, et par l’ensemble des activistes anti-OGM,  cette mystification survit à tous les faits, et s’est même imposée au conseil économique et social des Nations Unies, qui prétendait dans sa session d’avril-mai 2008 que l’introduction des semences OGM (de cotonnier Bt) « avait exacerbé l’extrême pauvreté des petits paysans indiens » (2). Ne reculant devant aucune outrance, les Amis de la Terre ont qualifié le phénomène de « génocide OGM »(3).

 

Pour le cotonnier Bt, dont l’adoption par les paysans indiens tend à devenir universelle, les anti-OGM ont perdu la partie. Leur activisme sur place se dressent donc désormais essentiellement contre l’aubergine Bt. D’où la pseudo-expertise effectuée par Séralini pour le compte de Greenpeace (et démontée sur ce site) afin de retarder son autorisation (4).  Mais si la légende du « génocide OGM » causé par les semences de cotonnier Bt ne sert plus à grand chose en Inde, elle continue à alimenter utilement la propagande dans les pays occidentaux.  Celle-ci revient en France sous une forme édulcorée dans un article du Monde du 26 avril (5)qui titre sur « les promesses non tenues du coton OGM en France », et en profite pour faire la publicité pour l’appel à un moratoire de la « Coalition pour une Inde sans OGM ». Et mine de rien, l’auteur reprend la thèse du suicide du aux OGM.   

 

L’occasion était trop belle pour Marie-Monique Robin qui reprend du service sur le blog d’Arte(6). Les promesses paraît-il non tenues deviennent chez elle « La fin des OGM en Inde ? ». Au passage, la cruche juge utile de fanfaronner de la sorte : « Mauvaise nouvelle pour les lobbyistes qui s’acharnent sur ce Blog » . A en juger par cee triomphalisme haineux, ce qui serait une tragédie si c’était vrai (les OGM ruinent les paysans indiens et les poussent en masse au suicide) est manifestement une bonne nouvelle pour elle !

 

La misère rurale, elle,  existe bien en Inde et conduit certains au suicide. Selon toutes les données statistiques et les études disponibles, les OGM n’en sont pas la cause, mais plutôt un facteur d’atténuation, même si les OGM ne permettent pas toujours d’en sortir. Loin des discours caricaturaux que MMR & autres bidonneuses prêtent à leurs ennemis, nous n’affirmons pas que les graines de cotonnier GM sont des « semences miracles » (7) , qu’elles protègent de tous les aléas qui affectent les récoltes, mais qu’elles ont très significativement contribué à l’amélioration des revenus des paysans indiens, des petits comme des grands. Ce qui est l’explication la plus logique à l’expansion continue du cotonnier Bt en Inde depuis son introduction en 2002. Nous reprenons ici un par un les éléments de ce mensonge planétaire, et les objections malhonnêtes formulées lorsqu’on met les menteurs devant les faits, en espérant contribuer à faire éclater enfin la vérité.

 

Affirmation centrale : l’introduction du coton Bt en Inde a poussé à la ruine de nombreux paysans et provoqué une épidémie de suicides dans les années qui ont suivi.

 

Faux. Comme le relève une étude de l’IFPRI (8), l’augmentation des suicides des paysans remonte aux années 1990, bien avant l’introduction des OGM. Entre 2002 et 2006, le taux de suicide des paysans, de toute façon beaucoup plus faible que celui de l’ensemble de la population a oscillé autour de 1,5 pour 100.000, avec un pic en 2004 légèrement supérieur à celui de 2002. En 2003, 2005 et 2006, le nombre de suicides de paysans est inférieur à 2002. Les registres disponibles ne mentionnent bien sûr pas si les paysans en question cultivaient du coton Bt ou traditionnel, ce qui permet aux auteurs de la légende de raconter ce qu’ils veulent. Mais si l’endettement et la ruine est la cause principale présumée du suicide, alors on peut estimer que le fait de cultiver des OGM a prévenu des suicides plutôt qu’il n’en a causé : selon les auteurs de l’étude de l’IFPRI mentionnée, qui n’excluent pas pour autant des difficultés locales pour ceux-ci, les gains pour les cultivateurs d’oGM sur la période s’échelonnent selon les états entre  +40% et +176%.  Dans une étude plus récente (9 table 2 p 47) , une estimation basée sur un panel de paysans qui cultivaient des cotonniers non-BT en 2004-2005 et cultivent le cotonnier BT en 2006-2007 estiment à plus de 200% les retours nets.

 

La mécanique infernale à l’origine du prétendu désastre : le coût beaucoup plus élevé des semences BT et l’augmentation de l’emploi de pesticides.

 

Vrai pour les semences BT effectivement plus chères. Mais celles-ci représentent moins de 15% des coûts moyens de l’agriculteur. Faux pour les pesticides, puisque les toxines Bt exprimées dans le cotonnier GM évitent d’épandre des insecticides contre les ravageurs ciblés par ces dernières, en particulier le vers rosé ou Pink boll worm . Globalement, les coûts par acre de plantes Bt étaient en 2004-2005 supérieurs de 10% à ceux d’une exploitation traditionnelle, cette différence étant probablement liée à des effets de structure : en effet, les coûts du panel mentionné plus haut ont baissé de 18% à prix constants après l’adoption du cotonnier Bt (9 cf tables 1 et 2 p 47).

De toute façon,  un comptable honnête présente toujours des comptes à deux colonnes, avec les ressources et les emplois. Les rendements supérieurs du cotonnier BT aboutissent à un revenu net moyen plus de deux fois supérieur.

 

Objection (reprise par le Monde) : l’augmentation des rendements observée après l’introduction du cotonnier Bt en Inde était due à une meilleure irrigation et à des conditions météorologiques favorables, et non aux qualités de celui-ci. La productivité devrait maintenant régresser, l’annonce de mauvais rendements en 2011 dans l’état d’Anda Pradesh en étant le signe précurseur.

 

Mauvaise foi évidente combinée à une incompréhension des qualités des plantes BT, qui n’ont pas en soi pour vocation d’augmenter les rendements . Aucun miracle météorologique ne pourrait  expliquer le fait que les rendements aient doublé dans les années qui ont suivi l’introduction des OGM. Quant au pourcentage de surfaces irriguées de plantation de cotonnier , il n’a pas augmenté (9 cf graphique 5 page 51). Cependant, les progrès des rendements ne sont certainement pas imputables au seul caractère Bt, mais en grande partie aux hybrides performants utilisés qui ont remplacé les variétés locales.  Si les semenciers proposent plus de 800 hybrides incorporant un ou deux gènes Bt, ça n’est pas pour le fun, mais pour offrir une gamme la plus large possible adaptée à des conditions de culture très différentes. Il est vrai que pour MMR, dont les compétences en agronomie sont internationalement reconnues : « les OGM, - qui sont des créations de laboratoire, sans aucun rapport avec les réalités agronomiques du terrain ( les tests pratiqués en champs représentent de véritables farces, ainsi que je l’ai aussi révélé) » . « Une farce » qui dure parfois 5 ans …Qu’est-ce qu’on aime rigoler dans le milieu des OGM !…

 

Rappelons qu’une année où la pression des ravageurs est très faible ou nulle, le caractère spécifique des plantes Bt n’apporte aucun avantage en terme de rendements par rapport à la même variété non transgénique. Son efficacité dans la protection des plantes se traduit en termes de rendements d’autant plus que la pression des ravageurs est forte en limitant les pertes de récolte et en terme de coût pour les épandages de pesticides. 

 

Affirmation des Cassandres : les problèmes des OGM s’accumulent , apparition de résistance des vers roses, de maladies etc... Ainsi, selon le directeur du CIRC cité par le Monde : « La productivité dans le nord de l'Inde devrait décliner en raison de la baisse du potentiel des semences hybrides, de l'apparition du problème du virus de la frisolée sur les nouvelles semences hybrides génétiquement modifiées et d'un haut niveau de vulnérabilité aux parasites suceurs (les variétés non génétiquement modifiées étaient résistantes) » .

 

 

Ce qui est vrai :De fait, les protéines Bt n’offrent semble-t-il pas le même niveau de protection pour le coton que pour les autres plantes Bt, et en 2009, on a effectivement noté dans certains districts de l’état du Gujarat une augmentation de la résistance des vers roses, dans  les champs plantés avec des semences Bollgard I  développées par Mahyco  & Monsanto. Ce premier cotonnier Bollgard n’exprimait que la protéine Cry1Ac. Ce phénomène on ne peut plus naturel et prévisible : les OGM n’ont pas le pouvoir magique d’arrêter l’évolution. Il s’agit simplement de prévoir ces phénomènes, de les retarder et d’en limiter l’ampleur avec des pratiques culturales appropriées. Ensuite, le Bollgard II qui contient deux transgènes produisant les protéines  Cry1Ac et Cry2Ab, et qui supplante désormais le Bollgard I, réduit considérablement les possibilités d’apparitions de résistance. Il ne les supprime pas. Mais incriminer les OGM à cause des risques d’apparition de résistance est aussi stupide que de refuser aujourd’hui un médicament au prétexte qu’un jour, il sera peut-être inefficace contre la maladie qu’il combat. 

 

 Enfin, Mr Kranthi devrait un peu revoir sa documentation concernant le virus de la frisolée avant de l’imputer « aux semences hybrides génétiquement modifiées ». Un mal présent en Inde dès la fin des années 80 (10), à une époque où le mot OGM était peut-être inconnu de ce monsieur. Et un mal contre lequel les OGM pourraient peut-être contribuer à lutter : c’est du moins ce qu’escomptent des chercheurs pakistanais et canadiens (11) . Mais nul doute que si les recherches aboutissent, ces OGM feront l’objet des mêmes campagnes de dénigrement. 

 

Petits paysans & OGM: argument souvent entendu, et pas seulement à propos de l’Inde , les OGM, de toutes façons ne profiteraient  (à la limite) qu’aux gros agriculteurs. MMR nous le ressert dans son dernier torchon : « ce modèle agroindustriel , gourmand d’intrants, ne convient absolument pas à l’Inde, où l’immense majorité des paysans sont de petits producteurs exploitant rarement plus qu’un hectare » .

 

Elle s’empresse de rajouter « Je souligne, au passage, que ce modèle est aussi à l’origine de l’effondrement des revenus des grands céréaliers américains ». Logique vertigineuse : Si ça ne marche pas en Inde, c’est parce que les exploitations sont petites, mais ça ruine aussi les gros exploitants aux USA…

C’est faux : les revenus ont augmenté en Inde quelle que soit la taille de l’exploitation (9 figure 1 p 47). De plus, l’emploi et les revenus de la main d’œuvre salariée a également augmenté (12). En particulier pour les femmes.

 

Il est facile de comprendre pourquoi l’objection des anti-OGM ne tient pas la route : la « technologie Bt » est entièrement incluse dans la graine, et n’engendre aucun coût fixe supplémentaire qui impliquerait des seuils de taille pour être rentable. Toutes choses égales par ailleurs, que l’on plante 10 m2 ou 500 hectares en Bt amène les mêmes bénéfices proportionnels. 

 

 

Bilan de l’ « échec » du cotonnier Bt en Inde  : En 2011, soit la dixième année après leur introduction, les cultures Bt atteignent 10,6 Millions d’hectares, soit 12,8% de plus qu’en 2010. Elle représente 88% des surfaces totales, cultivées par 7 millions d’agriculteurs (13).  C’est en dernière analyse le démenti le plus cinglant aux bobards anti-OGM.  Il reste à examiner leurs dernières contorsions pour tenter de sauver leur légende.

 

Il y a moins de deux ans, MMR contestait les statistiques qui traduisaient ce succès et un progrès constant des cultures d’OGM, au motif que « Le problème, et il est de taille, c’est que l’ International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA) est tout sauf une source fiable. Dans un article, publié le 15 février 2008, intitulé « Les surfaces cultivées en OGM ont augmenté de 12 % en 2007 », Le Monde soulignait que l’ISAAA est un "institut basé aux États-Unis et financé par des organisations comme la Fondation Rockefeller ou la société Monsanto”. » (14) Et de proclamer dans ses réunions que les cultures OGM avaient commencé à décliner, sans avoir , cela s’entend, la moindre source à citer pour appuyer son bobard.

Mais contrairement au dicton, les imbéciles aussi changent parfois d’avis, selon ce qu’ils ont à démontrer. Elle reconnaît désormais implicitement les faits, mais pour leur trouver une explication diabolique :

« Le dernier paragraphe de l’article du Monde confirme aussi ce que j’ai montré il y a déjà quatre ans : les semences traditionnelles et locales de coton ont quasiment disparu, rendant problématique une sortie du désastre transgénique. La raison ? Le rachat par Monsanto et consorts des compagnies semencières locales qui a permis de faire disparaître les semences locales, en imposant des semences transgéniques. Un sinistre tour de passe-passe qui permet, ensuite, aux lobbyistes de saluer la progression des OGM en Inde ! Or, cette progression ne signifie en rien l’adhésion des paysans indiens aux OGM, mais constitue, au contraire, la preuve que Monsanto et autres Bayer ont réussi leur holdup sur le pays. »

 

Mensonge tout aussi grossier que le précédent. Si les semences traditionnelles ont quasiment disparu, c’est parce que les agriculteurs n’en veulent quasiment plus. La réalité est que jusqu’à une période récente, la demande de semences Bt a toujours excédé l’offre légale, au point de créer de sérieux troubles lors de la distribution (15) et d’aboutir dès 2003, au développement d’un marché illégal (16)  de semences non certifiées,  avec notamment des lots d’hybrides F2 de moindre qualité (9 page 50). Si erreur il y a dans le taux et le rythme d’adoption des OGM en Inde, cela serait plutôt dans le sens d’une sous-estimation. Voilà ce que MMR appelle un hold-up.

 

Au regard de ces faits, ça n’est pas l’échec des OGM en Inde, mais l’échec des anti-OGM. Rien ne garantit que les progrès permis par l’introduction du cotonnier Bt se poursuivra de façon linéaire. Mais au regard du succès qu’il a rencontré auprès des principaux intéressés depuis 10 ans, le mythe du « génocide OGM » est sans aucun doute, une des plus sinistres plaisanteries inventées par le mouvement anti-OGM.

 

Anton Suwalki

 

 Notes :

(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/101211/nouvelle-version-de-la-legende-des-paysans-indiens-qui-se-suicident-caus

  (2) Extrait du PV :

The Committee is deeply concerned that the extreme hardship being experienced by farmers has led to an increasing incidence of suicides by farmers over the past decade. The Committee is particularly concerned that the extreme poverty among small-hold farmers caused by the lack of land, access to credit and adequate rural infrastructures, has been exacerbated by the introduction of genetically modified seeds by multinational corporations and the ensuing escalation of prices of seeds, fertilisers and pesticides, particularly in the cotton industry.

(3) http://www.amisdelaterre.org/Legenocide-OGM.html

 

(4) l’analyse de Wackes Seppi

http://imposteurs.over-blog.com/article-Bt-brinjal-aubergine-Bt-en-inde-r-i-p-par-wackes-seppi-103803659.html

 

(5) http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/26/les-promesses-non-tenues-du-coton-ogm-en-inde_1691714_3244.html

(6) http://robin.blog.arte.tv/2012/05/12/la-fin-des-ogm-en-inde/

(7) c’est MMR qui utilise des guillemets pour faire croire aux lecteurs que la formule est celle employée par les « lobbyistes » .    

(8) http://www.ifpri.org/pubs/dp/ifpridp00808.asp

(9) http://epw.epw.in/epw/uploads/articles/17418.pdf

(10) http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1744-7348.1996.tb07319.x/abstract

(11) http://www.cotton247.com/news/ci/?storyid=1434

(12) http://wrap.warwick.ac.uk/3189/1/WRAP_Pink_0380313-hr-110510-gm_crops_and_gender_accepted_2.pdf

(13) http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/43/default.asp

(14) http://www.ogms.be/actualites/mme-marie-monique-robin-les-amis

(15) http://www.ogms.be/actualites/en-inde-les-agriculteurs-reclament

(16) se reproter par exemple à la note en fin d’article :

http://imposteurs.over-blog.com/article-26582952.html

 

Relire à propos de ce sujet :

http://imposteurs.over-blog.com/article-25655180.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-26582952.html

 

 

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 12:23

Un article de Wackes Seppi

Le professeur Gilles-Éric Séralini, récipiendaire du titre fort convoité de « scientifique international de l'année 2011 » décerné par le marchand de vrais-faux parchemins International Biographical Centre of Cambridge (Royaume-Uni) [1], a fait une tournée en Australie et aux Philippines du 25 février au 8 mars 2012 pour répandre la bonne parole anti-OGM et anti-pesticides en compagnie de M. Jérôme Douzelet, restaurateur [2] et accessoirement membre du Conseil d'administration du CRIIGEN.

La tournée les a amenés à faire des conférences dans les Universités de Sydney, Canberra, Adélaïde et Perth ; devant des chefs de cuisine et le public à Sydney, Perth et Margaret River ; puis à Manille et à l'Université de Los Banos aux Philippines.  Précisons : dans des salles mises à disposition dans des Universités (c'est une technique habile que de louer une salle dans un lieu emblématique – par exemple à l'UNESCO en France – et de communiquer ensuite comme si le prestigieux propriétaire de la salle était l'organisateur de l'événement).

Le site du CRIIGEN fournit un « Compte rendu et réponses aux critiques des lobbys des biotechnologies » [3] avec un lien, erroné, vers des photos dont certaines sont très instructives [4].

Ce titre est tout un programme !

Et il ne peut qu'exciter la curiosité : en effet, à titre de compte rendu et de réponses, le lecteur a droit à une série d'agressions et de récriminations ineptes qui frôlent le délire de persécution :

« Les critiques qui se sont manifestées suite aux interventions du Pr. Séralini en Australie sont de manière peu surprenante celles des compagnies de biotechnologies et de leurs défenseurs déjà condamnés en diffamation contre lui. Ces pseudo-scientifiques épluchent en permanence son CV, ses récompenses, mais ne prennent pas la peine de lire ses publications scientifiques évaluées par des pairs dans des revues internationales, qui étayent le propos de ses conférences. [...] »

Comme chacun sait, il y a eu une seule affaire de diffamation, et ce, en France et non en Australie.  Elle constitue du reste une victoire à la Pyrrhus pour M. Séralini [5].

Par ailleurs, il y a des scientifiques – traités avec mépris de« pseudo-scientifiques » – qui ont bien pris la peine de lire au moins une publication de M. Séralini, et d'y répondre.  C'est par exemple le cas de ceux de Monsanto.  M. Séralini peut difficilement le nier puisqu'il a répondu (ou prétendu répondre) à la réponse [6].

Les agences de sécurité des aliments – celle de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, FSANZ, en tête – ont aussi été prise à partie, avec des accusations manifestement diffamatoires :

« Les agences sanitaires comme FSANZ en Australie ou la FDA aux Etats-Unis, ou l'EFSA en Europe, où figurent les membres de ces lobbys, comme il a été démontré par de nombreux journalistes, ne publient que des opinions sur des sites Web. Cela n'est pas assez pour atteindre la communauté scientifique internationale qui au contraire félicite régulièrement le Pr. Séralini. Par contre ces agences qui se disent indépendantes attendent les scandales sanitaires et la preuve par les morts (3000 pour le médicament Mediator autorisé par ce type d'agences) pour prendre en compte les alertes qui vont bien souvent à l'encontre des intérêts commerciaux dont ils semblent se faire les serviteurs. [...] »

Il est vrai que lesdites agences n'ont pas été tendres avec les « travaux » de M. Séralini, littéralement démolis [6].

Cela a encore été le cas lors de la tournée.  En effet, M. Séralini a aussi participé à une émission radio d'un quart d'heure en Australie dans laquelle M. Paul Brent, Chief Scientist de FSANZ lui a donné la contradiction [7].  Ayant été interrogé sur ses critiques envers les travaux de M. Séralini, M. Brent a répondu que les agences sanitaires avaient unanimement conclu qu'ils étaient viciés dans leur conception, certainement surinterprétés et même mal interprétés ; que de nombreux chercheurs de renom l'ont écrit ; et – en guise d'estocade – que M. Séralini le savait très bien.

La réaction venimeuse n'est donc pas une surprise.  Mais ce qui est surprenant, c'est que M. Séralini puisse penser qu'un lecteur doté d'un minimum de bon sens va gober une « réponse » d'une telle balourdise.  Limitons-nous au plus simple : qui peut croire, en effet, que publier uniquement sur des sites Web n'est pas suffisant pour atteindre la communauté scientifique internationale ?

À supposer que ce soit vrai, s'agissant des publications...  En fait, M. Séralini se trompe – ou plutôt trompe délibérément ses lecteurs.  La meilleure preuve en est qu'il lui arrive de citer des articles publiés dans des journaux scientifiques par des auteurs signant collectivement par une référence à l'EFSA [6] [8] !

Et une réponse à quoi, au juste ? Ceux qui n'ont pas suivi les faits et méfaits de M. Séralini s'interrogeront en vain à la lecture de ce texte irrationnel mis en ligne sur le site du CRIIGEN ; les autres savent les blessures intimes qui lui ont été infligées de longue date.  Les agences sanitaires ont en effet répondu à ses « alertes » avec cruauté pour l'égo d'un chercheur ; et du reste aussi avec promptitude contrairement à ce qu'il affirme.  Une cruauté requise par les circonstances, en l'occurrence la piètre qualité de ses arguments [6].  C'est ce qu'avait rappelé M. Brent.

M. Séralini a aussi été ulcéré par des remarques sur ce qu'on peut appeler ses liens d'affaires ou, pour utiliser un jargon qu'il adore, ses conflits d'intérêts :

« Enfin ceux qui critiquent en Australie les liens entre le Pr. Séralini et le "business homéopathique" n'ont encore certainement pas lu les articles où ce chercheur teste en fait des extraits de plantes de manière non homéopathique sur la détoxification cellulaire. Les stupidités vont bon train dans les pays où le dollar ou les OGM essaient d'être rois. »

Cette « réponse » est, en fait, grandiose : elle ne dément pas les liens mais, au contraire, les confirme implicitement !  Nous avons déjà eu l'occasion d'analyser cette situation en détail [9].

Et, à propos de relations d'affaires, la tournée intitulée « tout ce que vous devez savoir sur les aliments GM » a été organisée par un consortium anti-OGM et anti-pesticides, notamment Greenpeace [10] qui en a assuré le financement [11].

En résumé, la virée n'a pas été une partie de plaisirs.

C'est ce qui ressort aussi de la presse agricole australienne [10].  À Perth, l'étape la plus rude, le Directeur du WA Agricultural Biotechnology Centre de la Murdoch University, Mike Jones, n'a pas hésité à utiliser les techniques de « décrédibilisation » si chères à M. Séralini et à d'autres activistes.  Il s'est en effet servi habilement du faux parchemin de « scientifique international de l'année 2011 » posté, « avec fierté » selon les termes du Pr Jones, sur le site du CRIIGEN [12].  Et d'ajouter : « Vous devez vraiment vous interroger sur sa crédibilité scientifique s'il peut être abusé par cette arnaque [...] Je conseille donc à ceux qui écouteront Gilles-Éric Séralini de ne pas se laisser abuser par ses polémiques anti-OGM. »

Et d'ajouter encore : « Si c'était moi, je ferais enlever le certificat immédiatement, mais il y est toujours et je suis sûr qu'il n'a pas été évalué par des pairs. » Pour rappel : il y est encore [1]...

Agrifood Awareness Australia Limited (AFAA), une entité de communication créée par l'industrie n'a pas été en reste sous la signature d'un éminent professeur de l'Université de Melbourne, M. David Tribe [13].  C'est elle qui a évoqué les liens du « chercheur français discrédité Gilles-Éric Séralini » avec le « business homéopathique ».

Selon une des organisatrices de l'événement à l'Université de Perth, le débat a été « robuste » et le Pr. Jones avait réussi à jeter le doute sur les remarques faites au cours de la réunion.

C'est que le public n'était pas – comme c'est souvent le cas dans ce genre de réunions convoquées par des activistes – entièrement acquis à la cause de l'orateur. 

Rural Press a voulu en savoir davantage à l'issue de la réunion.  Mais M. Séralini n'était plus disponible pour répondre : selon son article, M. Séralini avait annulé son dernier engagement prévu à Perth pour raison de santé et était en train de quitter l'Australie quand on avait essayé de le joindre.

Voilà donc l'explication des « réponses » pitoyables d'un Séralini piteux et dépité.

Cela dit, si un accès de Schadenfreude peut nous faire du bien, il ne faut pas sous-estimer l'impact que M. Séralini a pu avoir en Australie et aux Philippines.  Les activistes sont en effet passés maîtres dans l'art de la propagande.  Mais l'épisode de Perth montre qu'il y a moyen d'y répondre.

Wackes Seppi

________________________

[1]  Selon le site du CRIIGEN, « Certains "bons esprits" ont critiqué l'International Biographical Centre" IBC, et du coup le diplôme reçu par le Pr. Gilles-Eric Séralini.  Pour éviter les polémiques inutiles, le Pr. Séralini a décidé de retirer cette mention de son CV. »  Le précieux (US$325) parchemin reste cependant visible sur le site :

http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=56&Itemid=75

[2]  Selon le site du CRIIGEN, M. Douzelet « a développé dans son établissement "Le Mas de Rivet" ... une cuisine raffinée, naturelle, biologique, avec des valeurs du terroir, des produits et services de qualité autour de son équipe familiale de direction. Pierre Rabhi, Jean-Paul Jaud, à qui il a offert le cadre de son hôtel pour le tournage de "Severn, la voix de nos enfants" et Gilles-Eric Séralini y sont passés avec plaisir.

http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=357&Itemid=104

[3]  http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_frontpage&Itemid=73

[4]  Le lien correct est :

http://www.flickr.com/photos/79123951@N07/sets/72157629830513273/

C'est aussi sur la base de ce genre de détail que l'on doit s'interroger sur la crédibilité – notamment scientifique – du CRIIGEN et de son héraut.

[5]  Voir sur ce site la série Séralini c. Fellous : la science politisée, la justice instrumentalisée, les masques tombent !, particulièrement :

http://imposteurs.over-blog.com/article-seralini-c-fellous-la-science-politisee-la-justice-instrumentalisee-les-masques-tombent-5-par-wackes-76194721.html

[6]  Voir le dossier en annexe de la pétition de soutien à M. Séralini :

http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Annexe-support-Seralini_etal_2010.pdf

[7]  À partir de 8:50 :

http://www.abc.net.au/radionational/programs/latenightlive/are-gmos-safe3f/3858030

[8]  Voir par exemple Genetically modified crops safety assessments: present limits and possible improvements :

http://www.enveurope.com/content/23/1/10

[9]  Voir notamment La probité scientifique à dose homéopathique :

http://imposteurs.over-blog.com/article-la-probite-scientifique-a-dose-homeopathique-par-wackes-seppi-77922370.html

[10]  Voir notamment Anti-GM speaker draws fire :

http://sl.farmonline.com.au/news/nationalrural/grains-and-cropping/general/antigm-speaker-draws-fire/2480914.aspx?storypage=0

[11]  Concerns on GM food testing continue :

http://www.abc.net.au/science/articles/2012/03/09/3447730.htm

[12]  Cette « distinction » était également mentionnée dans la biographie de M. Séralini distribuée en Australie :

http://www.gefree.org.nz/assets/pdf/Seralini-Douzelet-Bio.pdf

Mais il est à noter qu'elle a été supprimée sur le site de Greenpeace Australia :

http://www.greenpeace.org/australia/Global/australia/True_food/Seralini_Bio.pdf

Et c'est précisément le Département du commerce de l'Australie occidentale qui avait attiré l'attention sur les arnaques de l'International Biographical Centre of Cambridge :

http://www.scamnet.wa.gov.au/scamnet/Types_Of_Scams-Directory_Listings_and_registry_schemes-International_Biographical_Centre.htm

[13]  http://www.afaa.com.au/media/MR_AFAA_02-03-12.pdf

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 12:26

 

Retour sur la contribution de l'illustre Pr Gilles-Éric Séralini à une belle cacade


 

 

Deux ans déjà !

 

L'aubergine Bt a refait les titres des journaux en Inde, deux ans après que le Ministre Jairam Ramesh, alors de l'environnement, aujourd'hui du développement rural, mit un coup d'arrêt à l'aubergine Bt.

 

Motif : le 24 février 2012, dans une interview avec le journal Science, le Premier Ministre Manmohan Singh avait mis en cause le rôle de certaines organisations non gouvernementales (ONG) dans le financement de la campagne d'opposition à l'aubergine Bt [1].  Cela provoqua évidemment des protestations des organisations qui se sentirent visées, et aussi une tentative de justification de M. Ramesh.  Selon lui, sa décision – un moratoire et non une interdiction, dit-il – avait été déterminée par les positions des gouvernements des États fédérés, l'absence de consensus au sein de la communauté scientifique, le fait que les essais n'avaient pas été terminés et le fait qu'il n'y avait pas de mécanisme professionnel indépendant pour instaurer la confiance au sein de la population.  Il ajouta : « Comme j'étais directement impliqué, je peux dire sans ambages qu'aucune ONG n'a influencé mon avis » [2]. 

 

 

La mémoire courte du Ministre Ramesh

 

Affirmation grotesque... Il suffit de lire les documents, puisque le Gouvernement indien a eu la bonne idée de publier non seulement le texte de la décision prise par M. Ramesh [3] le 9 février 2010 – au grand dam de ses collègues de la science et de la technologie, Prithviraj Chavan, et de l'agriculture, Sharad Pawar, qui ont publiquement manifesté leur désapprobation [4] – mais aussi les contributions écrites qui lui avaient été soumises [5].

 

En décrétant la tenue de consultations publiques, le 15 octobre 2009, soit dès le lendemain de la recommandation positive par le GEAC (Genetic Engineering Approval Committee), le ministre s'était livré à une « manœuvre » [6] ; une manœuvre même si le dossier d'homologation avait été traité de manière critiquable par le GEAC sur le plan des procédures.

 

 

Les « contributions » du Pr Gilles-Éric Séralini

 

Les documents précités ont aussi l'avantage de révéler les « contributions » du Pr Gilles-Éric Séralini, récemment intronisé « scientifique international de l'année 2011 » par l’International Biographical Centre of Cambridge (Royaume-Uni) [7].

 

Ces contributions écrites consistent en une « réponse au rapport du GEAC de janvier 2010 » (pages 274 et 275), également publiée en tant que commentaire dans Nature, une réponse détaillée à un rapport EC-II du GEAC (pages 276 à 280) et une « analyse détaillée des réponses de Mahyco à mon rapport, pages 66-84 du rapport du GEAC » (pages 281 à 303).

 

Ces documents permettent une analyse scientifique de ces contributions puisque, ensuite d'une décision judiciaire, le Gouvernement indien a également publié le dossier de biosécurité produit par Mahyco à l'appui de sa demande d'homologation [8]

 

Ils permettent aussi d'analyser le comportement de M. Séralini, particulièrement à la lumière de ses récriminations selon lesquelles il est « la cible d’attaques et de pressions morales émanant d’une partie de la communauté scientifique [...], et qui vont jusqu’à remettre en question les conditions mêmes de ses travaux de recherche (position académique, financements) » [9] ; et à la lumière de son chagrin devant le fait qu'il ait été qualifié de « chercheur avant tout militant anti-OGM qui se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace » [10].

 

 

Pour la Cour suprême indienne ou pour Greenpeace ?

 

Mais avant cela un retour en arrière s'impose.  L'aubergine Bt faisait déjà l'objet d'une bataille de tranchées devant la Cour suprême indienne par le biais d'une Public Interest Litigation menée par quatre activistes, dont Aruna Rodrigues [11].  En mars 2008, la Cour avait ordonné la publication des données de Mahyco sur l'allergénicité et la toxicité.  Cela a par conséquent permis aux activistes de faire faire un examen critique de ces données par, notamment, « la star des scientifiques anti-Bt brinjal [...], le Pr Gilles-Éric Séralini » [12].

 

La production de M. Séralini a été mise en ligne sur le site du CRIIGEN, avec d'autres documents, [13].  Selon la page d'introduction, « Le Pr Gilles-Eric Séralini a évalué pour la Cour Suprême de l'Inde [...].  À la fin de son document, on peut toutefois lire, donc écrit de sa propre main : « This critical review of Mahyco’s data on Bt brinjal is commissioned by Greenpeace ».

 

Il s'agit là d'une liberté prise avec la vérité qui n'est point accidentelle.  Ainsi, selon sa biographie dans Wikipedia qui cite la quatrième de couverture de son livre : « [i]l est expert depuis 1998 pour le gouvernement français, l'Union européenne et plus récemment pour le Canada et l'Inde » ; on trouve les mêmes références dans sa « biobibliographie » sur le site du CRIIGEN, où il se vante aussi d'avoir été cité dans deux livres scolaires [14].

 

Ce n'est malheureusement pas le seul cas d'enjolivure narcissique ! Dès lors, quel crédit accorder à ses travaux scientifiques [15] ? En tout cas, Greenpeace a commandé une oeuvre – pour reprendre le vocabulaire du droit d'auteur – et M. Séralini l'a exécutée, évidemment conformément aux attentes du donneur d'ordre.

 

 

Les mots ont un sens...

 

Produit-on « des expertises » lorsqu'on se borne à réinterpréter les données fournies par le pétitionnaire et à commenter les affirmations du pétitionnaires ou les conclusions de l'autorité d'homologation, et ce, de surcroît, dans les conditions que l'on décrira ci-après ? La question doit être posée.  Quoi qu'il en soit, le travail n'a pas été fait « pour la Cour Suprême de l'Inde et le gouvernement indien » (par exemple [9], dernier paragraphe), mais pour un donneur d'ordre – et vraisemblablement bailleur de fonds – Greenpeace.  Que les documents aient été soumis à la Cour suprême par la plaignante principale dans le premier cas et directement ou indirectement à une instance gouvernementale dans le cadre d'une consultation publique n'y change rien : il y a là, au mieux, tromperie (et M. Séralini et son équipe ne voient aucun problème à déclarer une absence de conflits d'intérêts dans d'autres études manifestement anti-OGM).

 

 

...et les « expertises » sont à sens unique

 

Il y a six constantes dans les « expertises » de M. Séralini :

l        M .Séralini ne produit qu'à charge, reflet de sa position philosophique même s'il s'en défend, ainsi que des attentes des commanditaires.

l        M .Séralini critique sévèrement – pas toujours à tort – les dispositifs d'essais comme très insuffisants.

l        M .Séralini interprète toute différence entre traitements comme une indication de risque potentiel, même si le dispositif d'essai a été préalablement critiqué, même si une relation de cause à effet apparaît extrêmement improbable, et même si les valeurs en cause entrent dans le champ de variation normal.

l        M .Séralini produit des commentaires exagérés pour permettre un accrochage médiatique.

l        M .Séralini commet des erreurs manifestes.

l        Quoi qu'il en soit, pour M .Séralini, les examens ne sont jamais suffisants.

 

 

Un grossier enfumage

 

La conclusion générale du document de janvier 2009 [13] qui a servi aux pétitionnaires devant la Cour suprême – plus facile à lire que les suivants car il a été édité – est claire et sans surprise :

 

« L'autorisation d'introduire l'aubergine Bt dans l'environnement aux fins de l'alimentation humaine et animale et de la culture peut présenter des risques sérieux pour la santé humaine et animale, et l'introduction devrait être interdite. »

 

Le document s'ouvre sur la constatation de l'absence de signatures sur la plupart des rapports d'essais, absence qui suffirait selon M. Séralini à invalider les résultats (c'est la deuxième phrase du résumé).  Tout fait ventre...

 

Idem pour pour le fond, la couleur étant annoncée d'emblée :

 

« L'aubergine Bt n'a pas été testée de manière satisfaisante du point de vue de la sécurité et de l'environnement. »

 

Des essais d'alimentarité avaient pourtant été effectués... sur des chèvres, des lapins, des poulets, des vaches, des rats et des carpes.  M. Séralini observe en résumé que :

 

« Les paramètres affectés dans les animaux nourris avec cet OGM portent sur les cellules ou la chimie sanguine, mais de manière différente selon les dates de mesure au cours des études ou selon le sexe. »

 

M. Séralini s'est en effet attaché à recenser toutes les différences significatives que l'on a pu relever dans les divers essais ; en clair : pointer les astérisques dans les tableaux.  Il s'agit là d'un exercice qui n'a exigé aucune compétence particulière, sinon de la minutie et une bonne vue.  Il en résulte un catalogue à la Prévert, ou à la « Je n'suis pas bien portant », qui commence par l'inoubliable « J'ai la rate qui se dilate ».

 

M. Séralini a également relevé des modifications dans les consommations, auxquelles les auteurs des essais n'avaient rien trouvé à redire.  Par exemple, les lapins qui ont pris de l'aubergine Bt auraient consommé moins, alors que les vaches auraient consommé plus de matière sèche.  Et de conclure :

 

« Tout ceci produit une image très cohérente d'une aubergine Bt potentiellement dangereuse pour la consommation humaine.  Il sera aussi potentiellement dangereux de manger les animaux ayant ces problèmes, ayant mangé des OGM. »

 

Que des modifications (alléguées) en sens contraire produisent une image plutôt incohérente ne sauraient échapper au commun des mortels.  Et, à moins de considérer que l'aubergine Bt a des pouvoirs magiques, l'incohérence de l'image globale ainsi obtenue aurait dû inciter à la prudence dans les conclusions.  M. Séralini n'en a eu cure.

 

Il était tout aussi téméraire de conclure sur la consommation d'animaux qui auraient été nourris avec des aubergines Bt (encore que le mot « potentiellement » produisait une conclusion peu... concluante).

 

Mais il est vrai que M. Séralini s'adressait, par plaignante interposée, à une cour de justice...

 

 

Une grossière manipulation

 

Mais voyons de plus près l'essai sur les vaches [16].  Il avait porté sur deux fois huit vaches et aurait duré 42 jours selon M. Séralini (en fait 49 puisqu'il y a eu une semaine de contrôle préalable, mais passons).  Il observe en résumé :

 

« Pour les vaches, la production de lait et sa composition étaient changés de 10-14 %.  Il y avait plus de lait et plus de consommation de matière sèche grossière comme si les animaux avaient été traités avec une hormone » [17].

 

Pourquoi « ...comme si les animaux avaient été traités avec une hormone » ? Pourquoi, plus généralement, mentionner cette différence – à laquelle les auteurs de l'étude n'avaient prêté aucune attention pour les raisons que l'on verra plus loin – alors qu'on n'a relevé rien de tel (nous semble-t-il) sur le maïs Bt maintenant donné à des milliers de vaches laitières dans les pays qui le cultivent ? L'aubergine Bt aurait-elle dans l'esprit de M. Séralini des vertus magiques que le maïs Bt n'aurait pas ? Après tout, une telle augmentation de la production laitière, au prix évidemment d'une augmentation de la consommation, serait bénédiction pour de nombreux pays et producteurs !

 

La réponse est à notre sens simple : instiller la peur et fournir une accroche pour les campagnes médiatiques.  De fait, le mot « hormone » a eu un effet magique [18].

 

Dans le corps du texte, toujours du document de 2009, M. Séralini détaille les différences alléguées :

 

« Les vaches mangeant de l'aubergine GM ont produit significativement plus de lait (14,3 %) comme si elles avaient été traitées avec une hormone faible ('light hormone'), en 42 jours seulement [17].  La teneur en cendres du lait a varié significativement pour les vaches nourries à l'aubergine transgénique entre la deuxième et la quatrième semaine, à la fin de l'essai leur consommation de matière sèche était significativement plus élevée (10,5 %).  On ne peut conclure de l'expérience qu'il n'y a pas de modifications métaboliques après consommation d'aubergine Bt par des vaches en lactation et par conséquent ce fourrage ne peut pas être considéré comme sûr. »

 

Pourquoi ce dernier membre de phrase, alors que l'expérience ne permet pas non plus d'exclure la conclusion que le fourrage est sûr ?  En effet, une augmentation de la consommation et de la production de lait est plutôt un signe de bonne qualité du fourrage.

 

Encore une fois, la réponse est à notre sens simple : instiller la peur...

 

 

Un grossier mensonge

 

Mais tout cela repose aussi sur un grossier mensonge.

 

En effet, selon les données mises en ligne de la G.B. University of Agriculture and Technology de Pantnagar [19], les vaches ayant consommé de l'aubergine Bt ont produit – en moyenne sur six semaines –  5 % de lait en plus que les témoins (6,26 l/j contre 5,95, différence non significative statistiquement).  D'où vient donc la différence de 14,3 % de M. Séralini ?

 

Le tableau suivant permet d'en identifier très simplement l'origine (production de lait en kg/jour).  En effet, il ne faut pas être « scientifique international de l'année » pour la trouver.

 

 

Témoins

Bt

Contrôle

5,84

5,86

Semaine 1

6,37

6,62

Semaine 2

5,77

5,88

Semaine 3

5,85

6,18

Semaine 4

5,86

6,09

Semaine 5

6,41

6,59

Semaine 6

5,43

6,21

Moyenne

5,95

6,26

 

 

M. Séralini a construit sa supercherie sur la seule sixième semaine !

 

Et la différence (en fait de 14,364 %, qui s'arrondit à 14,4 %) provient d'une chute – inexpliquée par les auteurs de l'étude – de la production des témoins !

 

 

bt témoins

La même conclusion s'impose pour la consommation de fourrages grossiers.  La consommation totale était identique sur les six semaines (9,89 kg de matière sèche/jour pour le témoin, 9,87 pour  les vaches ayant reçu de l'aubergine Bt) ; la consommation de fourrages grossiers n'était pas significativement différente (6,52 kg MS/jour contre 6,62).  Et, dans la série de mesures hebdomadaires qui ne révèle pas de tendance générale, la différence statistiquement significative ne se trouve qu'à la sixième semaine pour les fourrages grossiers (5,32 kg MS/jour contre 5,88).

 

Mais, selon un schéma bien établi, M. Séralini en déduit qu'elle est biologiquement significative, au passif de l'OGM, et qu'il y a un risque sanitaire [20].

 

L'histoire de la teneur en cendres du lait est encore plus cocasse.  Elle était en moyenne de 0,71 % (témoin) et 0,73 % (vaches ayant reçu de l'aubergine Bt).  Le 14e jour on a mesuré 0,70 % et 0,75 % respectivement, et du 21e au 27e jour, 0,78 % et 0,73 %.  Les différences étaient certes significatives... mais en sens inverse (et la variation principale s'observe chez les témoins) ! Moyennant quoi, rappelons le :

 

« La teneur en cendres du lait a varié significativement pour les vaches nourries à l'aubergine transgénique entre la deuxième et la quatrième semaine. »

 

 

Et, pour conclure, des grossièretés

 

L'analyse de M. Séralini a donné lieu à une controverse entre lui et le Comité d'autorisation du génie génétique (GEAC), et celle-ci est reflétée sous forme synoptique dans la documentation mise en ligne [5] (pages 289 et 290 pour l'essai sur les vaches) [21].

 

Voici l'extrait relatif à la quantité de lait :

 

« S. : Plus de lait (14,3 %) comme si elles avaient été traitées avec une hormone faible, en 42 jours.

 

G. : Les données indiquent clairement qu'il n'y avait pas de différence significative dans les productions et les consommations hebdomadaires entre les vaches nourries avec des fruits d'aubergine transgénique et non transgénique.

 

S. : Le pouvoir de la méthode statistique est trop mauvais pour détecter de telles modifications sur un nombre d'animaux aussi limité, la conclusion est donc maintenue.

 

G. : L'EC-II [le deuxième comité d'experts] a réitéré que des modifications insignifiantes ont été inutilement soulignées.

 

S. : Désolé pour le GEAC, ce qu'il faut, c'est révéler tout signe de problème dans un laps de temps si court, d'une manière générale lorsqu'un comité est juridiquement responsable de donner des avis au gouvernement accordant des autorisations pour ce produit pour des milliards de repas.  À mon avis, la composition du comité GEAC est trop légère scientifiquement, ainsi que du point de vue médical, pour être maintenue en l'état. »

 

En bref, S. affirme, G. réfute, S. biaise et maintient son affirmation, G. réfute à nouveau, S. moralise et insulte.

 

Et pour la teneur en cendres du lait :

 

S. : « La teneur en cendres du lait a varié significativement pour les vaches nourries à l'aubergine transgénique entre la deuxième et la quatrième semaine, à la fin de l'essai, leur consommation de matière sèche était significativement plus élevée (10,5 %).

 

G. : Il y avait également des variations de la teneur en cendres du lait des vaches nourries avec des fruits de l'aubergine non transgénique.

 

S. : Non, nous parlons de différences significatives avec des contrôles (controls) appropriés.  Regardez à nouveau les résultats.

 

G. : L'EC-II a noté que toutes les valeurs de la teneur en cendres étaient dans l'intervalle normal dans les deux groupes.

 

S. : Non, il y avait des statistiquement différents avec des contrôles appropriés [note : traduction mot à mot pour coller à l'original].  Regardez SVP ! ! »

 

En bref, S. affirme, G. réfute, S. insiste en répondant à côté, G. réfute à nouveau, S. insiste et prend le GEAC de haut.

 

Et voici un autre fait d'armes de M. Séralini, sur un test d'allergénicité (irritation de la peau) chez le lapin ([5], page 292) :

 

« Désolé, seuls trois lapins sur douze au total ont subi le traitement aubergine Bt ; ceci n'est pas du tout sérieux.  Pour tester sérieusement des problèmes d'immunité [immune problems] dans une situation humaine entière ? Révisez votre physiologie. »

 

Nous nous faisons une autre image de l'Université française...  C'est nous qui sommes – vraiment – désolés.

Wackes Seppi

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[1]  India's Scholar-Prime Minister Aims for Inclusive Development En PDF :

http://db.zs-intern.de/uploads/1330329299-IndianPM-Science.pdf

« La biotechnologie a un potentiel énorme et nous devrons utiliser le moment venu le génie génétique pour augmenter la productivité de notre agriculture.  Mais il y a des controverses.  Il y a des ONG, souvent financées à partir des USA et des pays scandinaves, qui n'ont pas une idée exacte des défis auxquels notre pays doit faire face en matière de développement. »

 

[2]  ‘No NGO pressure for moratorium on Bt Brinjal'

http://www.thehindu.com/news/national/article2935900.ece

 

[3]  http://moef.nic.in/downloads/public-information/minister_REPORT.pdf

Les consultations avaient été préparées par un aide-mémoire que l'on trouvera à :

http://moef.nic.in/downloads/public-information/Bt%20Brinjal%20Primer.pdf

 

[4]  Par exemple : GEAC may renew battle over Bt brinjal :

http://www.livemint.com/2010/04/16225753/GEAC-may-renew-battle-over-Bt.html

On notera que cet article cite M. Séralini, du CRIIGEN, en tant que producteur de littérature essentielle.

 

[5]  http://moef.nic.in/downloads/public-information/Annex_BT.pdf

Les contributions de G.-É Séralini sont aux pages 274 à 303.  Le document entier fait 25 MB.

 

[6]  Challenges posed by Bt Brinjal, avec un historique de l'affaire :

http://timesofindia.indiatimes.com/india/Challenges-posed-by-Bt-Brinjal/articleshow/5541948.cms

 

[7]  Voir les « actus membres » sur le site du CRIIGEN (http://www.criigen.org), et Séralini : le prix de l'ego :

http://www.agriculture-environnement.fr/A-la-Une,6/seralini%E2%80%89-le-prix-de-l-ego.html

Sans oublier Droit de réponse du professeur Séralini

http://www.agriculture-environnement.fr/Newsletter/droit-de-reponse-du-professeur-seralini.html

 

[8]  Ces données se trouvent à :

http://www.envfor.nic.in/divisions/csurv/geac/bt_brinjal.html

 

[9]  Voir notamment l'explication de la pétition lancée par la Fondation Sciences citoyennes et le European Network of Scientists for Social & Environmental Responsibility : « Pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire – Soutien à Gilles-Eric Séralini et à ses co-auteurs » :

http://www.criigen.org/SiteFr/images/stories/lettresoutien-geseralini_mars2010.pdf

 

[10]  Pour l'épisode judiciaire peu glorieux pour la controverse scientifique et l'expertise contradictoire, on se reportera à la série Séralini c. Fellous : la science politisée, la justice instrumentalisée, les masques tombent ! :

http://imposteurs.over-blog.com/article-seralini-c-fellous-la-science-politisee-la-justice-instrumentalisee-les-masques-tombent-1-64980940.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-seralini-c-fellous-la-science-politisee-la-justice-instrumentalisee-les-masques-tombent-2-par-wackes-seppi-65324096.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-seralini-c-fellous-la-science-politisee-la-justice-instrumentalisee-les-masques-tombent-3-par-wackes-seppi-65890264.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-seralini-c-fellous-la-science-politisee-la-justice-instrumentalisee-les-masques-tombent-4-par-wackes-seppi-66303366.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-seralini-c-fellous-la-science-politisee-la-justice-instrumentalisee-les-masques-tombent-5-par-wackes-76194721.html

ainsi que Gilles-Eric Séralini, victime de diffamation ? :

http://imposteurs.over-blog.com/article-gilles-eric-seralini-victime-de-diffamation-50274751.html

 

[11]  Pour un exposé historique (jusqu'à décembre 2010), voir The Bt Brinjal Story :

http://sumansahai-blog.blogspot.fr/2010/12/bt-brinjal-story.html

 

[12]  Moratorium on Bt Brinjal – A Review of the order of the Minister of Environment and Forests, Government of India, C. Kameswara Rao :

http://www.whybiotech.com/resources/tps/Moratorium_on_Bt_Brinjal.pdf

 

[13]  Rapport du Pr G.E. Séralini sur l'aubergine Bt "brinjal" en Inde (avec liens) :

http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=238&Itemid=113

 

[14]  http://www.criigen.org/SiteFr/images/biographie-ges.pdf

 

[15]  La même question a été posée à propos de son titre bidon de scientifique international de l'année 2011.  Voir par exemple Anti-GM speaker draws fire :

http://sl.farmonline.com.au/news/nationalrural/grains-and-cropping/general/antigm-speaker-draws-fire/2480914.aspx?storypage=0

 

[16]  Le rapport d'essai se trouve aux pages web 27 à 60 de :

http://www.envfor.nic.in/divisions/csurv/geac/images/cry1AC/TOXICOLOGY%20AND%20ALLERGENICITY%20STUDIESvol3new.pdf

 

[17]  « In cows milk production and composition were 10-14% changed. There was more milk and more roughage dry matter intake like if the animals were treated by a hormone. »

Dans le corps du texte, il est précisé : « Cows eating GM brinjal produced significantly (14.3 %) more milk, as if they were treated by a light hormone, in 42 days only. »

 

[18]  Une recherche sur « Bt brinjal cows hormone » donnait encore 16.800 résultats le 10 avril 2012.  Une recherche qui intègre l'expression « as if the animals were treated by a hormone » en donnait 68.  L'affirmation de M. Séralini a bien évidemment été reprise par tous les sites anti-OGM (les sites qui « ne sont pas contre mais... »), par exemple :

http://www.i-sis.org.uk/Bt_Brinjal_Unfit.php

 

[19]  Cette étude illustre un autre problème d'accusations infondées récurrentes.  Sa page de titre fait état d'un « sponsorer », Mahyco.  Les mouvements anti-OGM en déduisent que les laboratoires concernés ne sont pas indépendants, à tort car cette indication signifie simplement que l'étude a été financée par, en l'espèce, Mahyco.  Voir par exemple :

http://www.rue89.com/2009/10/22/inde-brinjal-bt-une-aubergine-ogm-qui-seme-la-discorde-122844

Mais il va de soi, pour ces mouvements, que M. Séralini reste indépendant quand ses études sont sponsorisées et financées par Greenpeace, Carrefour, Sevene Pharma, etc.).

 

[20]  La critique de ce biais par Monsanto, les agences officielles et les chercheurs est récurrente, ce que M. Marc Fellous et l'AFBV ont exprimé par « ses travaux ont toujours été invalidés par la communauté scientifique » (évidemment, Monsanto emploie des chercheurs de très haut niveau et les agences font appel à des chercheurs de ce calibre).  Cela ressort très nettement des documents qui ont été annexés à l'explication de la pétition lancée par la Fondation Sciences citoyennes (voir note 9) – à l'évidence pour démontrer que M. Séralini était victime d'une cabale (voir à cet égard la remarque liminaire figurant à la page web 52 du document reproduit à :

http://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Annexe-support-Seralini_etal_2010.pdf

Ainsi le Haut Conseil des biotechnologies a écrit (ibid., page 42) :

 

« Seuls des arguments d'ordre statistique, non recevables pour un statisticien et un toxicologue, sont mis en avant pour justifier les conclusions de l'étude.  Il est important de rappeler ici la contribution de la statistique : c'est un outil d'aide à la décision, mais pas un outil de décision.  Ce n'est pas la statistique qui permet de conclure si un OGM est dangereux ou non pour la santé humaine.  La statistique est là pour aider le toxicologue à évaluer correctement les risques de se tromper en concluant sur l'absence ou la présence d'effets négatifs.  [...] »

 

Pour SFANZ, l'autorité australo-néozélandaise (ibid., page 36) :

 

« Séralini et al. ont déformé la signification toxicologique de leurs résultats en mettant indument l'accent sur le traitement statistique des données et en omettant de tenir compte d'autres facteurs pertinents.  Le recours exclusif aux statistiques pour déterminer les effets liés aux traitements n'est pas indicatif d'une analyse toxicologique robuste.  Il n'y a pas de preuve corroborante qui mènerait indépendamment à la conclusion qu'il y avait des effets significatifs du point de vue de la toxicologie... »

 

[21]  On trouvera aussi une récapitulation fort utile des allégations et réponses dans Report of the Expert Committee (EC-II) on Bt Brinjal Event EE-1 :

http://moef.nic.in/downloads/public-information/Report%20on%20Bt%20brinjal.pdf

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:30

Le CRIIGEN a fièrement annoncé la publication d’une nouvelle étude de Gilles Eric Séralini et ses collaborateurs (1) sur les maïs génétiquement modifiés, censée mettre en évidence de « nouveaux risques pour la santé » (2) . Une communication délibérément trompeuse par l’emploi de l’adjectif « nouveau ».

 

L’équipe de Séralini utilise par alternance deux méthodes :

- maltraiter les statistiques en réinterprétant de manière biaisée des résultats d’études toxicologiques effectuées par d’autres.  (3)

- maltraiter des cellules dans le but de prouver la dangerosité du Roundup , (Séralini doit être le recordman des publications à ce sujet), associé cette fois-ci aux toxines Cry1Ab et Cry1Ac produites par du maïs OGM MON 810.

 

Et, tenez-vous bien, GES a encore une fois reçu confirmation de la toxicité du Roundup, mais de plus, il a mis en évidence que les « toxines Bt insecticides telles que celles produites dans les plantes génétiquement modifiées (souligné par moi) peuvent être préjudiciables pour les cellules humaines » .

 

« Nous avons été très surpris par ces résultats » déclare sans rire GES, qui nous prend décidemment pour des lapins de 3 mois. Comme s’il ne s’attendait à obtenir ce genre de résultats dans de telles conditions expérimentales, c’est précisément pour cela qu’il procède ainsi. Il aurait très bien pu mettre en évidence de tels effets avec à peu près n’importe quel produit, à commencer par les mêmes toxines produites directement par le bacille Bt, dont les parties actives sont identiques à celles issues des plantes Bt.

 

Anecdote révélatrice, cette étude avait d’abord été soumise à la revue Toxicology Letters, et visiblement rejetée, avant de trouver preneur dans une autre revue, peut-être moins regardante…

 

Nous vous proposons ci-dessous la traduction d’une critique de l’étude par Bruce Chassy et Henry I. Miller, parue dans le magazine Forbes (4).

 

Bruce Chassy M. est un professeur de sciences de l'alimentation et de nutrition humaine à l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign et ancien membre du Comité consultatif de la FDA des aliments ;

 

Henry I. Miller, est médecin et ancien directeur du Bureau de la FDA pour les biotechnologies, boursier Robert Wesson de la philosophie scientifique et de la politique publique à l'Université de Stanford Hoover institution.

Anton Suwałki

 

La science des choses qui ne sont pas ainsi !

 

 

Prix Nobel de chimie, Irving Langmuir se souvient d’un discours en 1953 au cours de sa visite au laboratoire de JB Rhine de l’université de Duke ou Rhine prétendait que des résultats d'expériences « ESP » ne pouvaient pas être prédits par hasard et qu'il les attribuait à des phénomènes psychiques.

Langmuir a découvert que Rhine, prenait en compte de manière sélective des données brutes dans ses expériences, en omettant les résultats dont il pensait qu’ils risquaient de l'humilier.

 

Langmuir a qualifié cette déviation des principes de la méthode scientifique de «science pathologique», la «science des choses qui ne sont pas ainsi."

 

Pratiquement tous les scientifiques conviennent que la méthodologie de Rhine a franchit la ligne d'incompétence et de négligence et tombe dans la catégorie d’études scientifiques mal conduites, mais cette ligne est rendue floue aujourd'hui par certains scientifiques dont les recherches reflète un agenda politique évident. Souvent, cet agenda est l'opposition irréductible à tout et d'obstruction à la recherche, à un produit ou à une technologie qu'ils se mettent à détester.

 

Un exemple actuel d'un scientifique qui est moins coupable de données truquées pour obtenir la réponse souhaitée que de mauvais résultats à partir d’expériences conçues et grossièrement déformées sont les résultats du biologiste français Gilles-Eric Séralini. Celui-ci s'est fait une spécialité d’expérimentations mal conçues, sans pertinences, ininterprétables (mais sur-interprétées) des expériences destinées à démontrer le préjudice causé à partir de plantes génétiquement modifiées dans différents scénarii très artificiels.

 

Son dernier exercice dans le genre « science pour la propagande » est un article qui vise à montrer les effets toxiques de deux toxines d'une bactérie appelée Bacillus thuringiensis (Bt), qui ont été introduits dans de nombreuses variétés de maïs, le soja et le cotonnier pour améliorer leur résistance aux insectes. (Il est à noter que les spores et les protéines purifiées produites par Bt sont utilisées pour contrôler les insectes nuisibles depuis les années 1920 et qu’elles sont considérées comme sûres, sauf pour les insectes sensibles. De nombreuses souches différentes et des formulations de Bt sont facilement disponibles pour les jardiniers amateurs et sont même utilisée en AB).

 

Séralini et ses collaborateurs ont examiné les effets de deux toxines Bt (en présence et en absence de l'herbicide Roundup) in vitro sur une ligne de cellules de rein embryonnaire humaine en culture.

 

Ils ont cherché - et trouvé - des effets sur trois biomarqueurs de l’apoptose ou «mort cellulaire programmée», à savoir, des changements dans les niveaux d’activité de plusieurs enzymes.

 

Il ya un certain nombre de défauts fondamentaux dans la dernière étude de Séralini et al.

 

Premièrement, parce que les tests en boîte de Pétri (in vitro) ont une faible valeur prédictive des effets sur un animal intact dans le monde réel, et qu’ils ne peuvent constituer un substitut pour tester l’animal entier (in vivo). De nombreux produits chimiques et les protéines que nous consommons régulièrement et sans incident seraient toxiques si ils étaient injectés directement dans les cellules. Afin que l'absorption et la distribution dans le corps soient pris en compte, les tests toxicologiques devraient être effectuées d'une manière qui s’apparente le plus à l'exposition prévisible de l'organisme intact dans les conditions réelles.

 

Deuxièmement, quasiment tous les produits testés sont toxiques pour des cellules isolées en culture dans des boîtes de Pétri. Une concentration élevée de sel de table, par exemple, provoque une  diminution de volume des cellules, leur flétrissement et finalement leur mort ; un grand nombre sont également sensibles aux petites variations de pH. La situation est très différente avec des cellules intactes d’un organisme vivant : les animaux ont mis en place des défenses élaborées contre des millions de produits chimiques présents dans l'environnement qui peuvent endommager les cellules. La première ligne de défense est aussi simple que leur peau, et les cellules qui tapissent le tube digestif constituent une barrière similaire. Les protéines Bt ne peuvent pas pénétrer dans ces cellules, de sorte que les autres cellules des autres organes chez les animaux ne sont pas exposés à ces protéines Bt. Ce fait – que Séralini semble ignorer aisément - est connu depuis des décennies.

 

Troisièmement, Séralini et ses collègues semblent ignorer le vieil adage que « c’est la dose qui fait le poison ». Il est connu depuis Paracelse qui a fait l'observation au 16ème siècle que toutes les choses peuvent être toxiques, mais que c’est la dose qui détermine si oui ou non elles sont nocives. Sans l'exprimer en ces termes, nous le savons tous pour être vrai pour des substances aussi disparates que le monoxyde de carbone et le Tylenol (équivalent du paracétamol).

 

Séralini revendique que, dans ses expériences, les cellules cultivées ont été exposées à des doses généralement utilisées par ceux qui utilise le Roundup (nom commercial d’un herbicide dont la molécule active : le glyphosate est toujours présent) en agriculture, est malhonnête.

 

Les produits alimentaires fabriqués à partir de plantes GM largement cultivées comme le soja ou le maïs et tolérant cet herbicide, ne contiennent que des quantités infimes de Roundup qui sont de plusieurs ordres de grandeur plus faible que celles utilisées par Séralini dans ses expériences.

 

Le Roundup lui-même est à peu près aussi toxique que le bicarbonate de soude. Incidemment, il est intéressant de noter que la protéine Bt protège les cellules de dommages causés par le Roundup. Mais bien sûr, dans le monde réel, jamais les cellules isolées ne seront jamais exposées à ces substances.

 

 

Quatrièmement, les résultats de Séralini sont éclipsés par les résultats bien connus d’expériences in vivo conduites sur des animaux : les protéines Bt ne nuisent pas aux animaux à des doses un million de fois plus élevées que celles auxquelles les humains sont confrontées dans leur régime alimentaire.

De nombreux articles scientifiques (à comité de lecture) ont établi que les protéines Bt sont non-toxiques pour les animaux ou les humains.

Les protéines Bt ont une étroite spécificité biologique et ne sont toxiques que pour quelques espèces d'insectes étroitement apparentées, mais n'ont aucun effet sur d'autres insectes ou les organismes supérieurs. Ces faits, à eux seuls, font que les expérimentations de Séralini ne sont pas pertinentes.

 

Enfin, les toxicologues évaluent les effets nocifs potentiels sur la base de la dose et les niveaux de fréquence de l'exposition. Aux États-Unis, la grande majorité du maïs récolté va à l'alimentation animale et les biocarburants ; moins de 2% de la récolte totale de maïs est utilisé pour fabriquer des produits à base de farine de maïs (chips, repas, etc.). Dans beaucoup de ces produits, le traitement de la farine de maïs conduit à la destruction des protéines Bt.

Dans tous les cas, la cuisson ou la friture dénature les protéines Bt  (comme toutes les protéines), et les autres utilisations alimentaires sont principalement de l’amidon hautement purifié et des huiles qui ne contiennent pas les protéines Bt. Le point essentiel est que l'exposition prévisible de l’homme à ces protéines Bt est nul.

 

Même si de petites quantités sont présentes après transformation et étaient consommées sous leur forme active, elles seraient ensuite dénaturées par l'acidité de l’estomac puis digérées dans l'intestin. Et enfin, même si pour une raison quelconque, elles sont restés intactes après digestion, elles ne sont pas absorbées par le biais des cellules épithéliales du tractus gastro-intestinal.

 

De telles erreurs flagrantes, de telles expérimentations non pertinentes ne devraient pas apparaître dans la littérature scientifique, mais leur présence est néanmoins dramatique parce que leurs conclusions fallacieuses sont collectées puis répétées encore et encore par les militants anti-biotechnologies.

 

Parfois même, elles trouvent leur chemin dans les médias traditionnels, et c'est là que réside le danger. Il déforme l'opinion publique par le biais du phénomène de la «cascade d'information ».

 

Il s'agit de la façon dont les idées erronées se font accepter en étant à plusieurs reprises répétées jusqu'à ce qu'elles soient acceptés comme réelles, même en l'absence de preuves convaincantes.

Beaucoup d'idées fausses au sujet de certaines disciplines, technologies ou produits - la chimie, l'énergie nucléaire et le génie génétique – résultent du « tam-tam » constant d'accusations douteuses de groupes de défense, des politiciens et des médias.

 

La promotion de la technophobie est devenue une industrie majeure aux États-Unis et en Europe.

 

Un autre facteur qui contribue à des malentendus entre le public est ce qui a été appelé "l'ignorance rationnelle», qui entre en jeu lorsque le coût de suffisamment s'informer sur un sujet afin de prendre une décision éclairée sur ce sujet l'emporte sur tout avantage potentiel que l’on peut raisonnablement attendre de cette décision.

 

Par exemple, les citoyens avec leurs préoccupations de vie quotidienne – famille, emploi, santé - ne peuvent pas considérer qu'il soit rentable d’étudier les risques et les avantages potentiels de centrales nucléaires ou des plastifiants dans les jouets pour enfants.

C'est malheureux parce que la liberté d'expression et les processus démocratiques ne peuvent servir la société que si les citoyens sont suffisamment informés pour être en mesure de rejeter les arguments pseudo-scientifiques comme ceux de Séralini et d’autres propagandistes et d’agresseurs de la science.

 

Dans les sociétés libres, les propagandistes comme Séralini peuvent commettre de tels délits ou se mal conduire sans crainte de représailles.

 

Pour contenir ceux qui abusent des sciences, d'autres scientifiques doivent exposer leurs tromperies et les journaux devraient effectuer un examen des articles par les pairs de manière plus rigoureuse et consciencieuse (En tous cas plus rigoureux et consciencieux que ce qui a était fait sur l'article de Séralini).

Bruce Chassy & Henry I. Miller

 

 

Sources

(1) Mesnage R., Clair E., Gress S., Then C., Székács A., Séralini G.-E., 2012, Cytotoxicity on human cells of Cry1Ab and Cry1Ac Bt insecticidal toxins alone or with a glyphosate-based herbicide, Journal of Applied Toxicology 

 (2) http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=374&Itemid=1

(3) Voir dans notre dossier spécial CRIIGEN ces fantaisies statistiques

http://imposteurs.over-blog.com/pages/Tout_ou_presque_sur_le_CRIIGEN-4536267.html

(4) http://www.forbes.com/sites/henrymiller/2012/02/22/the-science-of-things-that-arent-so/

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:05

 

Nous avions évoqué en Septembre l’opinion sévère de Jeanne Grosclaude (1), sur le fonctionnement du Comité économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil des Biotechnologies, au sein duquel elle représentait la CFDT. Délit d’opinion qui lui avait valu une demande d’exclusion de la part des organisations anti-OGM faisant de l’obstruction systématique dans le CEES.

A l’issu d’un débat sur la coexistence entre cultures transgéniques et cultures conventionnelles, c’est en fait l’impossibilité de la coexistence au sein du CEES qui a été mise en évidence (2) . La CFDT a annoncé sa démission du comité, suivie peu après par la FNSEA , l'Association nationale des industries alimentaires (Ania),  le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), et les Jeunes Agriculteurs.

Je vous invite à découvrir la contribution de Jeanne Grosclaude publié par Marcel Kuntz à propos de son expérience au sein du CEES (3).

« En bref, le clash sur la coexistence au CEES qui entraîne le départ de la CFDT, la FNSEA, l’ANIA, le GNIS et les Jeunes Agriculteurs, met publiquement en évidence l’existence d’un noyau, minoritaire, d’organisations qui refusent radicalement toute expérience de coexistence ; aucun examen de dossier par le CEES ne pourra désormais aboutir à une évaluation partagée et éclairante pour les décideurs. Poursuivre l’exercice est donc inutile pour tout acteur lucide. Plus gravement cette position « anti-OGM » est emblématique du refus de l’intrusion de la science en amélioration des plantes et dans le monde vivant. Le CEES a failli à sa mission d’information des citoyens sur les réalités des plantes transgéniques. Certains « décideurs » ont profité du flou des recommandations du CEES pour en tirer ce qui justifiait des attitudes contradictoires entre ministres du même gouvernement, y compris au niveau européen. L’avenir d’un CEES rénové passe par la restauration, prioritairement, de sa mission d’information pluraliste et loyale pour le public. » (souligné par moi)

Au-delà du simple constat d’un CEES incapable de répondre à sa mission, une analyse plutôt pessimiste, mais réaliste :

« Il faut être lucide : le refus de la science et de la technologie dans le monde du vivant monte en puissance dans nos sociétés, particulièrement en Europe. Face à une opinion publique partiellement ou partialement informée, ce rejet est attisé par ceux qui y voient un instrument qui sert leur intérêt économique, ou un enjeu géopolitique, ou idéologique. Devant la déperdition de la culture scientifique et technique - la grande absente du fond commun de la culture générale- ce rejet des OGM, sans distinction, cristallise une opposition entre « les sachants », les détenteurs de savoir et de pouvoir, et les simples citoyens. La défiance envers la science, et envers les chercheurs, est devenue la nouvelle « pensée unique » du XXIème siècle. »

 

Anton Suwalki

(1)

http://imposteurs.over-blog.com/article-le-regard-severe-porte-par-une-syndicaliste-sur-le-fonctionnement-du-haut-comite-aux-biotechnologies-84368835.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-apres-l-interview-de-jeanne-grosclaude-sur-tv-agri-la-reaction-brutale-de-fne-greenpeace-cie-84866668.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-reponse-de-christine-noiville-et-jean-christophe-pages-au-sujet-de-l-article-le-regard-severe-port-84985373.html

(2) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-coexistence-97227606.html

(3) http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/39/38/37/Contribution-CoexistenceJGrosclaude.pdf

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 16:26

 

Lorsqu’exceptionnellement, un journaliste fait entendre une autre voix que la propagande anti-OGM, il peut s’attendre à se faire descendre en flèche par ceux qui estiment avoir le monopole de l’expression médiatique.  Une intervention , certes approximative, de Jean-Daniel Flaysakier au journal de 20 heures de France 2 à propos de l’annulation de la clause de sauvegarde sur le maïs MON 810, a déclenché l’ire du célèbre « lanceur d’alertes » Christian Vélot,  connu des lecteurs d’Imposteurs pour son insoutenable légèreté.

L’article de C Vélot, initialement paru sur Bastamag (1), site internet « alternatif », et déjà repris des centaines de fois sur la toile, prétend démonter« une à une les énormités qu’il a proférées, comme autant de manquements à sa double qualité de médecin et de journaliste ».

Hélas pour lui, C.Vélot se retrouve dans la position de l’arroseur arrosé, comme nous allons le voir.

 

 

 

Selon C.Vélot , « M. Flaysakier semble connaître autant le dossier des OGM que Liliane Bettencourt connaît les transports en commun.  À moins qu’il ne fasse volontairement de la désinformation. Son intervention est cousue d’énormités à faire rougir Claude Allègre. »

A défaut d’être pointu dans ses critiques, C.Vélot sait très bien embobiner ses supporters par les mêmes clins d’œil, et les mêmes vannes répétées dans tous ses articles et conférences. On peut toutefois se demander si en matière d’OGM, C.Vélot en connait beaucoup plus que Liliane Bettencourt…

 « On aimerait bien que les OGM soient évalués comme des médicaments ». Certes, Mr Flaysakier affirme à tort que les OGM sont évalués comme des médicaments. Mais pourquoi devrait-on évaluer des aliments comme des médicaments ? Où est le problème de comparer des aliments issus de Plantes génétiquement modifiées, à des aliments conventionnels dont la consommation est reconnue comme sûre ?  Peut-être C.Vélot souhaite-t-il un moratoire sur tous les aliments conventionnels , tant qu’ils n’ont pas été évalués comme des médicaments ?

« M. Flaysakier, sans doute conscient malgré tout que la pauvreté de ces expériences pourrait interpeler le téléspectateur, s’en sort avec une pirouette pour le moins originale basée sur la bonne vieille règle de trois : il ne parle pas de trois mois mais d’une période équivalente à dix ans de notre vie. Alors, celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite ! »

Encore une fois, faute d’arguments, C.Vélot joue comme dans ses conférences d’effets de tribune «Alors, celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite ! » qui raviront sans doute un public peu averti mais conquis d’avance à la cause. Et ensuite ? 3 mois dans la vie d’un rat représente en effet approximativement 10 ans de la vie d’un homme, compte tenu des espérances de vie respectives du rat et de l’homme. Les sarcasmes de C.Vélot auraient un minimum de crédit s’il était capable de nous expliquer en quoi la règle de trois est une mauvaise approximation dans le domaine qui nous intéresse. Mais n’étant pas toxicologue, il préfère bien sûr s’en tirer par une pirouette !

Cette tromperie volontaire est destinée au public à qui C.Vélot répète à l’envi que 3 mois, ça n’est pas sérieux : et ce public qu’il trompe sans vergogne rapporte effectivement ces 3 mois à sa propre espérance de vie (environ 80 ans) , et non pas à celle des rats, et conclut avec le manipulateur, qu’effectivement, 3 mois, c’est bien trop court ! 

 

« M. Flaysakier ignore-t-il également que la plupart des pesticides sont connus pour être des perturbateurs endocriniens pour lesquels ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la durée ? Une consommation récurrente d’une faible dose peut avoir des conséquences beaucoup plus graves qu’une absorption ponctuelle d’une plus grande quantité. Et, très souvent, il n’y a pas non plus de proportionnalité entre l’effet et la dose. Quant aux effets des OGM chez l’homme, on aimerait bien savoir à quelles études notre journaliste référent fait allusion ? »

Nous y voilà, les perturbateurs endocriniens, le lapin que les anti-OGM sortent systématiquement de leur chapeau. C.Vélot serait bien en peine d’étayer son affirmation selon laquelle « la plupart des pesticides sont connus pour être des perturbateurs endocriniens. Certains peuvent l’être dans certaines conditions, mais pas « la plupart » . Et il confond visiblement effets non linéaires et absence de relation de dose à effet. Non, Mr Vélot, il est faux de dire « ça n’est pas la dose qui fait le poison mais la durée ». Aucune substance connue n’a d’effet indépendamment du couple DOSE X DUREE (d’ingestion ou d’exposition).

« les pesticides eux-mêmes ,dont sont gavées la plupart des plantes génétiquement modifiées cultivées à la surface de la planète » .

C.Vélot parle de gavage ? Comprend-il quoi que ce soit à ce qui se passe réellement ,ou utilise-t-il le terme dans le seul but de faire peur ?

« Le médecin Flaysakier ignore-t-il que si une période de trois mois peut permettre d’observer des effets aigus, elle est insuffisante en revanche pour détecter d’éventuels effets chroniques ? »

On n’en croit pas nos yeux !

C.Vélot, qui prétend donner des leçons à Jean-Daniel Flaysakier, confond toxicité aigüe et toxicité subchronique , comme une vulgaire Marie-Monique Robin !

 Petite leçon à l’intention de notre grand donneur de leçons : les études de toxicité aigüe consistent à exposer une population animale à une dose massive, en une seule prise, et à mesurer la dose létale, notamment la « DL50 », c’est-à-dire la dose qui provoque 50% de mortalité dans la population testée. C.Vélot ignore les buts et les méthodes des études subchroniques dont il critique l’insuffisance. Celles-ci exposent quotidiennement les animaux à la substance testée (enfonçons le clou, 90 jours pour un rat équivalant approximativement à dix ans de la vie d’un homme), peuvent appeler à des études plus longues si des problèmes sont détectés, mais celles-ci ne mettent en général en évidence aucun problème qui n’auraient été détecté au cours d’études subchroniques(2) .

Autre élément essentiel qui échappe à la compréhension de notre grand savant : réclamer deux ans d’études (soit l’équivalent de la durée de vie d’un rat), pour un aliment issu de plantes génétiquement modifiée, c’est faire comme si une PGM donnée qui arrive aujourd’hui sur le marché allait être cultivée et consommée pendant 50, 60 ou 80 ans, ce qui est totalement irréaliste.

 « Pourquoi M. Flaysakier omet-il de mentionner les contre-expertises réalisées par des chercheurs du Comité de recherche et information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), publiées en 2007 et 2009 dans des journaux scientifiques internationaux à comité de lecture, et remettant en cause l’innocuité sanitaire de plusieurs maïs de Monsanto (dont le MON 810), et, par conséquent, le bien-fondé des autorisations délivrées par la Commission européenne sur l’avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA) pour ces plantes génétiquement modifiées ? »

Ah, bien sûr, le CRIIGEN, dont une des cinq études publiées sur les OGM (3), compte parmi ses signataires, un certain C.Vélot, qui confond toxicité aigüe et toxicité subchronique. C’est vous dire s’il faut accorder du crédit à ses « contre-expertises » (4)! Il oublie bien sûr de mentionner que toutes les publications du CRIIGEN ont été retoquées par la communauté scientifique.

   

« de nombreux scientifiques dans le monde s’élèvent contre la carence et l’opacité de l’évaluation sanitaire des OGM agricoles »

Nombreux dit il ? combien ? lesquels ? (on doit les compter sur deux mains et encore !, si on parle de personnes pouvant prétendre à une certaine compétence dans le domaine). En plus cet « argument » tombe vraiment mal, récemment 41 scientifiques Suédois viennent de faire une lettre ouverte pour réclamer un allègement des procédures de l’évaluation sanitaire des OGM, L.O. qui a été relayée par les anglais (plus de 400 signatures) ainsi que par la France (plus de 400 signatures également).

Oser par ailleurs écrire qu’il y a des carences et de l’opacité dans l’évaluation sanitaire est la meilleure preuve que C.Vélot  ne connaît ni la réglementation, ni les procédures, ni la manière dont est réalisée l’évaluation en Europe des OGM. Si il y a quelqu’un qui a des carences, c’est bien lui !

C.Vélot qui entendait ridiculiser le journaliste de France 2 , ne réussit qu’à se discréditer lui-même. Mais non content d’étaler son ignorance, il s’abaisse un peu plus en maniant la calomnie : 

« Que le citoyen Jean-Daniel Flaysakier se fasse le VRP des OGM et le porte-parole de Monsanto ou des chercheurs du panel OGM de l’AESA – ou, en France, de l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) –, dont on sait qu’ils sont totalement inféodés au lobby des semenciers, c’est tout à fait son droit et cela ne regarde que lui. »

Bien entendu, Mr Flaysakier ne peut être qu’un agent à la solde de Monsanto!

 

 

Discours cousu d’énormités, méconnaissance du dossier, absence de rigueur élémentaire, manquements à la déontologie de son métier, diffamation… C.Vélot possède vraiment tous les défauts qu’il reproche à ses adversaires.

Anton Suwalki 

 

 

(1) http://www.bastamag.net/article2005.html?id_mot=38

(2) lire à ce propos les conclusions d’une étude récemment publiée :

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-pas-d-effet-a-long-terme-92356951.html

(3) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2952409/?tool=pubmed

(4) Nous invitons les lecteurs qui auraient encore des illusions sur le CRIIGEN à consulter le dossier spécial qui lui est consacré :

 http://imposteurs.over-blog.com/pages/Tout_ou_presque_sur_le_CRIIGEN-4536267.html

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 13:59

Yann Kindo décortique sur son blog une nouvelle vague d’intox à propos des paysans indiens qui se suicideraient à cause des OGM qui les mèneraient à la ruine et au désespoir. Avec pour preuve une vidéo qui date de 2007….

 

Ca n’est jamais que la 3ème vague d’intox à ce sujet !

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 15:45

"J’ai voulu bâtir ici une sorte de halte, un endroit bien à moi, pour partager avec vous les réflexions que m’inspirent l'actualité aussi bien que mes différentes missions – Maire de Longjumeau, Ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. La porte est grande ouverte. Entrez donc."

Telle est la présentation avenante du blog ouvert par Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Or, si la porte est grande ouverte, elle ne l'est visiblement pas pour tout le monde. Le 6 Décembre, Philippe Joudrier, ex-président du comité d'experts sur les biotechnologies à l'AFSA, m'informe qu'il a déposé un commentaire sur le blog de NKM qui confirme, sans surprise, qu'elle et le gouvernement compte passer outre l'annulation par le conseil d'état de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM MON 810 résistant à la pyrale. Or si l'ordinateur de P.Joudrier  a conservé la trace de son envoi, j'informe celui-ci que le commentaire n'apparait pas pour les autres internautes. Peut-être est-il tout simplement en attente de modération ? Plusieurs jour après, le commentaire n'apparait toujours pas, et P.Joudrier renouvelle l'opération, tente d'alerter NKM par la fonction contact du blog, puis dans une dernière tentative, scinde son message, relativement long, en 5 parties et le renvoie. Toujours rien !

 

L'hypothèse d'un blocage temporaire des messages avant contrôle, qui serait légitime (on imagine qu'un ministre ne peut pas se payer le luxe que n'importe qui écrive n'importe quoi sur son blog) est à écarter. Pour en avoir le cœur net, j'ai moi-même posté dans l'après-midi le 8 décembre, sous le pseudonyme de Michel Fabre, un message d'une stupidité exemplaire, concentrant en quelques lignes les principaux poncifs anti-OGM :"Madame Kosciusko-Morizet, j’apprécie beaucoup votre action, en particulier sur les OGM. Votre décision de maintenir le moratoire est d’une grande sagesse, et nous protège des appétits des semenciers. Nos paysans et les consomm’acteurs ne veulent pas être dépendants de Monsanto, et ne veulent pas que les OGM se dispersent dans la nature sans aucun contrôle. Comme le dit le grand chercheur en OGM Christian Vélot, la terre n’est pas une paillasse de laboratoire ! (*)". Quelques heures après, mon message était validé et visible par tous les internautes.

 

Selon toute vraisemblance, NKM a donc censuré P.Joudrier, spécialiste des OGM, tandis qu'elle trouvait à son goût les inepties de "Michel Fabre". Censurer un scientifique est évidemment un gage de sérieux quand on prétend frauduleusement s'appuyer sur des avis scientifique pour justifier un moratoire, qui ne reposait en réalité que sur un calcul politicien.

 

Imposteurs se fait donc un devoir de publier le commentaire de Philippe Joudrier, sobre, factuel et respectueux  , ce qui rend la censure d'autant plus intolérable. Contrairement aux pratiques de NKM, Imposteurs ouvre sa porte à tous les commentateurs, même à ses plus farouches détracteurs, et ne censure que très exceptionnellement des  messages, en dernier recours, quand des internautes franchissent plusieurs fois la ligne jaune de la décence et du respect. Mais après tout, NKM et nous n'avons peut-être pas les mêmes valeurs.

Anton Suwalki


 

 

(*) J’espère que nos lecteurs apprécieront « le grand chercheur en OGM »


 

 

 

Le commentaire de Philippe Joudrier :

 

Madame le Ministre,

Ayant connaissance des nouvelles publications sur lesquelles vous vous basez pour tenter de justifier un nouveau moratoire sur les variétés de maïs possédant l’événement MON810, je peux vous assurer qu’aucune d’entre elles ne semble pertinente. De plus, s’il y avait « risque » ce serait alors pour le maïs GM lui même (qui aurait perdu l’une de ses propriétés) mais certes pas pour l’environnement. Si la résistance était contournée, ce maïs ne serait plus cultivé (le dommage serait économique d’abord pour le semencier, puis pour l’agriculteur mais en aucun cas pour l’environnement).

Par ailleurs, on touche là aux fondements mêmes de l’amélioration des plantes. En cas de problème le sélectionneur doit, comme toujours, trouver, sélectionner, créer, une nouvelle variété résistante …Et c’est ce qu’a toujours fait l’agriculteur depuis l’origine de l’agriculture en mettant en œuvre des techniques de plus en plus performantes au fur et à mesure du progrès des connaissances.

Il faudra que vous puissiez appuyer votre argumentation scientifique sur d’autres travaux qui n’existent pas encore mais, en tous cas, pas sur des études qui concernent le cotonnier ou une autre toxine que la Cry1Ab (présente dans les variétés de maïs ayant l’événement MON810) ou ayant provoqué une résistance chez des insectes n’existant pas en Europe. En science, on ne peut raisonner par amalgame et dans ce cas précis, il est obligatoire de raisonner au cas par cas.

De plus, il faudrait simultanément que vous puissiez justifier d’un danger imminent. Pour une variété qui a été cultivée (et consommée) pendant plus de 10 années de par le monde sans que l’on soit capable de mettre en évidence le moindre problème (tant environnemental que sanitaire), cela semble donc un exercice des plus périlleux !

La France doit-elle, une fois de plus, être la risée de l’Europe et de la communauté scientifique internationale au vu des justifications qu’elle présente ? Faisant de tels rapports, notre pays étale son manque de connaissances et simultanément sa perte de Faisant de tels rapports, notre pays étale son manque de connaissances et simultanément sa perte de compétence et d’expertise du sujet. Réalisez-vous que depuis 1984, date de création des premiers OGM, la recherche publique n’a pas été « capable » d’en « sortir » un seul ? On se demande même si elle en aurait eu les moyens.

Toute votre argumentaire découle d’un concept qui est faux : « les OGM sont dangereux a priori ». Le vocabulaire, les formules militantes mêmes que vous utilisez pour en parler suffisent à le prouver (comme par exemples contamination, plantes insecticides, …).

Pourquoi voulez-vous qu’un OGM soit dangereux a priori ?

Un OGM n’a rien subi que n’aurait subi un autre génotype obtenu par une autre technique d’amélioration.

Certes, il a subi une modification génétique voulue par l’homme mais un simple croisement et a fortiori d’autres techniques telles celles utilisant la culture in vitro ou la mutagenèse aléatoire provoquent des événements et modifications génétiques sinon identiques (et notamment l’addition de gène(s), événement que crée la transgénèse) mais le plus souvent plus nombreux que celui qui se passe lors de la transgénèse.

Or, il n’y a aucune relation entre l’importance d’une modification génétique (de la plus simple à la plus complexe) et un risque quelconque (ainsi plusieurs maladies génétiques humaines résultent de la modification d’une seule base du gène codant la protéine impliquée dans la maladie. Exemples : la drépanocytose ou l’hématochrose héréditaire, maladies génétiques particulièrement fréquentes).

Les OGM n’obéissent pas à des lois de la biologie qui leurs seraient spécifiques !

Les risques que vous évoquez sont donc identiques pour n’importe quelle nouvelle variété mise sur le marché, indépendamment de la méthode ayant permis de l’obtenir.

A ceci près, qu’au final, ils sont certainement moindres pour les PGM en raison des nombreux contrôles qu’elles subissent tant sur les aspects environnementaux que sanitaires.

Tous les accidents connus (pommes de terre, céleri, courgettes, maïs, châtaignier…) ont été observés sur des variétés issues de sélection conventionnelle. Aucune allergie alimentaire avérée n’est due à la consommation de PGM !

 

Ainsi, concernant l’irréversibilité, que vous semblez tellement craindre, si on arrête de cultiver une variété, elle disparait. En effet, il n’existe pas de plante cultivée qui soit envahissante !

Par ailleurs, et ce concept est général, on ne peut prouver l’innocuité de quoi que ce soit d’inoffensif. On peut donc multiplier les expérimentations et les répéter pendant des siècles, on ne trouvera jamais rien !

De plus, une évaluation sérieuse devrait être menée sur la base du rapport bénéfices/risques or vous n’évoquez jamais les bénéfices (réels et démontrés) apportés par ces PGM.

Ainsi, savez-vous qu’il est démontré depuis près de 12 années maintenant que les maïs Bt ont des teneurs en mycotoxines très faibles en raison d’une moindre contamination par des champignons ? La plupart de ces mycotoxines sont connues pour être cancérigènes ou au minimum suspectées cancérigènes (classées IIb). Il ne fait donc aucun doute que la consommation de maïs Bt présente moins de risques pour les animaux mais aussi pour les humains. Ce fait, à lui tout seul, devrait constituer une obligation de cultiver du maïs Bt si vous avez le souci de la santé des consommateurs.

Mais je constate, avec effarement, que depuis 10 ans, nos gouvernants successifs font tout pour empêcher sa consommation. Je déteste les amalgames mais, pour le coup et dans ce cas précis, cela s’apparente terriblement à la situation de l’amiante !

 

Il ne fait aucun doute non plus que les agriculteurs utilisant moins d’insecticides chimiques sont donc moins exposés. C’est également un bénéfice pour l’environnement et sans doute, au final, pour le consommateur.

En tant que ministre en charge de l’Écologie, vous ne pouvez ignorer que les PGM, en général, ont un meilleur EIQ (Environmental Impact Quotient) que les plantes « conventionnelles » et que ce sont elles qui contribuent le mieux au développement durable.

Au final, je regrette profondément que vous ne fassiez pas confiance aux commissions d’experts scientifiques mis en place par l’état et que vos décisions politiques ne tiennent pas compte de leurs avis.

Je ne peux que vous conseiller de lire mon ouvrage « OGM : pas de quoi avoir peur ! » (Ed. Le Publieur) ainsi que d’autres également peu médiatisés et je suis même prêt à vous rencontrer pour en parler.

 

« Aujourd’hui, la peur est revenue… » vient de dire notre Président, oui, certes, mais même parmi certains de ses ministres ! On ne peut constater que « votre » (pas seulement le votre, celui de gouvernements successifs) refus d’investir pour l’avenir a malheureusement conduit à l’effondrement de la filière semencière qui était un fleuron pour la France il n’y a pas si longtemps encore et a fait régresser de manière considérable toute la recherche française dans le domaine des biotechnologies végétales.

Demain, au lieu d’avoir nos propres variétés, nous cultiverons (peut-être) celles qui auront été créées par des Chinois, des Indiens ou des Américains et/ou nous les consommerons !

 

JOUDRIER

(message posté le 6 décembre 2011, 11:44)

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 18:06

L’article Assessment of the Health Impact of GM Plant Diets in Long-Term and Multigenerational Animal Feeding Trials: a Literature Review, par Chelsea Snell, Aude Bernheim,  Jean-Baptiste Bergé,  Marcel Kuntz, Gérard Pascal,  Alain Paris,  Agnes Ricroch vient d’être publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology .

 

 

 

Résultats

Contrairement aux allégations souvent entendues, notre article démontre que des études à long terme sur la sécurité sanitaire des OGM ont bien été réalisées (nourrissage d'animaux).

 

Ces études concernent des lignées GM de maïs, pomme de terre, soja, riz et triticale. Elles appartiennent à deux catégories :

12 études toxicologiques de longue durée, c'est-à-dire d'une durée supérieure (jusqu'à 2 ans) aux 90 jours classiquement utilisés dans les tests de toxicité appliqués aux OGM,

12 études sur plusieurs générations d'animaux .

 

Conclusions

Ces études, toutes réalisées par des laboratoires publics, ne révèlent aucun problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d'OGM.

 

Elles confirment ce qu'ont toujours dit les toxicologues, à savoir que dans les cas où des études de toxicité subchronique sont jugées nécessaires, allonger la durée de nourrissage des animaux au-delà de 90 jours n'apporte aucun élément d'information supplémentaire.

 

Lire la suite sur le blog de Marcel Kuntz

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:13

En septembre dernier, une équipe de  chercheurs chinois a découvert que des microARN végétaux peuvent passer la barrière digestive des animaux qui les consomment (1). Les microARN, au contraire des ARN messagers, ne codent pas de protéines, mais jouent un rôle dans l’expression des gènes. Or dans le cas de cette étude, les chercheurs ont prouvé in vitro et in vivo qu’un microARN provenant d’un riz conventionnel n’est pas inactif chez les animaux : il contribue à réduire la production d’une protéine du foie nommée LDLRAP1, qui sert à réguler le cholestérol.

 

Cette découverte est importante, elle pourrait notamment être utilisée au profit de thérapies géniques, en alternative ou en complément des «gènes médicaments » (2) . Mais cela n’intéresse pas Inf’OGM, dont la seule raison d’exister est de lutter contre les OGM, fût-ce au prix des arguments les plus fallacieux. Une des techniques éprouvées des anti-OGM consiste à parasiter la recherche scientifique pour détourner les découvertes de leur sens.

 

Inf’OGM a chargé pour cette besogne Frédéric Jacquemart de tirer des conclusions philosophiques audacieuses de cette découverte chinoise, qui constituerait selon lui « un tournant théorique pour les OGM » (3). Pour ce faire, le retraité (4) invente une « pensée dominante » en biologie, qui réduirait tout au mécanisme ADN …..>ARN….>protéine.

 

« Jusqu’il y a peu, la pensée dominante considérait que l’ADN servait à coder les protéines, constituants majeurs des êtres vivants, et c’était tout. Quelques esprits chagrins faisaient bien remarquer que, par exemple chez l’homme, moins de 2% de l’ADN codait effectivement des protéines et que ce n’était peut-être pas par erreur que le reste existait, mais on n’en avait cure, ce reste était de « l’ADN poubelle » (traduction de l’expression anglais « Junk DNA »), car, c’est bien évident, ce qui n’est pas connu n’existe pas. »

 

Preuve que si F. Jacquemart sait opportunément utiliser les résultats d’une étude pour alimenter ses théories anti-OGM, il n’a plus une idée très à jour de ce qui se fait en matière de recherche, à moins qu’il soit de mauvaise foi : il oublie tout simplement le prix Nobel de médecine 2006, attribué à Andrew Z. Fire et Craig C. Mello pour leurs travaux sur l’ARN interférent. Ce qu’on appelle l’épigénétique (5) est étudiée depuis une vingtaine d’années, elle est enseignée en biologie dès la licence , et fait l’objet de très nombreux articles scientifiques : depuis 2000, environ 10700 articles scientifiques comportent « microRNA » ou « miRNA » dans leurs titres, 8600 articles comportent le terme « epigenetic » (6).

 

Le réductionnisme de la pensée biologique « dominante » est donc une pure invention idéologique de FJ qui lui sert du coup à minimiser le rôle d’écriture de l’ADN  : « la biologie s’organise comme un vaste et complexe réseau d’interaction, dont l’ADN n’est pas le centre ». Son objectif est très clair : puisque tout ceci est trop complexe et nous échappe, cessons de vouloir intervenir sur les gènes, stoppons les OGM en particulier. Ceux qui souffrent de maladies génétiques apprécieront.

 

F. Jacquemart, comme son compère Jacques Testart, nous ressert l’épouvantail éculé de l’apprenti sorcier :  « Comment osent-ils continuer ?» s’indigne-t-il ? « Comment justifier la poursuite de la production d’OGM alors que ce qui a permis de les créer s’avère aussi manifestement faux ? Comment, aussi, tenir compte, dans l’évaluation des OGM, de ces ARN interférents dont on ne sait encore presque rien ? Comment accepter, quand on commence à constater que ces ARN sont au cœur même des processus biologiques et impliqués dans des pathologies graves, que, sans presque rien en connaître, on en fasse produire par des plantes génétiquement modifiées disséminées en milieu ouvert, comme dans le cas de la vigne transgénique de l’INRA de Colmar ou du haricot GM en cours de validation au Brésil ? »

 

Au passage, F. Jacquemart approuve implicitement le saccage scandaleux des essais de vigne transgénique de Colmar… Disons-le sans détour, la récupération de la découverte des chercheurs chinois est stupide : cette découverte ne confère aucun statut particulier aux OGM, et ne met en valeur aucun risque supplémentaire lié à leur mode d’obtention. FJ serait bien en peine d’expliquer en quoi l’ajout d’un gène étranger augmenterait le risque d’obtenir un microARN transmissible « pathogène » pour le consommateur par rapport à une variété de plante conventionnelle. En toute logique, il devrait réclamer l’interdiction de tous les aliments d’origine végétale, à commencer par le riz utilisé dans cette étude. Au minimum, réclamer un moratoire sur toutes les variétés végétales issues de croisement, un processus beaucoup plus aléatoire que l’introduction contrôlée d’un ou de quelques gènes dans un génome. Telle est la logique inepte du principe de précaution, si on devait l’appliquer aux choses qui ne sont pas dans le collimateur des anti-OGM.

 

Jacques Testart nous raconte les mêmes sornettes : « C’est à dire qu’on va faire entrer dans la chaîne alimentaire des molécules dont on découvre des propriétés insoupçonnées [...] ! Comme si chaque brèche ouverte dans l’immense ignorance autorisait la suffisance scientiste [...] à nier qu’il reste d’innombrables inconnues dont une seule peut suffire à ruiner l’édifice technologique. Faute d’humilité, nos productions brevetables sont souvent des injures à l’intelligence ». Parce que J. Testart, dont l’humilité n’est pas la qualité première (7), connaît toutes « les molécules aux propriétés insoupçonnées » des produits « non transgéniques »  qui entrent dans la chaine alimentaire, peut-être ?  Une fois de plus, les préjugés anti-OGM dont J. Testard fait preuve sont des injures à l’intelligence…

 

F. Jacquemart croit pouvoir apporter de l’eau au moulin anti-OGM en citant Yves Chupeau , « expert pourtant très favorable aux OGM » , à propos de l’étude chinoise : « Cette étude implique de la part des biologistes qui voudraient utiliser les dsARN, une vigilance particulière, spécialement dans le cas de la protection des plantes en champ contre les maladies ». 


 

Cette exploitation pamphlétaire était bien prévisible, mais le propos était plus équilibré  : le nombre de petits ARN de plantes effectivement susceptibles d'interagir sur l'expression des génomes des consommateurs, doit être infiniment plus faible que ceux que nous ingérons avec les produits carnés. Mais surtout cette possibilité d'interaction même quelque peu généralisée n'est pas un phénomène nouveau !Cela étant, cette possibilité étant connue, il faut en tenir compte dans les projets qui comportent justement l'expression de microRNA ciblant des gènes d'animaux prédateurs de plantes.  Bref, pas de quoi fouetter un chat.

 

 

L’étude dont Inf’OGM a fait son miel n’a aucune implication particulière pour les OGM, car ceux-ci n’obéissent à aucune loi biologique spécifique , distincte des autres organismes.  Et il est important de souligner une nouvelle fois que, contrairement aux mensonges colportés par ce site, l’évaluation des aliments issus d’OGM est de loin la plus exigeante de tous les produits alimentaires (8). L’article de F. Jacquemart n’a aucune valeur scientifique, il n’est qu’une récupération au service d’une cause étrangère à la science (9). Malheureusement, cette récupération paye : des centaines de sites ont repris cet article d’Inf’OGM en modifiant ainsi le titre : «Les OGM pourraient interférer avec notre métabolisme ».

 

Anton Suwalki


 

 

 

Notes :

 

(1)     https://cba.arizona.edu/sites/cba.arizona.edu/files/cr2011158a.pdf

(2)     http://portail.afm-telethon.fr/la-recherche/innovations-therapeutiques/therapie-genique/qu-est-ce-que-la-therapie-genique

(3)     http://www.Inf’OGM.org/spip.php?article4942

(4)     sa dernière publication scientifique remonte à 1994

(5) qu’on peut définir en gros comme tout ce qui ne relève pas du schéma ADN…..>ARN….>protéine

(6)     selon Google Scholar

(7)     http://imposteurs.over-blog.com/article-les-methodes-execrables-de-jacques-testart-62261017.html

 

(8) Relire les articles de Philippe Joudrier sur le contrôle des OGM avant leur mise sur le marché :

http://imposteurs.over-blog.com/article-18527214.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-18527494.html

http://imposteurs.over-blog.com/article-18527698.html

 

(9) Nous partageons de ce point de vue les conceptions de Fotis Kafatos, président du Conseil scientifique du Conseil européen de la Recherche :  

 

"Les principes de l'activité scientifique sont universels.

La science n'accepte pas les convictions qui ne reposent pas sur des démonstrations. 

 

Elle refuse les préférences personnelles ou les révélations.

 

Elle soumet toutes les propositions au critère impitoyable de l'expérimentation, de la concordance avec les connaissances déjà acquises et de la logique.

 

La science n'accepte pas l'idée que des OGM sont dangereux parce qu'ils pourraient transgresser des limites inviolables de la nature.

 

La science reconnaît comme une réalité vérifiée que des gènes peuvent être transférés entre des espèces distinctes dans la nature.

 

Elle a clairement établi que les organismes complexes peuvent intégrer et utiliser une information génétique nouvelle.

 

Il est hors de question que la science, confrontée aux objections métaphysiques d'un mouvement politique bien organisé dans les pays prospères, puisse renoncer à une méthodologie riche en potentiels pour augmenter à la fois les rendements et la qualité de la nourriture, dans un monde qui va manquer de plus en plus de ressources."

 

Fotis Kafatos, Le Monde du 23.10.07

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:59

Le conseil d’Etat vient de suspendre l’interdiction de planter du maïs MON 810 en vigueur depuis le moratoire décidé par le gouvernement français (*), estimant, et pour cause, que celui-ci n’a pu « apporter aucune preuve d’un risque particulièrement élevé pour la santé ou l’environnement ». De ce fait, planter du maïs Bt n’est plus interdit par la loi, et les agriculteurs peuvent donc en toute légalité le replanter. Cependant, ne soyons pas naïfs : le gouvernement , ainsi que l’ont exprimé Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Lemaire, cherche le moyen de passer outre la décision du conseil d’Etat, et à reconduire le moratoire pour montrer patte verte, quitte à continuer à nuire aux agriculteurs qui cherchent à protéger leurs récoltes tout en réduisant leurs intrants. De son côté, le principal opposant à sa majesté Nicolas III, chassant sur les mêmes terres, se dit favorable à une nouvelle procédure, dans un style linguistique particulièrement caricatural de la langue de bois « citoyenne » : « Les consommateurs mais aussi une grande majorité des agriculteurs ne veulent pas d'OGM dans leurs assiettes et dans leurs champs ». C’est beau comme du José Bové ! Bien des agriculteurs qui aimeraient planter du maïs GM, et ont désormais le droit de le afire, auront d’autant plus peur de le faire qu’ils savent qu’ils devront subir les actions des faucheurs, tellement sûrs de leurs bon droit qu’après avoir détruit systématiquement toutes les cultures d’OGM légales puis illégales, ils s’inventent des OGM « cachés », histoire de justifier leur existence. Le retour à la légalité des plantations de maïs Bt va d’autant plus les exciter que le gouvernement multiplie les clins d’œil à leur égard, et promet de prolonger leurs actions d’intimidation sur le plan juridique. C’est dans ce contexte qu’une campagne d’Imposteurs, suggérée par l’ami Luc Marchauciel, pourrait avoir son utilité. Si de nombreux « citoyens » non-agriculteurs affirment leur solidarité avec les agriculteurs qui voudraient tenter l’expérience du maïs Bt, en en plantant dans leurs jardins quelques pieds, les faucheurs ne sauraient du coup plus où donner de la tête ou de la faux. Les champs de 2 ou 3 « traîtres » cultivant des OGM à faucher ça et là, c’est ludique, ça vous fait passer pour un héros, mais faucher des milliers de jardins, c’est une autre paire de manches. Pas sûr que les petits bras anémiques des bobos anti-OGM ne supportent un tel effort. Donc : Epuisons les faucheurs volontaires en plantant du maïs GM dans nos jardins ! Cette campagne, je ne vais pas me contenter de la lancer, je vais effectivement planter du maïs GM dans mon jardin. Avec signalement à la commune, histoire de tester le degré de complicité des élus du coin avec les obscurantistes anti-OGM. Mais attention, si des individus tentent de pénétrer chez moi, je leur lâche mes deux chats, particulièrement féroces. Que tous ceux qui adhèrent à cette campagne le fassent savoir. Et sont bien sûr appelés à relayer cette campagne..

 

Anton Suwalki

 

(*) http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/28/le-conseil-d-etat-annule-la-suspension-de-culture-de-l-ogm-mon-810_1610317_3244.html

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