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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 11:51

La meilleure façon de terrifier les gens à propos des OGM, c'est d'utiliser l'amalgame pour désigner du doigt la science devenu folle : Ainsi les anti-OGM renvoient-ils régulièrement « le nuage de Tchernobyl, la vache folle, l'amiante, etc…

grosse-vache-grosse-vache.jpg

On peut notamment lire dans Rouge
«  Les OGM sont sans danger puisque les experts le disent. » C'est le genre de déclaration que font les décideurs politiques avant que n'éclate un grand scandale alimentaire ou environnemental. C'était le cas pour la maladie de la vache folle et sa prétendue non-transmissibilité à l'homme, mais aussi pour l'hécatombe des abeilles butinant les plantes arrosées par
l'insecticide Gaucho.
» (1)
On ignore si les « experts » militant à la LCR ont le droit de donner leur avis, mais il faut croire qu'ils n'ont pas été consultés pour ce papier.

Ils auraient pour commencer informé l'auteur de l'article à propos de l 'insecticide tueur d'abeilles" (2), dont plusieurs études  ont démontré qu'il n'était pas en cause dans la
mortalité des abeilles tandis que le principal suspect a été identifié : Il s'agit en fait d'un parasite.  Ceux-ci restent néanmoins interdits. Où sont les experts coupables dans cette affaire, sinon ceux qui préfèrent continuer à maintenir intacts des accusations conformes à leurs préjugés?

Pour le reste , ces amalgames sont stupides car assimilant le problème des OGM à des affaires qui relèvent de scandale politico-judiciaire, et absolument pas d'une science folle ou aveugle comme l'insinuent les anti-OGM.

Pour mémoire :
1/ L'affaire du sang contaminé a pour origine le refus du gouvernement français d'appliquer les recommandations de l'OMS de chauffer les échantillons de sang quelques  temps après l'identification du VIH ( et d'importer des lots chauffés pour pallier au manque de capacités de traitement sur le territoire).

2/  La maladie de la vache folle : il faut savoir que l'alimentation en farines animales n'est pas une invention de la "technoscience moderne," mais une pratique qui existe depuis le XIXème siècle . L'épidémie de vache folle a été causé par l'indélicatesse d'une entreprise britannique qui a utilisé des carcasses contaminées pour produire ses farines.

3/ L'amiante: Les « experts » n'ont jamais caché sa dangerosité, connue de très longue date :
Dès 1945 (3) Un tableau de maladies professionnelles dues à l'amiante est créé.
En 1976 , Une conférence du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)
classe l'amiante comme cancérigène avéré pour l'homme. 
Le scandale l'amainte n'a été définitivement interdite en France qu'en 1997) est imputable à un lobby industriel et aux gouvernements qui ont fait son jeu aux dépens de la santé de milliers de travailleurs. 

Là encore, scandale politico-financier, et refus de prendre en compte les avertissements des scientifiques. 

On notera dans le cas des OGM que ce sont  les politiques qui agitent la peur des OGM , mais (une fois encore) contre l'avis de la majorité des scientifiques :

 JL Borloo : "« Sur les OGM, tout le monde est d’accord (sic): on ne peut pas contrôler la dissémination. Donc on ne va pas prendre le risque ».

Philippe De Villiers proposait dans sa pré-campagne une interdiction pure et simple des OGM au nom du "principe de précaution".

Quand à Ségolène Royal , elle n'a pas hésité à inventer des rapports (évidemment secrets, comme ça on est dispensé d'en apporter la moindre preuve) accablant les OGM:

"Et dans bien des domaines, il faudra lever le secret en matière d’environnement. Les mensonges officiels qui ont eu lieu sur le nuage de Tchernobyl, les mensonges officiels qui ont lieu sur les OGM. Parce qu’on sait aujourd’hui, et il y a des rapports sur la santé publique qui montrent qu’il y a notamment un impact sur le fœtus."

L'Elysée vaut bien quelques affabulations !




(1) Rouge n° 2222.
(2) Deux produits de composition différente (Le Gaucho et le Régent) ont été incriminés.
        Lire en particulier à ce sujet : http://www.affaire-gaucho-regent.com/pdf_abeilles/Rapportafssa2004.pdf
(3) Source : Wikipédia

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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 11:13

Il existe sur le net un site  intitulé Stop Monsanto(1) , dont on ignore qui il regroupe exactement, mais dont
le lien est fourni sur tous les sites anti-OGM et qui renvoie lui-même à la Confédération paysanne,
ATTAC, Greenpeace etc….

Pour les adversaires des OGM, Monsanto est la tête de turc idéale (2) : c'est une entreprise américaine, et à
ce titre elle ne peut qu'incarner aux yeux des américanophobes maladifs le mal absolu (comme si des
entreprises européennes étaient par nature plus vertueuses que les américaines !) .

Le but de Stop-Monsanto est d'appeler au boycott de Monsanto (en tant que producteur d'OGM) en
invoquant l'argument des crimes contre l'humanité : Monsanto  a en effet produit un défoliant -l' "agent
orange"
- qui a servi à l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam. 
On ne pourrait que saluer cette compassion  (plus de 30 ans après !) à l'égard des victimes de
cette sale guerre si elle n'était pas uniquement motivée par la question des OGM.
Le site présente en page d'accueil une caricature dans le style des caricatures antisémites de la "belle
époque" . Monsanto est représenté par un père Noël à tête de mort, tenant dans chaque main une fiole
sur laquelle est dessinée la tête de mort symbolisant les poisons : dans la main gauche, la fiole contient
de l'agent orange. Celle de droite contient ….des OGM !

Imaginons des intégristes catholiques hostiles à la contraception qui invoqueraient le gaz moutarde inventé par la firme Bayer pour obtenir  l'interdiction de la pilule du lendemain ! On trouverai le procédé stupide et écoeurant !

 Exhumer les cadavres des vietnamiens pour les mettre au service de ce douteux combat contre les OGM, c'est bien la façon la plus infâme d'exploiter les morts. 

 


Notes :
(1) http://www.stop-monsanto.qsdf.org/
(2) la plupart du temps, les anti-OGM sont incapable de citer une autre entreprise que Monsanto.

Monsanto.jpg

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 13:16

evolution.jpg
Il est impossible
, comme nous l'avons déjà dit , d'affirmer l'innocuité absolue des OGM, de garantir que tous ceux déjà exploités sont totalement inoffensifs et que les futurs organismes ne poseront jamais de problèmes  de quelque ordre que ce soit. 

Ce qu'on peut affirmer par contre, c'est qu'au stade de développement actuel de ces cultures, aucun problème majeur n'a été identifié, ni en termes d'environnement, ni en termes sanitaires. 


Tout milite donc en faveur d'une poursuite contrôlée de ce type de cultures, au vu de la balance avantages actuels et potentiels /inconvénients qui penche largement en faveur des premiers. Les anti-OGM ne l'admettront jamais, et prétendent donc que toutes les études menées en dehors de leur giron sont truquées au profit de Monsanto (figure du diable bien commode, puisqu'entreprise américaine).
 
En réalité, s'ils en étaient vraiment convaincus, les faucheurs se contenteraient de faucher symboliquement quelques ares de plants transgéniques, et ils ne détruiraient pas le matériel de laboratoire, les données informatiques susceptibles de contenir les preuves de ce qu'ils avancent ! 
Certes, une partie des recherches effectuées par des organismes publics ont lieu en partenariat avec des laboratoires privés. Est-ce à dire que tous les chercheurs sont corrompus ? Séralini n'hésite pas à l'insinuer, ainsi que le rapporte Rouge n° 2222:

« Le professeur Gilles-Éric Seralini (experts de la CGB et auteur d'une étude pointant la toxicité du maïs OGM mon863, pourtant autorisé à la mise sur le marché) met les pieds dans le plat. Il avoue dans un reportage (« Envoyé Spécial », France 2) d'avril 2007 : « On a tous été approchés par des cabinets privés qui nous proposent quelques milliers d'euros de l'heure, voire plus, selon la responsabilité que vous avez, pour [...] être favorable aux biotechnologies. »

A-t-il été lui-même « approché » par des cabinets privés ? Serait-il le seul incorruptible du monde scientifique ? Séralini est président du CRIIGEN , qui se présente (sans rire) comme un d'un comité apolitique et non-militant d'expertise (1). Le CRIIGEN se veut également indépendant des producteurs d'OGM.

Mais le CRIIGEN est-il indépendant tout court ? Parmi les généreux subventionneurs de l'activité du CRIIGEN , il y a le groupe Carrefour, deuxième multinationale de la distribution ainsi que le groupe Auchan. Pour quelles raisons ces entreprises s'intéressent-elle ainsi à la recherche soit disant « indépendante », pourquoi finance-t-elle un organisme notoirement anti-OGM ,sinon pour des raisons de marketing (2), la quête de la sympathie des classes moyennes et aisées de ce pays, adeptes du bio et du « naturel » ? Le créneau du bio est si porteur qu'il existe un fonds d'investissement composé de « valeurs bio ». Or le bio s'est construit sur le mythe des vertus du « naturel » donc contre les manipulations supposées diaboliques des biotechnologies. Les spéculateurs voient d'un très bon œil
l'hostilité à l'encontre des OGM :
"Frédéric Hervouet, directeur des ventes de Diapason, a d'ailleurs confié au Financial Times que « cet index a été créé afin de prendre en considération les difficultés des consommateurs de l'Union européenne et du Japon à accepter les produits génétiquement modifiés ».Pour le fonds d'investissement suisse, la cible est donc clairement identifiée : « le Japon et l'Union européenne, les deux bastions anti-OGM du monde occidental ». »(3). 

On est évidemment loin de l'imagerie d'Épinal de la défense des paysans ou du « commerce équitable » auquel adhèrent beaucoup de biophiles. 

La propagande anti-OGM intéresse donc beaucoup de monde et pas spécialement des philanthropes.
Les liens du CRIIGEN avec Carrefour et Auchan permettent de juger de l'éthique d'individus qui insinuent que les chercheurs qui ne sont pas opposés aux cultures d'OGM d'être « serviles » et corrompus (selon Testart) où achetés par Monsanto (selon Bové).  

  

-------------------------------
Notes :
(1) on ne reprochera pas en soi au CRIIGEN d'être partisan et militant, ce qui est répréhensible, c'est
d'affirmer le contraire. On peut même dire que le CRIIGEN est plus militant qu'expert : on peut trouver sur
son site les vidéos de propagande dont raffole toute la mouvance anti-OGM. Vidéos aux titres racoleurs
(OGM dangers, OGM l'horreur) qui n'ont strictement rien à voir avec des documentaires scientifiques.   

(2) Carrefour sait en effet caresser le maïs dans le sens du poil non GM . 

"Des courses façon "développement durable"
"Vous voilà dans les rayons de votre magasin Carrefour pour faire vos provisions de la semaine. C'est le moment d'agir en éco-
citoyen, en remplissant votre cabas ou votre sac réutilisable avec des produits respectueux de l'environnement et des hommes, conseillés par le WWF !"
(sur le site de Carrefour)

"Dans un entretien réalisé par "Le Soir en ligne", Roland Vaxelaire, administrateur de Carrefour
Belgium, considère que le flou actuel en matière de réglementation est susceptible de
décrédibiliser l'agriculture biologique, en cas d'éventuelles contaminations par des OGM… Il
précise ensuite que dès fin 1998, 1800 produits de Carrefour étaient garantis non-
OGM. Actuellement, le groupe s'engage à certifier des produits issus d'animaux nourris sans
OGM.
"
(sur le site d'InfoGM)

(3) http://www.agriculture-
environnement.fr/AENEW/article.php3?id_article=151&var_recherche=bourse+bio

 

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 12:24

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« L'instinct de classe vaut mieux que mille preuves matérielles » disait Vychinski lors des procès de Moscou.  Par instinct de classe, il entendait le sens des intérêts de la couche de dirigeants qui s'étaient emparés de l'URSS et éliminaient à tour de bras les vétérans de la révolution. Si on n'ose se demander à quel « instinct de classe » se fie les anti-OGM, on est obligé de constater que Vychinski continue à faire des adeptes. 

En 2001, des traces de mais OGM américain avaient été retrouvées dans les plantations de maïs de l'autre côté de la frontière, au Mexique. La bonne foi  commanderait de parler de dissémination de faible ampleur et sans conséquence majeure, mais les anti-OGM  préfère avoir recours au langage médical et parler de « contamination » pour qu'on assimile spontanément OGM et maladie.

Il est inévitable qu'une petite partie des semences se disséminent d'un champ au voisin,emportés par les vents, sous les roues des machines agricoles, ou tout simplement parce que des agriculteurs se procurent de façon plus ou moins licite des semences génétiquement modifiées (1)… sans même qu'interviennent des phénomènes de pollinisation croisés. Si ces derniers peuvent toutefois avoir lieu, ça n'est toutefois pas plus inquiétant que ça, vu que le maïs est incapable de se reproduire sur plusieurs générations en l'absence d'intervention humaine, et qu'il n'envahit pas les espaces non cultivés  (de ce fait ne présente aucun risque pour l'environnement et les plantes sauvages).

Comme on devait s'y attendre, le maïs transgénique ne s'est pas perpétué. Une étude effectuée sur des récoltes de 2003 et 2004 n'a trouvé de trace de contamination dans aucun des échantillons prélevés (2). Une nouvelle pas très surprenante certes, mais dont ne pouvait se satisfaire InfoGM qui prétendent avoir mené leur propre enquête . Ce sont...les paysans mexicains "eux-mêmes qui ont effectué leur propre analyse : 

"
Alors les paysans ont refait des analyses. Avec les moyens de detection de "la première année ils n'ont pas retrouvé les séquences introduites mais ils pensent que ces sequences ont été transformées dans la descendance, ce qui appuierait le caractère instable de la construction genetique artificielle et expliquerait qu'elles ne soient plus detectées........par contre les malformations prolifèrent. Autrement dit, le texte affirme :
"On a été alarmés par le fait que nous ne retrouvions pas la présence de contamination sur les plantes
déformées, ce qui nous fait supposer que les méthodes pour détecter la présence de contamination (qui ont été mises au pont par les mêmes entreprises de semences transgéniques)) ne fonctionnent pas pour les générations postérieures à la première, et en conséquence,la contamination est hors de contrôle pour la communauté scientifique, parce qu'elle est invisible à ses méthodes de détection
"."

On parle ici de plantes difformes dont seuls les anti-OGM ont entendu parler. Passons.
La manipulation démagogique saute aux yeux : Les paysans, qui sont censés avoir fait les analyses "eux-mêmes" ne s'expriment pas dans la langue des paysans, mais utilisent exactement la terminologie des quelques scientifiques ralliés à la cause anti-OGM.

 Remarquons que cette « étude », si elle a réellement eu lieu, n'a plus pas détecté de «contamination » que l'étude menée par les chercheurs assermentés. Mais la conclusion est stupéfiante. 
S'ils avaient trouvé quoique ce soit, les anti-OGM auraient bien sûr crié au scandale et brandi la preuve que la « contamination » était bel et bien confirmée. Mais, comme on n'est plus à une pirouette près, l'absence de preuve devient elle aussi confirmation. Si les OGM ne sont plus détectables , c'est tout simplement…qu'ils ont muté ! Pile je gagne, face tu perds ! Nul doute que Vychinski lui-même
aurait été béat d'admiration devant une telle  malhonnêteté intellectuelle.




Notes :
(1) c'est ce qu'on a soupçonné pour le maïs mexicain , ce qui offusque peut-être les
semanciers inquiets pour leurs royalties, mais ça signifirait que certains paysans du Sud sont
moins arriérés que nombre d'intellectuels des pays « civilisés ». 

(2)http://www.ogm.gouv.qc.ca/envi_maisgm.html

 

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 12:03

La plupart des études accusant les OGM de toxicité, notamment celle claironnée  par Greenpeace au printemps dernier, ont sans doute frappé les esprits. Même quand elles ont  été entièrement réfutées par des organismes compétente (notamment par l'AFSA), les conclusions de ces dernières sont rarement repris détaillées dans les journaux qui avaient fait des titres sensationnalistes sur  le " danger du MON810 ", les " forts soupçons de toxicité ", " l'étude qui accuse le maïs de Monsanto " etc... Ainsi les anti-OGM , en publiant régulièrement des " études " douteuses sont sur de leur travail de sape, car critiquez, il en restera toujours quelque chose. Mais encore ce type de travail de sape, destiné à capter l'attention de médias qui se veulent un minimum sérieux, doit-il lui-même se parer des apparences du sérieux. En complément, les utilisateurs d'Internet, souvent crédules malheureusement, ont droit à des rumeurs folles concernant des catastrophes qui frapperaient des contrées lointaines . Ainsi fin 2006, se propageait sur la toile la rumeur de milliers de moutons empoisonnés après avoir mangé du coton GM en Nouvelle-Zélande dont aucun grand média n'a jamais fait état. Les sites anti-OGM (Terre sacrée, Monde solidaire, ATTAC etc...) se contaminaient les uns les autres, chacun recopiant le même communiqué. La seule différence fut que bientôt  certains situèrent la catastrophe non plus en Nouvelle-Zélande mais en Inde :

" Des récentes études sur la culture du coton génétiquement modifié ont soulevé de nouvelles inquiétudes quant à son innocuité tant dans l'alimentation que dans l'habillement.

En Inde (état d'Andhra Pradesh, district de Warangal), un rapport préliminaire publié à la fin du mois d'avril a montré que des milliers de moutons sont morts après avoir brouté des terres sur lesquelles du coton OGM avait été cultivé. Les moutons et les chèvres ont commencé à mourir après sept jours de pâture continue de feuilles tendres et de cosses de coton Bt (Bacillus thuringiensis) qui restaient dans les champs après la cueillette.
Une étude a été menée par une équipe de recherche composée de cinq membres (deux d'Anthra, une O.N.G. travaillant aux questions de bétail - un scientifique vétérinaire, Dr. Ramesh et un chercheur de champ, M. Apparao-, M. Jamalaiah, secrétaire de l'Union des bergers d'Andhra Pradesh, et deux scientifiques du Centre pour l'Agriculture Soutenable travaillant sur les questions du coton Bt, M.S. Ramprasad, et M.G. Rajashekar).
"

On note que la mystérieuse équipe de recherche comprend un " chercheur de champ ", qalification es sciences dont on a jamais entendu parler. S'agit-il d'un sourcier, d'un quelconque adepte de la géobiologie ou autre pseudoscience ? Ca renifle fort le charlatanisme. 
Mais le plus étrange demeure l'information elle-même, car on voit mal pourquoi que le gène issu de la bactérie Bacillus thuringiensis produirait un tel effet toxique et surtout un effet aussi fulgurant, et pourquoi seulement en Inde !

Mais la suite permet facilement d'évaluer tout le sérieux de l'étude :

" Les principaux symptômes rapportés par les bergers sont :
1. les moutons deviennent tristes/déprimés après 2-3 jours
2. toux avec décharge nasale
3. lésions rougeâtres dans la bouche
4. gonflement
5. diarrhée noirâtre
6. parfois urines rougeâtres
7. la mort dans les 5-7 jours de pâturage sur les champs de coton de Bt
"


Ainsi les moutons deviennent tristes et déprimés, c'est même le premier symptôme du mal qui les aurait affecté ! On peut supposer que les anti-OGM ont dépêché sur place des spécialistes de la psychologie ovine !  Et dire qu'il y a des gens qui prennent au sérieux ces niaiseries. 

Mais le plus grotesque suit . 
Ainsi apprend-on  que :
" En décembre 2005, une étude avait montré que les cueilleurs de coton OGM présentaient de graves réactions dermatologiques avec des démengeaisons et des cloques laissant une décoloration de la peau qui perdurait après cinq mois. L'Association médicale britannique avait déjà signalé que les OGM pouvaient présenter certains risques parmi lesquels la résistance aux traitements contre les maladies sexuellement transmissibles due à l'utilisation de protections périodiques en coton OGM. "


Des tampons périodiques fabriqués avec un coton modifié pour résister aux ravageurs exposeraient les femmes qui les utilisent... aux maladies vénériennes ! Ce sont  les superstitions les plus arriérés et le symbolisme le plus trivial qui s'expriment ici. C'est comme croire que manger de la corne de Rhinocéros pilée accroit la virilité. Il est difficile d'imaginer que l'Association médicale Britannique ait vraiment publié de telles divagations.b-BMA8.gif Soulignons que lorsque les anti-OGM qui dénoncent régulièrement la "technoscience" et la recherche scientifique éprouvent parfois le besoin d'invoquer l'autorité scientifique ou des études dont ils sont souvent les seuls à connaître l'existence. Mais c'est presque toujours pour cacher les mensonges les plus grossiers.

 

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 11:56

Jacques Testard est un des principaux scientifiques de renom engagés contre les cultures d'OGM. Il fait partie du conseil d'administration du site militant infoGM qui porte bien mal son nom. Jacques Testard s'est à plusieurs reprises exprimé dans Le Monde Diplomatique qui a pour principe de ne publier que des contributions hostiles aux biotechnologies. Dans un article cosigné avec Arnaud Apoteker, responsable des campagnes anti-OGM de Greenpeace en Avril 2006, il ironise sur les professeurs Tournesol :

"En 1965, le professeur Tournesol annonçait : " Je crois qu'il n'est pas trop ambitieux de dire que, dans une dizaine d'années, nous ferons pousser dans le sable non seulement des oranges bleues (...), mais toutes les grandes cultures indispensables à la vie de l'homme (...), le blé (...), la pomme de terre (5)... " Quarante années plus tard, les professeurs Tournesol non seulement continuent de répandre les mêmes utopies, mais ils sont passés à l'acte. Pourtant, les PGM le plus souvent citées par leurs défenseurs n'ont pas d'existence réelle : la tomate à longue conservation, première PGM commercialisée, en 1994, a vite été abandonnée : son goût rebutait les consommateurs des Etats-Unis, et des irrégularités avaient été commises pour obtenir son autorisation  ; le riz Golden Rice, produisant la provitamine A, est un échec : il faudrait en manger plusieurs kilos pour obtenir la dose quotidienne requise de vitamine (1)."

La première tomate GM a été abandonnée car son goût ne satisfaisait pas les consommateurs : la belle affaire ! Ca prouve que parfois les consommateurs peuvent l'emporter sur les stratégies "machiavéliques" des producteurs et semanciers dont le seul but (selon les anti-OGM) est de soumettre et d'empoisonner la planète (2)! Mais si elle avait été adoptée par les consommateurs, on peut parier que mr Testard aurait trouvé une autre excellente raison de la décrier. 

Mais l'affirmation concernant le riz doré est très révélatrice du soucis de vérité de Testard et Apoteker : Car si la teneur en vitamine A du premier riz doré était effectivement très faible, il existe depuis 2005 une nouvelle variété qui permettrait pour deux rations quotidiennes d'assurer la totalité des apports journaliers recommandés. Il est difficile d'imaginer que le grand professeur Testard l'ignore. Mais celui-ci à l'instar de José Bové ou d'autres figures du mouvement anti-OGM persiste à faire comme si rien n'était et continue à affirmer qu'il faudrait ingérer plusieurs kilos de riz sec (3) pour obtenir les apports journaliers en vitamine A. Ceci n'est à l'évidence pas une omission, mais un mensonge délibéré. 

Lorsqu'on sait que le riz fait partie de la culture alimentaire de beaucoup de pays où les carences font des centaines de milliers de victimes (4), disqualifier ainsi le riz doré n'est pas simplement stupide, c'est du plus mauvais goût. Mais ce n'est pas la première fois que les anti-OGM, qui prétendent défendre les paysans du Sud montrent le profond mépris qu'ils ont pour la vie humaine, et plus spécialement pour les pauvres du Tiers-Monde : Lorsqu'en 2003, la sécheresse menaçait d'une immense famine les pays d'Afrique australe, les mêmes se félicitaient que le dictateur du Zimbabwe refuse des lots de maïs génétiquement modifiés en provenance des Etats-Unis, allant même jusqu'à saluer la dignité de Robert Mugabe et préférant dénoncer le " chantage des États-Unis " que celui du dictateur dont " la dignité " menaçait de décimer sa population !




Notes :
(1) Le Monde diplomatique : de l'utopie au péril sanitaire . Avril 2006
(2) Ce n'est pas le seul OGM abandonné . En 1996, un gène de la noix du brésil inséré dans le soja s'est avéré allergène. En conséquence de cette découverte, le soja en question n'a jamais été commercialisé par la firme (PIONEER). Les anti-OGM ressassent néanmoins cet épisode comme pièce à charge contre les OGM en général.
    (3) La Confédération Paysanne, dans son argumentaire anti-OGM indique une ration quotidienne de 2kilos et 270 grammes de riz sec. C'est bien sûr faux. Le " riz doré 2 " assure les apports journaliers avec 130 grammes de riz sec. Mais la CP n'a pas jugé opportun de rectifier son erreur.
   (4) Les carences en Vitamine A sont en particulier responsables de la cécité. 

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 11:15

Les anti-OGM ont un accès privilégié à la plupart des grands médias : les exploits douteux des faucheurs d'OGM sont complaisamment filmés, nombreux sont les débats, articles et reportages qui rapportent _la plupart du temps sans réserve_ les rumeurs de dangerosité des OGM  , tandis que spécialistes et scientifiques sérieux peinent à trouver des tribunes. D'autre part les innombrables lobbies anti-OGM ont constitué sur la toile un réseau extrêmement dense de sites INTERNET qui se recopient les uns les autres si bien qu'il devient difficile lorsque l'un d'entre eux initie une rumeur de démêler le vrai du faux. Il est d'autant plus stupéfiant que ces  gens osent prétendre qu'ils sont victimes de la censure. Ainsi peut-on lire sur le site  " Bellacio " une contribution de ce genre :
"La responsabilité sur la question des OGM c'est évidemment de les interdire de plein champ et de mauvais confinements tant qu'on n'en saura pas plus, tant que n'existeront pas de réelles lois efficaces sur les pollutions génétiques de la nature. Il se trouve que ce combat renvoie à une exigence démocratique : Les populations n'en veulent pas ! Et malgré que les médias soient plus enclins à manipuler et faire propagande en faveur des semenciers."

Mais le lobby anti-OGM ne se contente pas de ces affirmations ridicules. Comme ils ne subissent pas la censure (bien au contraire) il leur faut l'inventer. Ainsi il y a quelques mois s'est répandu sur le net et dans des centaines de milliers de boite aux lettres perso un message qui enjoignait à visionner d'urgence un reportage dépeignant les dangers diaboliques des OGM que M6 aurait censuré. A voir absolument...avant censure définitive. Documentaire qui en réalité était passé sans la moindre censure sur la chaîne le 15 Novembre 2005. C'était un " hoax ", de l'intox pure et simple. Le mensonge était si plaisant que révéler la manipulation vous exposait à des injures de la part des anti-OGM enragés.
Il faut bien comprendre que le mensonge de la censure n'est pas une arme ordinaire. Le documentaire de M6 était non seulement d'une grande indigence sur le fond, mais il était particulièrement tourné de façon malhonnête et manipulatoire(1), précisément à la manière qu'affectionnent les anti-OGM.  
Comment mieux faire passer les énormités de ce reportage  qu'en affirmant qu'il avait été censuré ? le réflexe immédiat par rapport à la censure est bien entendu qu'elle vise à cacher des vérités gênantes. Ainsi, convaincu de la réalité de la censure, le spectateur perd tout recul critique et gobe avidement les manipulations contenues dans le film.

Notes
(1) M6 n'est pas la seule chaîne à se moquer du monde en matière d'information sur les OGM. Un documentaire d' envoyé spécial , exactement du même tonneau, a été diffusé en Avril 2007. A lire un article de l'AFIS qui dénonce ces manipulations honteuses. 
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article707
Comme quoi, France 2, télévision d'Etat, fait la part belle aux pauvres anti-OGM si injustement "censurés".

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 10:29
Le public français est majoritairement hostile aux cultures OGM si on en croit un sondage récent (1). Il le serait sans doute beaucoup moins s'il était correctement informé  de l'état réel des promesses tenues ou non tenues par ces technologies, et si on lui donnait la possibilité de faire la part entre les dangers apocalyptiques prophétisés par les adversaires des biotechnologies et les risques avérés et constatés sur le terrain, plus de 10 ans après leur mise en application en agriculture.

 Les cultures d'OGM représentent aujourd'hui 100 Millions d'hectares dans le Monde, dont plus de 50 Millions d'hectares aux USA, soit l'équivalent d'un territoire presque aussi grand que la France. Nul doute que si les périls invoqués étaient aussi terrifiants que ce que les anti-OGM annoncent, on verrait se dérouler sous nos yeux une véritable catastrophe à l'échelle du territoire américain, sur le plan de l'environnement, de la santé animale, et de la santé humaine. Or il faut bien reconnaître que ceux qui comptaient là-dessus pour légitimer leur rejet n'ont pas grand-chose à se mettre sous la dent.  Et pourtant Ils continuent à être populaires. Il faut dire que cette popularité ne doit rien à leur capacité à apporter des preuves des nuisances apportées par les OGM. Leur efficacité repose essentiellement sur un génie de la communication (paradoxalement facilitée par la technologie moderne qu'ils prétendent abhorrer), la complaisance des médias, et des méthodes plus que douteuses utilisant habillement peurs irrationnelles, maniant rumeurs, mensonges délibérés, calomnies et intimidation. Bref un concentré de savoir-faire politique  " moderne " au service d'une cause passéiste voire obscurantiste.



Notes :
(1) 78% des français seraient pour l'interdiction temporaire des OGM selon un sondage BVA effectué en Janvier 2006. Bové et consorts l'invoque régulièrement pour justifier "démocratiquement" leurs actions. Mais la vraie question "démocratique" serait de savoir combien sur ces 78% ont une connaissance ne serait-ce qu'approximative du sujet !
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