Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 20:07

anomalyies

Dans les pages Actualités de Pour la Science de janvier 2011, ce simple bandeau « informatif » de 2 lignes, sans aucune explication supplémentaire :

 

 


 

0,46 °C DE PLUS pour la température moyenne terrestre entre 2001 et 2010, par rapport à la moyenne 1961-1990 : c’est le plus fort réchauffement jamais enregistré pour une décennie.

 


 

Les lecteurs de ce magazine scientifique généraliste de qualité auront-ils perçu le léger problème que pose cette affirmation aussi laconique qu’alarmiste ? En effet, si la première proposition est techniquement exacte (à l’erreur de mesure près), la seconde est une interprétation particulièrement fallacieuse de l’évolution des températures récentes. Nous y reviendrons ultérieurement.

 

La communication autour du réchauffement climatique abonde de ces procédés douteux qui consistent à « éduquer » le public en lui balançant des informations tronquées, quand elles ne sont pas carrément fausses. Précisons que ces méthodes prévalent aussi bien du côté des climato sceptiques que de ceux qui défendent la thèse (majoritairement admise chez les climatologues (0)) du réchauffement climatique dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre (RCA).

 

Du côté des climato sceptiques : l’exemple d’Allègre

 

Le plus médiatique des climato sceptiques français, Claude Allègre, est coutumier de ces méthodes. Dans une tribune du Point en mars 2008 (1), il affirmait ainsi : « Les très officielles et respectées agences Hadley Center, Nasa, GISS ont (effectivement) confirmé que l’année 2007 avait été caractérisée par une chute des températures de 0,60 à 0,75 °C, une valeur qui annule en un an l’augmentation moyenne de températures depuis vingt ans. »

Claude Allègre commettait là une double faute :

 

-         faute technique, surprenante pour un académicien des sciences, car en aucun cas, les températures d’une année donnée n’annulent la tendance des vingt années précédentes : Allègre raisonne ici comme si l’énergie additionnelle accumulée dans l’atmosphère et les océans au cours des années précédentes s’était dissipée en 2007, remettant en quelque sorte « les compteurs à zéro ».

-         faute de goût, parce que les agences n’ont jamais publié les chiffres que leur prête le célèbre géochimiste (2). 

 

La propension de Claude Allègre à déformer les faits et les chiffres ne s’est pas démentie depuis. Dans L’imposture Climatique, paru en 2010, il s’autorise  à rectifier une courbe de reconstitution des températures du Nord de la Suède établie par un paléoclimatologue (Håkan Grudd), et même à la prolonger de sa propre main, sans avertir ses lecteurs de cette extrapolation « très libre » . Au contraire, la légende du graphique publié dans L’imposture climatique indique : « voici la courbe de température en fonction du temps, établie pour les périodes historiques par Grudd en 2008 », ce qui provoquera une réaction assez violente de l’intéressé (3). Alors qu’il dénonce dans le même livre «  des graphiques faux et truqués » publiés par les défenseurs du RCA, Claude Allègre assume avec un certain aplomb « des inexactitudes ou même des exagérations » au nom d’ « un choix éditorial », car son livre est « avant tout  politique ».

 

Autrement dit, on peut abuser selon Allègre de son autorité scientifique et déformer les faits scientifiques lorsqu’on parle ou on écrit pour forcer l’adhésion du public à des options politiques…

Du côté des défenseurs du RCA

 

Laissons de côté la propagande caricaturale à la Al Gore et revenons sur le bandeau publié dans Pour la science , qui s’inspire largement des communiqués des agences qui alimentent le GIEC en statistiques de températures :

 

« 0,46 °C DE PLUS pour la température moyenne terrestre entre 2001 et 2010, par rapport à la moyenne 1961-1990 : c’est le plus fort réchauffement jamais enregistré pour une décennie. »

 

Cette présentation des faits est certes plus subtile que les contrevérités d’Allègre, elle n’en est pas moins trompeuse.

 

Il est exact que la période 2001-2010 affiche des températures supérieures de 0,46 °C au dessus de la moyenne, et qu’il s’agit de la décennie la plus chaude jamais enregistrée depuis qu’existe des relevés de températures. Le problème est qu’on en déduise qu’il s’agit plus fort réchauffement jamais enregistré pour une décennie, suggérant par là que non seulement le climat a continué à se réchauffer, mais qu’il se réchauffe de plus en plus vite. Or, le fait le plus marquant de l’évolution climatique de ces dernières années, c’est précisément l’absence de réchauffement de la planète.

 

Jusqu’à présent et à juste titre, on n’avait jamais mesuré l’évolution des températures en comparant des moyennes décennales. Le rapport AR3 et AR4  du GIEC (2001 et 2007) utilisent des courbes lissées de températures ou mesurent les tendances linéaires du réchauffement (obtenues par « régression linéaire ») :

 

« Comme l’indique la figure TS 2, la majeure partie de la hausse de la température mondiale observée depuis la fin du XIXe siècle s’est produite pendant deux périodes distinctes : de 1910 à 1945, et depuis 1976. Quant au rythme de cette hausse, il s’est établi à 0,15 °C environ par décennie pendant ces deux périodes. » (4)

« Entre 1956 et 2005, la tendance linéaire (0,13 [0,10-0,16] °C tous les dix ans) sur un demi-siècle est près de deux fois plus importante que celle constatée sur un siècle, entre 1906 et 2005. » (5)

 

         Ces tendances apparaissent très clairement sur le graphique du Climatic Research Unit (CRU) britannique (6) : il n’est nécessaire d’être très calé en statistiques pour saisir la réalité d’un réchauffement rapide entre 1910 et début des années 40 puis dans les dernières décennies du 20ème siècle :

 

 



global temperatures

 

Mais il est tout aussi facile de comprendre à la lecture de ce graphique en quoi la communication autour du thème « 2001-2010 a connu le plus fort réchauffement jamais enregistré » est fallacieuse. En effet, selon Phil Jones lui-même (directeur du CRU), aucune année depuis 1998 n’a été plus chaude que celle-ci. La courbe lissée des anomalies de températures (en noir) est presque horizontale sur la dernière décennie écoulée, marquant une stagnation des températures au cours de la période (7). Dans ces conditions, commenter la température moyenne 2001-2010 n’est qu’une façon d’éluder l’information essentielle : l’absence de réchauffement depuis une décennie.

 

        

         La publication annuelle des données de températures de l’année écoulée est fébrilement attendue par les médias, à l’affût d’un nouveau record à annoncer. A défaut, on dénombre les records mensuels ou locaux, où on classe l’année dans l’échelle des records comme le fait Phil Jones dans la publication mentionnée : « l’année 2010 est l’année la plus chaude à égalité avec 2003, [seules] les années 1998 et 2005 ont été plus chaudes ». Là encore, la déclinaison des records occulte le fait majeur, cette stagnation des températures qu’on ne sait pas vraiment expliquer.

 

         Certes, la période évoquée est beaucoup trop courte pour qu’on emboîte le pas à quelques sceptiques pressés affirmant qu’on est entré dans une période de refroidissement. Mais s’agit-il d’une simple « pause dans le réchauffement climatique », comme l’affirment certains représentants du GIEC ? C’est possible, mais il faudra bien un jour l’expliquer  et encore faudrait-il reconnaître clairement que la tendance observée au cours des décennies précédentes, et qui a motivé la fondation du GIEC, ne s’observe plus actuellement. En attendant, changer de thermomètre (8) quand celui qu’on utilise depuis toujours ne nous donne plus les températures qu’on attend ne renforce pas la crédibilité de ceux qui procèdent ainsi.          

 

         Pourquoi cette légèreté dans la façon de communiquer des chiffres, qu’on retrouve aussi bien chez les défenseurs du RCA que chez les climato sceptiques ? Que ce soit au nom de l’urgence qu’il y aurait selon les uns de modifier les comportements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ou au nom de la nécessité de ne pas agir dans la précipitation selon les autres, faut-il escamoter ou déformer les faits, faire apparaître comme simple ce qui est complexe au risque du simplisme, éluder les incertitudes ? Cette pseudo-pédagogie, qui répond plus à des motivations politiques que scientifiques (9) qui part du principe que l’individu lambda est incapable de saisir le fond du débat et qu’il suffit de l’impressionner avec quelques chiffres soigneusement sélectionnés, risque finalement de contribuer à dégrader un peu plus l’image de la science.    

Anton Suwalki         

 


Références :

 

     (0) car il y a des climatologues « sceptiques », certes largement minoritaires, et non pas d’un côté « les climatosceptiques » et de l’autre, « les climatologues », contrairement à ce qui est trop souvent affirmé.

(1)   Climat : Allègre relance la polémique

http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/climat-allegre-relance-la-polemique/1055/0/232678

(2) L'Organisation Météorologique Mondiale dément Claude Allègre, par Sylvestre Huet

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/07/lorganisation-m.html#tp

(3) Claude Allègre accusé de falsification par Håkan Grudd, par Sylvestre Huet

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/03/claude-all%C3%A8gre-accus%C3%A9-de-falsification-par-h%C3%A5kan-grudd.html#tp

Les courbes de la discorde, par Michel Naud

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1399

(4) rapport 2001, I-25

(5) rapport 2007 page 30, les valeurs entre crochets indiquent l’intervalle de confiance

(6) http://www.cru.uea.ac.uk/cru/info/warming/

(7) Phil Jones, dans une récente interview à la BBC , admettait même une tendance baissière entre 2002 et 2009, tout en soulignant qu’elle n’était pas statistiquement significative sur une période aussi courte.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8511670.stm

(8) c'est-à-dire utiliser la notion de moyenne décennale lorsque la courbe de tendance n’affiche plus de hausse.

(9) Claude Allègre en fait d’ailleurs l’aveu (cf infra), mais c’est bien sûr aussi le cas des écologistes militants pour qui l’opinon scientifque n’est qu’un alibi

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 17:04

C’est par des amis du réseau Facebook que j’ai découvert il y a quelques jours le blog de Valérie Borde, journaliste scientifique qui se décrit ici.

 

J’ai à peine commencé la lecture de ses articles, mais la teneur de ceux que j’ai eu le temps de lire est vraiment prometteuse. Peut-être son blog (ou « blogue », pas de polémique inutile) figurera-t-il bientôt dans les liens favoris d’Imposteurs.

 

En attendant, je vous propose de découvrir cet article. Ca ne consolera peut-être pas l’auteure, mais qu’elle sâche que nous avons les mêmes démagogues de ce côté de l’Atlantique.

Bonne lecture,

Anton


 

 

Transport de déchets nucléaires: les démagogues montent au front

 

Par Valérie Borde

 

Après analyse du dossier, les experts de la Commission canadienne de sureté nucléaire (CCSN) jugent que le transport par bateau jusqu’en Suède des 16 générateurs de vapeur de la compagnie Bruce Power représente un risque négligeable.

 

Le Parti Québécois, le Bloc Québécois, des municipalités et groupes écologiques s’opposent au projet. Leurs arguments? Un joyeux mélange de méfiance, d’ignorance et de démagogie.

 

Une partie des opposants ne croit tout simplement pas les spécialistes de la CCSN. Pourquoi ? C’est un peu l’histoire du loup. Depuis des mois, des experts du gouvernement fédéral sont régulièrement muselés par le Premier ministre Stephen Harper, qui agit en outre parfois à l’encontre de leurs recommandations. Disons que ce climat n’est guère propice à la confiance.

 

La dernière fois que la Commission canadienne de sureté nucléaire a fait les manchettes, c’est en 2008, quand son ancienne présidente Linda Keen a été limogée par le gouvernement après qu’elle a déconseillé le redémarrage du réacteur nucléaire de Chalk River, jugé trop risqué. Son expertise avait alors dû céder le pas devant des considérations politiques, la gestion désastreuse de la production des isotopes médicaux par le Canada ayant placé le gouvernement Harper en très mauvaise posture sur la scène internationale.

 

Faut-il s’étonner maintenant qu’une partie de la population ne croit plus les experts de la CCSN, jugés à la solde du politique?

 

Pourtant, dans le dossier du transport des générateurs de vapeur, la CCSN a mis les bouchées doubles pour expliquer et justifier publiquement sa décision. Au vu des documents (notamment celui-ci, en pdf) qu’elle publie sur son site, il est très clair que le transport de ces équipements, si imposants soient-ils, n’a rien d’une catastrophe écologique en puissance et ne représente pas un danger significatif pour les riverains du fleuve.

 

D’ailleurs, depuis les débuts de l’industrie nucléaire, on n’a jamais recensé d’accident lors du transport de matières radioactives. Les normes de transport sont extrêmement strictes et établies à l’échelle internationale par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Ce sont les mêmes normes qui s’appliquent au Canada qu’en Suède ou aux États-Unis

 

Chacun générateur de vapeur fait la taille d’un autobus scolaire. Mais la quantité de radioactivité qu’il contient est très faible: la dose émise à proximité, que les experts estiment à 0,08 millisieverts par heure, est 6 fois moindre que ce qu’émet un colis contenant des isotopes médicaux, comme il en circule 50 000 par an dans les rues de Montréal.

 

La radioactivité naturelle, à laquelle nous sommes exposés à l’année longue, est en gros de 2,5 millisieverts.

 

Certes, il n’existe pas de dose minimale à partir de laquelle on peut affirmer que la radioactivité ne cause pas de problème de santé. Sauf qu’en deça d’une certaine dose, on peut raisonnablement penser que le risque est absolument négligeable par rapport aux innombrables autres dangers qui nous guettent. Avoir peur de la quantité de radiation émise par les générateurs de vapeur, c’est un peu comme redouter un cancer du poumon parce que vous auriez fumé une seule cigarette au cours de toute votre vie!

 

Les isotopes médicaux ou les déchets nucléaires que l’on transporte sont habituellement confinés dans des emballages blindés, conçus pour résister aux chocs les plus violents. Dans le cas des générateurs de vapeur, un tel emballage n’est pas nécessaire, puisque que ces équipements sont déjà blindés.

 

C’est justement pour  recycler cet énorme blindage d’acier que Bruce Power envoie ses générateurs en Suède : 90% va pouvoir être réutilisé dans d’autres usages, ce qui contribue à diminuer le volume de déchets à confiner. La partie radioactive va ensuite revenir au pays, convenablement emballée, pour rejoindre un site de stockage.

 

Même si elle n’a rien de particulièrement dangereux, cette opération représente une occasion en or pour des démagogues, qu’ils soient opposants à l’énergie nucléaire ou indépendantistes. Pensez donc! Des énormes déchets nucléaires de l’Ontario qui nous passent sous le nez ! Quelle belle occasion de surfer sur la peur pour faire valoir son point de vue!

 

Pourtant, le risque réel que représente le transport de ces déchets, qui semble effectivement négligeable au vu de l’analyse de la CCSN,  ne doit pas être confondu avec les risques globaux que représente l’exploitation de l’énergie nucléaire.

 

L’équation «nucléaire = danger» est un peu simpliste. Tout est question de dose, de durée d’exposition, de radioprotection, de mesures de sécurité et de risque relatif.

 

On peut parfaitement être opposé à l’énergie nucléaire, pour des raisons tout à fait valables, sans pour autant craindre le transport de ces générateurs de vapeur. 

 

C’est un dangereux précédent, entend-on aussi un peu partout. Faux! La CCSN n’a pas eu à faire de dérogation pour Bruce Power.  Les règles habituelles pour le transport de matières dangereuses ont été respectées. Ce n’est pas la taille des équipements à transporter qui compte, mais le risque que représente leur transport, tenant compte des manipulations nécessaires.

 

Le fédéral s’immisce dans les affaires du Québec en autorisant ce transport, critique-t-on. Vrai! La sureté nucléaire est de juridiction fédérale, tout comme la voie maritime et les ports. On pourrait certes remettre tout cela en question.

 

Mais qui s’offusque que les raffineries de l’Ontario nous fassent passer leurs pétroliers sous le nez depuis des décennies? Et qui s’inquiète du blindage des isotopes médicaux qui circulent quotidiennement sur nos routes pleines de nids de poules et de gens ivres? Il est tellement facile de pointer du doigt le gouvernement fédéral avec ces gros générateurs de vapeur qui frappent l’imagination. Quitte à faire peur pour rien.

 

La CCSN doit croire Bruce Power sur parole, entend-on encore. Vrai! Mais pas extraordinaire. Dans bien des domaines, des fonctionnaires fédéraux ou provinciaux approuvent des produits ou des procédés industriels sur la foi de documents produits par l’industrie, après d’éventuelles inspections. C’est comme ça qu’on autorise de nouveaux médicaments, des aliments, des mines ou des usines.

 

Dans le cas du nucléaire, les experts connaissent particulièrement bien leurs dossiers, puisque la CCSN compte en permanence du personnel dans chacune des centrales nucléaires du pays. Leur compétence est reconnue. La décision au sujet de ces générateurs de vapeur a été rendue clairement et ouvertement. Que leur demander de plus?

 

À moins que tous les opposants au transport de ces déchets ne nous montrent des expertises scientifiques qui feraient la preuve que les experts ont erré, je ne vois pour l’instant pas de raison de leur faire plus confiance qu’aux spécialistes de la CCSN.

 

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 12:15

 

bonnet d ane

 

 

Deux évènements  des rentrées scolaires (2008 et 2009) et de la rentrée universitaire 2010 que j’ai trouvé judicieux de rapprocher.  No comment !

 

 


 

 

L'enseignement de l'histoire des arts a été introduit à l'école à la rentrée 2008 et au collège à la rentrée 2009 (cf. arrêté du 11 juillet 2008 publié au B.O. n° 32 du 28 août 2008). Il a été décidé de l'évaluer dans le cadre du diplôme national du brevet : l'arrêté du 9 juillet 2009 publié au J.O. n° 170 du 25 juillet 2009 instaure un oral d'histoire des arts comme composante de l'évaluation du diplôme national du brevet.

 

 

Chaque établissement dispose d'une grande liberté pour construire le(s) projet(s) d'enseignement de l'histoire des arts, dans le respect des contraintes fixées réglementairement : domaines artistiques, thématiques, périodes historiques propres à chaque niveau.

La conception de ce(s) projet(s) dépend autant des ressources offertes par le patrimoine artistique local que des projets des professeurs des différentes disciplines, spécifiques à chaque établissement.

Fondements de l'évaluation

L'évaluation de l'histoire des arts permet de vérifier les connaissances et les capacités acquises par l'élève.

Les connaissances

En relation avec les thématiques étudiées pendant l'année de troisième, l'élève maîtrise :

- la connaissance d'œuvres appartenant aux grands domaines artistiques ;

- des repères historiques, géographiques et culturels lui permettant de situer les œuvres dans le temps et l'espace ;

- des éléments de vocabulaire spécifique aux grands domaines artistiques ;

- des notions de base sur les techniques de production des œuvres.

Les capacités

Sur la base de ces connaissances, l'élève est capable :

- de situer des œuvres dans le temps et dans l'espace ;

- d'identifier les éléments constitutifs de l'œuvre d'art (ses formes, les techniques de production, ses significations, ses usages, etc.) ;

- de discerner entre les critères subjectifs et objectifs de l'analyse ;

- d'effectuer des rapprochements entre des œuvres à partir de critères précis (lieu, genre, forme, thème, etc.).

http://www.education.gouv.fr/cid49356/mene0900818n.html


 

Dix-neuf des quatre-vingt trois universités françaises ont décidé de proposer des cours de remise à niveau aux étudiants de licence qui ont un niveau insuffisant en français. Valérie Pécresse a confirmé hier, lundi, une information révélée par le Parisien.

 

« Les uni­ver­si­taires font le constat que le niveau d'orthographe et d'expression écrite a sin­gu­liè­re­ment baissé depuis une dizaine d'années, or c'est une clé pour des études et une inser­tion pro­fes­sion­nelle réus­sies », a notam­ment expli­qué la ministre de l'Enseignement supé­rieur, pour qui « la bataille de l'orthographe » est donc lan­cée. A rai­son de modules d'une tren­taine d'heures, des cours de gram­maire, d'orthographe ou d'expression orale s'ajouteront ainsi au pro­gramme des étudiants dont le niveau est consi­déré comme han­di­ca­pant pour mener à bien leurs études.

Certains cam­pus pro­posent déjà de telles ses­sions de rat­tra­page, par­fois depuis plu­sieurs années. C'est, par exemple, le cas à l'université de Bourgogne, où elles ont été ins­ti­tuées il y a trois ans, dans le cadre du plan « Réussir en licence ». Aux uni­ver­si­tés du Havre ou de Bretagne Sud, les cours sont orga­ni­sés à la suite de tests : les 700 nou­veaux étudiants ins­crits en lettres et en sciences humaines ont rédigé une courte dic­tée. Les 150 qui ont fait le plus de fautes béné­fi­cie­ront du dis­po­si­tif de remise à niveau.

Si ces cours existent le plus sou­vent dans les filières lit­té­raires, cer­taines facul­tés scien­ti­fiques, comme Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI) en ont égale­ment mis en place.

http://www.vousnousils.fr/2010/10/05/universite-remise-a-niveau-en-francais-361926

 

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 11:16

Yann Kindo, est enseignant en histoire-géographie, chercheur en histoire du communisme et des sciences. Il collabore régulièrement à la revue de l’AFIS Science et pseudosciences et a publié plusieurs billets sur Imposteurs. Il vient d’ouvrir son blog La faucille et le labo .

 

Son article «   La peur des OGM : construction médiatique d'une paranoïa » revient notamment sur l’  « affaire » des hamsters nourris au soja GM , qui est aussi l’ affaire Sébastien Portal, le journaliste auteur de la version française de ce hoax qui a inondé la toile.

La peur des OGM : construction médiatique d'une paranoïa.

Bienvenu donc à Yann sur la blogosphère. Tant les thèmes qu’il aborde que sa démarche devraient intéresser nombre de nos lecteurs. Souhaitons juste que sa conclusion à propos des crabes aux pinces poilues ne débouchent pas sur un nouveau hoax : « Mon attention a été attirée par une bestiole particulièrement charmante, qui a été découverte près de l'Ile de Pâques et dont la photo illustre la fin de l'article : un crabe aux pinces poilues !! A quand un article sur un blog anti-OGM pour nous expliquer que les résidus d'OGM présents dans la mer font pousser les poils aux pattes aux crabes ? » A mon avis, si ce hoax n’existe pas, c’est simplement parce qu’aucun anti-OGM n’en a eu l’idée jusqu’à présent. On peut juste espérer que Sébastien Portal pris en flagrant délit dans l’affaire des hamsters n’osera pas prendre l’initiative de lancer celui-ci.

 

Aussi instructifs que l’article de Yann, lire le fleuve de commentaires qu’il a suscités. De nombreux internautes se sont empressés de venir illustrer de manière caricaturale les thèses de Yann : lire le commentaire particulièrement croustillant de « Dianne », qui n’ a strictement rien à opposer aux arguments concrets de l’article mais qui a tout compris de l’odieuse manœuvre de ce satané professeur d’histoire-géographie lobbyiste :

 

«  Construction médiatique ? Paranoïa ?

Les inspecteurs des boîtes comme Monsanto qui patrouillent pour savoir si le champ voisin d'un client n'aurait pas par hasard barboté des semences brevetées seraient-ils eux aussi des créatures fantasmatiques ? 

L'essentiel est dit : "prospérité des groupes semenciers internationaux".

Décidément c'est la grosse artillerie, qui tombe à point le jour où s'ouvre à Marmande le procès d'une quantité impressionnante de "faucheurs". »

 

Ca n’est pas du tout paranoïaque, ça !

 

Sûr que l’article de Yann tombe à pic, et que les groupes semenciers ont fait dans la grosse artillerie en confiant à l’auteur d’une thèse sur Marcel Prenant (un scientifique aussi connu du grand public que Camélia Jordana) le soin d’écrire une critique du traitement des OGM dans les médias qui paraît le jour de l’ouverture d’un procès de faucheurs volontaires. Et tout ça sur un tout nouveau blog dont probablement moins d’une centaine de personnes connaissent à ce jour l’ existence, deux jours après sa naissance.

 

C’est tout simplement diabolique, comme stratégie ! 

 

D’autant que sur son propre blog, cette maligne de Dianne enfonce le clou :

Procès des "faucheurs" à Marmande

« En ce moment paraît comme par hasard un billet qui dénonce la construction médiatique d'une paranoïa. Pile poil à point...

Dès lors que les sbires des semenciers parcourent le globe pour traquer les contrevenants à leur nouvel ordre mondial, on a légitimement le droit de se questionner sans "paranoïa". ».

 

 

L’éternel retour du concombre masqué…

 

D’ailleurs, comme par hasard, la veille de l’ouverture du procès, le sbire des semenciers publiait une note de lecture sur un livre réexaminant les thèses de Friedrich Engels sur « les origines de la famille, de la propriété privée et de l'État » . Questionner à point nommé la validité de ces thèses, aussi connues du grand public que les paroles des chansons de Camélia Jordana, va sans doute avoir des conséquences très lourdes sur l’issue du procès des faucheurs qui s’ouvre à Marmande !

Le marxisme comme on l'aime. Autour d'un livre de Christophe Darmangeat.

 

Bon courage, Yann ! Je mets ton blog dans les liens d’Imposteurs.

Anton Suwalki

 


 

 

PS : ce 12 Octobre, « comme par hasard », est une journée de grève et de manifestations. De là à voir dans le battage médiatique autour de cette journée une manœuvre de diversion organisée conjointement par Monsanto, les experts scientifiques du HCB, des syndicats et du gouvernement et des médias (tous complices) afin d’occulter le procès des faucheurs d’OGM, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 14:16

Le 26 mai 2010, j’ai publié un billet intitulé :

 

Une nouvelle tendance dans le débat climatique : les climato-vertueux

 

Dans ce billet, j’ai qualifié de « journalistes militants » Hervé Kempf et Stéphane Foucart du Monde. Ce dernier a trouvé ce qualificatif choquant et m’a contacté en privé pour me demander des explications, estimant faire correctement son métier de journaliste.

 

Nous avons engagé une correspondance cordiale et très intéressante. Il m’a donné à relire un certain nombre de ses articles, plus équilibrés et mesurés que je ne le pensais. Il a défendu ses points de vue avec pugnacité et m’a convaincu de sa bonne foi, même si je ne suis pas convaincu par la totalité de ses arguments. Je continue à revendiquer un certain scepticisme (*),  notamment à l’égard de cette institution hybride qu’est le GIEC. La discussion engagée avec M. Foucart  continue, et je trouve ça très positif.  J’essaierai de publier une synthèse de ces échanges , s’il est d’ accord.

 

Anton Suwalki

(*) ce qui ne veut pas dire pour autant adhérer au climato-scepticisme au sens que prend habituellement ce terme

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 12:39

Un débat houleux s’annonce entre les adorateurs de Gaïa et les représentants de l’intégrisme religieux monothéiste. Le président bolivien Evo Moralès avait imputé le récent tremblement de terre du Chili à Mère-Nature qui se fâche, « ne supportant plus les programmes politiques qui ne respectent pas l’environnement ». Pour l’ayatollah iranien Kazem Sedighi, ce ne sont pas les fumées des usines ou des automobiles qui font tousser Gaïa,  mais nos comportements sexuels dépravés qui offensent Dieu et provoquent sa juste colère qu’il manifeste par des catastrophes naturelles  :

TEHERAN (AFP) - L'augmentation des relations sexuelles illicites est la cause de l'accroissement des tremblements de terre, selon l'ayatollah Kazem Sedighi, imam de la prière du vendredi de Téhéran cité samedi par le quotidien Aftab.

"Les catastrophes naturelles sont le résultat de notre propre comportement", a déclaré M. Sedighi.

"Beaucoup de femmes mal habillées" (ne respectant pas la tenue islamique, ndlr) "corrompent les jeunes, et l'augmentation des relations sexuelles illicites fait accroître le nombre des tremblements de terre", a-t-il déclaré.

Les relations sexuelles hors mariage sont officiellement interdites en Iran.

Les religieux conservateurs dénoncent régulièrement le non respect du code vestimentaire islamique strict par une partie des jeunes iraniennes, en particulier à Téhéran et dans les grandes villes du pays.

"Nous n'avons pas d'autre choix que de nous conformer aux règles de l'islam", a affirmé l'ayatollah Sedighi, en rappelant les récents propos du président Mahmoud Ahmadinejad qui avait mis en garde contre les risques de séisme à Téhéran.

M. Sedighi a également affirmé qu'il "fallait un effort collectif" pour régler les problèmes de la société provoqués par "l'augmentation de l'âge du mariage et du nombre de divorces".

© 2010 AFP

Forcément, ce sont les femmes « mal habillées qui corrompent les jeunes », sans ces immondes pécheresses , le monde n’aurait pas à subir de telles calamités. Que Dieu se sente obligé de sévir, c’est bien la moindre des choses ! Seul problème, Dieu a du mal à ajuster son tir : on s’attendrait logiquement que la Côte d’azur (*),  subisse davantage raz- de-marée, tremblements de terre et autres châtiments divins qu’au Pakistan ou à Sumatra, des contrées où des représentants de l’obscurantisme religieux veillent pourtant à la vertu.

- Soit Dieu vise mal parce qu’il sucre les fraises, ce qui serait normal compte-tenu de son grand âge.

- Soit l’Imam se trompe et l’habit ne fait pas la nonne : ainsi même les femmes en cage des fanatiques islamistes du Pakistan cachent sous leur voile les pires turpitudes, d’où l’effroyable séisme de 2005, qui a fait des dizaines de milliers de victimes.

 

Comme le notait la Comtesse, pourvu que les populations du Cap ne déchainent pas les entrailles de la Terre !

Anton Suwalki


(*) truffée de plages où reconnaissons-le, les femmes respectent assez peu le code vestimentaire islamique

 

 

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 14:53

La gestion pour le moins douteuse de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 par le gouvernement , combinée avec le sensationnalisme des médias, alternant catastrophisme épidémique et alarmisme sur les prétendus dangers du vaccin, a favorisé la mobilisation des militants anti-vaccination .

L’obscurantisme ayant le vent en poupe, ces discours ont été relayés de façon complaisante , au point que des plaintes collectives aient été déposées pour « tentative d’empoisonnement » et « mise en danger de la vie d’autrui » contre la campagne de vaccination ! Ces initiatives ont été dirigées avec succès par l’association sectaire Politique de vie  et son gourou Christian Cotten.

Le véritable bilan épidémique de cette grippe à ce jour , des succès ou des échecs de la campagne de  vaccination au niveau international n’est pas encore disponible : les seuls décès enregistrés (environ 13.000 au dernier décompte) ne concernent que les cas avérés et confirmés par prélèvement de personnes contaminées par le virus. Des chiffres qui ne peuvent être comparés aux 500.000 victimes annuelles de la grippe saisonnière , qui reposent sur une estimation de la surmortalité enregistrée en phase avec  les épidémies.

Mais la principale victime de cette grippe est sans aucun doute le rationalisme , déjà bien malmené ses derniers temps : de ce point de vue, la campagne anti-vaccination est le prolongement logique des campagnes anti-OGM, anti-nanotechnologies, anti-nucléaire, anti-ondes etc…

Gilles Mercier, chercheur à l’INSERM, syndiqué CGT , s’inquiète de la perméabilité à ces idéologies du courant syndical auquel il appartient . Ce premier article a pour but de clarifier les idées sur la grippe , qui est loin d’être une maladie bénigne.

Son deuxième article, plus polémique, est écrit en réaction à l’interview dans l’Humanité du docteur Wolfgang Wodarg, épidémiologiste auto-proclamé.
Anton



Première partie :
La grippe A(H1N1)


 

La grippe.

C’est une maladie qui est banalisée, ses symptômes sont dénués de spécificité et elle revient chaque  année à peu près à la même période. La grippe saisonnière c’est en France suivant les épidémies de 1,5 à 8,5 millions de personnes atteintes, le nombre de décès variant de 2000 à 7000. Dans le monde le nombre de décès varie entre 300 000 et 500 000. La grippe n’est donc pas une maladie bénigne.

La grippe saisonnière attaque l’hiver car le froid réduit les capacités de défense des voies respiratoires qui sont la cible du virus. Le froid amenant les hommes à vivre en atmosphère confinée favorise la dissémination du virus.

Le virus provoque des lésions des voies respiratoires supérieures qui sont la cause de difficultés

respiratoires. Pour la plupart des gens malades, l’incubation de un à trois jours, est suivie d’une fièvre élevée qui peut atteindre 40°C. La fièvre est accompagnée de maux de tête, de douleurs musculaires et articulaires d’une toux sèche et d’une grande fatigue. Au bout de 10 jours le malade est à nouveau sur pied, mais la toux et la fatigue peuvent persister pendant plusieurs jours.

Pourquoi la maladie peut elle prendre chez certains des formes sévères pouvant aboutir à la mort ?

Les lésions provoquées par le virus constituent des voies d’infection secondaires par les bactéries qui rencontre un terrain propice dans un organisme affaibli par l’infection virale.

La cible du virus étant les voies respiratoires, toute personne présentant des troubles respiratoires (bronchite chronique, asthme, etc…) risque de voir ces troubles amplifiés par l’infection du virus grippal. Par conséquent les personnes présentant des problèmes de santé chroniques sont fragilisés en cas d’infection grippale. Du fait de l’infection, ces maladies chroniques risquent d’évoluer vers des formes aiguës. Il en est de même dans le cas d’insuffisance rénale, hépatique, cardiaque et du diabète dont les traitements sont décompensés par la grippe. Les atteintes virales peuvent toucher les deux poumons et entrainer une insuffisance respiratoire aiguë. Les personnes âgées peuvent être porteuses d’une maladie chronique susceptible d’évoluer vers des formes graves. Mais à partir des voies respiratoires le virus peut attaquer d’autres structures déclenchant des atteintes neurologiques, cardiaques, gastro-intestinale.

Une étude qui parait dans le numéro de janvier d’ « American Journal of Respiratory and Critical Care Medecine » relate le cas de 21 personnes décédés au Brésil des suites de la grippe H1/N1.

L’ensemble des patients présentait une forme progressive et rapidement fatale. Tous les patients sont morts de lésions sévères des poumons. Certains avaient seulement des lésions sévères des poumons, chez d’autres elles étaient associées à une bronchiolite, ou à une « tendance hémorragique ». Certains patients présentaient une réponse immunitaire aberrante suggérant une réponse inflammatoire exagérée induite par l’infection virale ayant endommagé les tissus pulmonaires provoquant des lésions sévères des poumons et une insuffisance respiratoire fatale.

Tous ces patients décédés avaient des problèmes de santé préalables. 16 souffraient de problème de santé chronique.

La vaccination est une nécessité. Elle diminue considérablement (-70%) les risques d’évolution aiguë et par conséquent mortelle pour les personnes à risque.


Le virus de la grippe

Le virus de la grippe humaine comme beaucoup de pathogènes humains est d’origine animale. Il a infecté l’espèce humaine et s’est adapté à l’Homme avec la domestication des espèces et le développement de l’élevage. L’espèce d’origine est aviaire vraisemblablement le canard. La propriété du virus d’infecter différentes espèces animales, associée aux capacités migratoires du canard et à la cohabitation de l’homme, d’oiseaux d’élevage et de porcs dans des espaces retreints est à l’origine des épidémies récurrentes. Epidémies qui peuvent se transformer en pandémie avec la mondialisation des échanges.

Les premières descriptions répertoriées de la grippe datent d’Hyppocrate au Ve siècle avant NE, depuis elles n’ont cessé de s’accumuler. Le siècle dernier a été marqué par plusieurs épidémies. La première appelée grippe espagnole (virus A. H1/N1) fit entre 1918 et 1919 entre 30 et 50 millions de morts. Ce virus était un virus aviaire ayant acquis le pouvoir d’infecter l’homme. L’absence d’antibiotiques pour combattre les infections secondaires et l’absence d’appareils de ventilation furent la principale cause du nombre particulièrement élevé de victimes. 1956 vit la pandémie de grippe dite asiatique virus (A.H2/N2), puis celle dite de Hong Kong en 1968 et 1969 (virus A. H3/N2).

Ces deux virus étaient moins virulents que celui de la grippe espagnole. 1976 vit aux USA la première épidémie affectant l’homme d’un virus d’origine porcine (virus A. H1/N1). En 1977 une épidémie toucha en URSS des sujets jeunes. Il s’agissait de la réapparition d’un virus A H1/N1 contre lequel la fraction la plus jeune de la population n’était pas immunisée. Ce virus circule maintenant avec le virus A. H3/N2 de Hong Kong. En 1997, une épidémie de grippe aviaire décima les élevages de poulets en Asie tuant 100% des poulets infectés. Sur les 18 personnes ayant développé des insuffisances respiratoires, 6 succombèrent. Ce virus A. H5/N1 avait été identifié 40 années auparavant en Afrique du Sud. Il est réapparu en 2003 au Vietnam et Thaïlande décimant les élevages de volailles. Depuis, le pouvoir pathogène de ce virus n’a cessé de progresser, par une accumulation de mutations. En 2006, le premier cas de transmission interhumaine de ce virus fut avéré. Pour l’instant ce virus H5/N1 reste toujours un virus aviaire.


2008 est l’année de la pandémie d’un virus A H1/N1 issu d’un processus de recombinaisons
complexes entre des virus humains porcins et aviaires. Au 1 janvier 2010, 220 décès liés au virus ont été recensés en France.
Dans le monde la grippe H1/N1 est responsable du décès de plus 13 000
personnes.


Classification virale

Les virus de la grippe sont divisés en 3 classes A, B, C suivant leurs déterminants antigéniques. La classe A est la plus dangereuses, la B est moins sévère quant à la C elle induit des infections respiratoires bénignes.

Que signifient les lettres H et N ? L’hémaglutinine (H) est une protéine présente à la surface du virus qui assure la fixation du virus à la cellule. Elle se fixe sur des récepteurs, les acides sialiques. Ces derniers sont différents suivant les espèces animales. C’est le couple hémaglutinine/ acide sialique qui détermine la capacité du virus à infecter une espèce animale. Pour la classe A, il en existe 16 sous types d’hémaglutinine, chaque sous type présentant des variantes. La neuraminidase (N) est une  protéine virale qui libère de la cellule les virus néo-formés. Il en existe 9 sous types. La combinaison des 16 sous types d’hémaglutinine et des 9 sous types de neuraminidase aboutit à 144 combinaisons possibles H/N. Chacune de ses combinaisons présente des variantes de H et de N. Ce qui explique le très nombre de variants du virus grippal.

Pour la classe A, les combinaisons H1N1, H1N2, H2N2, H3N2, H5N1, H7N7, H7N3, H9N3 sont capables d’infecter l’espèce humaine. Les virus de la classe B et C infectent presque exclusivement l’Homme. Le virus H5N1 est un virus aviaire capable d’infecter l’Homme. En effet, alors que dans les dans les parties supérieures de l’appareil respiratoire les cellules n’expriment que des acides sialiques de type humain, dans les parties profondes du poumon, des cellules expriment des acides sialiques de type aviaire. En cas d’infection massive, les virus H5N1 peuvent atteindre les parties profondes du poumon se fixer sur les récepteurs de type aviaire et enclencher des insuffisances respiratoires sévères. Les oiseaux peuvent héberger toutes les combinaisons virales, constituant ainsi un réservoir de souches virales.


Antiviraux (Tamiflu, Relenza)

Par des mécanismes différents ils inhibent la neuraminidase dont l’activité est indispensable au relargage des virus néoformés. Ils ne sont efficaces que s’ils sont administrés très tôt après le début de l’infection.


Evolution du virus

Le génome du virus de la grippe est segmenté en 8 brins d’ARN. La multiplication virale à l’intérieur de la cellule infectée consiste à partir d’un virus infectant à produire des centaines de nouveaux virus qui vont aller infecter d’autres cellules cibles. Au cours de ce processus les protéines virales sont synthétisées en masse et l’information génétique virale est recopiée autant de fois que de particules à produire. Mais la recopie des brins d’ARN n’est pas parfaite. Des erreurs sont introduites qui créent des copies légèrement divergentes du modèle de départ. Ces mutations modifient les protéines virales, qui sont les cibles des anticorps produits lors de l’infection comme lors de la vaccination. Les modifications introduites dans les protéines cibles des anticorps ont pour conséquence que les anticorps ne reconnaissent plus aussi parfaitement ces protéines. L’accumulation des mutations diminue l’efficacité des anticorps produits contre le virus de départ. C’est pourquoi, le vaccin anti grippal n’assure pas une protection constante dans le temps, contrairement aux vaccins dirigés contre d’autres virus dont la séquence du génome n’est pas sujette à la dérive du génome grippal.

Le virus évolue suivant un autre mécanisme appelé la cassure antigénique. L’infection d’une cellule par un virus empêche l’infection par un second virus. Mais ce mécanisme peut être pris en défaut.

Deux virus infectant peuvent donc se retrouver ensemble dans une même cellule. S’il s’agit d’un virus aviaire et d’un virus humain, les virus néoformés peuvent être constitués d’un mélange de brins d’ARN issus du virus humain et du virus aviaire. De plus des processus de recombinaisons entre brins humains et aviaires peuvent se produire conduisant à des brins hybrides. Le virus résultant est un nouveau virus qui peut avoir la propriété de se propager dans l’espèce humaine et qui n’est pas reconnu par le système immunitaire humain. Ce mélange d’informations génétiques se produit dans un hôte intermédiaire cible à la fois des virus aviaires et humains. Cet animal est le porc qui « possède » en outre ces propres virus grippaux. C’est très vraisemblablement chez le porc que se produisent des mélanges et des échanges entre génomes grippaux d’origine animale différente. C’est ce mécanisme qui est à l’origine des épidémies de 1957 et de 1968/1969.

C’est d’Asie et plus particulièrement de Chine qu’émergent les épidémies. Car dans cette région du monde coexistent des élevages porcins, aviaires et des populations humaines importantes.


Surveillance de la grippe

Le réseau mondial sous l’égide de l’OMS est constitué de 116 laboratoires nationaux référents dans 87 pays reliés à quatre centres mondiaux de référence (Atlanta, Londres, Melbourne, Tokyo). En France l’Institut Pasteur pour la partie nord du pays et les Hospices civils de Lyon pour la partie sud sont les deux laboratoires référents auxquels le réseau des groupes régionaux d’observation de la grippe envoie les prélèvements pour analyse. Les souches les plus pertinentes sont envoyées à l’un des 4 centres mondiaux de référence. La synthèse des données recueillies par les centres mondiaux est à la base des recommandations de l’OMS pour la composition du vaccin. Ces recommandations sont envoyées aux firmes pharmaceutiques fabriquant le vaccin.


Vaccination

Le vaccin est un mélange de 3 vaccins. Deux sont dirigés contre deux souches A différentes et un contre une souche B. Le choix des souches est fait par les experts de l’OMS en fonction des souches qui ont précédemment circulé et celles susceptibles d’émerger. L’efficacité vaccinale est fonction de l’adéquation entre les souches choisies pour préparer le vaccin et le virus qui émerge l’année suivante. C’est pour cette raison que contrairement aux autres vaccins, l’efficacité ne peut être voisine de 100%. Et comme l’efficacité du vaccin varie d’un individu à l’autre, son pouvoir vaccinant est renforcé par un adjuvant qui accroit la réponse immunitaire.

Concernant le virus A H1/N1, le vaccin a été préparé à partir du virus isolé et identifié. Son efficacité, de fait, est supérieure à celle du vaccin contre le virus saisonnier.

Concernant la vaccination je renvoie aux liens

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1283

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1288

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1285


Risque de pandémie

Ce risque est constant. Le virus aviaire H5/N1 dont l’extension géographique est considérable peut par réassortiment avec un virus humain être à l’origine d’une pandémie. Bien entendu ceci n’est pas une certitude absolue. Le 20 e siècle a été marqué par 3 épidémies, le 21e siècle a commencé avec  une nouvelle épidémie. La facilité des voyages aériens, la mondialisation des transports favorisent l’expansion des germes, des virus à travers la planète. Les Etats doivent se préparer à l’éventualité d’une pandémie grippale. L’OMS émet des recommandations. Chaque Etat décide ou non de les mettre en oeuvre et de la façon de les mettre en oeuvre. Le virus H1/N1 pose la question de sa recombinaison avec le virus H5/N1 ou avec tout autre virus aviaire ou porcin. A moins de contraindre les humains à ne plus voyager, la vaccination est le seul moyen qui limite l’expansion virale et sa probabilité de recombinaison avec un autre virus grippal.

***********************

 

La façon avec laquelle le gouvernement a communiqué n’a pas aidé à la compréhension des enjeux.

Voulant éviter d’être critiqué pour ne pas en avoir assez fait, il a fait dans la démesure en commandant un stock vaccinal surdimensionné (même dans le cas d’une vaccination ayant nécessité deux injections) l’irrationnel est aussi du coté du pouvoir. Les médias et la presse pour leurs parts ont une responsabilité écrasante. Ils ont d’abord alimenté le catastrophisme en nous bombardant d’informations alarmistes sur la propagation de la grippe puis ont relayé les arguties de toute une série de charlatans auto proclamés spécialistes. Les Français ne savaient plus s’il fallait ou non se faire vacciner. Mais le développement de l’épidémie avec ses victimes a fait progressivement tomber les réticences. Le faible nombre de vaccinés résulte des conditions invraisemblables de vaccination (horaires dissuasifs tout du moins au début, insuffisance du nombre de centres). Mais les files d’attente devant les centres de vaccination montrent que, la rationalité n’a pas disparu.
C’est
encourageant !


Gilles Mercier

 

 

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 19:00

A peine lancé en France [1], le débat public sur les nanotechnologies fait déjà polémique. Il est donc d'une grande importance de comprendre les tendances émergeantes dans les perceptions du public vis-à-vis des nanomatériaux pour communiquer à la fois sur leurs bénéfices et leurs risques et pour développer les régulations encadrant leur développement. Des chercheurs de l'IRES (Institute for Resources, Environment and Sustainability) de l'Université de Colombie Britannique (UBC) en collaboration avec des chercheurs du NSF-Center for Nanotechnology in Society de l'Université de Californie (Santa Barbara, USA) se sont intéressés à cette problématique.

Dans une récente étude publiée dans la revue Nature Nanotechnology, les auteurs ont effectué une synthèse des différents travaux de recherche sur le sujet en vue d'évaluer différentes hypothèses quant à l'acceptation de ces nouvelles technologies par le grand public. Certaines questions sont aussi soulevées. La crainte des risques prendra-t-elle le dessus sur l'appréciation des bénéfices potentiels ? Une augmentation des connaissances réduira-t-elle ou pas la crainte des risques ? Les jugements seront-ils malléables et influencés par une information centrée sur les risques? Les facteurs contextuels et psychométriques utilisés dans les études existantes sur différentes nouvelles technologies peuvent-ils aider à anticiper la perception future des nanotechnologies ?

Certaines des conclusions que tirent les chercheurs viennent contredirent certains résultats couramment admis. Ainsi, si plus de la moitié des personnes interrogées ont quelque familiarité avec le domaine des nanotechnologies (et que parmi elles les 3/4 perçoivent plus de bénéfices que de dangers), le poids inhabituel des personnes sans opinion (44%) pourrait conduire à une forte malléabilité des jugements liés aux risques. Selon les auteurs, il est important que les gens n'aient pas fait de jugements hâtifs. En effet, une éducation manquée sur les nanotechnologies du public pourrait retourner rapidement l'opinion publique contre ces technologies prometteuses.

 

L’article d’origine sur Bulletins électroniques :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61242.htm


 

 

 

 

 [1] Nanotechnologies : s'informer, s'exprimer... et après ? Jean-Marc Manach, Le Monde, 6 novembre 2009 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/XqTBl

 

Source :

 Anticipating the perceived risk of nanotechnologies. Terre Satterfield, Milind Kandlikar, Christian E. H. Beaudrie, Joseph Conti & Barbara Herr Harthorn, Nature Nanotechnology, 2009; DOI: 10.1038/nnano.2009.265 - http://www.nature.com/nnano/journal/v4/n11/abs/nnano.2009.265.html

 

Rédacteur :

 Danielle Ziebelin, attache-scientifique@consulfrance-vancouver.org

 


 

 

Mais au fait, les nanotechnologies existent-elles ?

 

http://nanostelia.wordpress.com/2009/03/30/les-nanotechnologies-existent-elles/

 

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:59

Point de vue :

 

D’un côté  les tentatives d’instrumentaliser l’Histoire au nom du « devoir du mémoire » (comme par exemple en faisant lire la lettre de Guy Mocquet dans les établissements scolaires), de l’autre cette décision gouvernementale de supprimer l’enseignement de l’Histoire Géographie en terminale S. Du moins de rendre la matière optionnelle, c’est-à-dire, dans les faits, moins importante aux yeux d’une majorité de lycéens souvent baignés dans une conception utilitariste à courte vue de leurs études : on n’étudie et on ne révise pas des matières pour ce qu’elles nous apportent en termes de connaissances ou de capacités de réflexion, on ne le fait que pour obtenir le baccalauréat, et on s’empresse de tout oublier !

 

Certes, on peut comprendre pourquoi les jeunes se préoccupent avant tout de réussir leurs études et d’obtenir leurs diplômes, mais qui se préoccupe de leur faire comprendre l’utilité de posséder une culture générale , élément clé de l’esprit critique ? On ne cesse de nous parler de mondialisation, mais on dévalorise l’Histoire et la Géographie ? !

 

Car quand bien même Luc Chatel cherche à rassurer sur le fait que les élèves de classe S auront suivi le même programme grâce en l’alourdissement du nombre d’heures en classe de première (qui passeraient de 2h 30 à 4h hebdomadaires) , cette mesure risque de diminuer encore l’intérêt  des élèves que ces matières ne passionnent pas. Au total, le nombre d’heures consacrés à l’Histoire Géographie en lycée sera de fait moindre pour les élèves de ces sections et sa disparition comme épreuve du Bac la rendra moins importante. Combien d’élèves jugeront importante une matière qui ne pèse rien dans la réussite au Bac ?

 

On apprend que cette mesure, inspirée par l’actuel directeur de Sciences Po, serait en fait destinée… à améliorer  les chances des élèves issus des sections littéraires dans l’accès à l’enseignement supérieur. Drôle de méthode qui consiste à renforcer les chances des uns… en diminuant l’éventail des savoirs des autres. Ca n’est certainement pas comme cela qu’on revalorisera la filière littéraire et les autres filières non scientifiques.

 

Les élèves des classes scientifiques ont autant besoin  de connaissances de bases et de développer une capacité de réflexion sur le monde qui les entoure et sur son histoire que ceux des autres filières ont besoin d’un bagage minimum en matière scientifique.

 

Anton Suwalki

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 12:31

Que celui qui n'a jamais oublié de souhaiter un anniversaire à la date précise me jette la première pierre. Cette fois-ci, c'est celui d'Imposteurs, dont le premier article a été publié le 16 Octobre 2007 que j'ai laissé passer. J'espère au moins que son rédacteur principal me le pardonnera.

 

Quand j'ai créé ce blog, je ne me demandais même pas si je serai capable de l'alimenter pendant 2 mois, 6 mois, un an, 2 ans, ou 10 ans. Deux ans après, je me dis que je me dois de le continuer, tant la formule, le ton volontairement très polémique contrebalancé par le soucis d'argumenter rationnellement et sur des faits indiscutables, de documenter le plus systématiquement possible et de fournir des sources vérifiables, a rencontré un véritable intérêt de la part d'un lectorat certes d'une dimension modeste, mais désormais fidélisé.

 

 

Depuis Septembre, les fonctions d'administration du blog, qui donnent l'origine des visites (et non pas, je vous rassure, l'identité des visiteurs) m'ont permis de constater que jusqu'à 30% des visites quotidiennes proviennent de recherches sur mots clés à partir de Google notamment. Notamment à propos des mystifications de Séralini  ou de la WWF et sa fameuse "empreinte écologique". Sur quelques mots clés, Imposteurs apparait dans la première page des liens (c-a-d traditionnellement les 20 premiers liens). .Jamais il y a seulement quelques mois je n'aurais envisagé cela, tant le flot de la propagande irrationnelle et antiscience que nous entendons combattre  semblait devoir irrésistiblement nous submerger.

 

Je remercie chaleureusement au passage tous ceux qui ont posté sur différents forums et sites internet des liens vers Imposteurs,  qu'il s'agisse d'articles signés par "Anton Suwalki", ou par d'autres contributeurs. C’est grâce à eux que ce site à gagné en visibilité.

 

Si j'ai moi-même oublié l'anniversaire d'Imposteurs, nos adversaires n'ont pas manqué de nous le souhaiter à leur manière. Les articles sur la vaccination ont fait sortir du bois les adeptes des sectes (voire leurs gourous en personne, (Cotten? Guillet ?)) qui débitent les mêmes messages stéréotypés  comme ils le font sur des dizaines de sites, indépendamment du contenu de l'article sur lequel  ils postent , et dont ils ne cherchent même pas à discuter un seul argument. Usurpant au passage l'identité de plusieurs commentateurs réguliers d'Imposteurs, histoire de semer le trouble. Une fois n'est pas coutume, j'avoue n'avoir eu aucun scrupule à pratiquer la censure. Ce site n'a pas vocation à servir de point de ralliement à ce genre d'individus. Il restera toujours ouvert à ceux qui contestent nos idées et nos arguments mais qui souhaitent réellement discuter.

 

En créant Imposteurs, je souhaitais ouvrir une toute petite fenêtre sur la toile pour laisser passer un peu de lumière et de rationalité, là où d'autres tentent de nous imposer la longue nuit de l'obscurantisme. Quelques fenêtres bien plus grandes existaient déjà, telle celle de nos amis de l'AFIS. Mais nos moyens restent très insuffisants face au flot quotidien de la propagande relayée par les grands médias. Courage, ramons !

 

Imposteurs continuera donc à exister , dans 1 an, dans 2 ans, dans 20 ans s'il le faut. Les valeurs du matérialisme scientifique que nous défendons méritent qu'on y consacre de l'énergie.

Anton Suwalki

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 13:38

J’apprends que des personnes souhaitent entrer en contact avec moi et qu’elles ne savent pas comment faire.

 

Rien de plus simple !

 

Il suffit de laisser un commentaire en mentionnant son email dans la case ad hoc ou d’utiliser la fonction contact du blog tout en bas de la page.

 

Bien entendu, si vous souhaitez contacter un autre auteur d’articles publiés sur Imposteurs, je transmettrais vos coordonnées.

Anton

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 12:51

Paraît-il programmé depuis deux ans, la diffusion de « Home » sur France 2 tombait bien pour Europe Écologie deux jours avant les élections. On ignorait toutefois le niveau d’implication directe du gouvernement pour permettre aux écologistes de siphonner les voix du PS et du MODEM, ces principaux adversaires. On sait maintenant que Jean-Louis Borloo a sollicité les préfets pour qu’ils apportent leur contribution au succès du film :

 

Le film de Yann Arthus-Bertrand, Home, diffusé deux jours avant les élections, à grand renfort de publicité, a-t-il influencé le score de la liste Europe Écologie ? Pour Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, la réponse est clairement oui. En effet, au moment des résultats du 7 juin, ce dernier n’a pas hésité à déclarer : « Le score des Verts : Home diffusé deux jours avant le scrutin, 9 millions de spectateurs ! » Or, voilà que Le Monde révèle comment le ministère de l’Environnement – transformé pour l’occasion en ministère de la propagande – a sollicité l’ensemble des préfets pour qu’ils apportent leur contribution au succès médiatique du film. La veille du début de la campagne officielle des élections européennes, le ministère de Jean-Louis Borloo leur a en effet adressé une copie du film, accompagnée d’une lettre appelant les préfets de toutes les régions à ce qu’ils « veillent à la diffusion, sur leur territoire, du film Home de Yann Arthus-Bertrand » ! ….

 

La suite de l’article de Gil Rivière-Wekstein

 

Agriculture et environnement

 

Remarques :

- L’enjeu de privilégier le vote vert était tellement important que Jean-Louis Borloo s’est pris pour le ministre de l’intérieur .

 

- MMR élevée au statut de cyndinicienne, c’est quand même ubuesque. Ca vaut bien le doctorat d’Élisabeth Tessier ! On espère qu’elle aura au moins consulté la signification de cyndinique avant d’aller chercher son trophée.

 

 

Anton

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 17:20

 

Un collectif de statisticiens de l’INSEE et de différents organismes publics a récemment écrit sous le pseudonyme Lorraine data un petit livre : « Le grand truquage » , comment le gouvernement manipule les statistiques (éditions La Découverte). On sort de sa lecture avec un sentiment très mitigé.

Intéressant , pertinent sur certains points, mais les auteurs sont tellement obnubilés par Sarkozy que c’en est parfois risible. Tous ces gens qui foncent tête baissée dès qu’on leur agite le chiffon rouge marqué « Sarko« , ça ne doit pas lui faire bien peur. Tout ça rappelle fort l’époque où Le Pen était l’épouvantail officiel, et lui de rigoler : « je suis la bébête immonde, qui monte, qui monte… ». Enfin, les auteurs sont par moments d’une mauvaise fois évidente.

 

Le retour du concombre masqué

 

A propos du masque, très payant médiatiquement , le procédé de l’anonymat des auteurs (« Lorraine data ») vise à faire croire qu’on a des choses terribles à révéler, et donc forcément qu’on risque très gros. Comme si leur employeur, l’Etat, était incapable d’identifier à peu près qui se « cache » derrière ce pseudonyme. Dérisoire : Il n’y a donc pas que les autruches qui se fourrent la tête dans le sable et s’imaginent qu’on ne les voit pas.

 

Toutes les « révélations » de ces « fonctionnaires tenus au droit de réserve » ne sont pas fausses, loin de là. Les politiciens, plus spécialement ceux au pouvoir, font souvent mentir les chiffres et les détournent de leur signification réelle. Le problème, c’est le fossé entre les prétentions des auteurs et le contenu de leurs révélations. Tout à leur théorie du complot, ils se montrent incapables de hiérarchiser les problèmes selon leur nature et leur gravité. Tout est là pour alimenter leur vision monomaniaque.

 

Enfoncer des portes ouvertes

 

Qu’un homme politique sélectionne dans les stats celles qui sont censées mettre en valeur son action ou mettre en accusation celle de son prédécesseur, c’est tristement banal, on peut presque dire qu’il fait son métier. L’essentiel est qu’il n’empêche pas les statisticiens de faire eux aussi leur métier et que tout un chacun ait la possibilité d’accéder à une information objective (même si ça demande des efforts).

 

Ca n’a rien à voir avec une intervention des politiques visant à fausser les statistiques où à censurer les résultats qui ne leur plait pas. Or il y a eu des tentatives de ce genre, notamment sous le gouvernement Villepin ou sous l’actuel gouvernement, et c’est véritablement inquiétant. Il aurait mieux valu que les auteurs s’en tiennent à l’indiscutable.

On croit sincèrement (moi en premier) avoir acheté du TNT, et on réalise qu’on a entre les mains un pétard mouillé : quand il s’agit d’enfoncer des portes ouvertes, les auteurs font preuve d’un talent incontestable.

 

C’est le cas par exemple sur l’indice des prix à la consommation, qui fait débat sur la place publique depuis des années, pour ne pas dire depuis toujours! Il s’agit d’une moyenne générale qui rend mal compte du coût de la vie subie individuellement, et spécialement pour les ménages défavorisés ces dernières années. Le coût de la vie personnel dépend de la structure de la consommation, du fait qu’on soit propriétaire de son logement ou locataire etc… On peut parfaitement suivre Lorraine data s’il s’agit de dire que d’autres indices plus appropriés, pourraient être utilisés notamment pour la revalorisation légale des salaires, de certaines pensions. Par contre, sous-entendre que l’indice des prix est un bidonnage volontaire de la réalité, c’est parfaitement malhonnête. Il faut d’ailleurs souligner que l’inflation « corrigée » recalculée par leurs soins par catégorie socioprofessionnelle ou par niveau de revenu est certes défavorables aux plus pauvres, mais que l’écart n’est pas considérable : Le premier décile (les 10% qui ont les plus bas revenus) aurait subi de 2001 à 2006 0,9 point d’inflation réelle de plus que l’inflation officielle. Le deuxième décile, le plus désavantagé, 1,1 point de plus. On s’attendrait à beaucoup plus.

 

Chiffres du chômage, une dénonciation vraiment justifiée

 

C’est sur les chiffres du chômage que les auteurs sont les plus convaincants. D’une, les techniques de gestion de l’ANPE qui fournit pour la conjoncture le nombre de demandeurs d’emploi en fin de mois ne sont pas anodines. Des pratiques de radiations accélérées ont conduit bien des fois dans le passé à des évolutions bien arrangeantes pour les  gouvernements successifs. Mais ça  floutait surtout des évolutions conjoncturelles, pas les grandes tendances. Le reclassement « volontariste » des demandeurs d’emploi d’une catégorie à une autre est une pratique de camouflage d’une partie des chômeurs.

 

Mais plus grave encore, les tergiversations de l’INSEE en 2007, juste avant les présidentielles, autour de l’enquête annuelle d’emploi  qui sert à recaler les chiffres issus des données trimestrielles de l’ANPE, tergiversations qui légitiment les soupçons d’une volonté de ne pas nuire au candidat de la majorité sortante. Le plus inquiétant étant que la direction même de l’INSEE ait joué le jeu. D’autant plus qu’Eurostat, l’institut européen a légitimé cette enquête que l’institut national a tenté de mettre au placard invoquant des problèmes techniques pas franchement convaincants.

Conjugués à d’autres attaques sur la fiabilité des données de l’INSEE , ceci confirme un penchant dangereux de la politique à outrepasser ses droits, et à mettre en cause le travail d’expertise scientifique, voire à s’asseoir dessus, comme c’est le cas pour les biotechnologies, voir les nombreux articles à ce sujet sur Imposteurs.

 

Mesure de la pauvreté , tout faux ou presque

 

Dans certains domaines abordés par le livre , on ne dispose que des seules données que veulent bien nous résumer les auteurs, et  porter un jugement sur leurs dires nécessiterait un investissement considérable . On a bien conscience que la communication gouvernementale (et des politiques en général) sur des questions aussi sensibles que la sécurité et les chiffres de la délinquance peut être, plus que nulle part ailleurs, hautement manipulatoire, mais comme Lorraine data en fait décidément trop (cf conclusion), on s’abstiendra de trancher.

 

Dans un domaine plus abordable, celui des indicateurs de pauvreté, ce que défendent les auteurs est tout simplement nul: ils accusent le gouvernement (et Martin Hirch en particulier) d’avoir choisi un indicateur bidon afin de faire correspondre les résultats de l’action publique aux objectifs bien présomptueux de réduire d’un tiers le nombre de pauvres d’ici la fin du mandat présidentiel. Le paradoxe est que , pour peu que la crise économique que nous traversons dure, le choix de cet indicateur est la garantie la plus sûre de constater l’échec de la politique sociale du gouvernement !

 

Personne ne contestera la vérité sociologique que la pauvreté est une notion relative dans le temps et dans l’espace. Un pauvre d’une cité de Nanterre en 2009 n’est pas le pauvre de la campagne française dans les années 1800, ou le pauvre du Kosovo ou du Mali en 2009. La société en changeant crée de nouveaux besoins, de nouvelles normes de consommation etc…

 

Tout le souci est la faiblesse de la définition du seuil de pauvreté admise au niveau international : est pauvre quiconque a un revenu inférieur à 60% du revenu médian de son pays. Il n’est pas de définition plus arbitraire que celle-ci : pourquoi 60%, pourquoi pas 40, pourquoi pas …100 % ? Mystère . Il est absolument impossible de justifier théoriquement ce seuil. 

 

C’est pourtant celui-ci que le gouvernement a abandonné un profit d’un indicateur « ancré dans le temps » (cf supra) et que les auteurs osent qualifier d’indicateur le plus pertinent ! Si ça n’est pas se moquer du monde, ça y ressemble.

 

Au mieux, la définition de seuil de pauvreté relative est un indicateur très partiel d’inégalités sociales, il en existe bien d’autres.

Pour mesurer la pauvreté, on peut difficilement trouver un outil statistique plus frustre. La seule raison qui fait que les auteurs le trouvent pertinent, c’est qu’ils présument que celui-ci va rester stable dans le temps voire se dégrader et que ça leur aurait donc permis de mettre en lumière l’échec du gouvernement (et ils ont probablement tort sur ce point). La mauvaise foi méthodologique repose souvent sur des grosses ficelles .

 

Se reporter à l’annexe où nous essayons d’illustrer le problème…

 

 

 

Pour imparfait que soit le critère retenu par Hirch de seuil de pauvreté « ancrée dans le temps » , il est malgré ces imperfections, plus pertinent et peut-être plus risqué si c’est à cette aune qu’on mesurera le bilan de la politique de lutte contre la pauvreté du gouvernement.

 

 

Selon Lorraine data, le choix du taux de pauvreté ancré dans le temps, s’explique par le fait que cet indicateur a eu le bon goût de diminuer de 40% entre 1997 et 2002, contrairement au taux de pauvreté relative, à peu près stable (-9% tout de même). Ca n’est pas impossible, mais compte tenu de la tournure qu’a pris la conjoncture, si c’est le cas, il pourrait bien s’en mordre les doigts.

 

La période de 1997 à 2002 a été une période de croissance assez soutenue avec à la clef beaucoup de créations d’emplois qui ont permis à beaucoup de gens de sortir de la pauvreté. Or aujourd’hui, tout va beaucoup plus mal qu’entre 1997 et 2002.

 

A tel point que depuis que les statistiques d’emplois existent en France, on n’avait jamais enregistré autant de destructions d’emplois qu’au cours du premier trimestre 2009. Ces destructions touchent en premier lieu des gens dont les salaires se situent pour la majorité entre le seuil de pauvreté relative et le revenu médian.

 

Pour peu que la crise dure quelques années, une forte proportion d’entre eux pourraient voir leur revenu suffisamment diminuer pour rentrer dans les critères de « pauvreté ancrée dans le temps » choisi par Martin Hirch. Dans le même temps, le revenu médian pourrait subir une forte baisse, ce qui aurait effet mécanique de réduire…. La proportion de pauvres si on la compte selon le taux de pauvreté relative.

 

 

Au final, que reste-t-il du Grand truquage ?

 

Même si les problèmes soulevés dans ce livre sont loin d’être méconnus parmi les producteurs et les utilisateurs de statistique économique et sociale, ce livre avait a priori son utilité pour dénoncer des tentatives parfois plus que douteuses des gouvernements auprès du grand public. Là où il échoue, c’est en mettant tout sur le même plan, du coup le public ne discernera plus ce qui relève réellement de mauvaise foi politicienne ordinaire et universelle, des tentatives de truquer , de mettre au pas les statisticiens, et des problèmes techniques qui donnent lieu à des débats ouverts. La mauvaise foi des auteurs est parfois aussi évidente que la mauvaise foi de ceux qu’ils prétendent combattre. Pour Lorraine data, un bon indicateur statistique est un chiffre qui accuse le gouvernement, point barre.

 

Notons enfin des effets de style indignes pour des personnes prétendant s’insurger contre les manipulations de l’opinion : à propos des chiffres de la délinquance, les auteurs notent que les cambriolages et les vols liés à l’automobile avaient baissé avant 2002. Ils écrivent : « Malgré des fluctuations et une brusque remontée en 2001 (à la veille des élections…), les courbes sont globalement orientées à la baisse depuis 1993. » 

 

Demandez aux gens autour de vous comment ils interprètent la remarque entre parenthèses. L’intention ne fait pas vraiment de doute.

 

Nous sommes dans un livre dénommé Le grand truquage. Placés à cette endroit, les 3 points de suspension invitent le lecteur à tirer de lui-même la conclusion que les auteurs n’auront pas le courage d’exprimer clairement, parce que pour le coup, c’est une accusation d’une gravité extrême.

 

Les gens sont donc invités à conclure que cette brutale remontée des chiffres ne doit rien aux aléas statistiques, mais qu’il y aurait eu bidonnage destiné à polariser la campagne sur le thème sécuritaire et à forcer le résultat des élections qui a abouti au psychodrame qu’on connaît : éviction du candidat socialiste, présence de Lepen au deuxième tour, et réélection triomphale, de Chirac par les électeurs de gauche.

 

Si les auteurs du Grand truquage avaient la moindre preuve de cela, ils auraient non seulement le droit mais le devoir de l’apporter sur la place publique.

 

C’est évident que Lorraine data n’a pas de quoi étayer un minimum l’accusation, d’où la figure de style. Venant de gens dénonçant le grand truquage, le procédé n’est pas admissible.

 

Alsace Point Zip

 


 

  Annexe :

Mettons que je gagne 1000 euros par mois cette année et mon voisin, 5000 euros .

 

1er scénario :

 

Mettons ensuite qu’en 2010, je gagne (en euros constants) 1100 euros, et mon voisin 6000 euros (je vais de ce pas crever les pneus de son nouveau 4X4). Comment interpréter cela ?

 

 1/ ma situation matérielle s’est objectivement améliorée ? (+10% par an , je signe le contrat les yeux fermés)

2/ Je suis devenu plus pauvre car relativement à mon voisin je gagnais 20% de son revenu en 2009, et plus que 18,33% en 2010 ?

 

On comprend bien que les deux indicateurs ne mesurent pas du tout la même chose, que les deux livrent une information intéressante (le deuxième pouvant éventuellement m’amener à penser que mon voisin capte indûment une fraction trop élevée de la richesse additionnelle à mes dépends) mais qu’on peut au minimum reconnaître que la notion de pauvreté relative n’est pas dans ce cas l’indicateur « le plus pertinent ».

 

2ème scénario :

Mais inversons la tendance et considérons maintenant que je ne gagne plus que 900 euros qu’en 2010. Mon voisin a lui été licencié de sa boite, et ne gagne plus fin 2010 que 1500 euros, indemnités de chômage dégressives obligeant. Et là formidable artifice statistique, je rame plus que jamais avec mes 100 euros en moins, mais vu sous l’angle de la pauvreté relative défendu par nos valeureux statisticiens, ma situation s’est considérablement améliorée !

 

A moins d’être « warwickien »(*) , on préfère le premier scénario.

 

 C’est un cas d’école un peu caricatural bien sûr, mais utile pédagogiquement pour mettre en évidence la nullité du raisonnement de Lorraine data. Allons plus loin. Cet indicateur est tellement indigent que même dans un pays frappé de famine ou 99% des gens mourraient de faim, techniquement, il est impossible que le taux mesuré de pauvreté dépasse…50%.

 

Le seuil (toujours 60% du revenu médian à une date arrêtée) est certes toujours arbitraire, mais aurait au moins le mérite de servir de mesure à peu près objective sur une durée limitée de quelques années pendant laquelle les normes de consommation changent peu, ne justifiant pas de faire glisser la définition relative de la pauvreté.

 

 A la réserve près du prisme déformant de l’indice des prix, qui a tendance à sous-estimer la hausse du coût de la vie pour les plus pauvres , il ne fait de toute façon aucun doute que cet indicateur est meilleur que le seuil classique retenu au niveau international (indicateur qui ne sera de toute façon pas censuré).On calculera facilement le nombre de personnes entrées dans la pauvreté ainsi définie, le nombre de personnes qui en sont sorties c‘est-à-dire ont amélioré objectivement leur situation matérielle, le solde: c’est finalement pas si mal.

 


 

(*)Allusion aux travaux, qui ont mis en évidence une forme d’intolérance aux inégalités si extrême qu’elle aboutit à des comportements en apparence aberrante, quasi suicidaires. Où des individus sont prêts à tout perdre pour faire chuter celui qui a plus qu’eux. Une atypique évidemment qui a très peu à voir avec une conscience politique et des conceptions élevées de justice sociale.

 

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 13:28


La plate forme over-blog offre à ses blogueurs des « indicateurs de popularité ».

 

Au bout de 20 mois d’existence, Imposteurs ne se porte pas trop mal, et j’en remercie nos fidèles lecteurs.

 

Depuis quelque temps, over-blog fournit le classement de ses blogs. Pour la première fois hier, Imposteurs s’est hissé dans les 1000 premiers. Très exactement à la 783ème place, sur 1000 000 de blogs environ. Et ce toutes catégories confondues : parmi les 50 premiers, presque tous sont consacrés aux recettes de cuisine, à la broderie, la photographie, les « people », etc…autant de thèmes tout à fait intéressants mais très loins des sujets traités par Imposteurs.

 

Over-blog ne fournit pas de classement par catégorie : je me suis inscrit sous le thème Environnement, faute de mieux. Le thème Sciences ne figure pas parmi les catégories d’Over-Blog. Un classement sur de tels critères ne signifierait d’ailleurs pas grand-chose : un petit tour sur les annuaires de blogs permet de constater que des pro-radiesthésie et autres tenants du paranormal s’inscrivent en catégorie Sciences !

 

Imposteurs en progrès certes, mais il faut largement relativiser : Wikio ne le classe que 15345 ème , mais on ignore le nombre total de blogs pris en compte, et les critères de classement sont différents.

 

Au final, le principal motif de satisfaction n’est pas tant la popularité (certes j’aimerais qu’elle soit nettement supérieure !), mais :

 

-au delà d’un nombre de visiteurs quotidiens et de pages lues évidemment fluctuants, la fidélisation d’un nombre appréciable de lecteurs très réguliers.

 

-Le « blog Rank » , qui tend nettement à augmenter (indice 80 sur 100 hier) :

 « Parmi les informations qui interviennent dans son calcul, le Blog Rank prend en compte :

*la régularité dans la mise à jour et l'ajout d'articles

*le temps passé des visiteurs sur le blog et par article

*le nombre d'articles lus par visiteur

*le nombre d'abonnés à la newsletter

*le nombre de visites spontanées ne venant pas d'un moteur de recherche (indice de récurrence)

*l'activité récente (nombre d'articles publiés dans les 30 derniers jours)

*le nombre de commentaires récents

*l'audience globale » (Over-blog)

 

-Le nombre total de commentaires est de 1894, pour 290 articles publiés. Il est vrai qu’il faudrait décompter le déluge de commentaires qui nous est tombé dessus lors de la publication du « rasoir d’Occam ». La distribution des commentaires est logiquement très inégale, certains sujets étant très polémiques, d’autres (des nouvelles de la recherche par exemple) très peu.

 

- Le nombre croissant de liens vers le blog(ceux qui ne sont pas de mon fait) et de visites depuis des forums, des sites (dont certains très sérieux), ou des lettres d’information.

 

Merci à tous ceux qui par leurs contributions sous des formes diverses (articles, commentaires, critiques, infos,etc..) m’aident à en améliorer le contenu  et participent à son modeste rayonnement.

Anton

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 17:50

Hépatite B, cancers du foie... la France à contre-courant « Il y a en France, une génération d'enfants sacrifiés. Ceux nés dans les 10 dernières années, qui n'ont pas été vaccinés contre l'hépatite B. Dans les pays où la vaccination est efficace, le nombre des cas d'hépatite B et de carcinome hépatique (le cancer primitif du foie, n.d.l.r.) diminue, mais attendons-nous à les voir augmenter en France… »

Titulaire de la Chaire de Vaccinologie de l'Université de Genève, Claire-Anne Siegrist préside la Commission fédérale suisse pour les Vaccinations. Cette spécialiste internationalement reconnue est aussi la seule étrangère au comité qui conseille le gouvernement britannique sur ces questions… En cette semaine européenne des vaccinations, son avis prend une résonnance singulière.

« Le jour où la France décidait d'arrêter de vacciner dans ses écoles, nous lancions nos programmes de vaccination scolaire » poursuit-elle. « Nous avons depuis, assisté à un véritable effondrement du nombre des hépatites B aigües en Suisse. Dans les cantons où 60% des adolescents sont vaccinés celui-ci a reculé de 90% et, là où seuls 40% des enfants sont protégés, le recul atteint malgré tout 60%. C'est logique : les adolescents ont des relations sexuelles entre eux. En protégeant un ado, on protège aussi ses partenaires… »

L'inverse est également vrai ! Fin 1998, lorsque Bernard Kouchner décide de ne plus vacciner systématiquement les adolescents, il est vigoureusement critiqué par l'OMS. Soulignant que « plus d'un milliard de doses (de vaccin) avaient été utilisées depuis 1981 avec un exceptionnel niveau de sécurité et d'efficacité », celle-ci dénonçait les « énormes pressions exercées (en France) par des groupes hostiles aux vaccinations ».

Une maladie « tout sauf rare »

Son choix surprit, car le ministre de la santé de l'époque soulignait la sécurité du vaccin… en décidant de ne plus l'utiliser chez l'une des populations les plus à risque. Or les événements signalés en France ne l'ont jamais été … qu'en France. En 2002, l'OMS réaffirme le bien-fondé de la vaccination. En 2003, un consensus international de l'INSERM basé sur un nouveau bilan de pharmacovigilance, recommande « la vaccination universelle de tous les nourrissons, un programme de rattrapage (…) à destination des enfants et des adolescents, le renforcement de la vaccination des personnes exposées et l'accompagnement (…) par des mesures d'information du grand public et des professionnels de santé ». Position réitérée en avril 2008 par le Haut Conseil de la Santé publique.

Claire-Anne Siegrist a participé à ce consensus. « Il était on ne peut plus clair. Or on attend toujours qu'il soit suivi d'effet. En réalité, les réponses des autorités de santé et des politiques (en France) ont été relativement molles, peu engagées…(Or) même dans les pays de faible endémie (comme la France, n.d.l.r.) le virus de l'hépatite B (VHB) est plus fréquent que celui du SIDA (VIH). Il y a donc plus de risque d'y être exposé qu'au VIH ». Or « le virus de l'hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que le VIH », rappelle l'OMS.

Là est l'enjeu. Dans les pays de faible endémie, 0,5% de la population serait porteuse de l'antigène HBs traduisant une contamination par l'hépatite B. En France pourtant « un rapport de l'InVS publié en 2004 fait ressortir une proportion de 0,78% de porteurs » souligne notre spécialiste. Il y aurait donc 300 000 porteurs chroniques en France. Et comme « l'INSERM estime que l'hépatite B provoquerait chaque année 1 500 décès en France métropolitaine, (…) nous sommes en présence d'une maladie qui est tout sauf rare ».

Le virus de l'hépatite B est ainsi à l'origine d'une transplantation hépatique sur dix en France. A Taïwan pays vaccinateur, la mortalité par hépatocarcinome chez les moins de 15 ans a été réduite de plus de moitié entre 1984 et 1990. Mais dans l'état actuel des choses, les observateurs s'attendent à ce que le nouveau « plan de lutte » lancé en France au mois de février ait essentiellement un effet… d'annonce.

Source : Entretien avec le Dr Claire-Anne Siegrist, 25 mars 2009 ; OMS, 1998-02008 ; InVS, 2004

 http://fr.news.yahoo.com/8/20090421/thl-hepatite-b-cancers-du-foie-la-france-be91fa4.html

Repost 0
Published by Anton Suwalki - dans Divers
commenter cet article