Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 14:45

Des chercheurs d'AgroParisTech(1), de l'INRA et du CNRS viennent de publier dans la revue Science les résultats d'une étude sur la migration des plantes avec le réchauffement climatique. Cette étude a mis en évidence une remontée générale des espèces de l'ordre de 29 mètres en altitude par décade. Elle fournit la preuve que les plantes sont en train de migrer avec le changement climatique actuel pour conserver les températures nécessaires à leur survie.

En comparant la distribution de 171 espèces forestières au sein des montagnes françaises entre 1905-1985 et 1986-2005, l’étude a mis en évidence une remontée générale des espèces de l’ordre de 29m en altitude par décade. Dans le contexte actuel de changement climatique, des phénomènes d’extinction et de colonisation avaient déjà été observés pour les plantes chez quelques espèces en marge de leur distribution en milieu boréal ou de haute montagne. Les changements de distribution, peu étudiés chez les plantes de milieux tempérés, ont été analysés à partir des vastes bases de données du laboratoire d’accueil et du CNRS regroupant des milliers d’inventaires floristiques réalisés dans toutes les forêts des montagnes Françaises depuis le début du 20ème siècle. Ces bases de données ont permis de comparer la répartition altitudinale de chacune des 171 espèces étudiées entre les périodes 1905-1985 et 1986-2005 pour une gamme d’altitude de 0 à 2600 m dans les milieux tempérés et méditerranéens représentatifs des montagnes ouest-européennes. La limite de 1985 entre les deux périodes a été choisie car la température moyenne annuelle a augmenté de près de 1°C dans la zone étudiée autour de cette date pivot.

L’étude parue dans Science montre une montée significative des espèces en altitude qui affecte la majorité des plantes. Cette montée est effective quelle que soit l’altitude étudiée et les préférences thermiques des plantes. Elle met également en évidence que les espèces sont affectées par le réchauffement climatique dans toute leur aire géographique d’existence et non pas seulement aux limites de celle-ci comme cela avait été montré auparavant. Les chercheurs ont en effet montré que les espèces ont déplacé à plus haute altitude leurs habitats préférentiels pour conserver la température qui convient le mieux à leur développement, reproduction, et survie. Toutes les espèces ne migrent pas à la même vitesse : les espèces végétales à durée de vie courte, comme les herbacées, ont tendance à migrer plus vite en altitude que les espèces végétales dont la durée de vie est plus longue comme les arbres ou les arbustes. Les herbacées ont bénéficié au cours des dernières décades d’un grand nombre de générations permettant à leurs graines de se disperser en altitude en réponse au réchauffement climatique. Les arbres au long cycle de vie n’ont bénéficié seulement que d'une ou deux générations pour coloniser de nouveaux milieux.

L’ensemble de ces résultats fournit la preuve que les plantes sont en train de migrer avec le changement climatique actuel pour conserver les températures nécessaires à leur survie. Les différentes vitesses de migration entre arbres et herbacées devraient conduire à un changement de la composition des communautés végétales et de leurs relations avec les espèces animales qui interagissent avec elles.

 


 

L’article d’origine sur le site du CNRS:

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1369.htm


 

Notes : 1) Premier auteur, Jonathan Lenoir est étudiant en thèse à AgroParisTech - centre de Nancy, dans le Laboratoire d'étude des ressources Forêt-Bois associant l'INRA et AgroParisTech. Il est titulaire d'une bourse financée par l'INRA.

Références :Lenoir J., Gégout J.C., Marquet P., de Ruffray P., Brisse H., A Significant Upward Shift in Plant Species Optimum Elevation During the 20th Century. Science, 27 Juin 2008.

 

Repost 0
3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 13:12

Une expérience menée au CEA-Iramis(1) par une équipe internationale composée notamment de chercheurs du CEA, du CNRS, de l'Université Paris 6 et de l'Imperial College de Londres, ouvre la voie pour "photographier" l'évolution des nuages électroniques, et ce, aussi bien dans un solide que lors d'une réaction chimique ou en électronique moléculaire. Ces travaux sont publiés dans le numéro de juillet 2008 de Nature Physics.

Le laser est un outil de choix pour filmer la trajectoire des électrons dans les atomes et les molécules (plus précisément les "orbitales atomiques ou moléculaires"). Il permet en effet de produire des flashs de lumière d'une extraordinaire brièveté qui, seuls, permettent de suivre le mouvement des électrons qui s'effectuent en quelques centaines d'attosecondes(2).

En 2003, une équipe du CEA-Iramis (Saclay) avait déjà montré la possibilité de produire des impulsions lumineuses de 130 attosecondes en faisant interagir un faisceau laser excitateur avec un jet d'atomes. Cependant, aucun mécanisme ne permettait de contrôler précisément le déclenchement, la durée et l'intensité des impulsions produites.

Dans le cadre d’une collaboration européenne impliquant notamment le CEA, le CNRS, l’Université Paris 6 et l’Imperial College de Londres, des chercheurs viennent de montrer que l'on peut façonner et contrôler ces impulsions ultra-courtes en remplaçant le jet d'atomes par un jet de molécules linéaires, comme par exemple le gaz carbonique. L'idée a été d'utiliser un premier faisceau laser pour aligner les molécules de gaz, de façon à contrôler leur orientation par rapport au champ électrique d’un second faisceau excitateur. Ce dispositif permet de produire des impulsions lasers façonnables à volonté et positionnées dans le temps avec une précision extrême.

Ce "flash ajustable" à l'échelle de l'attoseconde, instrument indispensable à la réalisation de "photographies" d’orbitales électroniques et de leurs réarrangements, devrait constituer un outil supplémentaire pour de nombreux laboratoires à travers le monde dans les domaines de la chimie, des nanosciences et de la nanoélectronique.


 

 

Notes :

1) Les études ont été réalisées sur le laser Luca de l'Institut rayonnement matière de Saclay (CEA Iramis Consulter le site web), dans une collaboration Angleterre-Pologne-France associant cinq laboratoires. Les deux laboratoires français (Iramis/Spam et Laboratoire de chimie physique matière et rayonnement (CNRS, l'Université Paris 6)) sont partenaires du programme ANR Atto-science.
2) L'attoseconde est le milliardième de milliardième de seconde, soit 10-18 s

Références :

Coherent control of attosecond emission from aligned molecules
W. Boutu, S. Haessler, H. Merdji, P. Breger, G. Waters, M. Stankiewicz, L. Frasinski, R. Taieb, J. Caillat, A. Maquet, P. Monchicourt, B. Carré and P. Salières
Nature Physics 2008 (in press).




L’article original sur le site du CNRS :

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1372.htm


Pour plus de détail :
http://iramis.cea.fr/Phocea/Vie_des_labos/Ast/ast.php?t=fait_marquant&id_ast=1013

 


Repost 0
30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 17:49

Le Centre d'Energie des Pays-Bas (ECN) développe un nouveau type de climatisation, en coopération avec sept universités et entreprises européennes, parmi lesquelles le constructeur automobile italien FIAT et le constructeur de poids lourds Iveco. Il s'agit d'une climatisation pour véhicule routiers fonctionnant à partir de la chaleur produite par le circuit de refroidissement du moteur. "C'est de la chaleur gratuite qui serait autrement évacuée par le radiateur", déclare Dr Ronald de Boer, chercheur à l'ECN.

La génération actuelle de climatisations de voitures participe beaucoup à l'effet de serre, non seulement à cause du carburant supplémentaire utilisé, mais également en raison du liquide de refroidissement. Le nouveau système fonctionne à l'aide d'une pompe thermochimique qui contient du gel de silice. Ce gel, composé de silicium et d'oxygène, alterne l'adsorption et la désorption de la vapeur d'eau. On utilise déjà des systèmes de refroidissement comparables dans les grands systèmes de refroidissement industriels. Le prototype qui sera construit sera inséré dans le coffre d'une FIAT Punto. "Si les résultats sont positifs, il faudra faire le transfert du coffre au capot", déclare De Boer. Ce dernier estime qu'il faudra compter au moins cinq ans avant que la première voiture équipée de ce système soit disponible chez les concessionnaires.

L'ECN envisage aussi de décliner le système sur d'autres applications comme la climatisation des locaux à usage d'habitation et de bureaux.

 


Lire l’article original paru sur :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54370.htm


Repost 0
27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 16:00

Depuis l'achèvement du séquençage du génome humain en 2003, la course au séquençage de routine est lancée. L'objectif est de développer des technologies de séquençage de moins en moins coûteuses afin de permettre le développement de la médecine personnalisée.

Le prix actuel d'un séquençage complet est de 60.000 dollars (proposé par Applied Biosystems) mais les spécialistes s'accordent à dire que ce prix devrait atteindre les 1000 dollars d'ici 3 ans, certains même envisagent de proposer un test pour 100 dollars offrant des résultats en 24 heures.

Les enjeux de la médecine personnalisée sont énormes car celle-ci pourrait, grâce à la détection des variations génétique personnelles permettre de prévoir des sensibilités individuelles à certaines maladies ou encore permettre de développer des médicaments personnalisés. Tout l'enjeu du développement de cette nouvelle médecine réside ainsi dans la réduction des coûts et des délais de séquençage génomique et la résolution des problèmes soulevés par la transition d'un marché assez restreint qu'est celui de la recherche à celui de masse qui concernerait chaque individu.

Le National Genome Research Institute l'a bien compris puisque dès 2004, il a accordé une bourse de 10 millions de dollars sur 5 ans à l'équipe du Dr George M. Church, Harvard pour avancer sur la réduction des prix du séquençage humain. Ce même Dr Church, qui était par ailleurs impliqué dans le Human Genome Project propose ainsi en 2008 une machine efficace et adapté au marché de masse : le Polonator. Cet appareil bio médical, capable de séquencer 10 milliards de paires de bases toutes les 80 heures est proposé pour la somme de 150.000 dollars et présente l'avantage d'être bâti sur un modèle open source. Ses utilisateurs sont libres d'utiliser les enzymes et réactifs de leur choix et peuvent même faire quelques adaptations personnelles. Le Broad Institute, Harvard et Max Plank Institute en ont déjà acheté une.

Deux autres entreprises, encore plus ambitieuses envisagent de développer une technologie qui pourra permettre de séquencer un génome pour 100 dollars en un seul jour. Ces entreprises : Complete Genomics et BioNanomatrix développent ce projet dans le cadre du Advanced Technology Program supporté par le National Institute of Standard and Technology (NIST). Le principe de leur technologie est de détecter des séquences de 5 bases (et non pas une par une) sur des matrices développées sur des technologies de nanofluidique. Selon le Dr Church leur technologie est très intéressante mais ne sera probablement pas opérationnelle avant 5 ans.

Ainsi le développement de technologies permettant le séquençage génomique individuel de masse représente des enjeux tant économiques que de santé publique. Cependant, il soulève aussi de nombreuses interrogations relatives à l'utilisation des données issues de ces séquençages. Certains professionnels soulignent la nécessité de développer une législation stricte liée à ce type de pratique. En effet, avec les progrès technologiques qui permettront de rendre abordables ces tests, certaines compagnies pourraient envisager de proposer des séquençages pour d'autres usages que médicaux. Les professionnels soulignent aussi l'importance de mener une réflexion sur l'importance que prendra ce type de pratique et les risques liés à la discrimination génétique, au développement de pratiques uniquement génétiques occultant les facteurs environnementaux.



L’article d’origine et les références sur :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54816.htm


Repost 0
23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 17:28

Cette fois le doute n'est plus permis. Les scientifiques de la mission Phœnix sont certains que la sonde américaine, qui s'est posée le 25 mai dernier près du pôle nord de la planète Mars, a bel et bien découvert de la glace.

«Nous avons trouvé ce que nous cherchions» s'est félicité l'astronome Mark Lemmon, de l'université du Texas A & M (États-Unis), vendredi soir, lors d'une téléconférence de presse.

Depuis les mesures effectuées en 2002 par l'orbiteur de la Nasa, Mars Odyssey, qui avait détecté de très fortes concentrations d'hydrogène (l'un des deux composants de l'eau) dans la zone arctique de Mars, les scientifiques suspectaient en effet la présence, à cet endroit, d'une vaste calotte glaciaire, dissimulée sous une couche de poussière rougeâtre. Pour en avoir le cœur net, et rechercher par la même occasion d'éventuels indices de vie passée, la Nasa décidait aussitôt de mettre sur pied la mission Phœnix qui vient d'ores et déjà d'atteindre son principal objectif.

Tout a commencé, il y a une semaine, avec la mise au jour, dans une petite tranchée creusée par le bras robotique de la sonde, d'une matière blanche brillante pouvant ressembler à de la glace ou à du sel. L'attention des scientifiques était notamment attirée par huit petits morceaux de ce matériau, de la taille d'un dé, nettement visibles sur les images de la tranchée, baptisée «Dodo-Goldilocks», prises par Phœnix. Or quatre jours plus tard, ils n'apparaissaient plus sur la nouvelle série de photos transmises par la sonde. Ces matériaux étaient donc bien de l'eau gelée qui s'est évaporée après avoir été exposée au soleil, une fois retirée la couche de poussières qui les recouvraient.

Échantillons analysés

«Cette découverte est vraiment incroyable, quelque chose de merveilleux», s'est réjoui le responsable scientifique de Phœnix, Peter Smith, de l'Université d'Arizona (États-Unis) en ajoutant que la surprise a été de découvrir de la glace aussi près de la surface du sol à moins de deux centimètres. Selon lui, Phœnix s'est posée sur un immense glacier. Jeudi dernier, la pelle du bras de Phœnix est également tombée sur une surface très dure en creusant une nouvelle tranchée au milieu d'une zone, de forme polygonale, appelée «Wonderland», qui pourrait aussi être de la glace, a indiqué Mark Lemmon. Mais après avoir tenté, par trois fois, de creuser davantage dans cette couche, le bras de la sonde s'est immobilisé dans l'attente de nouvelles instructions.

Ce bras articulé de 2,35 m de long est également équipé d'un racloir et d'une petite perceuse capables de briser des morceaux de matériau dur. Les échantillons ainsi prélevés sont ensuite analysés après avoir été chauffés jusqu'à mille degrés Celsius dans l'un des huit petits fours de la sonde afin de déterminer leur composition chimique et de détecter la présence d'éventuelles molécules organiques.

Si l'eau a coulé sur Mars, elle a laissé son empreinte sur les minéraux environnants : les impuretés détectées dans la glace peuvent donc en dire long sur l'histoire climatique de cette région et de la planète toute entière.

Mars est actuellement trop froide pour que l'eau puisse y exister à l'état liquide, mais il est possible que dans un passé lointain les régions polaires aient connu des températures plus clémentes, supputent les scientifiques. L'eau qui coulait alors en abondance à sa surface, comme en témoignent les dépôts d'argile découverts en 2005 par la sonde européenne Mars Express, aurait alors été stocké sous forme de glace, lorsque les températures ont commencé à chuter.

L'eau liquide étant essentielle à la vie, la plaine Vastitas Borealis, située à 68° de latitude nord, où Phœnix s'est posée, a peut-être été habitable dans un lointain passé. Après avoir apporté la preuve historique de l'existence de glace sur Mars, la sonde va maintenant s'atteler à ce deuxième volet, tout aussi crucial, de sa mission.
Marc Mennessier



Lire l’article original sur :

 

 

 

http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/06/23/01008-20080623ARTFIG00286-phnix-a-trouve-de-la-glace-sur-mars.php

 


 

 

Repost 0
12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 13:53

WASHINGTON (AFP) .

 Les scientifiques américains de la mission Phoenix ont retrouvé le sourire après qu'un instrument de la sonde a finalement collecté mercredi le premier échantillon de sol martien pour commencer les analyses en quête d'eau et de composants organiques.


La pelle du bras articulé de Phoenix, qui s'est posé le 25 mai dans l'arctique jusque-là inexploré de la planète rouge, avait bien déposé en fin de semaine dernière sa première moisson du sol martien à l'entrée d'un des instruments.

 


Mais l'échantillon trop granuleux ne pouvait pas entrer dans la chambre d'un des huit micro-fours dit TEGA ("Thermal and Evolved Gas Analyzer") qui peut chauffer les matériaux jusqu'à 1.000 degrés Celsius.

"Après avoir actionné une septième et dernière fois le vibrateur pour faire tomber des particules à travers le tamis de l'entrée de TEGA, nous avons été surpris de recevoir des données indiquant que le four était plein", a expliqué mercredi, visiblement soulagé, William Boynton, un des chercheurs de la mission.

"Nous avons actionné le vibrateur plusieurs fois par jour en nous croisant les doigts" pour finir par faire tomber suffisamment de ce sol dans TEGA, a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Ce four ne peut être utilisé qu'une fois mais Phoenix en compte huit.

"Le problème est derrière nous, et demain ou après-demain nous avons bon espoir de pouvoir fermer le four et de commencer les analyses", a-t-il affirmé.


Ce processus "prendra environ cinq jours dont les quatre premiers durant lesquels la température sera progressivement augmentée (...) de manière à identifier l'eau et les différents minéraux présents", a expliqué le scientifique.


En se décomposant sous l'effet de la chaleur les minéraux libèrent l'eau et le dioxyde de carbone (CO2) avec lesquels ils ont interagi chimiquement dans le passé, a-t-il poursuivi.


"C'est un dénouement merveilleux avec l'instrument TEGA", a jugé Peter Smith, le responsable scientifique de la mission Phoenix, de l'Université d'Arizona (sud ouest) qui s'exprimait lors de la même conférence de presse.


Il a souligné que le sol du permafrost martien paraissait "particulièrement intéressant et très inhabituel".


Ce sol est formé d'une fine croûte à la surface qui recouvre un matériau d'apparence sablonneuse. Mais ce sol a aussi tendance à s'agglomérer et à coller. Des portions de l'échantillon déposé dans l'entrée de TEGA adhéraient fortement sur la surface métallique lisse en forme d'entonoir malgré une pente de 45 degrés, a poursuivi Peter Smith.

 

 

Ce matériau est apparemment doté de propriétés chimiques ou électro-magnétiques particulières qui le rend très différent de ce que l'on a trouvé jusqu'à maintenant sur Mars, a-t-il ajouté.

"Nous sommes de ce fait très intéressés d'en scruter un échantillon avec le microscope de Phoenix", a souligné l'astrophysicien.


"Le microscope va nous permettre d'observer l'existence (d'éventuelles) propriétés magnétiques et d'examiner la taille des particules et leur distribution dans ce sol ainsi que leur composition grâce aux différentes couleurs", a-t-il relevé.

Selon Peter Smith les premières images du microscope devraient arriver sur la Terre jeudi. Les commandes ont été transmises mercredi à l'instrument, a-t-il précisé. Il faut quinze minutes à un signal radio voyageant à la vitesse de la lumière pour parcourir les quelque 276 millions de kilomètres séparant Mars de la Terre.

Ces scientifiques se sont aussi dits très confiants que la sonde trouverait de l'eau gelée sous la surface du sol, deuxième étape de son exploration.

"La plupart d'entre nous pense que la couche blanche sous la sonde figurant sur les images transmises par Phoenix est de la glace, mais nous devons encore le vérifier", a indiqué Peter Smith.

Par Jean-Louis SANTINI



La dépêche de l’AFP sur :

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080612/tsc-usa-espace-astronomie-prev-c2ff8aa.html


Repost 0
5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 13:18

Le nouvel intérêt du secteur plastique pour les matières premières renouvelables s'inscrit dans une perspective de respect de l'environnement et de gestion des ressources fossiles épuisables. Ces matières premières végétales, essentiellement des polymères, possèdent des propriétés particulièrement attrayantes en industrie plastique telles que la biodégradabilité, la biocompatibilité, la perméabilité sélective ou encore les propriétés physico mécaniques modifiables.

Ces propriétés trouvent des applications ciblées dans des domaines très variés notamment dans les secteurs de l'emballage, du textile, de l'agriculture, de la pharmacie, de l'électronique ou de la médecine. C'est dans cette optique que des scientifiques du service de recherche agronomique (ARS) à Peoria, Illinois, ont développé un nouveau polymère à partir d'huile de soja. Les chimistes Sevim Erhan et Zengshe Liu de l'ARS ont développé des hydrogels de soja comme alternative biodégradable aux polymères synthétiques actuellement utilisés tels que l'acide et le polyacrylamide polyacryliques.

L'huile de soja est une matière première intéressante parce qu'elle est chimiquement souple, abondante et renouvelable. Les champs de soja peuvent être replantés tous les ans. En 2006, les fermiers des Etats-Unis ont planté 30700 hectares de soja soit 38% de la production mondiale de graines oléagineuses.

Les études sur les hydrogels de soja ont commencé en 1999 au centre de Peoria, au sein d'un projet qui avait pour objectifs les innovations d'utilisation du maïs, du soja et autres produits récoltés dans le Midwest. La production de polymères à partir de ces matières premières s'effectue en deux étapes qui sont la polymérisation et l'hydrolyse. A la suite de ces réactions, il se produit un polymère visqueux d'hydrogel dont la texture varie en fonction de la température et du pH.

D'après les tests réalisés, l'hydrogel de soja semble avoir une capacité d'absorbance de l'eau bien inférieure à celles des polymères issus du pétrole, mais cette caractéristique parait être un avantage. En effet, une étude réalisée par les professeurs Erhan et Liu en collaboration avec des scientifiques de l'université de Toronto a prouvé que lorsque le médicament contre le cancer du sein, la doxorubicin, était encapsulé dans des nanoparticules d'hydrogel de soja, il s'avérait être 8 fois plus efficaces.

Les protéines de soja sont des allergènes connus, mais d'après le professeur Erhan cela ne devrait pas poser de problème à l'utilisation car la structure chimique de l'huile de soja est complètement changée par le processus de fabrication utilisée pour la fabrication de l'hydrogel.

 

L’article et ses références sur :

 http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54820.htm

Repost 0
27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 11:35

La recherche d'énergies renouvelables dites de seconde génération et le développement durable sont au coeur des préoccupations gouvernementales. Les Etats américains souhaitent exploiter au mieux le potentiel que leur offre non seulement leurs ressources naturelles mais aussi leur situation géographique et climatique. Le DOE "Department of Energy" a annoncé la mise à disposition de 7,5 millions de dollars pour le financement de recherches en faveur de nouvelles technologies issues des océans, courants marins et rivières . Dans ce sens, le Massachusetts Technology Collaborate MTC a accordé 250.000 dollars à l'incubateur de l'Université du Massachusetts "the Darmouth's Technology Manufacturing Center" pour le lancement d'un Centre d'énergies marines .

Chaque Etat possède sa spécificité en matière d'énergie (éolienne, biocarburants, énergie solaire etc.). Dans le Massachusetts, la longueur des côtes exposées aux marées s'étend sur 6,130 miles, ces côtes sont les seules utiles pour l'énergie tidale et sont deux fois plus importantes qu'en Californie (3, 427 miles) . Le mouvement des vagues (énergie Holographique), les courants provoqués par la marée (énergie marémotrice), l'amplitude thermique entre la surface et le fond des océans (énergie maréthermique ou Ocean Thermal Energy Conversion OTCE) ou encore le mélange de l'eau douce et de l'eau salée au voisinage des estuaires (énergie osmotique) sont des sources d'énergies immenses encore peu exploitées par l'Etat du Massachusetts. Dans ce contexte, l'agence fédérale pour les énergies renouvelables l'innovation et l'économie (MTC) a donc décidé de financer le lancement du centre maritime pour le développement de nouvelles énergies.

Toutes ces énergies marines sont en effet renouvelables mais leur exploitation pourrait cependant avoir un impact environnemental négatif, et des mises en garde sont d'ores et déjà avancées. En effet, les turbines sous-marines entraîneraient à long terme la désertification du plancher sous-marin, l'installation massive d'usines marémotrices semblerait avoir une influence sur le mouvement de rotation de la terre ce qui pourrait entraîner des conséquences désastreuses sur le cycle thermique terrestre, le pompage des eaux pourrait lui, provoquer la mort d'animaux présents au niveau des captages etc. [5]. D'autre part, les coûts d'exploitation sont élevés et demandent des aménagements sous-marins importants. Par conséquent, l'électricité produite l'est souvent à des tarifs supérieurs à l'éolien ou au nucléaire. C'est l'énergie osmotique qui paraît générer les coûts d'exploitation les plus minimes. Cependant, l'utilisation de cette technologie repose sur la fabrication de membranes et demande une production de grande échelle dans des zones déjà très urbanisées.

Le futur centre d'énergies marines du Massachusetts s'interrogera sur ces différentes problématiques et favorisera ainsi la recherche de nouvelles énergies. Des premiers essais pour le développement de nouvelles technologies pourront s'effectuer dans ce site pilote. Le besoin de financement reste cependant une priorité, le MTC à initié une demande de subvention auprès du DOE. L'agence souhaite financer un panel large de recherches (faisabilité, prototypage, études d'impacts environnementaux, études sur la résistance des matériaux etc.). Conçu sur le modèle d'un centre européen basé à Scotland, l'Etat du Massachusetts espère, à travers cette initiative, pouvoir générer près de 7.000 emplois d'ici 2020, ce qui offre de belles perspectives économiques.

L’ensemble de l’article et les références sur :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54681.htm

Repost 0
22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 15:18

Des chercheurs de Siemens Corporate Technology (Munich) travaillent au développement de capteurs à cellules qui pourraient bientôt permettre de mettre au point des systèmes d'alerte précoces pour la détection de la pollution de l'air ou de l'eau. Leurs travaux, menés en collaboration avec l'entreprise de biotechnologies Bionas (Rostock), se focalisent actuellement sur le développement de cultures de cellules sélectionnées sur des puces en silicium.

Les capteurs à cellules sont très intéressants, car ils réagissent à des variations de leur environnement de la même manière qu'un organisme supérieur, c'est-à-dire par des modifications de leur métabolisme. La puce, en tant que convertisseur de signal, peut immédiatement intégrer ces informations dans un processus d'ordre supérieur et déclencher des mesures permettant de restaurer la qualité de l'eau menacée.

Les chercheurs de Siemens recherchent de manière intensive la meilleure façon de fixer les cellules sur la puce en silicium, car celles-ci doivent vivre et rester fixées sur la puce pendant environ deux mois. Pendant ce temps, les cellules sont baignées dans une solution nutritive à laquelle des prélèvements d'eau à contrôler peuvent continuellement être ajoutés. Ainsi, les cellules sont en permanence mises en contact avec des substances éventuellement nocives. Les puces peuvent exploiter trois types de réactions cellulaires - la respiration, le métabolisme et le changement de forme - qui sont lues par trois types d'électrodes différents. Les cellules hépatiques issues de lignées cellulaires consignées dans une banque de cellules sont particulièrement bien appropriées pour l'utilisation sur les capteurs.

Dans de nombreuses stations d'épuration, c'est actuellement un bassin à truites ou un test à l'aide de chevaliers (insectes marchant sur l'eau) qui permet de contrôler si la station fonctionne correctement ou si le processus chimique est déficient. Le règlement sur l'eau potable (Trinkwasserverordnung) entré en application en 2003 prescrit que les valeurs seuils et les exigences pour l'eau potable doivent être respectées de manière beaucoup plus précises qu'auparavant, pour éviter toute mise en danger de la santé humaine. Il est donc d'autant plus précieux de disposer d'un système d'alerte précoce, qui met en évidence de façon rapide et simple une dégradation de la qualité de l'eau et permet de réagir rapidement.

Le champ d'application potentiel des capteurs à cellules dans le domaine de la mesure de paramètres environnementaux est large. Outre les problématiques de qualité insuffisante de l'eau et de pollution de l'air dans les pièces climatisées, les capteurs pourraient servir à la détection de substances dangereuses ou toxiques dans les lieux publics. Pour les techniciens du bâtiment qui développent des constructions écologiques, pour lesquelles il s'agit de développer des procédés d'épuration aussi respectueux de l'environnement que possible, les travaux de cette équipe de chercheurs sont également d'un intérêt très concret.

 

Paru sur le site :

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53996.htm

Repost 0
21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 14:24

La paléo-génomique ou comment reconstruire l’histoire des génomes des céréales sur 90 millions d’années pour l’amélioration des variétés de demain .

Les chercheurs de l’INRA ont modélisé l’évolution des génomes de céréales (riz, blé, sorgho et maïs) à partir d’un ancêtre commun à 5 chromosomes. Pour cela, ils ont étudié les duplications du génome de blé et ont réalisé une analyse comparée avec le génome du riz et d’autres céréales. Le modèle, qui définit précisément les régions chromosomiques du riz, du blé, du sorgho et du maïs portant des gènes communs, permettra d’utiliser les connaissances acquises sur les génomes de l’ensemble de ces espèces pour améliorer chez le blé des caractéristiques agronomiques aussi importantes que le rendement, la résistance aux stress… Les céréales regroupent plus de 10 000 espèces et constituent la famille botanique la plus importante pour l’agriculture mondiale.

L’article complet et les références sur le site de l’INRA

http://www.inra.fr/presse/paleogenomique_pour_amelioration_varietes_de_demain

Repost 0
19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 16:12

PARIS - Le SIDA, maladie qui a fait plus de 28 millions de morts à travers le monde depuis 1981, "va rester l'épidémie du XXIe siècle", a estimé lundi Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le SIDA (ANRS), à l'occasion du 25e anniversaire de la découverte du virus.

Le patron de l'ANRS a profité de cette commémoration pour appeler les pouvoirs publics à maintenir les budgets de la recherche. L'Agence a les moyens nécessaires, a-t-il déclaré sur France Inter, mais "il faut qu'elle les conserve pour appuyer la recherche fondamentale, la recherche sur le vaccin. L'Institut Pasteur, lui aussi, a besoin de moyens".

Françoise Barré-Sinoussi, chef de l'unité de Régulation des infections rétrovirales à l'Institut Pasteur, a elle aussi souligné la nécessité d'"amplifier" la recherche fondamentale. "Il faut retourner aux fondamentaux, non seulement dans le domaine de la recherche du VIH-SIDA mais des disciplines très fondamentales comme l'immunologie", a-t-elle relevé au micro de la même radio.

Vingt-cinq ans après la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), l'épidémie n'est pas près d'être endiguée. Car, malgré les "énormes progrès qui ont abouti aux traitements d'aujourd'hui", la chercheur n'a pas caché sa "frustration de ne toujours pas avoir de candidats vaccins valables, ce qui montre bien la grande nécessité du retour à la recherche fondamentale si on veut développer de nouvelles stratégies vaccinales".

"Il y a à investir beaucoup, beaucoup et encore en recherche fondamentale", a approuvé M. Delfraissy, car "le vaccin dans le cadre des maladies infectieuses reste la solution".

En attendant la mise au point d'un tel vaccin, la lutte contre l'épidémie passe par les traitements antirétroviraux et par la prévention.

"La prévention montre une certaine efficacité", a noté Mme Barré-Sinoussi, mais "il y a un certain nombre d'indicateurs qui laissent à penser qu'il y a une recrudescence à nouveau de cas d'infection et donc ça montre combien il faut continuer à mobiliser les gens autour de cette infection et des modes de prévention".

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) a été co-découvert par les professeurs Luc Montagnier (France) et Robert Gallo (Etats-Unis) il y a un quart de siècle. Le 20 mai 1983, le Pr Montagnier et son équipe de l'Institut Pasteur faisaient les premières descriptions du virus dans la revue "Science". Un an plus tard, le Pr Gallo et son équipe du National Cancer Institute de Bethesda parvenaient à isoler le VIH.

Depuis l'apparition des premiers cas en 1981, l'épidémie a fait plus de 28 millions de morts à travers le monde, selon SIDA Info Service. Actuellement, plus de 33 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, et toutes les dix secondes une personne meurt du SIDA, selon l'association AIDES. AP

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080519/thl-sante-sida-25-ans-aa61a25.html

 

 

Repost 0
19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 16:08

L'assèchement récent du Sahara ne peut plus être utilisé comme un exemple type de changement climatique et écologique abrupt. En effet, l’aridification du Sahara a été le résultat d’une évolution progressive et complexe qui a eu lieu entre 5600 et 2700 ans en relation avec l’affaiblissement des pluies de la mousson atlantique. C’est ce que vient de montrer une équipe internationale associant le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (INSU-CNRS/CEA/Université de Versailles Saint-Quentin) et l’Institut International de paléoprimatologie, paléontologie humaine, évolution et paléoenvironnements (CNRS, Université de Poitiers). Ces travaux sont publiés dans la revue Science.

 

Alors qu’il y a près de 6000 ans, l'Afrique du Nord était une savane tropicale parsemée de grands lacs, la région du « Sahara vert » est aujourd’hui une des plus désertiques du globe.

 

 

Une équipe internationale s’est attachée à comprendre les causes de ce changement majeur et à analyser sa mise en place. S’agit-il d’un processus lent développé au cours des millénaires ou, au contraire, d’un processus rapide achevé en quelques dizaines d’années généré par la rétroaction positive entre la baisse de la pluviométrie et la dynamique à long terme de la végétation ? Cette question est longtemps restée en suspens car l’assèchement des lacs et l’érosion éolienne, ainsi que la mort des arbres (dus à l’aridité du climat), ont fortement perturbé l’accès aux archives naturelles de l’environnement.

 

Les chercheurs ont donc basé leurs travaux sur l'analyse d'un large éventail d'indicateurs paléoenvironnementaux extraits des sédiments du lac Yoa situé au Nord du Tchad, dans un des secteurs les plus arides du Sahara central(3). Ce dernier est l’un des rares lacs permanents du Sahara, protégé de l’assèchement par les apports constants d’eaux souterraines. Les résultats de ces analyses ont montré que le processus d’aridification de l’environnement régional du lac Yoa s’est matérialisé par la succession d’une végétation tout d’abord tropicale, composée d’arbres au sein d’espaces herbacés typiques des zones de savane soudaniennes, puis d’une végétation plus sèche (sahélienne) et enfin du désert actuel. L’écosystème terrestre enregistre donc une séquence écologique progressive de l’humide vers l’aride. Les chercheurs en ont conclu que l’aridification du Sahara est liée à l’affaiblissement des pluies de la mousson atlantique qui a eu lieu entre 5600 et 2700 ans.

 

L’étude des sédiments du lac Yoa réfute donc l'hypothèse généralement acceptée que le «Sahara vert» qui existait il y a 10000 ans et jusqu’à il y a environ 6000 ans a pris fin brutalement. Par conséquent, l'assèchement récent du Sahara ne peut plus être utilisé comme un exemple type de changement climatique et écologique abrupt. Le milieu naturel est beaucoup plus complexe et intègre des échelles de temps et effets de seuils particuliers à chaque environnement.

 

L’article et les références sur le site du CNRS :

http://www.cnrs.fr/fr/une/080513_sahara.htm

Repost 0
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 08:53

Une étude internationale à laquelle a participé Philippe Potin, chercheur au laboratoire végétaux marins et biomolécules (CNRS/Université Paris 6), a révélé par l'utilisation de rayonnements synchrotron la forme chimique de l'iodure, utilisé par les grandes algues brunes laminaires pour stocker l'iode. Une fois libéré, en cas de stress, l'iodure, un simple ion chargé négativement, agit comme un agent anti-oxydant (le premier agent inorganique connu dans les organismes vivants) protégeant l'algue de dommages cellulaires. Cet élément, oxydé sous forme d'iode moléculaire gazeux participerait à la formation des nuages et influencerait le climat côtier. Ces travaux éclairent les mécanismes de défense au stress des algues et sont publiés sur le site de la revue Proceedings of the National Academy of Science of the USA (PNAS).

L’iode découvert deux siècles auparavant par un chimiste français, B. Courtois, dans les laminaires est un élément essentiel à l’homme, contribuant par exemple au bon fonctionnement de notre thyroïde. Ces algues sont connues comme étant les accumulateurs d’iode les plus performants sur terre et ont longtemps constitué l’unique source de cet antiseptique largement utilisé. Pourtant, jusqu’à présent, la forme chimique et le rôle biologique de l’iode dans les algues restaient une énigme.

Quand les laminaires sont stressées, c'est-à-dire qu’elles génèrent des radicaux-libres à partir de l’oxygène, elles relâchent rapidement de grandes quantités d’iode dans l’atmosphère. C’est ce qui arrive par exemple en cas d’émersion, lors des grandes marées basses lorsqu’elles sont exposées à la déshydratation, à un fort ensoleillement et à l’ozone atmosphérique. L’iodure - dont la forme chimique a été identifiée ici - détoxifie l’ozone et d’autres formes d’oxydants à l’extérieur des cellules, protégeant ainsi l’algue des dommages cellulaires. Ces réactions contribuent à la formation d’iode moléculaire gazeux libéré dans l’air, produisant des noyaux de condensation de molécules d’eau et conduisant à la formation de nuages.

Dans un autre contexte, les laminaires libèrent de l’iodure dans l’eau de mer suite au stress oxydant qui accompagne leurs réponses de défense contre des attaques par des pathogènes comme les bactéries, les virus ou les champignons.

Ces mécanismes originaux impliqués dans la protection des laminaires contre le stress jouent donc un rôle essentiel dans le cycle bio-géochimique de l’iode sur Terre et dans la destruction de l’ozone dans la basse atmosphère. Un élément positif pour notre environnement puisque l’ozone est fortement nocif pour la santé humaine.

L’article et les références sur le site du CNRS

 

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1337.htm

Repost 0
6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 15:09

Des chercheurs du Laboratoire Hépatite C de l'Institut de Biologie de Lille (CNRS/Universités Lille 1 et 2/Institut Pasteur de Lille) en collaboration avec l'unité 602 Inserm et un laboratoire de l'Université de Stanford, ont mis en évidence une protéine bloquant le virus de l'hépatite C dans une étape précoce de son cycle infectieux. Ces travaux, soutenus par l'ANRS, sont publiés le 2 avril 2008 dans la revue PLoS ONE. Ils laissent entrevoir de nouvelles perspectives dans le développement de thérapies visant à bloquer le virus avant qu'il n'entre dans la cellule.

L’hépatite C représente un problème majeur de santé publique touchant environ 130 millions de personnes à travers le monde. En France, avec environ 5000 nouveaux cas par an, on estime qu'un demi million de personnes pourraient être atteintes par cette infection. L’agent responsable est le virus de l’hépatite C (VHC), qui cible les cellules du foie, les hépatocytes. L’infection par le VHC est le plus souvent chronique (60 à 80 % des cas) et peut conduire à long terme au développement d'une cirrhose et d'un cancer du foie. Contrairement aux virus des hépatites A et B, il n’existe aucun vaccin pour lutter contre ce virus. De plus, les traitements utilisés ont une efficacité limitée (40% d’échec environ) et présentent des effets secondaires non négligeables. Il est donc important de mettre au point de nouvelles molécules antivirales pour lutter contre cette infection.

Le VHC utilise au moins trois récepteurs  pour entrer dans l’hépatocyte et l’infecter. Un de ces trois récepteurs est la protéine CD81 qui a la particularité de s’associer avec de nombreuses autres protéines. C’est en étudiant ces protéines associées à CD81 que les chercheurs ont identifié la molécule EWI-2wint. Celle-ci empêche la reconnaissance de CD81 par le virus de l’hépatite C et le bloque au tout début de son cycle infectieux. Cette molécule est présente dans d’autres types de cellules et cela pourrait expliquer pourquoi ces cellules ne sont pas infectées par le VHC. La découverte du rôle de EWI-2wint dans les hépatocytes met en évidence la complexité des mécanismes d’entrée du VHC dans ses cellules cibles et laisse entrevoir de nouvelles approches thérapeutiques.

 

Sur le site du CNRS :

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1321.htm

Repost 0