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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 10:30

Le CRIIGEN a fièrement annoncé la publication d’une nouvelle étude de Gilles Eric Séralini et ses collaborateurs (1) sur les maïs génétiquement modifiés, censée mettre en évidence de « nouveaux risques pour la santé » (2) . Une communication délibérément trompeuse par l’emploi de l’adjectif « nouveau ».

 

L’équipe de Séralini utilise par alternance deux méthodes :

- maltraiter les statistiques en réinterprétant de manière biaisée des résultats d’études toxicologiques effectuées par d’autres.  (3)

- maltraiter des cellules dans le but de prouver la dangerosité du Roundup , (Séralini doit être le recordman des publications à ce sujet), associé cette fois-ci aux toxines Cry1Ab et Cry1Ac produites par du maïs OGM MON 810.

 

Et, tenez-vous bien, GES a encore une fois reçu confirmation de la toxicité du Roundup, mais de plus, il a mis en évidence que les « toxines Bt insecticides telles que celles produites dans les plantes génétiquement modifiées (souligné par moi) peuvent être préjudiciables pour les cellules humaines » .

 

« Nous avons été très surpris par ces résultats » déclare sans rire GES, qui nous prend décidemment pour des lapins de 3 mois. Comme s’il ne s’attendait à obtenir ce genre de résultats dans de telles conditions expérimentales, c’est précisément pour cela qu’il procède ainsi. Il aurait très bien pu mettre en évidence de tels effets avec à peu près n’importe quel produit, à commencer par les mêmes toxines produites directement par le bacille Bt, dont les parties actives sont identiques à celles issues des plantes Bt.

 

Anecdote révélatrice, cette étude avait d’abord été soumise à la revue Toxicology Letters, et visiblement rejetée, avant de trouver preneur dans une autre revue, peut-être moins regardante…

 

Nous vous proposons ci-dessous la traduction d’une critique de l’étude par Bruce Chassy et Henry I. Miller, parue dans le magazine Forbes (4).

 

Bruce Chassy M. est un professeur de sciences de l'alimentation et de nutrition humaine à l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign et ancien membre du Comité consultatif de la FDA des aliments ;

 

Henry I. Miller, est médecin et ancien directeur du Bureau de la FDA pour les biotechnologies, boursier Robert Wesson de la philosophie scientifique et de la politique publique à l'Université de Stanford Hoover institution.

Anton Suwałki

 

La science des choses qui ne sont pas ainsi !

 

 

Prix Nobel de chimie, Irving Langmuir se souvient d’un discours en 1953 au cours de sa visite au laboratoire de JB Rhine de l’université de Duke ou Rhine prétendait que des résultats d'expériences « ESP » ne pouvaient pas être prédits par hasard et qu'il les attribuait à des phénomènes psychiques.

Langmuir a découvert que Rhine, prenait en compte de manière sélective des données brutes dans ses expériences, en omettant les résultats dont il pensait qu’ils risquaient de l'humilier.

 

Langmuir a qualifié cette déviation des principes de la méthode scientifique de «science pathologique», la «science des choses qui ne sont pas ainsi."

 

Pratiquement tous les scientifiques conviennent que la méthodologie de Rhine a franchit la ligne d'incompétence et de négligence et tombe dans la catégorie d’études scientifiques mal conduites, mais cette ligne est rendue floue aujourd'hui par certains scientifiques dont les recherches reflète un agenda politique évident. Souvent, cet agenda est l'opposition irréductible à tout et d'obstruction à la recherche, à un produit ou à une technologie qu'ils se mettent à détester.

 

Un exemple actuel d'un scientifique qui est moins coupable de données truquées pour obtenir la réponse souhaitée que de mauvais résultats à partir d’expériences conçues et grossièrement déformées sont les résultats du biologiste français Gilles-Eric Séralini. Celui-ci s'est fait une spécialité d’expérimentations mal conçues, sans pertinences, ininterprétables (mais sur-interprétées) des expériences destinées à démontrer le préjudice causé à partir de plantes génétiquement modifiées dans différents scénarii très artificiels.

 

Son dernier exercice dans le genre « science pour la propagande » est un article qui vise à montrer les effets toxiques de deux toxines d'une bactérie appelée Bacillus thuringiensis (Bt), qui ont été introduits dans de nombreuses variétés de maïs, le soja et le cotonnier pour améliorer leur résistance aux insectes. (Il est à noter que les spores et les protéines purifiées produites par Bt sont utilisées pour contrôler les insectes nuisibles depuis les années 1920 et qu’elles sont considérées comme sûres, sauf pour les insectes sensibles. De nombreuses souches différentes et des formulations de Bt sont facilement disponibles pour les jardiniers amateurs et sont même utilisée en AB).

 

Séralini et ses collaborateurs ont examiné les effets de deux toxines Bt (en présence et en absence de l'herbicide Roundup) in vitro sur une ligne de cellules de rein embryonnaire humaine en culture.

 

Ils ont cherché - et trouvé - des effets sur trois biomarqueurs de l’apoptose ou «mort cellulaire programmée», à savoir, des changements dans les niveaux d’activité de plusieurs enzymes.

 

Il ya un certain nombre de défauts fondamentaux dans la dernière étude de Séralini et al.

 

Premièrement, parce que les tests en boîte de Pétri (in vitro) ont une faible valeur prédictive des effets sur un animal intact dans le monde réel, et qu’ils ne peuvent constituer un substitut pour tester l’animal entier (in vivo). De nombreux produits chimiques et les protéines que nous consommons régulièrement et sans incident seraient toxiques si ils étaient injectés directement dans les cellules. Afin que l'absorption et la distribution dans le corps soient pris en compte, les tests toxicologiques devraient être effectuées d'une manière qui s’apparente le plus à l'exposition prévisible de l'organisme intact dans les conditions réelles.

 

Deuxièmement, quasiment tous les produits testés sont toxiques pour des cellules isolées en culture dans des boîtes de Pétri. Une concentration élevée de sel de table, par exemple, provoque une  diminution de volume des cellules, leur flétrissement et finalement leur mort ; un grand nombre sont également sensibles aux petites variations de pH. La situation est très différente avec des cellules intactes d’un organisme vivant : les animaux ont mis en place des défenses élaborées contre des millions de produits chimiques présents dans l'environnement qui peuvent endommager les cellules. La première ligne de défense est aussi simple que leur peau, et les cellules qui tapissent le tube digestif constituent une barrière similaire. Les protéines Bt ne peuvent pas pénétrer dans ces cellules, de sorte que les autres cellules des autres organes chez les animaux ne sont pas exposés à ces protéines Bt. Ce fait – que Séralini semble ignorer aisément - est connu depuis des décennies.

 

Troisièmement, Séralini et ses collègues semblent ignorer le vieil adage que « c’est la dose qui fait le poison ». Il est connu depuis Paracelse qui a fait l'observation au 16ème siècle que toutes les choses peuvent être toxiques, mais que c’est la dose qui détermine si oui ou non elles sont nocives. Sans l'exprimer en ces termes, nous le savons tous pour être vrai pour des substances aussi disparates que le monoxyde de carbone et le Tylenol (équivalent du paracétamol).

 

Séralini revendique que, dans ses expériences, les cellules cultivées ont été exposées à des doses généralement utilisées par ceux qui utilise le Roundup (nom commercial d’un herbicide dont la molécule active : le glyphosate est toujours présent) en agriculture, est malhonnête.

 

Les produits alimentaires fabriqués à partir de plantes GM largement cultivées comme le soja ou le maïs et tolérant cet herbicide, ne contiennent que des quantités infimes de Roundup qui sont de plusieurs ordres de grandeur plus faible que celles utilisées par Séralini dans ses expériences.

 

Le Roundup lui-même est à peu près aussi toxique que le bicarbonate de soude. Incidemment, il est intéressant de noter que la protéine Bt protège les cellules de dommages causés par le Roundup. Mais bien sûr, dans le monde réel, jamais les cellules isolées ne seront jamais exposées à ces substances.

 

 

Quatrièmement, les résultats de Séralini sont éclipsés par les résultats bien connus d’expériences in vivo conduites sur des animaux : les protéines Bt ne nuisent pas aux animaux à des doses un million de fois plus élevées que celles auxquelles les humains sont confrontées dans leur régime alimentaire.

De nombreux articles scientifiques (à comité de lecture) ont établi que les protéines Bt sont non-toxiques pour les animaux ou les humains.

Les protéines Bt ont une étroite spécificité biologique et ne sont toxiques que pour quelques espèces d'insectes étroitement apparentées, mais n'ont aucun effet sur d'autres insectes ou les organismes supérieurs. Ces faits, à eux seuls, font que les expérimentations de Séralini ne sont pas pertinentes.

 

Enfin, les toxicologues évaluent les effets nocifs potentiels sur la base de la dose et les niveaux de fréquence de l'exposition. Aux États-Unis, la grande majorité du maïs récolté va à l'alimentation animale et les biocarburants ; moins de 2% de la récolte totale de maïs est utilisé pour fabriquer des produits à base de farine de maïs (chips, repas, etc.). Dans beaucoup de ces produits, le traitement de la farine de maïs conduit à la destruction des protéines Bt.

Dans tous les cas, la cuisson ou la friture dénature les protéines Bt  (comme toutes les protéines), et les autres utilisations alimentaires sont principalement de l’amidon hautement purifié et des huiles qui ne contiennent pas les protéines Bt. Le point essentiel est que l'exposition prévisible de l’homme à ces protéines Bt est nul.

 

Même si de petites quantités sont présentes après transformation et étaient consommées sous leur forme active, elles seraient ensuite dénaturées par l'acidité de l’estomac puis digérées dans l'intestin. Et enfin, même si pour une raison quelconque, elles sont restés intactes après digestion, elles ne sont pas absorbées par le biais des cellules épithéliales du tractus gastro-intestinal.

 

De telles erreurs flagrantes, de telles expérimentations non pertinentes ne devraient pas apparaître dans la littérature scientifique, mais leur présence est néanmoins dramatique parce que leurs conclusions fallacieuses sont collectées puis répétées encore et encore par les militants anti-biotechnologies.

 

Parfois même, elles trouvent leur chemin dans les médias traditionnels, et c'est là que réside le danger. Il déforme l'opinion publique par le biais du phénomène de la «cascade d'information ».

 

Il s'agit de la façon dont les idées erronées se font accepter en étant à plusieurs reprises répétées jusqu'à ce qu'elles soient acceptés comme réelles, même en l'absence de preuves convaincantes.

Beaucoup d'idées fausses au sujet de certaines disciplines, technologies ou produits - la chimie, l'énergie nucléaire et le génie génétique – résultent du « tam-tam » constant d'accusations douteuses de groupes de défense, des politiciens et des médias.

 

La promotion de la technophobie est devenue une industrie majeure aux États-Unis et en Europe.

 

Un autre facteur qui contribue à des malentendus entre le public est ce qui a été appelé "l'ignorance rationnelle», qui entre en jeu lorsque le coût de suffisamment s'informer sur un sujet afin de prendre une décision éclairée sur ce sujet l'emporte sur tout avantage potentiel que l’on peut raisonnablement attendre de cette décision.

 

Par exemple, les citoyens avec leurs préoccupations de vie quotidienne – famille, emploi, santé - ne peuvent pas considérer qu'il soit rentable d’étudier les risques et les avantages potentiels de centrales nucléaires ou des plastifiants dans les jouets pour enfants.

C'est malheureux parce que la liberté d'expression et les processus démocratiques ne peuvent servir la société que si les citoyens sont suffisamment informés pour être en mesure de rejeter les arguments pseudo-scientifiques comme ceux de Séralini et d’autres propagandistes et d’agresseurs de la science.

 

Dans les sociétés libres, les propagandistes comme Séralini peuvent commettre de tels délits ou se mal conduire sans crainte de représailles.

 

Pour contenir ceux qui abusent des sciences, d'autres scientifiques doivent exposer leurs tromperies et les journaux devraient effectuer un examen des articles par les pairs de manière plus rigoureuse et consciencieuse (En tous cas plus rigoureux et consciencieux que ce qui a était fait sur l'article de Séralini).

Bruce Chassy & Henry I. Miller

 

 

Sources

(1) Mesnage R., Clair E., Gress S., Then C., Székács A., Séralini G.-E., 2012, Cytotoxicity on human cells of Cry1Ab and Cry1Ac Bt insecticidal toxins alone or with a glyphosate-based herbicide, Journal of Applied Toxicology 

 (2) http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=374&Itemid=1

(3) Voir dans notre dossier spécial CRIIGEN ces fantaisies statistiques

http://imposteurs.over-blog.com/pages/Tout_ou_presque_sur_le_CRIIGEN-4536267.html

(4) http://www.forbes.com/sites/henrymiller/2012/02/22/the-science-of-things-that-arent-so/

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commentaires

what causes snoring 05/05/2014 12:45

Really appreciate you sharing this article.These are the greatest sorts of human race and CRIIGEN is a very good initiative.That i something that can be done.Really thank you! Really Cool.

Clovis Simard 09/07/2012 03:45


Blog(fermaton.over-blog.com),No-2. THÉORÈME DE CLOVE. - Mathématiques des aliments.

leloup 11/05/2012 15:48


Voici ma critique de l'article de Séralini et consorts sur les Bt toxins et je pense que je vais peut-être la soumettre au Journal of Applied Toxicology en reformulant un protocole pour expliquer
comment ce genre d'études doit être mené, tant la publication du Criigen est indigente, contraire aux bonnes méthodes et accumule le manque de rigueur. Vous pouvez critiquer mon approche
scientifique du problème aussi, mais si vous estimez qu'elle est juste et pertinente, vous pouvez la diffuser en format plus large.


1°) D'abord, Séralini semble ne pas savoir que l'être humain est pourvu d'un estomac à pH acide et qu'il existe une enzyme qui s'appelle la pepsine. Ici, il s'agit de tester l'effet d'une toxine
bactérienne ingérée donc qui passe d'abord par l'estomac. Or Séralini part du principe que les toxines du Bt arrivent telles quelles dans le sang systémique ; il fait un clivage par la trypsine
(l'activation de la toxine n'est possible qu'en milieu alcalin) mais ne se pose nullement la question de savoir si les Bt toxins ne sont pas détruites par l'acidité et la pepsine avant même
datteindre l'intestin. Pourtant in vitro, c'est facile de faire le test... Pour comparaison sur l'importance de l'acidité stomacale dans l'inactivation des toxines bactériennes, je peux vous
citer le cas des neurotoxines botuliques ; pour pouvoir échapper à la destruction , elles sont liées à une protéine hémagglutinine qui les protège, si cette protéine était absente, elles seraient
détruites ; dans le cas des Bt toxins, quel est l'effet de l'acidité et de la pepsine ? Le pH d'un midgut de larves de Lepidoptera (c'est là où se fait la digestion et le clivage des
protéines chez ces insectes ciblés par les Bt toxines) est alcalin,  le pH de l'estomac chez l'homme est environ de 3 mais chute à 1,5 pendant la digestion ; cette différence de pH
entre l'homme et les insectes me paraît significative . De plus, la pepsine n'existe pas chez les insectes qui utilisent d'autres protéases (actives en milieu alcalin seulement) dont la trypsine
présente dans l'intestin chez l'homme ; c'est pour cela que Séralini doit d'abord cliver ses toxines par la trypsine pour les rendre dans la même conformation active que celle qu'on trouve
directement dans le tube digestif des Insectes. Il a oublié que chez l'homme, il fallait d'abord un passage par l'estomac acide et la possibilité que les toxines de Bt n'y "survivent" pas. Dans
le genre "imposture scientifique", vous avouerez que ça, c'est sublime !


2°) autre problème : la température ; les toxines Bt sont-elles ou non thermolabiles à 37°C ? Je n'en sais rien et je vous avouerais que sur ce point, je n'ai pas cherché mais il aurait fallu se
poser la question.


3°) Avant d'arriver dans le sang, la protéine doit franchir la barrière épithéliale intestinale ; à supposer que les Bt toxines soient résistantes à la digestion peptidique et à l'acidité
humaine, il faut qu'elles trouvent un moyen de franchir cette barrière ; les neurotoxines botuliques (encore elles) subissent un mécanisme de transcytose ; ici Séralini n'a même pas cherché à
savoir quels étaient les effets des Bt tox sur l'épithélium intestinal. Et pourtant.... Ces études sont possibles in vitro sur entérocytes humains en système Transwell ; cela permet de voir non
seulement les altérations morphologiques que subissent les entérocytes (perte des tight junctions, perte de la polarité cellulaire, état de la brush border,...) mais aussi d'étudier les marqueurs
de l'inflammation ; pour l'inflammation , on peut compléter par une étude sur culture d'organe in vitro.


L'inflammation, la rupture de l'immunotolérance, la possibilité que les Bt toxines se comportent comme des allergènes, le grand chercheur qu'est Séralini ne sait sans doute même pas ce que c'est,
la preuve c'est qu'il ne se pose même pas la question !


4°) Mais le bouquet final, le crescendo de ce cauchemar (parce que pour s'enfiler un article aussi nul, il faut du courage, croyez-moi), ce qui m'a fait presque pleurer à cause d'un
sentiment d'injustice (car en France on fourgue les postes de PU vraiment à n'importe qui, même si le niveau est nul), c'est sa façon toute spéciale de concevoir une étude de néphrotoxicité. La
méthode Séralini, la voici : peu importe le xénobiotique qu'il étudie, peu importent les mécanismes physiopathologiques que pourrait avoir ce xénobiotique (d'ailleurs il ne rappelle même pas les
mécanismes d'action des toxines qu'il étudie ni les récepteurs de ces toxines, ...), il utilise toujours les mêmes lignées cellulaires (il n'en connaît que trois ! ) et toujours le même paramètre
de la viabilité cellulaire. Or une cellule n'a d'importance que par sa fonction et la toxicité doit être évaluée non à la lumière de la seule viabilité mais à la lumière des fonctions de la
cellule, pour être, in vitro, au plus près possible des faits qui se produiraient in vivo. Aujourd'hui (et si Séralini lisait un article de recherche une fois de temps en temps, il le
saurait) les études de néphrotoxicité utilisent des marqueurs comme KIM-1,... qui permettent de mieux cibler les actions des xénobiotiques. On peut même travailler in vitro sur des systèmes 3D
organoid-like très intéressants par la richesse de leurs marqueurs. Comme Séralini est un navet (garanti non-OGM et 100% naturel, mais un navet tout de même), il n'a même pas cherché le degré de
sensibilité des HEK293 aux toxines bactériennes ni quels marqueurs importants ces cellules pourraient montrer. En fait Séralini utilise ses modèles cellulaires n'importe comment, il ne sait pas
poser une problématique ni sélectionner un modèle de lignée cellulaire ; les HEK 293 sont à mon avis le MOINS BON MODELE en néphrotoxicité car elles n'ont quasiment aucun point commun avec
les cellules épithéliales du TCP. Si je dois faire une étude de néphrotoxicité, je ne choisirai sûrement pas les 293 !


Voilà quelques commentaires, mais j'en aurais beaucoup d'autres à faire pour corriger cet article bâclé et saboté ; je vais me réserver mes corrections pour le Journal of Applied Toxicology qui
devrait faire plus attention aux articles qu'il laisse passer ... Séralini s'est plaint que personne ne commentait scientifiquement ses articles. Eh bien voilà, je crois que j'ai donné des
pistes, on va voir s'il est capable de contrer mes arguments. Et vous verrez qu'il va se débiner en criant à la diffamation ! C'est pratique comma ça, plus personne n'ose le contester par peur de
se retrouver assigné en justice !


J'atteste sur l'honneur l'absence de conflits d'intérêts et n'avoir aucun lien d'aucune sorte avec les sociétés de biotechnologies (je dis ça au cas où il m'accuserait de travailler pour elles),
seul mon amour pour la toxicologie me guide.

GFP 20/03/2012 13:43


@ Astre Noir,


Pas du criigen ? Mmmh, Hilbeck est membre du criigen pourtant. C'est elle qui par le passé avait tenté d'attribuer, à l'aide de protocoles douteux, une toxicité du maïs Bt aux lombrics et à la
chrysope verte... sans succès. Elle est à l'étude d'impacts environnementaux ce que Séralini est à la toxicologie... c'est peu dire.

Astre Noir 20/03/2012 08:20


Encore une étude
biaisée, pas du CRIIGEN cette fois, mais d'un labo qui mériterait un CRIIGEN d'or

Astre Noir 20/03/2012 08:19


Encore une étude biaisée, pas du CRIIGEN cette fois, mais d'un labo qui mériterait un CRIIGEN d'Or

zdravo 10/03/2012 17:02


Une fois de plus, cela va encore passé inaperçu. Pire ça va servir d'argument dans les conférences de M. Vélot... "des publications scientifiques internationales de haut niveaux avec comité de
lecture" "si la publication a été accepté, c'est que c'est bon... sinon elle serait invalidée !"


Difficile de répondre sans perdre 80% de l'assemblée :/

benoît 06/03/2012 19:24


Même une équipe reconnue mondialement peut se faire éconduire de plusieurs journaux. Mais bon c'est un point accessoire je pointais juste cette remarque dans l'article et ça n'enlève rien à la
critique du travail.


Pour une biblio complète de Séralini http://tinyurl.com/72r5h44


Pour répondre à la question, on voit qu'il a publié plusieurs fois dans les même journaux


 

miniTAX 05/03/2012 16:52


Wackes Seppi : "son leader a été honoré du titre de meilleur scientifique de l'année 2011"


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Euh non, vous exagérez. Il s'agit en fait juste de "scientifique international de l'année 2011".


Pour le titre "meilleur scientifique de l'année 2011", il faut payer plus et Seralini n'avait que 370$ à dépenser.

bob 02/03/2012 23:34


Merci pour cette traduction !

Wackes Seppi 02/03/2012 19:36


M. Benoît (commentaire N° 1) :


 


On peut comprendre la frustration d'un jeune chercheur qui se voit éconduire par plusieurs revues.


 


Mais ici, il s'agit d'une équipe connue – à preuve : son leader a été honoré du titre de meilleur scientifique de l'année 2011. Blague à part, ce n'est pas n'importe qui.


 


Je n'ai pas vérifié de plus près, mais j'ai l'impression qu'il n'a pas publié plus de deux fois dans la même revue. Ça aussi, c'est un signe.


 


M. Sceptique (commentaire N° 5) :


 


Mon impression est que cette fois-ci, la mayonnaise n'a pas bien pris.


 


L'illustre a aussi pondu un article anxiogène à souhait, puisqu'il porte sur ce qui nous – à nous les hommes – est le plus cher :


 


A glyphosate-based herbicide induces necrosis and apoptosis in mature rat testicular cells in vitro, and testosterone decrease at lower levels. Toxicol. in Vitro (2012),
doi:10.1016/j.tiv.2011.12.009


 


Il ne me semble pas que les quotidiens aient repris la désinfo. Et pourtant, en pleine polémique sur le MON 810...

Sceptique 02/03/2012 18:18


Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette "exécution" du travail de GES est terrible. Mais hélas, elle restera ignorée de nos journalistes, qui continueront à l'encenscer .

Wackes Seppi 02/03/2012 14:39


Pour ceux qui n'ont pas accès aux revues, le nouveau magnum opus du scientifique international de l'année 2011 est à :


 


http://www.salmone.org/wp-content/uploads/2012/02/seralini-2012.pdf


 


Excellente initiative que d'offrir la traduction d'un texte de deux scientifiques américains dont les thuriféraires de Vélotséralinirobinbelpomme pourront difficilement dire que ce sont des
lobbyistes à la solde de l'industrie chimique.


 


Et excellent texte, auquel il ne manque qu'un point : les libertés que prennent ces gens avec la littérature. Outre la sélectivité, qui les amène à s'autociter plus que de raison, voici deux
exemples :


 


Le scientifique international et son équipe :


 


« Although in vitro studies suggest degradation in human gastric secretions, digestion is never a complete process and insecticide toxins cannot be fully degraded in vivo (Paul et al.,
2010). »


 


Paul et al. (résumé)*:


 


« Concentrations of Cry1Ab protein in GIT digesta of cows fed T diets varied between the lowest 0.38 mug/g of total proteins in abomasum to the highest 3.84 mug/g of total proteins in
rumen. Immunoblot analysis revealed the extensive degradation of recombinant Cry1Ab protein into a smaller fragment of around 34 kDa in GIT. The results of the present study indicate that the
recombinant Cry1Ab protein from MON810 is increasingly degraded into a small fragment during dairy cow digestion. »


 


En fait, on aurait pu s'arrêter à la phrase de nos vedettes : Paul et al. n'ont évidemment pas démontré que les toxines insecticides ne sont
jamais entièrement dégradées, car cette démonstration est impossible (et Paul et al. sont des scientifiques dignes qui ne surinterprètent pas leurs résultats).


 


Le scientifique international et son équipe (c'est la phrase qui suit la citation précédente) :


 


« This is known to be the case for Cry1Ab (Chowdhury et al., 2003). »


 


Chowdhury et al.** :


 


« Trace amounts of Cry1Ab protein were detected in the GI contents but not in the liver, spleen, kidney, muscle or mesenteric lymph nodes. No lesions were observed pathologically. Cry1Ab
protein in the feces was degraded quickly at atmospheric temperature. These results suggested that only a trace amount of Cry1Ab protein survived passage through the GI tract but was not
transferred to liver, spleen, kidney, lymph nodes or muscles. »


 


Comment peut-on citer Chowdhury, a priori connu avant l'établissement du protocole d'essai, et tester l'action de Cry1Ab sur des cellules de rein – de plus, embryonnaires – et
ensuite avoir l'audace d'écrire dans le résumé :


 


« In these results, we argue that modified Bt toxins are not inert on nontarget human cells, and that they can present combined sideeffects with other residues of pesticides specific to GM
plants.» ?


 


Réponse : il suffit de s'appeler Séralini.


 


_________________


 


*  Degradation of Cry1Ab protein from genetically modified maize (MON810) in relation to total dietary feed proteins in dairy cow digestion.


http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19888668


 


**  Detection of Cry1Ab protein in gastrointestinal contents but not visceral organs of genetically modified Bt11-fed calves


http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12678290


 

cdc 01/03/2012 19:03


Nul mieux que Martin Gardner n'a ridiculisé et critiqué le naïf J.B. Rhine (avec Targ, Puthoff et d'autres charlatans - ou trop crédules ?) dans de nombreux livres et ses chroniques merveilleuses
du Scientific American. A relire !

karg 01/03/2012 17:41


Protocole délirant, c'est du GES classique, il pourrait faire la même avec du jus de citron ou de l'ail, l'effet serai encore plus radical. Il manque d'idée ou il fallait qu'il publie pour son
quotat administratif. Bref même pas drôle. 

Benoît 01/03/2012 15:37


Anecdote révélatrice, cette étude avait d’abord été soumise à la revue Toxicology Letters, et visiblement rejetée, avant de trouver preneur dans une autre revue, peut-être
moins regardante…


Lecteur régulier du blog je dois dire que cette phrase n'est pas très agréable à lire... Tout le monde se fait
refuser des papiers, parfois par plusieurs journaux avant de réussir à publier. Cela ne signifie pas pour autant que le travail est mauvais, les raisons peuvent être multiples (choix éditorial,
intérêt du papier jugé pas en accord avec la revue ou que sais je). Je me rappelle d"une anecdote sur le papier de la découverte de l'ADN polymérase qui avait été refusé par JBC et finalement
accepté uniquement parceque l'éditeur avait changé et voyait l'intérêt là où le précédent ne croyais pas à l'histoire.


J'ai pas lu le papier de Séralini ( ça ne saurait tarder) et je suis presque sur de savoir ce que je vais y trouver
(come d'hab!) mais le fait de s'être fait refuser par un journal n'est pas un critère de qualité! Ou alors ça va vexer beaucoup de scientifiques!