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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:27

 

Depuis ce jour de septembre 2012 où Gilles-Eric Séralini et ses collègues du CRIIGEN ont fait exploser leur bombe médiatique en rendant publique leur consternante étude sur les rats nourris au maïs GM NK603 et au RoundUp, de l’eau a coulé sous les ponts.  Certes, le coup médiatique a porté ses fruits, et GES peut ainsi continuer sa campagne pour les « détoxifiants » de Sevene Pharma (1) dans les milieux déjà acquis à sa cause anti-OGM. Et quoi qu’il arrive, il sait qu’il trouvera toujours l’oreille complaisante d’une partie des médias si avides de vendre de la peur, du scandale, du complot et des martyres.

 

Sur le plan scientifique, le compte n’y est pas. Le fait qu’il ait récusé d’avance le jugement des agences d’expertise tels que l’EFSA (2) au motif comique que  les spécialistes ont autorisé un OGM sur des bases dont il prétend avoir démontré « le laxisme » (3) prouve qu’il savait parfaitement que ses conclusions étaient irrecevables. Mais peut-être ne s’attendait-il pas à un tel déluge de critiques de la part de la communauté scientifique. Et il a beau mettre en avant « tout un réseau de 300 chercheurs qui [le] soutiennent au niveau européen » (4), il sait très bien que ceux-ci ne sont pas du tout représentatifs des spécialités concernées par son étude et qu’ils font de toute façon partie de sa tribu (5). Bref,  la consécration médiatique est là (6), mais au prix d’un isolement sur le plan scientifique auquel le professeur n’est pas indifférent, comme l'atteste l’affaire dérisoire du prix du « Scientifique international de l’année 2011 »  (7). Isolement qui doit se faire ressentir dans son environnement professionnel immédiat.

 

Cela pourrait expliquer l’escalade auquel se livre GES qui va d’outrance en outrance : jeudi dernier, il inventait « le canard à l’insecticide » (1). 3 jours plus tard, il se livrait à une ahurissante diatribe dans La Provence (4).  Le point de non-retour semble atteint.

 

"Le réseau mafieux des OGM" 

 

13 agences d’évaluation scientifique sur le plan international (8), les représentants de 6 académies françaises, et plusieurs centaines de scientifiques qualifiés de tous pays qui se sont exprimés à titre individuel ou collectif, ont conclu que l’étude de Séralini présentait d’énormes défauts méthodologiques, des interprétations biaisées, et des conclusions irrecevables.  La première explication de cette convergence qui vient à l’esprit de tout être rationnel est qu’effectivement, l’étude ne doit pas valoir un kopeck. Pas pour GES, dont l’égo interdit toute autre explication qu’un complot orchestré par Monsanto ! « Les méthodes utilisées contre mes recherches sont bien au-delà du simple débat scientifique. J'ai mis au jour un véritable réseau mafieux » (4).  Car bien sûr, les méthodes qu’il a lui-même utilisées sont tout à fait dans les clous du débat scientifique honnête ! Comme l’est le fait de proclamer à des journalistes que les détracteurs de son étude font tous partie d’un réseau mafieux !

 

Pourtant, si on en croit les preuves insignifiantes qu’il avance en soutien de cette thèse, il n’a en fait rien mis à jour, mais s’est contenté de reprendre à son compte les ragots de la toile : «  Oui, l'Efsa, qui a invalidé mes résultats, comporte dans son organigramme nombre des scientifiques qui ont travaillé pour Monsanto, ses satellites, son agence de biotechnologie Ilsi. Et son ancienne présidente, Diana Banati, vient d'ailleurs de démissionner pour prendre des responsabilités au sein de l'Ilsi. » .

Monsanto, ses satellites, son agence de biotechnologie (sic)… Amalgame qui n’est pas sans rappeler le loup de la fable …

   - Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

   - Je n'en ai point.

    - C'est donc quelqu'un des tiens

 … à ce détail près que GES essaie de se faire passer pour l’agneau !

 

Rappelons qu’à notre connaissance, Diana Banati, en tant que directrice de l’EFSA, n’a jamais eu son mot à dire dans les avis émis par le panel scientifique biotechnologie de l’agence. Et que le « laxisme » de cet organisme  est une fable complètement démentie par les faits (9).

 

« un chercheur ex-salarié de Monsanto, Richard E . Goodman, d'éditeur associé, est devenu responsable des articles sur les biotechnologies et les OGM dans la revue Food and Chemical Toxicology, qui a publié mon étude en septembre 2012. Il a donc la haute main désormais sur ce que peut "sortir" la revue. » ….

 

De l’aveu même des médias qui ont inventé cette affaire, Richard Goodman a quitté Monsanto depuis 2004 (10). On peut s’interroger sur la mentalité qui voit dans tout individu ayant travaillé pour une entreprise donnée un simple pantin dont l’ancien employeur continuera à tirer les ficelles des années après (11).

 

« Cela va encore plus loin. Mes données biographiques sur Wikipédia sont systématiquement "révisées" avec des éléments pour me dénigrer par un autre lobbyiste lié à l'industrie biotechnologique. »

 

Encore une fois, quelle preuve a-t-il que celui ou ceux qui révise(nt) sa fiche Wikipédia fait ou font partie du lobby des biotechnologies ? Aucune, bien sûr. Le seul fait d’y lire quelques vérités déplaisantes a valeur de preuve pour lui.

 

A propos …

« Mais ne travaillez-vous pas pour des entreprises comme Auchan ou Sevene Pharma ?

G-E S. : Je ne suis pas payé par ces entreprises, ces groupes, je teste leurs produits. Mon indépendance est totale. »

 

Le critère de l’ « indépendance totale » serait donc, aux yeux du professeur, le fait de ne pas être payé par… Ce qui est déjà fort discutable, puisque ces entreprises financent ses travaux. Pourtant, a-t-il mis en évidence, ne serait-ce que pour un seul individu, du « réseau maffieux », une rémunération par Monsanto qui affecterait son indépendance ? La réponse étant clairement non, on remarquera que GES applique une fois de plus un double standard.

 

         Mais à propos, tout le monde se souvient un article du Figaro qui mentionnait que « le directeur [de Sevene Pharma] nous précise que le laboratoire de recherche de Caen (dirigé par le Pr Séralini, NDLR) a perçu deux fois en 2012 des rémunérations de prestations pour des conférences auprès des professionnels de santé, plus une rémunération en 2011 pour une formation de biochimie auprès de (ses) visiteurs médicaux(12)». 

 

Une information que l’intéressé n’a pas songé à démentir lors de sa réponse incendiaire au journal (13). Un oubli ?

 

Subornation de rats témoins

 

Jamais, GES n’admettra que le rejet de son étude est justifié. Cette obstination se manifeste dans la perte de tout sens de la mesure lorsqu’il s’agit de caractériser ses détracteurs : « [leur] bêtise n’a parfois d’égal que l’ignorance crasse du sujet (13) », « mafieux », etc.. assortie de justifications de plus en plus extravagantes de ses résultats.

 

« On ne peut pas comparer statistiquement des nombres entiers (14)» , assurait-il doctement à ceux qui lui reprochaient d'avoir occulté l'analyse statistique qui aurait démontré que ces résultats n’étaient pas significatifs.

 

Dans son interview à La Provence, il reconnaît au moins implicitement ce dernier point, mais il sort de son chapeau une autre explication qui vaut son pesant de cacahuètes :

« Dans mon "droit de réponse" couché sur papier, je démontre que la firme s'appuie sciemment sur des bases faussées pour assurer que nos rats "traités" avec ce maïs OGM NK603 et avec le pesticide associé Roundup ne développent pas plus de tumeurs que les rats de l'échantillon témoin. »

 

Notons l’amalgame obsessionnel qui transforme les données scientifiques, les études disponibles  en « la firme » (Monsanto), manie le flou artistique qui consiste à employer « nos rats traités » suivis de « les rats de l’échantillon témoin ». Parle-t-il des rats de son expérience, ou des données disponibles sur la propension des rats de laboratoire à développer spontanément des tumeurs, qui est en effet analogue à celle des groupes les plus touchés dans son expérience ?

 

« Pouvez-vous préciser pourquoi ces bases sont faussées ?

G-E S. : Eh bien, tout simplement parce ce que cet échantillon témoin est lui-même, et depuis longtemps, exposé aux pesticides et que les croquettes consommées par les rats ne sont pas bio mais sont contaminées par les OGM.  Ils mangent des résidus d'OGM depuis l966 (15) au moins, les pesticides sont présents depuis les années 1930. Je leur ai mis sous le nez ces éléments en séance contradictoire au Parlement. Lorsqu'on sait cela, on comprend que les rats témoins ont en fait les mêmes caractéristiques que nos rats traités. »

 

Selon cette nouvelle affirmation, on croit comprendre qu’il parle des rats témoins en général. Or chaque étude étant menée dans des conditions expérimentales spécifiques, possède ses propres rats témoins. La comparaison avec les données scientifiques externes est une manière de vérifier qu’il n’y pas quelque chose qui cloche dans les résultats du groupe témoin d’une étude donnée et fausse ainsi l’expérience.

 

GES admet donc au minimum que ses rats traités ont les mêmes caractéristiques que les rats témoins dans les autres études, mais procède subtilement à une inversion - les rats témoins ont les mêmes caractéristiques que nos rats traités)- pour induire le lecteur dans l’idée que « les » rats témoins sont aussi malades que « ses » rats traités… parce que les premiers mangeraient aussi des croquettes « contaminées » par les OGM (ou les pesticides), ce qui constitue une nouvelle preuve de la validité de sa thèse !  On hésite entre hilarité et admiration, devant cette rhétorique vertigineuse.

 

Tout ça n’est que pure élucubration. La composition de la nourriture des témoins dans des études de nourrissage est soigneusement contrôlée et documentée. GES devrait savoir que des études concordantes (16) datant de plusieurs décennies existent et confirment la très forte propension de rats utilisés dans son étude à développer des tumeurs : on peut dans ces conditions totalement exclure l’explication opportuniste d’une nourriture « contaminée par les OGM ».       

 

 

« Au bout du compte, au-delà même du procédé utilisé contre mes travaux, cela remet en cause l'ensemble des recherches basées sur ces échantillons de rongeurs. On a construit dans le monde entier des études faussées, notamment pour affirmer l'absence de toxicité des OGM. Et Monsanto ne veut pas communiquer les données biologiques sur les échantillons de rats témoins.

 

Avec ce type de modèle "infecté", on a bâti un comparateur unique sur le modèle de la pensée unique. Et nos résultats sont parfaitement valides. 90 à 100 % des rats "traités" ont développé des tumeurs. Vous imaginez les milliers de produits dangereux pour notre santé qui se sont vus ainsi délivrer des certificats d'innocuité ? »  

 

Comme quoi, les adeptes de la haute-voltige rhétorique ne devraient pas travailler sans filet. Tôt ou tard, c’est la chute assurée. Voilà que l’ensemble des recherches basées sur ces échantillons de rongeurs seraient remises en cause. Sauf la sienne, bien sûr ! On apprend donc que Monsanto refuserait pas communiquer les données biologiques sur les échantillons de rats témoins. Ce qui est absolument grotesque, puisque toute étude de ce type suppose comparaison des résultats biologiques des groupes traités et des rats témoins. Certes, seule une partie des résultats est publiée dans l’article scientifique consacré à une expérience donnée. Mais en tant qu’ancien membre du CGB, GES n’ignore pas que les données de base de l’étude, que lui refuse justement de fournir, sont accessibles aux experts. Sur quelles données  s’est donc appuyé GES pour ré analyser l’étude sur le MON 863 (17) ( ou d’autres OGM), pour conclure à des signes de toxicité hépatique et rénale ? Comment est-il arrivé à déceler de tels signes dans des études basées sur « un modèle infecté » qui explique selon lui « que les rats témoins ont en fait les mêmes caractéristiques que nos rats traités » ?

 

Fluctuat nec mergitur, dit la célèbre devise. A l’évidence, notre célèbre professeur fluctue beaucoup, mais n’est pas loin de mergiturer!

Anton Suwalki

 

 

Notes :

 

 

(1) http://www.imposteurs.org/article-lithotherapie-numerologie-karmique-canard-a-l-insecticide-et-potion-magique-de-sevene-pharma-118000015.html

(2)http://www.liberation.fr/societe/2012/09/20/ogm-l-auteur-de-l-etude-refuse-une-contre-expertise-de-l-agence-europeenne-des-aliments_847692

 

(3) Ce qui signifie pour résumer : je démontre que j’avais raison lorsque j’affirmais qu’ils avaient tort, donc seuls ceux qui étaient d’accord avec moi ont une légitimité pour examiner mes preuves. On voit où veut en venir ce Mozart de la rhétorique lorsqu’il réclame une « expertise contradictoire » !

 

(4)http://www.laprovence.com/article/edition-marseille/2372541/le-reseau-mafieux-des-ogm.html

 

(5)http://www.ensser.org/about/board-and-staff/

(6)Et encore, tous les médias n’ont pas foncé dans le mur

(7)http://www.agriculture-environnement.fr/a-la-une,6/seralini%E2%80%89-le-prix-de-l-ego,771.html

(8)http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-nk603-110296439.html

(9)http://www.imposteurs.org/article-idee-recue-l-europe-est-laxiste-en-matiere-d-autorisation-des-ogm-117742708.html

(10) http://www.infogm.org/spip.php?article5414

(11)On notera le commentaire exquis d’Inf’OGM (note 10)

« Cette nomination est d’autant plus surprenante que cette revue a déjà dans son comité de rédaction un expert en sécurité sanitaire des OGM avec José L. Domingo, professeur de toxicologie et santé environnementale. Malheureusement pour l’industrie, dans deux études (Domingo 2007 ; et Domingo et Bordonaba 2011), il a exprimé son scepticisme par rapport à l’innocuité sanitaire des OGM.

          Cette nomination pose de nombreuses questions quant à l’objectivité de cette revue. Monsanto a désormais une bonne courroie de transmission au sein de la revue pour décourager la publication d’études qui seraient contraire à ses intérêts économiques. »

Bien sûr, le fait que Domingo, à l’inverse, ait supervisé la relecture de l’étude de Séralini sans rien trouver à y redire, ne pose aucune question !!!

http://www.imposteurs.org/article-etude-du-criigen-sur-le-mais-nk-603-une-bombe-mediatique-et-apres-3eme-partie-110835521.html

(12)http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/01/09/01008-20130109ARTFIG00671-ogm-les-liaisons-dangereuses-du-pr-seralini.php

(13) http://www.criigen.org/SiteFr//index.php?option=com_content&task=view&id=464&Itemid=1

(14)http://gmopundit.blogspot.com.au/2012/10/gmo-statistics-part-18-seralini-repond.html#!/2012/10/gmo-statistics-part-18-seralini-repond.html

(15) On ose espérer qu’il s’agit d’une coquille et que GES voulait dire 1996…

(16) on peut citer des études datant des années 70, bien avant la création de la première plante génétiquement modifiée..

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/521452

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/558099

(17) New Analysis of a Rat Feeding Study with a Genetically Modified Maize Reveals Signs of Hepatorenal Toxicity, Archives of Environmental Contamination and Toxicology, May 2007

 

 

 

 

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commentaires

strong magnets 10/03/2014 12:50

Ralini: the price of the excesses and blindness is a good share you have here for the readers about the technology and development and I am happy that you have shared here. Such sharing is of vital updates with necessary input and collection for all.

tom 17/06/2013 18:12


@ comm #19 : avez-vous songé un instant que Chris puisse être un prénom et Hely un nom ? Pensez-vous vraiment que des lacunes en orthographe et/ou en étymologie soient un signe de médiocrité ?

antiscamdrugs-lutte contre la désinformation 17/06/2013 15:38

à Helychris M. Helychris a un drôle de nom. On dirait qu'il a voulu écrire Helichrysum sp., une plante qu'on utilise en aromathérapie mais comme cet(te) imbécile ne sait pas le grec (de hêlios
"soleil" et chruson "or"), ni la pharmacopée, il a fait une faute d'orthographe. On n'aime pas les médiocres qui ne connaissent pas l'étymologie chez nous, ça va être ta fête, le pusillus animus, à
supposer que tu oses ramener ta Rosacée ici.

Anton Suwalki 15/06/2013 17:36


"Défendre la rationalité, la science ou la vérité avec aussi peu de rigueur, d'information et d'analyse est a ce point étonnant que j'ai cru d'abord à une parodie." @Helycris, serait-ce trop vous
demander de condescendre à fournir quelques exemples de ce qui nous vaut un jugement aussi sévère ? Que pouvez-vous réfuter par exemple dans cet article ? Je vous en prie, allez-y, j'adore les
défis. 

tom 15/06/2013 12:02


Oups, pardon, j'ai voulu écrire "Helychris", désolé. Tom.

tom 15/06/2013 12:00


@ Helichris : je ne sais trop que penser ... me voilà dans le doute ... pourriez-vous me donner un exemple de blog, de site ou autre, dont la rigueur et la qualité des analyses vous sembent
convenables. J'attends avec impatience votre réponse. Merci. Cordialement. Tom.

Helychris 14/06/2013 01:17


@Zdravo


Je vous réponds par courtoisie.


Tant mieux si ce blog vous satisfait. 


Il est sans doute, d'ailleurs, fait pour cela.


 


 


 

Zdravo 13/06/2013 13:46


@Helychris : Et bien relisez bien ce blog.


 


Imposteurs a fait parti des premiers blogs à démontrer les ragots/rumeurs et autres études "mal ficelées" (pour ne pas dire bidon)  de la bande à Vélot (& consort) à l'aide
justement d'un argumentaire scientifique assez robuste et très sourcés. Chacun est libre de vérifier... Encore faut-il être apte à comprendre (sous-entendu, avoir les bagages techniques et
scientifiques) et d'accepter de se remettre en question. En ce sens ce blog à évoluer : je trouve qu'il était peut-être plus ouvert au grand public que maintenant ?


 


C'est un peu le problème de "combattre" les pseudo-sciences et les études bidons. Tu es obligé d'aller sur le plan scientifique (ce qui écarte une large majorité de M. lambda) avant d'essayer de
vulgariser (qui prend 10x plus de temps car il faut tout revoir, sans non plus trop simplifier et d'induire en erreurs).

Helychris 11/06/2013 22:07


Après avoir parcouru le temps qu'il mérite ce blog, je songe que l'on est pas sorti de la grotte depuis si longtemps.


Défendre la rationalité, la science ou la vérité avec aussi peu de rigueur, d'information et d'analyse est a ce point étonnant que j'ai cru d'abord à une parodie. 


En admettant que ce blog dénonce des imposteurs, il s'est manifestement oublié dans la liste. 


 


 

antiscamdrugs-lutte contre la désinformation 11/06/2013 18:38

A Wackes Seppi Pour répondre à votre remarque, oui, les questions étaient trop gentilles parce que ça mégotte sur des détails, "c'est écrit dans le bouquin", "c'est pas écrit", "on a dit que" ...
C'est mou du genou. Bien sûr que D. Chauvin ment comme un arracheur de dents, n'est pas parrain de secte qui veut... Vous vous attendiez à quoi ? Mais, à l'issue de l'audition , qu'avez-vous appris
? Rien. Les secteux ont-ils eu l'air déstabilisés ? Que nenni ! Nous, on les aurait d'abord attaqués sur les faux traitements pour le foie... Mon petit plaisir perso... Quelle jouissance ! Puis sur
les flux de capitaux à l'étranger et sur leurs petites activités à Bogota, à Mexico etc... Et pour clore le spectacle, puisqu'ils se prétendent d'inspiration chrétienne, on les aurait cuisinés sur
la religion chrétienne qu'ils doivent forcément bien connaître puisque ce sont de bons chrétiens... Parce que ça, pour vous déstabiliser une secte, y a pas mieux. Dans notre groupe, on a un
sociologue, une linguiste qui lit couramment le latin et le grec ancien et deux historiens dont un spécialisé en histoire des religions qui lit l'hébreu. On aurait vu leur tête aux secteux ! Le
fun, je vous dis pas ! En France IVI se tient tranquille, ils se font passer pour une petite boîte fauchée, mais c'est une façade pour détourner l'attention et pour endormir la Miviludes... Et
qu'est-ce qu'ils foutent à l'Unicaen ? Ils prient ? Non, ils s'implantent comme des Pediculus pubis dans les poils inguinaux ! Alors vous comptez faire quoi pour éliminer les poux ?

loup garou 11/06/2013 12:01


Bill a écrit...


 


===> mouais, bof, rien de bien nouveau sous le soleil, si ce n'est encore un peu d'agitation escrolo... la publi en question est ici :


 


http://www.nature.com/nbt/journal/v31/n6/pdf/nbt.2597.pdf


 


l'acquisition de résistance n'a rien d'exceptionnel ce serait le contraire qui le serait..., et les moyens de lutter contre sont connus comme c'est d'ailleurs rappelé dans la publi... qui précise
que les résultats en champ appuient les prédictions théoriques...


 


P.S. à noter la déclaration de conflit d'intérêt :


 


B.E.T. is coauthor of a patent on engineering modified Bt toxins to counter pest resistance, which is related to published research (Nat. Biotechnol. 29, 1128–1131,
2011). Dow AgroSciences, Monsanto and Bayer CropScience did not provide funding to support this work, but may be affected financially by publication of this paper and have funded other work by
B.E.T.


 


P.S. 2 bizarre personne ne parle de l'article de Marcel Kuntz et al. publié dans le même numéro :


What the French ban of Bt MON810 maize means for science-based risk assessment


 


http://www.nature.com/nbt/journal/v31/n6/full/nbt.2613.html


 


à noter que Kuntz et al. ne déclarent,eux, aucun conflit d'intérêt....

bill 10/06/2013 22:59


La résistance des insectes ravageurs s'accroît face aux plantes OGM

Wackes Seppi 10/06/2013 21:34


 « Rien d'intéressant, les questions étaient trop gentilles... » ?


 


Au contraire ! Il faut bien lire ; recouper en interne et en externe.


 


Déjà, pour commencer, M. Chauvin se retranche derrière notre droit, ou plutôt la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l'Homme qui a porté un coup majeur à la lutte contre les
sectes et les mouvements sectaires : « ...les sectes n'existent pas dans notre droit » a-t-il dit.


 


Exemple :


 


« M. Alain Milon, président. - Confirmez-vous qu'un de vos membres s'est félicité que les adeptes d'IVI sont parvenus à bloquer un incendie, à Marbella, en
2012, grâce à des vibrations ?


 


« M. Daniel Chauvin. - Je ne sais pas. Il s'agit d'un témoignage ? »


 


Il ne sait pas ce qu'il y a (encore...) sur son site :


 


http://www.invitation-a-la-vie.org/actualites/agir-par-la-priere-incendies-marbella.html


 


Il se moque du monde !


 


On poursuit :


 


« Mme Lorraine Bounine Cabalé. - Je m'étais renseignée sur cet article. La personne interrogée avait expliqué que, lors de l'incendie, les membres de
l'association locale avaient récité des rosaires pour protéger la Terre et procéder à des séances de vibrations. Mais à aucun moment ils n'ont prétendu avoir arrêté le feu. C'est l'article qui le
dit. »


 


Que dit l'article ? Non pas du Monde, mais du site d'IVI :


 


« Juste un détail : le premier jour, la prière avant les vibrations commença vers 5h15/5h30. En rentrant chez moi, les nouvelles disaient : "A partir de 5h30 de l’après-midi, nous avons
observé une diminution de l’intensité des flammes…"


 


« Par ailleurs, la zone à l’extérieur de Marbella où nous avons très souvent fait des vibrations a été complètement protégée ainsi que la Réserve de la Biosphère qui se trouve à
proximité, grâce aux vents. »


 


Mais c'est vrai que l'adepte n'a pas dit... Pas explicitement.


 


Les « explications » sur les liens avec Sevene Pharma sont aussi savoureuses :


 


« M. Daniel Chauvin. - C'est une erreur médiatique. Sevene Pharma possédait des bureaux trop chers à Paris. Nous avons cherché à "réduire la voilure". Un
appartement s'est libéré à côté du siège d'IVI. Nous avons conclu un bail pour une durée d'un an, le temps de trouver un nouveau lieu pour nos bureaux. [...] Malheureusement IVI est victime d'un
amalgame orchestré pour nuire à M. Séralini dont les études sont contestées. Sevene Pharma a travaillé avec lui à l'occasion d'études sur l'action de médicaments sur les cellules humaines. Son
laboratoire était plus adapté. Il n'est pas adhérent de notre association et ne lui est en rien associé. Mais comme une campagne pour lui nuire s'est mise en place, les vieux clichés resurgissent
tels que nous les connaissons depuis vingt ans. »


 


Ce ne fut une « erreur médiatique » qu'à partir du moment où M. Gil Rivière Wekstein eut soulevé le lièvre...


 


Quant aux liens occasionnels...


 


Enfin (tout au moins pour ce commentaire), l'échange sur l'opuscule Homme nouveau, nouvelle médecine vaut son pesant d'or :


 


« M. Jacques Mézard, rapporteur. - Votre site indique que Homme nouveau, nouvelle médecine était un livret interne à IVI édité pour la première et dernière
foisen 1985 et qui ne circule plus depuis vingt ans. [...]


 


« Mme Catherine Cordier De Bartha. - C'est un livre qui n'existe plus. Il ne circule plus depuis vingt ans.


 


« M. Jacques Mézard, rapporteur. - Soit vous cautionnez le contenu de ce livre, soit vous ne la cautionnez pas. Quoi qu'il en soit, il est extrêmement dangereux pour les
malades.


 


« M. Daniel Chauvin. - Cela fait vingt ans qu'il n'existe plus.


 


« M. Jacques Mézard, rapporteur. - Dont acte, mais admettez que ces propos s'agissant d'un livre écrit par la fondatrice de votre association prêtent pour le
moins à confusion.


 


« M. Daniel Chauvin. - Ce n'est pas Yvonne Trubert qui l'a rédigé mais un collectif de médecins qui ont décidé très naïvement d'écrire un livre tel qu'il en
existe beaucoup d'autres en librairie et qui ne correspond pas du tout à l'objet de l'association. Mais ils ont cru bien faire....


 


« M. Jacques Mézard, rapporteur. - Monsieur, comment pouvez-vous considérer que des médecins puissent écrire naïvement que l'on "peut arriver à irriguer
totalement et à détruire la maladie » et que « les métastases s'envoleront sous vos doigts" ?


 


« M. Daniel Chauvin. - Ces phrases ne viennent pas de ce livre. Il s'agit de propos repris à la volée dans les séminaires d'Yvonne Trubert et sur lesquelles
toutes les campagnes médiatiques se sont fondées.


 


« M. Jacques Mézard, rapporteur. - "Les maladies organiques les plus graves comme le sida ou le cancer sont entièrement guérissables. Il est inutile de
recourir à la médecine traditionnelle" ; nous prenons acte du fait que ces propos ne traduisent pas votre position actuelle mais admettez qu'ils sont dangereux. »


 


Voilà donc « un livre tel qu'il en existe beaucoup d'autres en librairie et qui ne correspond pas du tout à l'objet de l'association » écrit par des médecins naïfs, contenant
des propos qui ne proviendraient pas de ce livre (riez aux éclats... M. Mézard ne doit pas savoir lire !) mais auraient été « repris à la volée dans les séminaires d'Yvonne
Trubert » (fondatrice d'IVI), propos qui «  ne correspond[ent] pas du tout à l'objet de l'association »...


 


Un livre dont il a été dit précédemment au cours de l'audition :


 


« Mme Catherine Cordier De Bartha. - Ce livre n'est plus publié depuis vingt ans. Il s'agissait d'un petit livre à usage in

antiscamdrugs-lutte contre la désinformation 10/06/2013 15:47

"J'ai mis au jour un véritable réseau mafieux. » Ah bon ? Quel menteur ! Il faudrait qu'il nous définisse le mot "mafia", parce que le crime organisé répond à des définitions bien précises sur le
plan géopolitique et en termes de stratégies d'expansion. On a raison de comparer les sectes à la mafia : beaucoup de stratégies similaires (invisibilité, infiltration des milieux politiques et ds
institutions publiques, fraudes fiscales (évasion, sociétés écrans), recherche de leaders d'opinion pour acquérir la respectabilité, mesures d'intimidations (menaces...) pour faire taire les
importuns, organisation hiérarchique sévère de type pyramidal, liens avec trafic de drogue, trafic d'êtres humains... ) Quand on s'acoquine avec IVI, c'est forcément qu'on est pourri, aucun
chercheur intègre, aucun enseignant digne de ce nom n'accepterait de mettre en danger ses étudiants en faisant entrer une secte dans son université... IVI est en Colombie, au Mexique, au Nicaragua
et une chose est sûre, ils n'y sont pas pour faire de l'aide humanitaire... Nous, c'est ça qu'on cherche, la contrefaçon de médicaments et le trafic d'organes. La Colombie et le Mexique sont des
pays de ventes d'organes... Un peu trop de toubibs et de bourges friqués chez IVI et un peu trop de volonté de se faire passer pour des chrétiens (alors qu'ils ont été rejetés par toutes les
églises chrétiennes ! Ces faits ont été soigneusement dissimulés par M. Foucard du journal le Monde, proIVIste ?... ) Cf le combat du père Trouslard, prêtre catholique attaqué en justice par IVI :
www.liberation.fr/.../0101194261-un-homme-d-eglise-chasseur-de-secte.. D. Chauvin a été auditionné encore dernièrement : http://www.senat.fr/rap/r12-480-2/r12-480-260.html Rien d'intéressant, les
questions étaient trop gentilles et aucune interrogation sur les activités à l'étranger ! Ah, si c'était nous qui l'avions interrogé, il aurait été moins fier ! Séralini a des liens avec une
organisation criminelle (cf aussi l'affaire d'Harcourt) dont les activités à l'étranger sont tout sauf nettes, il met en danger les étudiants, le mafieux, c'est lui...

Karg se 10/06/2013 10:45


Il n'aime pas la patrouille sur wiki? Merci pour l'encouragement, on a fait un sacré travail pour imposer un article critique et rationnel pour présenter aussi bien l'homme et sa fameuse étude.
Ce fut une sacrée lutte mais la raison a triomphé. Faut dire que ces magouilles sont tellement grossières...

Wackes Seppi 08/06/2013 00:00


Il faut tout de même noter que l'illustre professeur admet – spontanément – que l'EFSA a invalidé ses résultats.


 


La suite est moins glorieuse : « Oui, l'Efsa, qui a invalidé mes résultats, comporte dans son organigramme nombre des scientifiques qui ont travaillé pour Monsanto, ses satellites,
son agence de biotechnologie Ilsi. Et son ancienne présidente, Diana Banati, vient d'ailleurs de démissionner pour prendre des responsabilités au sein de l'Ilsi. L'indépendance de cette
structure, la validité de ses avis sur les produits est, elle aussi, faussée. »


 


Qui, à l'EFSA, a travaillé pour Monsanto ? L'ILSI devenue agence de biotechnologie de Monsanto ?


 


Quant à Mme Banaty, elle a démissionné le 9 mai 2012... C'était hier !


 


 


 

Wackes Seppi 07/06/2013 23:31


 Cet article contient un autre morceau de délire :


 


« Les méthodes utilisées contre mes recherches sont bien au-delà du simple débat scientifique. J'ai mis au jour un véritable réseau mafieux. »


 


Lisez bien ! L'illustre professeur « a mis au jour... ».


 


Et qu'a-t-il mis au jour ?


 


« Par exemple, un chercheur ex-salarié de Monsanto, Richard E . Goodman, d'éditeur associé, est devenu responsable des articles sur les biotechnologies et les OGM dans la revue Food and
Chemical Toxicology, qui a publié mon étude en septembre 2012. Il a donc la haute main désormais sur ce que peut "sortir" la revue. »


 


Il fallait tous ses talents de chercheur pour mettre au jour une nomination qui figure sur le site de F&CT... Ce n'est pas donné à tout le monde !


 


En fait, les premiers à sonner le tocsin ont été Claire Robinson, le prête-nom pour le site gmoseralini.org à la gloire de l'illustre professeur, et Jonathan Latham, directeur exécutif (titre
ronflant) du Bioscience ressource Project [1].


 


A-t-il « la haute main... » ? Aucune preuve. Mais nous oserons humblement suggérer qu'un éditeur associé a moins de pouvoirs que l'éditeur-en-chef ou qu'un éditeur ;
et aussi que les décisions sont prises collégialement. L'illustre professeur n'en a cure. Il est vrai qu'il s'adresse à des manants et qu'il peut donc prendre quelques libertés.


 


Ex-salarié de Monsanto ? Oui, M. Goodman le fut entre 1997 et 2004... Définitivement grillé le bougre...


 


M. Goodman a publié un article en 2011 en listant toutes les sources de financement [2]. L'illustre professeur n'a pas relevé, soit que ses talents de détective soient à la hauteur de ses
talents de toxicologue, soit qu'il ait considéré qu'il valait mieux ne pas prêter le flanc à des remarques acides sur sa propre incurie.


 


Manifestement, M. Goodman n'est pas fréquentable : il est honnête avec ses sources de financement.


_________________


 


[1]  http://independentsciencenews.org/science-media/the-goodman-affair-monsanto-targets-the-heart-of-science/


 


[2]  Suggested Improvements for the Allergenicity Assessment of Genetically Modified Plants Used in Foods


 


http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3130127/

antiscamdrugs-lutte contre le pognon mal acquis 07/06/2013 11:31

A) "Je ne suis pas payé par ces entreprises, ces groupes, je teste leurs produits. Mon indépendance est totale." Hi, hi,hi... Absolument faux. Il nous prend pour des cons en plus ! Ne pas confondre
le salaire d'un fonctionnaire et les pots-de-vin qu'il touche en sous-main. 1)Les sousous sont versés via la fondation écran D. Guichard, cela permet de masquer les financeurs, un peu comme le
blanchiment dans les banques. La fondation D.G., c'est comme l'eau de Lourdes, ça vous lave de vos petites incartades... 2)Sevene Pharma a participé au financement de la thèse de C. Gasnier. 3) La
famille Mulliez (Auchan et l'exploitation des travailleurs des pays pauvres) a financé le scam sur les "ratons" obèses et diabétiques, elle a même exigé la mascarade médiatique et le show télévisé,
4) Le paiement en nature : La bouffe, les dîners et les voyages : rien de tel qu'un repas copieux dans un bon resto ; Séralini se fait inviter et se fait payer des dîners, des séjours dans les
hôtels par des ONG ou des industries (y compris à l'étranger), alors que c'est strictement interdit sur le plan déontologique. 5) La cerise sur l'escroc : ses promenades mondaines hors du labo sont
PRISES SUR SON TEMPS DE SERVICE PUBLIC ! Pour ceux qui n'auraient pas compris, cela veut dire qu'il se fait payer pour des heures de service public qu'il n'effectue pas (refus d'encadrer ses
étudiants, refus de présence) et qu'en même temps il se fait payer par des groupes privés pour faire de la publicité, aux mêmes heures. Comment peut-on être présent à deux endroits à la fois ? Il
est fort, le monsieur ! Double casquette, double pognon , salaire multiplié par 2 ! La situation est connue de l'administration de l'Unicaen... Il y a eu des plaintes de collègues et d'étudiants
(emmerdés constamment parce qu'il déplace ses heures de cours comme ça l'arrange... les rares fois où il met les pieds à la fac !) B) En ce qui concerne la fraude, on a déjà expliqué que la
solution se trouve dans le manuel "Pathobiology of the Aging Rat" de Capen et al et dans les articles (nombreux et bien faits) de K. Keenan. Pour qui connaît l'anatomie pathologique, c'est facile.
Chose étrange , le manuel et les travaux de Keenan sont considérés comme des lectures interdites et chaque fois qu'on veut les expliquer aux gens, on nous fait des ennuis...

jmdesp 06/06/2013 09:23


Moi, ce que j'ai retenu c'est que Séralini a admis que ses détracteurs ont raison et que les rats traités avait autant de tumeurs que les autres. De plus il a admis qu'il n'y a pas de différence
significative de nature entre les modification OGM et la manipulation du patrimoine génétique des plantes par mutagénèse, que ce soit aux rayons X, gamma, ou par des produits chimique, qui est
pratiqué depuis les années 50 et a commencé à donner des variantes utile industriellement surtout au milieu des années 60.


Au total la plupart des divergences ont disparus :-)

Laurent Berthod 04/06/2013 23:25


Qu'attend l'université de Caen pour virer ce paranoïaque ?