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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:19

       Chaque année , l’ISAAA publie un rapport complet sur la progression de cultures de plantes génétiquement modifiées dans le monde. Son rapport pour 2009 vient de paraître (1).

Les principaux résultats :

 

134 millions d’hectares de culture de PGM en 2009, soit une progression de 7% par rapport à l’année précédente : c’est une progression plus faible que celle des années précédentes, mais le fait est incontestable que la progression est continue depuis 1996, année des premières cultures commerciales d’OGM. Sur les 14 millions d’agriculteurs qui cultivent désormais des OGM, 13 millions sont des agriculteurs des pays peu développés.

Les cultures de PGM sont autorisées et pratiqués dans la majorité des pays du continent américain ,où Les USA demeurent de loin le plus gros producteur de PGM, avec 64 millions d’ha cultivés, soient près de la moitié des cultures mondiales. Avec 21,4 millions d’ha cultivés (Soja, Maïs, Coton), le Brésil est devenu en  2009 le deuxième producteur mondial d’OGM, juste devant l’Argentine. Le succès des PGM se confirment en Inde (7,6 millions d’ha) et surtout en Chine, où 6 espèces différentes sont  cultivées sur 3,8 millions d’ha, mais qui surtout s’impose en matière de recherche et d’innovation sur les biotechnologies. En Afrique, le fait le plus marquant est l’adoption rapide au Burkina Faso du Coton Bt , cultivés sur 115 000 ha la deuxième année suivant leur autorisation commerciale : malgré les aboyeurs de la caravane d’ATTAC (2) , les OGM passent.

 

L’Europe est le seul continent où les OGM aient régressé à cause de l’adoption du moratoire allemand sur le maïs MON 810, suivant celui de la France en 2008.

 

Mais, après avoir dénoncé pendant des années les OGM qui envahissaient la planète, les anti-OGM ont depuis quelques temps changé leur fusil d’épaule, et affirment désormais que les rapports annuels de l’ISAAA sont truqués et leurs chiffres gonflés. Ce revirement stratégique est compréhensible : comment concilier les prophéties apocalyptiques sur les OGM et les faits qui attestent de leur succès, et leur adoption par un nombre toujours croissant d’agriculteurs dans le Monde, sinon en proclamant que les données statistiques sont fausses ?

 

       En réalité, les statistiques de l’ISAAA sont très probablement exactes et recoupables année par année avec des données nationales (par exemple celles de l’USDA), et les plus complètes pour l’analyse des PGM au niveau mondial.

 

       Il est vrai que l’ISAAA, en témoigne sa raison sociale même (3), se donne pour but la promotion des biotechnologies, et ses rapports (surtout les rapports résumés) sont écrits dans un style pour le moins « enthousiaste » qu’il convient de lire avec du recul. Ainsi on peut fortement soupçonner que le calcul depuis 2008 d’un indice tenant compte de l’adoption croissantes de plantes combinant plusieurs traits transgéniques est un artifice statistique, d’ailleurs assez maladroitement justifié par l’institut :

 

« Measuring in “trait hectares” is similar to measuring air travel (where there is more than one passenger per plane) more accurately in “passenger miles” rather than “miles”. Thus in 2008, global growth in “trait hectares” increased from 143.7 million “trait hectares” in 2007 to 166 million “trait hectares”. 

 

Traduction : l’ISAAA prétend emprunter sa méthode aux statistiques du transport, où il n’est pas question de kilomètres (ou miles), mais de kilomètres passagers. En réalité, cette analogie n’a aucun fondement sérieux.

 

 

La tendance est très nettement à braquer le projecteur sur les succès des PGM et à relégué au second plan les échecs, en particulier en Europe : ainsi  en 2008, le rapport résumé insistait sur la croissance du nombre d’hectares de maïs GM cultivés,  par les pays qui l’autorisaient, donnant l’impression à un lecteur distrait que les cultures OGM en Europe progressaient de 21% (4).  Ca n’est que dans le rapport complet qu’étaient mentionnées le moratoire français sur le MON 810, et l’abandon par la Roumanie des cultures de Soja RR, liée à son entrée dans l’Union Européenne.

 

         Moralité : aucun des chiffres de l’ISAAA n’est a priori faux, et on peut retrouver les totaux par reconstruction, mais sa façon de les présenter est critiquable. C’est sans doute pour devancer de nouvelles critiques que l’ISAAA mentionne dès son résumé du rapport 2009, une diminution des culture OGM en Europe, notamment liée au moratoire allemand.

 

Nous devons donc rester lucides sur la tendance de l’ISAAA à mettre en avant les informations et statistiques les plus favorables, même si ses chiffres sont exacts. D’autant plus que ce penchant est l’occasion pour les anti-OGM de dénoncer ces chiffres comme frelatés, sur la base de mensonges qui eux, ne font pas l’ombre d’un doute !

 

Reportons par exemple à cet article d’Hervé Kempf dans le Monde du 13 Février 2009 (6):

 

« l’Isaaa (International Service for the Acquisition of Agro-Biotech Applications), voit aujourd’hui ses résultats vivement contestés par le réseau international des Amis de la Terre (..)

Dans son étude de la situation pour 2008, publiée mercredi aux Etats-Unis, l’Isaaa laisse entendre que la superficie cultivée en Europe a crû de 21 %. Faux, estiment les Amis de la Terre, qui observent que l’Isaaa a exclu la France de son compte. Le moratoire adopté par l’Hexagone en 2008 sur le maïs MON 810 a fait diminuer la surface cultivée d’OGM en Europe de 50 000 hectares environ.».

.

Conformément à son mépris de la déontologie journalistique, Kempf n’a pas pris la peine de vérifier lui même ce qu’il y avait écrit dans le rapport. Ni d’aller chercher la superficie réelle cultivée en France avant le moratoire : 19815 hectares. L’ironie de l’affaire est qu’il aurait pu demander ses chiffres à ses amis de Greenpeace qui écrivaient juste avant le moratoire (7):

 

« Selon des données rendues publiques par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, quelque 19815 hectares de maïs transgénique ont été plantés en France en 2007. Même si ces surfaces sont inférieures aux 30 000 à 50 000 hectares qu'espéraient voir planter les semenciers, ce sont près de 20.000 hectares de trop. »


Les anti-OGM se glorifiaient en 2007 qu'il n'y ait pas 50 000 hectares de maïs transgéniques, il prétendent maintenant qu'il y en avait 50 000 , pour pouvoir se glorifier d'une baisse plus importante! 


Kempf de continuer :

 

« De surcroît, l’Isaaa compte la Roumanie pour 2007 et 2008, alors qu’il l’excluait en 2006. Pourtant, la Roumanie cultivait des OGM en 2006. Explication de cette manipulation, selon les Amis de la Terre : la Roumanie a fortement diminué sa culture d’OGM quand elle a rejoint l’Europe, en 2007. "L’oublier" en 2006 permet de gonfler la progression apparente. »

Machiavélique, non ? L’ISAAA aurait volontairement oublié la Roumanie en 2006 afin de masquer une baisse en 2007… Seul problème : Kempf et les amis de la Terre mentent ! On le vérifie en un seul clic sur le rapport de l’ISAAA, ou les culture roumaines (0,1 million d’ha de Soja RR) sont bel et bien recensées (8). Le Soja RR roumain n’est pas pris en compte dans le total mentionné pour l’Union Européenne dans le résumé (maïs Bt, seule culture commerciale autorisée dans l’Union, on raisonne à champ statistique constant ) mais il est évidemment intégré dans le calcul du total mondial. 

 

     Continuons à rester vigilants sur les chiffres émanant d’institutions acquises aux biotechnologies, comme l’est l’ISAAA. C’est encore la meilleure façon de se protéger des mensonges d’Hervé Kempf et des anti-OGM.

Anton Suwalki


(article mis à jour le 07.02)
 

Notes :

 

 

(1)   http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/41/executivesummary/default.asp

(2)   http://imposteurs.over-blog.com/article-32570040.html

(3)   « International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications”, ce qui a le mérite d’être clair !

     (4) In 2008, seven of the 27 countries in the European Union officially planted Bt maize on a commercial basis.  The total hectarage for the seven countries increased from 88,673 hectares in 2007 to 107,719 hectares in 2008; this is equivalent to a 21% year-on-year increase equivalent to 19,046 hectares. The seven EU countries listed in order of biotech hectarage of Bt maize were Spain, Czech Republic, Romania, Portugal, Germany, Poland and Slovakia.

http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/39/executivesummary/default.html

(5)http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/39/download/isaaa-brief-39-2008.pdf

     (6) http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article319

(l’article n’est plus disponible qu’en version payante sur le site du Monde).

(7) http://www.greenpeace.org/france/news/20070705-surfaces-ogm-en-france

(8) http://www.isaaa.org/resources/publications/briefs/35/executivesummary/default.html

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commentaires

karg 04/04/2010 22:29



Concernant l'ICAT, en tant qu'halieut je peux expliquer simplement pourquoi il y a une ambiguité sur la situation du thon rouge. L'espèce n'est pas menacé au plan biologique (il reste encore des
dizaines voir des centaines de milliers de géniteurs) mais une disparition du stock exploitable est par contre imminente. C'est à dire que les quantités pêchés vont s'écrouler, peut être moins de
5 000t que devront se partager tous les pays engagés dans cette affaire.


Le problème de l'ICAT c'est reconstituer un stock capable de tenir un effort de pêche bien supérieur, et avec des stocks stable.


Il y a un précédent très instructif, la morue à Terre Neuve: elle n'a pas disparu, mais elle est inexploitable. Là où elle supportait des prises de 300 à 500 000t par an (quelques années au delà
de ces chiffres ont suffit à annéantir le stock), aujourd'hui seul quelques milliers de tonnes sont prises par des artisants locaux (workfare, c'est juste une question de gestion du chômage en
milieu rural. Avec la dérive génétique, la pululation d'espèce de remplacement (hareng et phoques) et le réchauffement des eaux (changement climatique?) la morue ne reviendra peut être pas.


 



Bruno 11/03/2010 00:39


gattaca, je sais pas mais le 1er lien date du 2 mars dernier et dit le contraire de ce que vous affirmez.


gattaca 10/03/2010 23:52


si c'est pas 2003, (je mettais "environ 2003"), c'est un peu plus tard... il faudrait retrouver la date exacte, en effet.
En tous cas, maintenant, le pétitionnaire dépose son dossier à l'EFSA et les états membres fournissent un avis (dans un délai de 90 jours après la demande) si ils le veulent.


 


Bruno 10/03/2010 11:19


@gattaca :

"La procédure a changé depuis 2003 environ. Le pétitionnaire dépose maintenant son dossier auprès de l'EFSA
systématiquement."

Vous en êtes sur ? Car le dossier Amflora a bien été déposé auprès de la Suède en janvier 2003. Le MEMO de la Commission précise bien qu'il faut d'abord déposer le dossier dans un Etat membre :

Procedure relating to GMOs and the environment : "a company intending to market a GMO must submit to the competent national authority of an EU Member State an application."

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/10/58&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

"La demande (appelée "notification") est tout d'abord présentée à l'autorité nationale compétente d'un État membre de l'Union. La notification doit comporter une évaluation complète des risques
pour l'environnement. L'autorité nationale ayant reçu la notification est appelée à émettre un avis qui prendra la forme d'un "rapport d'évaluation". Ce rapport d'évaluation peut être soit
favorable, soit défavorable à la mise sur le marché. Dans le cas d'un rapport défavorable, l'entreprise peut introduire une nouvelle notification pour le même OGM auprès de l'autorité nationale
compétente d'un autre État membre. Celle-ci peut éventuellement émettre un rapport différent."

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=MEMO/05/104&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en


Luc Marchauciel 09/03/2010 19:19


@ jd;;
J'ai pensé à vous en lisant cet article que vient de m'envoyer un copain, et qui traite de la crise alimentaire mondiale (à partir de présupposés politiques que nous partageons globalement, si j'ai
bien compris) :
http://www.cadtm.org/Les-contradictions-du-systeme
A un moment, on peut lire ça :

"En 2007, selon la liste Fortune Global 500, la plus grande entreprise mondiale du point de vue du volume de ses ventes fut la multinationale de vente au détail
Wal-Mart, devant les géants du pétrole (Exxon Mobile, Shell, British Petroleum) ou de l’industrie automobile (Toyota). Un peu plus loin sur la liste on remarquait Carrefour (33-ème), Tesco
(51-ème), Kroger (87-ème), Royal Ahold (137-ème), Auchan (139-ème)."
La raison pour laquelle l'auteur évoque ici les bailleurs de fond anti-OGM Carrefour et Auchan sans évoquer Monsanto (qui est pourtant au coeur de son texte)  est très simple : si Carrefour
est la 33e entreprise au monde en termes de richesse, Monsanto ne figure juste pas dans la liste des 500 premières.
C'est pour situer.
Après, évidemment que Monsanto a un intérêt direct aux OGMs et pas Carrefour (même si l'alimentaire est le premier poste de profit de Carrefour - c'est dit ailleurs dans l'article -, et que son
image auprès de consommateurs très majoritairement  anti-OGMS compte beauocup pour lui), il y a deux points à rectifier dans l'imagianire des anti-OGMs :
- Monsanto n'est pas l'hydre tentaculaire qui achète gouvernements, cours de justice, revues scientifiques  et tout sur son passage pour leur faire cacher la vérité sur les OGMs. Monsanto est
bien une petite puissance financière par rapport à Carrefour.
- Les autorités sanitaires quelles qu''elles soient sont bien plus indépendantes de Monsanto que Séralini ne l'est de Carrefour. Or, dans le genre "j'étrangle économiquement les agriculteurs", la
grande distribution n'a (au minimum) rien à envier aux semenciers.


La coupe est pleine 09/03/2010 17:06


@JD

Il s'agissait de ce procès :
http://www.magir.org/spip.php?article374au 5/06/2008 


Capitaine Poltron 09/03/2010 16:46


Luc, pour le facteur poupin, c'est moi le coupable :

http://ogm.greenpeace.fr/la-commission-barroso-impose-la-pomme-de-terre-ogm-de-basf#comment-184398

Je ne croyais pas que cette grosse parodie serait prise pour argent comptant... La prochaine fois je mettrais des lols et de smileys partout. Tout est inventé, bien entendu.

En plus, comme il n'y a pas eu de réaction, je ne sait pas si tout le monde y a cru ou bien personne....

Pendant que j'y pense, le "bacille de Turin" n'est probablement que l'effet d'une mauvaise retranscription d'une bande magnétique par quelqu'un qui lui n'y connaissait vraiment rien.


La coupe est pleine 09/03/2010 16:41


C'est en 1995 que Monsanto crée le premier Soja RR. Son interdiction fut quasi immédiate, il n'existait pas à l'époque d'agence spécialisée pour l'évaluation scientifique en Europe.
Le tôle politique que ça générait à ce moment-là venait de toutes les "Interprofessions" de chaque productions, ainsi la pomme de terre RR, le colza RR, la betterave RR, le soja RR ont
été interdits à cette époque par peur de les voir "proliférer" dans la nature. Je me souviens que le commissaire européen à l'agriculture de l'époque avait fait un discours assez "dur" envers ces
"menaces adventices d'un nouveau genre", le texte avait été repris dans La France Agricole. Pour moi à ce moment-là il me paraissait évident  que si sa résiste au Glyphosate ça
deviendrait "indestructible" (ce qui était stupide), de plus si le maïs était hybride et n'était pas "natif" en Europe cela permettait une "barrière", de même que le gel pouvait stopper
toute "dérive" de plants de maïs incontrôlés. Il n'en était pas de même pour le Soja, le Colza, la PDT, qui en plus avaient beaucoup de "cousins" chez nous. 
Réflexion stupide, s'il en est avec le recul !
Michez (grand Gourou de la protection Phyto dans les années 80), avait crié au scandale devant une décision qu'il trouvait stupide  !
Pour moi Michez était un type censé, mais malgré tout je ne voyais pas en il avait raison !
En fait on voit bien aujourd'hui qu'il ne faut pas raisonner la résistance Roundup uniquement avec du Glyphosate. Mais avec d'autre moyens de désherbage combinés.
Mais la jeunesse, le manque d'expérience ...
Quoi qu'il en soit je pense que les prises de position "politiques" de l'époque ont fait durer le statu-quo jusqu'ici.
L'Europe qui s'entête de refuser la culture de Soja RR est stupide, puisqu'elle importe quasiment tout son stock de soja, qui lui ... est RR ! 


gattaca 09/03/2010 15:19



La procédure a changé depuis 2003 environ. Le pétitionnaire dépose maintenant son dossier auprès de l'EFSA
systématiquement.


Celle ci demande alors, dans des délais prévus, un avis à chaque état membre. Si l'état rend son avis dans
les délais, l'EFSA en tient compte... sinon elle considère qu'il n'a pas d'avis et elle poursuit l'évaluation à son terme en rendant l’avis final.


C’est ainsi que la France (l’AFSSA) avait émis un avis favorable sur la pdt Amflora en 2005. Cette pdt a en
effet été créée en 1994 (première publication la concernant). Il est étonnant qu’il ait fallu 12-13 années à l’Europe pour émettre l’avis final.


 


On peut noter qu'il existe, selon les pays, des divergences sur la nécessité de trouver tel ou tel élément
dans le dossier. Par exemple, l'EFSA n'exige pas, au travers de ses lignes directrices (élaborées malgré tout initialement par l'ensemble des états membres) qu'il y ait systématiquement un test
de toxicologie sub-chronique (13 semaines sur rongeurs). La position de l'AFSSA penche plutôt vers la présence systématique de ce test dans les dossiers (sauf exception, mais on ne va pas rentrer
ici dans les détails, ce serait trop long).


A noter également que les Lignes directrices ont fait l'objet de révision l'an passé. L'EFSA avait d'ailleurs
ouvert cette révision à tout citoyen européen mais aussi, plus formellement, aux différentes agences nationales d'évaluation. Ces nouvelles LD ont conduit, notamment, à préciser les méthodes
statistiques à utiliser...


Elle devrait produire un nouveau document bientôt si ce n'est déjà fait sur le sujet.


Dans tous les cas, elle a réalisé un « statement » en mars 2007 (qui fait suite à un précédent
de 2004, cf référence ci dessous) sur « le safe use of the nptII antibiotic résistance marker gene in genetically modified plants »:


« It has been concluded in these reports that the frequencies of gene transfer from plants to bacteria
are likely to be extremely low and that the presence of antibiotic resistance marker genes, and in particular the nptII gene, in GM plants do not
pose a relevant risk to human or animal health or to the environment. »


Ce document est basé sur deux documents suivis des références de 31 publications /rapports concernant
directement le sujet.


 


Il existe un autre document que je ne retrouve pas qui classe les différents gènes de résistance aux
antibiotiques en fonction des risques qu’ils pourraient entrainer.


Il n’y a donc pas, comme on le voit souvent écrit, une interdiction absolue de la présence de certains gènes
marqueurs de résistance à un antibiotique donné pour les PGM (et notamment à partir de 2004).


Par exemple nptIII ne pose pas de problème particulier.


 


Il est important de préciser que les LD ne sont pas figées … elles font l’objet régulièrement de révision en
fonction de questions qui sont soulevées sur tel ou tel point et des groupes de travail dans différents pays d’ailleurs réfléchissent à leur évolution.


 
Réf :
EFSA 2004 . Opinion of the Sci Panel GMO on the use of antibiotic résistance as marker genes in GMP (question n° EFSA-Q-2003-109). The EFSA journal, 48


Bruno 09/03/2010 13:25


@Luc Marchauciel :

"Je croyais qu'elle était obsolète et que l'on fabriquait les PGM sans plus utliser cette méthode. Pourquoi l'Amflora a-t-elle été encore élaborée ainsi ?"

C'est parce qu'Amflora est un vieile OGM, elle date de 1996. Depuis on fait sans ces gènes marqueurs.

"et ces avis auraient été tous favorables pour les 40 derniers cas. Ce que je ne comprends pas, dans ce cadre, c'est comment il se fait qu'il n'y ait aucun colza OGM de produit en Europe et
qu'aucun OGM RR (résistant au Round Up) ne soit autorisé en Europe (ce qui dans les deux cas me semble plutôt une bonne chose). Est ce parce que ces interdictions n'ont pas été le fait de l'EFSA
(au moins par son avis) mais d'une autre institution ?"

Je pense que oui. Le processus d'autorisation communaitaire débute par le dépôt du dossier dans un des pays membres (au choix du pétitionnaire). L'agence sanitaire de ce pays rend donc son avis, et
s'il est positif l'EFSA prend le relais pour conseiller la Commission. S'il est négatif ça s'arrête là.

"L'EFSA se prononce-t-elle uniquement sur les risques sanitaires"

Non, l'EFSA est habilitée à rendre des avis sur tous les risques liés aux OGM, donc y compris les risques pour l'environnement.

"Et comment expliquer le fait que les avis de l'EFSA soient tous positifs ? Par le fait que les firmes préfèrent ne pas essuyer de refus coûteux et ne présentent que des produits dont elles savent
qu'ils pourront être autorisés ? "

Il y a ça aussi. Quand on en est au stade où le dossier est dans les mains de l'EFSA, le semencier a déjà dépensé ~15 millions de dollars en R&D. L'EFSA lui demande souvent des précisions
complémentaires avant de rendre son avis, il ne va donc pas abandonner en chemin...


luc marchauciel 09/03/2010 12:58


J'ai deux questions précises aux intervenants plus calés que moi, qui me sont soulevées par l'histoire de l'Amflora :
- les anti-OGM évoquent comme danger spécifique l'utilisation dans le procédé de fabrication d'un marqueur aux antibiotiques, pour permettre de faire le tri.  Je sais bien que cet argument
(rare) est un prétexte de la part de gens qui refusent d'abord et cherchent les arguments ensuite, mais qu'en est-il de cette technique ? Je croyais qu'elle était obsolète et que l'on fabriquait
les PGM sans plus utliser cette méthode. Pourquoi l'Amflora a-t-elle été encore élaborée ainsi ?
- un copain écolo m'a parlé d'un dossier du Parisien d'hier qui porte sur l'indépendance des experts de l'EFSA. Je rentre pas dans les détails de cette question compliquée (les gens compétents sont
souvent liés de près ou de loin aux productions qu'ils doivent expertiser... sinon ils 'en seraient pas experts ; derrière la dénonciation du complot, il y a quand même largement quelque chose qui
relève de la lapalissade), mais un point a attiré mon attention : je crois que le Parisien a examiné les avis des l'EFSA sur les OGMs proposés par différentes firmes, et ces avis auraient été tous
favorables pour les 40 derniers cas. Ce que je ne comprends pas, dans ce cadre, c'est comment il se fait qu'il n'y ait aucun colza OGM de produit en Europe et qu'aucun OGM RR (résistant au Round
Up) ne soit autorisé en Europe (ce qui dans les deux cas me semble plutôt une bonne chose). Est ce parce que ces interdictions n'ont pas été le fait de l'EFSA (au moins par son avis) mais d'une
autre institution ? L'EFSA se prononce-t-elle uniquement sur les risques sanitaires (et n'aurait effectivement pas de raison de refuser quoi que ce soit, à peu de choses près - pour des histoires
d'allergènes qui ne se posent que pour les PGMs... parce qu'elle sont plus étudiées que les autres plantes) ou se prononce-t-elle également sur les questions envrionnementales (risque de
"dissémination" pour le colza, risque de surutilisation du glyphosate pour les PGM RR) ?Et comment expliquer le fait que les avis de l'EFSA soient tous positifs ? Par le fait que les firmes
préfèrent ne pas essuyer de refus coûteux et ne présentent que des produits dont elles savent qu'ils pourront être autorisés ?


gattaca 09/03/2010 11:43



@jd


merci effectivement à jd de discuter sans invectives ni arguments inconsistants ou relevant du mode de la pensée magique.


 


Je voudrais relever une de ses phrases :


« Je connais à peine Marie-Monique Robin, François Veillerette ou ce M. Vélot (mais je
m'interroge, dans quel procès Mme Robin est-elle venue déposer à Toulouse ?) ».


pour apporter les précisions suivantes :


il est en effet important de préciser qu’à l’origine, MMR a été choisie par les accusés comme témoin pour
venir les défendre…, (elle n’a pas été appelée par le juge). Mais cela n’en fait pas ipso facto une experte.


D’ailleurs ce procès ne s’est pas déroulé comme bien d’autres. En effet, le juge a décidé que les témoins
seraient non pas entendu comme des « experts » mais comme des « sachants ».


Au passage, cela a eu un avantage pour les témoins (des deux parties) car ils ont pu assister à l’ensemble du
procès. En effet, lorsque les témoins sont considérés comme des experts, ils n’ont droit d’être présent dans la salle d’audience qu’après leur déposition.


Juridiquement parlant donc, MMR n’est donc pas intervenue comme experte dans ce procès.


Par ailleurs, et c’est sans doute le plus important, le simple fait que les accusés l’aient considéré comme
experte (pour avoir fait appel à elle comme témoin) pour les défendre montre à l’évidence qu’il suffit, pour ces gens là, d’avoir des connaissances plus que partielles et partiales pour devenir
expert et traduit, par réciprocité, leur niveau d’ignorance du sujet.



luc marchauciel 09/03/2010 11:33


Puisqu'on en est aux confessions biographiques : j'ai d'abord été anti-OGM comme tout le monde. Ce ne sont pas les arguments de Monsanto ni même de l'Afssa qui m'ont fait changer, c'est surtout de
voir que ce que je relayais comme prédictions apocalyptiques était du pipeau (comme j'aime bien le papillon monarque, le mensonge des anti-OGM à son sujet m'a fait réléchir). Et aussi le fait que
quasi systématiquement on retrouve dans la mouvance anti-OGM les défenseurs d'une vision mystique de la nature ou des pseudos sciences (cf Séralini, dont je ne sais pas si jd sait qu'il est un
partisan de l'homéopathie, ce qui fait un peu bizarre pour un biologiste moléculaire)


luc marchauciel 09/03/2010 11:28



Les réactions politiques à Amflora sont effectivement unanimes, tout le monde y va de son couplet sur le thème "non à la papate OGM"
Dans son communiqué, le NPA explique que cette patate (juste enrichie en amidon, rappelons-le), menace la sécurité alimentaire en Europe, rien que ça.
Il est clair qu'on nage en plein délire.
Par contre, La coupe est pleine affirme que Besancenot a dit un truc sur les postiers refusant de vendre des timbres dans la composition desquels entreraient des produits OGM. Je n'ai rien trouvé
à ce sujet sur Internet, la coupe est pleine peut-il (elle ?) citer sa source ?



La coupe est pleine 09/03/2010 11:09



@JUJU

Merci pour ce commentaire plein de bon sens !


« Avant que mes détracteurs ne me
tombent dessus par "atavisme", je tiens à les informer que j'ai considérablement révisé ma position sur les OGMs... J'écrirais sûrement un commentaire à ce sujet pour expliquer les tenants et
aboutissants de ce "revirement"... qui, loin de faire de moi un actif pro-OGM, m'ont en tout cas fait abandonner le militantisme anti-OGM... D'où mon absence sur ce sujet depuis quelque
temps »


J’ai franchement hâte de savoir ce qui a été le « déclencheur », d’un tel changement. Mais n’ai crainte je
vais pas te mettre la pression pour que tu fasses une contribution à Maiz Europ’ ou Maïs Avenir … (enfin, si tu veux un formulaire !)


Le problème n’est pas d’avoir « tort » ou « raison » à un moment donné, le tout est de s’apercevoir
de la situation assez tôt.


Moi aussi au départ j’avais de sérieux doutes sur les GMO, mais quand j’ai vu le Film de ROBIN là ! Ça a été le
DÉCLIC ! Tant de mensonges dans un même documentaire, repris en coeur par tous les sites Internet …. C’en était trop !


Pour moi c’est devenu clair : Il y avait une vaste manipulation médiatique qui se cachait
là-dessous !



La coupe est pleine 09/03/2010 10:54



@jd

dire que Radio Sarko et Radio Bové sont sur la même longueur d'onde est "abusif" ?
Pas sur le sujet des OGM en tous cas ! Quand on regarde les déclarations de tous les éléments du spectre politique Français complet, je les trouve tous assez unanimes sur le dernier sujet
en date la patate "Amflora" :




Corinne Lepage, du CRIIGEN et Chantal Jouano, de l’UMP, ont demandé à ce que le HCB soit réuni d’urgence pour étudier la
définition d’une filière « papier sans OGM » et « béton sans OGM », suite à l’autorisation d’une pomme de terre transgénique susceptible d’entrer dans la composition de ces
produits.


Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable, a déclaré qu’il restera debout
aucun bâtiment public ne serait érigé à l’aide de béton OGM. Pour ce faire, il a déjà pris contact avec Lafarge, la dite entreprise ayant déclaré qu’elle accepterait sans rechigner toutes les
subventions que l’on voudrait bien lui verser pour mettre en place une filière de béton sans OGM.


Pour préserver la santé de nos bambins, Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, et Roselyne Bachelot, ministre de
la Santé, ont réunis une commission interministérielle dont l’objectif sera d’éliminer le papier OGM des manuels scolaires et des cahiers distribués aux écoliers— et aussi des serviettes en
papier distribuées dans les cantines scolaires.


Par contre, Cécile Duflot s’est déclarée opposée à la vente de couche pour bébé sans amylopectine OGM, au motif que ce
serait une demi-mesure finalement défavorable à l’environnement : Il est préférable selon elle de profiter de l’occasion pour revenir au couches tissus que nos grands mères ne rechignaient pas
laver (et à la main, s’il vous plait)


Le petit facteur du NPA, Olivier Besancenot, à déclaré à la presse qu’une intersyndicale des postiers s’étaient réunie,
et envisageait des actions dures pour faire aboutir leur revendication prioritaire : Que pas un seul timbre ne soit vendu avec à son dos de la colle à base d’amylopectine OGM.



José BOVE a déclaré que mettre en place cette pomme de terre OGM dans nos champs allait « contaminer » les
cultures ultérieures de pdt par les repousses qui subsisteraient ….Forcément venant d’un éleveur faut pas s’attendre à se qu’il sache que la pomme de terre 2 fois de suite au même endroit c’est
pas mal de problèmes en perspectives à commencer par le mildiou !


 


Bref de Bové à l’UMP TOUT LE MONDE fait cause commune contre les « diaboliques » PGM ! Sans réflexion,
sans discernement, sans contacter BASF, sans avoir l’avis de l’UNPT, sans même lire l’avis de l’AESA et celui de l’AFSAA qui avaient motivé un avis favorable en 2005 !


Pour des gens aussi « polémiques » que BOVE ou BESANCENOT je peux comprendre, mais lorsque l’on est ministre
comme Mme Jouano ! Ne pas lire les avis d’une agence scientifique publique …. Et s’en tenir aux déclarations de GreenPeace.fr pour dire « je refuse cet avis qui émane de
BASF »…


C’est pitoyable ! Nous sommes entrés en dictature !



Luc Marchauciel 09/03/2010 08:20



En de longs commentaies, jd ne nous a pas sorti une seule connerie mystique, ce qui est rare de la part des contradicteurs anti-OGMs qui viennent parfois ici. C'est une très bonne chose,
bienvenue !
Je laisse tomber (provisoirement ?) ma comparaison Monsanto/ Carrefour faute de temps, de motivation et de compétences pour chercher les chifres pertinents.
jd, je vous suggère, en tant que nouvel arrivant sur ce blog, de commencer par parcourir les textes postés ici qui concernent les "expertises" de Séralini, à qui vous donnez beaucoup de
crédit.
Je suis persuadé que cette lecture vous interrogera, à défaut de vous faire changer d'avis.



jd 09/03/2010 01:19


Wah-houu, ça c'est de l'accueil ! Merci à tous ! 

Alors on disait : Cultilandes : sur les élus qui veulent être réélus, il me semble tout de même que lors du dernier vote de l'Assemblée Nationale sur les OGM, un groupe non négligeable de députés
UMP avait carrément repris le texte fourni par le lobby des OGM (source : le Canard Enchaîné, je n'ai pas pris le temps de noter la date et le numéro). Et que le vote en question est carrément allé
contre ce que préconisait le Grenelle de l'environnement (que ceux qui estiment que j'ai proféré ici un gros mot m'excusent), à la manœuvre socialiste près. 

Capitaine Poltron (référence à Kipling ?) : même les non écolos doivent faire la différence entre les écolos de cœur et les intéressés. Car ces derniers retourneront leur veste dès qu'ils
l'estimeront opportun, ce qu'il faut prendre en compte pour envisager une stratégie. Le document que vous fournissez peut effectivement refléter des motivations de Daniel Bernard ... ou une bonne
excuse de la part des RP des grosses boîtes interviewées pour expliquer leur échec. Qui plus est, même si Daniel Bernard avait des sympathies écolos, rien ne dit qu'elles résisteraient à des
pressions amicales de la part de ses actionnaires. Et encore moins qu'il ne pourrait être remplacé par quelqu'un de moins clairvoyant. 

La coupe est pleine : non, pas de référence à une marque de tracteurs. Ce que j'ai de plus proche de l'agriculture, c'est le panier et le sac à dos que je remplis toutes les semaines au marché du
coin. Par ailleurs, je veux bien admettre que les "bobards écolos" soient repris sans vérification, puisque c'est le cas de bien des bobards actuellement (hélas), mais pour autant il me paraît fort
exagéré de confondre radio Sarko et radio Bové.

Que je sache, M. Séralini est un chercheur en biologie moléculaire. À ce titre, il peut être qualifié pour parler de génie génétique. Je connais à peine Marie-Monique Robin, François Veillerette ou
ce M. Vélot (mais je m'interroge, dans quel procès Mme Robin est-elle venue déposer à Toulouse ?). Par contre, on est bien d'accord, les compétences de M. Borloo sont principalement dans le domaine
de l'esbroufe. Qu'elle soit écologique puisque c'est à la mode (enfin plus ou moins, voir l'absence totale de résultats concrets à Copenhague), économique quand il était ministre de l'Économie,
sociale quand il l'était de la Ville.

Bruno : d'accord, des producteurs de pesticides sont contre Monsanto. Ils instrumentalisent (ou essaient d'instrumentaliser) donc probablement les anti-OGM pour contrer leur concurrents, mais là
n'est pas la question. D'un côté, un producteur de pesticides. De l'autre, un autre producteur de pesticides. Pourquoi l'un serait-il plus crédible que l'autre ? 

Daniel : vous avez cité un commentaire sur les "escrolos" et embrayé sur les ratages technologiques français dans la foulée. La confusion était possible, je prends acte qu'il y avait erreur de ma
part.

Ensuite, 2500 milliards vidés des caisses des entreprises, faites-moi pleurer. Ces milliards servent certes à faire vivre l'État français et ses fonctionnaires (+39% en 30 ans, vraiment ? Où ça ?),
autrement dit à fournir aux Français des services publics de qualité : réseaux routier, ferré, électrique, téléphonique, postal dont profitent abondamment les entreprises. Oh, tout n'est pas
parfait, loin s'en faut, et ça n'a cessé de s'aggraver. Mais est-ce parce que l'État serait par nature inefficace (élément fondateur du catéchisme libéral jamais prouvé) ou parce qu'il se donne de
moins en moins les moyens d'agir efficacement ?

Ah, j'oubliais, sur les nouvelles technologies exclusivement étrangères : la carte à puce est française. Sauf qu'on a laissé un fonds d'investissement américain s'introduire dans l'actionnariat et
ils ont pris le contrôle comme s'ils étaient chez eux. Mais c'est bien, c'est de la saine concurrence non faussée par un protectionnisme pervers. 

"Il suffit de bloquer une ville, une région, un pays avec une grève pour obtenir ce que l'on veut." Tout à fait juste, dans une certaine mesure. Mais je ne me souviens pas que ce soit arrivé en
France depuis l'hiver 1995-96. (On pourrait arguer sur le CPE, mais c'était très limité.) Et dans un cas comme dans l'autre, les OGM n'étaient pas concernés. Qui plus est, cela demande de
coordonner les efforts de milliers de personnes dont les intérêts peuvent être mis en concurrence. D'un autre côté, le lobbying ne demande que quelques diplômés d'école de commerce et de quoi payer
de bons déjeuners dans des restos classe auxdits diplômés et à quelques élus (en tout bien tout honneur, s'entend : il n'y a pas là corruption, simplement communication dans un cadre propice à une
discussion constructive). 

L'ICCAT dit des tas de choses dans lesquelles je n'ai pas le temps de trier (faut que j'aille me coucher, vindzou !). Toujours est-il que la page Wikipedia consacrée au Thunnus thynnus (ou thon
rouge de l'Atlantique/Méditerranée) signale que l'ICCAT préconise des quotas de 15 000 tonnes (en citant le Monde et pas l'ICCAT lui-même malheureusement) alors que les prises s'élèvent à 60 000
tonnes. Auriez-vous donc la bonté de citer votre source sur ce point précis ? Cela étant, l'ICCAT apparaît plus comme un organisme politique que scientifique. À en croire Greenpeace (oui, je sais
ce que vous allez me dire, mais tout de même : http://oceans.greenpeace.org/fr/press-centre/press-releases/l-union-europeenne-donne-sa-be ), le comité scientifique de l'ICCAT ne serait pas en
accord avec les décisions finales de cette organisation. 

Luc Marchauciel : au temps pour moi, je parlais effectivement du budget de Greenpeace France. M'enfin, 170 millions d'euros à l'échelle internationale, pour un "grand groupe financier" toujours, je
me demande si ce n'est pas encore plus pitoyable que 9 millions à l'échelle française. Carrefour et Auchan financent des études orientées sur les OGM ? Et pas Monsanto ? Au fait, votre comparaison
sur les dividendes des actionnaires de Carrefour et le profit de Monsanto est effectivement faussée. Les 6,88 milliards de dollars annoncés seront distribués sur trois ans - après vente d'actifs.
Qui plus est, comparer le "net profit" au "gross profit" ou à l'"operational profit" revient un peu à comparer le chiffre d'affaires au bénéfice : on mélange des carottes et des fanes. Par
ailleurs, en admettant que Carrefour ait plus de puissance financière que Monsanto, les ressources de Carrefour ne sont que très partiellement consacrées à des études contre les OGM, alors que
c'est un but prioritaire pour Monsanto. (Si Carrefour ne prouve pas que les OGM sont mauvais, ils s'en foutent : ils vendent quand même leurs aliments avec l'étiquette "sans OGM" plus ou moins
fiable. Si bien que je ne les vois pas, moi non plus, investir des sommes folles dans des recherches sur le sujet. L'inverse n'est pas vrai du tout pour Monsanto.) 

Concernant Superphénix, je me rappelle que les centrales nucléaires actuellement actives en France (donc sans neutrons rapides) ont dû baisser leur activité ces derniers étés pour cause de chaleur
excessive. Est-ce que les réacteurs à neutrons rapides ne seraient pas plus vulnérables à ce genre de faiblesse ? Comme ça, de bon sens, je tendrais à le penser (puisque les réactions en chaîne
sont plus importantes, il y a plus de chaleur, mais bon, je reconnais que ça n'a rien d'un raisonnement scientifique) ; si quelqu'un peut m'éclairer sur le sujet ... 

Bien sûr, avec les RNR comme avec les autres centrales nucléaires, la question des déchets reste un écueil de taille. Surtout, en fait, la question du terrain sur lequel était installée la centrale
après les 30 à 40 ans de fonctionnement.  


daniel 08/03/2010 21:46


@Astre Noir:

Je suis tout à fait d'accord avec Capitaine Poltron.
SiperPhénix était un réacteur prototype.
L'arrêt de ce réacteur était une volonté politique mais il fallait une bonne excuse. Et cette excuse c'était le coût financier.

Il est très surprenant de "détruire" un prototype de cet envergure et les avantages qu'il apportait (900 kg de plutonium / an contre 27 tonnes pour une centrale normale et 15000 tonnes de pétrole)
sur le simple prétexte des coûts qu'il a engendré (10 milliards d'euro sur 20 ans). En outre il a fallut rembourser les partenaires européens du projet (en "donnant" de l'électricité EDF pendant
plus de 4 ans).
Mais si vous considérer les dépenses de ce genre de programme que dire alors du grennelle de l'environnement qui va coûter 40 milliards par an pendant 20 ans. Il faut donc tout de suite arrêter ce
programme .. Warf warf warf ... Elle va être contente la Duflot...non?

http://generationsfutures.chez-alice.fr/energie/superphenix.htm


Capitaine Poltron 08/03/2010 21:08


Pour mettre tout le monde d'accord, Superphenix était un prototype en vrai grandeur. Chaque fois qu'il y avait le plus petit incident, la remise en route provoquait un débat politique, ce qui fait
qu'il a été arrêté souvent pour rien. Néanmoins à la fin, en 1996, il semble qu'il ait fonctionné de façon tout à fait satisfaisante. Et il est certain qu'il a été arrêté pour des raisons purement
idéologiques.
La question du coût est-elle un vrai problème ? Dans la mesure où il aurait été possible politiquement de s'orienter rapidement vers la filière à neutrons rapide, ce n'en était pas un, puisqu'il
s'agissait alors plutôt d'un investissement à long terme à amortir sur tout un parc de machines. 
Il paraît qu'on y reviendra, mais vers 2050 sans doute. Car c'est une solution pour tirer le meilleur parti des ressources en uranium.