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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 12:34

paragraphe img 1 fr jumelles

 

La mortalité infantile désigne les décès d’enfants nés vivants survenus avant l’âge d’un an. Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un an et l'ensemble des enfants nés vivants. Il est  calculé en pour mille. La mortalité néonatale désigne les décès d’enfants âgés de moins de 28 jours.

 

Dans tous les pays développés, la mortalité infantile est devenue un phénomène rare. Au 18ème siècle, près d’un enfant français sur 3 mourrait avant d’avoir atteint son premier anniversaire. En 1900, le taux de mortalité infantile était encore de 150 pour mille, un taux à peu près équivalent à celui de l’Afghanistan aujourd’hui , l’Angola étant le pays ou la mortalité infantile est la plus élevée (175 pour mille).  En 2010 , le taux de mortalité infantile est de 3,6 pour 1000 naissances en France : c’est 3 fois moins qu’en 1975.


 

Les causes de cette évolution spectaculaire sont connues :

 

-Un des premiers moteurs de ces progrès a été l’introduction de la vaccination contre la variole qui était la première cause de décès d’enfants.

- Les progrès dans l’art d’accoucher et dans les premiers soins

- La généralisation des pratiques d’asepsie découlant des découvertes de Pasteur sur les microbes et les maladies contagieuses.

- La mise en place au cours du 20ème de siècle de politiques de santé  publique et l’amélioration constante du suivi de la grossesse et de l’enfance., et les succès considérables obtenus sur le plan des maladies infectieuses.

 

 

              En théorie, la mortalité infantile pourrait encore diminuer en France au regard d’autres pays tels que Singapour, le Japon ou la Suède, où les taux sont désormais inférieurs à 3 pour mille. Or ça n’est pas le cas. Elle stagne depuis plusieurs années.

 

 

Cette stagnation semble paradoxalement être une contrepartie du progrès, et en particulier du progrès médical.  Il nait chaque année 10.000 grands prématurés (nés avant la fin du 7ème mois de grossesse ou au début du 8ème mois) qui n’auraient pas vu le jour il y a de cela quelques décennies. Mais s’ils naissent, ils sont plus fragiles que les bébés nés à terme. Selon une étude de l’INSERM, en dépit des progrès accomplis, la mortalité et la morbidité néonatale des prématurés, ainsi que les handicaps, restent fréquents.


 

Une autre raison de cette stagnation est le « twin-boom ». Le nombre de naissances multiples a presque doublé en 40 ans . Un peu plus de 3% des enfants qui naissent aujourd’hui en France sont des jumeaux. Or la surmortalité des nouveau-nés jumeaux, plus de 2 fois supérieure à celles des autres bébés dans les pays sous-développés, n’épargne pas les enfants des pays développés. Les chercheurs de l’INED notent que « naître jumeau est un handicap du point de vue de la santé au moins au début de la vie. Le petit poids des jumeaux à la naissance, leur prématurité et les complications de l'accouchement, fréquentes lors des naissances multiples, font que leur mortalité est très supérieure à celle des enfants nés d'accouchements simples. À tel point que l'augmentation récente de la fréquence des jumeaux en France pèse sur l'évolution de la mortalité périnatale et infantile en ralentissant la baisse. Ce phénomène est désormais perçu comme un problème sérieux de santé publique, d'où l'intérêt d'en savoir plus sur les facteurs de la démographie des jumeaux. ».


Un tiers des naissances gémellaires  sont imputables à l’élévation de l’âge moyen des mères.  Les deux tiers restant viennent des traitements contre la stérilité (stimulations hormonales, assistance médicale à la procréation).

 

         Quelquefois, le progrès a des conséquences paradoxales.

        

            Anton Suwalki

 

 Pour en savoir plus sur ce sujet passionnant:

http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/04-disparites-p1.pd fhttp://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon06228

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=nattef02221

http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/31664/telechargement_fichier_fr_copie.de.sd2008_t70_fm.xls

http://www.cepidc.vesinet.inserm.fr/inserm/html/excel/rmi2000.xls

http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_pedagogiques/duree_de_vie_deces_mortalite/mortalite_infantile_france/

http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_pedagogiques/duree_de_vie_deces_mortalite/mortalite_infantile_monde/

http://www.ors-idf.org/index.php/ortalite-infantile?start=1

http://www.cepidc.vesinet.inserm.fr/inserm/html/excel/rmi2008.xls

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10922345

http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/focus_sur/le_boom_des_jumeaux/

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/grands-prematures-entre-progres-et-questions

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Published by Anton Suwalki - dans Divers
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commentaires

strong magnets 22/04/2014 13:54

The current stagnation of infant mortality, a paradox of progress is a eye-opening article you have made here for the readers to understand the importance and tips to maintain a stable child's health. i wish to see such reference articles from here again in the future too.

Sceptique 16/08/2012 15:41


@Cultilandes


Nous sommes loin d'être en retard, mais moins performants que d'autres pays. Les problèmes de société que vous rappelez ne concernent pas cette tranche d'âge. Le risque du tabac chez les femmes
en cours de grossesse est connu, et il y a, certes, des irréductibles que l'amour pour leur enfant attendu ne suffit pas à leur faire accepter le sevrage. La moins bonne performance va peut-être
inciter les équipes médicales à rechercher les causes de leur point faible, ou le biais qui modifie les statistiques.

Cultilandes 13/08/2012 23:28


En parallèle () avec le progrès scientifique il peut hélas y avoir régression morale.


Alors que l'amélioration de l'hygiène de vie de l'ensemble de la population avait accompagné le développement économique, la consommation de tabac, alcool et autres drogues, l'absence d'activité
physique, l'obésité d'une partie grandissante de la population déterriorent ce type de statistiques.

Laurent Berthod 11/08/2012 15:51


"Quelquefois, le progrès a des conséquences paradoxales."


Seulement sur le plan statistiques, si on n'y regarde pas de plus près comme le fait si bien cet article. Sur le plan des évènements individuels, si les
parents n'en sont pas toujours conscients, les médecins savent bien qu'il existe des risques associés aux techniques procréatives les plus modernes, à l'élévation de l'âge à l'accouchement,
etc.

Sceptique 10/08/2012 16:56


La réponse  à cette question ne se trouve pas dans les articles que vous avez lus, et je ne sais pas davantage où la trouver. La différence se situe peut-être dans les seuils de prise de
risque de maintien en vie des grands prématurés. 

Anton Suwalki 10/08/2012 11:34


Merci Sceptique. Votre question est évidemment intéressante, mais je n'ai pas la réponse.. Voilà qui mériterait une étude approfondie

Sceptique 10/08/2012 05:23


Félicitations, Anton, pour cette synthèse à rendre envieux un auteur d'article médical. La question que posent ces chiffres, c'est à quoi tient la différence avec ceux qui font mieux que nous,
tout en pratiquant le même acharnement en matière de prise en charge des grands prématurés, et de procrétaion médicalement assistée?

cdc 09/08/2012 14:30


Très intéressant, je n'étais pas au fait de l'incidence des naissances gémellaires sur la mortalité infantile ou périnatale.