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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 17:12

Par la voix et la plume de Stéphane Foucart (entre autres), Le Monde s’est transformé en relais des idées (reçues) écologistes et malthusiennes (1). N’y aurait-il pour la presse écrite qui ne survit qu’à coup de généreuses subventions (2), d’autres moyens pour éviter la faillite que de relayer les  idées à la mode, les peurs millénaristes ? 

            Soyons clairs. Nous sommes persuadés que Foucart, responsable de la rubrique « Planète » (3) du célèbre quotidien vespéral, n’écrit pas ses papiers pour vendre du papier, mais en fonction de ses convictions. Ce qui est certes beaucoup plus respectable, mais cela se fait régulièrement au détriment de la qualité et de la neutralité que requiert la (bonne) tenue d’une rubrique scientifique.  En témoigne un article publié sur le site internet du journal le 21.10.2013 : Autisme aux Etats-Unis : un sur quatre-vingt-huit (4).

Des chiffres « ahurissants » ?

            Dans cet article, Stéphane Foucart commente le dernier livre d’un « lanceur d’alerte », 'André Cicolella Toxique planète (Seuil, coll. "Anthropocène"), et affiche une stupeur non feinte : « on croise quelques chiffres ahurissants » , écrit-il. « Parmi ces chiffres, qui montrent l'importance de l'environnement pour la santé publique, certains sont si incroyables qu'ils soulèvent immédiatement le scepticisme. On croit à une erreur ». Sans aller dans le détail des chiffres « incroyables » dont Foucart ne fournit qu’un seul exemple, on se demande pourquoi, et surtout pour qui, ces chiffres sont incroyables ? A l’évidence pour Foucart lui-même : dans le cas des « troubles du spectre autistique », puisque c’est sur cet exemple qu’il s’appuie, que valent les préjugés personnels, par rapport aux données épidémiologiques connues?  C’est beaucoup moins, ou beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé, voila une réaction face à un résultat qui n’a aucune valeur scientifique (5), en dehors des gens qui ont sérieusement étudié le domaine. A l’évidence, Cicolella a visé juste. 

                        Candide, le journaliste affirme « L'information n'est pas destinée à faire peur : André Cicolella n'est pas de ces marchands d'anxiété. Il plaide simplement, et avec raison, pour des politiques de santé publique tenant compte de l'environnement»       . Bien sûr, Cicolella n’est pas un marchand d’anxiété… C’est sans doute bien malgré lui que son éditeur a choisi le titre, absolument pas racoleur « Toxique planète » !   

            Comme !a plupart des lanceurs d’alerte d’obédience écologiste, Cicolella joue sciemment sur la confusion générale qui assimile les facteurs environnementaux (6)–c’est à dire non directement génétiques-  à  la pollution « chimique ».Faut-il s’étonner que Foucart, qui semble totalement ignorer  ces différences conceptuelles, tombe dans le panneau ?

Réflexion faite, pas si ahurissants que ça :

                Considérons maintenant le chiffre, butiné dans le livre de  Cicolella, qui a « halluciné » Stéphane Foucart. 

« Exemple : le toxicologue, président du Réseau environnement santé (RES), écrit qu'aux Etats-Unis les troubles du spectre autistique (autisme, syndrome de Rett ou d'Asperger, etc.) touchent "un enfant sur quatre-vingt-huit". Allons donc… Un sur quatre-vingt-huit ? Une prévalence si élevée semble impossible. Alors, on vérifie. Et ce que l'on découvre est plus perturbant encore.

D'abord, le chiffre en lui-même existe bel et bien. Ce n'est pas une coquille. Et ce n'est pas le fruit d'une étude douteuse ou controversée. Il a été publié en mars 2012 par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains. Pour l'établir, les CDC surveillent depuis 2007 quatorze sites répartis sur l'ensemble du territoire américain et comptabilisent les enfants atteints de troubles autistiques au sein d'une même classe d'âge du cours élémentaire. Il y a bien plus inquiétant que ce taux d'un sur quatre-vingt-huit : il y a l'évolution de l'indicateur. En surveillant les mêmes communautés et en utilisant les mêmes critères de diagnostic, la prévalence de ces troubles a augmenté de 78 % entre 2007 et 2012. »

Et le journaliste de conclure, superbement : « Rien ne dit que ce sursaut est une tendance lourde qui se maintiendra. Mais le fait est là. Et la rapidité actuelle du phénomène écarte raisonnablement les causes non environnementales. De fait, le pool génétique de la population américaine n'a pas évolué en si peu de temps, pas plus que l'âge moyen de procréation (l'âge de la mère est un facteur de risque). Les CDC notent d'ailleurs un indice précieux : au niveau de 2012, c'est un garçon sur 54 qui est touché, contre une fille sur 252. Cette susceptibilité variable en fonction du sexe met immanquablement sur la piste des perturbateurs endocriniens, ces molécules de synthèse omniprésentes (…) »

            Dont acte. Le journaliste a « vérifié » que ce chiffre (1 sur 88) existait bel et bien (6). Hélas, il n’est pas allé au-delà de la première page des  CDC (7) . Que le chiffres existet lui suffit.

Contrairement à ce que suggère Foucart, les 14 sites  ne sont pas vraiment représentatifs des USA.  « Le pool génétique de la population américaine n'a pas évolué en si peu de temps » , affirme d’autre part le journaliste. Certes , il n’a pas dû beaucoup évoluer en si peu de temps. Mais pour la même raison, on peut écarter la dégradation des conditions environnementales comme facteur unique. Contrairement au journaliste, les auteurs de l’étude se penchent de multiples facteurs, dont les changements intervenus dans le diagnostic de ces troubles, qui pourraient expliquer à eux seuls un tiers de l’augmentation de la prévalence. L’âge moyen des mères à la première maternité, lui aussi écarté par Foucart, augmente très rapidement : de plus d’un mois par an depuis les années 70 (8). A cet âge moyen correspond une part de plus en plus élevée de maternités tardives qui augmentent le risque de l’autisme chez l’enfant.

                Aux multiples causes (dont environnementales) en interaction avec cette augmentation « incroyable », Stéphane préfère l’explication mono causale très cicolellienne , les perturbateurs endocriniens, « ces molécules de synthèse omniprésentes ». Le journaliste semble ignorer l’existence (et l’omniprésence) de perturbateurs endocriniens naturels, notamment les phytoestrogènes...

Une grosse bourde sur l’espérance de vie

                Finalement, l’exemple tiré du livre de Cicolella  par Foucart est très loin d’être un bon exemple. Pourtant tous ces chiffres « ahurissants » , nous dit-il, « font pièce à cette épidémiologie de comptoir selon laquelle "tout va bien, car l'espérance de vie continue d'augmenter" ». On ignore au passage les comptoirs que fréquente le journaliste, en tout cas, on entend rarement ce genre de discours aux comptoirs que je fréquente… Foucart se croit obligé de rajouter : « Rappelons d'ailleurs ici que la notion d'espérance de vie repose sur un postulat dénué de tout fondement, selon lequel la santé à venir des nouveau-nés sera nécessairement identique à celle qu'ont connue les vieillards d'aujourd'hui au cours de leur vie. ».

Ainsi, on peut être journaliste scientifique et méconnaitre totalement la notion d’espérance de vie. L’espérance de vie, une espérance mathématique, ne repose absolument sur aucun postulat.

« L'espérance de vie à la naissance (ou à l'âge 0) représente la durée de vie moyenne - autrement dit l'âge moyen au décès - d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l'année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge. Elle est un cas particulier de l'espérance de vie à l'âge x. Cette espérance représente, pour une année donnée, l'âge moyen au décès des individus d'une génération fictive d'âge x qui auraient, à chaque âge, la probabilité de décéder observée cette année-là au même âge. Autrement dit, elle est le nombre moyen d'années restant à vivre au-delà de cet âge x (ou durée de survie moyenne à l'âge x), dans les conditions de mortalité par âge de l'année considérée. » (9).

Observer que l’espérance de vie augmente, comme c’est le cas dans la plupart des régions du monde, ça n’est nullement dire « tout va bien », mais faire un constat objectif.  Certaines conditions sanitaires et matérielles se sont améliorées de sorte qu’à tous les âges, la probabilité de décéder dans l’année diminue. L’espérance de vie actuelle à la naissance en France (78,7 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes en 2013(10)) de 4 à 5ans supérieure à celle du début des années 1990, ne prétend absolument pas refléter la santé à venir des nouveaux-nés, comme le croit Foucart, mais mesure l’amélioration de la santé par rapport au passé :   les hommes qui atteignent en 2013 l’âge correspondant à leur espérance de vie actuelle, sont nés nés en 1935, et avaient une espérance de vie de 56 ans lors de  leur naissance…

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Conclusion : Non, tout ne va certes pas bien, mais il n’y a que les « lanceurs d’alerte » pour entendre ce discours « épidémiologique » de comptoir. Quoi qu’il en soit, on se dit que si les journalistes révisaient un peu leurs fondamentaux, ils accueilleraient peut-être les livres de ces « non-marchands d’anxiété » avec un peu plus de réserve.

Anton Suwalki

Notes :

 

‘1)  http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

Nous reviendrons ultérieurement sur cet article.

2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde#Finances

3) L’intitulé de la rubrique n’est lui-même pas neutre…

4) http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/21/autisme-aux-etats-unis-un-sur-quatre-vingt-huit_3499362_3244.html

5) nb : c’est la réaction face au résultat, pas le résultat en lui-même

6) http://alerte-environnement.fr/2013/10/09/environnement-et-sante-les-manips-du-nouvel-obs-et-dandre-cicolella/

7) http://ije.oxfordjournals.org/content/38/5/1224.full

8) http://voices.yahoo.com/the-average-age-first-time-mothers-4134891.html

9) http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/esperance-vie.htm

10) http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon02229

 

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commentaires

Wackes Seppi 20/01/2014 19:13


Merci ! J'avais mal lu et pas assez déroulé les écrans !


 


Ce qui m'avait fait tiquer dans le résumé était le « appears to be », et l'absence de précision. Une formulation qui laisse entendre que les auteurs n'avaient donc rien trouvé
de percutant...


 


La liste des publications retenues mentionne l'autisme (ASD) quatre fois – seulement – comme résultat (outcome). Et voici ce que dit le texte pour les résultats ('est un
paragraphe dans l'original) :


 


« Autism spectrum disorders in relation to perinatal chemical exposure was assessed in four studies; all studies observed a positive association.


 


Windham et al. (17) assessed exposure to hazardous air pollutants (HAPs) in both autism cases and controls and observed slightly – though not significantly – elevated adjusted odds ratios
(AOR) for the fourth quartile of exposure to endocrine disruptors and developmental toxicants (Table 2). In particular, vinyl chloride and trichloroethylene were significantly elevated in the
fourth quartile.


 


Roberts et al. (18) observed that living near sites of pesticide application during gestation increased the likelihood for the occurrence of ASD in children by six times. Risk increased with
poundage of pesticides used and as distance from field sites decreased.


 


Similar to this result, Volk et al. (19) found an increased AOR for children born to mothers living close to freeways at the time of birth.


 


The most recent study on prenatal exposure to EDCs in relation to ASD measured BPA and phthalates in urine of women in their third trimester of pregnancy as a proxy for in utero exposure of
the foetus (20). Prenatal exposure to BPA was not associated with ASD later in life. However, exposure to phthalates, and low molecular weight phthalates (LMW) in particular, was associated with
greater social deficits, poorer cognition, communication and social awareness. »


 


La première a produit des résultats non significatifs. Selon la dernière, l'exposition au bisphénol A n'a pas été associée à l'autisme ; et les phtalates non plus, étant associés à d'autres
troubles. La première phrase du paragraphe est par conséquent téméraire.


 


Par ailleurs, pour la première étude, on mentionne notamment le trichloréthylène. À ma connaissance, il n'est pas listé comme perturbateur endocrinien.


 


Les auteurs avaient terminé un paragraphe du résumé par : « The final selection included 21 publications » et embrayé dans le suivant par : « Positive
associations were found for ASD », pour terminer par : « Five of 17 studies did not find any association between exposure and ADHD. » Cela suggère fortement que
des associations ont été trouvées avec l'autisme dans toutes les (21) publications. Je veux bien croire que c'est du sloppy drafting... mais je n'en suis nullement convaincu.


 


D'autant qu'on lit dans la conclusion : « It can be concluded that especially regarding ASD insufficient data are available... »


 


En tout état de cause, cette publication ne démontre pas l'argument de M. Foucart de la piste des PE expliquant la différence d'incidence entre les sexes.


 


.


 


M./Mme Factsory a écrit : « Concernant la susceptibilité au sexe, j'ai un peu la flemme de chercher des références, sachant que vous pouvez les rejetter parce qu'elles ne vous
conviennent pas. » L'argument me gêne un peu... beaucoup.


 


Je ne rejette pas a priori.


 


D'autre part, les faits sont incontournables : l'autisme affecte davantage les garçons que les filles.


 


 


Quant à l'explication par les perturbateurs endocriniens, si tant est qu'il y en a une, elle ne règlera pas le problème Foucart, qui est qu'il l'a manifestement avancée sans preuve aucune.

loup garou 20/01/2014 14:20


@wackes seppi à propos d'un lien fourni par factsory


 


"Vous nous avez donné un lien ? Je n'ai accès qu'au résumé :


 


« Perinatal exposure to EDCs appears to be associated with the occurrence of ASD as well as ADHD », écrivent des auteurs qui disent avoir retenu 21 publications sur 834. C'est
bien vague... D'autant plus que l'« association » ne signifie pas nécessairement la causalité. Il eût du reste été étonnant si l'on n'avait pas trouvé une étude faisant un lien entre
autisme et perturbateurs endocriniens... il y a plein de gens qui font métier de chercher des poux, en quelque sorte, dans la tête des molécules de synthèse."


 


http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1651-2227.2012.02693.x/full

factsory 19/01/2014 16:36


Hé bien dis donc mes amis, quel accueil ! J'en suis flatté.


@Karg se


Vous allez un peu vite en parlant de gène de l'autisme, il s'agit plus d'un gène qui joue un rôle dans l'augmentation du risque d'autisme. Et ils ont cherché sur le chromosome X et donc trouvé
sur le chromosome X… logique, non ? :)
Vous dîtes que cela explique très bien le ratio de 1 à 4, c'est juste faux. L'article dit que les odds ratio sont compris (en gros) entre 0.6 et 1.


Sur l'âge de la maternité tout repose sur un lien donné pas un autre lecteur qui ne fournit que des données pour 1970 et 2006. Bref on ne sait rien du détail interannuel. Donc on peut formuler
toutes les hypothèses que l'on veut, mais finalement on n'en sait rien.


@Wackes Seppi


« je préfère donner la priorité à ma détestation des manipulations médiatiques »
Je suis bien d'accord, sauf que vous tombez rapidement dans la détestation des personnes, ce qui se transforme malheureusement en attaques personnelles, qui ne sont en rien des arguments.
Par ailleurs je ne dresse aucune liste, et je considère que débattre avec des personnes ayant des avis différents est plus enrichissant que de rester dans l'entre-soi.


« C'est bien vague, cette étude... et au final peu convaincant »
Avoir un avis sur une étude que vous n'avez pas pu lire ni même parcourir, c'est très fort. Que voulez-vous que je réponde à ça si vous êtes déjà convaincu sans même y avoir accès ?

Concernant la susceptibilité au sexe, j'ai un peu la flemme de chercher des références, sachant que vous pouvez les rejetter parce qu'elles ne vous conviennent pas. Mais les perturbateurs
endocriniens agissant sur le système hormonal, et le système hormonal étant différent entre hommes et femmes, ça ne me paraît pas choquant.


Je n'ai pas compris votre tirade sur l'espérance de vie, ni ce qu'apportait la citation de Wikipedia.

Bugul Noz 19/01/2014 15:11


Je profite de ce hors surjet sur l'obsolescence programmée pour donner un lien très intéressant (selon moi plus complet de l'article d'éconoclaste) : http://www.drgoulu.com/2013/05/01/lobsolescence-est-elle-programmee-2/

Listo 19/01/2014 11:41


L’espérance de vie n’a rien d’une prévision en effet et la bourde de Foucart qui lui lie une « santé à venir » est finalement un
grand classique que l’on trouve très couramment. Elle mériterait de figurer en tête de gondole d’un site prétendant chasser les idées reçues ;)


A propos d’idées reçues, j’ai lu l’article de Factsory sur l’obsolescence programmée et ça ne m’a pas franchement donné envie d’en lire plus.
Pour ne pas trop faire de HS je donne juste des lien qui devraient intéresser ceux qui sincèrement veulent lutter contre les idées reçues au lieu de les collectionner.


http://econoclaste.org.free.fr/econoclaste/?p=7583 ainsi que http://econoclaste.org.free.fr/econoclaste/?p=7586  et   http://www.drgoulu.com/2011/10/16/la-veritable-histoire-de-lampoule-de-livermore/

Wackes Seppi 18/01/2014 18:16


Si je comprends bien, pour que la critique puisse porter, il faut qu'elle ne soit pas à sens unique, que l'on fasse une concession à l'incurie journalistique de M. Foucart ?


 


Je pèse mes mots. Et je me refuse à trouver quoi que ce soit de positif dans un article qui est manifestement une tentative de conditionnement idéologique des lecteurs par un personnage dont la
profession est officiellement celle de journaliste et l'occupation principale celle de propagandiste.


 


Il se trouve par ailleurs que les perturbateurs endocriniens sont actuellement un sujet de bataille, notamment à Bruxelles. On peut donc aussi trouver qu'il y a malice dans cet article.


 


J'admets volontiers, à ce stade, qu'ayant écrit cela, je suis rayé de votre liste de gens fréquentables. Mais il se trouve que je préfère donner la priorité à ma détestation des manipulations
médiatiques.


 


Vous nous avez donné un lien ? Je n'ai accès qu'au résumé :


 


« Perinatal exposure to EDCs appears to be associated with the occurrence of ASD as well as ADHD », écrivent des auteurs qui disent avoir retenu 21 publications sur 834. C'est
bien vague... D'autant plus que l'« association » ne signifie pas nécessairement la causalité. Il eût du reste été étonnant si l'on n'avait pas trouvé une étude faisant un lien entre
autisme et perturbateurs endocriniens... il y a plein de gens qui font métier de chercher des poux, en quelque sorte, dans la tête des molécules de synthèse.


 


Mais votre référence ne démontre pas l'argument qu'a utilisé M. Foucart, à savoir que « [c]ette susceptibilité variable en fonction du sexe met immanquablement sur la piste des
perturbateurs endocriniens ». Pour être clair : cet article ne dit pas que la différence entre les sexes a pour origine – ni totale, ni partielle – les perturbateurs endocriniens.


 


C'est bien vague, cette étude... et au final peu convaincant. En voici une autre :


 


http://dspace.library.drexel.edu/bitstream/1860/2632/1/2006175339.pdf


 


Quant à l'espérance de vie, pas de jésuitisme ! On n'accable pas M. Foucart quand on relève qu'il accable la notion sur la base d'un postulat homme de paille.


 


Un homme de paille tirée de son bréviaire de l'apocalypse.


 


 


« Contrairement à ce que le terme « espérance de vie » peut laisser penser, cette statistique n'est pas une prévision des probabilités de décès pour les années ultérieures. Dire par
exemple que l'espérance de vie des hommes en 2000 est de soixante-quinze ans ne signifie pas que les hommes nés en 2000 vivront en moyenne soixante-quinze ans. Ils vivront en moyenne
soixante-quinze ans seulement si les conditions de mortalité qu'ils rencontreront au long de leur vie correspondent à celles de l'année 2000. Si les progrès continuent, les hommes nés en 2000
pourront vivre en moyenne plus de soixante-quinze ans. Inversement, il se peut que les conditions se dégradent, et que la durée de la vie diminue. » (Wikipedia)

Karg se 18/01/2014 17:22


"Ce qui est factuel c'est que sur la période étudiée (2002–2008) cela représenterait une augmentation d'environ 7 mois. Explication suffisante ?"


En général les risques lié à l'age augmente de façon exponentiel et non pas linéaire:


http://www.maxisciences.com/autisme/autisme-l-age-avance-de-la-mere-serait-un-facteur-de-risque_art5760.html


De fait on ne peut pas faire de calcul "à la moyenne" et conclure quoique ce soit: si l'augmentation d'âge moyen est très homogène, l'effet sera faible, si à l'inverse elle s'explique par une
forte croissance des "vieux" parents, là l'effet sera énorme, il faut avoir une idée de la dispersion. L'article précise que les accouchements de mère de plus de 40 ont fortement augmenté
(+300%), on peut supposer que la distribution n'est pas du tout homogène et qu'il est possible que le facteur âge des parents soit très important car concentré dans une sous population à risque
très exposés.

Karg se 18/01/2014 17:13


Le sex ratio de l'autisme a toujours était en "faveur" des mâles: quand on chercher des gènes de l'autisme sur le chromosome X, on en trouve:


http://autisme-info.blogspot.fr/2010/09/un-gene-sur-le-chromosome-x-implique.html


http://sfari.org/news-and-opinion/in-brief/2012/genetics-x-chromosome-gene-linked-to-autism-in-males


ça explique parfaitement le ratio de 4 entre garçon et fille. Ca n'a strictement rien à voir avec un effet perturbateur endocrinien, raconter ce genre de connerie c'est du séralinisme.

factsory 18/01/2014 14:53


@ Laurent Berthod


Je vous remercie pour votre critique ciselée. Néanmoins, après relecture de votre message fouillé, je cherche encore les arguments que vous avez à opposer soit à mon message, soit aux éléments
que je développe sur mon blog. Puisque vous en parlez, je doute que vous soyiez en mesure de critiquer un seul de ses articles, puisque je ne crois pas que vous en ayiez lu un seul.


Si votre approche consiste à manier l'attaque personnelle pour éviter d'avoir à construire une réponse argumentée, il est clair alors que nous ne partageons pas la même approche. Si jamais vous
vouliez discuter de certains points, j'en serai heureux. Mais pour ça, mettons-nous d'accord pour suivre les règles de la bienséance argumentative.


@Wackes Seppi


À mon avis, lorsque la critique est à sens unique, elle ne porte pas. Vous avez raison de critiquer le fait que la seule piste mentionnée par Foucart soit les perturbateurs endocriniens. La
différence d'incidence selon le sexe pourrait avoir d'autres explications. Néanmoins vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a aucune base factuelle à cela, alors que je vous ai donné un lien vers un
article de revue parlant justement de ce lien…


Concernant l'espérance de vie, j'ai l'impression que la phrase de Foucart peut être lue de différentes façons. Selon la façon dont on la lit on pourra dire qu'il a raison ou tort. Il se trouve
que pour calculer l'espérance de vie à la naissance, on utilise (entre autres) le taux de mortalité des vieillards. Il est donc exact qu'on calque l'espérance de vie des vieillards (mais pas
qu'eux) sur celle des nouveaux-nés. On peut aussi comprendre de sa phrase, qu'on transpose la durée de vie des vieillards actuels aux nouveaux-nés. Ce n'est pas le cas. Je ne suis pas dans la
tête de Foucart et je ne sais pas s'il connaît effectivement la façon dont est calculée l'espérance de vie. Mais autant ne pas l'accabler sans preuve.

Wackes Seppi 17/01/2014 16:24


Il est du droit de quiconque de trouver des mérites à la prose de M. Stéphane Foucart.


 


Il n'en demeure pas moins qu'il a écrit :


 


« Cette susceptibilité variable en fonction du sexe met immanquablement sur la piste des perturbateurs endocriniens, ces molécules de synthèse omniprésentes, qui interfèrent avec le
système hormonal et produisent le gros de leurs effets au cours de la période fœtale… Bien sûr, il n'y a pas de consensus scientifique sur ce lien possible avec l'autisme, mais un simple soupçon,
fût-il étayé. »


 


Piste qui n'est nullement évoquée dans le rapport dont vous nous avez si utilement fourni le lien.


 


Au contraire, le document des CDC dit qu'il faut des études plus approfondies pour comprendre le phénomène et ses variations dans le temps.


 


M. Foucart, lui, du haut de son arrogance journalistique, sans base factuelle et sans compétence aucune sur le sujet, a décrété qu'il y avait un lien avec les perturbateurs endocriniens.


 


Ses bémols ne sont que des clauses de style.


 


Quant à l'espérance de vie, M. Foucart a aussi faux. Relisez bien sa phrase :


 


 


« Rappelons d'ailleurs ici que la notion d'espérance de vie repose sur un postulat dénué de tout fondement, selon lequel la santé à venir des nouveau-nés sera nécessairement identique à
celle qu'ont connue les vieillards d'aujourd'hui au cours de leur vie. »

Jicébé 17/01/2014 15:16


Bonjour, je suis un fidèle lecteur de ce site mais n'y suis jamais intervenu. Merci et bravo à leurs animateurs.


Je me permets d'intervenir, quoique non scientifique, pour rectifier Laurent Berthod (commentaire n° 10) sur son chiffre de 1 autiste sur 151 enfants tous sexes confondus.


Le chiffre de 1/ 88 , cité dans l’article du Monde,  me paraissait surprenant, D’autre part la formule citée par Ptoufle  (commentaire 8) ne me convenait pas intuitivement. Je
ne pouvais pas me permettre de la mettre en doute mais je voulais comprendre.


Comme je ne suis pas mathématicien, j’ai raisonné ainsi :


J’ai arrondi (pour ne pas utiliser de calculette)


1 garçon sur 50 (au lieu de 54)


1 fille sur 250 (au lieu de 252)


 


Soit 5 garçons sur 250.


Et au total 6 enfants sur 500, soit 1 enfant sur 83, 33.


 


Je suppose donc qu’en tenant compte des véritables chiffres ainsi que des proportions filles/garçons, on arrive à peu près au chiffre de 1 sur 88.


Et c'est ainsi que le Monde, sur ce point précis, est dans le vrai, ainsi que Ptoufle. 

Laurent Berthod 16/01/2014 22:36


Le blog Factsory se présente comme faisant "La chasse aux idées reçues" alors qu'il est le prototype du ramassis d'idées reçues et fausses, de lieux communs et de calembredaines
écologistes qu'adore colporter l'écho médiatique de la novlangue postmoderne.


 

factsory 16/01/2014 22:18


Bonjour,


Il est de votre droit de ne pas aimer Stéphane Foucart, mais pour un site qui défend la raison et le scepticisme, il vaut mieux que la critique soit solide.


Sur la forme tout d'abord, il serait bon soit d'utiliser des liens dans votre article, soit d'utiliser un véritable système de gestion des notes de bas de page (je ne sais pas si over-blog permet
cela). Ici, il y a une note qui a disparu et le rapport du CDC n'est pas cité, c'est dommage.


Je pense l'avoir retrouvé et il doit être ici. Je ne vais pas mentir, je ne l'ai pas lu en
entier. Je reviens sur quelques critiques, qui me semblent un peu faibles, que vous faîtes.


Sur la représentativité des 14 sites. Foucart a écrit « surveillent depuis 2007 quatorze sites répartis sur l'ensemble du territoire américain ». Ils sont répartis sur le territoire c'est
exact. Ce qui est faux en revanche c'est la date…

Vous dîtes qu'on peut écarter les raisons environnementales comme facteur unique. Comme facteur unique, certes. Mais les écarter au prétexte qu'elles ne changent pas si rapidement en si peu
de temps, c'est… rapide justement. Le pool génétique évolue bien moins vite que les conditions environnementales. Si on peut mettre de côté la première explication, il est un peu rapide de mettre
la seconde de côté également.

Vous dîtes : « les auteurs de l’étude se penchent de multiples facteurs, dont les changements intervenus dans le diagnostic de ces troubles, qui pourraient expliquer à eux seuls un tiers
de l’augmentation de la prévalence. » Si par « étude » vous faîtes référence au papier paru dans IJE, c'est probablement exact (quoi que le résumé ne dit pas ça…). Sauf que le CDC suit un
protocole particulier pour son rapport. Et donc l'étude à laquelle vous faîtes référence n'est pas pertinente pour expliquer l'évolution. Dans le rapport du CDC je n'ai pas trouvé trace
d'explications par rapport à un changement dans le diagnostic, au contraire : « The case definition and surveillance methods, which have been described in detail previously (2–5,12,13), have
remained consistent over time, enabling comparisons across multiple surveillance years. » En revanche ils citent une autre explication partielle à l'augmentation de l'incidence : «
First, increases in awareness and access to services have improved the ability of the ADDM Network to identify children with ASD over time, and this likely contributes to the increase in
estimated prevalence. The proportion of the increase that is attributable to such changes in case ascertainment or attributable to a true increase in prevalence of ASD symptoms cannot be
determined. »

Sur l'espérance de vie, c'est un concept qui m'a toujours un peu échappé, je ne vois pas de différence fondamentale entre la définition de l'Insee et ce que dit Foucart. L'Insee dit qu'il
s'agit du nombre moyen d'année à vivre à un age x (par exemple la naissance) en se fondant sur les taux de mortalité de chaque tranche d'âge, lors de l'année courante. On applique donc bien la
santé des vieillards d'aujourd'hui aux nouveaux-nés (leur espérance de vie à la naissance).

Vous dîtes que l'augmentation de l'âge de la maternité a été « très rapide ». 1,2 mois/an ne me semble pas très rapide, mais c'est subjectif. Ce qui est factuel c'est que sur la période
étudiée (2002–2008) cela représenterait une augmentation d'environ 7 mois. Explication suffisante ? Surtout, les chiffres auxquels vous faîtes référence parlent d'une augmentation entre 1970 et
2006. Vous faîtes donc l'hypothèse implicite que l'augmentation de l'âge de la première maternité est linéaire entre 1970 et 2006 ce qui n'est pas étayé.

Vous dîtes aussi : « Stéphane préfère l’explication mono causale très cicolellienne , les perturbateurs endocriniens » Vous grossissez largement le trait, d'autant plus qu'à ce
sujet, il dit lui-même : « il n'y a pas de consensus scientifique sur ce lien possible avec l'autisme ». Enfin vous oubliez tout de même de mentionner que cette hypothèse ne sort pas
seulement du cerveau de S. Foucart ou A. Cicolella, voir par exemple cette revue
sur le sujet



Au passage, vos attaques ad hominem et les moqueries ne servent pas, à mon avis, votre propos. Mais ça soulage, je comprends.
Enfin, croire à la neutralité pour quelqu'un se réclamant (me trompe-je ?) du scepticisme, je suis… étonné !

Laurent Berthod 16/01/2014 13:38


Mon cher Sceptique, vous n'accordez pas beaucoup d'importance à la rubrique Planète mais beaucoup de lecteur oui. Et propager des calembredaines est en tout état de cause condamnable, surtout
pour un journaliste.

Sceptique 16/01/2014 11:45


Je n'accorde pas un poids déterminant à la page "Planète" du "Monde" dans la connaissance épidémiologique. Comme les promesses, les affirmations n'engagent que ceux qui y croient.

Laurent Berthod 16/01/2014 11:32


Mon cher Sceptique,


 


Vous avez sans doute raison, puisque selon vous les données portent sur un concept flou, ce que je veux bien croire. Mais la question est aussi de savoir si Stéphane Foucart maîtrise les règles
élémentaires de l'arithmétique ou s'il s'en fiche comme de sa première chaussette, ce qui serait plutôt au débit de son compte de journaliste (qui plus est prétendument scientifique).

Sceptique 16/01/2014 11:17


Il me parait impossible d'obtenir des chiffres valables sans discussion, pour un diagnostic purement subjectif.

Laurent Berthod 16/01/2014 10:50


Je ne trouve pas "environ 1/88", mais 1/151,02.

Sceptique 16/01/2014 10:27


Ça ne me gêne pas qu'un journaliste "scientifique" ne soit pas un "scientifique" professionnel. Après tout, Jules Verne a fait plus pour éveiller le goût de la science que des grands savants de
son époque. L'art d'écrire compte.


Le problème est "la ligne éditoriale" qui lie réciproquement la Rédaction et les journalistes. La ligne éditoriale est aussi un rapport entre un journal et ses lecteurs. Ça se perçoit à la
lecture du "courrier des lecteurs". Il y a cependant des "électrons libres" parmi les lecteurs du "Monde".


À propos de l'autisme, il y a des modes en médecine, et une tendance à l'enthousiasme pour les entités ciliniques nouvelles. Une culpabilité de ne pas y avoir pensé facilite l'engouement. Le
dégagement de l'autisme du magma des psychoses et des arriérations mentales est un exemple. Tout original entre maintenant dans ce diagnostic!


J'ai connu, et partagé quelque temps, la "spasmophilie" spécifiquement hexagonale, carence "grave" en magnésium, créant des carrières de "spécialistes", et un marché pharmaceutique juteux. La
baudruche s'est dégonflée très vite. La suggestion réciproque, amplifiée par les médias, a fini par "crever les yeux", drôle d'expression pour signifier le contraire, et "on" n'en parle plus.


Le sort de toutes les catastrophes écologiques qui trustent les budgets de recherche d'aujourd'hui sera probablement le même. 

ptoufle 16/01/2014 10:05


@cultilandes & Anton :


Il me semble que le compte est bon : 1 sur 54 garçons et 1 sur 252 filles, si on suppose une population un peu plus nombreuse de garçon, cela donne bien un ratio sur la population totale de 1 sur
88 environ


( prévalence = 1/( .51/54+.49/252 ) )