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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 12:39

Nous poursuivons ici l'analyse de l'ouvrage d'Isabelle Saporta.  Après nous être interrogés sur ses motivations profondes, nous avons constaté que ce livre, écrit avec désinvolture par une auteure qui avoue sa propre ignorance, n'apporte rien de neuf au débat.  Il est marqué du sceau du sensationnalisme, de la désinformation et de la propagande, en ce qu'il décrit l'agriculture honnie -- « productiviste » ou « industrielle » sur la base des pires exemples.  Il est truffé d'erreurs qui sont le fruit de l'ignorance avouée, mais aussi la marque de fabrique des marchands de peurs alimentaires et de bonheur agro-biologique.  Mais il y a pire.

 

 

Sophismes, exagérations, approximations, omissions, etc. dans chaque chapitre ou presque

 

« Ah, la baguette bien croustillante...  Avec le béret, c'est l'emblème, le totem de la France dans le monde entier.  Nous aussi, on l'aime bien, notre baguette.  Ce ne sont plus les grandes amours d'il y a cinquante ans.  On peut même dire qu'on l'aime deux fois moins aujourd'hui qu'hier.  Mais tout de même, on en grignote 140 grammes par jour.  Ce n'est pas rien »  On peut même trouver que c'est nul.  Enfin, il faut bien remplir 250 pages...

 

Le chapitre « Du blé au pain, un parcours sinueux », ainsi introduit, se poursuit par un autre morceau de bravoure : « Et qui dit pain dit blé.  En France, la filière se porte bien, avec 36 233 milliers de tonnes de blé produites en 2009 sur près de 5 millions d'hectares.  Les rendements sont optimaux : 95 quintaux à l'hectare d'après les agriculteurs, 80 selon les autorités, à croire que ces dernières veulent se montrer moins productivistes qu'elles ne le sont vraiment. »  Quitte à citer les chiffres de l'AGPB, l'auteure aurait dû les citer en entier : la sole de blé se montait en 2009 à 4,733 millions d'hectares, et le rendement était de 76,6 quintaux à l'hectare.  On est loin des rendements cités par l'auteure et attribués à de mystérieux « agriculteurs » et à d'anonymes « autorités ».

 

Donc, « [e]n tout état de cause, le blé pousse deux fois mieux avec des engrais, des pesticides et de bons produits phytosanitaires qu'en bio, où les paysans peinent à atteindre les 55 quintaux à l'hectare » (les italiques sont de nous).  Quel est le distinguo entre pesticides et produits phytosanitaires ? N'en demandez pas tant à l'auteure.  Et pourquoi citer un « bon » rendement pour le blé biologique ? C'est que le rendement moyen se situe aux alentours de 27 quintaux à l'hectare [15], soit 35 % du blé dit conventionnel.

 

L'auteure n'en tire aucune conclusion.  Ni du reste des chiffres qu'elle fournit pour la pomme de terre (« comptez 65 tonnes à l'hectare en agriculture productiviste contre 25 à 35 tonnes à l'hectare en bio ») et la pomme (« 70 tonnes à l'hectare contre 20 en bio »).

 

En fait si, et ce, par  un superbe homme de paille doublé d'un ad hominem circumstantiae au début du chapitre 13, consacré aux merveilleuses potentialités de l'agriculture biologique : « Briefés durant de longues décennies par les fabricants de pesticides, les agriculteurs français sont désormais persuadés qu'ils ont pour mission de nourrir le monde, et qu'ils ne doivent en aucun cas diminuer leurs rendements au risque d'affamer la planète. »  L'auteure serait bien en peine de fournir les sources de ses affirmations à l'emporte-pièce.  En fait, si la sole actuelle de blé était convertie en biologique, et sans tenir compte des contraintes nouvelles telle la nécessité d'allonger les rotations, la France non seulement signerait l'arrêt de mort de ses exportations, mais encore deviendrait importatrice [16] !

 

 

Des propos de comptoir indigents

 

On n'écrira pas « de café du commerce », tant cela serait injurieux pour les nombreux établissements qui portent ce nom.  Réels ou prêtés, anonymes ou paraphés, ils heurtent tant les agriculteurs que l'entendement.  C'est évidemment l'auteure qui en porte la responsabilité, puisqu'elle a choisi de les reproduire (ou de les inventer ?).

 

Prenons pour filon le chapitre « Lundi, des patates, mardi, des patates... », un titre étonnant, sauf si l'on considère que l'auteure n'est pas de la classe sociale qui s'alimente aux prix les plus bas.  Évidemment, l'attaque se concentre sur les contrats avec les industriels, McCain en tête.  Après avoir rappelé à juste titre les qualités de la Bintje, elle fait dire à un jeune agriculteur converti au bio  (merveilleuse expression, au sens premier, tant elle renvoie à la religion) que « la bintje plus les phytos, c'est juste magique pour faire des frites par milliers » (les italiques sont de nous).  Suit une description apocalyptique des relations entre agriculteurs et industriels.  Pensez donc, les industriels « vont jusqu'à imposer les variétés qui leur conviennent », le libre arbitre de l'agriculteur n'existe plus et « l'agriculteur doit répondre à des cahiers des charges d'enfer pour produire des pommes de terre » – pour une fois l'auteure n'utilise pas le mot patate – « pour l'usine » !

 

Il serait fastidieux de décrire les âneries sur la culture et la distribution des pommes de terre.  Ainsi, alors qu'il a d'autres fonctions tout aussi importantes, sinon plus, le défanage est présenté quasiment comme une obligation imposée par le lavage subséquent des tubercules, lavage lui-même imposé par la grande distribution.  L'auteure et ses interlocuteurs oublient visiblement que, si les tapis roulant des caisses de supermarché restent propres avec des pommes de terre lavées, l'acheteur fait aussi son choix en fonction de la propreté de son cabas, de sa voiture et de sa cuisine.

 

Le marché des pommes de terre primeurs se réduit.  L'auteure écrit certes sur l'évolution technique qui permet maintenant de faire la soudure entre deux récoltes de pommes de terre de conservation.  Bien.  Mais elle dérape et attribue, avec force citations, le déclin des primeurs à des forces obscures.  « C'est l'histoire de consommateurs pris en otage par des circuits commerciaux... » Quel est le problème : « 'Plus de place dans les rayons' répond la grande surface.  À part, peut-être, pour quelques lots vendus hors de prix en tête de gondole »  Donc, il n'y a plus de place mais il y a encore de la place [17].

 

Il n'échapperait pas au Français moyen, et surtout aux nombreux Français qui galèrent, que le « hors de prix » ne se vend guère [18].  Manifestement cela échappe à un docteur en sciences politiques.

 

Mais abrégeons : on apprend dans le chapitre « Il faut sauver le soldat shadok » que, propos d'un inspecteur de la santé publique vétérinaire, « l'agriculture française, c'est de la merde ». 

 

 

On se paye notre pomme !

 

Difficile de passer sous silence le chapitre « Ici, on joue à pommes réelles » et les actions en justice introduites par Daniel Sauvaitre, arboriculteur en Charente et président de l'Association nationale pommes poires, et par l'ANPP elle-même, en relation avec Manger peut-il nuire à la santé ?, un « reportage » diffusé le 16 février sur France 3 et s'appuyant sur l'ouvrage commenté ici [19].

 

S'agissant de l'ouvrage, le manichéisme est à son comble.  L'arboriculture conventionnelle serait abracadabrantesque, avec par exemple un « bonne douche d'hormone d'accrochage », après quoi on « asperge le pommier d'hormones d'éclaircissage », après quoi, « il est nécessaire, du coup, de remettre un petit coup d'hormones d'accrochage ».  Les pesticides seraient « hautement toxiques », et l'auteure cite « [u]n insecticide pour lutter contre les papillons, qu'il faut manipuler avec beaucoup de précaution.  C'est un virus vivant qui va contaminer les larves ».  Ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'il est parfaitement inoffensif pour l'homme et qu'il est utilisé... en agriculture biologique.

 

Mais, « [v]ous l'aurez compris, les arboriculteurs industriels ne sont pas encore prêts à abandonner leurs techniques de production, car les techniques alternatives, si elles donnent des résultats satisfaisants, nécessitent davantage de travail et de temps dans les vergers ».  Extraordinaire mensonge : une technique alternative telle que la confusion sexuelle du carpocapse est utilisée sur quelque 40 % du verger français [20].

 

Bien sûr, pas un mot sur la Charte Nationale de Production Fruitière Intégrée, pourtant portée par Daniel Sauvaitre [21] ; cela aurait « bousillé » le scénario.  Lequel scénario exige évidemment que « le fruit [soit].truffé de pesticides ».  L'auteure appelle donc à la rescousse François Veillerette et l'« étude » du MDRGF (devenu Générations Futures) sur un menu prétendument typique d'un enfant d'une dizaine d'années, composé avec des produits achetés entre juillet et septembre 2010 [22].  Problème : les pommes retenues – en cours de saison de production française – étaient... brésiliennes.  Enfin non, pas de problème, il suffit d'une pirouette : « Gageons que, dans un verger français, on aurait retrouvé à peu près les mêmes » résidus ».  Et donc, « cet expert » – autoproclamé – déclare avec emphase que « les doses de résidus chimiques présentes dans ces pommes sont en gros 400 fois supérieures à ce que l'on tolère dans l'eau ».  Comme il n'ignore pas que les LMR sont fixées forfaitairement pour l'eau, à 0,1 μg/l pour chaque pesticide individuel (à l'exception de l'aldrine, la dieldrine, l'heptachlore et de l’heptachloroépoxyde, dont on tolère 0,03 µg/l) et 0,5 μg/l pour la somme, sa déclaration relève de l'enfumage [23].

 

Dans Manger peut-il nuire à la santé ?, diffusé le 16 février sur France 3, on nous présente une autre analyse, sur des pommes dont il est prétendu qu'elles sont de Daniel Sauvaitre [24].  Celui-ci nous apprend dans son blog que la société de production a présenté à l'audition devant la 17e Chambre correctionnelle de Paris un ticket de caisse tendant à prouver, selon elle, que l'analyse a porté sur des pommes achetées le... 10 décembre 2009, à 15h59 pour être précis [25].

 

Pourquoi les analyses sont-elles différentes entre le livre et le reportage ? Mystère.  Ce qui est certain, toutefois, c'est qu'il y a eu manipulation.

 

Dans le genre plus trivial, le reportage nous présente l'auteure se mettant en route pour Angoulême, pour le verger de M. Sauvaitre.  Or elle reconnaît dans la presse ne jamais y être allée.  « C'est la seule partie de l'émission que je n'ai pas faite.  J'ai été engagée après le début de cette enquête.  Je comprends la peine et le courroux de Daniel Sauvaître... » [26].  En outre, selon ce dernier, les images, tournées en juin 2009, devaient servir pour un reportage sur les moyens nécessaires pour nourrir neuf milliards d'habitants à l'horizon 2050.  Il y a donc eu abus de confiance.  Vous avez dit éthique professionnelle ?

 

Cela nous ramène à l'ouvrage : comment l'auteure a-t-elle pu décrire une opération de traitement dans le verger de Daniel Sauvaitre ? Et combien d'autres déclarations de sa part sont de seconde main ?

 

 

Non à l'égoïsme obscène

 

« L'agriculture française, c'est de la merde ».  Difficile de faire pire dans le dénigrement haineux.  Mais cette déclaration reflète malheureusement l'esprit général du Livre noir de l'agriculture, même si l'auteure s'en défend.  Un esprit manifestement sous-tendu par une méconnaissance grave des réalités de l'agriculture et de l'alimentation, et par un égoïsme obscène : celui des bobos écocondriaques, éconoclastes (puisque les pesticides sont selon eux l'émanation du grand capital, multinational), intolérants et totalitaires.  En effet, la satisfaction de leur caprice alimentaire ne saurait se restreindre à la mise à leur disposition, par une agriculture biologique de niche, des produits alimentaires à même de satisfaire leur caprice  elle doit impliquer l'éradication des produits qui alimentent la très grande majorité des Français, y compris de ceux, de plus en plus nombreux, qui ont du mal à joindre les deux bouts et qui sont obligés de rogner sur leurs dépenses alimentaires.

 

Posons le problème en forçant un peu – et encore, ce n'est même pas sûr – le trait : il faut nourrir, à l'échelle mondiale, 50 % de plus d'êtres humains à l'horizon 2050, et ces gens nous proposent une agriculture qui, dans les pays à agriculture développée et performante, produirait au bas mot 50 % de moins.

 

On ne peut qu'être – cyniquement – d'accord avec l'auteure sur le fait qu'un monde sans pesticides est possible... ce n'est après tout qu'une question de prix, en termes de disponibilité et de coût des denrées alimentaires, de santé publique, d'environnement, et surtout de vies humaines.  Toutefois, on ne saurait admettre que, pour étayer sa thèse, elle caricature le Rapport Écophyto R&D de l'INRA [27].

 

Le propos de ce rapport était d'apporter un éclairage sur la réduction de 50%, si possible, de l’utilisation des pesticides selon un des objectifs retenu par l'État pour Écophyto 2018 à la suite du Grenelle de l'environnement.  Et sa conclusion – assortie d'importants caveats – est qu'une réduction de cet ordre se traduirait par une baisse non négligeable des productions (12% en valeur en grandes cultures, mais attention, sur une base qui ne correspond plus du tout à la réalité actuelle).  Ce rapport n'a en aucune manière examiné les tenants et les aboutissants d'un monde sans pesticides.  D'ailleurs, l'agriculture dite biologique ne peut s'en passer, et elle en utilise qui sont préoccupants pour la santé publique et l'environnement [28].

 

Il y a donc lieu de rappeler quelques vérités occultées par les marchands de peurs et d'illusions.  Décortiquons donc brièvement le message général de l'ouvrage.

 

« Malgré son coût prohibitif – le budget de la politique agricole commune atteint 57 milliards d'euros en 2010, soit 44 % du budget de l'Union... » a donc écrit l'auteure.  Les chiffres semblent suspects ; ils incluent en tout cas les dépenses afférentes au développement rural [30].  Mais c'est surtout malhonnête ! Le budget de l'Union européenne est ridiculement faible, plafonné qu'il est à 1,23 % de la somme des revenus nationaux bruts [31].  Et ce qui est payé par le contribuable en subsides ne l'est pas par le consommateur en prix décents.

 

« ...L'agriculture actuelle ne respecte ni le pacte social qui la lie aux paysans, ni le pacte environnemental qui la lie aux générations futures, ni même le pacte de santé publique qui la lie à nous tous. »  Jolie phrase, mais creuse : quel est ce pacte social qui lie l'agriculture aux paysans ? Quel pacte environnemental ? Quel pacte de santé publique ?

 

L'agriculture française nourrit les Français et leur assure – quelle chance ! – la souveraineté alimentaire ; elle est même globalement exportatrice, et ce, à la fois en denrées et en produits élaborés à forte valeur ajoutée.  Elle forme le socle d'une industrie agro-alimentaire forte, pourvoyeuse d'emplois ; elle constitue l'assise de la société dans les zones rurales ; elle contribue massivement à notre balance commerciale [32].  S'agissant de l'hypothétique pacte environnemental, l'agriculture modèle, gère et préserve notre environnement.  Et la santé publique est préservée par des produits sains, loyaux et marchands.

 

Parmi les affirmations précédentes, certaines ne manqueront pas d'être contestées, l'agriculture étant victime – depuis longtemps, mais les choses se sont accélérées récemment – d'une telle campagne de désinformation que les contrevérités sont devenues vérités bibliques.  À cet égard, il y a lieu de préciser trois points dans le cadre de ce commentaire.

 

Premièrement, la majorité des produits de l'agriculture ne présentent pas de résidus de pesticides, et la très grande majorité sont en-dessous des limites maximales de résidus, elles-mêmes établies avec une très grande marge de sécurité [33].

 

Deuxièmement, l'agriculture ne peut pas se passer de pesticides, même pas l'agriculture biologique.  L'enjeu n'est pas « zéro », illusoire sauf à accepter des bouleversements fondamentalement inacceptables ; ni même « moins » [34] ; mais « mieux ».  Les acteurs de la filière y tendent, pas forcément de manière linéaire et continue, mais l'histoire est là pour prouver l'évolution de l'agriculture dans le sens du socialement souhaitable.  À ce propos, si l'auteure accuse l'agriculture actuelle de ne pas respecter un prétendu pacte social, une analyse sommaire suffit à montrer que les paysans sont plutôt victimes du reste de la société.  « Vous souvenez-vous des Shadoks, ces étranges oiseaux qui passaient leur vie à pomper, pomper, pomper et à inventer des machines toujours plus absurdes ? » écrit-elle ? Observation fort judicieuse, mais elle s'applique au produit des pressions de citadins et néo-ruraux à mille lieues des réalités agricoles ; au carcan administratif et réglementaire, à l'écologiquement correct, enfin à ce qui empoisonne la vie de nos agriculteurs.

 

Troisièmement, il n'y a pas de solution de continuité entre l'agriculture biologique et l'agriculture dite conventionnelle, si l'on met à part les contraintes idéologiques inhérentes à la première (notamment l'interdiction des engrais et pesticides de synthèse) et la certification ,et pour certains acteurs et surtout idéologues, le repli identitaire.  Sur le terrain, les gens raisonnables qui pratiquent l'une vivent en bonne entente avec ceux qui pratiquent l'autre.  Il n'y a en dernière analyse que des pratiques agronomiques, plus ou moins bonnes, selon les conditions particulières de l'exploitation, de la région, de la filière, du marché, etc.

 

Un des problèmes majeurs qui se posent à cet égard est que les idéologues des « agricultures alternatives » revendiquent pour celles-ci une sorte d'exclusivité pour des bonnes pratiques agronomiques qui appartiennent en fait au fond commun des connaissances scientifiques et techniques ; et aussi qu'ils occultent les inconvénients de ces systèmes de production, au premier chef, l'importante perte de rendement qui peut en résulter, que cette perte soit réelle (un système productif est par exemple converti en biologique) ou potentielle (un système peu productif, notamment dans les pays en développement, est amélioré par de bonnes pratiques agronomiques, mais est privé des bénéfices résultant notamment des engrais et pesticides de synthèse).  C'est en partie sur ces bases que les tenants de l'agriculture biologique ont pu propager l'idée que celle-ci pouvait nourrir le monde [35].  C'est aussi sur cette imposture que se termine le livre d'Isabelle Saporta.

 

Le pire des destins que risque l'agriculture – en fait l'humanité –, c'est d'être le jouet d'idéologues, que ceux-ci aient des titres à faire valoir dans les sciences liées à l'agriculture ou non.  Le livre noir de l'agriculture pourrait être sous-titré : « Comment l'auteure assassine nos paysans... »

 

Au fait, « mensonge » et « désinformation » sont deux mots utilisés par un homme courtois et mesuré, Bruno Le Maire, dans son discours de clôture du 6e Séminaire international de l'agriculture biologique [36].

 

________________

 

[14]  http://www.agpb.fr/fr/chiffre/recolte_france.asp

 

[15]  http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article606

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article609

Il est à noter que les moyennes de rendement entre « conventionnel » et « biologique » ne sont pas directement comparables.  D'autres part, les organismes dédiés à l'agriculture biologique ne publient pas de statistiques sur les rendements (!), alors qu'elles tiennent une comptabilité à l'unité près dans d'autres domaines, notamment le nombre d'agriculteurs biologiques et de conversions (voir par exemple : http://www.agencebio.org/upload/Grandescultures_ChiffresCles2010.pdf)

 

[16]  À 27 quintaux à l'hectare, il faudrait 5,5 millions d'hectares pour produire les quelque 15 millions de tonnes de consommation intérieure (rappel, la sole de blé oscille en gros de 4,5 à 5 millions d'hectares).

 

[17]  Il n'échappera à personne que les grandes chaînes ont trouvé de la place pour des produits bios qui, en fruits et légumes, coûtent deux ou trois fois plus cher que leurs homologues conventionnels.

 

[18]  Voir aussi : http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/les-tracas-de-la-pomme-de-terre-primeur_774318.html

 

[19]  Voir notamment :

le blog de Daniel Sauvaitre : http://www.daniel-sauvaitre.com/

http://www.agriavis.com/news-3962-reportage+france+3+daniel+sauvaitre+un+paysan+abuse+par+les+journalistes+isabelle+saporta+et+eric+gueret.html

http://www.fldhebdo.fr/plainte-de-l-anpp-contre-france-3-et-le-nouvel-observateur-art297662-3.html

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article725

 

[20]  Voir le rapport de l'INRA Écophyto R&D : Quelles voies pour réduire l'usage des pesticides, pourtant cité par l'auteure elle-même, page  36 de la synthèse :

http://www.inra.fr/l_institut/etudes/ecophyto_r_d/ecophyto_r_d_resultats

 

[21]  http://www.lapomme.org/production/charte.htm

 

[22]  http://www.menustoxiques.fr/

 

[23]  http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php?pageid=348

 

[24]  http://www.dailymotion.com/video/xhcrod_manger-peut-il-nuire-a-la-sante-1-5-mer-16-fev-2011_tech

 

[25]  http://www.daniel-sauvaitre.com/article-et-la-suite-du-grand-guignol-69127910-comments.html#anchorComment

 

[26]  http://www.sudouest.fr/2011/02/22/les-pommes-de-la-discorde-324115-1050.php

 

[27]  http://www.inra.fr/l_institut/etudes/ecophyto_r_d/ecophyto_r_d_resultats

 

[28]  Voir par exemple, pour la roténone et le cuivre :

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article719

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article576

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article551

 

[29]  http://ec.europa.eu/budget/budget_glance/index_fr.htm

 

[30]  http://ec.europa.eu/budget/library/publications/budget_in_fig/dep_eu_budg_2010_fr.pdf

http://ec.europa.eu/budget/budget_detail/current_year_fr.htm

 

[31]  http://ec.europa.eu/budget/budget_glance/index_fr.htm

 

[32]  http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/commerce-exterieur-ble-vins-et-produits-laitiers-se-sont-mieux-exportes-en-2010-ministere-38766.html

 

[33]  Voir notamment http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/1646.htm

Il est à noter que les contrôles sur les fruits et légumes biologiques ont mis en évidence 0,9 % de dépassements de LMR ; de tels dépassements ne sont pas accidentels.  Sachant que l'on a trouvé 3,7 % de dépassements en conventionnel, l'hystérie antipesticide porte donc sur une division par quatre des risques – déjà faibles – de manger des fruits et légumes (non lavés) dépassant la LMR.  Compte tenu des méthodes d'établissement des LMR, ces risques n'impliquent pas de risques sanitaires, sauf cas très exceptionnel.

 

[34]  Pour un éclairage, le cas du Danemark :

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article70&decoupe_recherche=danemark

 

[35]  Le site Agriculture-environnement offre un démontage bien charpenté de l'affirmation selon laquelle l'agriculture biologique peut nourrir le monde :

http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article318

Pour les communiqués de presse de la FAO :

http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000550/index.html

http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html

Extrait de ce dernier :  « “Nous devons recourir à l’agriculture biologique et l’encourager”, a déclaré M. Diouf. “Elle produit des aliments sains et nutritifs et représente une source croissante de revenus, pour les pays développés comme pour les pays en développement. Mais il n’est pas possible de nourrir aujourd’hui six milliards de personnes, et neuf milliards en 2050, sans une utilisation judicieuse d’engrais chimiques”. »

 

[36]  Voir la vidéo à :

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/cloture-du-6e-seminaire-international-de-l-agriculture-biologique

 

 

 

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commentaires

aurogra 23/07/2015 12:31

Disappointed consumers begin weblogs to take businesses to task for issues suffered, real or thought.

all about pillows 01/07/2015 08:04

In the occasion that you are providing outside camp tents, then your crucial term needs to be linked with the product and the activity for which it is used.

Wackes Seppi 17/08/2011 15:50



Bonjour,


 


Merci de votre réponse.


 


J'ai oublié de copier les notes dans ma réponse précédente. Les voici, ci-dessous.


 


Je vous recommande également, de Gil Rivière-Wekstein, Le livre très noir d’Isabelle Saporta :


 


http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article737&decoupe_recherche=saporta


 


Nos commentaires respectifs sont assez similaires sur le fond et la forme : nous avons abordé la critique de l'incompétence et de la désinvolture de la même façon. GRW a aussi mené sa petite
enquête et vous fournira quelques témoignages savoureux.


 


Du reste, je recommande également son livre, Bio – fausses promesses et vrai marketing, et son site en général.


 


À part cela, il n'y a pas de questions idiotes. Il en est beaucoup qui le paraissent, mais qui alimentent une réflexion fructueuse si on veut bien se pencher dessus.


 


Si tant est que le bonheur / malheur de notre nourriture ait une quelconque importance...


 


Le bien-être des animaux d'élevage est l'objet d'une législation très prolifique, particulièrement au niveau européen, et les lobbies des « droits des animaux » sont particulièrement
actifs et efficaces puisqu'ils jouent sur le sentimentalisme.


 


On peut faire des comparaisons entre «les temps heureux » et «aujourd'hui » en toute objectivité, sans sentimentalisme. Vous pouvez imaginer le passé si vous ne l'avez pas vécu à partir
des bâtiments de ferme... les étables fermées, obscures, insalubres, les sols glissants, les vaches entravées toute la journée sauf pour l'abreuvement, etc.


 


___________________


 


[1]  Je vous recommande en particulier le blog de M. Daniel Sauvaitre. Dernier billet sur le sujet :


http://www.daniel-sauvaitre.com/article-des-pommes-d-honneur-73903316.html


 


[2]  http://www.cnrs.fr/paris-michel-ange/design-doc/Expo/Expo%20CNRS/www.cnrs.fr/CMA/dyna/IMG_expo/usage6.pdf


 


Voir aussi un excellent dossier sur l'eau dans La France agricole N° 3373 du 18 février 2011.


 


[3]  Voir par exemple :


http://www.inra.fr/productions-animales/spip.php?article63


http://www.arvalisinstitutduvegetal.fr/fr/fichier/communique/122_Num_special_mars_04.pdf


 


[4]  http://europa.eu/pol/financ/index_fr.htm



Colin 15/08/2011 19:46



Merci pour votre réponse, vous aviez mis le doigt sur certaines choses qui m'avaient (à ma grande honte) échappées !


Voyez-vous, le pire dans tout ça n'étant pas le fait que je pose des questions idiotes mais que je ne sois ni citadin, ni biomaniaque, ni inculte. Il est vrai que je ne me sent pas concerné par
tout ce que décrit Mme Saporta et que je n'aurais jamais lu son livre si ma femme (qui comme ses semblables sont les plus sensibles à ce genre d'endoctrinement) ne m'avait demandé de le lire pour
avoir mon avis. Et il se passe que je suis curieux... alors je me renseigne.


Ceci dit, j'aurais encore aimé que vous m'éclairiez à propos du passage cité sur les pommes. La note [1] de votre réponse renvoit-elle à d'autres critiques ?


 


PS : pour ce qui était des "temps heureux", je pensais au cochon et non à nous, évidemment. Si tant est que le bonheur / malheur de notre nourriture ait une quelconque importance...



Wackes Seppi 15/08/2011 00:28



This is a tall order !


 


Je suis heureux que vous ayez lu le livre et une critique (parmi d'autres [1]), et j'espère que vous avez été gêné par le caractère
propagandiste non seulement du contenant, mais aussi du contenu.


 


Voici donc mes réponses, sous les citations que vous avez utilisées.


 


"on doit se demander s'il n'existe pas une Cinquième Colonne ou une conjuration moderne. Sur quoi se fonde-t-elle ?"


 


C'est Anton l'auteur, et il me faut donc interpréter sa pensée, encore qu'elle me paraisse parfaitement claire. En reprenant les idées force de son introduction, la question est de savoir sur
quoi se fondent tous ces journalistes qui submergent les Français de messages anxiogènes et font dans le catastrophisme.


 


"Le plus choquant est sans nul doute la description de l'injection du CO2 issu du chauffage dans les serres de production de tomates pour améliorer – gratuitement – le rendement de la
photosynthèse : « Le gazage des tomates sous serre, on en rêvait, les agronomes l'ont fait. » À ce niveau, on patauge dans la fange qui a valu des condamnations à un certain homme
politique."


 


J'espère que, à la réflexion, vous serez aussi choqué par le mot « gazage » (du reste utilisé à contre-emploi puisque l'augmentation du taux de CO2 dans l'air de la serre a pour but
d'augmenter le rendement de la photosynthèse des plantes, pas de les tuer). À ce qui me semble, les démêlés judiciaires de M. Jean-Marie Le Pen font partie de la culture générale. Visiblement,
Mme Saporta a utilisé le mot « gazage » pour créer un lien subliminal avec une période historique sinistre. C'est tout simplement abominable.


 


"Voilà bien une comparaison bien plus nauséabonde que «[les] kilos et [les] kilos de merde de porc, baignant dans des litres d'urine » que l'on trouverait flottant « [s]ous vos pieds » dans
un élevage sur caillebottis, présenté comme étant la règle".


 


Mon propos – à mon sens évident – était de stigmatiser une autre comparaison infâme.


 


Et puis non, le caillebottis n'est pas la règle, ni la fosse à lisier directement sous le caillebottis.


 


"Il faut en effet être particulièrement ignare pour s'exclamer : « Finis les temps heureux où les cochons avaient encore l'heur de déambuler à leur guise dans les cours de ferme."


 


Je crois que ce serait plutôt à Mme Saporta (ou à vous) de nous éclairer sur les « temps heureux... » Quel siècle, par exemple ? Quelles régions ?


 


"Il [le maïs]est
attesté en Bresse aux alentours de 1600 [7]. »


 


Le fait qu'il y ait eu des changements climatiques ne change rien à la constatation. Du reste, en 1600, on était déjà dans le Petit Âge Glaciaire. Pour rappel, en Angleterre, la Tamise a gelé
pour la première fois en 1607.


 


"ce n'est pas « un maïs » qui a été créé "


 


Désolé d'avoir été elliptique pour certains lecteurs, encore que... On crée des variétés de maïs. C'est le cas pour toutes les plantes cultivées. De temps en temps, on crée de nouveaux
types – j'emploie ce terme dans son acception la plus générale – que l'on décline à nouveau en variétés. Ainsi, quand on dit « maïs Bt », on entend un type de maïs, existant en
un certain nombre de variétés (très peu en France, militantisme anti-OGM et veulerie politique obligent ; beaucoup aux États-Unis d'Amérique ou au Brésil) ; ce type est caractérisé par
la présence du gène Bt permettant aux plantes de résister à la pyrale et certains autres ravageurs. Cela se fait aussi par les méthodes dites traditionnelles d'amélioration des plantes ;
l'endive (chicon) rouge en est un exemple. Et quelquefois aussi, on crée de nouvelles espèces ; c'est le cas du triticale, un croisement entre le blé et le seigle. Mais, tout cela est du
chinois pour Mme Saporta, et bien d'autres.


 


"ce n'est pas l'INRA qui a mis au point les hybrides"


 


J'ai pourtant mis une note [8] particulièrement instructive. Le principe des hybrides a été mis au point aux États-Unis d'Amérique entre 1909 ,et 1917 et les noms de Shull, East et Jones sont à
retenir. Pour la diffusion, ce sont surtout les Wallace, père et fils (Henry Cantwell, le fondateur de Pioneer HiBred, et Henry Agard).


 


"selon l'AGPM, source quasi-certaine du chiffre, le maïs « constitue 84 % de la surface totale couverte en fourrages annuels » (les italiques sont de nous – l'AGPM ne tient pas compte des
prairies permanentes)"


 


Ben oui, « annuel » signifie semé tous les ans. Pour connaître les autres fourrages annuels, il suffit de taper « fourrages annuels » dans un moteur de recherche. Je vous
citerai ici la betterave fourragère, le colza fourrager, le chou fourrager, le colza fourrager, le navet fourrager, des mélanges graminées-légumineuses tels que seigle d'hiver, vesce ou ray-grass
d'Italie-trèfle incarnat.


 


"Ainsi, il faut 1.500 litres d'eau pour produire 100kg de blé, mais seulement 400 litres pour 100kg de maïs."


 


Désolé, mes chiffres sont faux... mauvaise source, et j'en suis fort confus ! Il faut lire : « Ainsi, il faut 590 litres d'eau pour produire un kilo de blé, mais seulement 454
litres pour un kilo de maïs » [2]. Mais cela ne change rien au fond du raisonnement.


 


Vous vous étonnez à tort, à mon sens, du fait « que l'on entende rabâcher le contraire » – à savoir qu'il faut plus d'eau pour le maïs que pour le blé – « sans que personne ne
proteste ». Une ineptie suffisamment rabâchée devient vérité d' Évangile, et les protestations deviennent inaudibles. Les subventions européennes à l'agriculture sont un autre exemple (voir
ci-après).


 


D'une manière plus générale, le blé est une plante dite « en C3 », et le maïs « en C4 », plus efficace pour la photosynthèse par forte température. L'erreur provient de deux
faits : d'une part, les besoins en eau de blé et du maïs sont répartis différemment dans l'année (le maïs étant vorace quand « il faut » remplir les piscines) ; d'autre part,
le rendement du maïs étant plus élevé, ses besoins en eau peuvent être plus élevés, au final, à l'hectare. Il n'en demeure pas moins qu'écrire que « le maïs consomme une quantité d'eau
astronomique » est une belle ânerie.



Colin 12/08/2011 21:49



Bonjour,


 


Ayant lu le livre de Mme Saporta, j'ai été gêné par le caractère propagandiste du contenant (jaquette, titre, grosseur de police, manque de références, de graphiques...) Du coup, je suis allé en
quête à propos de son contenu sur le net, et je suis tombé sur votre blog. J'y ai trouvé des propos plutôt originaux (je n'avais encore jamais vu la zététique se mêler d'écologie) et
intéressants.


Ceci dit, ce livre succite beaucoup d'interrogations auquelles vous n'apportez que peu de réponses. De plus, je trouve votre style plutôt obscur (votre ironie implique des sous-entendus que l'on
ne connait pas forcément).


Je vous serais donc très reconnaissant de m'éclairer sur quelques points.


"on doit se demander s'il n'existe pas une Cinquième Colonne ou une conjuration moderne.  Sur quoi
se fonde-t-elle ?"


Si je ne m'abuse, ce Elle se rapporte à cette histoire de conjuration. Qu'entendez-vous par là ?


"Le plus choquant est sans nul doute la description de l'injection du CO2 issu du chauffage dans les
serres de production de tomates pour améliorer – gratuitement – le rendement de la photosynthèse : « Le gazage des tomates sous serre, on en rêvait, les agronomes l'ont
fait. »  À ce niveau, on patauge dans la fange qui a valu des condamnations à un certain homme politique."


Oui, mais encore ? Pardonnez mon ignorance mais ce que décrit Mme Saporta est une pure invention de son imaginaire ? Je trouve votre commentaire bien obscur !


"Voilà bien une comparaison bien plus nauséabonde que «[les] kilos et [les] kilos de merde de porc, baignant
dans des litres d'urine » que l'on trouverait flottant « [s]ous vos pieds » dans un élevage sur caillebottis, présenté comme étant la
règle".


N'est-ce pas le cas ? J'habite en cambrousse dans le sud des alpes et je n'ai jamais vu que du cochon élevé en batterie sur caillebottis, mais peut-être ai-je mal regardé...


"Il faut en effet être particulièrement ignare pour s'exclamer : « Finis les temps heureux où les
cochons avaient encore l'heur de déambuler à leur guise dans les cours de ferme."


Même problème, je vous prie d'éclairer ma lanterne. Où ? Des chiffres ?


"Il est attesté en Bresse aux alentours de 1600 [7]. 


N'y a-t-il pas eu de changements climatiques depuis 1600 ? En fait, n'était-ce pas une période plus chaude ?  


"ce n'est pas « un maïs » qui a été créé "


Oui, mais encore ?


"ce n'est pas l'INRA qui a mis au point les hybrides"


Oui, mais encore ?


"selon l'AGPM, source quasi-certaine du chiffre, le maïs « constitue 84 % de la surface totale
couverte en fourrages annuels » (les italiques sont de nous – l'AGPM ne tient pas compte des prairies permanentes)"


Par annuel, je suppose que vous entendez semmé tous les ans. Quelles autre sortes de fourage sont annuelles ?


"Ainsi, il faut 1.500 litres d'eau pour produire 100kg de blé, mais seulement 400 litres pour 100kg de
maïs."


Je trouve étonnant que l'on entende rabacher le contraire sans que personne ne proteste. Ceci dit, que donnent ces 100 kg convertis en valeur énergétique (pure curiosité...) ?


Quel est le distinguo entre pesticides et produits phytosanitaires ? N'en demandez pas tant à
l'auteure.


Oui, et bien moi j'aimerais connaître la différence...


"Pensez donc, les industriels « vont jusqu'à imposer les variétés qui leur conviennent », le libre
arbitre de l'agriculteur n'existe plus et « l'agriculteur doit répondre à des cahiers des charges d'enfer pour produire des pommes de terre » – pour une fois l'auteure
n'utilise pas le mot patate – « pour l'usine » !


Non ? Mme Saporta a inventé aussi ceci ?


"L'arboriculture conventionnelle serait abracadabrantesque, avec par exemple un « bonne douche d'hormone
d'accrochage », après quoi on « asperge le pommier d'hormones d'éclaircissage », après quoi, « il est nécessaire, du coup, de remettre un petit coup d'hormones
d'accrochage ».


Non plus ?


"Les pesticides seraient « hautement toxiques »


Non plus ? Pourtant, quand je vois les combinaisons de cosmonautes qu'ils endossent pour pulvériser leurs produits, ça laisse rêveur.


"Malgré son coût prohibitif – le budget de la politique agricole commune atteint 57 milliards d'euros en 2010,
soit 44 % du budget de l'Union... » a donc écrit l'auteure.  Les chiffres semblent suspects ; ils incluent en tout cas les dépenses afférentes au développement
rural [30].  Mais c'est surtout malhonnête ! Le budget de l'Union européenne est ridiculement faible"


Par rapport à quoi ?


 


Enfin, si vous avez le temps d'éclairer ma lanterne... merci



wackes seppi 25/04/2011 16:47



Bonjour,


 


Je ne pense pas qu'« Imposteurs » – qui m'a gracieusement ouvert ses colonnes – soit partisan.
L'ambition d'Anton est : « En défense de la science et du matérialisme scientifique contre tous les charlatanismes et les impostures intellectuelles ». Vaste programme dans une
société qui valorise la déculturation scientifique !


 


S'agissant de l'agriculture, un blog scientifique est un lieu approprié pour le démontage d'impostures
intellectuelles fondées sur, non pas l'écologie, mais un activisme qui se revendique à tort de l'écologie (et de l'humanisme). Et ce démontage ne devrait certainement pas se limiter aux seuls
aspects purement ou majoritairement scientifiques. Nul agronome digne de cette qualité, notamment nourri par les écoles françaises, ne ferait de dichotomie.


 


Pour résumer, je suis complètement et indéfectiblement réfractaire, déjà en tant que simple citoyen, aux discours
dont le livre de Mme Saporta est une illustration caricaturale.


 


« Vertus exportatrices de notre agriculture » ? Trois fois oui. Si l'on a un minimum d'esprit
civique en tant que Français, on ne saurait vilipender une agriculture injustement qualifiée de « productiviste » et rêver à un système réservé à une élite. Si l'on est un Européen
convaincu, conscient que dans le village planétaire notre avenir (celui de nos enfants et petits-enfants) se fera dans le cadre de l'Europe ou ne se fera pas, alors on ne peut ignorer que
l'Europe est globalement importatrice (1). Si l'on est un Terrien responsable, on ne peut oublier qu'il faut à terme nourrir 9 milliards d'être humains ; d'ailleurs, si on est un Français
égoïste et replié sur lui-même, on devrait savoir que notre blé exporté au Maghreb contribue, certes mal, à limiter les migrations de la faim.


 


Je trouve particulièrement détestable le « modèle productiviste » employé à tort et à travers, les
critiques incessantes sur les atteintes à l'environnement, les louanges aux agricultures « alternatives », les discours idéologiques en définitive dévastateurs. L'une des plus grandes
impostures a consisté à propager l'idée que l'agriculture injustement taxée de « productiviste » procède d'une idéologie alors qu'elle relève du simple bon sens individuel (tirer le
revenu optimum de son exploitation) et collectif (nourrir les Français, les Européens et les Terriens en proportion de ce que la France peut proposer).


 


On ne saurait se « positionner honnêtement, idéologiquement parlant ». Il y a incompatibilité
fondamentale entre idéologie et approche scientifique, rationalisme et, au bout du compte, honnêteté. Encore que... Lyssenko était peut-être honnêtement convaincu de ses théories, tout comme
l'étaient tous ces idéologues de la réforme agraire qui ont ruiné l'agriculture de leur pays et conduit leur peuple à la disette, voire la famine.


 


Désolé. L'agriculture biologique, c'est 2,5 % de la surface cultivée en France – sachant que 70% de ces
surfaces étaient toujours en herbe ou en cultures fourragères en 2009 ; ce sont des rendements allant du tiers à la moitié des rendements de l'agriculture dite conventionnelle, avec
d'importantes variations selon les années ; etc. Les AMAP resteront un phénomène marginal et Paris, alimenté il y a 40 ans par les Halles, le sera encore longtemps par Rungis.


 


_______________


 


(1) Ramené à une surface, le déficit est de l'ordre de 35 millions d'hectares et équivaut à la superficie de
l'Allemagne. La conversion de 20 % de la surface cultivée à l'agriculture biologique augmenterait le déficit de quelque 10 millions d'hectares. Voir :


 


http://www.appg-agscience.org.uk/linkedfiles/Final_Report_Opera.pdf



Laurent Berthod 22/04/2011 00:40



"bientôt on va demander la construction de tour de contrôle pour réguler le trafic des OVNI"


 


Je pense qu si ce n'est pas tout à fait une bonne idée, elle sera néanmoins mise en application un jour ou l'autre. Il y a déjà des services officiels, dans le
vaste monde, qui sont chargés de vérifier les déclarations des visionnaires d'OVNI(e)S*.


 


*Graphie politiquement correcte.



gattaca 20/04/2011 10:48



@Bill





Bonjour, Je ne pense pas moi aussi
que le but de ce site soit de discuter de bonnes pratiques linguistiques bien que cela puisse avoir une importance énorme car lorsqu’on regarde quel est le vocabulaire utilisé dans le discours
des antis, on comprend alors aisément les dérives qui ont été faites dans leur discours et dans la perception engendrée des problématiques par tout un chacun !


Concernant les autres aspects :


Bon, on ne va pas reprendre tous les arguments qui ont été largement développés ici (ce site et
d’autres) où là basés d'ailleurs sur de très nombreuses études visant à évaluer les effets directs, indirects, attendus, inattendus, différés, à long terme de telle ou telle culture d'une PGM
donnée sur des espèces cibles visées et les espèces non-cibles (espèces auxiliaires -prédateurs, parasitoïdes, bioagresseurs et leurs cortèges d'auxiliaires associés).


Toutes ces études doivent être (sont) présentes dans les dossiers d'évaluation (voir les lignes
directrices de l'AESA)... voir les études correspondantes.... voir la grande étude Farm Scale Evaluation des Britanniques (3 espèces, 3 années...).


Toutes ces études ont évidemment été faites de manière comparative, avec des tests validés au
niveau scientifique, au cas par cas.


On est donc très loin, pour les non-PGM de faire de telles études !


Et de fait, les variations sont aussi importantes, du même ordre de grandeur… avec les variétés
conventionnelles.


Ainsi, il n'est pas étonnant de trouver des fluctuations pour tel ou tel paramètre, des variations
de telle ou telle population d'auxiliaire et/ou tout autre modification de la biodiversité locale etc etc...


On se demande bien pourquoi, sauf par magie subite, ou par « obéissance » à des
mécanismes biologiques particuliers et spécifiques aux PGM, ces dernières auraient un comportement différent de n'importe quelle nouvelle variété conventionnelle mise sur le marché (avec une
propriété équivalente) et qui les rendraient automatiquement dangereuses sur tous ces aspects.


Ainsi, vous citez une dangerosité du maïs Bt sur les abeilles ou sur des organismes aquatiques…. on
se doute que vous avez trouvé ces informations sur des sites antis… il est dommage que vous n’ayez pas trouvé les études qui démontrent qu’il n’en est rien (voir les papiers de JB Bergé, Ricroch,
Kuntz…). A ce stade, cela relève maintenant du hoax !


Mais au final : SO WHAT ! 


A partir de quel moment faut-il arrêter de cultiver une plante donnée parce que tel ou tel
paramètre aurait « trop » bougé ? 


Est ce que c'est dangereux ? pour la plante elle même, pour le biotope local ?


Conséquences de ces variations depuis des millénaires que l'homme cultive ?


Alors que les variations observées sont très largement dues aux conditions climatiques, à la nature
du sol... plus qu’à la nature de la culture elle-même, bref, dues aux très nombreux paramètres d’un environnement perpétuellement changeant !


Apparemment, sujet d'actualité d'ailleurs, il vaudrait mieux s'occuper sérieusement des plantes que
l'homme ne cultive pas comme l'ambroisie, par exemple... plante envahissante, s'il en est, et responsable d'allergies sévères (alors que quasiment aucune plante cultivée ne peut être qualifiée
d'envahissante).


Pour finir…. Arrêtons d’avoir peur et d’avoir peur de nos peurs ! je vais reprendre une
excellente formule de « La Coupe est pleine » (ce n’est pas un copié collé car je ne l’ai pas retrouvée…mais le sens général y est) :


On est tellement dans l’absurde que bientôt on va demander la construction de tour de contrôle pour
réguler le trafic des OVNI.



Yann D 20/04/2011 10:33



Pour info sur l'utilisation des proteines Cry produites par la bactérie Bacillus thuringiensis : il est a souligner que cette bactérie est l’insecticide le plus utilisé au monde en agriculture
biologique. Si en effet, son action sur l'environnement au sens large est sujet a caution ou a débat, cela dépasse largement l'unique cas des OGM ! Encore une fois, un argumentaire manichéen est
bien éloigné de la réalité !



Bill 19/04/2011 23:57



Bonjour, J'ai lu plusieurs fois ce 2e volet, qui me laisse perplexe. Je constate que je ne suis pas le seul, bon nombre des coms préfèrent commenter les bonnes pratiques linguistiques
qu'agricoles. C'est rassurant, finalement.


En dehors d'une approche toujours aussi partisane de l'anti-écologie -caractéristique d'imposteurs - j'ai globalement l'impression que vous noyez le poisson. Difficile pour moi d'argumenter point
par point, ce serait fastidieux et insatisfaisant de démonter des arguments qui ne me semblent pas en être. J'irai donc au plus rapide :


1/ Vous semblez vous appuyer sur les vertus exportatrices de notre agriculture. Cet argument résonne plus qu'il ne raisonne sur un blog scientifique. Sommes nous là pour estimer les qualités du
modèle productiviste à l'aune de ses bénéfices économiques ou de son bien fondé en termes de respect des écosystèmes ? Moi je croyais que c'était pour étudier le second point que nous étions ici.
Je me trompe ?


2/ Vous soulignez  la justification des pratiques au regard du "socialement souhaitable". J'aime beaucoup cette dimension. Il semble que la récente prise de conscience concernant les besoins
locaux, le lien entre l'autosuffisance alimentaire et l'intérêt des tissus sociaux associés, font évoluer la notion du "socialement souhaitable", qui ne peut être considérée aujourd'hui comme
c'était le cas il y a 40 ans.


La dimension idéologique est dès lors évidente, et une définition de ce "socialement souhaitable" permettrait de vous positionner honnêtement, idéologiquement parlant, ce qu'Imposteurs souhaite à
tout prix éviter de faire, sous couvert d'approche scientifique. Et pourtant... vous n'y échapperez pas !


Par ailleurs, suite à vos coms, j'ai tenté de me faire une opinion sur le Cry1Ab. Il semble que les conclusions soient moins simples que celles auxquelles vous parveniez, la sur représentation
persistante de cette protéine au delà de son introduction en cultures ogm étant avérée, ses effets sur des espèces non cibles comme les abeilles ou le prédateur de la cible étant soupçonnée, et
ses effets sur des "certains invertébrés aquatiques jugés bioindicateurs de la qualité des écosystèmes aquatiques (ex : grande phrygane)" également. Je ne vous mets pas les références, elles sont
connues et ne seraient que cosmétiques.


J'ai donc la fâcheuse impression, wakkes seppi, que de la même manière qu'on m'oppose ici l'argument qu"il est impossible démontrer une inexistence", la difficulté à démontrer la réalité d'une
nuisance est ici utilisée comme une méthode de dénégation de questions de bon sens.


Malgré tout, je n'ai pas eu la claire démonstration que les argumentations d'imposteurs servent une idéologie scientiste, je continuerai donc à vous importuner. Pourvu que ça dure.



Luc Marchauciel 17/04/2011 16:20



Excellente série (de deux...) autour de ce livre. J'ai deux reproches à faire, pas tant sur le fond que sur la forme (même si...) :


- l'évocaion dans l'introdcution du premier article d'une "5e colonne" ou de quelque chose du genre, qui sonne complotiste


- l'usage dans ce papier du terme "totalitaire", dont le galvaudage me déplaît, que ce soit quand il est utilisé par un "camp" ou par l'autre. Car lequel des deux camps est réduit au silence par
la terreur et obligé de participer à la propagande du régime en sa faveur ?


A part ça, bravo.


PS : Idem que Astre Noir : autant je suis pour que les textes restent lisibles, autant il me semble souhaitable de dire "auteure" plutôt que "auteur" si l'on parle d'une femme. Je suis ausii pour
accorder les adjectifs au féminin lorsque dans un groupe l'évidente majoirté des composants sont féminins.



Astre Noir 15/04/2011 17:19



Personnellement, le mot auteure ne me gêne pas.


 


En revanche, ce que je ne supporte pas, ce sont les écrits truffés de "salarié-e-s, retraité-e-s, étudiant-e-s, etc...


 


En tant que militant au PS, j'en reçois des tas comme ça, et à chaque fois je peste contre ce ridicule politiquement correct



Nabla 15/04/2011 17:12



Qu'en dit l'Académie française? N'y a-t-il pas dans l'histoire de la littérature des emplois de "autrice" par exemple?


 


De toute façon, je ne vois en quoi "auteure" serait choquant. La langue française est vivante et cette modification fera peut-être autorité demain. Vos caprices antiféministes ne font pas plus
autorité que ma tristesse devant la disparition de ce pauvre accent circonflexe.


 


PS : Je ne suis pas un avocat de certaines choses délirantes que l'on fait au nom du féminisme.



Berny 15/04/2011 15:53



Pourquoi dit-on LA virilité?



Laurent Berthod 15/04/2011 11:06



L'orthographe n'est pas logique. C'est la fixation d'un usage parmi plusieurs, de façon à rendre les textes lisibles. Cette nécessité de fixation a été ressentie
avec la multiplication des textes après l'invention de l'imprimerie. Relisez des textes qui remontent à avant cette uniformisation, vous verrez qu'ils sont très difficiles à lire. Les
journalistes du Monde sont aussi irréfléchis quand ils modifient l'orthographe de leur propre chef pour satisfaire les fantasmes d'une minorité de boboes que lorsqu'ils se font
les thuriféraires de l'agriculture bio ou de la décroissance.


 


Bien à vous.



Anton Suwalki 15/04/2011 10:30



grave question en effet : sinon en "vrai" français, faut-il dire infirmière pour un homme ou infirmier pour une femme ?



Laurent Berthod 15/04/2011 10:25



Ne pourrait-on écrire en français "auteur" et non "auteure", comme il se doit depuis au moins Malherbe !


 


Cette manie moderne de féminiser les noms de fonctions  invariables rend les textes illisibles. Pourquoi pas "un sentinel" ou "un vigi" quand la mission est accompli par un mâle ?



l'autre pierre 14/04/2011 18:37



Cette discussion me rappelle les commentaires de mon vétérinaire.


A une époque ou nous n’avions pas de vaccin délété, la nécessité d’observer la circulation virale dans l’élevage nous interdisait une
vaccination à 100%.Un lot temoin de 10% de l’effectif était non vacciné et disponible pour des recherches par prise de sang.


Suite à mes interrogations mon vétérinaire m’avait expliqué que l’on considérait comme vacciné une population animal lorsque 90% de
ses sujets étaient vaccinés.


Effet îlot ou pas pour ce hors sujet.



bob 14/04/2011 18:34



«Je ne dispose pas de données sur le sujet et je n'ai pas lu d'étude à ce propos mais il me parait évident que les iles bios sont protégées par les traitements des voisins qui empêchent la
prolifération des adventices, des maladies et des ravageurs.»


Vous devez parlez de cet article: « Areawide suppression of European Corn Borer with Bt Maize Reaps Savings to Non-Bt Maize Growers » de Hutchison et al. paru dans Science (n°
330).