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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 12:30

Un essai déjà vieux de dix-huit ans

Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a été requis de donner, qui un avis (le Comité scientifique – CS) [1], qui une recommandation (le Comité économique, éthique et social – CEES) [2], sur une demande, formulée par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), de prolongation d'un essai en culture de peupliers GM.

Il s'agit, pour l'INRA de continuer à étudier les performances technologiques, agronomiques et environnementales de dix lignées de peuplier grisard (Populus x canescens), issues d'un même clone femelle, en conditions réalistes pour l’industrie de taillis à très courte rotation (recépage tous les deux à trois ans), notamment du point de vue de la production de bioénergie [3].  Les lignées avaient été modifiées en ce qui concerne la quantité et la qualité des lignines, ce qui influence les caractères papetiers et la qualité du bois, ainsi que l'aptitude à la production de bioéthanol.

L'essai avait été mis en place en 1995 pour une durée de huit ans, sur autorisation du Ministre de l'agriculture.  Il avait été prolongé, pour la dernière fois, pour cinq ans après avoir reçu un avis favorable en septembre 2007 du prédécesseur du HCB, la Commission du génie biomoléculaire (CGB) [4]  L'INRA demande donc une nouvelle prolongation de cinq ans.

On insistera : la « dissémination » dans l'« environnement » a eu lieu il y a quelque dix-huit (18) ans.  Et, sauf erreur, il y a déjà eu quatre évaluations.

Les procédures sont les procédures...  Mais on peut aussi s'interroger, dans ces conditions, pourquoi tout ce ramdam.

L'ultra-précautionnite à l'œuvre à l'INRA et la CGB

La CGB avait considéré qu'un isolement de la parcelle n'était pas nécessaire, la stérilité mâle (l'espèce est dioïque, un arbre est soit mâle, soit femelle) permettant d’éviter tout risque de dissémination par le pollen, et les éventuels bourgeons femelles étant éliminés avant la floraison (éventuels car les arbres sont recépés avant qu'ils n'atteignent leur maturité sexuelle).  Elle avait cependant recommandé quatre mesures pour éviter la dissémination de gènes par drageonnage ou dispersion de graines ; des mesures qui relèvent de l'overkill des anglophones et donnent à penser que la frilosité était déjà de mise en 2007.

Ainsi fallait-il installer un double film plastique d'un mètre de profondeur sur toute la périphérie de la parcelle (quelque 13 ares à Saint-Cyr-en-Val, près d'Orléans) pour contenir le drageonnage ; et suivre et éliminer les « éventuels drageons qui pourraient apparaître au delà du film plastique ».  Les drageons ne partent pourtant pas à l'aventure, sur des kilomètres...  Il fallait aussi étêter les plants à 10 mètres et éliminer manuellement les chatons.  Et détruire non seulement les plants à l'issue des essais, mais aussi toute végétation, au glyphosate.

En fait, cet excès de précaution avait été l'oeuvre de l'INRA elle-même : les mesures recommandées par la CGB figurait déjà dans un protocole d'exprimentation bétonné pour amadouer les éventuels opposants.

Parfaite illustration d'un cercle vicieux : pour obtenir l'autorisation de son essai, l'INRA déploie un luxe – au sens propre – de précautions ; pour rester crédible face à une opinion publique matraquée par l'anti-OGMisme et face à un gouvernement frileux, la CGB recommande ce luxe de précautions ; ce luxe accrédite la thèse de la dangerosité des OGM ; ce qui renforce les doutes et questionnements, et surtout les oppositions, et impose d'autres précautions encore...

L'extrême minutie du CS du HCB

Le Comité scientifique du GCB s'est livré, quant à lui, à une analyse minutieuse de tous les risques imaginables.  Exercice obligé !

Ainsi, fallait-il par exemple un paragraphe sur l'évaluation des risques pour la santé publique...  On imagine sans peine la réaction de la mouvance anti-progrès si le CS du HCB n'avait pas abordé ce point, même si le peuplier n'est pas destiné à être consommé !.  Idem pour la réaction d'un ministre de l'agriculture fondamentalement anti-OGM et attentif aux manipulations médiatiques de la mouvance anti-progrès.  Le CS a donc estimé que « cette expérimentation ne présente pas de risque particulier pour la santé du personnel qui entretient la plantation, récolte et manipule les échantillons de peupliers ». 

C'est encore l'illustration d'un cercle vicieux.  L'opposition idéologique aux OGM pourra bien argumenter que ce paragraphe répond (évidemment mal) à un problème potentiel, et ainsi manipuler l'opinion publique.  Le glissement médiatique a déjà commencé à Inf'OGM, dont l'article comporte un sous-titre qui se lit : « Les risques sanitaires et environnementaux semblent faibles » (c'est nous qui graissons) [5].

Le CS avait conclu que « l’expérimentation [...] ne présente pas de risques identifiables pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement. »  Nouveau problème : comme l'absence totale de risque est indémontrable – comme l'inexistence des fantômes – il fallait bien un qualificatif, lequel laisse entrevoir l'existence d'un risque... et permet à Inf'OGM de jouer sur la peur.

Quoi qu'il en soit, le CS recommande une surveillance – parfaitement normale et évidente – après la fin de l'expérimentation pour s'assurer d'une absence de drageonnage, ainsi que la fourniture de rapports annuels.

Pour le CEES croupion, c'est niet

            CEES croupion ?

On se souviendra qu'à l'automne 2011 et au début de l'année 2012, plusieurs membres du CEES représentant les milieux économiques et syndicaux avaient démissionné avec fracas, tirant ainsi l'inéluctable conclusion d'un débat impossible au vu de l'intransigeance de la mouvance anti-OGM et anti-progrès et de leur obstruction systématique [6].  Aucune mesure n'a été prise pour les remplacer [7] !  Faut-il s'en étonner ou y voir une sorte de soulagement de la part des instances dirigeantes ou politiques ?

À moins qu'il y ait eu des abstentions, non signalées, lors de la délibération finale, ce sont quatorze (14) membres et la présidente qui étaient présents lors de la séance d'adoption de la recommandation du 28 mars 2013 [8].

Quatorze sur vingt-six (ou plutôt vingt-cinq, le décret N° 2008-1273 du 5 décembre 2008 relatif au Haut Conseil des biotechnologies n'ayant jamais été correctement appliqué [9]) !  Ou quatorze sur les vingt restants !  Soit six défections supplémentaires !

Outre deux personnes qualifiées (en raison de leurs compétences, l'une, en économie et, l'autre, en sociologies) qui n'ont pas de suppléants, il y avait la CGT – qui a donc, vraisemblablement, emboîté le pas à la CFDT.  Et – excusez du peu – trois institutionnels : l'Association des maires de France, l'Association des Régions de France et l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Ce grand nombre d'absences ne peut qu'être attribué, au moins en partie, à des défections, et non à des empêchements fortuits.

         Et c'est niet ?

La majorité [8] est « défavorable à la poursuite de l’essai envisagé et considère qu’en l’état, il ne devrait pas être reconduit ».  ou encore : « la demande d’extension ne devrait pas être satisfaite. »

En résumé :

« Même si le risque direct est minime et quel que soit le montant des dépenses finalement engagées – qui, même réduites, pourraient être affectées à d’autres recherches - , ils ne voient pas de réel intérêt à procéder à un nouvel essai dont les objectifs sont mal définis, l’argumentaire flou, l’utilité collective limitée et les éventuels débouchés industriels à terme porteurs de nombreuses interrogations aux plans socio-économique et éthique. Ils recommandent donc que l’autorité publique rejette la demande de prolongation de l’essai et que le pétitionnaire, qui avait annoncé la destruction de son expérimentation en 2013, respecte cet engagement. »

Ce qui précède est le résumé final et, en l'absence d'objection dirimante à l'essai envisagé, nécessairement un argumentaire flou.  Il est utile d'en voir le détail.

         Pas de risques de dissémination, mais...

Le CEES croupion a ratiociné sur la sécurité de l’expérimentation – dont on rappellera que le dispositif est déjà en place depuis 18 ans.  Cette question relève du CS, mais la direction du HCB et la présidence du CEES laissent faire...

Le comité croupion (ou simplement le fonctionnaire rédacteur) a pris note du dossier et de l’avis du CS : « en l’état des connaissances, aucun impact n’a été identifié pour la santé humaine ou pour l’environnement. »  Fort bien.

Mais...

Mais, s'agissant du contrôle du drageonnage – une opération ultra-simple à laquelle s'adonnent, contraints et forcés, de nombreux jardiniers amateurs – le comité croupion note que « les mesures de contrôle et d’éradication proposées (et appliquées lors des précédentes expérimentations) semblent constituer de bonnes garanties » (c'est nous qui graissons).  Comme il ne saurait contredire le CS, il crée le doute...

Et il ajoute : « ...même s’il aurait été bon que le dossier précise les moyens alloués à ce suivi, pendant et après l’expérimentation. »  Ce n'est toujours pas dans son mandat.  Et c'est de mauvaise foi : il suffisait de demander.

De plus, selon la note 3, « [c]ertains membres observent néanmoins que si les risques de pollinisation de peupliers non OGM sont effectivement très réduits dans le cadre de cet essai, ce ne serait pas le cas plus en aval, en cas de culture à des fins commerciales, avec un risque important de pollution génétique d’arbres sauvages ou cultivés. »

C'est encore en dehors du mandat, et encore davantage en dehors de la compétence des membres du  comité croupion.  Et manifestement débile, s'agissant de clones femelles.

         Les gènes de résistance à des antibiotiques

Encore une fois, il s'agit d'un essai destiné à en savoir plus, notamment, sur l'intérêt de peupliers à lignine modifiée ou réduite ; un essai conduit avec des plants déjà âgés, issus de la première génération de PGM ; donc des clones modifiés produits à l'aide de marqueurs constitués par des gènes de résistance à la kanamycine et l'hygromycine.

Il s'agit là d'un aspect purement historique.  Si les filières de transformation étudiées par l'INRA s'avèrent intéressantes, et que la mise en culture de peupliers génétiquement modifiés est autorisée en principe, les clones modifiés seront produits sans ces gènes de résistance.  Néanmoins, le comité croupion s'épanche sur cette question.  Il « déplore simplement que le pétitionnaire n’ait pas cherché à confirmer ce point – le transfert éventuel des gènes nptII et hpt à des bactéries du sol – par davantage d’analyses durant toutes ces années depuis lesquelles l’expérimentation est en place ».

Qu'en dit le Comité scientifique de ce transfert (selon le comité croupion) ? Le transfert éventuel « aurait un impact négligeable ».  Ce qui n'empêche pas la contestation et la fabrication de doutes : « ...certains membres du CEES se demandent si les gènes de résistance aux antibiotiques intégrés dans les peupliers GM pourraient, s’ils étaient transmis à certains microorganismes telluriques, conduire à des populations susceptibles de modifier l’équilibre biologique des sols. »  M. Frédéric Jacquemart, représentant la FNE se livre à ce sujet à une autocitation [10].

         Nos chères abeilles

« Certains membres du CEES remarquent que les peupliers sont une source importante de propolis pour les abeilles. Ils s’interrogent sur d’éventuelles modifications de la composition de cette propolis qui pourrait découler de la transformation génétique et réclament une étude sur ce sujet, soulignant que ces modifications pourraient avoir un impact sur les insectes pollinisateurs et sur l’activité économique des apiculteurs. »

La question n'est pas dénuée de pertinence – en théorie.  En pratique, il est difficile de concevoir le lien entre le métabolisme des lignines et celui des substances résineuses, gommeuses et balsamiques qui mènent à la propolis.  Quoi qu'il en soit, on s'étonnera qu'elle n'ait été posée qu'à ce stade tardif des expérimentations ; et que les « certains membres » n'aient pas cherché à se renseigner.

On s'étonnera... à moins de considérer que les « certains membres » connaissaient la réponse technique et se sont donc abstenus de poser la question pour ne pas compromettre l'instrumentalisation du CEES croupion au service de leur industrie du doute.

         Ça nous dépasse... donc ça n'a aucun intérêt

C'est ainsi qu'on peut résumer la première sortie sur la partie « [a]ptitude de l’expérimentation à fournir des connaissances scientifiques ».

Le comité croupion admet – peut-être contraint et forcé – que l'essai a produit des résultats sous forme de publications, mais « reste perplexe quant à l’intérêt de l’essai ici envisagé et quant à son aptitude à fournir de nouveaux développements scientifiques. »

L'explication vaut son pesant.

« En effet, même s’il est toujours difficile de prévoir sur quelles nouvelles connaissances une expérimentation est susceptible de déboucher... » Effectivement : la prévision est un art difficile, surtout quand elle concerne l'avenir.

« ...le dossier de demande qui a été soumis au HCB paraît confus et semble ou bien viser des objectifs de recherche appliquée [...] ou bien viser à approfondir des connaissances fondamentales, pour la plupart déjà obtenues lors des précédentes expérimentations [...] ou qui, pour la plupart des membres, pourraient, du moins pour certaines d’entre elles, être obtenues en serre. »   Recherche appliquée... Connaissances fondamentales... L'INRA voulant ratisser large avec un extraordinaire outil de recherche, et la plupart des membres du comité croupion n'étant pas des spécialistes, le dossier ne peut être que confus.

Mais ce qui choque le plus, c'est, d'une part, l'opinion implicite que des connaissances fondamentales déjà obtenues ne doivent pas être approfondies et, d'autre part, l'objection tirée du fait que certains résultats pourraient être obtenus en serre.  C'est bien la preuve d'une opposition fondamentale à ce que la loi appelle une « dissémination volontaire d’organismes génétiquement modifiés » [11] (qui n'est ici qu'une mise en culture sur quelque 13 ares).

         Beurkh ! De la recherche industrielle

« Plus que l’acquisition de nouvelles données, la demande [...] poursuivrait – notez le conditionnel – prioritairement un objectif de recherche industrielle visant à tester l’intérêt du bois issu des lignées génétiquement modifiées dans l’éventuelle mise en place d’une filière de production de peuplier cultivé pour la production de bioéthanol. »

Et, bien sûr, « ... le CEES [...] se pose des questions d’ordre socio-économique et éthique quant à la pertinence de s’engager dans une telle voie puisque l'accomplissement d'un essai n'est pas neutre quant aux voies technologiques empruntées ultérieurement. »  En bref, c'est : « n'allons pas voir, restons dans l'ignorance pour ne pas succomber, éventuellement, à la tentation ».

La mouvance anti-OGM dure explique doctement dans une note de bas de page que « la situation écologique actuelle, avec une érosion de la biodiversité considérable, un réchauffement climatique global critique, une artificialisation galopante des terres, oblige à examiner dans ce contexte les dossiers qui sont présentés au HCB ».  Avec pour résultat une foule d'objections – toutes formées de supputations – qu'il serait fastidieux d'examiner en détail ici mais qui conduisent en définitive au refus de toute évolution technique et socio-économique ; et, partant, au refus même de savoir si une évolution est possible et, compte tenu de tous les enseignements, souhaitable.

         Une éclatante démonstration de l'ineptie des « sciences citoyennes »

Conclusion générale de l'évaluation – si on ose employer ce terme – du projet de recherche :

« Sans chercher à ce stade de réponses claires aux multiples questions que suscite le projet, le CEES constate que l’orientation choisie par ce dernier demeure floue faute d’éléments dans le dossier, et suscite pour la majorité des membres de fortes interrogations voire d’importantes réserves. »

« Sans chercher... » ? C'est plutôt : « Après avoir déroulé le catalogue classique d'objections... »

C'est aussi l'affirmation d'un refus revendiqué d'exécuter le mandat confié au CEES – qui est précisément d'apporter des réponses claires, ou tout au moins aussi claires que possibles.

Et c'est également la manifestation de l'instrumentalisation du CEES pour la diffusion, avec le concours d'une instance étatique, de « réserves ».

Sur le fond, il est parfaitement clair que tout fait ventre quand on lit, par exemple : « Plus généralement, enfin, il conviendrait de s’interroger dès l’amont sur le bilan carbone global de cultures de peupliers en taillis à très courtes rotations » et que : « Bien qu'un tel bilan ne soit pas aisé à calculer, particulièrement au stade d’un essai, l'ADEME aurait pu fournir des données de base utiles à l'appréciation du projet [...] ».

D'une manière plus générale, ces recommandations émanant principalement du consortium anti-OGM illustrent le destin qu'aura une partie importante de notre recherche nationale (enfin, de ce qu'il en reste) si l'on met en oeuvre le dernier « truc » à la mode, les « sciences citoyennes ».  C'est-à-dire, dans sa version hard, l'implication des « citoyens, essentiellement représentés et organisés dans des associations » [12] dans la définition des politiques de recherche et des projets

            Une farce ? Non, un scandale !

Le HCB a été mis en place par la loi n°2008-595 du 25 juin 2008 relative aux organismes génétiquement modifiés (OGM) [11], sous la présidence Sarkozy.  L'objectif inavoué, mais incontestable, était précisément de diluer l'expertise scientifique par des « recommandations » d'un CEES conçu puis organisé pour donner une tribune de premier plan à la mouvance anti-OGM militante, pure et dure ; et pour fournir au gouvernement une plus grande marge de manoeuvre pour ses décisions d'autorisation (ou de refus d'autoriser).

M. Kuntz a traité la dernière production du CEES, à juste titre, de « nouvelle farce » sur son blog [13].  Son résumé :

« Au sujet de ces peupliers, le CEES s’est autoproclamé expert dans la sécurité de l’expérimentation, a péroré sur l’ "aptitude de l’expérimentation à fournir des connaissances scientifiques", a disserté sur la "transparence de l’expérimentation" et en conclusion s’est déclaré "défavorable à la poursuite de l’essai", ce qui n’est pas une surprise eu égard à la composition baisée de ce Comité.

Il n'est pas sûr qu'il ait aussi inclus les extraordinaires déficiences institutionnelles et procédurales dans sa réflexion, notamment l'absence des représentants des milieux économiques sans a priori défavorable aux PGM.

Dans une instance précédente, l’infâme article de G.-E. Séralini et al., Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize, la recommandation du CEES avait été adoptée, selon le rapport, « à l’unanimité des organisations actuellement représentées au sein du CEES », sans que l'on ait pris le soin de préciser l'identité de ces « organisations » [14].  Le problème se situe donc à plusieurs niveaux : conception, mise en place, fonctionnement et gestion administrative du CEES, et du HCB en général.

Soyons audacieux, et peut-être injuste ; ou peut-être pas : ces organes, ici le HCB, une fois mis en place, ne sont-ils pas gérés par leurs dirigeants comme une petite entreprise au service, entre autres, de leur plan de carrière plutôt que de la Nation ?

La présidente du CEES, Mme Christine Noiville, ne fait-elle pas preuve d'aveuglement quand elle attribue les démissions de fin 2011 et début 2012 à « un contexte de double campagne électorale » (présidentielles et chambres d'agriculture, celles-ci ayant eu lieu... un an après... et ne concernant pas, par exemple, la CFDT ou l'Ania !) ? Et à une manifestation d'« agacement vis-à-vis d'une politique [plutôt] que pour des raisons propres au fonctionnement du CEES » ? Lorsque, pour expliquer les difficultés de fonctionnement du CEES en formation complète (avant les démissions), elle prétend que « [c]ertains sont arrivés avec une culture du débat contradictoire, d'autres dans l'espoir de convaincre et d'obtenir un consensus », jetant un voile pudique sur le talibanisme anti-OGM [15] ?

M. Jean-François Dhainaut, président du HCB, procède à la même analyse sociologique à un sou dans son rapport au Premier Ministre commandité par M. François Fillon et remis à M. Jean-Marc Ayrault le 18 juin 2012 [16].  Comment peut-il aussi poser, en quelque sorte négligemment, que « les membres démissionnaires [...] posent la question de la participation au CEES de membres soutenant ce type d’actions illégales » (la destruction de l'essai de Colmar) ? Et écrire : « on notera que c’est en connaissance de cause que le Gouvernement a nommé au CEES des membres soutenant des actions illégales » ? Pour conclure, en Ponce Pilate : « Il n’appartient pas au HCB de revenir sur ce choix dont on notera du reste la pertinence dans une perspective de débat contradictoire » ?

Résumons ce point d'un rapport d'autosatisfaction lénifiante : selon le président du HCB, il est pertinent, dans une perspective de débat contradictoire sur les OGM, de ménager une place importante à des organisations qui soutiennent – en fait, pour certaines, organisent – des actions illégales anti-OGM !

Selon le rapport Dhainaut [16], certains membres du CEES – à l'évidence les démissionnaires dont la démarche a été grandement minimisée, voire occultée – « mettent ainsi l’accent sur le fait que les avancées et convergences obtenues en séance ne sont généralement pas relayées en dehors du HCB ; quels que soient les éléments de convergence identifiés dans les recommandations, certaines organisations en reviennent en effet ultérieurement à leur communication et positionnement habituels en matière d’OGM, ce qui peut être source de frustrations et de tensions au sein du comité ».

« ... ce qui peut être source de frustrations et de tensions... » ? Quel euphémisme !

M. Dhainaut a certes abordé la question de l'élaboration d'une charte « pour une vision commune du HCB », mais il renvoie la balle au Gouvernement qui « doit clarifier ses attentes vis-à-vis du HCB ». La charte « concernera au minimum les points suivants : [...] les obligations des membres du Haut Conseil : strict respect de la légalité, confidentialité, loyauté et investissement dans les travaux du HCB [...] ».  On notera l'emploi du futur dans la citation précédente, comme si la charte était une affaire en cours.  Une rédaction qui relève de l'enfumage.

Quoi qu'il en soit, c'est une illusion que de croire que la « loyauté » qui serait exigée des membres du CEES engagerait leurs organisations respectives à ne pas pratiquer le double jeu et le double langage et à ne pas instrumentaliser le CEES pour leur communication.

En résumé, c'est un rapport Potemkine.  On ne le trouve même pas sur le site du HCB.  Aucune suite ne lui a été donnée, en partie au moins pour manque de propositions et d'engagements clairs.

En résumé aussi, le Gouvernement et la direction du HCB se contentent – sinon se réjouissent – de l'existence d'un CEES sans représentation des acteurs économiques et dominé par l'activisme anti-OGM et anti-économique.

         Où va la France ?

L'affaire des peupliers ne s'arrête pas là : le Ministère de l'agriculture – déjà fort d'un avis du CS du HCB et d'une recommandation du CEES du HCB – a lancé une consultation du public [17].  Sur quelle base juridique, sachant que les peupliers ont déjà fait – il y a dix-huit ans – l'objet d'une « dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés à toute autre fin que la mise sur le marché » ? Qu'en espère-t-il, sinon davantage de confusion encore ?

L'addiction au double jeu et au double langage évoquée ci-dessus se manifeste à nouveau.  Alors même que, majoritaires avec leurs compagnons de route de l'intransigeance anti-OGM au sein du CEES croupion, ils ont été en mesure de forger les recommandations de ce même CEES croupion à l'aune de leurs convictions et dans l'intérêt de leur fond de commerce, les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne, la FNAB, Greenpeace et l’UNAF ont en effet d'appelé le public à refuser l'essai par un communiqué commun [18] – relayé par des médias amis et complices tel le Monde [19], ou peut-être seulement négligents tel FR3 Centre [20], ainsi que par la blogosphère.  En portant des accusations graves contre l'INRA, et avec des arguments spécieux.

Exemple simple : le mensonge par omission : le communiqué passe sous silence l'avis positif du CS (et instrumentalise le CEES croupion).

Exemple simple : le mensonge caractérisé : « Car au delà d’un simple essai, c’est bien de mise en culture qu’il s’agit. » L'expérimentation ne contient pas en germe, horresco referens, l'exploitation économique : c'est déjà celle-ci...  À l'évidence pourtant, la culture devra faire l'objet d'une nouvelle procédure d'autorisation.

Exemple simple : l'argument dont il est admis qu'il est sans fondement : « l’usage affiché concernerait les dernières terres non encore artificialisées et riches en biodiversité, (c’est ce que veut dire terres marginales) mais ceci n’a aucun intérêt économique ».

Exemple simple : l'argument exagéré et sans fondement : « un usage économiquement viable sur des terres agricoles destinées à l’alimentation grâce aux primes PAC et autour d’une usine d’éthanol ».  Où se trouvent les peupleraies d'aujourd'hui, sinon sur des terres marginales ? Où sont les primes PAC ?

Exemple moins simple : le gloubiboulga pseudo-écologique : « un bilan carbone immédiatement désastreux dès qu’on a l’honnêteté de prendre en compte le changement d’affectation des sols dont les surfaces exploitées ne sont extensibles qu’au détriment des dernières forêts indispensables pour conserver un climat viable sur terre, mais aucun élément de réflexion ne figure non plus dans le dossier ».

Mais ce qui doit nous intéresser est l'objectif prétendument poursuivi avec l'essai : « Pour que la recherche publique serve des brevets à l’industrie [...] ».

En bref, pour ces luddites, la recherche publique ne devrait pas avoir vocation à mener à des brevets susceptibles de protéger les technologies françaises.  Ni à permettre à l'industrie de se développer et à la France de prospérer.

Malheureusement, les faucheurs de science [21], au sens large, ont l'oreille de bon nombre de nos dirigeants politiques, dont ceux qui ont le pouvoir de décider sur ce dossier.

Les recherches sur des arbres à teneur réduite en lignines se poursuivent dans de nombreux pays, preuve de l'intérêt potentiel de la démarche sur le plan agronomique, industriel et économique.  Se poursuivront-elles en France ? Rien n'est moins sûr.

Le Figaro a déjà tiré la conclusion de ce fiasco : « Les jours du dernier essai OGM sont comptés » [22].

Il est vrai que quand on entend un Ministre de l'agriculture pontifier sur l'agroécologie à bâtons rompus – au mépris du decorum qu'exige sa fonction – au titre d'un discours d'ouverture, on peut en effet craindre que le Gouvernement plie devant l'obscurantisme antiscience et antitechnologie [23].

« La technologie d'aujourd'hui est le pain de demain – la science d'aujourd'hui est la technologie de demain ».  Remplacez le mot « pain » par « emplois » et vous mettez à jour cette citation, fameuse en Allemagne, de Richard von Weizsäcker (qui fut président de la République fédérale d'Allemagne de 1984 à 1994).

Monsieur le Ministre comprendra-t-il qu'en succombant à cet obscurantisme, il sabotera la recherche, en l'occurrence publique, et assassinera l'avenir ?

Wackes Seppi

________________

Notes :

[1]  http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/130422_Essai_Peupliers_Avis_CS_HCB.pdf

[2]  http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/130422_Essai_Peupliers_Recommandation_CEES_HCB-2.pdf

[3]  Pour plus de détails sur le projet :

http://www.ogm.gouv.fr/IMG/pdf/D_130213_FIP_fiche_public_peupliers_INRA_Orleans-V2_cle43171c.pdf

[4]  http://www.infogm.org/spip.php?article3237

http://www.ogm.gouv.fr/IMG/pdf/Avis_de_la_CGB_sur_le_dossier_B-FR-03-06-01_cle8ba468.pdf

[5]  FRANCE - Des peupliers OGM pour des projets industriels aberrants :

http://www.infogm.org/spip.php?article5405

[6]  Voir notamment sur ce site :

http://www.imposteurs.org/article-demissions-en-cacade-au-comite-economique-ethique-et-social-cees-du-hcb-98859394.html

Avec liens vers les articles précédents.

Les démissionnaires sont l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), la CFDT, la FNSEA, le GNIS, les Jeunes Agriculteurs et l'UFS (Union française des semenciers).

La lettre de démission de l'Ania et de la FNSEA est accessible à partir de :

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/biotechnologies-ogm-la-fnsea-demissionne-du-haut-conseil-des-biotechnologies-artFa-53277.html

[7]  On peut, malgré tout, lire sur le site du HCB,

http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/spip.php?rubrique20

que « Les 26 membres actuels du CEES ainsi que sa Présidente Christine Noiville ont été nommés par le décret du 30 avril 2009 pour un mandat de 5 ans », ceci étant suivi d'une liste de vingt membres et une liste de dix-sept suppléants (les trois personnes qualifiées en raison de leurs compétences juridiques, en économie ou en sociologie n'ont pas de suppléants).

[8]  S'est exprimé en faveur de la poursuite de l'essai : Jacques Lechenet (suppléant représentant les Entreprises du médicament).

Se sont exprimés en faveur avec des conditions :

Mme Marie-Angèle Hermitte, personnalité qualifiée pour ses compétences en droit

M. Charles Pernin pour la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie)

Mme Sylvie Pradelle pour l’UFC - Que Choisir

Se sont exprimés contre :

Mme Monique Alles-Jardel pour le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique)

M. Rachel Dujardin pour Greenpeace

M. Daniel Evain pour la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique)

M. Patrick Gaudray pour le CCNE (Comité Consultatif national d’Ethique)

M. Frédéric Jacquemart pour FNE (France Nature Environnement)

M. Guy Kastler pour la Confédération Paysanne

M. Patrick de Kochko (Amis de la Terre)

Mme Paulette Morin pour le CISS (Collectif Interassociatif Sur la Santé) – Alliance Maladies rares (on notera que l'Alliance précitée n'est pas mentionnée sur le site du HCB)

M. Bernard Verdier pour l’Association des Départements de France

M. Jean-Marie Sirvins pour l’UNAF (Union Nationale des Apiculteurs de France).

[9]  « Art. R. 531-12. − Le comité économique, éthique et social est composé, outre son président, de 26 membres titulaires.

« Le comité économique, éthique et social comprend :

« [...]

« 14°  Un député et un sénateur de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, désigné par le président de l’office ; »

Ce 14° n'a pas été respecté.  Il n'y a qu'un membre de l'OPECST dans la liste des membres (M. Claude Gatignol, député) et un seul suppléant (M. Jean-Yves Le Déaut, sénateur) !

http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/decret_HCB.pdf

[10]  « France Nature Environnement, tout en laissant au Comité Scientifique son rôle dans l'avis scientifique, souligne que d'une manière générale, de telles assertions ne sont valides que dans un domaine de validité dont les limites ne peuvent être connues qu'une fois qu'elles ont été franchies (cf. Jacquemart F. [...] »

[11]  http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/Loi_OGM_2008-595.pdf

[12]  http://intranet.cnrs.fr/intranet/actus/130222-marc-lipinski.html

Il est à noter que le CNRS a créé une mission « sciences citoyennes » sans avoir communiqué sur ce sujet.  La mission n'est connue qu'à travers un entretien, publié sur l'intranet du CNRS (lien ci-dessus) avec M. Marc Lipinski, chargé de la mission.

De nombreuses voix se sont élevées à ce sujet, sans que la présidence du CNRS se soit donné la peine de répondre.  Voir notamment :

http://www.imposteurs.org/article-du-livre-de-testart-aux-sciences-citoyennes-ou-va-le-cnrs-116424903.html

http://www.imposteurs.org/article-sur-la-blogosphere-science-et-citoyens-une-vision-alternative-au-projet-sciences-citoyennes-du-cnrs-116831500.html

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2081

[13]  http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-nouvelle-farce-au-hcb-117451047.html

[14]  http://www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/HCB_-_CEES_Recommandation_saisine_Seralini_19octobre2012-2.pdf

[15]  http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/24/ogm-le-haut-conseil-de-biotechnologies-veut-sortir-de-la-crise-interne_1690398_3244.html

[16]  http://www.terre-net.fr/ulf/TNM_Biblio/fiche_80788/HCB%20Rapport%20PM%20_V31.pdf

« D’autre part, le CEES souffre de l’absence de vision claire et partagée de sa mission. Deux cultures coexistent en effet au sein du comité. D’un coté, une culture de la négociation et du compromis, portée principalement par des organisations professionnelles traditionnellement associées à la cogestion, en partenariat avec l’Etat, de questions économiques et/ou sectorielles. De l’autre, une culture de la concertation et du débat, principalement portée par des associations, plus habituées à un rôle consultatif et à l’exercice du débat contradictoire. Il découle de ce clivage un réel malentendu quant au rôle du débat au sein du CEES. »

[17]  http://www.ogm.gouv.fr/spip.php?article59

[18]  http://www.amisdelaterre.org/Plusieurs-associations-appellent-a.html

[19]  http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/08/la-bataille-des-peupliers-genetiquement-modifies_3173750_3244.html

[20]  « Saisi par le ministère de l'Agriculture, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), a rendu un avis défavorable » !

  http://centre.france3.fr/2013/05/14/y-aura-t-il-encore-des-experimentations-sur-les-peupliers-ogm-de-saint-cyr-en-val-251487.html

[21]  Faucheurs de science – Les fanatiques sont dans nos campagnes, Gilles Rivière-Wekstein, Le Publieur.

[22]  http://www.lefigaro.fr/environnement/2013/05/07/01029-20130507ARTFIG00541-les-jours-du-dernier-essai-ogm-sont-comptes.php

[23]  http://www.bretagne-durable.info/ecomag/echos/quelle-transition-vers-lagro%C3%A9cologie

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commentaires

outlook help 13/11/2014 11:30

This is all the story of the France that is discussed here. This article tells us in all the possible ways about how the INRA is to continue to explore technological, agronomic and environmental performance in the following years.

Romain T 18/07/2013 10:00


Victoire !


http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2013/07/17/pourquoi-il-n-y-a-plus-d-experimentation-d-ogm-en-plein-champ-en-france_3448936_3244.html


Pour l'arrêt de toutes ces choses inutiles et le retour à l'age des cavernes... et même pour pousser le ridicule de cet argumentaire un peu plus loin, je prône le retour à l'Ordovicien
inférieur... Ces dernier jours je ne vois pas où est l'obscurentisme... il fait plutôt beau dehors non ?

Erchinoald 17/07/2013 11:33


Les obscurantistes anti-OGM ont gagné: l'INRA est en train de détruire son champ expérimental de peupliers OGM. Rêvent-ils donc de revenir à une époque où la principale source d'énergie était la
force animale, à un temps où les déplacements courants se limitaient aux communes voisines? Veulent-ils donc nous ramener 150 ans en arrière?

bob 16/07/2013 23:22


@ Wackes, la fin de votre lien de l'INRA est tout à fait hallicinante:

«Fort de cette expérience et conscient des
enjeux scientifiques relatifs à la formation et aux usages du bois comme aux impacts environnementaux des OGM, l'INRA entend faire rapidement des propositions pour approfondir et
compléter les premiers résultats acquis grâce à cet essai et pour maintenir des compétences et une expertise nationales publiques fondées sur des connaissances scientifiques
robustes» 

 

Sceptique 14/07/2013 05:26


La France s'exclut de ce champ de recherches pour des raisons idéologiques, dont découlent des postures politiques. Ce n'est pas le seul domaine dans lequel elle freine l'ardeur des
scientifiques. Ce n'est pas le premier épisode de contrôle politique de la science. Bien que disqualifié, son principe n'est pas effacé, et il retrouve des couleurs.

Wackes Seppi 13/07/2013 22:43


R.I.P.


 


http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/Inra-essai-peupliers-OGM-dans-le-Loiret


 


L'INRA aura rendu à nos ministricules l'immense service de ne pas avoir à décider...


 


 

Sceptique 09/07/2013 05:47


Ouh, la, la, ma vue baisse! Pardonnez-moi les fautes de frappe!

bob 09/07/2013 01:16


Bon résumé. 
À propos d'arbres GM, The Economist s'est penché il y a peu sur leur intérêts pour préserver certaines essences menacées: http://www.economist.com/news/science-and-technology/21577033-gm-species-may-soon-be-liberated-deliberately-wildwood 

Sceptique 08/07/2013 16:37


Cette affaire a déjà fait l'objet d'une note de Agriculture & Environnement. C'est d'autant plus désespérant qu'aucun argument solide n'a pu justifier ce rejet. Elle témoigne d'une vraie
révolution, obscurantiste, de la pensée française, dont on ne voit pas la fin, "en douceur". Il faudra attendre quelques décennies pour quue les avantages des OGm soient pleinement reconnus
ailleurs d'u'en France, et qu'une sorte de contre-révolution en réclame l'adption.