Partager l'article ! Démissions en cacade au Comité économique, éthique et social (CEES) du HCB: Nous avions évoqué en Septembre l’opinion s ...
Nous avions évoqué en Septembre l’opinion sévère de Jeanne Grosclaude (1), sur le fonctionnement du Comité économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil des Biotechnologies, au sein duquel elle représentait la CFDT. Délit d’opinion qui lui avait valu une demande d’exclusion de la part des organisations anti-OGM faisant de l’obstruction systématique dans le CEES.
A l’issu d’un débat sur la coexistence entre cultures transgéniques et cultures conventionnelles, c’est en fait l’impossibilité de la coexistence au sein du CEES qui a été mise en évidence (2) . La CFDT a annoncé sa démission du comité, suivie peu après par la FNSEA , l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), et les Jeunes Agriculteurs.
Je vous invite à découvrir la contribution de Jeanne Grosclaude publié par Marcel Kuntz à propos de son expérience au sein du CEES (3).
« En bref, le clash sur la coexistence au CEES qui entraîne le départ de la CFDT, la FNSEA, l’ANIA, le GNIS et les Jeunes Agriculteurs, met publiquement en évidence l’existence d’un noyau, minoritaire, d’organisations qui refusent radicalement toute expérience de coexistence ; aucun examen de dossier par le CEES ne pourra désormais aboutir à une évaluation partagée et éclairante pour les décideurs. Poursuivre l’exercice est donc inutile pour tout acteur lucide. Plus gravement cette position « anti-OGM » est emblématique du refus de l’intrusion de la science en amélioration des plantes et dans le monde vivant. Le CEES a failli à sa mission d’information des citoyens sur les réalités des plantes transgéniques. Certains « décideurs » ont profité du flou des recommandations du CEES pour en tirer ce qui justifiait des attitudes contradictoires entre ministres du même gouvernement, y compris au niveau européen. L’avenir d’un CEES rénové passe par la restauration, prioritairement, de sa mission d’information pluraliste et loyale pour le public. » (souligné par moi)
Au-delà du simple constat d’un CEES incapable de répondre à sa mission, une analyse plutôt pessimiste, mais réaliste :
« Il faut être lucide : le refus de la science et de la technologie dans le monde du vivant monte en puissance dans nos sociétés, particulièrement en Europe. Face à une opinion publique partiellement ou partialement informée, ce rejet est attisé par ceux qui y voient un instrument qui sert leur intérêt économique, ou un enjeu géopolitique, ou idéologique. Devant la déperdition de la culture scientifique et technique - la grande absente du fond commun de la culture générale- ce rejet des OGM, sans distinction, cristallise une opposition entre « les sachants », les détenteurs de savoir et de pouvoir, et les simples citoyens. La défiance envers la science, et envers les chercheurs, est devenue la nouvelle « pensée unique » du XXIème siècle. »
Anton Suwalki
(1)
(2) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-coexistence-97227606.html
(3) http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/39/38/37/Contribution-CoexistenceJGrosclaude.pdf