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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:59

Qui n’a jamais entendu dire qu’il fallait sauver la forêt tropicale parce qu’elle serait « le poumon de la planète » ?

L’Amazonie, à elle seule , est parfois désignée comme le poumon de la planète. Cette formule aussi médiatique que fausse est martelée par des organisations vertes telles que la WWF ou Greenpeace (1). Elle n’a strictement aucun fondement scientifique.


« L'Amazonie est vitale pour la survie de la planète. C'est le poumon vert : elle fournit une partie de l'oxygène que nous respirons. » (2)


Il n’en est rien. Certes, la forêt, en général (et pas seulement la forêt tropicale)  est un puits de carbone important, mais beaucoup moins important que le phytoplancton des  océans (3). Mais il est faux de prétendre qu’elle nous fournit « une partie de l’oxygène que nous respirons . »


D’où vient cette méprise (si ça n’est pas un slogan de plus destiné à apeurer et tromper le public) ?

Les végétaux chlorophylliens fabriquent la matière organique nécessaire à leur croissance à partir de matière minérale (CO2, H2O, NO3-..) qu’ils transforment à l’aide de la photosynthèse, c.-à-d. convertissant l’énergie lumineuse en énergie biochimique..

La photosynthèse évoque une respiration des végétaux inversée par rapport à la notre, puisque ceux-ci absorbent du dioxyde de carbone (CO2)  et rejettent du dioxygène (O2), l’élément  précisément indispensable à nos cellules que nous absorbons lorsque nous-mêmes respirons.

On voit bien le raccourci séduisant qui a abouti à cette formule propagandiste « la forêt poumon de la terre » : nous rejetons du gaz carbonique (CO2) en respirant qui est recyclé par les plantes qui l’absorbent et le recyclent en dioxygène.

Pour autant, à moins que la couverture forestière ne s’étende (en superficie) , nous ne devons strictement rien à la forêt de l’oxygène que nous respirons :

En effet, si les végétaux absorbent du CO2 et restituent de l’oxygène en se développant , il dégagent ce même CO2 en mourant et en se décomposant, consommant la même quantité d’oxygène qu’ils ont émis lors de leur phase de développement (4).


Dans une forêt stable, où les arbres qui poussent remplacent les arbres qui meurent, le bilan CO2/O2 est tout simplement nul. Pas plus que le Bois de Vincennes, la forêt amazonienne ne nous apporte d’oxygène.


Nous n’avons rien à craindre d’un manque d’oxygène qui représente 21 % de l’air, contre 0,035 % pour le  CO2, quand bien même une part importante de la forêt, qu’elle soit tropicale ou tempérée, venait à disparaître.

Certes, il est important que les forêts tropicales, notamment en tant que réservoirs de biodiversité (5), fassent l’objet d’une exploitation raisonnée et non pas anarchique. N’en déplaise aux tenants occidentaux de l’écologie politique, les populations des pays sous-développés ou peu développés ont le même droit d’exploiter leurs ressources naturelles , forestières, minières, ou autres, que celles du Nord qui ne s’en sont pas privées. Elles ont certainement intérêt à tirer partie de l’expérience des pays déjà développés pour éviter de reproduire inutilement des erreurs et des abus clairement identifiés. Elles ont certainement intérêt à s’opposer aussi aux marchands à la recherche d’une fortune éclair qui tronçonnent à tout-va sans se préoccuper de la pérennité des ressources.

Les discours moralisateurs et/ou pseudo-scientifiques comme l’injonction à préserver le soi-disant « poumon de la terre », ne leur sont d’aucun intérêt, bien au contraire.

Anton Suwalki
 


Notes :

(1) par exemple:
http://www.greenpeace.org/raw/content/belgium/fr/press/reports/forests-for-climate-factsheet.pdf

http://www.greenpeace.org/belgium/fr/press/reports/forests-for-climate-factsheet

(2) http://www.wwf.be/fr/juniors/doc/dossiers/dossier_amazonie.htm

(3) http://www.insu.cnrs.fr/a2194,puits-co2-ocean-austral-sature-par-changement-climatique.html

(4) http://acces.inrp.fr/acces/terre/CCCIC/ressources/bio_synth12

(5) nous reviendrons ultérieurement sur la problématique de la biodiversité, elle aussi maltraitée par les marchands de peur.

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commentaires

OLDACHE El-Hadi 20/11/2016 15:43

Le lobby des raseurs de forêts est fort !

OLDACHE El-Hadi 20/11/2016 15:41

Quand on veux tuer son chien, on l'accuse de rage !

Beppy 05/07/2014 02:22

Crétin !

Beppy 05/07/2014 02:22

Crétin !

Beppy 05/07/2014 02:22

Crétin !

dhmo 02/05/2010 06:49



J'aimerais savoir, ok le forêt n'est pas le poumon de la planète. Mais mis à part le plancton, existe-t-il une autre forme de vie qui est, en quelque sorte, un des poumons de la planète? Et que
représente, en pourcentage, cette nouvelle forme de vie, pour ce «poumon de la planète?



juju 21/09/2009 01:02

Anton, J'attend avec beaucoup d'impatience votre article sur la biodiversité... Puis je vous suggérer quelques classiques ?http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/269/5222/347http://www.springerlink.com/content/vp4838t03n303250/http://www.jstor.org/pss/56160 http://planet.botany.uwc.ac.za/nisl/Gwen%27s%20Files/Biodiversity/Chapters/Ready%20to%20Upload/Myersetal2000.pdfhttp://columbiauniversity.us/itc/eeeb/baker/N0316/Lecture%205/Roberts%20et%20al%202002.pdfhttp://www.sdfrn.org/docs/references/MalcolmEtal_GlobalWarmingBiodiversityHotspots_ConsBiol_2006.pdf

juju 21/09/2009 00:44

@miniTAX, doit on interpreter l'analogie entre les forets européennes et les forets tropicales sur un air de "en Europe qui malgré aussi peu de forêt n'est pas en crise écologique que je sache" comme étant une démonstration scientifique ? Parce que si je suis très d'accord avec le fond de l'article d'Anton et également à une partie de votre raisonnement, la conclusion m'échappe par contre complètement, partant du fait que:1. Les forets européennes au moment de leur disparition n'étaient pas des hotspots de biodiversité... contrairement à l'Amazonie...2. Si vous détruisez un écosystème entre le moyen age et le XIXe, vous observez au XXIe un nouvel écosystème, avec une nouvelle communauté, une nouvelle dynamique... Il n'y donc aucune raison d'y voir une "crise écologique" pour reprendre votre expression... A la rigueur, les méthodes de l'archéologie et de l'écologie scientifique pourraient, tout au plus, mettre en évidence un changement ou une baisse de diversité...

juju 21/09/2009 00:20

ce qui ne remet par contre pas en cause le role ... partiel... de l'amélioration des techniques agricoles..

juju 21/09/2009 00:19

@Laurent Berthod,Que l'augmentation de la surface forestière française soit due à l'amélioration des techniques agricoles est une hypothèse extremement  réductrice... D'après les rapports de l'institut de l'Inventaire Forestier National, les causes sont au contraire multiples et variées et sont notamment l'abandon du bois comme principale ressource pour la construction et le chauffage, reboisements anti-erosion des sols, crues et avalanches, reboisement à fonction de production...voir: http://www.ifn.fr/spip/spip.php?article583http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/2042/5359/1/249_270.pdfPOur d'autres pays, (eg: Suisse), les politiques de conservation sont clairement suggérées comme étant un des facteurs principaux...voir le pdf telechargeable surhttp://www.bafu.admin.ch/wald/01198/01201/02236/index.html?lang=frou encore...http://www.europarl.europa.eu/workingpapers/agri/s4-3-8_fr.htm#l4-47

Laurent Berthod 16/09/2009 01:17

En complément de ce que nous dit Sceptique.Et pourquoi la superficie de la forêt augmente en France ? Parce que la productivité et les rendments agricoles augmentent. D'une part cela permet de produire les mêmes quantités sur des surfaces réduites, d'autre part les terrains les moins facilement mécanisables, amendables, etc., donc non rentables pour la production agricole, sont laissés à la forêt.Vive l'agriculture intensive et productivisteLe potager de mon grand-père

miniTAX 15/09/2009 00:35

A noter aussi tant qu'on en est aux chiffres que la surface déforestée annuellement en Amazonie a tendance à diminuer ces dernières années pour tomber aux alentours de 10.000 km2/an soit 2x moins que dans les années 70-80: le dernier chiffre par DETER de l'INPE brésilien par d'un rythme annualisé de 9.000 km2 pour 2009. Ces chiffres montrent bien que la déforestation, en baisse, est infime par rapport à l'Amazonie qui, doit on le rappeler est couvert à 80% par les forêts alors qu'en Europe, c'est le rapport inverse ! Ramené à la surface de la forêt amazonienne "restante" à savoir 3,4 Millions km2, il faudrait presque... 300 ans de déforestation au rythme actuel pour que l'Amazonie ait un taux de forêt aussi bas qu'en Europe qui malgré aussi peu de forêt n'est pas en crise écologique que je sache. Détail amusant, la page de Wiki, qui nous fait un long couplet sur la "déforestation catastrophique" de l'Amazonie, cite les mêmes chiffres (à peu près) qui le lien ci-dessus mais dans un lien à dérouler et sans inclure les chiffres de déforestation de 2007 et 2008 qui auraient montré que le rythme de déforestation a fortement baissé, preuve que nos écolos savent pertinemment qu'ils mentent ! Eh oui, des chiffres aussi éloquents ne les empêchent de crier au meurtre de la forêt amazonienne alors qu'ils sont souvent issus de pays qui ont rasé leurs forêts primaires dès le Moyen-Age. C'est l'hôpital qui se fout de la charité quoi ! Pas étonnant qu'ils se contentent de platitudes d'un mensonger obscène et évitent soigneusement de citer les vrais chiffres.

Sceptique 14/09/2009 17:00

@miniTAXNous sommes d'accord, même si mon appréciation n'est que qualitative, fondée sur des vues aériennes prises sans intention de démontrer quoi que ce soit, alors que la vôtre est quantitative, fondée sur des documents. Il y a une religion écologiste aussi fanatique et terroriste que les autres, et par prudence, ou lâcheté, comme vous voudrez, les responsables politiques s'alignent ou font semblant de le faire. Paris vaut bien une messe!Il y a un an ou deux, recevant un diaporama dénonçant les misères faites à nos forêts, j'ai informé ma correspondante que la forêt française gagnait du terrain chaque année. Grrr! 

miniTAX 14/09/2009 16:46

@Sceptique,Personne ne connaît l'état de la forêt tropicale, même pas la FAO !Exemple d’estimations publiées par la FAO de la prétendue diminution de la forêt tropicale dans 90 pays sondés:- Rapport FAO 1990: 1 910 (en 1980) -> 1 756 (1990) million h- Rapport FAO 2000: 1 926 (en 1990) -> 1 799 (2000) million hEn clair, les chiffres sont systématiquement publiés pour montrer une baisse alors que la surface en 1990 est supérieure à celle de 1980, càd que la forêt tropicale aurait progressé en 10 ans! (toujours selon les chiffres de la FAO). Comme quoi, même la FAO qui fournit des chiffres officiels se base sur des estimations fantaisistes, chose dénoncée par Alan Grainger, un expert mondial sur la déforestation dans un papier dans le PNAS : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2008-01/uol-nce010708.phpIl est d'ailleurs une chose connue, mais que le complexe écolo-médiatico-industriel se garde bien de crier sur le toit, qui est le regain de la forêt tropicale dû à l'exode rural massif qui touche toute l'Amérique Centrale et une grande partie de l'Afrique (les exemples du Costa Rica, de la Colombie ou de l'Afrique équatoriale sont très connus) ce qui explique en grande partie les évaluations fantaisistes de la FAO.On peut parler également d'une hausse spectaculaire de la productivité végétale (mesurée notamment par l'indice NDVI)  due à l'enrichissement en CO2 atmosphérique : http://skyfal.free.fr/?p=34 ou du fait que la surface des forêts septentrionales avance chaque année de plusieurs millions d'hectares (rien qu'en France, on rend à la nature chaque année plus de 100.000 ha). Et le fait que les forêts septentrionales avancent est un facteur "aggravant" pour les climato-réchauffistes puisque le bilan carbone de ces forêts se traduit par un stockage net de CO2 (à cause d'une vitesse de décomposition plus lente qu'en zone tropicale, qui explique notamment pourquoi le "top-soil" dans les zones tempérées est bien plus épais que celui sous les Tropiques).Bref, ce sont là des faits concrets massifs et incontestables qui contredisent frontalement le tableau apocalyptique de la déforestation avec lequel les catastraphistes nous ont bourré le mou depuis des décennies. Mais pourquoi donc laisser des vérités qui dérangent gâcher une belle fable réchauffiste, les écolos n'en sont plus à un mensonge près : pour eux, il suffit de répéter assez souvent une chose fausse pour qu'elle devienne vraie.

Sceptique 14/09/2009 10:41

Je connais la forêt amazonienne pour avoir vécu en guyane française et avoir parcouru le bassin de l'Oyapock et le territoire de l'Amapa. La forêt amazonienne offre une solide résistance aux activités humaines. Elle se reconstitue très rapidement. La technique du brûlis, qui ne découvre pas le sol, permet une exploitation de deux ans, puis la parcelle de quelques ares au plus, est abandonnée. Une végétation d'arbres particuliers, le bois-canon, se développe très vite, puis est remplacée par les grands arbres. Au bout de quelques années, la parcelle cultivée n'est plus visible. Je n'ai jamais vu aucun document photographique prouvant les accusations de déforestation massive. Les derniers reportages que j'ai vus, concernant la Guyane française ou l'Amazonie montrent que rien n'a changé depuis....45 ans!  

Cultilandes 14/09/2009 08:16

D'accord avec vous pour remettre en cause ce mythe et combattre les opinions toutes faites.
Toutefois vous oubliez un élément essentiel: le carbone stocké dans le sol sous forme d'humus et matières organiques en décomposition. A moyen et long terme, c'est selon que le sol s'enrichit ou non en humus, selon que la couche de sol organique s'épaissit ou non qu'il constitue ou pas un "puits de carbone". A cet égard, il semblerait que les forêts équatoriales aient un moindre intérêt que les forêts boréales, les prairies et zones humides...
Tout dépend aussi du type d'exploitation de la forêt, du défrichement (par incendie ou par coupe et utilisation du bois), du mode de culture ou d'élevage qui suit... Généralement, en zone tempérée (que je connais), si on défriche une forêt riche en humus, lors des premières années de culture le taux d'humus diminue, puis se stabilise si la terre est bien cultivée (bons rendements --> bonne restitution de matière organique au sol). Dans certains cas, en partant d'un sol initialement très pauvre en humus, une culture bien conduite peut l'enrichir, donc constituer un puits de carbone. Les nouvelles techniques de culture sans labour, venues notamment du Brésil et désormais adoptées en Europe, favorisent l'enrichissement du sol en carbone. Par contre, la culture "bio" sans désherbant chimique, avec des sarclages mécaniques répétés peut conduire à un appauvrissement du sol...
La matière organique (racines, tiges et feuilles) qui va dans le sol est progressivement affinée par la faune du sol, transformée en humus plus ou moins stable. Selon la température, l'aération et l'humidité du sol, l'humus est minéralisé par la micro-faune. La minéralisation fait que le carbone retourne dans l'atmosphère.
Vous trouverez quelques bases de réflexion dans Wikipédia et chez J.Marc Jancovici, un écolo qui sait de quoi il parle.

Je vous recommande ce diaporama de l'INRA

Laurent Berthod 14/09/2009 00:48

Cher Anton,Vous avez bien changé depuis la précédente photographie de la page d'accueil de votre blog !Bien cordialemnt à vous.

Bruno 14/09/2009 00:41

Etrange que le mythe perdure... En effet, ayant bonne mémoire, je me rappelle avoir vu ça en première secondaire (càd votre cinquième collège). Rassurez-moi, les français savent que la Terre est ronde au moins ?