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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 15:47

Un fils, un frère, une cousine, un grand-père, une tante… partagent certains traits qui montrent plus ou moins qu'ils ont un lien de parenté. Si les êtres vivants reconnaissent en général les membres de leur propre famille, peuvent-ils reconnaître si deux inconnus ont un lien de parenté ? Pour la première fois, une équipe de chercheurs du Laboratoire de psychologie et neurocognition de Grenoble (CNRS / Université Pierre Mendes France / Université de Savoie) a évalué cette capacité à détecter un lien familial. Les résultats, publiés dans Proceedings of the Royal Society B, montrent que cette reconnaissance dépend d'un degré « r » de parenté.

Le cœfficient de parenté « r » correspond à la probabilité qu'un même gène se retrouve chez deux individus de même famille. Il est, par exemple, égal à 1 pour deux « vrais jumeaux », de ½ entre parents et enfants, de ¼ entre petits-enfants et grands-parents. L'étude révèle que plus « r » est plus élevé, plus détecter le lien de parenté est fréquent. Elle montre ainsi que l'on perçoit l'air de famille même avec des personnes qui n'ont jamais cohabité et qui appartiennent à différentes générations, comme des grands-parents et leurs petits-enfants. Reconnaître un lien de parenté entre deux inconnus peut nous aider à anticiper leurs comportements, procurant ainsi un certain avantage dans la vie en société.

Certaines particularités ont également été notées : en effet, le lien qui réunit grands-parents et petits-enfants est plus détectable que celui qui lie les oncles ou tantes à leurs neveux ou nièces, bien qu'ils soient tous deux estimés par le même coefficient de parenté (r=¼). Des facteurs comportementaux  et génétiques concourent à expliquer ces différences.

Pour cette étude, l'équipe du LPNC a réuni plus de 500 photos de membres de plusieurs dizaines de familles de la région grenobloise. Elle les a ensuite associées par paires et les a soumis à des adultes n'ayant aucun lien avec ces familles. Ces adultes devaient détecter l'existence ou non d'un lien de parenté entre elles. Les paires de visages présentées à ces adultes associaient un individu avec lui-même (à un âge différent), avec un frère ou une sœur, un oncle ou une tante, un des grands-parents, un cousin ou une cousine ou enfin avec, un étranger, adulte ou enfant.

Aujourd'hui, l'équipe du LPNC poursuit ses investigations en essayant de mieux comprendre la nature des mécanismes mise en jeu dans la reconnaissance et de définir les zones des visages qui permettent de détecter la parenté.



L’article sur le site du CNRS

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1629.htm

 

Notes :

(1)Soins allo-parentaux, choix du partenaire sexuel

Références :

Human ability to detect kinship in strangers' faces: effects of the degree of relatedness.
Gwenaël Kaminski, Slimane Dridi, Christian Graff, Edouard Gentaz.
Paru le 17 juin 2009 dans la revue avancée en ligne de Proceedings of the Royal Society B

 


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commentaires

fresh install of windows 31/10/2014 05:08

It was really nice to read and know about, "R" the family bonus. We all knew about relationships and value the relationships in our life, but this new research based on all living beings is really new to us.

Anton Suwalki 29/06/2009 14:44

Chers Agnès et Sceptique,je ne saurais vous départager...Les explications de Sceptique me paraissent assez plausibles. Sinon, Agnès, je partage avec toi ce handicap en matière de physionomie. Il m'arrive encore de dire bonjour monsieur quand je me regarde dans la glace.

Sceptique 29/06/2009 07:37

J'ajoute à mon précédent commentaire: les femmes sont couramment meilleures physionomistes que les hommes...parce que les "autres" les intéressent plus!

Sceptique 29/06/2009 07:34

Je voudrais rassurer Agnès: il n'y a pas d'aptitude "innée" à la qualité de "physionomiste". Métier qui s'apprend méthodiquement, comme celui d'oenoloque ou de parfumeur. C'est le sens de la responsabilité qui a façonné son aptitude particulière à repérer l'air de famille entre les pères et les filles de son école. 1)le parent qui vient chercher son enfant à l'école est plus souvent la mère que le père. 2) L'enfant qu'on vient chercher à l'école est plus souvent une fille (considérée comme plus vulnérable) qu'un garçon.Le facteur "r" n'est pas ce qui détermine la vigilance de l'enseignante responsable. 

Agnès 28/06/2009 19:49

Bonjour,Je parie que ceux qui détectent mieux le lien de parenté sont ceux qui sont physionomistes, tout simplement.Je ne suis pas physionomiste pour un sou, c'est un handicap dans la vie, et le seul lien de parenté que je puisse détecter, c'est le lien de père à fille. Quand certains pères viennnent chercher leurs filles à l'école, je sais qui ils vont me demander. N'est-ce pas la ressemblance de certains traits, associés parfois à des expressions du visage communes, qui le permet ?AmicalementAgnès