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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 10:20

En 1983 était découvert le VIH, virus responsable du SIDA. Un an plus tard, Margaret Heckler, du secrétariat américain à la santé, annonçait la proche mise au point d’un vaccin, « d’ici 2 ans environ » ! Pourtant , 25 ans après, le vaccin n’est pas au rendez-vous. Les uns après les autres, les candidats vaccins ont échoué, et les essais cliniques ont été interrompus. Toutes les méthodes classiques sur lesquelles repose la vaccination - imiter une infection naturelle à l’aide d’agents infectieux inactivés ou atténués pour créer dans le système immunitaire une mémoire lui permettant de réagir en cas d’infection réelle - ont jusqu’à présent raté dans le cas du HIV .

 

Une des raisons principales est que celui-ci est un rétrovirus qui mute particulièrement rapidement: son génome est constitué d’ARN qu’il convertit en ADN par une enzyme, la transcriptase inverse, et l’intègre aux génomes des cellules qu’il infecte. Lorsqu’il se multiplie, les erreurs de copie sont très nombreuses, rendant rapidement l’intrus méconnaissable des cellules du système immunitaire qui se souviennent de la première version du virus. Pour avoir une idée de l’ampleur du problème, il suffit de savoir que la diversité des protéines à la surface des virus du VIH chez un seul individu après 6 ans d’infection est supérieure à celle des virus de la grippe humaine dans le monde une année donnée. Or, pour la grippe, les fabricants sont obligés de changer leur vaccin tous les ans …

 

Si la mise au point d’un vaccin piétine, les traitements contre le VIH , qui comportent 6 classes de médicaments distinctes par leur mode d’action, ont accompli d’énormes depuis le premier médicament en 1987. Les traitements permettent de diminuer la charge virale (quantité de virus dans le sang) en dessous du seuil de détection. Les malades bénéficiant des thérapies antirétrovirales ont vu leur espérance de vie augmenter de 13 années. Le drame est que moins d’un tiers des personnes dans le monde nécessitant un traitement y ont accès.

 

Pourtant, les thérapies actuelles butent également sur certaines limites : elles sont incapables d’éradiquer totalement le virus . Celui-ci parvient en effet à se cacher dans le système nerveux central, les organes génitaux et les ganglions, les intestins, et dans les lymphocytes T « dormants », des globules blancs impliqués dans la mémoire du système immunitaire. Toute suspension des traitements actuels aboutit à une reprise de l’infection et à une ré augmentation rapide de la charge virale. Jusqu’à présent, un traitement contre le VIH, c’est un traitement à vie. C’est pour cela que la découverte faite par des chercheurs espagnols et décrite ci-dessous peut ouvrir des perspectives intéressantes.

 

Anton

(*) Rédigé à partir de Pour La Science -Mars 2009 -dossier : Le Sida, 25 ans après

Découverte de protéines responsables de l'"hibernation" du VIH

 

Les équipes de Sebastián Chávez de l'Universidad de Sevilla  et de Albert Jordà du Centro de Regulación Genómica (CRG) de Barcelone  ont pour la première fois pu mettre en évidence l'implication de trois protéines (FACT, Spt6 et Chd1) dans le mécanisme d'"hibernation"  du virus du SIDA. Ces molécules sont capables de compacter spécifiquement la chromatine (ou fibre d'ADN) sur laquelle elles se sont fixées. Les gènes du virus deviennent alors "illisibles" pour les enzymes de transcription  alors que les autres gènes de la cellule, eux, ne sont pas modifiés et sont transcrits normalement. Ce mécanisme permet enfin d'expliquer le paradoxe entre l'absence d'expression du génome viral et sa localisation dans des régions transcriptionnellement très actives.

Cette latence est d'ailleurs responsable de la nécessité de suivre les traitements antirétroviraux à vie puisque, au moindre arrêt de la médication, les copies du virus qui sortent de leur "hibernation" sont capables d'induire une nouvelle virémie. De plus, parce que ces traitements actuels interfèrent avec les mécanismes de réplication du virus, cette découverte inédite permet d'envisager ces trois protéines (FACT, Spt6 et Chd1) comme d'éventuelles cibles thérapeutiques complémentaires permettant de lutter contre la latence du virus. Elle offre ainsi de nouvelles perspectives d'amélioration des traitements ainsi qu'un nouvel espoir dans l'allongement de la durée de vie des patients.

 

L’article d’origine dans Bulletins électroniques :

 http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/57910.htm

 

Source :

-Article : Yeast Genetic Analysis Reveal the Involvement of Chromatin Reassembly Factors in Repressing HIV-1 Basal Transcription PLoS Genet. 2009 Jan;5(1):e1000339
- El Ideal Gallego, 20/01/09
- El País, 20/01/09
- abcdesevilla.es, 20/01/09

Rédacteur :

Anne-Laure Fize, service-scientifique@sst-bcn.com

 

 

 




 

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commentaires

Sceptique 22/03/2009 06:21

Votre synthèse est remarquable, même si elle ne permet aucune illusion.