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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 16:43

 

Un rapport commandé par le gouvernement australien a été publié en Décembre 2008 . Il s’agit de : Australia’s crops and pastures in a changing climate – can biotechnology help? (1). Même sans être des anglicistes distingués, vous aurez compris qu’il s’agit de réflêchir sur les conséquences des changements climatiques prévus dans les prochaines décennies sur l’agriculture et sur les outils qu’offrent les biotechnologies pour y répondre.

 

Se basant sur les études les plus récentes du GIEC, les auteurs considèrent la réalité du processus de réchauffement climatique global comme une donnée non équivoque qui devrait se traduire en 2030 par un accroissement de l’ordre de 1° C de la température moyenne pour le continent australien (2) par rapport aux années 1990. A un niveau géographique plus fin, les conséquences sont pour certaines très probables -notamment une fréquence substantiellement accrue des journées très chaudes (supérieures à 35°C) , une réduction modérée de la fréquence des gelées-  d’autres plus incertaines.

Les contrastes climatiques tant géographiques (côtes, intérieur du pays) que leur distribution temporelle ( par exemple alternance de périodes sêches et de précipitation abondantes) seraient renforcés.

 

Ce document prospectif  ne pas se cantonne pas à la classique litanie des « malheurs qui nous attendent », et  souligne que les conséquences possibles sur l’agriculture ne sont pas unilatéralement négatives : par exemple la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone désigné parmi les causes principales du réchauffement climatique favorise par ailleurs la croissance des plantes et de meilleurs rendements. Il en va de même jusqu’à un certain point pour une insolation accrue. D’autres phénomènes ont par contre des conséquences clairement négatives (stress thermique ou hydrique liée aux périodes de sécheresse ou à l’inverse détrempage des sols qui apauvrissent les sols en oxygène.

 

Quoi qu’il en soit, les modifications attendues nécessitent des réponses adaptatives des cultures et des pratiques agricoles, et les biotechnologies sont un des outils pour ces adaptations nécessaires (« une des  pièces du puzzle »).

 

Il faut souligner que parmi les outils biotechnologiques envisagés, les solutions ne se réduisent pas à la transgénèse : l’étude des génomes, les techniques de sélection classique conserveraient leur place, largement assistées par l’utilisation de marqueurs moléculaires. Des instruments tels que la « PCR »  devraient voir leur utilisation accrue en tant qu’outils de diagnostic des maladies des plantes (3).

 

 Le champ d’application des OGM agricoles est jusqu’à présent assez limité : il consiste pour l’essentiel à introduire des gènes de tolérance à des herbicides ou des gènes (pour l’essentiel des gènes « Cry » issu d’une bactérie nommée Bacillus thuringiensis ) codant une protéïne insecticide , ou des gènes de résistance à des virus (Papaye hawaïenne par exemple)  .

 

Les OGM qui fabriquent leurs propres pesticides ont encore de beaux jours devant eux dans la mesure où les changements climatiques peuvent accroître les attaques de ravageurs et de maladies des cultures.  Néanmoins des adaptations et le développement de nouvelles lignées seront nécessaires dans la mesure où l’on a constaté que ces mêmes modifications climatiques peuvent affecter l’efficacité des OGM existant (4).

 

Les OGM tolérants à des herbicides continueront à être utiles dans la mesure où ils continueront à réduire l’utilisation de fuel et ce faisant contribueront à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Au-delà des OGM existant , la transgénèse végétale est appelée à s’élargir à de nombreux domaines en réponse aux conséquences des changements climatiques.

 

On pense bien sûr au développement de plantes résistantes à la sécheresse. Sur ce plan également, le rapport met en évidence à la fois la complexité de la mise au point de ce type d’OGM (5) et l’existence de stratégies différentes :

 

- Ainsi une piste réside dans le développement dans plantes capables de mieux résister à la sécheresse ,ayant par exemple un réseau de racines capables de puiser plus profondément de l’eau dans le sol .  Plusieurs solutions  -alternatives ou complémentaires- sont envisagées, agissant sur la morphologie des plantes ou leur métabolisme (6).

  

- Une autre pourrait consister dans des plantes à floraison précoce , capables de supporter des températures plus basses et le gel.  Un gène de résistance au gel en provenance d’une graminée poussant en Antarticque devrait être testé en 2010.  

 

Les possibilités d’agir sur de nombreux autres caractères des plantes pertinents pour répondre au changement climatique sont étudiées dans ce rapport que je vous invite à lire. Ce tour d’horizon qui met en évidence la diversité des outils et des pratiques à mettre en œuvre pour une adaptation de l’agriculture aux contraintes des prochaines décennies est particulièrement intéressant, et fournit des enseignements dont la portée dépasse largement l’agriculture australienne.

Anton Suwalki

 


 

 

 Notes :

 

(1)   http://affashop.gov.au/product.asp?prodid=14192

(2)   selon le scénario “médian”

(3)   http://www.ens-lyon.fr/RELIE/PCR/principe/anim/presentation.htm

     (4) comme cela semble avoir été constaté pour une variété de coton GM « Cot102 » cultivée en Australie

     (5) la capacité à résister à la sécheresse impliquant l’ensemble du métabolisme de la plante et ne pouvant pas être résolu par l’introduction d’un seul gène.

      (6) Monsanto vient d’annoncer des résultats satisfaisants pour un maïs GM au stress élaboré avec BASF . Ce maïs va être soumis à l’autorisation de la FDA . Dans le même temps,   Pioneer Hi-Bred International conduit aussi des essais sur un maïs tolérant à la sécheresse, mais obtenu par sélection classique.

http://monsanto.mediaroom.com/index.php?s=43&item=676

http://abonnes.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1065445,0.html

 

 


 

 

 Notes :

 

(1)   http://affashop.gov.au/product.asp?prodid=14192

(2)   selon le scénario “médian”

(3)   http://www.ens-lyon.fr/RELIE/PCR/principe/anim/presentation.htm

     (4) comme cela semble avoir été constaté pour une variété de coton GM « Cot102 » cultivée en Australie

     (5) la capacité à résister à la sécheresse impliquant l’ensemble du métabolisme de la plante et ne pouvant pas être résolu par l’introduction d’un seul gène.

      (6) Monsanto vient d’annoncer des résultats satisfaisants pour un maïs GM au stress élaboré avec BASF . Ce maïs va être soumis à l’autorisation de la FDA . Dans le même temps,   Pioneer Hi-Bred International conduit aussi des essais sur un maïs tolérant à la sécheresse, mais obtenu par sélection classique.

http://monsanto.mediaroom.com/index.php?s=43&item=676

http://abonnes.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1065445,0.html

 


 

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commentaires

douar 29/01/2009 18:22

Ce qu'il y a de bien avec le réchauffement climatique, c'est que c'est un prétexte pour tout: promotion du nucléaire, ici des OGM. Cependant, même si le réchauffement climatique n'est pas avéré, ce qui est dit sur les possibilités de l'outil OGM reste vrai.

Sceptique 29/01/2009 08:03

Il y a vraiment un partage du monde sur la question des OGM. Seuls les pays ayant à lutter contre leurs handicaps climatiques y réfléchissent paisiblement et acceptent les recherches et les essais des biotechnologies. Ils sont majoritaires, en nombre, en superficies, en nombre d'habitants.
Ce constat met un peu plus en relief l'attitude d'enfants gâtés des français, où cette question est un "casus belli", ce qui explique l'attitude timorée de nos politiques. Il y a suffisamment de fronts dans notre pays pour qu'on s'abstienne d'ouvrir celui-là.
Nous possédons les meilleures terres de l'Europe, et un climat encore fiable. Alors, nous avons bien le temps, et des autres, on s'en fout!
Nous avons réussi à "placer" notre prédication sur l'ensemble de l'Europe, qui n'a pas de motif réel et sérieux à s'insurger contre notre fanatisme en la matière.