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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 17:06

C’est dénoncé comme un scandale et rabâché comme une évidence : le consommateur mange trop de denrées qui viennent de trop loin, et le développement des transports et des échanges lui permet en plus de s’affranchir des saisons qui dictaient encore il y a quelques décennies ce qu'il y avait dans nos assiettes au quotidien. Ainsi voit-on régulièrement des cuisiniers médiatiques dénoncer ces produits sans goût qui viennent de loin ou un magazine tel que Politis emprunter des accents villiéristes pour vitupérer les « fraises pourries » venues d‘Andalousie (1). Discutez avec un écologiste,vous échapperez rarement au couplet « combien de kilomètres dans votre assiette ? » .

Bien sûr , mes crudités ont parcouru 600 Km depuis Marmande, mes fraises 1200 depuis l’Espagne, et qui sait, mes 3 côtelettes d’agneau 15 000 depuis la Nouvelle-Zélande ? Est-ce bien raisonnable ? Quel est bilan énergétique et le bilan CO2 de mon repas de consommateur « écologiquement irresponsable »  ?

Or, seul l'examen des alternatives possibles à ce mode de consommation permet d'en juger .Car l’alternative proposée par les écologistes - consommer les produits du terroir, consommer local renoncer aux produits hors saison- outre qu’elle implique des restrictions des choix et des inégalités accrues entre consommateurs limités par les possibilités nourricières de leur territoire, n’aurait pas nécessairement l’impact énergie/ carbone attendu .

Comment , nous rétorquera-t-on ? Consommer uniquement les aliments produits de provenance locale_mettons jusqu’à 25 kilomètres à la ronde_ plutôt des produits transportés sur des centaines voire des milliers de kilomètres, voilà qui économiserait des quantités considérables d’énergie et éviterait autant d’émissions de gaz à effet de serre, assure-t-on. Oui, parfois, mais pas nécessairement !

Méfions-nous des arguments qui semblent frappés du coin du bon sens mais pas toujours étayé par des données précises.

Dans le cas de l’acheminement par avion de denrées alimentaires, cette affirmation est indiscutable : avec 406 gep /tonne.km (2), et 1220 kg/t.km de CO2, l’avion est de très loin le mode de transport le plus coûteux et le plus polluant .  Le renchérissement attendu du prix du pétrole dans les décennies à venir, si la crise mondiale ne plonge pas de force l’humanité dans la décroissance, mettra peut-être mécaniquement un frein à ce mode de transport des marchandises .

Pour le reste… le bonheur écologique n’est pas forcément dans le près ! Une étude menée en Angleterre (3) a en effet établi que la moitié des émissions de carbone induite par l’achat d’aliments l’était par le transport de proximité.

Un réseau de distribution de proximité utilise essentiellement des véhicules utilitaires légers ou au mieux des poids lourds de faible tonnage, tandis que les transports sur longue distance même effectués par route (ce qui est bien sûr loin d‘être la panacée), représentent déjà des économies d’échelle : Un poids lourd de 25 tonnes ou plus consomme 4,7 fois moins d’énergie et émet environ autant de fois moins de CO2 qu’un véhicule utilitaire léger).

A juste titre, les écologistes critiquent néanmoins la suprématie du transport routier sur le rail : il est vrai que tant le coût énergique que le coût carbone du transport ferroviaire, à plus forte raison sur un réseau entièrement électrifié alimenté à 90 % par des centrales nucléaires et des barrages hydro-électriques comme c‘est le cas en France, est considérablement plus faible que celui du transport par poids lourd . Mais c’est alors d’autant plus vrai par rapport au coût du modèle « consommer local » qu’ils appellent de leurs vœux : le rapport transport par train/ transport par utilitaire léger est de l‘ordre de 1 à 20 pour la consommation d’énergie et de 1 à 60 pour les émissions de CO2.

Il resterait à élaborer les modèles d’optimisation des réseaux de transports de marchandises, mais des zones de cultures spécialisées et à forte productivité directement reliées par le rail aux grands centres de distribution urbains peuvent être dans certains cas « meilleures pour la planète » , à plus forte raison dans le cas d’aliments importés de loin mais qui nécessitent peu d’énergie pour être produits . Réaliser l’idéal du produire et consommer local , des rapports directs producteurs/consommateurs, conduirait à multiplier les petits flux de déplacements pour se ravitailler ou achalander les petits commerces, à moins de se contenter d’un panier de consommation réduit tant en quantité qu’en variété (ce que l’agriculteur ou son relais commercial le plus proche serait en mesure de fournir).

Ce modèle du produire/consommer local remet enfin en cause la division du travail et les spécialisations régionales poussées en cultures et élevages destinés à des marchés nationaux et internationaux : il n’y aurait plus de place dans ce modèle pour les grands élevages porcins bretons, les grandes cultures maraîchères du Sud-ouest ou les cultures céréalières de la Beauce. Comment faire faire marche arrière à cette agriculture à haut rendement et la reconvertir en agriculture de proximité ? Qui financerait la reconversion des agriculteurs, qui supporterait financièrement les lourdes pertes de rendements ? Qu’adviendrait-il des ouvriers agricoles employés dans certains pays du Sud (particulièrement l’Amérique du Sud) dans des cultures destinées pour l’essentiel à l’exportation ?    

Soyons clairs : il ne s’agit pas de rejeter une rationalisation des transports qui tiennent mieux compte des dépenses énergétiques et des émissions de gaz  à effet de serre. Il s’agit de souligner que les solutions généralement admises comme allant de soi sont très simplistes,  pourraient dans certains cas aggraver les problèmes qu’elles prétendent combattre, et omettent surtout de préciser au-delà des problèmes qu’elles sont censées cibler comment on y parviendrait et quel serait leur coût économique global et donc humain (4). Produire et consommer local, au prix de quels sacrifices matériels ?

Vivent les achats de proximité… surtout lorsqu’il s’agit d’aller flâner un dimanche matin sur un marché populaire, d’acheter soi-même dans une fruitière locale son morceau de Comté, ou de choisir le calibre de ses asperges chez le petit producteur du coin. Un plaisir indiscutable  pour beaucoup d’entre nous, surtout lorsque par ailleurs l’essentiel de nos courses de la semaine ou la quinzaine a pu été effectué en une seule fois et en un seul endroit pour un coût relativement modique. Mais de grâce, invoquons le plaisir, pas un bon sens écologique extrêmement douteux.

Anton Suwalki  


 

 Notes :

(1)  lire notamment : http://imposteurs.over-blog.com/article-19313899.html

(2)  gep /t.km =gramme équivalent pétrole par tonne transportée sur une distance d’un kilomètre pour un moyen de transport donné.

Données chiffrées du bureau d’études  Explicit. 

Voir aussi le site de Jean-Marc Jancovici. http://www.manicore.com/ dont les données sont moins détaillées sur ce plan mais convergentes.

(3)   Cité par Jean de Kervasdoué dans Les prêcheurs de l’apocalypse  . Lire la note de lecture de Michel Naud au sujet de ce livre :

      http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article849

(4) Parfaitement typique de cette insoutenable légèreté, les Verts manifestant en Mars 2007 contre le programme nucléaire EPR avaient distribué un tract dans lequel ils plaidaient avec le plus grand sérieux en faveur d’un vaste projet « alternatif » éolien  qui pourrait pourvoir aux mêmes besoins tout en fournissant …15 fois plus d’emplois !  Imaginons généraliser ce  principe à l’ensemble de l’économie et une division globale de 15 de la productivité du travail : Certes, plus trop de chômage ! Mais en  toute logique, ramener l’efficacité du travail à ce qu’elle était au 19ème siècle , c’est même si l’on imaginait supprimer les revenus du capital faire reculer  d’à  peu près autant le niveau de vie et de consommation !

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commentaires

canardos 26/01/2009 17:12

c'est vrai....j'avais oublié. mais elle est reprise dans "une epoque formidable".

Astre Noir 26/01/2009 16:54

@ canardos :

Si je ne me trompe pas, la réplique "Salauds de pauvres" vient plutôt de "La traversée de Paris"

canardos 26/01/2009 16:03

en gros...c'est vrai que les fraises d'andalousie sont moins bonnes....pas parce qu'elles sont cultivées loin mais parce qu'elles sont le produit d'une agriculture intensive en serre...et du coup elles sont moins cheres...

l'opposition aux fraises andalouses, c'est finalement le mepris des bobos aisés envers les gens qui n'ont pas les moyens de se payer des gariguettes trois fois plus cheres...

c'est traduit en clair "nous avons les moyens de nous payer de bonnes fraises...si vous n'avez pas assez de fric , n'en consommez pas.... vous tirez la qualité par le bas..."

c'est une autre illustration de la formule "salauds de pauvres!" du film "une epoque formidable" .

luc marchauciel 26/01/2009 13:48

Assez d'Andalousophobie !

Astre Noir 26/01/2009 08:50

@ anton (comm 7)

"Bonjour Moktarama,
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi on devrait culpabiliser de manger des fraises andalouses ?"

Ben tout simplement parce qu'elles sont dégueulasses!
Personnellement, je préfère largement manger en saison des fraises de Carpentras (environ 200 km de chez moi : est-ce que le bilan carbone est satisfaisant ?) :-)

Yann02 24/01/2009 23:20

Pour rebondir sur les propos de Ryuujin, effectivement, l'agriculture bio ne cultive pas sans engrais, loin de là, et on peut retrouver ici ou la des engrais organiques provenant indirectement d'engrais de synthèse.
En effet, pour ce qui est des principaux nutriments NPK plusieurs solutions sont envisageables.
Les engrais minéraux en granulés sont autorisés, tels que certains chlorures de potasse ou phosphates naturels.
Pour ce qui est de l'azote, les amendements organiques peuvent provenir d'issues de productions conventionnelles. Un exemple tout simple, la vinasse de betterave ( http://www.deleplanque.fr/fr/coproduits/liquide/L22-VinasseMAbio.pdf ) qui est autorisée en agriculture bio, provient de betteraves cultivées de façon conventionnelle.

Une autre particularité oubliée, et loin d'être criée sur les toits bizarrement, est la sécurité alimentaire. Nos fongicides de synthèse par ex peuvent permettre de réduire significativement la présence de certains indésirables telles que les mycotoxines.

Et pour conclure, je ne pense pas qu'il y ait de "recettes miracles" en agriculture biologique.
Une bonne partie des agriculteurs conventionnels utilise déjà au mieux les leviers agronomiques qui sont à sa disposition (rotation, travail du sol, choix des variétés, densité de semis ...).

Ryuujin 23/01/2009 21:34

Moktara, vous avez au moins 5 ans de retard : les écoles d'agro se sont engouffrées dans ce créneau marketing à la mode.
Et si vous ne trouvez rien de bien bétonné sur ces rendements, c'est parcequ'ils sont très variables, non seulement d'une exploitation à l'autre, mais aussi d'une année à l'autre.

C'est pas étonnant : le label bio est privatif ; il n'apporte aucune nouvelle technique, mai se contente d'interdire des intrants. On ne peut pas s'attendre à des résultats aussi bon, et stables en se limitant autant techniquement.

Et n'allez pas croire que l'agriculture biologique cultive sans engrais (ce qui est physiquement impossible ; les nutriments que l'on exporte, il faut bien les remplacer), simplement elle utilise des engrais organiques, dont une partie au moins (et vous ne trouverez pas de chiffres sur le sujet, mais je doute fort qu'elle soit négligeable) provient indirectement des engrais de synthèse épandus en conventionnel.

La seule particularité de l'agriculture biologique par rapport à l'agriculture conventionnelle, c'est l'interdiction des intrants de synthèse, au prix d'une perte de rendement importante et d'une perte de la sécurité du rendement puisque l'arsenal de l'agriculteur bio est très limité par rapport à celui de l'agriculteur conventionnel.

Et il en sera toujours ainsi, puisque si une technique non basée sur des intrants de synthèse se révèle plus efficace, elle peut être adoptée en conventionnel, alors que si une technique basée sur un intrant de synthèse se révèle plus efficace, elle ne peut être adoptée en bio. Et quand je dis "efficace", c'est aussi sur le plan environnemental !

Moi je veux bien, mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'on y gagne ?

Pourquoi se passer d'intrants de synthèse ?

Moktarama 23/01/2009 17:21

@Sceptique : Je ne prêche pour aucune paroisse, je constate juste que tant que les études concernant les rendements en bio n'existent pas, et que les écoles d'agro (qui, contrairement aux agriculteurs bio, ont les compétences pour faire des études scientifiques) ne se penchent pas sur le sujet, votre assertion (qui est tout sauf une démonstration de quoi que ce soit) n'a pas plus de valeur que la mienne. Point barre. Par ailleurs, votre réponse est fort jolie, mais un brin méprisante.

@Anton : Parce que c'est un non-sens compte tenu du mur environnemental (et du caractère fini des ressources énergétiques) vers lequel nous courons joyeusement. Tout comme faire pousser sous serres des tomates françaises en plein hiver (quitte à manger des tomates fraiches à cette période, mieux vaut les faire venir du Maroc, même si ça reste irresponsable) . Ou manger 50 kilos de viande par an (ce que je fais pourtant, en gourmet que je suis). Votre réflexion est très intéressante, pour autant ce me semble loin d'être une raison suffisante pour affirmer que manger des fruits hors saison, c'est très bien car on ne connaît pas réellement les différences d'impact environnemental. Ce serait comme proclamer la nécessité de ne pas limiter l'usage de la voiture car après tout, on ne connaît pas précisément l'impact futur du réchauffement climatique.

Même si je suis d'accord avec vous sur l'inanité qu'il y a à culpabiliser le citoyen lambda sur le sujet, vu que seuls des changements légaux et politiques auront une réelle influence sur nos modes de consommation.

Bref, comme d'hab', j'apprécie votre travail sur ce blog, pour autant les positions qui en résultent me semblent en général bien excessives. Ca limite la transmission des informations en mêlant ces dernières avec une idéologie assez extrémiste (comme chez les Verts, mais dans l'autre sens), si vous préférez, et c'est quelque peu dommage.

anton suwalki 23/01/2009 16:39

Bonjour Moktarama,
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi on devrait culpabiliser de manger des fraises andalouses ?

Sceptique 23/01/2009 16:32

À Moktarama

J'aimerais mieux qu'on s'en tienne aux démonstrations, espèces menacées et à sauvegarder, alors que les affirmations, dans toutes leurs variétés, sont prospères et envahissantes.

Moktarama 23/01/2009 16:21

Bon, si j'ai tendance à adhérer à vos diverses remarques, Anton, notamment celle de la nécessité de faire des études sur le sujet en prenant en compte le bilan environnementale de l'ensemble de chaque type de filière, encore une fois cela me semble loin d'être une raison suffisante pour se déculpabiliser d'acheter des fraises espagnoles (ou françaises pour ce que ça vaut) en hiver.

@Sceptique : D'un autre côté, il faut comprendre que les filières Bio sont relativement peu étudiées, et que certains producteurs affirment retrouver des rendements acceptables y compris en céréales. Le problème, c'est que les connaissances sur le sujet ne sont pas rassemblées, chaque agriculteur a ses recettes qui proviennent le plus souvent d'années d'expérimentations personnelles. Bref, affirmer que les rendements seraient cinq fois inférieurs à ceux de l'agriculture industrielle juste en comparant les chiffres d'il y a cinquante ans, c'est un peu léger...

Sceptique 23/01/2009 16:03

Les engrais et les produits phytosanitaires seraient proscrits, logiquement. Les rendements(en céréales pauvres: seigle, orge, blé noir) seraient ceux de l'avant-guerre 1939-1945. Quelques quintaux à l'hectare.
La production céréalière de la France a été multipliée par cinq. La population a doublé dans le même temps, et sa consommation directe de céréales a diminué, compensée par ses besoins en viande, dont la production utilise de grandes quantités de céréales. À la suite des mauvaises récoltes de 2007, nous ne pouvions plu en exporter, tant pour des raisons de qualité* que de quantité.
*blés non panifiables

Astre Noir 23/01/2009 15:40

Encore une remarque pour abonder dans votre sens :
Il y a en France de vastes zones quasiment inaptes aux grandes cultures : les zones de montagne par exemple, la Provence, mais aussi la Bretagne et la Normandie, qui du point de vue géologique sont placées sur le socle du Massif Armoricain. Ces terrains granitiques donnent des sols de très faibles épaisseur sur lesquels on ne peut pas faire pousser grand chose, à part de la prairie.

Et si on veut retourner les prairies de Bretagne pour y implanter des cultures de céréales, pas sûr que les écolos y trouvent leur compte : les engrais et produits phytosanitaires vont être très vite lessivés et se retrouver dans les cours d'eau

Sceptique 23/01/2009 07:27

Je vois surtout dans cette idée une haine de l'autre, de celui qui est loin, auquel on peut être indifférent par ignorance. C'est la politique du "peut-crever-la-gueule-ouverte".
Il y a soixante ans le Nord de la France était prospère, et le Sud était pauvre. La spécialisation et les échanges ont rapproché les revenus, même s'ils sont encore, et pour longtemps, très inégaux.
Le phénomène est identique à l'échelle de l'Europe et maintenant du monde.
Le train, pour diverses raisons, ne peut avoir la souplesse des transports par route.
Cultilandes a raison, s'il y a une culpabilité, elle est celle de tout le monde.

Cultilandes 23/01/2009 00:13

Étant cultivateur français, je devrais moi aussi vous inciter à consommer des produits français pour des raisons écologiques.
Je devrais aussi vous inciter à acheter le produit le plus cher dans le magasin le plus cher arguant qu'à priori le producteur sera mieux payé, ce qui serait plus éthique, équitable, durable...
En fait, si je vous encourage à préférer le poulet de Saint Sever (élevé en liberté) au poulet brésilien, c'est parce qu'il a meilleur goût, voire qu'il est plus sûr sanitairement (je ne mets pas en cause les OGM).
Par contre, le plus cher à la consommation n'est pas forcément le mieux payé au producteur: les marges des commerçants sont élastiques! Et le moins cher peut laisser la meilleure marge au commerçant!
Et que fait le commerçant qui fait une grosse marge, que ce soit avec un produit "de luxe" ou avec un produit importé à "vil prix"? Il s'en va prendre des vacances exotiques en avion... Et ça, ce n'est jamais compté dans les bilan carbone!

Je voulais souligner que dans les bilan-carbone, me semble t'il, on ne compte pas tous les services commerciaux, publicitaires et administratifs, y compris administration d'état, certifications, etc.