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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 18:41

Trois mille moustiques mâles stériles de type Anopheles arabiensis vibrionnent dans les filets des laboratoires de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) situés à Seibersdorf, dans la banlieue de Vienne (Autriche). Ces spécimens sont utilisés pour tester la technique de l'insecte stérile (TIS), déjà pratiquée depuis une trentaine d'années sur la mouche à fruits. Appliquée aux populations d'anophèles du Soudan et d'aèdes de La Réunion, elle a pour but d'éradiquer les vecteurs du paludisme et du chikungunya.

Son principe est d'une extrême simplicité : lâchés en masse, les mâles stériles ont pour mission de circonvenir les femelles locales. Leur accouplement n'engendrant aucune descendance, à l'issue d'opérations répétées, la population disparaît par extinction naturelle. La technique est d'une plus grande complexité, puisqu'il faut d'abord isoler les mâles - pas question de lâcher des femelles, responsables de la propagation des virus -, puis les stériliser. Dans les deux cas, on procède par irradiation, en recourant à l'usage du cobalt 60 ou bien des rayons X.

Les insectes de laboratoire de Seibersdorf, descendants de spécimens capturés au Soudan en 2005, n'ont encore à leur actif que deux opérations de terrain. Encore ne s'agissait-il que de lâchages expérimentaux, destinés à appréhender leur comportement et à mesurer l'ampleur de la mobilisation nécessaire le jour J. La production massive de mâles stérilisés destinés à être lâchés aux alentours de Dongola, une région agricole de la vallée du Nil très peuplée et affectée par un paludisme endémique, aura lieu à Khartoum. Le site a été choisi en raison de sa proximité avec un gisement d'uranium permettant l'irradiation au cobalt 60. Les entomologistes de Seibersdorf espèrent parvenir, en 2010, à une production quotidienne d'un million d'individus. Ce qui, à raison d'un lâcher par jour durant plusieurs mois, devrait conduire à l'extinction des anophèles locaux.

L'île de La Réunion, victime d'une terrible épidémie de chikungunya en 2005 et 2006, présente, par son isolement géographique, des conditions d'expérimentation idéales pour l'application de la TIS. L'AIEA et l'Institut de recherche pour le développement (IRD) ont signé un accord de coopération le 30 septembre. Il prévoit d'associer l'expertise des entomologistes de l'institut français, qui étudient depuis, plusieurs années, les populations d'Aedes albopictus, vecteurs du chikungunya et de la dengue, et d'Anopheles arabiensis, propagateurs du paludisme, aux techniques de séparation des sexes et de stérilisation développées par l'AIEA.

Dans un premier temps, il s'agira de tester l'applicabilité de la TIS à La Réunion où la lutte a été menée jusqu'à présent à coups de bombardement d'insecticide. "La TIS permet de s'affranchir des insecticides, souligne Didier Fontenille, responsable à l'IRD du projet réunionnais. Le moustique oeuvre lui-même à son extinction, l'environnement n'est pas agressé."

La phase expérimentale, dont le coût est évalué à 3 millions d'euros, devrait être menée sur quatre ans et financée par le ministère français de la santé, en partenariat avec le conseil régional de La Réunion et les organismes de recherche. Si la TIS s'avère compétitive, La Réunion se lancera dans la production d'anophèles et d'aèdes stériles à l'horizon 2015. "Encore faut-il s'assurer de l'acceptabilité du projet par les habitants", prévient Didier Fontenille. Un des volets du projet réunionnais est consacré à la communication.

Laurence Monnot

 

Le monde - 27/12/2008


L’article sur son site d’origine

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2008/12/27/la-technique-de-l-insecte-sterile-va-etre-testee-pour-lutter-contre-le-paludisme-et-le-chikungunya_1135695_3244.html


Note : Concernant la lutte contre le paludisme , un groupe de chercheurs de l’Université John Hopkins de Baltimore a réussi récemment à créer un moustique génétiquement modifié capable de détruire le parasite responsable du paludisme chez la souris. A ma connaissance, l’étape suivante , consistant à conférer au moustique une résitance au parasite responsable du paludisme humain n’a pas été encore franchie.

 

Lire notamment : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/recherche/d/un-moustique-genetiquement-modifie-pour-lutter-contre-le-paludisme_10551/

 

L’avantage évident d’un moustique génétiquement modifié serait d’éviter l’éradication complète des anpohèles et donc limiter l’impact sur la chaine alimentaire dont les moustiques font partie. Précisons tout de même pour les âmes sensibles que s’il faut dans la mesure du possible prendre en compte cette dimension, le fléau que représente le paludisme qui cause de 1 à 3 millions de décès par an , « grâce » au glorieux combat écologiste contre le DDT qui a abouti à la résurgence d’une maladie meurtrière presque éradiquée dans les années 60 dans de nombreux pays pauvres, justifie la « légitime défense ».  

 Anton


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commentaires

Fulmar 08/01/2009 22:42

Je me suis fait eu aussi... Mon Mea Culpa à Sceptique, et preuve est faite qu'on est mis les nerfs à vifs par les imbécilités d'autres internautes !

canardos 08/01/2009 11:45

désolé....j'ai confondu cynique et sceptique....

d'ou ma confusion et le fait que j'ai pris ses propos au premier degré compte tenu des multiples provocs et imbécilités du dit cynique...

et mes plates excuses à sceptique....

anton suwalki 08/01/2009 10:01

Il me semblait bien aussi que l'indignation de Sceptique était feinte...

Sceptique 08/01/2009 09:18

Hélas, vous n'avez rien compris! Je me moquais, bien sûr de ces possibles contestataires, et m'étonnais de leur silence.
Comme je doute de la pureté des positions idéologiques ( quelqu'un a dit:"un écologiste est un citadin qui possède une maison de campagne") j'en ai conclu, un peu abruptement, qu'à cette technique, connue, ils trouvaient un avantage concret.

canardos 08/01/2009 08:41

"offense à la Déesse Nature"....punition (divine forcement à la clef)....

on essaye un procedé de lutte biologique sans danger et sans toxicité contrarement à l'emploi de pesticide, mais des lors qu'il s'agit de lutte biologique c'est une transgression des lois de la déesse nature qui sera forcement punie....

pauvres philosophes sceptiques....heureusement qu'ils ne sont plus la pour voir comment des croyants imbus de préjugés qui veulent etaler leur culture mais ne les ont probablement pas lu se réclament d'eux!

encore un ou une fausse sceptique! (désolé c'est nul mais j'ai pas pu m'empecher)

Sceptique 04/01/2009 10:36

"çui qui dit qui est!" Coluche

Fulmar 04/01/2009 10:04

Sceptique : A trop vouloir se masturber l'esprit on finit par dire des conneries plus grosses les unes que les autres...

Sceptique 04/01/2009 09:36

C'est l'absence de tout commentaire qui me stupéfie: aucun défenseur de la biodiversité, aucun adversaire de la contraception, ni libertin universaliste, ne proteste contre cette offense à la Déesse Nature.
Il n'y a que l'envie d'aller visiter la Réunion sans craindre la punition du chikungunya qui puisse expliquer cette unanimité.