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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 14:23

De tous les principes qui régissent l’évaluation sanitaire des OGM, un des plus décriés est le principe d’équivalence en substance (PES). Il est pourtant d’une rationalité inattaquable. Voilà comment Gérard Pascal (1) l’expose :

 

« Comment évaluer la salubrité, la sécurité des aliments provenant de plantes transgéniques consommées en l'état ou après transformation ? Il ne s'agit pas d'une évaluation toxicologique classique, dont les aliments consommés actuellement n'ont d'ailleurs jamais fait l'objet à l'exception des aliments irradiés. De plus on ne dispose pas de méthodologie validée permettant de tester sur des animaux des aliments destinés à l'Homme et encore moins l'ensemble d'une alimentation. C'est la raison pour laquelle un nouveau concept a été adopté : «l'équivalence substantielle». Issu de travaux de la FAO, de l'OCDE et de l'OMS, il repose sur la comparaison des nouvelles denrées alimentaires avec des aliments ou ingrédients existants et consiste à considérer de la même manière sur le plan de la sécurité la nouvelle denrée et l'aliment ou l'ingrédient traditionnel lorsqu'aucune différence significative n'a été mise en évidence. Cette relation d'équivalence est valable dans le domaine de la sécurité, et s'appuie sur la
consommation de longue date des aliments bien connus sans conséquence négative identifiée sur la santé (2)… »

 

Le PES repose donc sur le principe que si la composition de l’aliment (graine,fruit, tubercule etc..) issu de la plante génétiquement modifiée ne varie pas ou varie peu de celle de l’aliment issu du parent de la plante transgénique, il doit être considéré comme sûr , équivalent à celle de l’aliment issu du « parent » . Les OGM actuellement commercialisés ne présentent que de faibles différences avec leur homologue non OGM et qui de surcroit s’inscrivent généralement dans la gamme des variations naturelles, c’est à dire des différences de composition observables au sein d’une même variété . Mais allons plus loin :

 

Dans les OGM, l’environnement et la santé (3), Marcel Kuntz nous apprend par exemple que l’analyse comparative des protéines de tubercules de pomme de terre génétiquement modifiées et de celles de leurs parents a révélé des différences quantitatives sur 9 des 730 protéines testées  (soit 1,2%). D’autres analyses comparatives menées entre tubercules de variétés différentes ont  mesuré des différences quantitatives sur 1077… des 1111 , soit 96,9% des protéines comparées !

 

Bien sûr, les protéines ne sont pas les seuls composants mesurés pour établir le principe d’équivalent en substance :  on mesure également les lupides, glucides, les antinutriments etc..(4). Par ailleurs, des garanties de stabilité de l’insert et des tests de toxicité et d’alimentarité sont demandés.

 

Mais que révèlent ces résultats sur l’analyse des protéines de la pomme de terre ? Tout simplement qu’il y a moins de différences  entre l’OGM et son parent qu’entre deux variétés de PDT conventionnelles. Ce qui n’a rien de surprenant car la transgénèse introduit un, deux ou un tout petit nombre de gènes nouveaux qui ne codent qu’un petit nombre de caractères s’exprimant ici dans les différences constatées sur 9 protéines seulement. Ces résultats signifient ici qu’il est certainement impossible de déterminer entre deux échantillons étudiés lequel est issu d’OGM à partir d’une analyse générale de leur composition. Seules l’analyse de l’ADN ou l’identification du caractère pour lequel le transgène a été inséré (5) permettent de distinguer l’OGM.

 

Paradoxalement un tel constat, qui devrait rassurer quant à l’innocuité des OGM, conduit les anti-OGM à repousser violemment le principe d’équivalence en substance. Preuve que l’hostilité de principe aux OGM ne repose sur rien de rationnel. Pour les anti-OGM , le PES et l’ensemble du protocole d’évaluation des OGM sont signés Monsanto donc forcément diabolique. Haussons donc les épaules et laissons Gérard Pascal conclure :

 

« (Ce protocole) résulte des travaux de centaines de scientifiques du monde entier. Croire que tous ont été sous influence de Monsanto et du gouvernement américain n’est pas très sérieux » (6)

Anton Suwalki



Notes :

 

       (1) ancien directeur scientifique pour la nutrition et la sécurité des aliments à l'INRA et aujourd’hui expert pour la sécurité des aliments pour l'OMS et l'EFSA

(2)   http://www.inra.fr/internet/Directions/DIC/ACTUALITES/DOSSIERS/OGM/pascal.htm

(3)   Les OGM, l’environnement et la santé (2), par Marcel Kuntz. Ellipses, collection L’esprit des sciences.

(4)   Voir la description détaillée des éléments demandés (Philippe Joudrier)

      http://imposteurs.over-blog.com/article-18527494.html

(5)   Pour ce dernier , ça peut être très empirique. Par exemple Percy Schmeiser a parfaitement compris que les plantes de canola qui avaient poussé en bordure d’un de ses champs  étaient RoundUp ready, puisqu’elles avaient résisté à une pulvérisation de RoundUp, ce qui l’a conduit à les utiliser comme semences.

      http://imposteurs.over-blog.com/article-17907560.html

(6) Agriculture et Environnement. Avril 2008

 



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commentaires

GFP 27/10/2008 11:30

Aurélien, relisez-vous vos commentaires avant de les poster? Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais vos messages n'ont aucun sens. En mélangeant des termes scientifiques vous construisez des phrases qui me rappellent vaguement des dialogues de certains films de science-fiction (comme dans Matrix où ils mangent des "protéines unicellulaires"). Vous pourriez développer l'idée "les gènes ne sont que des initiateurs individuels de protéines individuelles"... Nous parlez vous, comme j'en ai le sentiment, d'épissage alternatif? Et si oui, ne savez-vous pas que les gène introduits ne comportent pas d'intron? (en tous cas pas pour les gènes EPSPS de résistance au glyphosate et pour les gènes bt car ils sont issus de bactéries). Si j'ai mal compris merci de préciser votre pensée.
Et quand vous dites "elle entend analyser les effets de la modification génétique elle-même sur l'organisme, et ce d'autant plus qu'elle s'attache aux aliments, et non aux plantes en développement"... pourriez-vous aussi développer un peu cette idée, ce serait intéressant.

GFP 27/10/2008 11:30

Aurélien, relisez-vous vos commentaires avant de les poster? Je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais vos messages n'ont aucun sens. En mélangeant des termes scientifiques vous construisez des phrases qui me rappellent vaguement des dialogues de certains films de science-fiction (comme dans Matrix où ils mangent des "protéines unicellulaires"). Vous pourriez développer l'idée "les gènes ne sont que des initiateurs individuels de protéines individuelles"... Nous parlez vous, comme j'en ai le sentiment, d'épissage alternatif? Et si oui, ne savez-vous pas que les gène introduits ne comportent pas d'intron? (en tous cas pas pour les gènes EPSPS de résistance au glyphosate et pour les gènes bt car ils sont issus de bactéries). Si j'ai mal compris merci de préciser votre pensée.
Et quand vous dites "elle entend analyser les effets de la modification génétique elle-même sur l'organisme, et ce d'autant plus qu'elle s'attache aux aliments, et non aux plantes en développement"... pourriez-vous aussi développer un peu cette idée, ce serait intéressant.

Ryuujin 27/10/2008 11:17

Décidémment, toujours aussi irrécupérable.
Connaissez-vous seulement le sens des mots que vous utilisez ?

Le principe d'équivalence en substance n'est pas une méthodologie scientifique !!
Et il n'a absolument rien à voir avec le modèle un gène/une protéine.
Ce que ce principe dit en gros, c'est que pour savoir si un OGM est acceptable ou pas, on va le comparer à l'aliment le plus proche que l'on consomme déjà. S'il ne provoque pas des effets significativements différents de celui-ci, on estime qu'il est acceptable.
Le principe d'équivalence en substance ne fait que définir un référentiel.

Vous avez autre chose à proposer ? J'en doute fort.
Alors cessez de "critiquer" ce que vous n'arrivez pas même à comprendre !

Quant à l'étude que j'ai cité, vous ne l'avez même pas lue !
Vous la trouverez ici :
http://www.pnas.org/content/105/9/3640.abstract
Quant à dire qu'elle est biaisée, lisez-là d'abord, et essayez donc d'y trouver un biais. Personnellement, je n'en ai pas trouvé ; il ne s'agit que de la comparaison des effets d'une transgénèse et d'une mutagénèse sur le transcriptome.

Vous avez raison sur un point : le résultat est trivial. Tous ceux qui ont un tant soi peu réfléchis au sujet savaient déjà que la création variétale classique génère plus de modifications non souhaitées que la création variétale par transgénèse. C'est toute la différence entre une technique où l'on sait ce qu'on modifie, et une technique où l'on fait n'importe quoi jusqu'à ce qu'on obtienne le résultat souhaité.

aurelien 27/10/2008 10:44

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/053/53818.htm

L'étude est complètemetn biaisée cher ami :) Il faut arrêter de faire prendre des vessies pour des lanternes. A lire le titre et le contenu de l'abstract, cela fait penser aux manchettes de journaux prétendant dévoiler un scoop pour parler de trucs complètement triviaux et orientés par le rédacteur pour faire croire à une news qui n'en est pas une.

aurelien 27/10/2008 10:36

Non, en tant que méthodologie scientifique pour tester les aliments GM, l'équivalence en substance est grossièrement insuffisante, comme il est expliqué dans mon commentaire.

Il est totalement superficiel et incorrect de croire que les gènes ne sont que des initiateurs individuels de protéines individuelles. Aussi, cette méthode est totalement en-dehors de son sujet d'étude si elle entend analyser les effets de la modification génétique elle-même sur l'organisme, et ce d'autant plus qu'elle s'attache aux aliments, et non aux plantes en développement.

Cette méthode s'attache donc aux produits commercialisables et il ne s'agit donc pas véritablement de recherche, mais d'une mesure destinée à faire accepter la commercialisation de ces produits, mesure introduite en 1992 par la FDA lors de l'autorisation de mise sur le marché de ces produits.

L'équivalence en substance n'est donc clairement pas une méthodologie de recherche, mais une méthode permettant de faciliter la commercialisation de ces produits avec des tests superficiels et non complètement et pertinemment ciblée compte tenu de la technologie employée elle-même.

Ryuujin 27/10/2008 00:54

Mais enfin, avez-vous LU l'article que vous prétendez commenter ?!?

Le principe d'équivalence en substance n'est pas utilisés pour "faire accepter" quelque chose, mais pour qu'on puisse le TESTER ! Il permet de définir un référentiel, et un ensemble de critères de tests.

Sans ce principe, on ne peut rien tester. Et dans ce cas, on fait quoi ? On interdit définitivement toutes nouvelle variété ?!?

Pour ce qui est de l'effet de la modification génétique sur le protéome, vous faites fausses routes. Ca a été étudié, et ce n'est pas chez les variétés obtenus par transgénèse qu'il est le plus important, mais chez les autres : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/053/53818.htm

aurelien 26/10/2008 21:57

Cette équivalence substantielle c'est du vent destiné à faire accepter sous couvert de l'autorité scientifique la diffusion de produits dont les effets sont inconnus au long terme dans la chaîne alimentaire.

Il est tout autant inepte que les modifications sont de l'ordre génétique, et que l'on considère les propriétés nutritionnelles donc macroscopiques des aliments, et non l'effet de cette modification génétique sur le réseau et complexe génétique lui-même de la plante en développement.