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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 21:27

Une étude française sur les "sauts comparés des puces de chat et des puces de chien" a remporté jeudi l'anti-Nobel de biologie, tandis que la Suisse était récompensée pour une loi sur la "dignité des plantes", lors de la distribution de ces prix insolites à l'Université Harvard

Comme les dix-sept éditions précédentes, la remise jeudi soir des prix "Ig Nobel" --Ignobles Nobel, leur appellation officielle-- était destinée à faire "d'abord rire, puis réfléchir", selon l'organisateur Marc Abrahams, éditeur de la revue scientifique humoristique "Annales de la recherche improbable".

Récompensant des recherches sur "la capacité d'une amibe à sortir d'un labyrinthe" ou sur "les ravages causés par les tatous sur les sites archéologiques sud-américains", une dizaine de prix ont été remis au cours de la soirée délirante qui se tenait au théâtre Sanders de l'Université devant 1.200 spectateurs, en présence de véritables prix Nobel comme William Lipscomb (Chimie 1976), et d'anciens lauréats des anti-Nobel.

Un des vainqueurs de l'an dernier, Dan Meyer, co-auteur d'un rapport médical sur "les effets collatéraux de l'ingestion de sabre", a ouvert la soirée en avalant une épée, prestement retirée de son gosier par un médecin, le docteur Thomas Michel, doyen de l'Ecole de médecine de Harvard.

La cérémonie retransmise en direct sur l'internet comprenait notamment la première d'un mini-opéra intitulé "Redondance, encore", accompagné par un chœur de lauréats tandis que des cocottes en papier volaient au dessus de la salle. Chaque lauréat a eu un temps de parole de 60 secondes, et était implacablement interrompu à la 61ème par une fillette de 8 ans.

Un concours permettait de gagner un rendez-vous galant avec un vrai Prix Nobel, en l'occurrence M. Lipscomb, âgé de 89 ans.

Le prix de chimie a été décerné ex-æquo à deux groupes de chercheurs: Sharee Umpierre de l'Université de Porto Rico et Joseph Hill de Harvard pour avoir découvert que le Coca-Cola était un "spermicide efficace", et Chuang-Ye Hong de la Faculté de médecine de Taipei et d'autres chercheurs de Taïwan pour avoir démontré exactement le contraire.

L'anti-Nobel de la paix a été décerné au "Comité suisse d'éthique en biotechnologie non-humaine", pour avoir adopté le "principe légal de la dignité des plantes".

Certains prix pourraient servir à l'industrie alimentaire, comme celui de la Nutrition remporté par un duo anglo-italien pour une recherche sur "la modification électronique du bruit de la pomme de terre +chip+ de façon à faire croire qu'elle est plus croustillante et fraîche que ce qu'elle est en réalité".

"Je ne souhaitais pas à l'époque produire une étude drôle", a expliqué à l'AFP une lauréate française, Marie-Christine Cadiergues, chercheuse et clinicienne de l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, jointe au téléphone.

"Cet article fait partie d'une recherche plus ample sur les puces, réalisée en 2000 dans le cadre de ma thèse d'Université", a-t-elle expliqué. "Il s'agissait de comparer deux espèces de puces, la Ctenocephalides canis et la Ctenocephalides felis felis, pour comprendre pourquoi la première était en voie de disparition et pas la seconde", a-t-elle précisé.

La différence entre la première, capable de bondir jusqu'à 25 centimètres, et la seconde, n'atteignant que 17 centimètres de hauteur, était en fait un élément de biologie destiné "à mieux les contrôler, et donc les éliminer", a indiqué la chercheuse, qui ne connaissait pas les travaux des autres lauréats mais s'est dite satisfaite du prix.

"La recherche n'est pas forcément toujours de la +grande recherche+", a conclu Mme Cadiergues, qui s'est depuis spécialisée en dermatologie.


AFP 03/10/2008

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