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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 12:50

Article du 3 Avril republié en intégrant quelques précisions. AS

Alors que les soi-disant révélations sur le maïs mexicain de Marie-Monique Robin ont été totalement discréditées, celle-ci comme à son habitude persiste et signe . La notoriété rend semble-t-il totalement insensible au ridicule. Quoique l'affaire du maïs mexicain ait été plusieurs fois abordée dans des articles ou des commentaires, nous pensons nécessaire de récapituler tous les éléments du dossier et de balayer définitivement les mystifications  des anti-OGM à ce sujet .

 

 




1/ Bref historique de la controverse :

 

 En 2001, les résultats de Chapela et Quist avaient bien conclu à une présence de maïs transgénique dans des proportions assez importantes (de 3 à 10%).
- Leurs interprétations ont été assez rapidement contestées dans la même revue (Nature) qui avait publié leurs résultats , sur le plan technique et des précautions méthodologiques ( Wager et al. 2002 ; Metz,Futterer, 2002 ; Kaplinski et al. 2002a,b ; Christou,2002.) . On peut même ajouter, que fait rare dans l’histoire de cette revue, l’éditeur a retiré la publication. Un fait analogue s’était déjà produit pour la célèbre publication de Benvéniste sur la mémoire de l’eau.
Compte tenu de l'extrême sensibilité de la méthode utilisée de la méthode PCR utilisée ,Marilyn Warburton (Centre international d'amélioration du maïs et du blé de Mexico )soulignait que des traces infimes de transgènes pouvait en fausser les résultats.
- Les études postérieures Ortiz et Garcia portant sur 153 746 graines prélévées dans les mêmes zones que celle échantillonnées par Q&C n'ont détecté AUCUNE trace d'OGM. Les auteurs concluaient avec logique et pondération que le maîs GM est soit absent soit alors extrêmement rare  dans la région.( lire notamment
http://agribiotech.free.fr/analyse_Berge-RicrochMON810.pdf
) et ils ne prétendaient même pas pour autant que l'étude de Chapela était fausse. On est bien loin de la prétendue cabale contre Chapela inventée par les militants anti-OGM. En réalité, c'est plutôt l'attitude des activistes anti-OGM ,qui se sont rués tête baissée sur l'affaire et qui a pollué le débat.   Aujourd'hui encore , des doutes subsistent.
-Par contre, il n'y a plus de doutes sur les extrapolations erronées de Chapela à propos des points d'insertion du gène, et sur ses conclusions qui prophétisaient une disparition imminente du maïs  millénaire, une annonce qui relevait davantage de la stratégie bien connue des « lanceurs d'alerte » que de la science.
  
Il faut noter que dans l'enquête de MMR, ce qui fait doute parmi les chercheurs est présenté fallacieusement comme une certitude tandis que ce qui fait certitude est purement et simplement caché aux lecteurs et téléspectateurs !


2/  l'extraordinaire malhonnêteté des anti-OGM :


-Déçus  que la baudruche se dégonfle, les anti-OGM (Info'GM en tête) qui s'attendaient à voir les résultats de Chapela confirmés et s'apprêtaient à crier au scandale, ont utilisé un procédé rhétorique d'une grande trivialité : la preuve par l'absence de preuves….

-Prétendant se faire l'écho de l'inquiétude des paysans mexicains, Info'GM fut exemplaire de ce retournement :
"On a été alarmés par le fait que nous ne retrouvions pas la présence de contamination sur les plantes déformées, ce qui nous fait supposer que les méthodes pour détecter la présence de contamination (qui ont été mises au pont par les mêmes entreprises de semences transgéniques)) ne fonctionnent pas pour les générations postérieures à la première, et en conséquence,la contamination est hors de contrôle pour la communauté scientifique, parce qu'elle est invisible à ses méthodes de détection"

- Si on ne retrouve pas le transgène, c'est qu'il a muté. Facile, non ? Restait à inventer les nouvelles pièces à conviction pour appuyer ce revirement: des échantillons « difformes » de maïs dont les phénomènes de mutation spontanée sont tellement connus que les mécanismes de transposition à l'œuvre ont été les premiers à avoir été mis en évidence par Barbara Mc Clintock, pirx Nobel de médecine en 1983  . Ainsi, dans le film de madame Robin, il y a un bidonnage délibéré de la part des militants anti-OGM filmés de présenter de tels échantillons comme des OGM et de présenter des Arabidopsis thaliana, plantes modèle de laboratoire  comme étant affectées par le transgène !

3/ Les apports spécifiques de Marie-Monique Robin :

En réalité, celle qui prétend faire des révélations n'a strictement rien inventé, ni sur le maïs mexicain ni sur aucun autre dossier. Simplement elle apporte sa petite touche personnelle aux mystifications vieilles de plusieurs années.

- MM Robin affirme sur son blog :
« Quant au « militant anti-OGM » mexicain qui s'exprime dans mon film, s'il l'est devenu c'est tout à fait par hasard : c'est parce qu'il a été contacté par des paysans indiens, inquiets de voir subitement des « maïs bizarres » dans leurs champs, qu'il a décidé de faire tester les « monstres » : ceux-ci ont révélé qu'ils contenaient un transgène, dû au croisement d'un maïs transgénique avec un maïs traditionnel… » 
Or Chapela dément lui-même dans le documentaire cette assertion et proclame que c'est tout-à-fait par hasard (et apparemment à sa grande surprise) qu'il a découvert la présence de maïs transgénique, en voulant apprendre aux paysans à faire des tests de détection.

-Elle prétend, comme sur n'importe quel autre sujet que Chapela aurait été victime d'une cabale organisée par Monsanto, évidemment sur la base de preuves d'une pauvreté navrante, une attaque de « marketing viral » déclenchée contre Chapela par des fantômes que la Fantomette d'Arte a démasqués comme étant….suspense….mais oui, des suppôts de Monsanto, comment avez-vous deviné ?! Bien sûr le fait que de très nombreux spécialistes aient critiqué Chapela de manière tout-à-fait loyale et publique , ça ne compte pas pour elle !

-Faisant parler un paysan mexicain sur l'origine de la présence d'OGM au mexicain, celui-ci répond du tac au tac , de manière pas du tout téléphonée :« Monsanto ». C'est vraiment à se demander comment on peut oser mépriser le lecteur ou le spectateur à ce point.


La philosophie profonde de Yann Artus Bertrand a fait décidemment  beaucoup d' adeptes :« Je pense que tous les moyens sont bons pour faire avancer les choses (..) On peut se tromper, ça peut être mal fait, manipulateur, n'empêche que c'est bien ».YAB

 

Dans l'affaire du maïs mexicain, les anti-OGM persistent à nier l'évidence, se raccrochant désespérément à leurs mensonges. Et pour cause ! Les manipulations sur le sujet sont tellement énormes que si elles venaient à être connues et comprises par le public, c'est tout leur système qui s'effondrerait, et ils seraient définitivement discrédités.


Anton Suwalki

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Les réflexions suivantes m'ont été adressés par Philippe Joudrier. AS

1) Il se trouve que mon laboratoire a été le premier en France à mettre au point une
méthode de détection des OGM (1997). Nous avons eu parfois des résultats inattendus et parmi ceux qui l’ont été le plus, c’est celui qui a concerné du maïs justement :

Il nous est arrivé de trouver parmi nos échantillons de maïs conventionnels pris comme témoin négatif dans nos expérimentations, l’un d’entre eux qui a répondu positivement au test de détection. Nous n’avons nullement alors pensé que ce maïs conventionnel avait été mélangé avec un maïs GM (surtout à l’époque, début 1997).  Non, la conclusion qui nous est venue à l’esprit, la plus simple en fait, était que notre maïs témoin avait été contaminé par le virus de la mosaïque du chou fleur. Ce lot témoin avait du être au contact, à un moment ou un autre, avec le virus CaMV (Cauliflower Mosaïc Virus). Comme le test, à l’époque, détectait une fraction du promoteur 35S de ce virus, nous avons, de fait, détecté le fait que ce maïs avait été contaminé (et là,c’est vraiment le terme contaminé qui convient) mais pas le fait qu’il était devenu transgénique par pollinisation !


2) sur les conclusions faites par les uns ou les autres sur l’affaire Quist et Chapela et les

études suivantes d’Ortiz et al.

On peut aussi, de mon point de vue, faire les deux hypothèses suivantes :

1) Q & C ne se sont pas trompés (malgré toutes les réserves méthodologiques) et ils ont bien mis en évidence une pollinisation croisée (et non pas une contamination) entre un maïs GM et des maïs locaux. Les résultats d’Ortiz qui montrent alors qu’on ne retrouve plus trace de cette dissémination prouve alors que celle-ci a disparue au bout de quelques générations (2 à 3 ?).

2) Q & C se sont trompés ! Il n’est donc pas étonnant que l’on ne retrouve rien quelques

années après. Si c’est la première hypothèse, c’est super gênant pour les antis car cela prouverait que la dissémination (contamination chez eux) est réversible contrairement à ce qu’ils clament sans cesse (crédo notamment de José Mové) Si c’est la seconde, alors les antis ont effectivement monté toute cette affaire pour rien. Prouvant ainsi qu’ils se raccrochent au moindre pet de travers pour tenter d’arriver à justifier leur discours mensonger.
PJ

teur de la version d'…, 3/4/08 16:58

08 16:59

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commentaires

canardaus 10/04/2008 03:15

hmm, il me semble qu'il manque le début de ton article, Anton.

sinon, deux choses que j'avais deja rappelées dans un autre commentaire:

-force est de constater que Les échantillons utilisés par Quist et Chapela, qui seuls permettaient de revenir aux champs de maïs de l'Oaxaca à l'automne 2000 n'ont jamais été accessibles aux autres chercheurs. Le Centre international pour l'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), situé au Mexique, a accusé Chapela de ne pas vouloir prêter ses échantillons pour permettre de nouveaux tests. Celui-ci a expliqué au journaliste S. Jaffe [2003] que ses échantillons sont de taille trop réduite, et que l'absence de financements ne lui ont pas permis de faire d'autres allers-retours entre Berkeley et le Mexique. Et sur les seuls échantillons qu'il détient, prélevés dans l'Oaxaca mais en 1999 et 2001, le CIMMYT constate qu'il n'a pu retrouver les mêmes résultats (Hodgson op. cit., Bailey [2002]). Or, selon la norme de« scepticisme organisé » partagée par la communauté scientifique (Merton [1973]), des résultats non reproductibles doivent être disqualifiés, et même des chercheurs qui s'avouaient non surpris par la possibilité d'un transfert de gènes ont remis en doute la véracité de cette découverte (Butler [2002]).

il parait quand meme extraordinaire que Chapela n'ait pas pris des dispositions pour permettre à ses collègues de refaire l'analyse sur ses échantillons!

- quand à la répression contre Chapela qui aurait été selon MM Robin la conséquence de sa découverte elle se résume à ceci. Depuis 3 ans, celui-ci demande sa promotion en professeur associé permanent (tenure), qui lui est refusée par le doyen de l'Université de Californie Berkeley, et ce malgré les avis favorables des comités de l'université. Chapela manifeste alors en public en juin,
arguant notamment que des membres de l'université pro-industrie l'ont défavorisé, et obtient l'extension d'un an de sa charge et l'engagement du doyen d'être «traité "équitablement » . Son cas est alors examiné par un nouveau comité, de plus haut niveau, qui a conseillé au nouveau
doyen d'accorder la tenure à Chapela.

Donc, Chapela a non seulement pu rouvrir son laboratoire mais a finalement eu une promotion (chose que les anti-ogm et MM Robib se gardent de mentionner lorsqu'ils présentent Chapela en victime).

Si il y a eu pression bien que MM Robin n'en apporte aucune preuve il faut croire que la pieuvre Monsanto n'est pas toute puissante y compris dans les universités américaines ce qui va totalement à l'encontre de la thèse défendue par MM Robin.