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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 17:53

 

Pierrick Gueguen est agriculteur dans les Côtes d'Armor . Il assisté à une conférence de Gilles-Eric Séralini à Loudéac, le 25 Mars.

Loudéac, le 25. 03. 2008
20 h 30.
 


Gilles Eric SERALINI est bien là. Ses livres aussi, ils sont bien visibles sur la table devant lui.

Le professeur présente les 3 grands thèmes qu'il compte aborder durant cette conférence.

- Le Round up (pas le glyphosate, mais il parle bien du Round up)
- L'effet des pesticides sur la reproduction
- Les O.G.M.  

 

                                                                                                                                                                        
En introduction, un état des lieux.

                * Une démographie à saturation
                * Un épuisement des ressources
                * La déforestation


 G E S a des « preuves » et nous présente une courbe de l'évolution de la population sur la planète. La courbe épouse parfaitement la forme d'une crosse de hockey.
Une démographie très stable sur les siècles passés et une explosion à partir de 1900.
Cette courbe est ensuite complétée par la courbe des disponibilités en eau par habitant.
Elle est stable les siècles passés et chute très brutalement à partir de 1900.
  Effet garanti dans le public, semblable à celui produit par la projection du documentaire « une vérité qui dérange ».
           Sur grand écran, GES pourrait sauter pour indiquer l'extrémité de la courbe démographie et se mettre à genoux pour montrer la disponibilité en eau.
 Angoisse perceptible dans la salle.

 Même le GIEC n'ose plus jouer de cette manipulation. La fameuse courbe de Michael Mann en parfaite corrélation avec la courbe CO2 a disparu du dernier rapport, tellement la ficelle était grosse.
  
 

Des affirmations
           
 * Une goutte de sang contient 50 polluants dont du DDT
            *  Les fœtus sont des éponges à environnement et déjà à cet âge contaminés
            *  Les tomates  son contaminées, sûrement par les eaux d'irrigations, on y trouve même des urines de porcs et des hormones.
           *   Les pesticides sont dans l'air et retombent par la pluie dans les champs où les vaches broutent.
            
GES évoque Al Gore en ces termes « Vous savez celui qui a eu plus de voix que Bush aux élections mais qui malgré tout, n'est pas président », des fois que dans la salle, un ignare croit encore que l'Amérique est une démocratie.

 

La fin de l'espèce humaine

             Les humains sont au sommet d'une pyramide, leur survie dépend de 200 espèces qui elle-même dépendent de 200 autres espèces et ainsi de suite…
 Comment les humains ne tomberaient pas du sommet si 30% de la biodiversité disparaît ?


             Les tests OGM gardés secrets : « Rendez-vous compte ! Monsanto fait appel du jugement le condamnant à rendre publiques, les prises de sang sur des rats »


             Le calcul du PIB ne prend pas en compte le coût de l'impact environnement

GES nous fait tout un discours sur un autre modèle possible.
 Alors que la biodiversité nous offre un large choix pour notre alimentation, Monsanto & Cie nous imposent  seulement 4 plantes pour notre alimentation : le blé, le maïs, le riz, le soja.
 Une production localisée avec des cultures du pays serait plus économe en transport.
             1 kg de porc=220 Km en voiture
             Le loby a compris mais ne veut pas lâcher le système.


            Nos enfants ne pourront pas bénéficier de notre espérance de vie. Ils sont imbibés  de pesticides (depuis l'âge fœtal dit plus haut)
              La médecine n'a pas compris la façon dont les produits chimiques s'accumulent et agissent dans notre organisme, « la bioaccumulation ».
              GES remet en cause les seuils de polluant « ils se négocient dans des réunions en fonction des intérêts des uns et des autres »

 

Des exemples de pollution
                  
                  1952 : des pygogues à 80% stériles sans libido, les pesticides sont responsables
                  1965 : des visons stériles
                  1970 : des goélands contaminés au DDT
                  1980 : au lac Apopka en Floride dans un élevage d'alligators, un problème d'éclosion qui chute de 90% à 18%.
60% des mâles ont des pénis atrophiés.
Des spécialistes  découvrent que dans le passé, une usine produisait du Dicofol .Des fuites s'étaient répandues et accumulées dans les sédiments.  L'eau s'était purifiée mais les alligators se nourrissant de
sédiments ?
                 1992 : Niels Skakkebaeck démontre une chute de 50% du nombre de spermatozoïdes dans le sperme des hommes.
                 GES rajoute : 3 fois plus de cancer des testicules depuis 1980 et présente un tableau alarmant sur l'évolution du nombre de cancer depuis 1980 (source: Institut de Veille Sanitaire je n'ai pas eu le temps de noter les chiffres qui allaient de mémoire de 100% à 250% suivant les types de cancer)
                 Ensuite : présentation de 3 courbes.
- Les 2 premières concernent l'évolution des cancers et malformations, elles sont ascendantes.
- La troisième indique la concentration en spermatozoïdes descendante.
Décidément, l'effet courbe est efficace dans la salle.

Bien sûr, il est acquis pour tout le monde que les pesticides sont responsables.    

 

                GES nous présente ses travaux de recherche sur les causes d'apparition d'une maladie.
  Sur le diaporama, le mot maladie est curieusement transformé par « mutation génétique ».
 La mutation génétique peut avoir 2 causes, problème héréditaire ou environnemental. La cause environnementale peut être microbienne ou non microbienne.
                 * La cause microbienne est due à des microbes qui se multiplient très rapidement, facilement
mesurables et provoquent des symptômes caractérisés. 
Elle est bien connue de la médecine qui sait faire des études épidémiologiques dans ce domaine.
                * La cause non microbienne est due aux pollutions par produits chimiques.
Les pesticides ont une action diffuse, difficilement mesurée, et aux symptômes divers. Ils s'accumulent dans l'organisme, les différentes molécules réagissent en interactions. 

GES ajoute  « Les maladies chimiques ne sont culturellement pas admises.
Les études épidémiologiques sur ces maladies ne sont pas fiables.
Elles se font sur le même raisonnement que les causes microbiennes.
La recherche doit changer de culture »

 


               GES rappelle au passage :
Le suicide par Round up, des paysans indiens surendettés à cause des OGM.Les stocks de MONSANTO issus de la guerre, il cite l'Agent Orange.
Les pesticides sont répandus pour tuer, comment n'auraient-ils pas d'effets secondaires ?

               Etant en Bretagne, pays du porc, bien sensibilisé au nitrate, il ajoute « les nitrates sont des traceurs de pollutions, donc là où il y a des nitrates, il y a des pesticides.
Il y a plus de pesticides dans la graisse de porc que dans les fruits ».

 


Les OGM
« éponges à pesticides »
  
Si la plante ne les produit pas elle-même, elle tolère les arrosages de Round up qu'elle accumule en elle.
  Un peu de sémantique pour nous préciser que le maïs round-up ready n'est pas résistant mais
tolérant au Round up.
« Pour preuve, pendant la guerre les résistants résistaient aux nazis, les collaborateurs toléraient
les nazis. » !!!!!!!!!

 

            Une présentation de ses travaux sur 90 jours avec des rats pour vérifier l'innocuité prétendue par les recherches de Monsanto.
  Auparavant GES rappelle toutes les procédures judiciaires pour faire lever les inacceptables secrets de la compagnie qui concernent la santé de millions de consommateurs.


 D'emblée,  n'ayant pas de gros moyens financiers et les crédits publics ne lui étant pas accordés, il assume le financement de son étude par GREENPEACE.
Il ne cite aucun autre soutien financier.
 Il reconnaît que son étude n'a pas eu de conséquences sur les positions des organismes d'expertises publiques et pour cause, « comment des organismes tel que l' AFSSA qui ont autorisé le maïs BT, auraient-ils pu se déjuger ? »
Il dit aussi que effectivement, les résultats de ses travaux ne démontrent aucun lien doses à effets.
Mais  il rappelle que le BT est un pesticide, pas un microbe; il convient donc de raisonner différemment. 
« Les organismes d'expertises publics ne sont pas prêts à ce changement culturel. »
Il affirme être en possession d'anomalies statistiques suffisantes pour une interdiction définitive des OGM.

 

 GES demande au public d'exiger des élus, la publication des prises de sang des animaux consommant des OGM.
 En effet, selon lui, l'absence de traçabilité en Amérique ne permet pas de faire d'études épidémiologiques sérieuses dans ce pays producteur et consommateur d'OGM.
 


Les questions de la salle :

           Je lui dis être surpris d'entendre un discours sur les pesticides orienté uniquement à charge, sans évoquer leurs effets favorables, entre autres sur les mycotoxines.Je lui demande pourquoi il ne parle pas des pesticides, en terme de risques bénéfices ?

           La réponse est que l'on peut très bien gérer les mycotoxines par une rotation différente des cultures. Pour cela il ne faut pas se limiter à 4 cultures au niveau mondial.
Pour le raisonnement risque bénéfice, il est tout simplement impossible, du fait que l'on ne sait rien sur le
pesticide BT. « On ignore tout du risque »


          Je lui fais remarquer que le BT est utilisé depuis 60 ans en agriculture biologique et que l'AFSSA considère dérisoires, les taux de résidus en pesticides du maïs BT.

         Il explique alors que la molécule BT du maïs OGM n'a rien à voir avec celle utilisée en Agriculture Biologique.
Quel que soit le taux de résidu dans le maïs de cette nouvelle molécule, il faut en connaître les effets indésirables pour en fixer le seuil maximal.

 

         Une personne prend la parole et félicite GES pour son courage, dévouement et son intégrité.
« Je suis persuadée que vous auriez eu un bien meilleur salaire chez Monsanto » lance-t-elle.

         Une autre déclare que la disparition de l'humanité serait sûrement la meilleure chose qui puisse arriver à la planète. (Malthus était certainement dans tous les esprits)

         GES temporise cette réflexion en disant « qu'il préfère les hommes, aux rats », mais ne manque pas de surenchérir « même si ceux-ci survivront sans doute à l'humanité. »
        Un auditeur annonce une rediffusion du documentaire « Le monde selon Monsanto » dans une salle de cinéma.
Il rappelle aussi la manifestation anti OGM à Rennes le 30 mars 2008 et les horaires de cars mis à disposition.


Fin de la conférence....        mais GES n'oublie pas d'annoncer qu'il reste disponible pour la dédicace de ses livres.
PG
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Ce compte-rendu est tout-à-fait édifiant. Je signale toutefois un désaccord avec l'appréciation de la démocratie américaine (il est vrai que la démocratie française n'est guère plus « avancée ») et sur le GIEC, malgré l'affaire troublante de la courbe en crosse de hockey. Certes, la période est aux annonces spectaculaires en matière climatique et à la surenchère , cela dit, il semble difficile de douter de l'impact de l'activité industrielle sur le climat et qu'elle soit suffisamment importante pour qu'on s'en préoccupe.  

Pour le reste, nous sommes totalement d'accord. GES aligne les images et les courbes spectaculaires pour épouvanter un public influençable. Le « savant » a laissé la place au prédicateur subjuguant l'auditoire en fantasmant sur l'extinction de l'espèce humaine. Le fait qu'il estime nécessaire de préciser « qu'il préfère les hommes aux rats » n'est pas pour nous rassurer et il y a tout de même eu dans la salle pour estimer que la disparition de l'humanité serait la meilleure des choses pour la planète ! GES ne va pas jusque là : il partage les idées malthusiennes de Teddy Goldsmith (fondateur de l'écologiste) pour qui la Terre compte 3 milliards d'êtres humains en trop ).

Difficile de ne pas faire un lien entre ces idées et les positions assez clairement eugénistes défendues par l'ACECOMED qui tente de discréditer la médecine moderne, la vaccination qui ne permettrait pas à l'espèce humaine de « s'adapter », en clair par l'élimination des plus faibles. Priver les pauvres de vaccins en leur faisant miroiter les bienfaits des « savoirs traditionnels », de l'homéopathie et autres poudres de perlimpinpin, n'est-ce pas un moyen radical de réguler la population mondiale ?

Ce qui peut paraître paradoxal dans l'affaire, c'est que le public de base de cette mouvance se réclame en général de gauche, et qu'il boive goulûment une rhétorique et une philosophie qu'on peut sans peine qualifier de « droite extrême » .   GES  réussit très bien en usant de deux dénominateurs communs avec ses admirateurs: le rejet du « libéralisme » et la dénonciation des multinationales, ainsi que l'hostilité envers la science et la technologie, que les OGM incompris ont porté à son comble. Ainsi, ses diatribes violentes aussi réactionnaires qu' anti-scientifiques passent sous couvert d'une dénonciation de l'ordre injuste.

Car GES a définitivement quitté le terrain de la science, même si on peut parfois trouver quelques vérités dans l'océan de sa propagande.
Par exemple il est vrai que le PIB n'est sans doute pas le meilleur indicateur du bien-être social et ne prend en compte l'impact écologique de la croissance. Mais ce que GES omet de dire c'est d'une qu'on a jamais vu une société plus heureuse lorsque le PIB par tête diminuait, de deux, que l'impact écologique par unité de PIB diminue régulièrement grâce à l'innovation technologique que pourfendent les décroissants.  

Sur les cancers, comme la plupart des acolytes , il est facile d'accumuler des chiffres effrayants en omettant de gommer l'effet pyramide des âges , le vieillissement de la population qui explique l'essentiel de l'augmentation des cas de cancers. Ainsi prenons le Canada , assez représentatif des pays développés : le nombre brut de cas de cancers a été multiplié par 2 en 30 ans pour les hommes comme pour les femmes. Mais le taux d'incidence normalisé selon l'âge ( un concept statistique que devrait connaître un grand scientifique comme Seralini) n' augmenté que de 15% environ pour les hommes, et de 10% pour les femmes. En France le TINA a augmenté davantage (+35% pour les hommes, +40% pour
les femmes) . Les causes de l'évolution sont multifactorielles , elles sont largement le produit du mode de vie , des comportements , par exemple l'accroissement de l'incidence du cancer du poumon chez les femmes est à relier fortement à l'accroissement du nombre de fumeuses.

La pollution joue certainement un rôle dans les causes, et justifient une meilleure prise en compte de l'environnement. Les thèses reprises à Belpomme selon laquelle la pollution serait à l'origine de 75% des cancers n'ont absolument rien à voir avec la science et relèvent du bluff qui caractérise ces gens en mal de notoriété . Quand Séralini pointe la responsabilité principale des pesticides (dont personne ne songe à dire qu'ils sont sans dangers) dans l'augmentation du nombre de cancers, il bluffe également. Contrairement à ce que proclame régulièrement GES le promoteur de l'homéopathie, il y a une relation de dose à effet sur l'organisme pour tout principe actif chimique : c'est ce qui a explique qu'on parle de dose d'exposition journalière maximale, de dose d'exposition critique pour tous les produits chimiques recensés par les instituts anitaires.

Et quand il parle des interactions entre molécules chimiques, GES plaide s'en même sans rendre compte pour le maïs résistant au Roundup ! S'il est tout à fait normal de contrôler l'usage des pesticides, l'accumulation des « polluants organiques persistants », d'écarter sont ceux qui sont les plus toxiques pour ceux qui les manipulent ou pour l'environnement , GES et ses comparses tentent d'interdire la solution la plus pertinente à ces problèmes qui résident dans l'emploi des OGM.

Ses propos sur le maîs « non résistant, mais tolérant au Roundup », avec sa métaphore d'une bêtise inouie sur les collaborateurs des nazis, ses pitoyables syllogismes tels que  « les nitrates sont des traceurs de pollutions, donc là où il y a des nitrates, il y a des pesticides », le classe définitivement dans le rang des huluberlus.
 
Terminons par l'intervention d'une personne relatée par P Gueguen : « Je suis persuadée que vous auriez eu un bien meilleur salaire chez Monsanto ». Comme cela a du flatter notre personnage ! C'est bien connu qu'il est le seul chercheur honnête sur cette terre . Peut-être que les éleveurs de porc de la région, que l'évolution actuelle des cours mène au bord de la faillite, mériteraient qu'on s'intéresse à leur situation plutôt qu'au salaire de Séralini !

Anton Suwalki
 
 


              


                     Source : INVS + http://www.fqc.qc.ca/dossiertexte.asp?id=26

 

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commentaires

Jorj X. McKie 01/04/2008 19:58

Bonjour, quelques remarques
Dans la phrase
... en clair par l'élimination des plus forts. Ne serait-ce pas plutôt des "plus faibles". Ou alors je n'ai pas bien compris le concept.
Il faut dire que votre article est quelque peu brouillon. En tant que lecteur moyen, je dois dire que ce n'est pas votre meilleure production. On y passe dans le désordre (ou suivant une logique que je n'ai pas perçut) des critiques, à des réfutations chiffrées et à des positions généralistes ou politiques, entrecoupées d'attaques qui ne sont pas liées directement à la conférence de GES. Bref, pour une fois, je ne suis pas vraiment éclairé par vos lumières. Pour dire que je ne suis pas vraiment convaincu du mélange de genre « éditorial énervé » et « article réfutation de niaiseries ».
Ce n'est pas grave, juste difficilement lisible.
JxM

Anton Suwalki 02/04/2008 10:42


Bien sûr il s'agit de l'élimination des plus faibles. Mon commentaire a été écrit un peu rapidement en effet, et en tentant de cerner l'ensemble de la "problématique séralinienne" qui est
elle aussi touffue. Je vais tâcher de le restructurer un peu.
AS