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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 12:03

La plupart des études accusant les OGM de toxicité, notamment celle claironnée  par Greenpeace au printemps dernier, ont sans doute frappé les esprits. Même quand elles ont  été entièrement réfutées par des organismes compétente (notamment par l'AFSA), les conclusions de ces dernières sont rarement repris détaillées dans les journaux qui avaient fait des titres sensationnalistes sur  le " danger du MON810 ", les " forts soupçons de toxicité ", " l'étude qui accuse le maïs de Monsanto " etc... Ainsi les anti-OGM , en publiant régulièrement des " études " douteuses sont sur de leur travail de sape, car critiquez, il en restera toujours quelque chose. Mais encore ce type de travail de sape, destiné à capter l'attention de médias qui se veulent un minimum sérieux, doit-il lui-même se parer des apparences du sérieux. En complément, les utilisateurs d'Internet, souvent crédules malheureusement, ont droit à des rumeurs folles concernant des catastrophes qui frapperaient des contrées lointaines . Ainsi fin 2006, se propageait sur la toile la rumeur de milliers de moutons empoisonnés après avoir mangé du coton GM en Nouvelle-Zélande dont aucun grand média n'a jamais fait état. Les sites anti-OGM (Terre sacrée, Monde solidaire, ATTAC etc...) se contaminaient les uns les autres, chacun recopiant le même communiqué. La seule différence fut que bientôt  certains situèrent la catastrophe non plus en Nouvelle-Zélande mais en Inde :

" Des récentes études sur la culture du coton génétiquement modifié ont soulevé de nouvelles inquiétudes quant à son innocuité tant dans l'alimentation que dans l'habillement.

En Inde (état d'Andhra Pradesh, district de Warangal), un rapport préliminaire publié à la fin du mois d'avril a montré que des milliers de moutons sont morts après avoir brouté des terres sur lesquelles du coton OGM avait été cultivé. Les moutons et les chèvres ont commencé à mourir après sept jours de pâture continue de feuilles tendres et de cosses de coton Bt (Bacillus thuringiensis) qui restaient dans les champs après la cueillette.
Une étude a été menée par une équipe de recherche composée de cinq membres (deux d'Anthra, une O.N.G. travaillant aux questions de bétail - un scientifique vétérinaire, Dr. Ramesh et un chercheur de champ, M. Apparao-, M. Jamalaiah, secrétaire de l'Union des bergers d'Andhra Pradesh, et deux scientifiques du Centre pour l'Agriculture Soutenable travaillant sur les questions du coton Bt, M.S. Ramprasad, et M.G. Rajashekar).
"

On note que la mystérieuse équipe de recherche comprend un " chercheur de champ ", qalification es sciences dont on a jamais entendu parler. S'agit-il d'un sourcier, d'un quelconque adepte de la géobiologie ou autre pseudoscience ? Ca renifle fort le charlatanisme. 
Mais le plus étrange demeure l'information elle-même, car on voit mal pourquoi que le gène issu de la bactérie Bacillus thuringiensis produirait un tel effet toxique et surtout un effet aussi fulgurant, et pourquoi seulement en Inde !

Mais la suite permet facilement d'évaluer tout le sérieux de l'étude :

" Les principaux symptômes rapportés par les bergers sont :
1. les moutons deviennent tristes/déprimés après 2-3 jours
2. toux avec décharge nasale
3. lésions rougeâtres dans la bouche
4. gonflement
5. diarrhée noirâtre
6. parfois urines rougeâtres
7. la mort dans les 5-7 jours de pâturage sur les champs de coton de Bt
"


Ainsi les moutons deviennent tristes et déprimés, c'est même le premier symptôme du mal qui les aurait affecté ! On peut supposer que les anti-OGM ont dépêché sur place des spécialistes de la psychologie ovine !  Et dire qu'il y a des gens qui prennent au sérieux ces niaiseries. 

Mais le plus grotesque suit . 
Ainsi apprend-on  que :
" En décembre 2005, une étude avait montré que les cueilleurs de coton OGM présentaient de graves réactions dermatologiques avec des démengeaisons et des cloques laissant une décoloration de la peau qui perdurait après cinq mois. L'Association médicale britannique avait déjà signalé que les OGM pouvaient présenter certains risques parmi lesquels la résistance aux traitements contre les maladies sexuellement transmissibles due à l'utilisation de protections périodiques en coton OGM. "


Des tampons périodiques fabriqués avec un coton modifié pour résister aux ravageurs exposeraient les femmes qui les utilisent... aux maladies vénériennes ! Ce sont  les superstitions les plus arriérés et le symbolisme le plus trivial qui s'expriment ici. C'est comme croire que manger de la corne de Rhinocéros pilée accroit la virilité. Il est difficile d'imaginer que l'Association médicale Britannique ait vraiment publié de telles divagations.b-BMA8.gif Soulignons que lorsque les anti-OGM qui dénoncent régulièrement la "technoscience" et la recherche scientifique éprouvent parfois le besoin d'invoquer l'autorité scientifique ou des études dont ils sont souvent les seuls à connaître l'existence. Mais c'est presque toujours pour cacher les mensonges les plus grossiers.

 

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