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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 07:25
Un agneau génétiquement modifié commercialisé ? Le danger est dans le déchaînement médiatique

Depuis un article paru dans le Parisien mardi 23 juin (1), les médias s’enflamment à propos de ce qui devrait être considéré comme un non-événement. A cause, semble-t-il, d’une vengeance de deux employés de l’INRA, une agnelle, née d’une brebis génétiquement modifiée utilisée dans le cadre d’un programme de recherche médicale, a été remise à un abattoir avant d’être vendue à un particulier (2). La mère de l’agnelle , qui servait à un programme de recherche sur les greffes de cellules cardiaques, exprimait une protéine GFP.

GFP pour green fluorescent protein, c’est-à-d-ire une protéine fluorescente de la méduse Aequorea victoria. La protéine, qui sert de marqueur de cellules, est reconnue comme étant non toxique pour les animaux transgéniques. Elle est couramment utilisée dans la recherche médicale depuis son identification, qui a valu à ses découvreurs un prix Nobel de chimie. Ceux qui auraient mangé cette agnelle n’ont strictement rien à craindre, quoi qu’en dise François Veillerette, toujours à l’affut d’une ânerie à proférer : «J'imagine qu'il n'y a aucune garantie ni étude qui montre l'innocuité de cette viande d'agneau génétiquement modifié pour les consommateurs ».

L’INRA a sorti un communiqué soulignant l’absence de toxicité de la protéine , et mieux encore, le fait que l’agnelle commercialisée n’exprimait pas cette protéine. En dépit de cela et des mesures totalement disproportionnées déjà prises (arrêt des expérimentations et destruction de tous les matériels génétiquement modifiés sur le site de l’unité concernée !), l’institut n’aura pas évité le déchainement de l’obscurantisme. Sans craindre le ridicule, les moutons de Panurge crient au scandale, et agitent le spectre de la vache folle.Reprenant la métaphore manipulatrice de Greenpeace de la chimère « poisson-fraise », la presse en folie a titré sur l’ « agneau-méduse» . N’oubliant pas de sortir son parapluie, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a demandé à l'Inra de lui proposer un plan d'action d'ici au 30 juin, « pour éviter que cela ne se reproduise ». Histoire d’étouffer un peu plus la recherche, au nom du sacro-saint principe de précaution ? Rappelons que la seule chose dont l’INRA s’est rendue indirectement « coupable », c’est d’une infraction au Code de l’Environnement (3).

Le vrai scandale serait que ce déchainement aboutisse au retardement, voire à l’arrêt de recherches porteuses d’espoir pour ceux qui souffrent d’insuffisance cardiaque. Si les OGM ne tuent pas, la bêtise, elle, peut avoir des conséquences criminelles .

Anton Suwalki

(1) http://www.leparisien.fr/sciences/dysfonctionnements-a-l-inra-un-agneau-meduse-se-retrouve-dans-la-chaine-alimentaire-selon-le-parisien-23-06-2015-4885557.php

(2) http://presse.inra.fr/Ressources/Communiques-de-presse/L-Inra-signale-a-la-justice-avoir-introduit-sur-le-marche-un-animal-issu-d-un-programme-de-recherche

(3) indigeste pavé de 2425 pages

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commentaires

http://www.cb31informatique.fr 11/01/2016 09:33

D’abord en suggérant que les cages des rats libéraient des substances toxiques.

http://www.gardenbaby.fr 25/11/2015 03:49

Nous continuerons néanmoins d’essayer de faire reculer ce mur.

José 14/08/2015 14:59

Le débat sur la nocivité des OGM entre pro- et anti- est surtout une compétition de mauvaise foi. La question essentielle est surtout "de quoi les OGM sont-ils la solution?". De pas grand chose en fait, et c'est leur principal défaut. Entre les joyeux illuminés qui nous promettent un "monde autrement" et les fondus de l'apothéose technologique, il n'y a aucune place pour les vraies questions.

tybert 10/07/2015 12:08

je signale à tous les lecteurs de bonne foi la critique détaillée et argumentée de JD Flaysakier sur son blog qui met en pièces tous les propos "précautionnistes" des "lanceurs d'alerte" type Ch.Velot.
ps. tybert est bien sur un pseudonyme

Anton Suwalki 13/07/2015 10:20

Ce bon papier de Jean-Daniel Flaysakier est consultable à l'adresse suivante :
http://www.docteurjd.com/2015/06/23/ogm-fluorescent-comme-lagneau-qui-vient-de-naitre-ou-beaucoup-de-belements-pour-rien/
Anton

whowhorksforwho? 06/07/2015 17:44

Une enquête inédite sur le blog Imposteurs.org et ses auteurs anonymes, Anton Suwalki et Wackes Seppi, qui depuis 2007 dénigrent méthodiquement journalistes, lanceurs d’alertes, et autres « ayatollah de l’écologisme », au point de porter atteinte à l’ e-réputation de ses cibles sur le web.

En vitrine, le site Imposteurs.org et ses deux auteurs, ayant pour pseudo Anton Suwalki et Wackes Seppi, aiment se voir comme les gardiens de la « Science, contre tous les charlatanismes et toutes les impostures ». Pourtant, sous la plume de ses rédacteurs anonymes, la page web est devenue une référence en matière de diatribe contre les « anti-OGM » et « le lobby bio », dont les porte-paroles sont systématiquement associés aux « pires des obscurantistes », tous ces « ayatollah de l’écologisme » et autres « fous du bio ». Des termes qui rappellent les attaques récentes de Xavier Beulin, patron du syndicat agricole FNSEA, contre les « djihadistes verts ».

Dès son lancement, la ligne éditoriale de nos blogueurs est claire et assumée : dénoncer le « génie de la com’ » des « Anti-OGM » et s’en prendre à la crédibilité de « scientifiques de renom engagés contre les cultures d’OGM », tel Jacques Testart, Gilles-Eric Séralini, Vandana Shiva... Maître de conférence en génétique moléculaire, et grand pédagogue sur la vulgarisation des biotechnologies, Christian Vélot fait l’objet d’un acharnement tout particulier. Érigé en « porte-parole de l’obscurantisme », Anton Suwalki brocarde son « éthique de toc du lanceur d’alerte » et décerne régulièrement le prix du « Vélot d’or » à tous ceux dont les propos auraient tendance à critiquer la science sauce industrielle. En novembre 2010, un nouvel acolyte anonyme, Wackes Seppi, présenté comme « un ingénieur agronome à la retraite » et « contributeur de blogs » rejoint Imposteurs.org, inclinant un peu plus encore la ligne éditoriale dans un anti-écologisme outrancier.

Les deux portes-flingues aiment aussi tirer sur tous ces « journalistes militants » qui « pérorent » et viennent « alimenter le fond de commerce des prêcheurs d’apocalypse », accusés de tartuferies « écolo bobo ». Leurs cibles préférées ? Marie-Monique Robin, qui est devenue leur bête noire depuis Le Monde selon Monsanto, prise à partie jusque sur ses pages personnelles par les blogueurs. Plus récemment, Paul Moreira (Premières Lignes Télévision) a fait l’objet d’un article injurieux après la diffusion de son documentaire OGM, bientôt dans nos assiettes en septembre 2014. La traque se poursuit jusque dans les pages de Sciences & Avenir accusé de « propagande pour le bio » ou contre Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde qui servirait du « militantisme en guise d’information ».

De l’artisanat à l’opération de propagande

Si lors de son lancement en 2007, le site relevait d’une entreprise artisanale dont les saillies laissaient de marbre les personnes ciblées, au fil des années il a pris une tournure plus inquiétante. A force d’acharnement répété dans de nombreux articles, ce blog en arrive à porter préjudice à l’« e-réputation » de lanceurs d’alerte et de journalistes qui s’inquiètent désormais de cette nuisance.

En effet, une mauvaise réputation en ligne peut constituer une atteinte grave à la crédibilité d’une personne en déstabilisant son « image publique ». Plus prosaïquement, par divers stratagèmes informatiques de référencement, comme la dissémination d’hyperliens, les articles d’Imposteurs.org parviennent à se hisser parmi les premiers du classement des moteurs de recherche sur des requêtes concernant des lanceurs d’alertes, orientant ainsi prioritairement le lecteur vers des contenus dénigrants.

En 2011, une étape est franchie quand le site d’information en ligne Contrepoints.org, d’obédience néolibérale et libertarienne (façon Tea Party américain), invite nos deux blogueurs à s’épancher dans ses colonnes. Nouvelle maquette et audience élargie, mais dans la ligne rien ne change : on retrouve les mêmes attaques ad-hominem ! Tel un « site miroir », tous les articles d’Imposteurs.org seront publiés en double sur le site de Contrepoints, une technique qui permet notamment de multiplier les sources et de contourner la censure.

Wikipédia, l’encyclopédie du greenwashing ?

Enfin, la dernière étape pour porter atteinte à l’e-réputation consiste à altérer les biographies de personnalités sur l’encyclopédie participative Wikipédia, en usant de ces blogs comme autant de « sources d’informations » reprise dans la fiche. Le procédé est redoutable car il transforme une simple note de blog, anecdotique et biaisée, en vérité encyclopédique à laquelle le grand public s’arrêtera s’il ne prend pas soin d’analyser la source indiquée.

Karg Sé, un autre « ingénieur agronome-halieutique » anonyme et habitué des blogs écolophobes comme alerte-environnement.fr, où il échange régulièrement avec Wackes Seppi et Anton Suwalki, s’est fait une spécialité des « guerres d’édition » sur les sujets touchant à l’écologie sur Wikipédia. Se vantant de « faire la chasse aux perturbateurs endocriniens », Karg encourage ses camarades à « être présent sur Wikipedia, très utilisé par les élèves et les étudiants, et très important pour contrer la propagande médiatique », comprendre les alertes environnementales. Sur l’encyclopédie, il source régulièrement ses propos à partir du blog Imposteurs.org. Il se trouve que cette personne, de son vrai nom Alexandre Cessateur, est passé chez Monsanto et Syngenta entre 2009 et 2010 pour des petits boulots, désormais reconverti dans le charbon...

Mais comment donc, une poignée d’auteurs, couverts par l’anonymat, ont-ils réussi à monter durant sept longues années une telle campagne de dénigrement utilisant des techniques modernes de communication virale ?

L’imposture démasquée

Intéressons nous d’abord à l’initiateur du blog, le ci-nommé Anton Suwalki. Plusieurs des premiers posts de son blog font référence aux écrits de l’Association Française pour une Information Scientifique (AFIS), dont la publicité pour un « hors-série OGM » de Sciences et pseudo-sciences, la revue de l’association. La liste des contributeurs de ce numéro compte entre autres, les chercheurs en biotechnlogie Marcel Kuntz et Louis Marie Houdebine, administrateurs de l’AFIS, ainsi que le lobbyiste, spécialiste en e-réputation et communication virale, Jean-Paul Oury, également rédacteur de tribunes pro-OGM avec ses camarades pour Contrepoints, Atlantico et l’Opinion en 2015.

Si l’AFIS semblait vouloir garder une distance sanitaire avec les propos d’Imposteurs.org, le site a bien été lancé par un membre de cette association. En effet, Anton Suwalki n’est autre que Stéphane Adrover qui occupa un siège au Conseil d’administration de l’association de 2008, soit un an après lancement de son blog, jusqu’en 2012.

Poursuivons nos révélations avec le cas du second comparse, le sulfureux Wackes Seppi, signifiant « Joseph le garnement » en alsacien, est sous son masque un fonctionnaire onusien retraité du nom de André Heitz, comme nous l’indique l’URL d’une fiche de l’Agence Science Presse (Canada). On le retrouve par ailleurs sur le même site dans un trilogue avec Anton Suwalki et Marcel Kuntz, ex-président de l’AFIS, échangeant sur « l’absence de problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d’OGM. ».

M. Heitz a fait la plupart de sa carrière (1975-2000) au sein de l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV), une organisation intergouvernementale, sous contrôle de l’ONU, qui a été fondée en 1961 pour coordonner la mise en œuvre au niveau international des droits de propriétés intellectuels des obtenteurs végétaux et des grands semenciers. Après la révision de 1991 dont Heitz a été l’un des acteur comme directeur-conseil de l’agence, l’UPOV se donne notamment pour mission « d’examiner diverses possibilités de protection juridique des innovations dans les domaines du génie génétique et de la biotechnologie » au moment où les premières plantes génétiquement modifiées, et brevetés à ce titre, apparaissent sur le marché vers 1996.

Après une carrière saluée par ses pairs, il devient directeur de coordination du nouveau bureau de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle à Bruxelles en 2004. Sa mission est détaillée dans une feuille de route de l’OMPI : « renforcer ses contacts et ses liens de réseau avec la communauté internationale de la propriété intellectuelle,[...], les grandes entreprises et les ONG [...] en ciblant les principaux décideurs du secteur public et du secteur privé, les personnalités influentes et les commentateurs, ainsi que le grand public. » Bref, un travail de relations publiques à la hauteur des stratégies mises en place par les cabinets de lobbying qui pullulent à Bruxelles et qui prendra fin en 2010 avec son départ en retraite.

Par la profusion des échanges avec d’autres auteurs évoqués ici, et l’usage prolixe d’une langue verte et d’un verbe fleuri d’OGM, la figure de Wackes Seppi s’est propulsée au rang de personnage emblématique de cette galaxie d’amateurs de l’ « écolo-bashing » et pourfendeurs des « obscurantistes anti-progrès ». Point n’est ici question d’un « grand complot », mais bien de l’œuvre d’une poignée de militants pro-biotechnologie, petites mains du lobby OGM, qui ont séquestré le rationalisme et la parole scientifique contre tous les lanceurs d’alerte.

Riposte juridique

« Les chiens aboient, la caravane passe » dit un proverbe arabe. Longtemps ignorés par les personnes qu’ils ciblaient, ne souhaitant pas leur offrir le luxe d’une publicité à bon compte, Stéphane Adrover et André Heitz ont pu continuer sans entrave leur travail d’atteinte à la réputation de lanceurs d’alerte et de journalistes pendant toutes ces années.

La situation vient pourtant de changer avec le dépôt successif de deux plaintes en diffamation ces derniers mois. En septembre 2014, le généticien Christian Vélot déposait une plainte contre « Anton Suwalki » et le site Contrepoints.org pour un article intitulé « Faucheurs de porte-vigne transgéniques de Colmar : Christian Vélot, porte-parole de l’obscurantisme » depuis retiré du site libéral.

Le journaliste et réalisateur de documentaire Paul Moreira a lui aussi déposé en janvier 2015 une plainte contre X pour diffamation contre Imposteurs.org suite à un billet attaquant violemment son reportage OGM, bientôt dans vos assiettes (Canal +, sept 2014). Rédigé par Wackes Seppi, également visé par la plainte, le titre du post était « Patrick Moore dit de Paul Moreira : "un c... fini" », démontrant s’il en était encore besoin la ligne éditoriale insultante de ce blog.

Source : Cette enquête de Benjamin Sourice a été publiée initialement sur son blog Médiapart le 13 mai 2015. Elle est republiée par Combat Monsanto ce 6 juillet 2015.

Sceptique 06/07/2015 12:00

Cette histoire, et ses suites médiatiques, m'ont bien fait rire. Ce sera sûrement un coup de grâce pour ce qu'il reste d'intérêt pour les OGM dans nos organismes de recherche, mais elle continuera ailleurs, dans un monde vaste. L'écologisme n'est pas encore répertorié comme une religion, et ne tombe pas sous le coup de nos lois sur la laïcité.

Kressmann 30/06/2015 17:25

Je partage parfaitement votre analyse: Ce sont les médias qui créent l'événement sur un fait mineur en attisant la peur des consommateurs.

Anton 27/06/2015 14:14

Bonjour Nicolas et merci pour votre critique constructive. Par rapport à l'absence d'autorisation, disons simplement que les moutons en question n'avaient pas vocation à être consommés, d'où l'absence d'tudes forcément !Par contre il n'y a aucune raison a priori que la consommation accidentelle d'une telle viande pose problème (d'autant plus, rappellons-le que l'agnelle commercialisée ne produisait même pas la protéïne en question!!!!).
Enusite, oui je maintiens que l'agneau-méduse de même que le poisson fraise est une métaphore manipulatrice destinéee à faire peur : l'agneau ou la fraise gm ne se distinguent des agneaux ou des fraises "normales" que par un caractère tout-à-fait secondaire

Nicolas 26/06/2015 19:38

Bonjour Anton,

Je suis d'accord sur l'idée que cette affaire est monté en épingle et que dans l'idée, les recherches étant à but thérapeutique il n'y a pas de soucis à les poursuivre.

Là où je suis moins d'accord, c'est pour dire que le fait qu'elle se soit retrouver dans l'assiette d'un consommateur est un non événement. Il y a eu tout de même des manipulations génétiques dont le résultat n'a été soumis, à ma connaissance, à aucune autorisation alimentaire.

Enfin, je ne comprends pas pourquoi parler de chimère pour l'histoire des Poisson - Fraise. Il existe bel et bien une étude qui a porté sur l'introduction d'un gène de poisson dans des fraises pour leur permettre de mieux résister au froid. Source : http://rdo.psu.ac.th/sjstweb/journal/27-4/02-strawberry-gene.pdf

Bien à vous