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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 18:42

Si le dernier article sur le locavorisme a rencontré un grand succès, il a également suscité quelques critiques, notamment sur Facebook et sur le site Contrepoints qui a repris l’article. Certaines méritent qu’on s’y arrête :

1/ Le choix du département comme échelle du locavorisme :

Certes, c’est parfaitement arbitraire, comme le sont toutes les circonscriptions administratives. Je l’ai choisi compte tenu uniquement parce que , hors Ile de France, c’est un territoire de dimension compatible avec le locavorisme. Libre à chacun d’imaginer une autre carte de France… Je tiens à signaler que la proposition qui a été faite d’un locavorisme respectant les terroirs serait encore pire, puisque cela consisterait à appauvrir encore davantage l’alimentation, l’option de réorienter les productions agricoles étant exclue.

2/ Le commerce extérieur

Certains ont remarqué (à juste titre) que dans mon exemple sur le blé tendre, je ne prenais pas en compte le fait que la France exportait plus de la moitié de ses récoltes (1). L’omission de cette dimension était volontaire, mais j’ai évidemment eu tort de ne pas le mentionner. Il n’y aucune raison de considérer autrement la spécialisation territoriale à l’échelle d’un pays et la division à l’échelle internationale, comme l’illustre assez bien la réponse à la critique 4/ ci-dessous. Certes, si la France n’exportait pas son blé, chaque « national » en disposerait d’une quantité potentiellement supérieure. Cette objection ne tient pas compte du fait que d’autres pays manquent cruellement de blé et d’autres ressources agricoles pour nourrir leur population. Faut-il dire tant pis pour eux ? Et tant pis pour nous, qui devrions nous passer en contre-partie de quelques milliards d’euros de produits agricoles (ou autres, d’ailleurs) que nous ne produisons pas nous-mêmes.

3/ Une position caricaturale ?

Accusation très sévère d’une autre personne : cet article « mélange "manger local" et "autarcie alimentaire", assimile "locavorisme" avec "tout produire à côté de chez soi". Bref, un sujet qui pourrait être intéressant mais qui est traité sans aucune rigueur ».

  1. Quand Chantal Jouanno (ce genre de déclarations est loin d’être un cas isolé) déclare avoir pour ambition « région Île de France « presque autosuffisante sur le plan alimentaire », n’est-ce pas presque de l’autarcie, presque tout produire chez soi ? On se demande dès lors de quel côté se situe la caricature…
  1. D’autre part, le but de l’exercice n’a pas été compris : J’ai bien mentionné que jusqu’à présent, l’incitation au locavorisme, bien qu’elle mobilise une grande partie de l’énergie de certaines directions du ministère de l’agriculture ou du « développement durable », n’a qu’un résultat marginal. Quelques réunions avec des personnes concernées m’ont permis de vérifiés qu’aucune étude d’impact sérieuse , ni économique ni environnementale, n’a été faite, les bienfaits environnementaux étant simplement un postulat. Certains se lamentent de ne pas avoir réussi à rééduquer les consommateurs ou les agriculteurs, rêvant de mesures plus coercitives. Dans ces conditions , il est tout-à-fait justifié de faire des projections, d’essayer d’imaginer les conséquences d’une logique, poussée jusqu’au bout.

4/ Manger de l’agneau français, plutôt que néo-zélandais ?

Franck Ramus, chercheur en sciences cognitives, , et dont j’apprécie beaucoup les textes de vulgarisation, commence par une critique analogue : « Cet article fait la rhétorique de l'épouvantail. Il ridiculise une forme extrême de locavorisme que peu de gens défendent, mais il ne dit strictement rien sur des propositions plus raisonnables » . Comme l’autre intervenant, il fait du locavorisme non pas ce qu’il est réellement, mais ce qu’il voudrait qu’il soit : quelque chose de raisonnable, ce qui n’étonnera venant de lui.

Pour lui, il s’agirait donc « Il s'agit essentiellement de taxer les transports (carburant et péages) de telle manière à rendre les produits distants relativement moins compétitifs. Actuellement l'agneau néo-zélandais vendu en France coûte moins cher que l'agneau français. Or les externalités négatives énergétiques et environnementales ne sont pas prises en compte dans ce prix, parce que le carburant aérien n'est pas taxé. Une fiscalité bien dosée permettrait simplement que les décisions économiques rationnelles des consommateurs s'orientent vers des produits qui engendrent moins de gaspillage énergétique. »

Il s’agit donc d’orienter « les décisions économiques rationnelles des consommateurs » en le frappant au portefeuille, un joli programme ! Outre que l’on a du mal à distinguer cela d’un protectionnisme déguisé, FR ne semble pas s’intéresser au fait que le faible prix des transports permet à la Nouvelle Zélande (3), qui bénéficie de conditions exceptionnellement favorables pour l’agriculture pastorale, et de coûts de production cinq fois inférieurs aux coûts français , de satisfaire des consommateurs à 20.000 kms de distance, dont certains ne pourraient pas manger d’agneau autrement. En outre, la Nouvelle-Zélande, quoiqu’ayant une économie avancée , exporte essentiellement des produits de l’agriculture et de la sylviculture. Au nom de quel principe « supérieur » la pénaliser et lui interdire par là même de se procurer en contre partie des biens qu’elle ne produit pas ou trop peu sur son territoire ? La prise en compte des « externalités négatives énergétiques et environnementales » ?

Disons tout de suite qu’il est très difficile de définir ce qu’est une externalité énergétique négative ? A la rigueur pourrait-on parler d’un gaspillage énergétique… Mais qui va décider que telle utilisation de l’énergie (ici du kérosène) est du gaspillage ? Qui est en droit de décider qu’une dépense d’énergie qui permet à des consommateurs même aux revenus modestes de disposer de viande d’agneau à bas prix est un gaspillage ?

Restent les « externalités négatives environnementales » : on devine que FR fait ici allusion au bilan carbone de l’agneau néo-zélandais. Le prix de marché n’intègre effectivement pas spontanément les coûts que l’on suppose liés au réchauffement climatique , dont l’estimation relève d’ailleurs de la pl. L’article déjà cité (2) mentionne que le transport représente …5% des émissions de CO2 pour de l’agneau néo-zélandais consommé en Grande Bretagne, et un bilan carbone possiblement inférieur à celui de l’agneau français (3)!!!!

Quelquefois, il faut donc aller au-delà du bon sens apparent : transport sur de longues distances n’est pas forcément synonyme de bilan environnemental défavorable.

A moins de l’instauration d’une taxe exorbitante sur le kérosène, l’agneau néo-zélandais (non subventionné) conservera un avantage par rapport à l’agneau français (subventionné). Renchérir le prix du transport aérien, est-ce bien raisonnable ? Certains vols Paris-New York coût aujourd’hui moins de 200 euros . Les très bas prix mettent le transport aérien à la portée d’un nombre toujours croissant de terriens. C’est plutôt une bonne chose, non ?

Conclusion

Après la réponse à ces critiques qui ont le mérite d’obliger à clairifier et à préciser certains points, je persiste et signe. Certes, il ne s’agit pas d’empêcher les gens de consommer local si cela leur chante, ou s’ils préfèrent la gariguette d’Aquitaine à la fraise espagnole, quitte à la payer plus cher. Critiquer le locavorisme qu’on voudrait nous imposer au nom de croyances et au risque de faire reculer drastiquement la production agricole ne signifie pas prôner le « loinvorisme ».

Ce qui m’étonne, c’est qu’une autre objection n’est pas été soulevée. Mais j’attends un peu de voir si elle arrive, préférant ne pas y répondre par avance.

Anton Suwalki

  1. (http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/ble-tendre-de-bonnes-perspectives-d-exportation-vers-les-pays-tiers-franceagrimer-77164.html
  2. http://www.agrireseau.qc.ca/bovinsboucherie/documents/pdf_La_filiere_viande_en_Nouvelle-Zelande-405%5B1%5D.pdf
  1. -15% pour l’agneau néo-zélandais, des chiffres à prendre certes avec réserve car ne reposant pas sur une méthode commune de calcul.

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commentaires

Danny Kronstrom 13/04/2016 20:47

Veuillez prendre note que l'adresse URL du site d'Agri-Réseau a été changé. Au lieu de se terminer par .qc.ca, il se termine maintenant par .net pour donner :

http://www.agrireseau.net

Danny Kronstrom de Québec
http://www.dannykronstrom.com

http://www.services-t.fr 25/11/2015 04:26

Les très bas prix mettent le transport aérien à la portée d’un nombre toujours croissant de terriens.

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Sceptique 12/11/2014 09:26

L'offre alimentaire a deux aspects, la nécessité, et le plaisir. Le locavorisme limite le second au minimum permis par l'offre locale (moins de 15 km, selon mon souvenir). Dans le cas de l'agneau français, l'aspect plaisir serait évidemment favorisé, mais cependant limité aux français vivant à moins de 15 km d'un élevage.
D'une manière générale, la nourriture autorisée aux français deviendrait radicalement ennuyeuse, "a-culturelle", anhédonique.
Un marché noir, et sa répression, ne tarderait pas à rappeler l'occupation, bien qu'il n'y ait plus beaucoup, déjà, de français qui l'ont vécue.
Bref, cette idée fait partie des germes de totalitarisme que contient la pensée écologiste. "Les conditions ne sont pas (encore) réunies."

rageous 09/12/2014 14:55

Bonjour,
à minima 15 km, sauf que les abattoirs se trouvent souvent éloignés (depuis 30 ans, nombreux ont fermé et ferment encore, faute de volume et des mises aux normes coûteuses). Je me prends en exemple, située à équidistance de 3 abattoirs dont 2 dans mon département, le 3è limitrophe dans le département voisin m'obligerais en cas de vente directe à faire déjà 300 km* pour récupérer ma viande prête à vendre, donc livraison non comprise...
150 km AR avec bétaillère + 150 km AR avec frigo, je ne compte pas le reliquat de km à l'atelier de découpe + ou - proche du site d'abattage...
Donc quand on pense limiter ses émissions de carbone du produit cité, on ne pense pas forcément au circuit de l'éleveur pour la transformation de son bestiau.
Baisse des volumes donc rentabilité d'un site d'abattage mis à mal, en partie due à la diminution du nombre d'éleveurs mais aussi au développement des ces systèmes de VD où par obligation les effectifs bétail sont moindre (il faut du temps à passer sur la route au détriment du troupeau...)
Dernier point, même en regroupant les mises-bas sur 1 mois par exemple avec admettons 350 agx nés, il faut compter près de 9 livraisons hebdomadaires de ces agx à l'abattoir qui tiennent compte de leur finition optimales (un agx fait vite du gras et en qualité bouchère (paiement à la grille conformation) se doit d'être fini au mieux)
Donc par le biais d'un goupement de producteurs, qui s'il coordonne bien ses tournées chez les éleveurs, sera moins impactant qu'un éleveur en VD. Qu'on se le dise! :)

Listo 23/10/2014 00:04

Bien sûr, consommer local mène logiquement à manger plus cher et moins varié dans bien des cas. Cela peut se défendre comme choix personnel mais dès qu’il s’agit de l’imposer ou l’encourager via une fiscalité je trouve cela plus discutable. Vos articles ont le mérite de montrer qu’en plus, même à ce prix, on n’est même pas sûr d’atteindre l’objectif qui est de prendre correctement en compte la dépense énergétique, car l’évidence peut être très trompeuse en la matière. Ne pas produire là où c’est le plus simple pour le faire là où c’est compliqué est aussi une forme de gaspillage de toute façon.
Je vous soumets un petit calcul de coin de table qui me laisse penser qu’il y a d’autres aspects sous- estimés. En faisant 1km en voiture pour chercher 10kg de produits locaux je déplace en même temps mettons 1,5t d’acier (une mégane actuelle approche déjà ce poids, bien des modèles le dépassent). Un rapport de 1/150.Un gros semi-remorque bien chargé a un rapport de1/1 voire 2/1.
On voit vite qu’aller faire ses courses en voiture à 5km plutôt qu’à 1km ou plutôt qu’à pied peut avoir autant ou plus d’impact que le nombre de centaines de km faits en camion (ou de milliers de km faits en bateau !). En fait, consommer local...c’est faire ses courses près de chez soi!

giblo 27/10/2014 19:19

Il peut y avoir quelques arguments par rapport à la différence du bilan carbone : peut être que la taille du cheptel joue,
sinon il y a le déplacement quotidiens des employés pour aller travailler et revenir chez eux (j'ai travaillé pour un maraîcher bio et tous les employés avaient entre une et deux heures de transport en voiture par jour ).

Listo 24/10/2014 01:08

Je préfère surtout que la fiscalité écologique soit une réponse à une problématique environnementale bien analysée et pas une tarte à la crème balancée à tort et à travers. Lier agneau néo zélandais (essentiellement transporté par bateau) et avion ce n'est pas pousser l'analyse bien loin. Plus généralement face à un problème à plusieurs dimensions, comme le montre cet article ou le document cité par factsory, se focaliser sur une c'est une assurance d'échec si on veut vraiment avoir un impact environnemental réduit et pas juste agir en fonction de ses préjugés. Si on veut en faire son choix personnel, ok. Mais pour l'imposer il faut plus de biscuits que ça.
Pour prolonger ma remarque précédente et montrer que les kilomètres ne se valent vraiment pas, j'ai googlé rapidement ceci:
Voici quelques ordres de grandeurs sur la consommation des différents moyens de transport de marchandises. Les chiffres sont donnés en gramme équivalent pétrole, par tonne transportée, et par km :
◾Bateau porte container 0,7 - 5
◾Train électrique 4 – 10
◾Péniche 8 – 10
◾Gros camion 17 – 25
◾Camionnette 100 – 300
◾Avion long courrier 200
◾Avion moyen courrier 500
◾Courses en voiture 5 000
http://energiepourdemain.fr/tag/avion/

J'espère que les locavores ne prennent jamais l'avion. Pour la même dépense énergétique que celle demandée pour un passager et ses bagages en avion on peut transporter par bateau quasiment un conteneur sur la même distance, contenant sa consommation alimentaire pour des décennies.

Vincent 23/10/2014 21:48

Listo Il y a 21 heures Répondre
Bien sûr, consommer local mène logiquement à manger plus cher et moins varié dans bien des cas. Cela peut se défendre comme choix personnel mais dès qu’il s’agit de l’imposer ou l’encourager via une fiscalité je trouve cela plus discutable.

On peut préférer ne rien faire et laisser les "choses" (loi/demande, guerres) régler le problème en n'anticipant rien. Dans les deux cas, les prix vont augmenter, mais en anticipant, l'argent resterait chez nous et permettrait de préparer l'après-pétrole.

En deux siècles, nous n'avons toujours pas été capable d'instaurer un système économique qui dépasse l'individu. Dommage.

"A quand le pic de production mondial de pétrole ?"
www.manicore.com/documentation/petrole/pic_futur_petrole.html

factsory 22/10/2014 23:29

Ah… l'argumentation par le « au nom de quoi ». Sauf que ce n'est pas un argument : ça marche dans n'importe quel sens. Exemple : au nom de quoi priver les générations futures de pétrole en le brulant ? Au nom de quoi demander à nos enfants de se débrouiller avec les pollutions que nous aurons produites dans l'atmosphère ? Au nom de quoi imposer à nos descendants de subir les conséquences du réchauffement climatique que nous aurons nous-même créé ? etc, etc… Bref ni dans un sens ni dans l'autre ça ne fait avancer le débat. Donc abstenons-nous de ce genre d'argumentation.

Revenons maintenant à la démonstration à laquelle s'essaie l'auteur en se fondant sur l'agneau néo-zélandais. Déjà un exemple ne suffit pas à démontrer qu'il est mieux d'importer toute sa nourriture. Si la nourriture est d'origine locale, elle est aussi spécifique du climat régional. On ne va pas chercher à faire pousser des bananes dans le nord de la France, évidemment que dans une telle hypothèse, le bilan énergétique et environnemental serait pire que des bananes originaires de Guadeloupe.

L'auteur a raison de souligner la méfiance que nous devons avoir face au « bon sens » mais il ne faut pas tomber dans l'excès inverse et adopter une conclusion juste parce qu'elle va à l'inverse du bon sens. Ainsi élever des agneaux néo-zélandais et les transporter jusqu'en Europe serait plus économe en énergie que de les élever sur place. Ça bouscule à coup sûr les idées reçues. Mais peut-être trop. Avant d'accepter une telle conclusion il faut voir la démonstration.

Le document cité fait référence à une étude… qu'il ne cite pas. Un peu court pour accepter la conclusion sans discuter. En recherchant un peu on trouve une étude (celle dont il est question ?) étudiant effectivement le coût énergétique de cultures en NZ et en UK : http://researcharchive.lincoln.ac.nz/bitstream/10182/125/1/aeru_rr_285.pdf
Et la table 7.5 (p. 92) apporte la comparaison tant recherchée sur l'élevage des agneaux. Et on peut constater que l'élevage néo-zélandais avec importation en UK émet 4 fois moins de gaz à effet de serre que de cultiver son agneau en UK. Cela dit avant de vanter les vertus écologiques de l'import d'agneau de NZ, ce tableau amène quelques questions :
1. Pourquoi la consommation directe d'énergie est 4 fois plus importante en UK qu'en NZ ?
2. Pourquoi les apports en azote sont 8 fois plus importants en UK qu'en NZ ?
3. La conso d'énergie du transport inclue-t-elle la conso énergétique pour réfrigérer la cargaison ?
Les réponses à ces questions sont probablement dans le détail de l'étude, que j'ai juste parcouru en partie. Si quelqu'un trouve les réponses, je suis preneur.
On remarque aussi dans ce tableau qu'en UK on a recours à du fourage et du « concentré » ce qui n'est pas le cas en NZ. Ce point ainsi que les points 1 et 2 semblent illustrer le fait que la comparaison favorable à la Nouvelle-Zélande met surtout en valeur le fait qu'on compare deux types d'agriculture différentes : d'un côté un élevage en plein air et de l'autre un élevage intensif. Surtout, l'élevage intensif nécessite l'import de céréales pour nourrir les animaux et donc ce qu'on présentait comme une agriculture locale, n'en est pas une.

Ainsi, je vois deux conclusions qu'on peut tirer de cette étude :
1. Quitte à importer quelque chose, il vaut mieux que ce soit le produit fini (en l'occurrence l'agneau, plutôt que sa nourriture)
2. Il vaut mieux un élevage en plein air qu'un élevage intensif.

Mais je ne vois pas d'argument pour dire que l'agriculture local émet plus de gaz à effet de serre que l'agriculture « importée »

Curieuse 22/10/2014 21:55

'avais demandé en commentaire quel était le comparatif des "subventions gourmandes" annoncées de la production locale versus celles de la production intensive spécialisée, cela m'intéressait drôlement de voir le détail des subventions des deux modes de production.
Et pour le moment si l'agneau de NZ est préféré par le consommateur c'est qu'on le touche à son portefeuille : là, cet argument financier ne dérange pas ? Et si la NZ a besoin de finances pour importer, c'est qu'elle a décidé de sacrifier d'autres productions moins rentables pour n'en garder que quelqu'unes. Alors le consommateur y gagne de l'agneau congelé, du transport et un prix plus bas, des kiwis lointains et durs, et eux des tomates bretonnes insipides ? avec 20 000 bornes à faire, une pollution qui ne sera pas facturée directement. Je ne vois pas l'intérêt du système, ni ce que nous y avons gagné.
En France, notre agriculture intensive spécialisée nous coûte une fortune en subventions, des fermes ...qui ferment, des tomates sans gout, du maïs à nous écoeurer de mettre le nez dehors, des tonnes de lait déversées par des producteurs agonisants, des paysages amochés, des rivières pourries, et il faudrait s'en féliciter et montrer du doigt les locavores aux "subventions gourmandes" (lesquelles ?) ? Alors oui l'agneau français restera plus cher, et le poulet élevé normalement plus cher que la volaille insipide des usines qui finalement ferment les unes après les autres. Je préfère payer plus et moins souvent, et je suis loin d'être riche ou de classe moyenne.

"5% des émissions de CO2 pour de l’agneau néo-zélandais consommé en Grande Bretagne,"et un bilan carbone possiblement inférieur à celui de l’agneau français (3)!!!!"
Là,; la méthode de calcul est évidemment valable ? ou vous ne l'avez pas lue ?
Quant à la croyance, parlons en : si je peux savoir par avance quelle sera la position d'une personne car je la sais technophile et scientiste , je trouve ça gênant car c'est aussi une religion.


Une curieuse naturellement sceptique.