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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 12:44

 

Il a signé pour Séralini ! Mais les gestionnaires de la pétition n'ont pas voulu de son soutien !

 

 

Médiatisation précoce, publication tardive...

 

Comme nous l'avons relaté sur ce site [1], l'équipe de M. Gilles-Éric Séralini a commis une nouvelle « étude », « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles ».  Ils prétendaient démontrer que les pesticides en formulation étaient des centaines de fois plus toxiques que les matières actives.  Comme d'habitude, la publication incluait une mise en cause des procédures d'autorisation : « En conclusion, nos résultats mettent en doute la pertinence de la Dose Journalière Acceptable parce qu'elle est calculée à partir de la toxicité de la seule matière active in vivo.  Un "facteur adjuvant" de réduction d'au moins 100 peut être appliqué au calcul actuel de la DJA si cela est confirmé par d'autres études in vivo ».  Un facteur 100 ! Comme ça ! Sorti de la manche !...

 

L'« étude » devait être publiée dans Biomed Research International du groupe Hindawi.  Elle a fait l'objet d'une publication préliminaire [2], postée par Hindawi dans un recoin de son site.  Et la campagne médiatique a été lancée dans la foulée par M. Séralini, avec la complaisante assistance de l'AFP ; elle incluait l'inévitable Mayday ! Mayday ! de Générations Futures [3].

 

Las ! Deux semaines après, l'article n'est toujours pas publié.

 

Mais il y a mieux.  Apprenant la publication (qui devait être prochaine) de l'article, le Prof. Ralf Reski, de l'Université de Fribourg-en-Brisgau, a démissionné avec fracas de son poste d'éditeur de la revue Plant Evolution.  Son courriel de démission a été parfaitement clair : « Je ne veux pas être lié à un journal qui offre une tribune [à M. Séralini] pour ce genre d'agitation » [4].

 

M. Reski a dit qu'il ne peut pas juger de la valeur de l'article, mais que tout article de M. Séralini devrait être vérifié avec une attention accrue et qu'à elle seule la chronologie (six semaines seulement entre la soumission et l'acceptation de l'article...) avait suffi à le rendre suspicieux [5].

 

Message reçu par la maison d'édition.  Selon un gazouillis de M. Reski, elle l'a remercié pour sa réaction et a promis de revoir la chose de plus près (« to look closer at this one ») [6].

 

À notre humble avis, ça sent le roussi.

 

 

Harcèlement industriel...

 

La publication était difficilement accessible et la campagne médiatique n'a pas vraiment pris.  On ne sera donc pas surpris si elle n'a pas soulevé le même tollé que l'infâme article précédent.  Mais il y a quand même eu des remarques acerbes [4].

 

M. Michael Coleman, toxicologue à l’Université Aston de Birmingham, considère qu'il y a « des problèmes en termes de conception et d'exécution de l'étude, ainsi que du point de vue du ton général de l'article ».  M. Martin van den Berg, toxicologue à l’Université d’Utrecht, est plus précis : « Tout est toxique à forte concentration ; la question est de savoir si la toxicité est pertinente aux niveaux auxquels nous ingérons ces agents.  Ce papier ne traite pas du tout de cette question ».  Et aussi : « Les paramètres observés sont si généraux que nous pourrions probablement trouver la même toxicité avec du jus de citron ou de l’extrait de pamplemousse ».

 

Réponse de M. Séralini : « Je vois là les remarques de l’industrie »...

 

Certainement pas celle qui a financé ses travaux !

 

 

Et pendant ce temps là... les pétitions...

 

Et pendant ce temps là, les pétitions de soutien à l'équipe Séralini poursuivent leur chemin, cahin caha.  Des pétitions hilarantes pour des esprits correctement formatés...

 

Au moment où nous écrivons, celle lancée sur le site de l'Institute of Science in Society dès le retrait de la publication, fin novembre 2013, vient de dépasser les mille signatures de chercheurs et prétendus chercheurs et a atteint les 2.800 signatures de béotiens.  Elle prétend que le retrait de l'article sur les rats viole la science et l'éthique – rien que ça.  Et les signataires s'engagent à boycotter Elsevier...  On tremble pour la maison d'édition !

 

Parmi les signataires on notera M. Robin Mesnage, co-auteur de l'étude dépubliée ; M. Christian Vélot, dont on soulignera, sans ironie aucune, la constance (d'autres amis de M. Séralini se font bien petits !) ; et la célèbre « écoféministe » Vandana Shiva qui se présente ainsi (mot à mot) : « Ph D physique quantique lauréat du Right Livelihood Award nombreus autres prix titres honorifiques de nombreuses universités dans le monde entier, Directrice de Navdanya, New Delhi, Inde ».  N'en jetez plus[8] !

 

Dans les signataires il y a (ou avait) aussi quelques personnages célèbres, dont Bruce Banner, alias l'Incroyable Hulk [9]...

 

Une autre a été lancée sur un site ad hoc le 29 janvier 2014, endsciencecensorship, prétendument par un groupe de citoyens et de scientifiques préoccupés [10].  Ou peut-être faut-il lire « citoyens et scientifiques » en postulant qu'il peut y avoir des scientifiques qui ne sont pas citoyens ?  En tout cas, l'éditrice du site est Mme Claire Robinson, qui gère aussi  GMWatch.org et GMOSeralini.org, et contribue à EarthOpenSource.org.  La liste des 41 lanceurs de pétitions est un bel extrait du Gotha de l'anti-ogmisme (elle comprend M. Christian Vélot) et la liste des signataires suivants n'est pas mal non plus.  Elle en est à 128, au total.

 

 

Wackes Seppi

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Notes :

[1]  http://www.imposteurs.org/article-pesticides-et-vieilles-ficelles-le-seralinisme-sans-limite-par-wackes-seppi-122426720.html

 

[2]  http://www.hindawi.com/journals/bmri/aip/179691/

Cliquer sur « Provisional PDF » en haut, à droite.

 

[3]  Voir aussi :

http://www.imposteurs.org/article-dernier-seralini-deraillement-chez-sciences-avenir-enervement-chez-generations-futures-122495269.html

 

[4]  http://news.sciencemag.org/environment/2014/02/pesticide-study-sparks-backlash

 

[5]  http://www.spektrum.de/alias/gentechnik/wie-politisch-darf-wissenschaftliches-arbeiten-sein/1223878

 

[6]  http://ravingscientist.wordpress.com/2014/01/31/seralini-has-done-it-again/

 

[7]  http://www.i-sis.org.uk/Retracting_Serallini_study_violates_science_and_ethics.php

http://www.i-sis.org.uk/Open_letter_to_FCT_and_Elsevier.php

 

[8]  Il y a une formidable recension de son « Staying Alive: Women, Ecology and Development » à :

http://www.gmosf.org/critical-review-staying-alive/

 

[9]  http://proactiontranshuman.wordpress.com/2013/12/08/anti-gmoers-comic-book-characters-and-the-seralini-study/

 

[10]  http://www.endsciencecensorship.org/en/

 

Dernière séralinade : dépubliée avant d'être publiée ? Par Wackes Seppi

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commentaires

http://www.pelerinage-rameaux.fr 25/11/2015 04:42

De son côté, C. Vélot n'est pas non plus en reste en matière de méconnaissance du sujet qu'il prétendait traiter.

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http://www.vacances-ecologiques.fr 23/12/2014 09:08

Un "facteur adjuvant" de réduction d'au moins 100 peut être appliqué au calcul actuel de la DJA si cela est confirmé par d'autres études in vivo ». Un facteur 100 ! Comme ça ! Sorti de la manche !...

PhM 29/03/2014 20:02

On se demande quelle est la formation scientifique de Mr Seppi, et s'il sait lire un article.
Quand il se demande " Un facteur 100 ! Comme ça ! Sorti de la manche !..." c'est qu'il n'a pas vu que ce chiffre vient des comparaisons de mesure de toxicité (LC50) des molécules pures et des formulations commerciales avec additifs.
De ce fait, la conclusion selon laquelle les autorisations devraient s'intéresser aussi aux additifs semblent parfaitement raisonnables.
Quand à Ralf Reski, c'est un généticien contractuellement lié à la firme BASF, productrice de semences OGM. Difficile de voir en quoi il est qualifié pour intervenir sur un problème de toxicité de pesticide... à moins qu'il cherche à régler de vieux contentieux à propos d'OGM, et son conflit d'intérêt devient dès lors patent.
Mais je n'arrive pas à imaginer qu'un scientifique aussi prestigieux intervienne directement pour défendre BASF, producteur de pesticide !

Wackes Seppi 31/03/2014 10:51

Oui, vous avez raison : vraiment inculte ce...

Il ne sait pas que ce qui est pulvérisé sur une culture se retrouve intégralement dans le produit récolté, et dans l'assiette, et ce, dans les mêmes proportions que dans la bouillie sortant du pulvé.

Il ne sait pas que l'on prend des décisions sur la DJA sur la base d'une valeur qui reflète la létalité en toxicité aiguë.

Il ne sait pas que l'on prend des décisions sur la DJA sur la base de tests in vitro, en baignant des cellules dans un liquide qui doit avoir sensiblement les mêmes propriétés nocives que le jus de citron ou le liquide vaisselle.

Il ne sait pas que l'on prend des décisions sur la DJA sur la base de tests in vitro avec des cellules qu'on peut qualifier de dégénérées.

Il ne sait pas que l'on peut faire une recommandation pour l'ensemble des produits phytosanitaires sur la base de tests sur neuf d'entre eux.

Il ne sait pas que l'on peut faire une recommandation comme ça, par la méthode de l'index mouillé, pour une prétendue incertitude qui n'en est pas une, puisqu'il suffit de tester les co-formulants ou la formulation. En fait, suffirait, car il faudrait « avaler » toutes les hypothèses délirantes sous-tendant le papier de l'illustre professeur.

Il ne sait pas que l'on peut faire une recommandation comme ça, par la méthode de l'index mouillé, alors qu'il y a des substances et des formulations – « testées » par l'illustre professeur – pour lesquelles le « facteur adjuvant » est bien inférieur à 100 (en particulier pour les substances utilisées... sans adjuvant !), ou bien supérieur.

Et puis, il doit y avoir bien d'autres choses qu'il ne sait pas...

Quant à ce Reski, c'est vrai qu'un généticien ne saurait remettre en cause un travail (prétendument) de toxicologie.

C'est vrai qu'un généticien ne saurait remettre en cause un travail (prétendument) de toxicologie d'un professeur de biologie moléculaire.

C'est vrai aussi qu'un chercheur «  contractuellement lié à la firme BASF, productrice de semences OGM » – tient ! Que viennent faire les OGM ici ? – ne saurait remettre en cause un travail (prétendument) de toxicologie d'un professeur lié : à Greenpeace, pourfendeur d'OGM et de pesticides ; Sévène Pharma, officine vendant des pilules de « détoxification » (prétendument) efficaces sur les pesticides ; Auchan, Carrefour et quelques autres restés anonymes, vendeurs de produits « nourris sans OGM ».

C'est vrai qu'un chercheur dont les travaux n'ont jamais été invalidés par la communauté scientifique internationale – militants chercheurs exclus – et par une brochette d'autorités de régulation ne saurait s'insurger contre la publication d'un travail du même niveau que celui qui a été dépublié.

C'est vrai aussi qu'un chercheur dont l'honnêteté n'a jamais été mise en doute ne saurait s'insurger contre la publication du travail d'un autre chercheur ayant par exemple produit une « expertise » relevant du faux témoignage pour une plaignante, agissant pour le compte de Greenpeace, devant la Cour suprême de l'Inde.

Mais je partage entièrement votre avis final : « Mais je n'arrive pas à imaginer qu'un scientifique aussi prestigieux intervienne directement pour défendre BASF, producteur de pesticide ! » Car c'est un scientifique prestigieux qui s'est insurgé contre une charlatanerie.

PhM 29/03/2014 19:58

On se demande quelle est la formation scientifique de Mr Seppi, et s'il sait lire un article.
Quand il se demande " Un facteur 100 ! Comme ça ! Sorti de la manche !..." c'est qu'il n'a pas vu que ce chiffre vient des comparaisons de mesure de toxicité (LC50) des molécules pures et des formulations commerciales avec additifs.
De ce fait, la conclusion selon laquelle les autorisations devraient s'intéresser aussi aux additifs semblent parfaitement raisonnables.
Quand à Ralf Reski, c'est un généticien contractuellement lié à la firme BASF, productrice de semences OGM. Difficile de voir en quoi il est qualifié pour intervenir sur un problème de toxicité de pesticide... à moins qu'il cherche à régler de vieux contentieux à propos d'OGM, et son conflit d'intérêt devient dès lors patent.
Mais je n'arrive pas à imaginer qu'un scientifique aussi prestigieux intervienne directement pour défendre BASF, producteur de pesticide !

Wackes Seppi 27/02/2014 18:16

Ça y est, l'article vient – enfin – d'être publié :

http://www.hindawi.com/journals/bmri/2014/179691/

Avec des ajustements dont une remarquable addition...

« Conflict of Interests

The authors declare that there is no conflict of interests regarding the publication of this paper. »

Pour un juriste (qui n'est en définitive qu'un rationaliste quand il est compétent), cela signifie qu'il y a des conflits d'intérêts en dehors de la publication, per se, de l'article.

Et, pour le juriste/rationaliste qui ne mâche pas ses mots, c'est du foutage de g...

Wackes Seppi 23/02/2014 23:07

L'article est toujours dans le « salon d'attente ». Il y en a d'autres qui ont été acceptés à la même époque et qui attendent aussi d'être publiés. Le fait pour l'article de ne pas encore être publié n'a donc pas de signification particulière.

M. Reski a livré deux informations par Twitter, le 17 février 2014 :

1  Le journal n'a trouvé aucun conflit d'intérêts entre M. Séralini, les reviewers et l'éditeur. Il apprécierait les critiques spécifiques ou les indications relatives à une inconduite (misconduct).

2  Le journal apprécierait aussi les critiques en tant que lettres à l'éditeur.

On peut apprécier diversement les positions du journal.

Personnellement, j'ai beaucoup de mal avec une sorte d'appel à la délation. Par principe. D'autant plus qu'en l'occurrence, il appartient à l'éditeur de faire sa propre police éditoriale et qu'il n'a rien trouvé de répréhensible.

Quant aux lettres à l'éditeur, c'est un peu trop facile de se décharger de sa responsabilité éditoriale (et cela va faire grossir l'IF et la notoriété du journal...). D'un autre côté, disposer d'une nouvell publication de M. Séralini copieusement critiquée n'est pas inintéressant...

corrector 23/02/2014 06:54

J'aime bien le principe de ces pétitions scientitifiques. On peut mettre un nom bidon avec une adresse email bidon et un établissement scientifique connu, et tout ça apparaît immédiatement sans vérifications.

Wackes Seppi 24/02/2014 00:25

Par exemple :

« Cain Abel Biology, CNRS, Paris, FRANCE »

Il y a une belle brochette de gens qui se réclament de la médecine, y compris de la charlatanerie. Exemple :

« Robert Abbruzzese D C Chiropractor Nutrition Wellness Educator, Abbruzzese Wellness, Briarcliff Manor, UNITED STATES »
« Douglas Amell B Sc N D , Canadian Association of Naturopathic Doctors, Moose Jaw Saskatchewan, CANADA »

Il y a aussi :

« Elizabeth Alfieri I have been studying independently for 30 years , concerned citizen, Rochester, UNITED STATES »
« Mike Arthur i dont want to eat gmo, UNITED STATES »
« Walter Ashton TEXTILES, Leyland, UNITED KINGDOM »

Etc.

Mais... rassurez-vous... « We have put in extra checks and our many friends are reporting them to us. »

Karg se 22/02/2014 00:12

Merci pour ces infos. Le « Je vois là les remarques de l’industrie »... est épique.

Reformado 22/02/2014 16:12

"En politique, ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai" disait Talleyrand

Reformado 21/02/2014 20:43

Des interrogations sur un des soutiens cités dans le texte de M Suwalki : http://www.forbes.com/sites/jonentine/2014/01/29/vandana-shiva-anti-gmo-celebrity-eco-goddess-or-dangerous-fabulist/

Sceptique 21/02/2014 15:16

Pour reprendre un titre célèbre:"L'orage approche!"